Irene Goldenberg.

Massachusetts Congregational Christian Conference, minutes and reports, 165th annual meeting (Volume 1964) online

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^^^ /5^5. vo:,.'^




HARVARD
COLLEGE
LIBRARY



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OEUVRES



NAPOLfiON [II.



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PARrS — TYPOGRAPIIIE HENRI PLOX.

IMPRIMEUR DB L'BMPEREOR,
8. rae Garancierr.



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o

BIBLIOTHlQUE DES CAMPAGIIES.



PEUVRES^^



NAPOLEOIV HI



MELANGES.



•I J'adresse roon onvrage a tons ceux qui
aiment les sciences et Thtstoire, ces gaiJes
dans la prosperite , ces consolatears dans la
mauvaise fortune. »

{^Du pass^ et de I'avenir de I'artiUerie. )



PARIS

HENRI PLON'ET AMVOT, I PAUL DUPONT,

KDITBURS DBS OSDVAES DK LEUPEREUR , | ioiTEUR DE LABlBLIOTBiQUEDKSCAUPACKKS ,
roe Garaocicre , 8, ot rue de la Paix , 8. 1 me de Grenelle-Soini-Ilonorrf , 4.'..

1863

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Harvard Co]lef?o Library

Wm. rfiraeron Forbes
June 26, liX)6.



0^



^^^o



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AVERTISSEMENT

DES I^DITEURS.



Les fragments r^unis iui sont d^tach^ des divers
^rits dont se compose I'^tion en quatre yolomes
des GEuvres de Napoleon III^ Gette ^tion ne pon-
vait prendre place dans de modestes biblioth^es ;
nous avons essay^ d'y faire un choix, de mani^ k
former on volume qui, en restant ^la portee de tons,
permit cependant au iecteur de concevoir nne id^
g^n^rale de Fcenvre.

Noos avons plus partienli^rement empnmt^ a ceux
des ouvrages de Napoleon III qoi ont un caract^re
historique ou qui sont eonsacr^s h la demonstration
des principes sur lesquels repose la politique napo-
l^nienne.

Les Etudes sur le pass^ et Tavenir de Tartillerie,
qui embrassent les plus int^ressants Episodes de This-
toire militaire de TEurope, du quatorzi^me au dix-
septi^me siecle, occupent naturellement une place
importante dans ce recueil.

Pour nous renfermer dans les limites que nous
nous ^tions trac^es , nous avons dt souvent omettre
des portions considerables de cbapitres; lorsque la
clarte Fa exig^, nous avons, autant que possible,
snppiee par des notes succinctes aux d^veloppements
que n'e6t pas comport^ notre cadre. Obliges de res-

4

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treindre a}nsl le clioix que nous avions k faire, nous
nous sommes generalemeut abstenus de T^tendre aux
travaux consacrte k Texamen de questions sp^ciales,
aussi bien qu*aux fragments d'un int^r^t moins ac-
tuel que des feuiUes p^riodlques ont primitivement,
publics. Nous citerons pour exemple : « Les consi-
derations politiques et militaires sur la Suisse ; I'ana-
lyse de la question des sucres ; Textinction du pau-
p^risme; la r^ponse k M. de Lamartine au sujet d*un
Jugement port^ sur le Consulat et TEmpire; la notice
sur Joseph Bonaparte; les opinions sur diverses ques-
tions politiques et administratives, etc. »

En ce qui concerne les discours et messages ^ nos
extraits sont tous ant^rieurs -au r^tablissement de
l*Empire. Au dclA de cette ^poque, les actes de
Napol<ton III ont re^u une publicity k laquelle on ne
saurait avoir la pretention de rien ajouter. De date
rfeente, Ih sont encore presents k toutcs les memoires.

Ce qui nous Importaitsurtout, c'^tait de montrer
faugustc auteur dans cellcs de ses oeuvres qui ont
precede son avenement, et Tout, pour ainsi dire,
prepare : soit que, de Texil, il propage lesid^es na-
poieoniennes, qu*il les 6claire et les popularise; soit
qn^u fond de sa prison 11 m^dlte sur la puissance
des armes de guerre et sur les secrets de la victoire;
soit qu'en presence de la nation , 11 la fasse juge de
ses sentiments, de ses luttes, de ^es resolutions, et
qu'cnfln 11 la conqui^re, dans un magique eian, au
programme du nouvel Empire.

Telle etait la t^he que nous nous etions propos^e
et que nous youdrions avoir utilement remplie*



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Mm MFOL^ONIHINES.



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Si la destin^e que me pr^sageait ma naissance

n'eAt pas ^t^ changee par les ^venements, neveu

de TEmpereur , j'aurais et^ un des d^fenseurs de

son trone, un des propagateurs de ses id^es^

j'aurais eu la gloire d'etre un des piliers de son

Edifice ou de mourir dans un des carr^s de sa

garde en combattant pour la France. L'Empereur

D*est plusl... mais son esprit n'est pas mort. Priv^

de la possibility de d^fendre par les armes son

pouvoir tut^laire, je puis au moins essayer de

d^fendre sa memoire par des Merits, ^clairer Topi-

nion en recherchant la pens^e qui a pr^sid^ k ses

hautes conceptions, rappeler ses vastes projets,

est une t&che qui sourit encore ^ mon coeur et qui

me console de I'exil. La crainte de choquer des

opinions contraires ne m'arretera pas ^ des id^es

qui sonl sous T^gide du plus grand g^nie des temps

4.

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— 6 —
moderaes peuvent s'avouer sans detour-, elles ne
sauraient varier au gr6 de Tatmosph^re politique.
Ennemi de toute th^rie absolue et de toute d^pen-
dance morale , je n'ai d'engagement envers aucun
parti, envers aucune secte, envers aucun gouver-
nement^ ma voix est libre comme ma pens^e..,,
et j'aime la liberty!

Carllon-Terrace, juillet 4839,



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INTRODUCTION.



DE L'ID^E IfAPOLl^ONIENMB.

Londres, 4840.

Depuis vingt-cinq ans la France s'^puise en
vains efforts pour ^tablir un ^tat de choses dura-
ble. Les causes de trouble renaissent sans cesse,
et la soci^t^ ne fait que passler tour k tour d'une
agitation febrile k une apathie l^thargique.

Cette instability des esprits est commune k toutes
les 6poques de transition, lorsque ceux qui gou-
vement abandonnent au hasard des ^v^nements le
passage d'un ancien syst^me k un nouveau, au
lien de lui imprimer une direction ferme et
r^ulifere.

Le grand mouvement de i789 a eu deux carac-
teres distincts, Tun social et Tautre politique. La
r^Tolution sociale a triompb^ malgr^ nos revers,
tandis que la revolution politique a ^chou^ malgr^
les victoires du peuple. Lk est toute la cause du
malaise qui nous tourmente.

Lorsqn'au commencement du dix - neuvifeme
Slide apparut la grande figure de Napoleon , la
soci^te tout entifere prit un nouvel aspect. Les flots
pq>nlaires s'apais^rent , les mines dispanirent, et

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— 8 —
Ton vit avec ^tonnement Tordre et la prosp^rit^
sortir du meme cratere qui les avait momentan^-
meut engloutis.

C'est que le grand homme accomplissait pour
la France et pour TEurope le plus grand des pro-
blames. II op^rait hardimenl, mais sans d^sordre
ni exc^s, la transition entre les anciens et les nou-
veaux int^rets ^ il jetait en France les larges fon-
dations qui devaient assurer le triomphe de la
revolution sociale et de la revolution politique.
Mais h peine TEmpire fut-il tombe que tons les
ferments de discorde reparurent-, du pass^, on vil
renaitre les pretentions surannees, et avec elles
les exagerations revolutioijnaires qu'elles avaient
produites. Le regime etabli en 1800, guide par un
genie superieur , avait fonde partout des institu-
tions progressives sur des principes d'ordre et
d'autorite-, mais Tancien regime se presenta en
1814 et en 181 S sous le masque d'id^es liberales.
Ce cadavre s'enveloppa de lambeaux aux couleurs
nouvelles, et Ton prit le linceul d'un mort pour
les langes d'un enfant plein d'avenir.

Ge deguisement produisit dans les esprits una
perturbation funesle ^ toutes les reputations , tons
les drapeaux furent confondus-, on salua du nom
de liberateur des peuples Foppresseur eiranger^
on appela brigands les debris glorieux des armees
de la Republique et de TEmpire; on qualifia du
nom de liberaux les admirateurs du systeme oligar-
cbique de TAugleterre, tandis que Ton voulut

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- 9 ~

O^trir du nom de partisans de Tabsolutisine ceux
qui regrettaient le pouvoir tutelaire et d^mocra-
tiqae da h^ros pl^b^ien , qui assurait Tind^pen-
dance des peuples et qui ^tait le ^rai repr^sentant
de notre revolution.

Uo jour, nous esp^rSimes que eel ^tat de d^ep-
tion et d'incertitude avait eu un terme, et que la
revolution de 1830 fixerait k jamais les destinies
de la France. Vain espoirl La revolution n*a fait
que semer parmi nous plus d'el^m^nts de trouble
et de discorde, et il n'existe aujourd'hui que des
theories confuses^ que des int^rSts mesquins, c[ue
des passions sordides.

Corruption d'un cot^, mensonge de I'autre, et
haine partout; voilk notre etat! Et au milieu de
ce chaos d'intelligence et de misere, il semblerait
qa'il n'y a plus d'id^e assez grande pour qu'elle
rallie une majority, qull n'y a plus un homme
assez populaire pour qu'it soit la personniflcation
d'un grand interet.

Cette subdivision d'opinions, ce manque de gran-
deur , cette indifiKrence du peuple prouvent assez
combien toutes les theories mises en avant depuis
ISlS^taientinsuffisantes pour etablir un syst^me
et fonder une cause.

La society fran^ise n'obeit pas k une impulsion
r^lifere, mais elle cherche une trace k suivre-,
elle ne marche pas, elle erre k Taventure.

Or, k nous qui'cherchions et qui errions aussi,
un chemin, un guide nous est apparu. Ce guide,



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— 10 —
c'est rhomme extraordinaire qui, second Josu^,
arrSta ia iumiere et fit reculer les t^nfebres. Ce
chemin, c'est le sillon qu'il creusa d'un boirt du
monde ^ Tautre , et qni doit apporter la fertility el
Tabondance.

Dans la route difficile que notre ige doit par-
courir, au lieu de prendre comme chefs de doc-
trine des rh^teurs de college , il nous semble plus
logique de suivre les pr^ceptes et de nous faire
les ap6tres de 'rhomme qui fut encore plus grand
comme l^gislateur qu'il ne fut redoutable comme
capitaine. Lorsque dans Thistoire des temps passes
apparut sur la sc^ne du monde un grand homme
qui r^fl^chissait en lui le double caract^re de fon-
dateur et de guerrier, on vit toujours les genera-
tions qui le suivirent reprendre aprfes sa mort les
institutions qu'il avait sanctionn^es , Failure qui!
avait indiqu^e.

Pendant des si^cles, les peuples des rives dn
Jourdain out suivi les lois de Moise. Les institu-
tions de Mahomet ont fond^ cet empire d'Orienl
qui r^siste encore aujourd'hui k notre civilisation.
Malgr^ le meurtre de C^sar, sa politique et son
impulsion ont encore, pendant six cents ans,
maintenu Tunit^ romaine , repouss^ les barbares
et recuM les linaites de TEmpire.

Pendant huit siicles, le sysl^me fdodal et re-
ligieux ^tabli par Charlemagne a gouvemd TEu-
rope, et servi de transition entre la soci^t^ ro-
maine et celle qui surgit depuis 89. Et nous
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— 11 —

qoi avons en dans nos rangs et k notre t^te
an-Moise, un Mahomet, un C^sar, un Charle-
magne, irions-nous chercher autre part que dans
I ses pr^ceptes un exemple et une synthase poli-
tiques?

Les grands hommes ont eela de commun avec
. la Divinity qu'ils ne nieurent jamais tout entiers.
Leur esprit leur survit, et Fid^e napol^onienne a
jailli dtt tombeau de Sainte-H^l^ne , de meme que
la morale de I'Evangile s'est elev^e triomphante
malgr^ le supplice du Calvaire.

La foi politique, comme la foi religieuse, a eu
ses martyrs-, elle aura comme elle ses apdtres,
comme elle son empire!

Expliquons en peu de mots ce que nous enten-
dons par Tid^e napol^onienne.

De toute convulsion politique jaiHit une id^e
morale, progressive, civilisatrice. L'id^e napol^o-
nienne est sortie de la revolution fran^aise comme
Minerve de la tfite de Jupiter : le casque en lete
et toute couverte de fer. Elle a combattn pour
exister, elle a triomph^ pour persuader, elle a
succombe pour renaitre de ses cendrcs : imitant
en eela un exemple divin !

L'idee napol^nienne consiste a reconstituer la
sociild fran^aise boulevers^e par cinquante ans de
revolution, k concilier Tordre et la liberte-, les
droits du peuple et les principes d'autorit^.

Au milieu de deux partis acharnes , dont Tun
ne voit que le passe et Tautre que I'avenir, elte



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— 12 —

preDd les anciejines formes et les nouveauxL prin-
cipes.

Youlani fonder solidement , elle appuie son sys-
tfeme sur des principes d'^ternelle justice, et brise
sous ses pieds les theories reactionnaires enfantees
par les exc^s des partis.

Elle remplace le syst^me h^r^ditaire des vieilles
aristocraties par un systeme hi^rarchique qui,
tout en assurant Tegalit^, recompense le m^rite et
garantit Tordre.

Elle trouve un element de force et de stabilite
dans la democratic , parce qu'elle la discipline.

Elle trouve un element de force dans la liberte,
parce qu'elleen prepare sagementle rfegne en eta-
blissant des bases larges avant de batir TMifice.

Elle ne suit ni la marche incertaine d'un parti,
ni les passions de la foule^ elle commando par la
raison , elle conduit parce qu'elle marche la pre-
miere.

Planant au-dessusdescoteriespolitiques, exempte
de tout pr^juge national , elle ne voit en France
que des fr^res faciles k reconcilier, et dans les
dififerentes nations de TEurope que les membres
d'une seule et grande famille.

Elle ne procMe pas par exclusion, mais par
reconciliation , elle reunit la nation au lieu de la
diviser. Elle donne k chacun I'emploi qui lui est
dA , la place qu'il m^rite selon sa capacite et ses
oeuvres, sans demander compte h personne ni de
son opinion ni de ses antecedents politiques.



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— 13 —

N'ayant d'autre pr^cupation que le bien, elle
ne cherche pas par quel moyeu artificiel elle peut
soQtenJr un pouvoir chancelant, mais par quel
moyen elle peut rendre le pays prospfere.

Elle n'attache d'importance qu'aux choses^ elle
bait les paroles iuutiles. Les mesures que d'autres
discQtent pendant dix ans , elle les execute en une
seule ann^e. Elle vogue k pleines voiles sur Toc^an
de la civilisation au lieu de rester dans un ^tang
boorbeux, pour essayer inutilement toutes sortes
de voilures.

Elle repousse cette pol^mique du jour qui res-
semble aax discussions religieuses du moyen Itge ,
ouTon se battait pour les questions m^taphysiques
de la transsubstantiation du sang de Notre-Sei-
gneur, au lieu de s'^tendre sur les grands prin-
cipes evang^liques. Aussi n'^lfeve-t-elle jamais la
voix pour bl^er ou accueillir une loi microsco-
pique sur des garanties imaginaires, sur des exclu-
sions r&ctionnaires ou des libert^s tronqu^s^ elle
ne joue pas un jeu d'enfant, mais, geante elle-
meme, lorsqu'elle se bat, c'est une guerre de
Titans 5 ses armees sont des peuples entiers, et ses
triomphes ou ses revers sont pour le monde le
signal de Tesclavage ou de la liberte.

L'idte napol^onienne se fractionne en autant de
branches que le g^nie humain a de phases diffe-
rentes^ elle va vivifier Tagriculture, elle invente
de nouveaux produits, elle emprunte aux pays
etrangers les innovations qui peuvent lui servir.



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— 14 ~

Elle aplanit les montagnes, traverse les fleuves,
facilite les communications, et oblige les peuples k
se donner la main.

Elle emploie tons les bras et toutes les intelli-
gences. Elle va dans les chaumieres, non pas en
tenant k la main de st^riles declarations des droits
de rhomme, mais avec les moyens n^cessaires
pour ^tancher la soif du pauvre , pour apaiser sa
faim : et de plus, elle a un r^cit de gloire pour
eveiller son amour de la patrie! L'id^e napol^o-
nienne est comme Tidee ^vangelique : elle fuit le
luxe, et n'a besoin ni de pompe, ni d*^clat, pour
p^n^trer et se faire recevoir; ce n^est qu'k la der-
nifere extremite qu'elle invoque le Dieu des armies.
Humble sans bassesse, elle frappe k toutes les
portes , regoit les injures sans haine et sans ran-
cune, et raarche toujours sans s'arr^ter, parce
qu'elle sait que la lumifere la devance et que les
peuples la suivent.

L'idee napol^onienne, ayant la conscience de
sa force , repousse loin d'elle la corruption , la flat-
terie et le mensonge, ces vils auxiliaires de la fai-
blesse. Quoiqu'elle attende tout du peuple, elle ne
le flatte pas^ elle m^prise ces phrases de cham-
bellanisme democratique avec lesquellesoncaresse
les masses pour se rallier de mesquines sympathies,
imitant ces courtisans qui encensaient le grand roi
dans sa vieillesse, en vantant les merites qu'il
n'avait plus. Son but n'est pas de se cr^er une po-
pularity passagere en rallumant des haines mai

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-18 —

^teintes et en flattantdes passions dangerenses;
elle dit k chacun ce qu'elle pense , roi ou tribun,
ricbe ou pauvre^ elle accorde la louange ou jette
le blime^ suivant que les actions sont louables ou
dignesdem^pris.

Lld^e napoli^onienne s'est concilia depuis long-
temps la sympathie des masses, parce que les sen-
timents chez les peuples precedent le raisonnement,
que le ccBur sent avant que Tesprit con^oive.
Lorsque la religion chretienne s'^tendit, les nations
Tadopt^rent avant de comprendre toute la port^e
de sa morale. L'influence d'un grand g^nie, sem-
blable en cela h Tinfluence de la Divinity , est un
flijide qui se repand comme T^lectricite, exalte
les imagmations, fait palpiter les coeurs et en-
traine, parce qu'elle touche T^e avant que de
persuader.

Cette influence, qu'elle croit exercer sur les
masses, elle veut Temployer, non pas h boulever-
ser la soci^t^ , mais au contraire k la rasseoir et a
la reorganiser. Vj A^e napol^onienno oot done par ,
sa nature une id^e de jgaixjglutotjqu'une.id^e-de
' gueiie, UHe Td6e d'onire et de reconstitution plu-

tftnjtTune idde^^J^^^?'^^^^^^^^*" ^'^^ professe
sanrFcl et sans haine la morale politique que le
grand homme confut le premier. Elle ddveloppe
ces grands principes de justice, d'autorit^, de
libert^, qu'on oubHe trop souvent dans les temps
de trouble.
Youlant surtout persuader et convaincre, elle



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— . 16 —
pr^he la concorde et la confiance, et en appelle
plus voloiitiers k la raison qu'k la force. Mais si,
pouss^e k bout par trop de persecution, elle de\e'
nait le seul espoir des populations malheureuses,
et le dernier refuge de la gloire et de Thonneur
du pays, alors, reprenant son casque et sa lance,
et montant sur Tautel de la patrie , elle dirait au
peuple, tromp^ par tant de ministres et d'oraleurs,
ce que saint Remi disait au fier Sicambre : « Ren-
verse tes faux dieuK et tes images d'argile ; brilile
ce que tu as ador^ jusqu'ici, et adore ce que tu as



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\



CHAPITRE PREMIER.

DE8 GOUTEKIfEMEMTS EM Gl^If^RAL.



Houyement gdn^ral da progr^s. — Les gouyernements.
Leur forme. Leur mission.



Tootes les revolutions qui out agite les peuples,
tons les efforts des grands hommes, guerriers ou
l^islateurs, ne dolvent-ils aboulir k rien? Nous
remuons-nous constamment dans un cercle yi-
cieux, oil les lumi^res succfedent a rignorance, et
la barbarie ^ la civilisation? Loin de nous une
pensee aussi aiSigeante! Le feu sacr^ qui nous
anime doit nous mener k un r^suitat digne de la
puissance divine qui nous Tinspire. L'am^lioration
des soci^t^s marche sans cesse, malgr^ les obsta-
cles^ elle ne connait de limites que celles du
monde.

<K Le genre humain, a dit Pascal, est un homme
qui ne meurt jamais, et qui se perfectionne tou-
jours. » Image sublime de v^ritd etde profondeur!
Le genre humain ne meurt pas, mais il subit ce-
pendant toutes les maladies auxquelles Thomme
est sujet ', et quoiqu'il se perfectionne sans cesse,
il n'est pas exempt des passions bumaines, arsenal

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— 18 —
dangereux mais indispensable , qui est la cause de
notre elevation ou de notre mine.

Cette comparaison resume les principes sur
lesquels se fonde la vie des peuples, cette vie, qui
a deux natures et deux instincts : I'un divin , qui
tend a nous perfectionner, I'autre mortel, qui lead
a nous corrompre.

La societe renferme done en elle deux ^l^ments
contraires : d'un c6te, immortality et progr^s^ de
Tautre, malaise et disorganisation.

Les generations qui se succMent participent
toutes des naemes ^l^ments.

Les peuples out tous quelque chose de commun :
c'est le besoin de perfectionnement •, ils ont chacun
quelque chose de particulier : c'est le genre de
malaise qui paralyse leurs efforts.

Les gouvernements ont ^t^ ^tablis pour aider la
soci^t^ h vaincre les obstacles qui entravaient sa
marche. Leur forme a dA varier suivant la nature
du mal qu'ils ^taient appel^s ^ guerir, suivant
r^poque, suivant le peuple qu'ils devaient r^gir.
Leur tftche n'a jamais ^t^ et ne sera jamais facile,
parce que les deux ^Idments contraires dont se
compose notre existence exigent I'emploide moyens
diflKrents. Sous le rapport de notre essence divine^
il ne nous faut pour marcher que liberty et tra-
vail^ sous le rapport de notre nature mortelle, il
nous faut, pour nous conduire, un guide et un
appui.

Un gouvernement n'est done pas, comme Ta dit

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I - 19 -

} nniconomiste dislingu^, «« ulcere nicessake, mais

1^ c'est plntdt le moteur bienfaisant de tout organisme

) social.

En d^roulant k no8 yeuxle tableau de I'histoire,
nous y trouvons sans cesse ces deux grands ph^no-

l mfenes : d'un c6t6, un systfeme constant, qui ob^it

I ^ une progression r^guli^re, qui avance sans jamais
revenir sur ses pas : c*est le progris^ de I'autre,
au contraire, nous ne voyons que flexibility et mo-

' h\M : ce sont les formes de gouvemement.

Le progrfts ne disparatt jamais, mais il se d^-
place souvent-, il va des gouvernants aux gouver-
nds. La tendance des revolutions est de le ramener

^ loujours parmi les gouvernants. Lorsqu'il est k la
I4te des soci^t^s, il marche hardiment, car il con-
duit^ lorsqu'il est dans la masse, il marche k pas
ients, car il lutte. Dans le premier cas, le peuple

: confiant se laisse gouverner •, dans le second cas , il

I veut au contraire tout faire par lui-m6me.

Depuis que le monde existe, le progrfes a tou-

f jours eu lieu. Pour le reconnaitre, il sufiit de me-


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