Food and Agriculture Organization of the United Na.

Nature et faune : revue internationale pour la conservation de la nature en Afrique = Wildlife and nature : international journal on nature conservation in Africa (Volume 5.2) online

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Nature et Faune

REVUE INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE EN AFRIQUE
Gestion de la Faune, Amenagement d'aires protegees, Conservation des ressources naturelles



Volume 5, n° 2, avril - juin 1989





Organisation des Nations Unies (^,^1^ "^ Programme des Nations Unies

pour I'Alimentation et I'Agriculture ^ ^ ^ ^ P0"»* I'Environnement



Bureau Regional de la r.A.O. pour I'Afrique - Accra (Ghana)



Nature et Faune



avril-juinl989




La revue Nature et Faune est une publication intema-
tionale trimestrielle destint c k permettre un 6change
d'informations et de connaissances scientifiques
concernant la gestion de la faune, Tamdnagement des
aires prot6g6es et la conservation des ressources na-
turelles sur le continent africain.



Editeur : A. lokem
Ass. Editeur : P. Happ6e
Conseillers : J. D. Keita et G. S.



Child



Pour la publication d'articles ou tout renseignement
complementaire, 6crire k I'une des adresses suivantes:



REVUE NATURE ET FAUNE



F.A.O. Regional Office
for Africa
P.O. Box 1628
Accra (Ghana).



c/o G.S. Child

div. FORW

F.A.O./U.N

via delle terme di Caracalla

I-OOIOO Rome (Italic).



Le contenu des articles de cette revue exprime les opinions de ieurs auteurs et ne re-
flete pas necessairement celles de la FAO, du PNUE ou de la redaction. II n'exprime
done pas une prise de position officielle, ni de I'Organisation des Nations Unles pour
rAmimentation et I'Agriculture, ni du Programme des Mations Unies pour I'Environne-
ment. En particulier les appellations employees dans cette publication et la presenta-
tion des donnees qui y figurent n'impliquent de la part de ces organisations aucune
prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de
Ieurs autorites, ni quant aux trac^ de Ieurs frontiires ou limites.



Dessin de couverlure tire de TH. Haltenorth/H. Diller "Mammifere d'Afrique' 'Delachaux & Niestle)



Sommaire

Editorial ! 3

Situation et avenir des populations d'elephants dans les pays

du Sahel occidental et central : la Mauritanie, le Mali et le Sendgal 4

Vivre en bandes et survivre 14

Une bouffee d'oxygdne pour les espdces qui battent de I'aile 28

Recherches ichthyologiques au Rwanda 33

La couche d'ozone 43

Conservation 48

Livres 57



PRINTED IN GHANA BY WELMAX GRAPHIC ARTS LIMITED.



EDITORIAL



C'est un fait ind^niable. Depuis cinquante ans, le d6veloppement
technologique a ameliore le contort des hommes. Mais k quel prix !

La machine semble s'etre emballee et tel un cheval fou elle ra-
vage tout sur son passage. Malgre toutes ses connaissances technolo-
giques, I'espece humaine, seule responsable des destinees de la bio-
sphdre, semble incapable d'assurer sa propre survie sans detruire a un
rythme effarant les autres especes terrestres vegetales ou animales.
Tous les grands equilibres planetaires sont bouleverses et rien ne sem-
ble pouvoir resister a la boulimie autodestructrice de I'homme : mers,
climat, forets tropical es, especes animales, ...

Depuis quelques mois, une rumeur s'etend sur toute la planete
selon laquelle I'humanite ne survivra pas aux degats qu'elie fait subir a
la Terre au point que ces menaces ecologiques (ozone, deforestation,
pollutions, ...) rivalisent avec la guerre thermonucleaire pour la premiere
place au rang des menaces pesant sur I'humanite.

Certains orient a I'exageration, a la manipulation, au catastro-
phisme, mais les faits ne trompent pas et, a terme, I'appauvrissement
de la nature ne peut que fragiliser le responsable de cette hecatombe :
I'homme.

L'homme en est maintenant bien conscient et comme le dit la
Declaration de Fontainebleau - redigee a I'occasion du 40eme anniver-
saire de I'UICN -, il importe que I'aventure humaine retrouve au plus vite
les voies de son avenir a travers un humanisme moins agressif et plus
respectueux de la Terre et une reelle symbiose entre I'homme et son
environnement.

II n'est plus temps de chercher ^ determiner les responsabiIit6s
car c'est I'humanite toute entidre qui est concernee par les conse-
quences et il serait sot de croire que cela se passe chez les autres et de
toute fagon trds loin de chez sol. Ce qu'il faut maintenant savoir c'est si
les diverses nations sont pretes ci mettre le prix, aussi exhorbitant soit-il,
pour sauver I'Arche du naufrage et ce, sans autres delais.



SITUATION ET AVENIR DES

POPULATIONS D'ELEPHANTS

DANS LES PAYS DU SAHEL

OCCIDENTAL ET CENTRAL:

1. La Mauritanie, le Mali et le Senegal

par G. Soumia et N. Sanogho



Depuis maintenant pres de deux ans, le statut, la conservation des elephants d'Afn-
que et le commerce de I'ivolre sont I'objet de plusieurs campagnes m6diatiques et de nom-
breuses conferences r6gionales ont 6t6 covoqu6es pour traiter de ces questions. Cette
subite "agitation" n'est evidemment pas gratuite; elle est le reflet d'une situation d'une ex-
treme gravite, celle qui prevaut sur I 'ensemble du continent et qui aboutit d une destruction
massive de cette espece. Face it ces massacres qui vont s'acc6l6rant, des voix de plus en
plus nombreuses s'elevent pour stigmatiser I'inadaptation du controle ^tabli par la CITES a
travers le systeme des quotas.

En avril dernier, huit pays d'Afrique centrale et d'Afrique de I'Ouest (1) se sont reunis
^ Ouagadougou (Burl<ina Faso), ii I'instigation de la France, pour discuter de ces questions
et essayer de batir une strategie de cooperation entre les pays du Nord et ceux du Sud en
ce qui concerne I'epineux dossier du statut de I'elephant et du commerce de I'ivolre.
L'UICN avait ete sollicitee pour aider a I' organisation de cette rencontre.

Prenant acte d'une telle situation, les pays presents ont recommand6 : "Que r4l6-
phant d'Afrique soit transf6r6 de I'Annexe II en Annexe I de la Convention de Washington
(CITES) sous reserve de declassement de certaines populations durablement g6r6es a
I'Annexe II dans la limite de quotas a definir scientifiquement en Conference des Parties".

II nous est done apparu interessant de faire le point sur la situation et I'avenir des po-
pulations d'ilephants des pays saheliens. Le premier de ces articles est consacrS a la
Mauritanie, au Senegal et au Mali; un second traitera des 6l6phants du Burkina, du Niger et
du Tchad; quant au troisidme, il s'efforcera de poser la problSmatique de la survie de cette
espdce dans la Region.



1. La Mauritanie



"Les Elephants ne resident plus en
Mauritanie. Le dernier representant du trou-
peau d'EI Aguer a ete tue en 1964. Celui du
Sud-Affole ne remonte que de maniere sal-
sonniere. Apparemment reduit a un animal
en 1984, dix-huit animaux se sont montres fin
1984 et huit fin 1985 laissant a penser qu'ils
viendraient de la population du Niokolo-Koba
au Senegal. Ces derniers animaux se font re-
gulierement braconner en Mauritanie pour
leur ivoire".

Ces quelques lignes extraites du rap-
port officiel du Delegue de la Mauritanie, pre-
sents a I'occasion du Seminaire "Pour une
gestion de la faune au Sahel" (Nouakchott -
mars 1986), sonnent un peu comme le glas
des pachydermes dans cette partie de I'Afri-
que.

II est vrai que ce troupeau d'elephants
du massif de I'Affole alors le plus septentrio-
nal d'Afrique, constituait une sorte d'anachro-
nisme, tant il paraissait incongru de rencon-
trer une telle espece aux portes du desert
dans un tel environnement biociimatique.
Cette region est consideree comme un cas.
La faune qu'elle abrite doit etre un reliquat de
celle qui, 11 y a des milliers d'annees, peuplait
une region alors fertile, situee a I'emplace-
ment du Sahara actuel. L'eau y est rare, la
vegetation clairsemee. On peut s'etonner, a
juste titre, de savoir qu'une population d'ele-
phants a pu vivre dans une telle zone ou les
precipitations tombent pendant 3 mois de
I'annee. Seul un certain degre d'evolution de
leur biologie permet d'expliquer une telle pre-
sence en des lieux apparemment inhospita-
liers. D'ailleurs, et d'apres certaines descrip-
tions qui en etaient faites, ces elephants se
presentaient comme etant "plus petits et plus



rougeatres que la race des savanes souda-
no-saheliennes". (I.Thiaw, ref.cit6e). Cette
specificity est toutefois loin d'etre partagee
par tous les obsen/ateurs et des temoi-
gnages (cf. le paragraphe ci-apres et la partie
consacree au Mali) vont dans un sens qui ne
permet pas d'etre aussi affirmatif.

Les indications ci-apres sont extraites
d'un document elabore en 1984 par Y.Pre-
vost et intitule "Avant-Projet de plan d'amena-
gement des elephants" (cf. documents
consultes en annexe de Particle final). On y
notera de sensibles differences de donnees
chiffrees par rapport aux informations tirees
du texte de I.Thiaw; elles sont essentielle-
ment dues a revolution de la situation entre
les dates des deux documents.

L' elephant etait autrefois present dans
toute la Mauritanie meridionale. La presence
de sources et de gueltas dans les massifs du
centre (Assaba, Tagant et Affole), - aux-
quelles les elephants s'abreuvaient pendant
la saison seche -, leur permettait de se main-
tenir dans ces regions pourtant tres arides.
Quelques siecles en arriere, les elephants ont
meme ainsi frequentes le Sud du massif de
I'Adrar.

L'elephant subsistait toujours dans le
Sud du Trarza a la fin du 19eme siecle, dans
le Tagant en 1911, au lac de Mai et pres de
Kaedi en 1936. Toutefois, a part quelques
exceptions, apres 1940 la repartition se limi-
tait a trois zones distinctes du Centre de la
Mauritanie :

1. Le troupeau le plus important se canton-
nait sur le plateau d'EI Aguer au Nord-
Est du massif de I'Affole et aurait
compte 400 tetes en 1920. Cette zone
fut protegee a partir de 1937 en tant
que reserve partielle de faune. Nean-
moins, le dernier de ces elephants fut
abattu en 1964 all km du village de
Tintane.




Repartition des 616-
phantsvers 1940



Parcours de nomadi-
sation



SENEGRL



Carte de localisation des 6l6phants du Sud-Mauritanien.



2. Un second troupeau, de 17 tetes nomadi-

sait en 1948 entre le Sud du massif de
I'Affole et le Mali selon un trajet ap-
proximativement Nord-Ouest et Sud-
Est.

3. le troisieme troupeau nomadisait entre le

Sud du Massif de I'Assaba et la vallee
du fleuve Senegal.

Malheureusement, la protection inte-
grale accordee a I'elephant depuis 1947 n'a
pas freine sa disparition. Aujourd'hui, le trou-
peau d'EI Aguer a disparu, le troupeau de
I'Affol^ ne visite plus la Mauritanie et le trou-
peau de I'Assaba a ete reduit a quelques di-
zaines d'animaux.

Les causes directes de cette diminu-
tion ne sont pas evidentes. Quoique la cor-
respondance administrative decrive des
actes de braconnage Isolds, dont plusieurs



ont ete punis, une seule source suggere une
possible exploitation syst^matique. Des pas-
teurs Ideiboussatt auraient extermine I'ele-
phant du plateau d'EI Aguer pour son ivoire
entre 1945 et 1960, suite a I'octrol par Tadmi-
nistration coloniale d'armes de chasse aux
chefs de fraction. Sinon, il est probable que
les Elephants ont et6 tu6s un k un au fil d'af-
frontements, soit avec des eleveurs, suite k
I'utilisation des sources par ceux-ci, solt avec
des cultivateurs, suite ci la devastation de
leurs cultures ou habitations. De tels affron-
tements sont abondamment decrits dans la
correspondence administrative. II est k re-
marquer que I'elephant ne survit qu'au
contact des ethnies les moins familiaris6es
avec les armes a feu.

Les derniers elephants de la Maurita-
nie nomadisent entre le Guidimaka, le Gorgol
(D§partement de Maghama) et le S6n6gal



(D^partement de Matam). II restait environ
20 6l6phants en novembre 1982 dont au
moins 3 jeunes. Selon des renseignements
obtenus localement, les dl^phants emprun-
tent depuis quelques ann^es I'itin^raire sui-
vant :

Juillet-aoiit (pluies) : Oued Niorde vers TEst

Aoiit-septembre (pluies) : Sud des monts d*Ar-
temou, massif de I'Assaba aux environs
de Dafort

Octobre-novembre : Oued Niorde vers I'Ouest,
villages de Testai et Harr. Dispersion
dans les terres jusqu'a TOued Desili.

Novembre-Decembre : terres de decrue le long
du fleuve Senegal entre les village de Sa-
gn^ et Toulel.

Janvier-fevrier : terres de decrue entre le vil-
lage de Wall et la Foret classee de
Ngouye.

Mars-juin (saison seche) : terres de decrue du
cote senegalais.

Ces elephants sont fortement mena-
ces par le braconnage et la destruction de
leur habitat.

Le probleme du braconnage est trds
grave. Six elephants ont ete abattus de de-
cembre 1982 a mars 1983 dont 2 en Maurita-
nle et 4 au Senegal. Au moins deux autres
ont 6t6 tu6s en 1980 (rapport d'une mission
FAO par Monsieur Michel Baumer). Selon
une source digne de fol, les auteurs viennent
chaque annee depuis la Gamble abattre des
6l6phants dont lis ramdnent I'lvoire. Les de-
fenses sont de taille modestes et ainsi faciles
k cacher, mals suffisamment grandes pour
motiver le deplacement.

La deuxieme probleme est tout aussi
grave quoique moins apparent. C'est le d6-
veloppement de I'agriculture dans la region.
Les d6frichements ill6gaux le long de I'Oued
Niord6 ont d6truit les bas-fonds que les ele-
phants utilisaient lors de leurs parcours, pour
les remplacer oar des champs de sorgho.



Au moment de leur passage en juillet-aoOt,
les champs viennent d'etre sem^s et les ele-
phants ne s'y attardent pas.

Toutefois, les elephants causent des
dommages importants lors de leur passage
en octobre-novembre, s'attardant meme aux
environs des cultures. Le meme type de
conflit prend place sur les terres de decrue
entre Sagne et Maghama partout ou passent
les elephants entre octobre et tevrier, date k
laquelle la recolte de sorgho est terminee".



Contexte social

On peut aussI penser que, outre cer-
taines agressions dont ont pu etre victimes
les elephants de Mauritanie, les longues an-
nees de secheresse ont egalement joue un
grand role "d'accompagnement" dans leur
disparition.

Force est done de constater que la
Mauritanie a tourne la page et se trouve au-
jourd'hui classe parmi les pays qui ne possd-
dent plus de populations d'eiephants. Quel
sera le prochain pays de la Region a inscrire
son nom sur cette liste des disparitions ? Le
Mali, le Senegal ? II parait bien loin le temps
(et pourtant il n'y a qu'un siecle) ou I'habitat
de cette espece s'etendalt, sans discontinuer
depuis la presqu'ile du Cap Vert au Senegal
jusqu'aux regions Sud du Tchad actuel d'Est
en Ouest, et, du Nord au Sud, depuis la
grande boucle du fleuve Niger jusqu'^ la cote
atlantique.

Aujourd'hui, dans ce vaste terrltoire
ainsi detini ce sont les vides qui dominent, et
la communication entre des noyaux de popu-
lations isoiees n'est quasiment plus possible.



2. Le Mali



Un autre cas d'analyse interessant est
constitu6 par le Mali. Ce pays abrite en effet
le troupeau d'el6phants le plus septentrional
du continent (encore qu'une telle particularite
lui soit contestee par le Tchad sur le cas du-
quel nous reviendrons ulterieurement) et ce-
lui qui effectue la plus longue migration puis-
que pendant une breve partie de I'annee il se
deplace en direction du Burkina ou il passe
trois k quatre mois. Cette migration s'effec-
tue au debut de la saison des pluies.

Plusieurs estimations de ce troupeau
ont ete faites depuis une dizaine d'annees;
les plus fiables font etat de 500 tetes environ.
Une synthese des informations concernant
cette population a ete fournie par B.Niagate
dans la revue Sahel Vert (oct.nov.dec.87).

La vegetation du Gourma est consti-
tuee par une steppe herbeuse a epineux.
Une multitude de lacs, d'oueds et de mares
bordees de galeries forestieres, aujourd'hui
fortement entamees. Le tapis gramineen, qui
constitue I'essentiel de I'alimentation des ele-
phants et du betail est compose de Cen-
chrus ciliaris parseme 6' Acacias, de Bala-
nites, de Boscias, de Ziziphus jujuba, de
Leptadonio pyrotechnica, & Euphorbia balsa-
mifera, ... Une reserve de 1 192 km^, dite "Re-
sen/e des elephants" a ete classee en 1959,
mais elle ne correspond qu'a 1/3 environ de
la zone de parcours et de migrations des ani-
maux au cours de I'annee. Le Gourma offre
la particularity d'abriter de nombreux points
d'eau autour desquels se concentrent la vie
et les activites des hommes surtout en saison
seche. L'autre particularite de ce troupeau
est qu'il n'a pas ete jusqu'a une date relative-
ment recente, I'objet d'agressions (bracon-
nage) particuliere de la part des hommes; on



parte meme k cette occasion "d'entente cor-
diale et de cohabitation paclfique".

On se plait aussi a presenter cette co-
habitation entre les hommes et les elephants
comme un modele; il est vrai que certaines
photographies montrant des elephants au
milieu des animaux domestiques partageant
avec eux les ressources des points d'eau
sont assez saisissantes et peu banales. Cer-
tains pensent que la faiblesse relative de
leurs pointes constituent pour eux une sorte
d'autoprotection. Get argument n'est pas en-
tierement satisfaisant dans la mesure ou des
exemples prouvent qu'ailleurs en Afrique des
individus petits porteurs n'en sont pas moins
braconnes. Mais on doit reconnaitre aussi
que les actes de braconnage sont exception-
nels et souvent le fait de residents etrangers.

Les elephants arrivent au Mali, en pro-
venance du burkina, en octobre sur la mare
de Soum (environs de Douna). lis se divisent
alors en deux groupes qui, separement, attei-
gnent le prochain point d'abreuvement : la
mare de Massi, puis ensuite vers la vaste
mare d'Indiatafan ou ils sejournent long-
temps. II repart fin fevrier a travers une vaste
plaine herbeuse vers la mare de Banzena.
Apres avoir pris un grand bain, les pachy-
dermes remontent vers les grands lacs ou ils
arrivent en avril-mai. La, ils reprennent
contact avec le second groupe. Les ele-
phants reprennent alors le chemin du retour
en direction du Burkina qu'ils atteignent en
juillet et le cycle migratoire reprend trois a
quatre mois plus tard a travers la Reserve.

Aujourd'hui ce schema quasi ideal est
en train de se modifier : des points de fric-
tions de plus en plus nombreux apparaissent,
destruction des cultures, accidents mortels,
... Ils sont I'illustration de la concurrence de
plus en plus vive qui s'exerce au niveau de
I'acces aux ressources fondamentales que
sont, tant pour les hommes que pour les ele-



Tableau Recapitulatif des Observations (Gourma-Mali)



Date



Dec 88



No



SEXE



LIEU



1


M


BENZENA


2


M


INAIS


44


F + J


IN SAKARAN extr^mit^ Quest
de SIMAKAT


6


F + J


IN BANTA



OBSERVATIONS



Fev88



2
16



M

F + J



DAROUMA
IN DAMAN II



Dec 87



2


M


INAIS


14


F + J


IN SAKARAN


26


M + F + J


IN DAMAN II



1 naissance



Dec 86



2
26



M

M + F + J



INAIS

IN DAMAN II



Dec 85



2
17
32



M

F + J

M + F + J



INAIS

IN SAKARAN

IN DAMAN III



Nombreuses
carcasses pres
des mares



Dec 84



F + J



IN DAMAN 11



Nombreuses
carcasses pres des
mares



Dec 83



M



ALOURIIA Est dc
HOMBORI



Dec 82



62



M + F + J TIN BAKAMATEN Nord-Est

de IN ADJATAFEN



Dec 81



M
M

F + J



INAIS

IN DAMAN II

IN DAMAN III



Dec 80



M



BENZENA



Patte post^rieure
cassee, carcasse
retrouvee en 81



Observations effectu^es pendant des excursions de 3 ^ 4 jours dans la zone ouest du GOURMA, au total 283

animaux ont 6t6 vus effectivement. Pour les jeunes, certains specimens ont pu ne pas §tre d6compt6s, leur

observation ^tant difficile dans un troupeau important.



phants, I'eau et les paturages. En 1983,
treize de ces elephants sont morts de soif;
toutes les mares etant assechees. Depuis
lors, leur situation est precaire. II est evident
que la grande secheresse des annees 70/80,
a largement contribue a modifier les donnees
du probleme.

Les accrocs vont se multlpllant avec le
developpement de certaines activites hu-
maines, de certains projets qui ne prennent
pas assez en compte la presence de la faune
sauvage.

Un projet est actuellement en cours
d'elaboration. II vise a proposer des solu-
tions a I'ensemble de ces preoccupations et
principalement a cette cohabitation rendue
de plus en plus difficile et qui risque d'evoluer
au detriment des animaux sauvages si Ton
ne prend pas les dispositions necessaires qui
s'imposent en temps utile.

Le probleme tel qu'il est pose est avant
tout, pour ne pas dire uniquement, un pro-
blems d'a menagement du territoire et d'oc-
cupation de I'espace. C'est ce a quoi doit
s'atteler I'etude de I'UICN et du Gouverne-
ment malien qui sera entreprise dans le cou-
rant de I'annee 1989; car, ainsi que le disalt
tres justement I'ancien Ministre des Res-
sources naturelles et de I'Elevage du Mali,
M.O.Tall : "Dans le Gourma, il y a de la place
pour tout le monde : pasteurs transhumants
et faune sauvage, a la condition que Ton
sache organiser la place qui revient a chacun
d'entre eux".

En avril 1989 des observateurs ont fait
etat d'un comptage de 325 elephants parmi
lesquels de tres nombreux jeunes. Nous re-
produisons ci-apres un extrait de document
(intitule : "Projet Gourma. Developpement
d'une zone sahelienne au Mali par la protec-
tion des elephants") realise par deux ama-
teurs, amoureux de la nature (G.Barbier et
D.Perrier) qui frequentent le Gourma depuis



de longues annees et dont le t§moignage
permet d'enrichir ce dossier malien.

"Durant la secheresse de 1982 a 1985,
nous avons constate une diminution du nom-
bre d 'elephants et avons trouve de nom-
breuses carcasses autour des mares (en par-
ticulier BENZENA). Les maigres troupeaux
comprenaient des adultes et de rares sujets
juveniles. A partir de 1987, dans certains
groupes nous avons remarque la presence
de nouveaux-nes. En 1988 a IN DAMAN II,
nous avons assiste a une mise-bas et consta-
te que le nombre d'^lephanteaux avait aug-
mente. la saison des pluies 88 ayant ete
abondante (en juillet 88 une pluie de 90 mm
est tombee a IN ADJATAFEN) nous avons
trouve en decembre 88 la totalite des mares
remplies, ce qui n'etait pas arrive depuis pres
de lOans.

Ces observations d'elephants effec-
tuees par voie terrestre sont difficiles du fait
du deplacement des troupeaux et de I'ina-
cessibilite du centre des mares.

En decembre 88 nos observations ont
ete realisees a partir d'un ULM, cet appareil
nous a permis de trouver et de decompter
plus rapidement et plus facilement les trou-
peaux."

Hormis les populations d'elephants du
Gourma, les pachydermes se rencontrent au
Sud, dans le Cercle de Dadiolo ou un petit
troupeau, qui ne compterait que cinq indivi-
dus, transhume entre le Mali et la Cote d'l-
voire. En 1 975/76 ce troupeau 6tait compost
d'une trentaine de tetes. Dans la region de
Koulikoro (Kati-Dioila-Reserve de Banlfing-
Baoule) il existait un petit troupeau, estime
par N.Sanogho en 1977, au cours d'une tour-
nee, a pres de 50 tetes. En 1978, une obser-
vation, confirmee par la suite, faisait 6tat de
I'abattage de huit betes par des chasseurs de
Bamako. Aujourd'hui ce troupeau semble
avoir ete completement decime.



10



Dans la zone du Bating, frontaliere de
la Guinee, subsiste un groupe relique dont
les effectifs sont mal apprecies. Dans le pas-
se, lis migraient entre la Guinee, le Senegal,
le Mall et la Mauritanie. Dans un article paru
dans le journal "Soudan Frangais" en date du
15 octobre 1950, Ba Amadou, decrivait la
vole de transhumance que des elephants du
Sud de I'Affole, en Mauritanie, empruntaient
pour se rendre a la mare de Dioka en lon-
geant la vallee de I'Ouadou (affluent de la Ko-
lombine), le Nord de Yelimane (Mali), le Nord
de Matiamandindike, les collines de Foucou-
ra-Tougoune, les villages de Saboncire, de
Mellerl, de Ouasso-Dialla, de Saradoulle. puis
remontaient vers I'Est, arrivaient a Choubou-
gou puis a Jabers pour parvenir enfin a la
mare de Dioka.

Le Mali semble avoir bien pris
conscience de la necessite de preserver ses
dernleres populations d 'elephants. La de-
marche proposee, par exemple a propos du
projet Gourma, permet de penser que la vo-
lonte politique existe.



3. Le Senegal

Le Sdn6gal, est lui aussi un exemple
tout ci fait particulier dans la sous-region et
dont {'analyse est egalement riche d'ensei-
gnements.

Sur les elephants du Senegal, il a, par
le passe, beaucoup ete ecrit et surtout ete dit
et ce, sans qu'aucune verification scientifique
ait pu etre faite. Une bande dessinee celebre
a meme immortalise les elephants du Sene-
gal, qui constituent une population tres locali-
see et concentree dans le vaste Pare Natio-
nal du Niokolo Koba et plus precisement


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