Food and Agriculture Organization of the United Na.

Nature et faune : revue internationale pour la conservation de la nature en Afrique = Wildlife and nature : international journal on nature conservation in Africa (Volume 7:3) online

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^fature et Faune



REVUE INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE EN AFRIQUE
Gestion de la Faune, Am^nagement d'aires prot^gdes, Conservation des ressources naturelles.

INTERNATIONAL JOURNAL ON NATURE CONSERVATION IN AFRICA
Wildlife and Protected Areas Management and Natural Resources Conservation.

Volume 7, xfZ, Juillet-Septembre 1991 .
July-Septemberl 991 .










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Organisation des Nations Unies

pour I'AIimentation et TAgriculture

Food and Agriculture Organization

of the United Nations



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^^ Programme des Nations Unies pour
y, TEnvironneinent



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United Nations Environment
Programme



FAO Regional Office for Africa

Bureau Regional de la F.A.O. pour I'Afrique - Accra (Ghana)



Nature et Faune



Volume?, n°3 Juillet-Septembre 1991.
July-September 1991.




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La revue Nature et Faune est une publication internationale
trimestrielle destinee k permettre un echange d'informations
et de connassainces scientifiques concernant la gestion de
la faune, i'am^nagement des aires prot6g6es et la conserva-
tion des ressources naturelles sur le continent africain.

"Nature et Faune" is a quarterly international publication de-
dicated to the exchange of information and scientific data on
wildlife and protected areas management and conservation
of natural resources on the African continent.

Editeur - Editor : J.D. Keita a.i.

Ass. Editeur - Ass. Editor : J. Thompson

Conseillers - Advisers : J.D. Keita - G.S. Child

Nature et Faune depend de vos contributions ben6voles et
volontaires sous la forme d'articles ou d'annonces dans le
domaine de la conservation de la nature et de la faune sau-
vage dans la Region. Pour la publication d'articles ou tout
renseignement complementaire, ecrire a I'adresse suivante:

"Nature et Faune" is dependent upon your free and voluntary
contributions in the form of articles and announcements in
the field of wildlife and nature conservation in the Region.
For publication of articles or any further information, please
contact:

Revue NATURE ET FAUNE

F A.O. Regional OfTice for Africa

P.O. BOX 1628

ACCRA (Ghana)



Sommaire - Contents

Editorial 3

Elevage de petit Gibier : S6minaire de formation des formateurs 4

L'approvisionnement des marches de Bangui en viande de chasse 14

Le Pare National du Diawling 21

Defaecation by the African Forest elephant {Loxodonta africana cyclotis) in the Santchou
Reserve, Cameroon 27

TRADUCTIONS - TRANSLATIONS 32



Le contenu des articles de cette revue exprime les opinions de leurs auteurs ef ne reflate pas nfecessairement celles de la FAO, du
PNUE ou de la r6daction. II n'exprime done pas une prise de position officielle, ni de I'Organisation des Nations Unies pour I'Aii-
mentation et ['Agriculture, ni du Progrannme des Nations Unies pour I'Environnement. En particulier les appellations employ6es
dans cette publication et la pr6sentation des donn6es qui y figurent n'impliquent de la part de ces Organisations aucune prise de
position quant au statut juridlque des pays, terrltoires, villas ou zones ou de leurs autorit6s, ni quant aux traces de leurs frontidres
ou limites.



Priated by The Advent Press — Accra



EDITORIAL



En Afrique au Sud du Sahara, les animaux
sauvages fournissent encore I'essentiel du ra-
vitaillement proteVniques d'un grand nombre
de communautes rurales. Bien que ceci com-
mence k etre bien documente, les actions d'a-
menagement des forets qui integrent ces pro-
ductions alimentaires de la foret sont encore
plutot rares. Les raisons principaies de cet 6tat
de fait sont sans aucun doute le manque de
connaissance sur les possibilites de poduction
des animaux et le manque de cadres formes
susceptibles de promouvoir de telles actions.

L'initiatlve de la Faculte Agronomique de
rUniversite Nationale du Benin, Cotonou, de
conduire des recherches couplees avec une
formation appropriee sur I'elevage de petits gi-
biers, merite d'etre salue et encouragee. En ef-
fet, avec sa section d'Ecologie Appliquee et de
Production Aquacole (SEAPA), I'Liniversite du
Benin a accompli une oeuvre de pionnier qui
doit se repandre sur le continent.

Dans son programme d'information et de
formation sur I'amenagement de la Faune, la
FAO s'est associee avec I'Universite du Benin
pour organiser un premier cours de formation
aux techniques d'elevage de petits gibiers du
22 Avril au 4 Mai 1991. Ce premier seminaire
s'addressait a des Techniciens des secteurs
des forets et de I'amenagement de la faune, de
I'elevage et du developpement rural, travaillant
dans des services gouvernementaux et des or-
ganisations non gouvernementales.

Le present numero de Nature et Faune
donne un compte-rendu de ce seminaire. Na-
ture et Faune s'associe aux seminaristes pour
souhaiter que ce programme se poursuive afin
de maximiser la contribution des petits ani-
maux a I'alimentation des populations rurales
et a la protection de I'environnement.



In Africa South of the Sahara, wild animals
provide the greater part of the protein needs of
most rural communities. Although proper do-
cumentation of that has now started, forest
management actions aimed at the production
of this forest food supply are still rare. The
main reasons for this state of affairs doubtless-
ly remain the lack of knowledge on the bree-
ding of these animals and of trained people
who could promote these actions.

The initiative by the Faculty of Agriculture,
University of Benin, Cotonou, to conduct re-
search and give appropriate training in the
breeding of small game, is praiseworthy and
needs to be encouraged. In fact, the Depart-
ment of Applied Ecology and Aquaculture
(SEAPA), of the University of Benin has accom-
plished a pioneering work which must be intro-
duced through the entire continent.

Within the context of its information and
training programme on Wildlife management,
FAO, in conjunction with the University of Be-
nin, organised from 22 April to 4 Mai 1991, the
first ever training course on the techniques of
breeding small game. This first seminar was
intended for the technical officers of the de-
partments of forestry and wildlife manage-
ment, breeding and rural development, wor-
king in government and non-governmental or-
ganisations.

The current issue of "Nature et Faune" car-
ries a report on this seminar and it joins the se-
minarists in hoping that this programme will be
continued in order to maximise the contribu-
tion of small game to the diet of rural popula-
tions and to the protection of our environment.



ELEVAGE DE PETIT GIBIER

Seminaire de formation des formateurs
Cotonou, 22 avril au 4 inai 1991



Depuis plusieurs annees, la FAO - plus par-
ticulierement son Bureau Regional pouri'Afri-
que - est regulierement contactee par divers
organismes de developpement rural, desireux
d'obtenir des informations et une assistance
pour le developpement de projets d'elevage
de petit gibier.

De meme, au cours des diverses reunions
Internationales sur I'amenagement de la faune
sauvage, les representants de pays africains
font regulierement etat d'une demande pour
de tels projets au niveau national.

Devant cet etat de faits, le Bureau Regional
de la FAO, se sentit interpelle et jugea oppor-
tun de prendre des actions dans ce domaine.

II apparut tres rapidement que le facteur li-
mitant pour le developpement de ce secteur



etait en fait I'absence de techniciens formes a
ce type d'elevage et qu'il etait done opportun
de former des formateurs susceptibles d'assu-
rer le suivi des projets inities dans leurs pays.

Pour mener a bien cette tache, le Bureau
Regional de la FAO aura pu tirer profit de I'ex-
perience acquise dans ce domaine par la Re-
publique du Benin, notamment grace au pro-
jet benino-allemand d'aulacodiculture, et plus
particulierement par la Section d'Ecologie Ap-
pliquee et Productions Aquacoles (SEAPA) de
la Faculte des Sciences Agronomiques (FSA)
de I'Universite Nationale du Benin.

Du 22 avril au 4 mai 1991 s'est done tenu a
Cotonou, le premier seminaire de formation de
formateurs en elevage de petit gibier en zone
de foret dense en Afrique de I'Ouest.




CONTEXTE ET JUSTIFICA-
TION



Depuis des temps immemoriaux, rhomme
depend de la faune sauvage pour son appro-
visionnement en proteines. Si rhomme pr6-
historique n'avait d'autre source de proteines
que les animaux sauvages, I'avenement de I'e-
levage et de I'agriculture sedentaire I'a en par-
tie affranchi de cette dependance. Nean-
moins, il reste une demande importante de
viande d'animaux sauvages, en Afrique tout
partlculierement.

Dans de nombreuses regions rurales sub-
sahariennes, en Afrique occidentaie et cen-
trale surtout, la faune sauvage fournit encore
de nos jours, une part exceptlonellement ele-
veede I'apport proteinique, allant jusqua 84 %
au Nigeria et 75 % au Ghana par exemple.

En general, dans ces regimes de subsi-
stance, la majeure partie de la viande provient
de petits animaux et non de la grande faune.
On consomme divers types d'escargots, de
serpents et d'autres reptiles et d'amphibiens.
Les insectes constituent egalement tres sou-
vent une part importante des ressources to-
tales en proteines.

Malgre cela, il est rare que les contributions
que la faune, en tant que source d'aliments ou
de biens marchands, apporte ou peut appor-
ter a I'economie et a la nutrition en milieu ru-
ral, soient officiellement reconnues. Bien plus,
dans beaucoup de pays, ces utilisations sont
dans une grande mesure illegales.

Malheureusement, malgre son importance
vitale pour ces populations, la perennit^ de
cette ressource est gravement menacee. La
surexploitation couplee a des changements
drastiques de I'habitat menagant a court terme
la disponibilite continue de cette ressource, il



faut penser k gerer adequatement cette ri-
chesse en vue d'une utilisation soutenue. L'6-
levage du gibier en captivity pourrait etre une
solution k ce probleme.

II est urgent de s'efforcer par tous les
moyens d'int6grer revaluation, la mise en va-
leur, I'am^nagement et rutilisation des ani-
maux sauvages dans les plans nationaux de
developpement socio-6conomiques et de ge-
rer cette ressource avec les populations lo-
cales et k leur utilisation dans des projets de
developpement rural.

Jusqu'^ present, il n'y a gudre eu d'efforts
s6rieux pour planifier la mise en valeur du po-
tentiel que represente cette faune sauvage au
profit de I'economie rurale. Les mentalites
sont souvent longues a changer. Pourtant,
sous i'impulsion de quelques experts et cen-
tres de recherche, tel le Service d'Ecologie Ap-
pliquee et de Production Aquacoles de la Fa-
cuite des Sciences Agronomiques de I'Univer-
site du Benin, une lueur apparait timidement et
fait naitre I'espoir de voir reconnue cette valeur
essentielle, vitale, de la faune sauvage pour les
populations rurales africaines.

Get esprit nouveau transparail egalement
dans les nombreuses demandes que regoit re-
gulierement la FAQ de la part de divers orga-
nismes de developpement rural, ou meme par
des candidats eleveurs, desireux d'obtenir des
informations et une assistance dans le deve-
loppement de projets d'elevage de petit giber.

En etudiant la meilleure fagon d'aborder ce
probleme, il est toutefois rapidement apparu
que I'absence d'agents de vulgarisation quali-
fies dans ce domaine et capables d'assister
ces personnes dans leur entreprise, constituait
le principal facteur limitant pour le developpe-
ment de cette filiere porteuse d'espoir.

Devant cet etat de fait, le Bureau Regional
de la FAQ pour I'Afrique a juge opportun de
prendre des actions dans ce domaine.



II est en effet urgent qu'un accent special
soit mis sur le lancement de petits elevages de
gibier en etroite collaboration avec le monde
rural et que des technicians specialises soient
formes afin de transmettre ces informations
dans I'arriere-pays grace a une vulgarisation
appropriee.

C'est la raison pour laquelle le Bureau Re-
gional de la FAO a decide d'organiser un se-
minaire de formation d'agents de vulgarisation
en elevage de petit gibier. Ce seminaire, pre-
mier du genre en Afrique, aura fourni aux par-
ticipants, issus de milieux divers, I'occasion
d'echianger des informations et des idees sur
les types d'elevage a promouvoir et de se for-
mer aux techniques et a la conduite de ce nou-
veau type d'elevage en milieu villageois.

PETIT GIBIER ET SECURITE
ALIMENTAIRE

Ainsi que nous le faisions remarquer ci-des-
sus, une des contributions les plus impor-
tantes des forets a I'alimentation des popula-
tions rurales d'Afrique sub-saharienne est la
faune sauvage. Dans de nombreuses regions,
les petits rongeurs, les reptiles, les escargots
et les insectes, ainsi que des animaux plus
grands, constituent la partie essentielle de leur
approvisionnement en proteines animales.
Par example, les communautes vivant pres
d'une foret au Nigeria tirent 84 % de leurs pro-
teines animales de la viande de brousse. Au
Ghana, quelque 75 % de la population
consomment regulierement des animaux sau-
vages, au Liberia, 70 % et au Botswana, 60 %.

Or, ces valeurs tres elevees sous-estiment
tres certainement la realite de la situation. La
consommation d'animaux sauvages nest ge-
neralement pas enregistree en tant que partie
au secteur informel; de plus, la chasse des



grands animaux - parfois meme de tout animal
- est tres souvent interdite et il en resulte une
difficulte certaine pour la recolte de statisti-
ques precises et fiables.

En Afrique sub-saharienne, la foret fait de-
puis si longtemps partie integrante des strate-
gies de securite alimentaire des populations
rurales qu'il est etrange et troublant de noter
combien cette relation a ete - et est encore ac-
tuellement - negligee dans la planification des
activites forestieres (ou de developpement ru-
ral tout simplement).

Malgre de telles evidences, la production et
la consommation de viande de brousse sont
purement ignorees, tant au niveau national
qu'international, lorsque sont evalues les voles
et moyens pour assurer la securite alimentaire
des populations rurales des pays en voie de
developpement.

Vu sa valeur nutritionnelle, la faune sau-
vage ne peut etre ignoree lors de revaluation
des sources potentielles de production et de
consommation de proteines animales.

C'est une omission grave aux conse-
quences malheureuses pour ceux dont la sur-
vie depend etroitement des animaux sauvages
tant comme source de nourriture que de reve-
nus.

La faune indigene a trop longtemps ete me-
prisee et eradiquee au profit d'animaux exoti-
ques peu adaptes aux conditions difficiles ren-
contrees dans certaines regions et qui plus est,
participent a la degradation - souvent irrever-
sible - de ces milieux fragiles.

Qu'on nous comprenne bien, notre propos
n'est pas de promouvoir I'elevage du gibier a
tout cris et en tout lieu, mais il est certain qu'il
s'agit d'une specualtion viable, notamment
pour I'utilisation - et la preservation - des terres
marginales pour ce qui concerne le grand gi-
bier et pour le developpement de petits ele-



vages villageois de subsistance pour le petit
gibier.

Repetons-le, il est vital de garder a I'esprit
que la faune fait depuis toujours partie int6-
grante de la strategic alimentaire des popula-
tions africaines et qu'elle represente pour elles
une source de revenus insoupgonnes.

II est clair que la problematique de I'elevage
de petit gibier s'inscrit etroitement dans cette
recherche de la securite alimentaire pour les
populations rurales d'Afrique.

L'ELEVAGE DU PETIT GIBIER

Comme nous venons de le voir, la faune
sauvage du Continent africain represente un
capital vital enorme, encore mal exploite, mais
qui malheureusement s'erode de fa-
gon alarmante.

La disponibilite continue d'ani-
nnaux sauvages pour Taiimentation
de I'homme presuppose toutefois la
disponibilite et le maintien d'habitats
adequats. Or, de nos jours, une sur-
exploitation couplee a des change-
ments drastiques de I'habitat mena-
cent cette disponibilite : demogra-
phique galopante, deforestation, de-
sertification. Devant cette situation,
il faut penser a gerer adequatement
cette richesse en vue d'une utilisation
durable au profit des populations lo-
cales. Ledeveloppementd'elevages
de petit gibier en milieu villageois ap-
porte certainement une reponse fa-
vorable a ce probleme grave de la di-
sponibilite suffisante de ressources
alimentaires pour les populations ru-
rales.

Tout plaide en faveur de cette so-
lution : la valeur nutritive de la viande



de brousse soutient aisement la comparaison
avec la viande "domestique" en termes de
compositions minerale et prot^inique, le gibier
s'6leve facilement, la viande de brousse se
vend plus cher, une forte demande existe,
etc...

L'elevage de certaines especes telles que
les cricetomes, les aulacodes, les escargots,
les tortues, les antilopes, les francolins, les pin-
tades, etc... permet de creer non seulement
des emplois nouveaux, mais encore de prote-
ger la faune sauvage, de preserver les milieux
naturels gravement menaces et de promou-
voir un capital legue par la Nature et par nos
ancelres.

Ces especes, dites sauvages. bien appre-
ciees des populations de I'Afrique de I'Ouest,
peuvent constituer un frein centre la sahelisa



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tion et mal-developpement. Ces especes s'a-
daptent en effet beaucoup plus facilement que
les espdces domestiques, g^neralement non
indigenes, aux conditions extremes des bio-
topes sub-saheliens qui constituent I'essentiel
des paysages de I'Afrique de I'Ouest. II est de
notre devoir de developper ce capital-gibier,
de le preserver et de ['exploiter rationnellement
en prelevant scientifiquement les interets an-
nuels qu'il nous offre gracieusement.

II faut par ailleurs remarquer que I'urbanisa-
tion aidant, la consommation de viande de
brousse se deplace des milieux ruraux vers les
milieux urbains ou le pouvoir d'achat est plus
eleve et ou les personnes sont pretes a payer
plus cher le droit de conserver leurs habitudes
alimentaires.

A un point tel que, a I'heure actuelle, cette
situation pousse les chasseurs villageois a
vendre leur venaison plutot qu'a la consom-
mer eux-memes. Cette tendance a des reper-
cussions graves sur I'alimentation en termes
de qualite et de valeur nutritive de leur nourri-
ture. Si la disponibiiite en viande de brousse
ne s'ameliore pas, sa consommation rurale va
continuer a diminuer aiors que le taux d'exploi-
tation et I'intensite de la chasse augmenteront
sous la pression de la demande.

De plus, la viande de brousse ne necessite
pas de campagne de publicite. Dans tous les
pays ou une enquete a ete menee sur ce su-
jet, il apparall que I'offre ne peut satisfaire la
demande et que, si la viande de brousse etait
disponible en suffisance, toute personne,
mangeant de la viande en mangerait, indepen-
damment de sa classe sociale, de sa forma-
tion, religion ou sexe. Toute innovation capa-
ble d'augmenter cette productivity est done
souhaitable. L'elevage de gibier en captivity
pourrait etre une solution k ce probleme.

Pour certaines especes, notamment les
gros rongeurs et le petit gibier, cette solution



aurait en plus comme impact indirect non n6-
gligeable, la protection de I'environnement.
La chasse a I'aulacode par exemple se fait en
effet tres souvent a I'aide du feu qui d^truit par-
fois des dizaines d'hectares de brousse ou de
forets pour quelques rares animaux captures.

FORMATION DE FORMA-
TEURS

Si l'elevage d'herbivores sauvages en
ranchs necessite des investissements relative-
ment lourds en infrastructure et en moyens fi-
nanciers, le mettant ainsi hors de portee des
communautes villageoises, il n'en est pas de
meme de l'elevage en captivite de petit gibier
tel que I'aulacode, le rat de Gamble, les acha-
tines, les francolins, les pintades, etc. Ce type
d'elevage est relativement facile a mener et ne
necessite qu'une guidance legere lors du Ian-
cement du projet. L'infrastructure necessaire
reste legere et la resistance naturelle des ani-
maux fait de cet elevage une speculation tail-
lee sur mesure pour les milieux villageois dis-
posal de peu de moyens financiers et n'ayant
que difficilement acces a des services et pro-
duits veterinaires.

A I'heure actuelle, de nombreux pays afri-
cains, notamment en Afrique de I'Quest, re-
connaissant rimportance de cette speculation
pour leur avenir et de nombreuses recherches
et projets dans ce domaine se font jour un peu
partout.

La promotion de ce type d'elevage passe
neanmoins par la formation d'agents de vulga-
risation capables de disseminer les resultats
de ces recherches aupres des populations ru-
rales et d'assister celles-ci dans I'elaboration
et la conduite de leurs projets.

C'est la formation de tels vulgarisateurs
que s'est fixee pour objectif le present semi-




Participants au s6minaire
Photo FAO



naire avec comme objectif ultime la pleine re-
connaissance de I'elevage du petit gibier en
tant que source d'approvisionnement en pro-
teines animales pour les populations afri
caines.

SEMINAIRE DE FORMATION

Du 22 avril au 4 mai dernier, 1 4 techniciens
furent done convies a participer a ce premier
seminaire de formation de formateurs en ele-
vage de petit gibier. Ces participants prove-
naient de 4 pays francophones de la sou-re-
gion, a savoir le Benin, la Cote d'lvoire, la Gui-
nee et le Togo.

Le but ultime de ce seminaire etant de pro-
mouvoir et de developper de tels elevages en
milieu villageois, seuls des hommes de terrain
avaient ete choisis pour participer a cette for-
mation. Ces techniciens etaient issus, selon
les particulariteo propres a chaque pays, des
divers services de vulgarisation susceptibles



d'intervenir dans la promotion et la vulgarisa-
tion de cette filiere, a savoir les Services de
I'Elevage et des Eaux et Forets, mais aussi des
ONG de developpement rural. La presence
d'ONG a ce seminaire nous appraissait pri-
mordiale en ce sens qu'elles sont des interlo-
cuteurs privilegies et meme des relais essen-
tiels pour les autorites politiques, pour la mise
en oeuvre sur le terrain de la politique globale
de developpement rural arretee par les Minis-
teres responsables soucieux du bien-etre des
populations rurales mais trop souvent demu-
nis de moyens d'action pour les mettre en oeu-
vre sur le terrain.

Le site choisi pour la tenue de ce seminaire
n'etait pas neutre non plus en ce sens que le
Benin, et tout particulierement le Ministere du
Developpement rural et de I'Universite du Be-
nin, ont depuis si longtemps investi dans la re-
cherche pour une exploitation rationnelle de
ce capital et dans la valorisation de ces res-
sources au profit des populations rurales dans



une optique de protection de renvironnement
qu'ils en sent v6ritablement devenus les pion-
niers.

Les participants ont d'ailleurs pu largement
b6n6ficier de cette experience et des nom-
breuses installations en place sur le site de
rUniversit§ et du projet b^nino-allemand d'au-
lacodiculture. La Section d'Ecologie Appli-
qu6e et de Productions Aquacoles fournissant
par ailleurs la majeure partie des experts for-
mateurs de ce seminaire.

La seance d'ouverture permit aux diverses
autorit^s nationales et acad6miques et a la
FAO de rappeler I'importance du sujet retenu
pour un developpement rural harmonieux et
pour la securite alimentaire et le bien-etre des
populations rurales africaines. Des la fin de
cette seance, les travaux commencerent. La
mati^re 6tait dense et le travail intense.

Partant du principe qu'on ne peut elever va-
lablement que des especes que Ton connait
bien, les participants reprirent la presentation
et une 6tude d^taillee des diverses especes ex-
ploitables : biologie, 6co-6thologie, alimenta-
tion et croissance, physiologie, reproduction,
anatomie. Aprfes cette prise de connaissance
ou des rappels, I'eievage, comportement en
fut aborde ; techniques et conduite de I'eie-
vage, comportement en captivite ou semi-cap-
tivite, hygiene et pathologie. Pour terminer -
sans doute le plus important - les aspects so-
cio-6conomiques, la vulgarisation et le deve-
loppement de tels eievages en milieu villageois
furent envisages et discutes.

De fructueuses discussions et de nom-
breux ^changes d'idees et d'experiences re-
haussdrent les debats tout au long du semi-
naire. Les participants purent longuement de-
battre des problemes pratiques et echanger


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