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Documentary history of the state of Maine .. (Volume 5) online

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192 ^ DOCUMENTARY HISTORY

Canada 1690-1691. C. II page I4I.

9

Memoire du Roy aux S""* Comte de frontenac et Cham-
pigny Le Roy a vu par les lettres et par le rapport qui a
^te Fait a Sa Ma'® par le S' marquis de demonville et par
celay du Lieu' envoy^ par le d' S"" de frontenac FEstat des
atl'aires de Canada, Sa Ma''' a 6te inform^e des Irruptions
que les Iroquois ont Fait dans 1' Isle de Montreal, et des
soins du d' S"" de frontenac pour essayer de traitter de la
paix avec ces sauvages par le moyen de ceux qui ont et^ en-
voyez de france ; les affaires considerables que Sa Ma'® a a
soutenir a present ne luy permettent pas d'envoyer en Can-
ada de nouveaux Secours de troupes, n'y de penser a I'entre-
prise qui avoit 6td proposde I'ann^e derniere, sur la nouvelle
york, Elle approuve le party que le d' S'' de frontenac a pris
de continuer la guerre par une vigoureuse deffensive ; Les
Entreprises Faites par les Iroquois obligent Sa Ma'® de rec-
onimander au d' S' de frontenac de prendre de plus justes
mesures que par le passd pour les empescher et de tenir la
main, a ce que tons ceux qui occupent des partes soient tou-
jours sur leurs gardes, merae quils envoient des partys pour
avoir connoissance de leurs marches, et par le moyen des
bateaux armez, quil pent mettre dans les endroits ou ils doi-
vent passer sous le commandement d'officiers vigilants, et
qui puissent penetrer les precautious avec lesquelles, ces
Sauvages ont coutume de marcher affin de les en esloigner,
et quils ne puissent entamer le corps de la Colonic.

Bien ne paroit plus necessaire pour cet effet que d'exe-
cuter les ordres qu'elle a d^ja donnd pour la reunion des
habitations ou villages, et particulierement au dessus des
trois rivieres afin que les habitans soient mieux en etat de se
dcffendrc II faut meme quil les oblige a fermer ces villages
de palissades et a se mettre par ce moyen hors d'insulte.

II doit aussi appuyer les habitans dans le temps des se-
mences et des recoltes, pour quelques officiers et soldats aux



OF THE STATE OF MAINE. 193

endroits ou les cnnemis pourroient venir pour prendre avan-
tage de la necessity ou ils sont d'estre pour lors a la cam-
pagne. Quoy qu'il doit faire son capital de conserver les pays,
et d'y employer particulierement les troupes, Sa Ma*® est
aussi persuad(ie quil peut faire attaquer les Anglois, et les
Iroquois par les sauvages allies, comme elle apprend quil a
comniencd.

II doit aussy donner du secours aux S" de la forest, et
Tonty, ausquels elle a accorde S'Etablissement qu'avoit le
feu S"" de la salle aux Ilinois, pour les mettre eu Etat d'agir
de leur part contre les Iroquois.

II pourra faire encor agir les Iroquois alliez, et pour cet
effet il paroit convenable 4 Sa Ma''' de renvoyer au lieu
nommd le Sault, ceux qui en avoient 6t6 tirez pour les faire
venir a Montreal, et de leur donner touttes les assistances
qui seront necessaires tant pour la subsistance que pour la
garde de leurs families, et les engager a faire une forte
guerre aux Iroquois ennemis

II paroit a Sa Ma'** que comme I'i^tablissement des Canibas
est particulierement du cot^ de Lacadie, et dans le voisinage
des habitations de la nouvelle angleterre ou ils ont enlevd le
fort de Pemcuit (1691) et plusieurs postes fortifBez lis
doivent etre exc(5tez d'y continuer la guerre, et pour cet
offet, le d' S'' de frontenac entretiendra correspondance avec
le S' Mcneval qui commande a Lacadie auquel ils ont beau-
coup de confiance et pour luy donner moyen d'y concourir
Sa Ma'® luy ordonne de leur faire les memes presents que
I'annee derniere KUe espere que la negotiation quil a com-
mence avec les Outawaces, sur I'avis quil a eu de la paix quils
ont faitte avec les Iroquois aura en le succes quil en a at-
tendu, et qui les aura engage, a leur renouveller la guerre
ce quil doit procurer par tons lez moyens possil>Ies, meme
en leur faisant faire quelques presens

Sa Ma'® est bien aise de luy dire a cette occasion que
n'estant plus oblig<?e aux Extraordinaires depenses quil a
Doc. Vol. v. 13



194 DOCUMENTARY HISTORY

fallu fiiire cy devant, pour attaquer les Iroquois, II trouvera
dans les fonds qui seront faits cette ann^e, de quoy assister
dans ces sauvages pour en tirer les services ausquels 11 trou-
vera a propos de les employer —

II doit profiter des dispositions des Interess^s en la com-
pagne du Nort, pour le dessein quelle a de faire attaquer le
fort de Nelson, par le S"" d'Iberville, et de les aider de son
authorite, dans les choses ou ils en auront besoin pour les
mettre en etat de chasser les Anglois de ce poste, qui est le
seul qui leur reste de la baye d'Hudson.

Quelques veue(5s que Sa Ma*^ donne au d' S"" de frontenac
pour le maintien de la Colonie et reduire les Iroquois a de-
sirer la paix, eependant pour la confiance quelle a en son
Zele, et en son application Elle se remet a luy d'y ajouster,
et de faire en cette occasion ce quil estiniera de plus conven-
able a son service, ne doutant point que par la connoissance
quil a des manieres des sauvages de ses forces, et du pays U
ne soit en etat de prendre le meilleur party.

Sa Ma**^ ayant appris que les habitans de Quebec ont fait
preparer pour fermer cette ville, des pallissades, il faut qu il
les oblige a y travailler sans retardement, et que s'ils ne se
pouvoient absolunient passer de quelques secours pour
achever cet ouvrage les d* S""' de frontenac et de Champigny
examineront les moyens d'y pourvoir, et de leur faire donner
ce qui sera Indispensal)lein' necessarie —

Le S"" de Denonville ayant fait remarquer que dans I'aban-
don du fort de Catarakouy celuy qui y conimandoit n'en
avoit pas Fait sapper les Fortiffications suivant son ordre et
qu'ainsy si les Anglois, ou les Iroquois occupoient a present
ce poste, lis y seroient bien fait en Estat de deffence ; II
est tres necessaire (pie le d' S"" de frontenac y envoye pour
achever de les d(;struire, sil ne la pas encore fait, et quil
fasse aussy reclierchcr les deux canons de faute qui ont ^te
tirez de ce fort, et laissez au lac S^ Francois

La depence faite par les forts de Missiliniakinac, et du lac



OF THE STATE OF MAINE. 195

Eri^ devant etre rembours^e sur les premieres congez qui
seront delivrez sur la traitte suivant I'ordre de sa Ma^ du 8^
mars 1688. ; Elle ne veut pas quil en soit donnd, aucune
que cette depense ne soit entirement acquit^e

Le dit S"" de Denouville a represents a Sa Ma'^ la neces-
sity quil y a d'occuper la jeunesse des fiunilies nobles de
Canada, et a proposd de les faire passer en franee pour ser-
vir dans les gardes du corps, ou de les employer dans les
troupes a mesure quil vaquera des places ; sur quoy Sa Ma'^
avant de se determiner est aise d'avoir I'avis des d' S""^ de
frontenac, et de Cbampigny pour ce qui pent etre de plus a
propos pour son service

Quoyque Sa Ma*^ ayt expliquS aux S" de frontenac et de
Cbampigny ses Intentions sur ce qui regarde la guerre. Elle
estime necessaire de leur dire sur ce qui regarde la paix
qu'elle agreS que le d' S*" de frontenac continue a se ser-
vir du moyen quil a commence d'employer obliger les
Iroquois a la paix, et observant de ne rien faire quil leur
fasse connoitre quil la desire, par la crainte de la continua-
tion de la guerre, ny dont ils puissent prendre ancun avan-
tage Cependant Sa Ma*® est persuadSe que dans I'Estat ou
est a present la colonic il est d'nne extreme importance pour
sa conservation quil puisse parvenir bientot a conclure ou
traitter avec ces sauvages, et a finir cette guerre dans la-
quelle par I'eveneraent, il se trouve quil ya beaucoup a per-
dre et rien a gagner.

L'affection de Sa Ma*® pour I'avancement de la religion, et
le service de dieu, oblige a recommander encore fortement
aux d^ S'* de frontenac et de Cbampigny de continuer leurs
soins pour concourier au zele du S' Eveque de Quebec, et
pour secourir les Ecclesiastiques, dans les occasions ou ils
aurant besoin de leur autboritS s'assurant que les dits eccle-
siastiques de leur part feront tout ce qui dependra d'eux
pour contribuer dans cette conjoncture a maintenir les liabi-
tans dans une bonne union, et dans la bonne volontS d'em-



196 DOCUMENTARY HISTORY

ployer leurs biens, et leurs persoanes pour son service, et
pour leur propre conservation

Les S'* de Denouville, et de Champigny ayant trouv^ ^
propos de promettre six congez pour la traitte, aux reli-
gieuses et a I'hopital de Montreal, Sa Ma** veut quelles en
jouissent, et que le d* S'' de frontenac donne les d' congez,
afin quelles puissent subvenir a la subsistance des malades,
et a la reparation de leurs batimens.

Sa Ma** a 6t6 bien aise d'apprendre la facility que ses
sujets ont encore trouve I'ann^e derniere pour leur traitte,
avec les Ontawacs ayant apport^ pour 8000000" de pelleter-
ies. L'importance de ce commerce doit engager les d^ S"
de frontenac et de Champigny a ne rien oublier pour entre-
tenir une bonne correspondance avec ces Sauvages, et pour
assurer le retour des effets des fran^ois

Le S"" de Denonville ayant rendu compte du progres des
entreprises du S"" Rivarin pour la peche des balenines, et de
la molue les d' S" de frontenac et de Champigny doivent
I'exciter a les continuer, et a fa^onner les habitans a cea
peches, et I'assurer que Sa Ma*® fera consideration de ses
soins, et depences, et des partes qu'il a souffert, Elle desire
cependant qu'ils le fassent jouir des cong(^s qu'elle luy a cy
devant accords, quand il y aura occasion, et qu'ils luy fas-
sent S9avoir leur avis sur la demaude qu'il fait du privilege
de la traitte avec les Sauvages, du lac de Thomascanung./.

page 185, Memoire Concernant Le Canada du Mary de

1690, Janvier . . /

Denonville Pour Monseigneur Le Marquis de
Seignelay fait en Janvier 161)0.

La Jalousie du Comerce des Anglois Contre les fran^ois
juiousie des est la priucipale raison qui rendra toujours les
«"m''^ . deux Colonies incomv)atibles et nous doit con-

Hollandois '■

Contre nous, veincrc quc jamais les fran^ois ne se doivent tier
aux Anglois ou holandois de se Pais la outre les interets de
la Religion Catolique a hujuelle les dits Anglois et holan-



OF THE STATE OF MAINE. 197

dois ne permetront jamais de faire aucun progres parmy les
sauvages, regardant tous nos Missionnaires coiume leurs plus
cruels Ennerais quils ne veulent pas soufrir avec les sauvages
qui sont a portde d'eux.

Le Premier motif que la feu Reine Mere a eu pour com-
mencer a soutenir le Canada, a este de faire pul)lier levang-
ile dans ce nouveau monde, ou il y a un nombre infiny de
diferentes nations qui n'ont aucune connoissance du Vray
Dieu les Anglois et hollandois ont toujours traverse Ce des-
sein et I'ont aussy regard^ comme contrare A I'interais de
leur commerce. Tout leur navoir Faire a toujours estd em-
ployd a faire Chasser tous les Missionnaires qui ont este ches
les nations qui sont a port^e d'eux. lis y ont si bien reussy
que nous n'en avons plus aucun ches les iroquois depuis
plusieurs ann^es

Quant I'enterais de levangile ne nous engageroit pas a
tenir des missionnaires dans tous les villages sauvages iro-
quois et autres L'interais du Gouvernement Civil pour le
bien du Commerce nous doit engager a Faire en sorte d'y
en avoir toujours car ces peuples sauvages se peuvent gouv-
erner que par les missionnaires qui seuls sont capables de
les maintenir dans nos interais et les empescher de se re-
volter tous les jours contre nous.

Je suis convaincu par experience que les Jes-

Influence des. r r i

jesuitessur uites sont Ic plus capablcs de Gouverner lesprit

les Sauvages. i - , i ,• j. i •

de toutes les nations sauvages estans seuls mais-
tres des differantes langues outre leur S9avoir faire, par une
ires longue experiance qui s'est aquise ches eux successive-
ment par les missionnaires qu'ils ont eu et qu'ils continuent
d'avoir en grand nombre.

sanva es ^" pai'tant dc Canada J'ay less^ une tres

Abenakesdu grandc disposition a atirer au Christianisme la

C0t6 de Baston , ^ , . ^ i o i • •

plus Grande partee des bauvages abenaquis qui
habitent les bois du voisinage de Baston ; Pour cela il Faut
les atirer a la mission nouvellement etablde pres Quebec sous



198 DOCUMENTARY HISTORY

le nom de S* FranQois de Sales, Je Pay vue en peu de temps
au nombre de six cents ames venues du voisinaije de Bas-
ton. Je I'ay laiss^e en etat de Taugmenter beaucoup si elle
est protegee ; J'y ay Fait quelque depence qui n'y a pas
este inutile, La bonne intelligence que J'ay en avec ces sauv-
ages par les soins des Jesuites et surtout des deux Peres
Bigot Freres a fait le succ^s de toutes les attaques qu'ils
ont Fait sur les Anglois cet Este ausquels ils ont enlev^
saise fors outre Ceiuy de Pemcuit ou il y avoit vingt pieces
de Canon ils leur ont tu^ plus de deux cents hommes avec
des presens de hardes, de poudre et de Plorab, ou les main-
tiendra aisement dans nos interais. lis seroient tres utiles
a la Colonic Francoise surtout si ou les Ena'ao'e a se venir
etablir dans la nouvelle mission de S' Francois de Sales, qu'il
Faut contenir avec soin et Fortifier le vilage Car sans doute
les Anglois pourant les Envoyer ataquer par les Iroquois,
Cette mission Couvre Quebec qui ne sera pas attaqu^ qu'elle
ne soit enlev^e.

De toutes les nations sauvages celle qui a plus de disposi-
tion au Christianisme est labenaquy apres eux sont les hier-
ons qui restent en tres petit nombre et ensuite les iroquois
Mais la Mechante volont^ des Anglois est un empeschement
Formel.

II est constant que les iroquois ont plus d'estime

L'interet du

bonmarch^ ct d'iuclination, pour nous que pour les Anglois,
fait passer les j^^jjj^ l'interet du meilleur march^ qu'ils ont des

Iroquois du

cote des merchandises qui leur sont necesaires prevault
Anglois- Qut^j-e que les Anglois achetent lecastor plus chere-
ment que nous.

La Mission d'iroquois que nous avions a la prerie de la
Madelaine et que J'ay estd oblige de porter dans I'enclos de
III ville de Montreal doit estre regardde comme un levain qui
servira utilcment un jour a la conversion generale des iro-
quois, parcequ'il y en a de tous les vilages, et qu'il y a lieu
d'esperer qu'ils atireront leurs parens avec eux si Ton prant



OF THE STATE OF MAINE. 199

soin de cette mission et de la tirer de Montreal ou I'ivroofne-
rie le Fera perir, II la faut mettre en bon lieu et en etat de
se bien defendre des Ennemis, avec de bonnes redoutes de
pierre Flanquens de bonnes palissades, il faut y Faire trav-
ailler les troupes le meilleiir poste pour eux me paroist Eu-
tre Chateau Guay et leur Antien vilage

II faut les Eloigner dc I'ivrognerie ; Je Pay mise dans la
ville de Montreal parceque J'avois avis, que I'ennemy avoit
resolu de I'enlever, Le Fort ou cette mission estoit estant
tres mechant et ne pouvant se retablir pour plusieurs bonnes
raisons

II y a encor un'autre mission de sauvages, dont le Semi-
naire de S* Sulpice praut soin situ^ a trois quarts de lieue de
la ville de Montreal, elle est compos^e d'iroquois et de heir-
ons, pour I'augmenter il Faut I'Eloigner de la ville et des
habitations francoises.

Dereaude ^ 7 ^ lo^e temps que Ton se plaint avec raison,
vie, suries des maux que I'eau de vie Fait et des empesche-
mens qu'elle aporte au progres de la Religion,
Lavaris seule a Fait dire le contraire a ceux qui croyoient
s'enrichir par ce malheureux trafic qui asseurement eat la
Perte non seulement des sauvages mais des Fran9ois et de
tout le Comerse, La preuve est dans I'experience depuis plu-
sieurs ann^es que Ton n'a vu personne s'enrichir dans ce
negosse et que Ton a vu perir tout ce grand nombre de
sauvages anns, que nous avions autour de la Colonic et
dans le pen de vieillards que Ion voit parmy les Francois
qui sont vieux et us^s a I'aage de quarante ans. La debauche
d'eau de vie est Frecuante en ce pais comme celle du vin
Test en Alemagnd Les femmes meme en boivent —

J'ay I'experience des maux que cette boisson cause parmy
les sauvages c'est I'horreur des horreurs il n'}^ a crime et
infamie que ne se commete entre eux dans leurs exces, une
Mere Jette son Enfan dans le feu, lis se manofent le nes
c'est ce qui se voit communement, L'image de L'Enfer est



200 DOCUMENTARY HISTORY

chez eux dans ces debauches, il Faut avoir vu ce qui en est
pour ]e eroire tel tres souvent ils s'en ivrent exprds pour
avoir droit d'exercer les vieilles rancunes, Les Chatimens ne
se peuvent pas Faire comme ou le Feroit de Francois qui
tomberoient en Faute, Les remedes sont impossibles taut
qu'il sera permis a tout le monde de vendre et trafiquer avec
I'eau de vie quelque peu que chasqu'un a la Fois en puisse
donner les sauvages s'en ivreront toujours, il n'y a artifisse
dont ils ne se servent pour en avoir et pour s'en ivrer autre
que chaque maison est uu Cabaret, Ceux qui disent que si
on ne donne de I'eau de vie aux Sauvages ils iront aux An- .
glois en chercher ne disent pas vray car il est certain qu'ils
ne se souscient pas de boire tant quils ne voyent pas I'eau
de vie et que les plus raisonnable voudroient qu'il n'y en
eut Jamais eu car ils se ruinents en donnant leurs pelteries
et leurs hardes pour boire et se brulent les entrailles

L'union seule du Clerge avec M. le Gouverneur G^n^' et
L'Intendant est I'unique bon moyen pour bien Gouverner ce
peis dout le peuple n'est pas ais^ a conduire

II seroit a souhaiter qu'en toute la Chretiente le Clerg^
Fut aussy S* qu'il Vest en toute la nouvelle france ; La Pau-
vrete ou il est me Fait dire qu'il ne se pent soutenir sans la
Continuation des liberalites de sa Majesty et surtout les deux
hopitaux de Quebec et de Montreal ce dernier est sans
Logement.

La grande difficult^ pour le Gouvernement des Peuples
vient de ce que Ton a less^ trop etendre cette Colonic et que
chaque habitant estant separ^ et sans voisins se norit dans
un independance sauvage outre I'impossibilit^ au un Gouver-
neur General est de defFensive Je ne voy de remede a cela
que de resserrer la colonic et de rassembler les habitans For-
mans de bons vilages Fermes quelque difficult^ qui s'y puisse
rencontrer il y Faut travailler si ou ne veut s'exposer a
perdre tout le peuple.
L'Etendue de la Colonic depuis la Baye S' Paul du coste



OF THE STATE OF MAINE. 201

du nord du Fleuve S' Laurent Jusquea au bout de Tisle de
Montreal est presque de cent lieues et depuis la Riviere du
loup, Jusques a chateau Guay est aussi etendue

Toutes les habitations separdes et avoisindes de bois infinis
sent la Foiblesse de ce Peis si avec cela on veut continuer
d'ocuper des forts Eloignes comme celuy de Catarocaury ou
Fortde fort de Frontenac ce seroit Eucor affoiblir le pais

Frontenac. ^^ auguiautcr hi dcpancc qui ne nous peut etre
d'aucune utility quelque chose que Ton puisse dire au con-
postestrop traire car ces postes ne peuvent nuire aux Sau-
eioignes vagcs enncmis niais bien a nous par les diflScultes
d'y aller et par la depance pour les soutenir

II n'y a rien de plus certain que cest un grand raal que
d'avoir pernais que par le passd on ait occupd des Postes si
Eloignes que ceux que Ton a occupy qui sont si hors de por-
tee de la Colonic que I'on ne les peut soutenir. Ce qui a ne-
cessite ceux qui les ont garde d'entrer dans les iuterais des
peuples qui leur sont plus voisins et de cette maniere ou a
estd necessite d'entrer dans leurs querelles pour leur plaire
et se les concilier ce qui nous a atird linimitde de leurs En-
nemis et le mepris de nos amis qui ne pouvant estre secourus
de nous comme on leur avoit Fait esperer ou comme ils le
pouvoient desirer nous ont traverse en plusieurs rencontres
plus que nos Ennemis meme ce qui a este experimantd bien
plus d'une Fois. On auroit bien mieux Fait de ne point en-
trer dans toutes leurs querelles et de lesser venir tous les
sauvages chercher les marchandises qui leur sont necessaires
dans la Colonic, que de les prevenir en leur en portant en si
grande aboudance que souvent on a estd contreint de les
donner a si vil prix que cela nous a decred chez les sauvages
et a ruine le commerce car plusieurs de nos coureurs de bois
ont souvent perdu a leurs voyages au lieu d'y profiter
Coureurs de Outrc ccla Ic Grande nombre de coureurs a Fait
i>oi8 un notable prejudice a la Colonic en corompant

lesprit le corps et les meurs des habitans qui s'entretenans



202 DOCUMENTARY HISTORY

dans I'esprit libertain et independant et Fanieant empesche
qu'ils ne se marient car Pair de noble qu'els prenent a leur
retour par leurs ajustemans et par leurs debauches au caba-
ret depensant anisy tout leur profit en tres peu de temps
Fait que meprisan les paisans, ils tiennent au dessous d'eux
d'epouser leurs filles bien qu'eux raenie soient paysans
comme eux, et outre cela ne se veulent plus abaiser a culti-
ver la terre et ne veulent plus entendre qu'a retourner dans
le bois continuer le meme metier ce que donne lieu a quan-
tity de debauches que plusieurs sont avec les sauvages qui
atterent beaucoup des maux par les desplaisirs que les sauv-
ages ont qu'on debauche leurs femmes et filles et par le Tort
que cela Fait a la Relegion les sauvages voyans que les
Francois ne pratiquent rien de ce que les missionnaires dis-
ent de la loy de levangile

Le remede a cela est de ne pas permettre autant que Ton
pourra qu'il retourne personne dans les bois que ceux qui
ne peuvent faire d'autre metid et qu'on ne lesse mouter aucun
des libertins et que tous soient obliges d'aporter au Gouver-
neur et L'intendant son certificat des missionnaires comme
ils ont este de bonne vie et de bonnes meurs ; Que Ion trouve
moyen d'ocuper la Jennesse du Peis ce qui est tres ais^ au
moyen de la pesche de molues et de balennes qui est un ne-
gosse infaillible si on s'y veut adonner serieusement et s'en
faire un'afFaire, II y a lieu de croire que les Marchands les
plus sages et Antiens du Peis sont degoutes de renvoyer
dans les bois, raais il n'y aura toujours que trop de pe-
tits nouveaus marchands ambitieux qui voudront tenter
d'envoyer dans les bois et sans cong(:3 et avec cong^ il est
tres apropos qu'il y ait uu ordonnance qui rende les mar-
chands responsables de la faute des coureurs de bois sans
congd Car si le marchand ne donnoit point de marchandise
il n'y auroit point de coureurs de bois.

Ou a este oblige de Faire des despences pour

Champlgny

I'entretien des forts eloign^s qui ont estd avancdes



OF THE STATE OF MAINE. 203

par les marchans aus quels M de Champif^ny a Promis le
reriibouisement sur les Premiers cougds qui se donneront, il
sera bien apropos que Monseigneur le Marquis de Seignelay
eu ecriree et ordonne que cela soit Giney

, J'ay deiia marqud qu'il est de consecance que

DelanecessiW ./ j ^ i ~i

deiaisseiie les Sauvages ne soient Gouveru^s que par les
f^"^''"'®"^®"*Missionnaires et que le Gouverneur General et

des sauvages ^

aux Mission- L'intendaut soient toujours de concert avec eux
pour le Gouvernement General du Peis, sans quoy
on sera Sans les Jours expos^e a mil inconveniens dans les
quels on est entrain^ par les interais des particuliers qui ne
sont conduits que par I'avarisse, cette verity n'^a este que trop
souvent eprouv^e Ou doit estre extremement en Garde sur
I'inquietude de tous les coureurs de bois dont I'esprit est
d'aller toujours au loin et de toujours courir ; tous les jours
ou est accal)!^ des propositions de nouvelles decouvertes.

II sera difficile de trouver des gens asses entreprenens et
Mortde asscs scurs pour soutenir les difficult^s d'aller
La Salle cherchcr par les terres ceux que M de lassalle a
less^ au mexique — La nouvelle de sa mort a fort decredit^
ce voyage II y a deux ans que J'avois en main des gens
pour cet Entreprise si M Cavelier m'eut Faire part du secret
de la mort de son Frere.

Les Missionnaires que nous avons aux ontaouas qui sont
en grand nombre sont fort traverses par les libertins et de-
bauches, ils ont besoin de la protection de Monsieur le Mar-
quis de Seignelay.

Les Missionnaires qui sont du Cost^ de Tadoussac sont Fort
en repos par le bon ordre q'y aporte le S'' de Granville
Charge de faire la traite pour les ferraiers, On a decouvert
depuis peu des sauvages du cost^ de labrador qui tesmoig-
nent desirer entendre I'Evangile des missionnaires y sont
allds de tadoussac

Du Coste de la Baye d'udson nos affaires y vont assez bien
si la Compagnie du nord veut continuer de travailler a ce



204 DOCUMENTARY HISTORY

qui se peut Faire et seconder les desseins de Diberville un
des fils de Feu le moine que J'ay laiss(^ dans la resolution
d'aler Enlever le seul poste du port de Nelson que les Ang-
lois y ont ; Pour cela Je crois qu'il est absolunient neces-



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