Food and Agriculture Organization of the United Na.

Nature et faune : revue internationale pour la conservation de la nature en Afrique = Wildlife and nature : international journal on nature conservation in Africa (Volume 20) online

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conservation a Serengeti entre Janvier 1989 et fevrier 1 996.



Annee


Village


Especes problematiques


Degats causes


1989


Nyamakendo


Lion


Abattage du betail


1992


Bwitengi


Babouin vert
Vervet


Destruction des cultures




Makundusi


Babouin vert
Vervet
Potamochere
Pore -epic


Destruction des cultures






Lion


Abattage du betail




Miseke


Babouin vert


Destruction des cultures




Motukeri


Vervet

Potamochere

Pore-epic








Buffle


Destruction des cultures




Robanda


Lion


Abattage du betail




Rwamchanga






1993


Nyamburi


Buffle


Destruction des cultures




Robanda


Buffle


Blesse deux personnes




Robanda


Buffle


Tue une personne


1994


Kisangura


Lion


Abattage du betail




Nattabigo


Buffle


Destruction des cultures




Nyamburi


Lion


Abattage du betail


1995


Mbalbali


Elephant


Destruction des cultures


1996


Machochwe


Elephant


Destruction des cultures




Mbalbali


Elephant


Destruction des cultures




Nyamburi


Elephant


Destruction des cultures



Source : Bureau Regional de Serengeti

N.B. Pas tous les problemes ont ete signales.

* Voir Annexe pour les noms scientifiques des animaux.



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Cette difference au niveau des especes problematiques est due a I'existence de differents habitats.
Dans la partie nord de la zone d'etude, la vegetation est composee surtout d'arbres a epines et de forets
d'arbres a feuilles caduques parsemees de touffes de foret dense, semi-dense et de foret riveraine. Ce
genre de vegetation est favorable pour les elephants, les lions et les leopards qui preferent des habitats
plus on moins clos. En outre, le fleuve Mara et ses affluents avec une foret riveraine est Ic domaine de
rhippopotame, I'elephant et du leopard, contrairement a la partie sud de la zone d'etude constituee
principalement de prairies parsemees d'arbres, habitat prefere du buffle et des autres herbivores. Le
gnou a ete signale comme etant une espece problematique dans presque tous les villages adjacents au
pare a cause de ses tendances migratoires. Pendant la saison seche, les gnous descendent sur les
villages en provenance des plaines du nord en quete de paturage et d'eau, detruisant les cultures,
transmettant les maladies et pietinant le sol sur leur passage.

M esures de protection contre les animaux sauvages

Trois mesures sont couramment adoptees par les populations pour se proteger contre les animaux
nuisibles : signaler les cas d'attaque aux agents de conservation de la faune (57,1% de tous les
repondants), monter la garde dans les champs (40,3%) et poursuivre et tuer les animaux avec des outils
traditionnels comme les lances, les arcs et les fleches (20,8%) (Figure 5 a). L'efiicacite relative de ces
mesures depend de la methode employee et de I'espece en question. Au total, 64,5% de ceux qui
montaient la garde comme mesure de protection estiment que la methode est efiicace. Par contre, seul
50% et 40% respectivement de ceux qui poursuivaient et tuaient les animaux avec des outils
traditionnels et de ceux qui signalaient les cas d'attaque aux agents de conservation de la faune ont
juge que leurs mesures etaient efficaces. Le fait de se plaindre aux agents etait suppose etre I'approche
la plus efficace mais I'etude a montre le contraire.

L'inefficacite de cette demiere methode est surtout due aux longues distances qui separent les villages
du poste de I'agent le plus proche. La plupart des villages se trouvent dans des zones isolees et
difficilement accessibles ce qui retarde les communications sur les problemes lies a la faune. En outre,
les agents de conservation n'ont pas acces aux moyens de transport necessaire pour leur permettre de
reagir a temps. Avant qu'ils n'interviennent, les cultures, le betail voire des vies humaines auraient ete
detruites par les animaux sauvages. Selon Newmark et al. (1994), se plaindre a un agent de la
conservation faisait partie des mesures de protection les moins utilisees (7,5% des repondeurs).
L'abattage des animaux est la methode la plus courante adoptee par les conservateurs de la faune et est,
parait-il efficace, alors que la meme methode s'est averee, selon Mkanda, inefficace contre les
hippopotames ravageurs des cultures au Malawi.

La mise en place des gardes pour surveiller les animaux et le fait de les poursuivre et de les abattre avec
des armes traditionnelles se sont averes comparativement efficaces. La poursuite et l'abattage des
especes problematiques impliquent pratiquement une confrontation entre les betes et les hommes
quand bien meme avec des outils peu efficaces. L'une des mesures courantes de protection signalees
par Newmark et al. dans les six autres aires protegees en Tanzanie etait le fait de monter la garde
(36,9% des repondants). De meme, Nepal et Weber ont signale que la construction de plates-formes
pour la garde dans les champs etait la methode la plus courante dans la peripheric du Pare National
Royal Chitwan au Nepal. Cette methode s'est averee tres efficace bien que souvent dangereuse.

L'efficacite des mesures de lutte depend dans une grande mesure de I'espece en question. Lorsque de
grands animaux comme les elephants envahissent les villages, les habitants ont des difficultes a les
controler, a moins qu'un agent de conservation n'intervienne pour abattre les predateurs. Les petits
animaux surtout les babouins, les singes et les potamocheres sont plus faciles a controler soit en
montant la garde ou en les poursuivant et en les tuant avec des armes traditionnelles.



22



60 n




rwo ' cktw pg

Mesures de lutte contre les animaux sauvage



Figure 5a : Frequence en pourcentage des mesures courantes de lutte contre les animaux
sauvages adoptees par les populations locales vivant dans la peripherie du SNP en Tanzanie
(atac = Attention agent de conservation, paat = poursuite et abattage avec armes
traditionnelles, ga = garde ; N=77)



70 -1




rwo



efficacitd



cktw
W^ inefficacitd



pg



Figure 5b : Frequence de Tefficacite et de I'inefficacite des mesures de controle adoptees par
les populations locales avoisinantes du SNP en Tanzanie (atac = Attention agent de
conservation, paat = poursuite et abattage avec armes traditionnelles, ga = garde ; N=77)



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Les consequences des conflits

Toutes les personnes interrogees (100%) se sont plaintes de pertes economiques occasionnees par les
attaques d'animaux. Les pertes sont causees par la destruction des cultures et I'abattage du betail par
les animaux sauvages sans aucune forme de compensation. Lorsqu'il leur a ete demande de quantifier
les pertes, ils n'ont meme pas pu foumir des estimations moyennes annuelles en termes de valeur
monetaire, faute de documentation. Outre les couts economiques, les populations subissent des pertes
sociales lorsque des etres humains sont tues par les animaux sauvages. A causes des pertes
economiques infligees par la faune, les populations ont demande que les autorites du pare prennent en
charge le financement des projets de developpement et des services comme la construction d'ecoles,
de dispensaires et I'approvisionnement d'eau potable en guise de compensation.

Par ailleurs, les agents de conservation interroges ont signale que les populations d'animaux
problematiques etaient en baisse puisqu'ils sont tues soit par les villageois ou par les conservateurs
pour proteger les proprietes et les vies humaines. lis n'ont cependant donne aucune estimation du
nombre d'animaux tues en moyenne par espece par an. Les agents ont egalement signale qu'une fois
les animaux abattus, il etait permis aux populations d'en consommer la viande. Ceci etait considere
comme un benefice par les populations parce qu'elles obtenaient de la viande qu'elles n'auraient
autrement pas cue.

L'utilisation des ressources du pare par les communautes

Environ 37,7% des repondants ont dit qu'ils dependaient de certaines ressources du pare. Sur ce
nombre, 41,4% ont mentionne la viande comme etant la seule ressource alors que 44,8% ont cite le
bois de chauffe et le materiel de construction. Les 13,8% restants ont cite la viande, le bois et la paille
comme ressources qu'ils tirent du pare.

Le faible pourcentage des reponses positives quant a l'utilisation des ressources du pare peut etre
attribue au fait que les gens avaient peur d'admettre qu'ils sont entres dans le pare et y ont tire des
ressources. L'entree dans le pare et la recolte de quelque ressource que ce soit sans permis sont des
activites illicites. Par consequent les gens ont peur d'etre accuses d'acces illegal et de destruction des
ressources du pare. Par exemple, la ou les gens pretendent qu'ils ne dependent d'aucune ressource du
pare, les observations et les rapports provenant des agents de conservation ont prouve le contraire.

Attitudes des communautes vis a vis du pare national

Sur I'ensemble des repondants vivant dans la peripherie du pare, 77,9% etaient prets a continuer a
vivre dans ces zones ou villages. lis ont soutenu qu'ils n'avaient nullc part d'autre ou s'installer a
nouveau. En outre, ils ont declare que la plupart des conflits avec les animaux sauvages etaient
saisonniers et que par consequent ils redoubleraient d'effort pour se proteger contre leurs attaques.
Certains repondants, bien que favorables a I'existence du pare, ont demande que les limites de la
reserve soient reculees plus loin des villages afin de laisser beaucoup plus de terre pour les
installations humaines et les activites connexes. Par contre, 2,1% des repondants etaient indifferents
et parce qu'ils n'arrivaient pas a se proteger contre les animaux sauvages, ils ont opte pour I'abolition
duparc.

Une autre remarque importante faite par les repondants conceme leurs attitudes envers le pare et le
gouvemement. lis estiment que parce que les autorites du pare et le gouvemement leur defendent
d'utiliser le pare et ses ressources telles que les paturages, le gibier, le bois de chauffe et les herbes, les
autorites sont tenues de veiller a ce que les animaux problematiques ne quittent pas le pare pour causer
des ennuis aux populations. Faute de quoi elles devraient se tenir responsables des degats causes et
compenser les victimes.



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CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Ces resultats montrent que les populations locales vivant dans la peripheric du SNP pratiquent
I'agriculture et I'elevage. Ces modes d'utilisation de la terre semblent provoquer et aggraver les
conflits entre les animaux sauvages et les populations. L'intensification de ces activites risque done
d'intensifier les conflits. L'expansion des champs se fait aux depens des paturages et ceci oblige les
eleveurs a introduire leur betail dans le pare en quete de paturages. La concurrence pour les paturages
et la proximite des champs du pare semblent inciter les animaux sauvages a ravager les cultures. En
outre, le fait de garder le cheptel a proximite du pare attire les predateurs de la reserve a venir attaquer
le betail, outre le fait de leur transmettre des maladies.

Le conflit entre les animaux sauvages et les populations vivant dans la peripheric du SNP ne pourra
probablement jamais etre resolu. Les habitants se plaigncnt surtout du manque d'interet de la part des
autorites du pare vis a vis de leurs problemes avec les animaux sauvages et dc leur adhesion stricte
aux regies de protection. La protection de toutes les ressources du pare necessaires aux populations
scmble prevaloir et ceci a cree, par rapport au pare, une attitude negative renforcee par les ravages
causes par les animaux sauvages dans les villages. Le fait de signaler les attaques d'animaux aux
agents de conservation s'est avere inefficace compare aux autres mesures de protection adoptees par
les populations locales comme par exemple la garde, la poursuite et I'abattage des animaux nuisibles
avec des armes traditionnelles. Ceci est sans doute un autre facteur qui explique I'attitude negative des
populations locales vis a vis des agents de conservation.

A moins qu'une solution appropriee ne soit trouvee, les activites illicites se poursuivront dans le pare
quelles que soient les sanctions imposees. Toute autre tentative de resolution du conflit entre les
animaux sauvages et les etres humains doit tenir compte du bien-etre des populations locales. La
solution ne doit pas permettre a la faune sauvage d'infliger des peines et des pertes aux populations.
Les approches suivantes ont done ete recommandees pour reduire les conflits :

• Decourager les activites agraires qui attirent les animaux sauvages, telles I'agriculture et
I'elevage sur les terres adjacentes au pare,

• Instituer des programmes d'indemnisation pour les pertes des cultures et de betail dans les
situations ou le conflit ne pent etre mitige grace la planification de I'utilisation de la terre.

• Permettre aux populations un acces limite a certaines ressources du pare dans le but de les
encourager a accorder leur soutien a la protection du pare tout en satisfaisant quelques-uns
de leurs besoins.

• Eduquer les populations locales a ameliorer leurs methodes traditionnelles de lutte contre
les animaux sauvages.

REMERCIEMENTS

Nous tenons a remercier toutes les personnes, les autorites et les institutions pour les diverses formes
d'assistance qu'elles nous ont accordee aux diverses ctapes de I'etude. Nous remercions notamment la
Faculte des Forets et de la Conservation de la Nature de I'Universite de Sokoine pour avoir finance la
presente etude ; le personnel du Conseil Municipal de Serengeti, en particulier le Directeur qui a
assure le transport lors de la coUette des donnees. Nous disons enfin merci a Mme S. Miche pour avoir
tape le manuscrit.



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ANNEXE



Liste des noms communs et scientifiques des animaux nuisibles signales par les populations de la zone
d'etude pres du Pare National de Serengeti en Tanzanie.



Noms courants

Buffle

Elephant d'Afrique

Sanglier

Dik-dikdekirk

Elan

Gazelle de Grant

Hippopotame

Impala

Leopard

Lion

Babouinvert

Pore-epic

Hyene taehetee

Gazelle de Thomson

Vervet

Gnou

Zebre



Noms scientifiques

Syncerus cafer cafer
Loxodonta africana
Potamochoerus porcus
Modarqua kirkii
Taurotragus oryx
Gazella granti
Hippopotamus amphibius
Aepyceros melampus
Panthera pardus
Panthera leo
Papio anubis
Hystrix cristatus
Crocuta crocuta
Gazella thomsoni
Cercopithecus aethiopicu
Connochaetes taurinus
Aquus burchelli



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L 'ADDAX (Addax nasomaculatus)

Une espece en voie d'extinction

AMAADAM E. Souleymane*

INTRODUCTION

Pays sahelien de TAfrique de I'Ouest, le Niger s'etend sur une superficie de 1 267 000 km^ Les
trois-quarts de cette superficie sont situes dans la zone septentrionale dans le desert du
Sahara.

La population estimee en 1999 a pres de 10 000 000 habitants, croft au taux moyen de 3,3%
par an. Cette population jeune a pres de 50%, et rural a 85% se concentre essentiellement
dans la frange meridionale du pays (un quart du territoire national) ou vivent 75% des
habitants.

L'economie tres fortement tributaire des activites rurales, est mise a rudes epreuves par la
secheresse et la desertification. La degradation des ressources naturelles, base essentielle de
la production est a I'origine de la contre performance du secteur rural, se traduisant
notamment par une baisse de la productivite agricole, une insecurite alimentaire quasi
permanente, et une deterioration de condition de vie des populations rurales.

Le Niger s'attele depuis pres de trois decennies a inverser la tendance de degradation des
ressources naturelles, mais les resultats auxquels il est parvenu sont peu significatifs au
regard de I'ampleur du phenomene de la desertification, et de la modicite des moyens
disponibles pour y faire face.

En depit de ce contexte ecologique et socioeconomique particulierement defavorable, le pays
recele encore des potentialites fauniques non negligeables et susceptibles d'etre valorisees.

Le Sahara nigerien communement appele TENERE, est sans conteste un des plus beaux
deserts du monde de par la beaute de ses divers sites, son caractere propre et sain, et surtout de
par son aspect « vivant », car hebergeant une faune terrestre et aviaire spectaculaire, habitat
des demiers Addax vivant en liberte absolue, bravant I'inconscience des hommes dans un
milieu aride dont le caractere austere leur assure la survie.

Le present document n'a pas I'ambition de circonscrire techniquement et
scientifiquement, I'ecologie d'une vaste zone dont I'etendue et la diversite biologique font
appel a des competences pluridisciplinaires et des moyens consequents, mais la modeste
contribution d'une equipe dans le temoignage formel de I'existence d'une richesse commune a
I'humanite qui appelle de notre part une reaction rapide pour sa sauvegarde de peur de la voir
disparaitre a tout jamais.



*AMAADAME. Souleymane

BP 1 39 Zinder, Niger. Email : lamine(a)intnet.ne



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CADRE DE LAMISSION

Longtemps considerees comme presque eteintes en milieu naturel, certaines antilopes vivant
dans les contrees desertiques survivent encore dans ces biotopes, en depit des innombrables
adversites auxquelles elles doivent faire face quotidiennement. L'Addax (Addax
nasomaculatus), maitre des sables du desert en est un exemple typique.

Selon les informations persistantes rapportees a maintes reprises qu'outre de tres importants
troupeaux de gazelles et d'autruches, I'Addax existe encore dans cette partie desertique du
Niger.

Bien que le desert du Tenere soit une des zones de repartition naturelles de I'Addax, il a
disparu de ces habitats sous la pression des activites humaines, et la deterioration des
conditions climatiques. Malgre I'insistance des informations faisant etat de I'existence de
I'Addax, et les probabilites qui appuient ces informations aucune preuve formelle n'a ete
rapportee pour etayer ces affirmations pour diverses raisons :

- le manque de ressources materielles et financieres dans un pays pauvre qui ne
pent se permettre d'engager des fonds pour une activite dont les retombees economiques
ne sont pas immediatement per^ues, et celles ecologiques culturelles et educatives a court
et moyen termes non quantifiables ;

- I'insecurite sevissant dans la zone ayant entraine la suspension des activites de la
Reserve Nationale Naturelle de I'Air et du Tenere (RNNAT) d'une superficie de 77 360 km^
avec en son sein un reserve integrale denommee sanctuaire des Addax. Cette reserve creee en
1988 est situee dans le Nord-Est du Niger, dans les massifs montagneux de I'Air et les
etendues de sable du desert de Tenere. Malheureusement outre les mouflons a manchettes, les
autruches, les singes et une avifaune riche, la presence de I'Addax n'a pas ete signalee depuis
delongues dates.

En 1998, une premiere mission prospecta la partie Sud-Est du desert nigerien au Nord du
massif de Termit aux points de coordonnees 16° 14' latitude Nord et 10° 59' longitude Est.
Cette partie du desert du Tenere presente des similitudes avec la partie Sud de la reserve de
I'Air et du Tenere, et peut-etre une proj ection pour le sanctuaire des Addax.

En juillet 2001 une seconde mission se rendit dans la zone prospectee par la premiere et le 13
juillet une femelle adulte d' addax fut capturee par I'equipe de cette mission.

LA ZONE DE PROSPECTION

Situation geographique

La zone sillonnee par la mission commence a I'Ouest du massif de Termit aux points de
coordonnees 15°38'Netll°5rEet s'etend jusqu'au point de capture du specimen d' Addax
auxcoordonneesl6°21'Netll°51'E.

Generalites climatiques

C'est un climat sahelo-saharien largement marque par la pression du desert, avec des



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precipitations allant de moins 50mm au Nord a 200mm au Sud. II s'agit d'une zone a forte
variations de temperature, avec des amplitudes thermiques depassant les 40°C. Ainsi a une
periode de forte chaleur (45°C a I'ombre) peut succeder une periode froide ou la temperature
peut avoisiner 0°C. Par ailleurs les variations entre les temperatures du jour et de la nuit sont
tres sensibles.

Morphologic et relief

De point de vue morphologie on peut degager 3 unites distinctes :

- Le massif rocheux de Termit : D'une altitude pouvant depasser les 600metres, ce
massif constitue un ecran contre les vents, sa partie Est etant pour I'essentiel
ensevelie faisant croire par endroits a des dunes de sable. Le cote Quest se
prolonge par une sorte de plaine relativement bien couverte par la vegetation.

- Les dunes transversales : EUes occupent toute la zone au Sud du massif Ces
amas de sable sans orientation particuliere peuvent atteindre 400metres d'altitude
sur un a trois kilometres de longueur ; elles encadrent les plaines sableuses. De
part et d'autre de la plaine, le paysage montre une sorte d'oscillation au fur et a
mesure de Taltemance des dunes. Elles ont une apparence de stabilite car leur
sommet est en partie convert par la vegetation, cependant les flancs par endroit
vers la plaine sont rafraichis par le vent.

- Les dunes longitudinales : Elles s'observent a I'Est et a I'Ouest du massif de
Termit. Ce sont des amas de sable pouvant atteindre 10 a 20 kilometres de long
souvent meme plus. L'altitude varie entre 350 et 400metres. Le parfait respect de
I'orientation est un fait marquant de la predominance des vents responsables de
ces formations.

Le milieu humain

Les differents habitants de la zone sont des pasteurs nomades residents ou peripheriques au
massif de Termit. Ces nomades sont soit semi-sedentaires occupant le Sud du massif dans les
hameaux tels que Eredinga ; Ibranga ; Koussotori etc.. ou purement nomades aux proximites
du massif, comme Termit DoUe et Termit Kaouboul. lis sont composes pour la plupart de
Tuubous, d'Arabes, mais egalement de Peuhls et de Touaregs, les Toubous constituant la
communaute la plus mobile et par consequent a meme de cotoyer I'habitat de I'Addax. Leur
activite principale est I'elevage de dromadaires et de petits ruminants.

SITUATION DE LA FAUNE ET DE LAFLORE

Situation de la faune :

La faune sahelo-saharienne du Niger consideree comme decimee surprend de plus en plus par
ses capacites d'adaptation aux pressions exterieures auxquels elles continuent a payer un
lourd tribut. En effet, malgre toutes ces pressions (braconnage inconsidere a grande echelle ;
surpaturage ; mise en culture ; tourisme sauvage, etc... ), cette faune au prix d'importantes
pertes dues a la folic des hommes, a trouve reftige dans des zones marginales, en depit des
contraintes que lui impose la nature, entretenant dans ce milieu I'existence d'une importante



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diversite biologique.
Situation de la flore :

Sommairement on pent identifier deux grands ensembles :

- Un premier ensemble constituant I'habitat privilegie des gazelles dorcas (Gazella
dorcas) et de la grande Outarde arabe (Otis arabs). Cette zone semble peu
degradee et plus ou moins couverte par un paturage relativement uniforme. Les
especes herbeuses les plus dominantes sont le Stipagrostris vulnerans et le
Blepharis linarifolia, les arbustes presentent une densite assez faible et domines
par V Acacia raddiana, le Commiphora africana le Maerua crassifolia et le
Leptadeniapyrotechnica.

- Le deuxieme grand ensemble est un ensemble de formations desertiques
caracterise par une vegetation reduite a de pseudo steppes sahariennes. Cette
vegetation est clairsemee et composee principalement de deux plantes vivaces ;
le Cornulaca moncantha (Zri enToubou, Had en Arabe), qui semble etre laplante
la plus frappante et de loin ressemble a un arbuste de forme d'aspect buissonneux ;
et le Stipagrostis vulnerans (Mayegu en Toubou).

DEROULEMENT DE LA MISSION

Le 1 3 juillet 200 1 , 1'equipe de la mission se reveilla au puits de Termit DoUe au pied du massif
A bord de deux vehicules tout terrain et sur les indications de notre guide nous primes la
direction Nord en plein desert du Tenere. La progression fut tres lente, et le manque de trace
d'une quelconque piste, nous fit faire d'innombrables detours pour eviter les dimes de sable
trop elevees ou des descentes trop abruptes. En debut d'apres-midi, I'un des vehicules tomba
en panne, et la gravite de celle-ci, nous contraints a le laisser sur place et a faire le choix entre
la poursuite de la mission, avec tons les risques que comporte cette decision ou y renoncer.
Nous optames pour la premiere alternative. Apres avoir pris soin d'enregistrer les
coordonnees du lieu au GPS pour nous faciliter le trajet retour, nous emportions avec nous
nos couchages et des vivres. La progression se fit encore plus lente, et apres deux heures de
route, notre temerite fut recompensee, car devant nous a environ 1 km, trois Addax adultes


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