au liasard, et les victimes les plus connues attestent
qu'on cherchait ceux qui avaient voulu frapper eux-
— 495 —
memes d'un coup mortel la liberie et les lois d'une
grande nation. Ce trait, et c'est celui qui doraine,
est celui qui imprime leur vrai caractere a ces jour-
n^es de sang, qui ont ete des prolongations des
combats de la liberie contre le despotisnie.
((Ces considerations etablissent que les evene-
ments des 2 et 3 septerabre sont dans Tinsurrection,
et ne peuvent pas etre vus et juges hors d'elle K »
Lorsqu'un homme comme Garat, grave, modere,
chef de la magistrature, confondait aussi explicite-
ment, aussi compl(3tement les massacres de sep-
tembre avec la revolution du 10 aout, oeuvre evi-
dente et avouee des Girondins, qui done, parmi
eux, pouvait avoir le droit de les fletrir et d'en
demander le cbatiment?
Cette l^che Assemblee, a laquelle la peur impo-
sera tant d'exces, etqui avait vote, par acclamation,
les poursuites contre les assassins, en vota la sus-
pension avec docilite et en silence.
IV
La p(itition de la section de Marseille souleva un
orage de recriminations parmi tons ceux qui, de pres
oudeloin, par une participation direcle ou par un
' Monilcur du l;j novenibre 1792.
— 496 -
silence pusillanime, avaient plus ou moins k se re-
procher les massacres de septembre.
Chabot accusa haulement Gorsas, Manuel et Pe-
tion ; Gorsas, pour avoir approuve les massacres ;
Manuel et Petion , pour lui avoir envoye I'article
apologetique public par son journal K
Grangeneuve constala le bruit generalement re-
pandu et accredite , que les massacres avaient ete
premedites chez Danton, an ministere de la jus-
tice "^
Lanjuinais, dans les details qu'il donna, porta le
nombre des victimes k hint mille ^, et assura qu'on
avait tue dans les prisons pendant huit jours conse-
cutifs, du 2 septembre au 9 , inclusivement *.
II n'est pas jusqu'A Marat qui. ne crut devoir re-
jeter sur quelqu'un les massacres de septembre. II
denonca et fit arreter Fournier FAmericain, qui
avait, dit-il, pris part k toules les emeutes, depuis
celle du Champ-de-Mars ^
Enfin, la Commune de Paris, fort interessee dans
la question, comme on sait, fit reimprimer et re-
pandre des extraits du Courrier de Versailles et du
1 Moniteur du lU fevrier 1793.
2 Ibid.
3 II est probable que ce chifiFre de 8,000 victimes, donne par
Lanjuinais , aura ete accepte sans examen par M. Thiers et par la
plupart des autres historiens, qui I'ont repete.
■'► Moniteur du 13 fevrier 1793.
s Moyiiteur du 15 mars, Seance de la Convention du 12.
— 4U7 -
Patriote Francais, dans lesquels Gorsas et Brissot
avaient approuve les assassins '.
En somme, le resultat de celte tardive indignation
centre les crimes de septembre fut la suspension de
la procedure centre les assassins, decretee le 4 fe-
vrier, et la perte du parti de la Gironde, proscrit en
masse le 31 mai, sous la pression de la Commune et
de Marat.
Pendant deux annees, en 1793 et en 179i, la
justice humaine resta muette. Tallien seul, qui avait
ete secretaire-greffier de la Commune de Paris pen-
dant les massacres, se vit I'objet d'une allusion di-
recte, qu'il ne releva pas ^ Altaque de nouveau
le 19 Janvier 1793, il declara que les provocatein^s
des journees de septembre siegeaient, en ce moment,
h la Convention, et il menaca de tout reveler*.
Depuis la mort de Danton, de Manuel, de Robes-
pierre, et I'exil de Billaud-Yarennes, la menace de
Tallien ne pouvait s'adresser quW Panis.
Le 3 mars 1795, I'opinion pub) i que parut se re-
veiller. La section des Invalides demanda la puni-
tion des massacres de septembre *. Le 12 septembre
suivant, une division de I'armee de Sambre-et-Meuse
1 Monitenr du 18 mai 1793.
2 Moniteur du 10 novembre 1791, Seance de la Convention
du 8, Discours de Cambon.
3 Moniteur d\i 22 Janvier 1795, Seance du 19.
^ MQuiteur du mars 1795.
•12.
— 498 —
signa une adresse, pour demancler aussi que justice
fut faite ' .
Entin, le 10 mars J79i), le tribunal criminel de la
Seine, en corps, se presenta k la barre du Conseil des
Cinq-Cents, preside par Thibeaudeau, et dcmanda
des eclaircissements sur les moyens de poursuivre
d'une maniere legale les individus prevenus d'avoir
trempe dans les massacres de septembre ^. Une com-
mission fut immediatement nommee pour examiner
cette reclamation ; ct, le 23 mars, sur le rapport de
Colombel, un decret fut rendu qui permit au tribu-
nal de reprendre et de poursuivre le proces des
assassins ^.
V
GrAce au couranl nouveau de I'opinion publique,
I'instruction du proces des assassins de septembre
avait pu commencer par application de la loi du i
messidor an III, —- 22 juin 1795, — qui prescrivait,
dans son article 1", la recherche immediate de tons
les crimes commis depuis le 1"'' septembre 1792'*.
Un jugement du tribunal criminel du departe-
1 Moniteur du 16 septembre 1795.
' Moniteur du 15 mars 1796.
3 Moniteur du 28 mars 1796, Seance du Conseil des Cinq-Ccn(s
du23.
* Moniteur du 26 juin 1795, stance de la Convention du 22.
— 499 —
ment de Paris, en date du 2G Iructidor an III, — 12
septemble 1795, — ordonna que « les seci'etaires ou
autres depositaires des comites ou commissions se-
raient tenus de deposer, dans le plus bref delai , an
greffe du tribunal, tous registres, cahiers, notes,
feuilles ou renseignements quelconques contenant
des declarations ou denonciations con Ire les preve-
nus de ces crimes, et que le jugement serait imprime
et envoye dans les sections, aux commissaires de
police, juges de paix, et municipalites du departe-
ment \y)
Mallieureusementpour la justice, entre la loi du 22
juin 179o, qui avait ordonne les poursuites, le juge-
ment du 12 septembre suivant qui les avait com-
mencees, et le decret interpretatif du 23 mars 1796,
qui avait trace la marche au tribunal criminel , etait
venue se placer I'amnistie du 4 brumaire, an IV, —
26 octobre 1793, — dont Particle 3 abolissait ((tout
decret d^accusation ou d'arrestation, tout mandat
d'arr6t mis ou non ^execution, toutes procedures,
poursuites etjugement portant sur des fails pure-
ment relatifs fi la Revolution ^. «
Que pouvaient faire, en presence d'un texte si for-
mel, des jures toujours plus ou raoins influences par
les passions politique?, surtoutauneepoque ou le sol
1 Dossier deVAhlaye, piece imprlinee n. 112, {Greffe du Pnlais-
de-Justice de Paris.)
2 Monitexir du 5 novembre 1795, Seance de la Convention du 4.
- 500 —
trerablait encore, et ou les plus clairvoyants n'aper-
cevaient pas encore le terme de la Revolution?
Ce fut dans ces circonslances que le proces des
assassins de septembre commenca, apres une en-
quete et une instruction dans lesquelles la plupart
des membres des anciennes sections furent appeles
en temoig'nage.
L'enqu6te et I'inslruction terminees, on fit, parmi
les assassins, un choix d'environ cinquante indi-
vidus. Plusieurs etaient pris dans la categorie de
ceux qui, ayant demande un salaire pour leur crime,
en avaient donne des recus, representes aux dos-
siers; les autres etaient de ceux auxquels leur cy-
nisme et leur cruaule avaient constitue une celebrite
specialement horrible. Parmi les premiers etaient
Bourre, Damiens, Ledoux, Deb^che, Maillet, Dubois,
Lachevre, Lafosse, Lyon, Godin ; parmi les seconds
etaient Jean-Pierre Gonord, Petit Manin, Pierre-
Nicolas Renier, assa,ssins de la princesse de Lam-
balle, et Antoine Badot, qui avait porte une oreille
liumaine comme cocarde a son bonnet rouge.
Sur le nombre total des assassins, le tiers environ
fut poursuivi. Les autres, sans en excepter ceux
dont les recus exislaient et existent encore, furent
laisses dans Foabli, apres I'instruction. Sur les cin-
quante a pcu pros que le jury d'accusation renvoya
devant le jury de jugement, trois seulement, Pierre-
Nicolas Renier, ditLe Grand Nicolas, Pierre-Francois
— 5U1 —
Damiens et Antoine Bourre, furent conclamnes,
le 23 et le 24 floreal an IV,— 12 et 13 mai 1796,—
k ving-t ans de fers.
Le jury declara que Pierre Dubois, Francois
Maillet, Nicolas Lyon, Jean Debeche, et tous les
autres qui avaient, comme eux, donne des recus aux
commissaires des sections, presents au massacre des
prisonniers, n'etaient pas convaincus du crime.
Le desordre moral du temps et I'amnistie du4 bru-
maire an IV avaient evidemment amene ce resultat.
Cinq ans plus tard , I'arrete des Consuls du 19 ni-
\6se an IX, — 9 Janvier 1801, — fit k quelques-uns
de ces miserables une plus exacte justice. Sur le
rapport du prefet de police, et apres I'avis du Conseil
d'Etat, seize d'entre eux furent deportes aux iles
Seychelles et k Cayenne.
C'etaient : Ceyrat, Rossignol, Monneuse, Bescher,
ChMeau, Dufour, Gabriel, Gallebois Saint- Amand,
Gaspard, Rene Jolly, Legros, Petit Manin, Marlet,
Prevost, Quinou et Foamier I'Americain.
VI
L'histoire doit -X la posterite les noms de tous
ceux qui se souillerent du sang de septembre.
Apres avoir fait unc severe justice de tous ceux
qui conseillerent le crime, ii nous est impossi-
— 502 —
ble d'etre indulgent pour ceux qui raccomplirent.
La liste des assassins qu'on va lire a ete dressee
avec un soin scrupuleux, h Taide des nombreux
documents que contiennent les Archives de la Pre-
fecture de Police et de rn6tel de ville et le Greffe
du Palais-de- Justice de Paris.
Nous nous sommes borne, en general, a I'indica-
tion du nom et du lieu de naissance.
Vll
LISTE DES ASSASSINS QUI ONT PRIS PART AUX MASSACRES
DE SEPTEMBRE ^.
(*a) Alavoine ou Davoine ^. Le bon de \'ingt-quatre livres,
qu'il a regues , porte au dos la mention : regu comptant
et sa signatiu'e.
("a) Aniont, a re^u vingt-quatre livres pour sa participa-
tion aux massacres de I'Abbaye. Porte sur Tetat des
frais ftiits par la section des Qiiatre-Nations.
Arbulot (Jean-Baptiste), ne a Sedan (Ardennes), Jige de
32 ans. Tondeur de draps, domicilie rue Tirechappe,
n. 315.
a) Arnicbard (Gabriel-Simon), domicilie a Paris. S'est vante
d'avoir cgorge a lui seiil vingt personnes dans la journee
du 2 septembre.
Badaud on Badot (Claude- Antoine), ne a Cbaudron (Doubs),
' (*) indique les tueurs payt's.
L'a indique les tueurs qui ont pris part aux massacres de
TAbbaye.
2 Le bon porte le nom de Davoine : la signature au dos est
Alavoine.
— 503 —
age dc 33 ans, gendarme licencie, domicilie rue Saint-
Paul, n. li. I/e\trait siiivant dc I'acte d'accusation,
dresse le 23 ventosc an IV, resume en peu de mots le
role que ce monslre a joue dans ces tristes jours,
a Eadol C5t prcvcuud'avoir trainc par les pieds le corps
ensanglante de la princcsse dc Lauiballe ; d'avoir portc
ime oreille d'liomnie a son chapcau en guise de cocarde,
enlin d'avoir etc vu couvert de sang et foulant les cada-
vres dans des charrettes ou il a mange du pain. »
(a) Baudet ou Baudetle (Claude), gar^on serrurier, domicilie
rue Sainte- Marguerite, n. 427, dans la meme maison
que le seplembriseur Damiens. A ete blessc a la main
pendant le carnage.
(a) Bazin.
(a) Bereter (Jean-Francois), originaire du departement de la
Mancbe, cige de Ai ans, aucien mem])re du comitc re-
Yolulionnaire de la section de TUnite, domicilie rue
Daupbiue, n. 8. Dans Tinstruction contre les septem-
briseurs, les temoins declarerent que lorsqu'on appor-
lait, dans la cour de TAbbaye, les cadavres des per-
sonnes assassinees, Matbys ayant dit que Ton allait pas
asscz ^^te , Bereter repondit : « Je crams bien que qu
lie cesse trop tat. »
('a) Bernard , a refu de Targent pour sa participation aux
massacres des 2, 3 et i scptembre 1702, d'apres la
lettre du subslitut Tripier au secretaire-archiviste du
fomite de la section des Quatre- Nations.
(\) Bernaudin, borloger, domicilie rue Cbildel)crt. I.'un des
jugcs dos prisonnicrs, a figure en meme temps parmi
leurs bourreaux.
(a) Bernier, aubergiste, rue du Four-Saint-Germain, n. 150.
L'un des juges des prisonnicrs.
Bertrand (Frangois-Jean-Baptiste-Joacbim), ne Paris, age de
23 ans, serrurier, ex-taniboiu'-maitrc, domicilie rue du
Cliemin de Menilmonlant.
Bertrand (Jean), ne a Paris, age de 32 ans, inipi'ijneur; do-
micilie rue Copcau, n. 100.
— 504 —
Bescher, rue de la Pepiniore. Compris dans le decret de
deportation rendu par les Consuls le 19 nivose an
IX.
Bigant (Jean-Baptiste), ne a Paris, age de 47 ans, graveur,
domicilieruc Saint-Jean-de-Beauvais. Membre du Con-
seil general de la Commune du 10 aout, nornme par la
section du Pantheon frangais.
Se rendit sans mission le2 septembre dans les prisons
de Paris, et y presida aux massacres.
(a) Blanchard, ciseleur, domicilie rue de Bucy. S'est fait
remarquer pour les encouragements qu'il donnait aux
assassins.
(a) Boinnet, taillcur d 'habits, rue du Colombier. A porte
plusieurs jours dans sa poche et s'est fait im trophee
d'un doigt coupe a M. de Montmorin.
(a) Bouclie, employe dans les charrois , domicilie rue de
Thionville, n. 1749.
Bouin (Mathuiin), ne a la Chapelle-Hullin (Mayenne), age
de 35 ans. Bonnetier, rue Saint-Denis, 14, membre du
Conseil general dc la Commune du 10 aout, nomme
par la section des Arcis.
C'est lui qui fut charge avec Moulinneuf, le 15 aout
1792, par la Connnunc, d'aller a la Posle saisir les
huit mille lettres adressees de France a des personnes
habitant Tetranger.
Bouin se rendit sans mission dans les prisons de
Paris le 2 septembre ; il assista aux tueries et y prit pro-
bablement une part active, puisquc ])lus tard il fut
poursuivi comme prthcnu d'etre septembriseur.
II fut conduit le 19 nivose an IX hors du territoire
franpais, en execution d'uu arrete des Consuls qui le
condamnait a la deportation.
(*a) Bour ou Bourre (Antoine) , ne a Laigneux (Bhone-et-
Loire), domicilie a Paris, cour et maison du Tribunal
de TAbbaye.
Avait ete gendarme en subsistance.
S'est vante d' avoir aicU a tuer trente detenus. Le tren-
— 5U-. — . "
tieme etait, disait-il , lo jugo do ]iai\ dc la st'crK/ii de
Bonne-Noiivolle.
Envoye, le 20 friniaire an V, an hagne de Rochcfort.
(a) Bouvier, compagnon cbapelier, domicilie vuc Sainte-
Marguerite.
Brocart (Nicolas), ne a Cliaumont (Hautc-Marne), age de
41 ans, doreur-argenteur sur motaiix, domicilie rue
Frepillon, n. 36.
(a) Brossier ([.ouis) , cordonnicr, domicilie rue de Seine,
n. 1 49i. S'est A'ante d'avoir massacre avec sa pique Ions
les prisonniers qui chcrchaient a se sauver par-dessus
le petit mnr de I'Abbaye, en les cnfilard a mesure qu'ils
passaient.
(*a) Capitaine (Sebastien). Le bon des vingt-quatre Hmos
qu'il a revues ne porta que sa croix, avec la mention
qu'il a declare ne savoir signer.
Caron (Pbilippe), ne a Vetement (Somme), age de 47 ans,
employe, domicilie rue de la Loi, n. 55 on 56, membre
de la Commune du 10 aout, nommc par la section de
•1 792. ((Accuse d'avoir participe aux massacres des 1" et
2 septembre ; sy etant transports de son propre aveu, et
ayant memo sollicite a I'avance Tarrcte de la Commune,
qui ordonnait, comme moyenpreparatoire, defaire sortir
les prisonniers pour mois de nourrices et ponrdettcs. »
Caval (Pierre), ne ii la Bigue (Calvados), age!' de GO ans, mar-
cband de tabac, rue de la Reunion, n. 20 i. A tue avec
son sabre et sa ba'ionnette un prisonnier qui se sauvait
de la Force.
Cavaliez (Jac(jues-Pliilippe), ne a Avesnes-l'Egalite ' (Pas-de-
Calais), age de 43 ans, vannier-fontainier, domicilie rue
Saint-Cermain I'Auxerrois; Tun des assesseurs dc
Maillard.
Cavanagb on Ca\agnac (Josepli), ne a Lille (Nord), age de
49 ans, cordonnier et oflicier de paix, domicilie rue de
Hurepoix, n. 7.
1 Avesnes-]n-f'oin(c.
T, II, 43
— 500 —
Ceyrat (Joachim), ne a Clermont-Ferrand (Puy-de-Domc),
age de 44 ans, ex-juge de paix, president de la section
du Luxembourg, employe a la Commission des secours.
Nous avons fait connaitre sa participation an mas-
sacre des pretres detenus dans la maison des Carmes.
Un arrcte des Consuls, en date du 19niv5se an IX, Fa
condamne a etre deporte hors du territoire europeen.
(*a) Chanson (Jean).
Chantrot (Pierre), ne a Paris, age de 49 ans, defenseur offi-
cieux, domicilie rue de la Coutellerie, n. 3. A rempli
ies fonctions d'accusateur public pres le tribunal som-
maire etabli Ies l*"*' et 2 septembre, a la Force, par
Monneuse, Michonis et autres.
(a) Chapelier, domicilie a I'entree de la rue des Boucheries.
A pris part au massacre des prisonniers qui se trou-
vaient dans Ies voitures.
(*a) Chappier (Nicolas). C'est un des quatre individus qui
out dine le 3 septembre chez le marchand de vin
Lhuillier, en vertu d^un bon signe par Ies commissaires
de la section.
Chartrain (Pierre), ne a Esprit (Indre-et-Loire), ma^on,
domicilie rue Cloche-Perce, n. 2.
Chateau (Joseph), ne a Paris, age de 46 ans, oiseleur, domi-
cilie quai de la Megisserie, n. 26.
Deporte comme septcmbrisenr en execution de Parrete'
consulaire du 19 nivose an IX.
(*a) Chavanne.
Chemery (Louis), domicilie rue de Chaillot.
L\m des assassins de Tarcheveque d'Arles.
(*a) Chevalier (Frangois-Guillaume), ne a Argentan (Orne),
cuisinier, domicilie rue du Vieux-Colombier, n. 766.
(*a) Choiseul.
Choullicr (Jean), ne a Tonnerre (Yonne), age de 45 ans, me-
nuisier, domicilie rue Coqueron, n. 412.
Cluny (Claude-Joseph). A participe aux massacres des pri-
sonniers qui furent transferes d'Orleans a Versailles,
en 1792.
- 507 —
Cochois (rSicolas-Etienne), ne a Paris, age de 32 ans, mar-
chand tapissier, membre du Conseil general de la Com-
mune du 10 aout, nomme par la section du Pont-
Neuf, domicilie rue Saint-Louis, pres le Palais, n. 46.
La part qu'il prit aux massacres de la Conciergerie a
deja ete racontee par nous,
(v) Cognot, paraissant domicilie a Vaugirard.
('a) Coiffe (Jean-Philippe) aine, dechireur de bateaux.
Corlet (Fran^ois-Charles-Honore), ne a Sens (Yonne), age de
^1 ans, orfevre, rue Basseville, n. 212 ou 22. A tue
dans la Conciergerie trente-trois prisonniers.
{*) Corsin (Pierre-Henry), Tun des massacreurs des pretres
detenus a Saint-Firmin. Se rendit a Fassemblee de la
section des Sans-Culottes, avec trois autres tueurs, pour
reclamer le prix de I'expedition des pretres de Saint-
Firmin, et obtint un mandat de douze livres.
Coujon (Charles), ne a Rouchy (Calvados), age de 33 ans,
liomme de lettres, domicilie rue de Crenelle n. 7.
Courtavel (Etienne), ne a Geneve, age de 45 ans, serrurier,
domicilie rue de I'Egout , n. 52 1 . Signale comme un
des assassins des pretres detenus aux Carmes.
Crappier (Antoine-Yictor), ne a Caux-en-Picardie, age de
28 ans, bonnetier, domicilie rue de Charonne, n. 29.
Accuse d'avoir egorge six personnes, avec un sabre de
cavalerie, dans la prison de la Force. S'est vante en
outre d'avoir coupe la tete a Romainvilliers a I'Abbaye
Saint-Germain.
Cronier (Pierre), ne a Cauchy (Seine-Inferieure), age de
48 ans, employe des transports militaires, domicilie
rue Jean-Fleiu-y.
(a) Cumont, layetier, domicilie rue Guenegaud.
(*a) Dalbaret ou Albaret.
(*a) Dalongeville, domicilie enclos de I'Abbaye, cour des
Moines.
(*Aj Damiens (Pierre-Francois), vinaigrier, ne a Montmar-
quet (Sommc), age de 40 ans, domicilie rue Sainte-
Marguerite, n. 426.
-, 5U8 —
Apres I'assassinat de radjudant-general De La Leu,
Damiens enfon^a son sabre dans le bas-ventre de la
vJctime, puis plongea son bras nu dans Touverture
qu'il avait faite, lui arracha le ccEur et le mordit.
Envoyc le ii frimaire an V au bagne de Rochefort.
Dange (Francois).
Daubanel (Cliarles), ne a Paris, age de 3i ans, employe dans
les bureaux des Domaincs nationaux, domicilie rue de
Tbionville, n. 57.
(a) Debecbe (Jean), age de 45 ans, ne a Paris, joaillier, do-
micilie rue de Buoy, n. 1507. S'est montre Tun des
plus ackarnes pendant les massacres : s'est vante d'avoir
taiit travaille la marchandise , que la lame de son sabre
etait restce dans le ventre de ces scelerals.
Dcbrcnne (Jean-Charles), ne a Martigny, age de 51 ans,
orfevre, domicilie rue Tbionville, n. 1738.
Depoix (Henri-Denis), ne Paris, age de 28 ans, compagnon
de riviere , domicilie rue des Fosses-Saint-Bernard ,
n. 36. Accuse de participation aux homicides commis
en septembre 179'2 sur les prisonniers detenus a Saint-
Firmin, a la Salpetriere et a Bicetre.
Deschaux (Jacques), ne a Saint-Hilaire, age de 37 ans,
gagne-deniei^s, domicilie rue des Boulangers, n. 30.
Desprez (Charles), prevenu d'avoir participe aux massacres
de la maison de Bicetre, les 1", 2 et 3 septembre
1792.
(a) Dubois (Pierre) , ne a Chully (Indre-et-Loire, age de
•46 ans, domicilie rue de Nevers, n. 1807.
(*a) Dubois (Pierre), garc^on cliarretier, domicilie rue de la
Bouchorie, au Gros-Caillou, section des Invalides.
Porle en ouire sur I'etat des frais fails par la section
des Quatre-Nations.
(*a) Dufour (Fran(,'ois).
Paye comme depouilleur de victimes. Compris dans
I'arrete des Consuls, en date du 19 nivose an IX, et
deporte a Cayenne.
Dufresne (Augustin ou Antoine), ne a Fromenthal, departe-
— 501) —
ment de la Haute- Vienne, age de 43 ans, mai;on, domi-
cilie rue Jean-1'Epine.
(a) Dufresne (Pierre-Jean), ne a Duiikerque, age de 52 any,
armvirier, rue Saint-Dominique, n. 1 1 46.
Dumouliez (Jean-Jacques), ne a Franciade (Saint-Denis), de-
partenicnt de la Seine, age de 39 ans, serrurier, domi-
cilie rue de TOurcine, n. ii. A pris une part active au
massacre des pretres detenus a Saint-Firmin.
(a) Dunant (Benoit), ne a Paris, age de 40 ans, inspecteur
de police,
(a) Dupont (Guillaume-Jean), veteran de la garde nationale
et marcliand de bijoiu.. S'est vante d'avoir tue douze
prisonnicrs.
Deporte a la Guyane, en vertu d'un arrete des
Consuls en date du 19 nivose an IX.
(*a) Dupuis.
Paye comme depouilleur de victimes.
Durand (Gaspard), ne a Lyon (Rhone-el-Loire), age de 43 ans,
doreur, domicilie rue Saint-Eloi, en la Cite. Accuse
d^avoir pris part aux homicides comniis a la Concierge-
rie, en septembre 1792.
Fenot (Jean-Francois), age de 30 ans, domicilie rue de
Bondy, n. 6.
(a) Ficher, d'origine allemande, tailleur d'habits, domicilie
rue Sainte-Marguerite.
(*a) Firmin.
Paye comme depouilleur de victimes.
(*a) Florentin (Nicolas).
(a) Fouct (Charles), ne a Paris, age de 53 ans, journalier,
domicilie rue de la Boucherie, au Gros-Caillou.
Fournier (Charles), (lit I'Americain, I'un des chefs do la
bande qui enleva les prisonnicrs traduits devant la
haute Cour d'Orleans.
Compris dans I'arrete des Consuls en date du 19
nivose an IX, ct transporte en dehors du territoire eui-o-
peen.
Froment (Martin) , ne a Villers-Alleran, age de 32 ans, mar-
13.
— 510 —
cliaiid de vin, rue de Seine, n. 1477. A pris part au
massacre dans la maison des Carmes.
r.ahriel , condamne a la deportation hors du territoire eiiro-
peen de la Republique par I'arrete des Consuls en date
du 19 nivose. A cote de son nom tigure cette mention :
Ouvrier septembriscur.
(iallebois Saint-Amand (Jacques), condamne, comme scp-
temhriseur, a la deportation par I'arrete des Consuls en
date du 19 nivose an IX.
(a) (lariot, sergent-major des chasseurs lors des massacres,
et depuis membre du Comite revolutionnaire de la sec-
tion de rUnite.
Gaspard (Gilles), condamne, comme septembriseur , h la de-
portation par I'arrete des Consuls du 19 niv(jse an IX.
Geoffroy (Jean-Baptiste), ne a Paris, age de 38 ans, ancien
journalier sur les ports, domicilie rue de Versailles,
n. 11.
Georget (Claude- Martin), rf«t Guillaume, ne a Paris, age de
21 ans, imprimeur en lettres, domicilie rue de la Ca-
landre, n. 17. Accuse d'avoir participe aux homicides
commis dans la prison du Chatelet et dans celle des
Benuirdins,
Giroust, ou Giroux (Nicolas), ne a Paris, age de 52 ans, rou-
leur de vins sur les ports, domicilie rue des Fosses-
Saint-Victor, n. 24.
(*a) Godin (Augustin-Victor-Sebastien), age de 36 ans, ne
au Bourget (Seine), ex-boucher, conducteur de trans-
ports militaires , domicilie enclos de la ci-devant Ab-
baye Saint-Germain-des-Pres, n. 1097.
D'apres les declarations des temoins, il se montra I'un
des plus acharnes dans la journee du 2 septembre, et
on I'a vu porter de la chair humaine au bout de sa
pique.
Gomant (Fran(;ois-Etienne), ne a Conches (Eure), age dc
25 ans, agent telegraphe, domkiWii rue de la Coutellerie,
11. 27.
Gonord (Jean-Pierre), ne a Paris, age de 38, charion, sous-
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lieutenant de la 16^ conipagnic dc la force armce de la
section de I'Unite, domicilie petite rne Tarannc, n. 528.
S'est vante d'avoir pris part aiix massacres de septem-
bre et de n'etre pas etranger a I'assassinat de ma-