William Fraser.

The earls of Cromartie; their kindred, country, and correspondence (Volume 2) online

. (page 38 of 56)
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les hopitaux et convents de Prague etaient remplis de leur blesses, et on trouva
aussi de leur soldats blesses dans tous les villages pour un lieu a lentour du champ
de battaile, de sort que leur perte, 'y compris 5 ou 6000 hommes qui se deban-
derent apres la battaile et qui se jetterent dans la haute Palatinate et autres
provinces de I'Empire, allait au dela de 20,000 hommes. On leur prit aussi 36
pieces de cannons, 11 etandards, un grand nombre de tents et beaucoup de
baggage. Les Prussiens perdirent le Marechal Schwerin, le General von Amstel,
deux Collonels, quelques Lieutenant-Collonels, plusieurs officiers inferieurs, et
3.500 hommes tu6s sur la place. lis eurent 7 Generaux, un grand nombre d'autres
officiers et 5700 soldats blesses, la plus grand parti mort depuis de leur bles-
sures; ils perdirent outre cela pendant la battaile 2200 hommes, des quelles
quelques uns etaient jiris prisoniers, mais la plus grand parti par desertion :
ainsi la perte total de I'armee Prussienne, sans conter les officiers, montait k
11,400 hommes.

Le jour apres la battaile le Roi investissait Prague de ce c6t6 la de la Moldau,
de sort que la ville et Farmc'^e qui etait dedans etaient alors bloqu6 des deux c6t6s de
la riviere ; on fit remonter le pont que le Eoi avait construit, plus pr6s de Prague,
et on jettait un autre pont de communication au dessus de la ville, entre Konings-
hall et le Wisherad. Le Prince Maurice d'Anhault Dessau campait de ce cot6 la
avec 8 ou 10,000 hommes pour empecher les Autriciens de sortir par la. Get corps
du Prince Maurice fit I'aile droite de I'armee du Marechal Keith. Le 9*^""^ le Roi
fit chacher les Autriciens de quelques oeuvrages qu'ils avaient sur le Siskaberg ; la
meme soir les Autriciens tachaient de reprendre ces oeuvrages, mais sans success.
Deux jours apr^s la battaile le Prince de Bevern etait envoyez avec 12 battalions
et 50 esquadrons contre le Marechal Daun ; ce General etait arrive a Teutch Brod
avec son corps d'environ 15,000 hommes dans la design de joindre lagrande arm^e
Autricienne quand il apprit leur defaite, sur quoy il se retirait apr^s avoir
recuille les trouppes qui s'etaient r'assambl6s a Benechau. Environ dans le
meme tems le Lieutenant Collonel Meyer etait envoyez avec 2 battalions
francs et 2 esquadrons d'hussards dans les Evech^s de Wurtzburg et Bam-
berg et dans la haute Palatinate pour empecher I'armee de I'Empire de
s'assembler; ce partisan en passant par Pilsen ruinait un magazin tres consider-
able que les Autriciens avaient en cette ville.



NARRATIVE BY JOHN LORD MACLEOD, 1757.



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Le Eoy de Prusse ayant resolu de faire son possible pour forcer Tann^e
qui etait en Prague de se rendre prisonier de guerre, crut que le seul moyen
d'y reussir etait par bombardment, veu qu'il n'etait guere possible d'assieger
en forme une ville comma Prague defendu par un armee de 40,000 hommes.
Comme il avait toute raison a croire que le Prince Charles de Lorrain fera
un effort de sortir de Prague en portant tous ces forces contre le corps du
Roi, ou contre celle du Mareclial Keith, qui etant separes par une riviere ne
puvaient pas s'entre-succourir, on prirent tous les precautions possibles pour
faire manquer un tel enterprise aux Autriciens. Pour cette effect on firent
des lignes de contrevalation des deux cotes de la riviere avec des redouts de
distance a distance. Le Marechal fit faire trois redouts sur le Weissenberg vis a vis
du Laurenceberg. On mirent de cannons dans les redouts et sur les lignes. Les
Autriciens avaient une poste sur I'extremite du Weissenberg dans une maison
appell6 le Strowhaus, qui etait sous les cannons du Laurenceberg, et environ a
800 pas devant les trois redouts Prussiennes. C'etait pres d'une jardin dans la
plaine et a la gauche, suivant la position de I'arm^e Prussienne, de cet Strowhaus et
du Laurenceberg que le Marechal Keith avait resolu de mettre son batterie de
mortiers et de cannons. Son Excellence y'fit faire un redout pour couvrir la
batterie; Elle fit aussi eriger une quatrieme redout sur le Weissenberg a 3 a 400
pas devant les trois autres, pour couvrir plus efficacement son batterie dans la
plaine.

Quand la redout dans la plaine etait pret, mais avant que les cannons et les
mortiers y'furent places, les Autriciens firent un effort de ruiner cet ceuvrage.
C'etait la nuit du 23 au 24 de May que cette sortie se fit : elle etait de 14 ou
15,000 hommes. Les deux battalions Prussiennes qui couvraieut cette ceuvrage
sutinerent tres bien la primiere attaque, et plusieurs regiments ayant 6tes envoyez
au primiere allarm pour les sutenir, il en suivit un combat tres vif pendant trois
heurs, apres quoy les Autriciens furent obliges de rentrer en ville sans avoir reussis
dans leur design, et avec perte de 500 hommes; les Prussiens eurent 48 hommes
tues et 13 ofiiciers, outre le Prince Ferdinand de Prusse, et 204 hommes blesses
dans cette affaire. La grosse artilerie etant arrive bien tot apres de Saxe, et tous les
batteries, savoir 3 du cote du Roi et 1 du cote du Marechal Keith, etant en etate,
on commen^ait la nuit du 29 au 30 de May a jetter des bombs et des bouUets
rouges dans la ville. Cette grosse artilerie consistait de 1 8 mortiers, et 2 6 pieces de
cannons de 24 et 12 livres. Le Marechal avait 6 mortiers et 8 cannons de 12 li-\Tes



404 NARRATIVE BY JOHN LORD MACLEOD, llbl:

a son batterie, et la reste etait du cote du Eoi. Le lendemain les deux ponts de
communication sur le Moldau furent rompus par un grand orrage, mais le Prince
Charles de Lorrain ne fit aucun tentative de profiter de cet malheur au grand
ettonement de tons les Generaux Prussiens. Les ponts furent repar^s deux
jours apres.

La nuit du dernier de May au P"" de Juin 10,000 Autriciens, moiti^
cavalerie moiti6 infanterie, sortirent de la ville du cot6 du Roi, mais ils s'ar-
retterent a 1000 pas des lignes sans rien tenter, et rentrerent bientot apres
en ville apres avoir essuyez un cannonade tres vif. lis furent plus heureux a
notre cote de la riviere la nuit du 2 au 3, car ils surprirent la redout la plus avanc6
sour le Weissenberg avec une fleclie qu'on avait fait deux jours aparavant a la
main droite et qui se joinait a la redout par un communication. Les granadiers
Autriciens entrerent dans ces deux ceuvrages en meme tems et sans tirer un coup
de musquet, car les deux officiers qui y'commandaient, et a leur exemple leur monde,
etaient endormis ; au primiere allarm le mareclial fit avancer quelques compagnies
de granadiers de ce cote la, mais les Autriciens etaient deja retires, et ammenerent
avec eux 3 pieces de cannons de 1 2 livres qui etaient dans la redout ; on y mirent
3 autres dans leur place, mais 8 jours apres le lioi fit raser ces deux ceuvrages, et
sa majesty ordonnait en meme tems au mareclial de retirer son batterie dans la
plaine ; la raison qu'on donnait pour cela etait que cette batterie etait troj) eloignez
de la ville pour faire grande mal, mais la distance n' etait que de 1000 pas, et je croye
que la veritable raison etait un manquemant de bombs, car on n'avait que 5000 en
tout depuis le commencement, et le Roi voulait les avoir pour ces batteries qui, etant
sur le Siskaberg, commandaient une bonne parti de la ville. La jour apres que notre
batterie fut retir(^, les Autriciens prirent pocession du jardiu et du redout oil elle
avait 6te, et quoyqu'on fit marcher une battalion franc avec une compagnie de
granadiers et quelques hussards pour les chacher de la, les Prussiens furent pour-
terns repousses, et les Autriciens resterent les maitres de cette porte jusque a la
fin du siege.

Pendant que le Roi de Prusse restait devant Prague avec la plus grande
parti de son arm6e, le Prince de Bevern avait pouss6 le Marechal Daun vers
les frontiers de la Moravie ; ce General se retira pour faciliter sa jonction
avec les succours qui lui vinternt de cette province et des deux Autriches. Le
Prince de Bevern, de qui I'arm^e avait et6 augmente jusque a 19 battalions et
85 esquadrons, avait pris Planian, Collin, Teutch-Brod, Chaslau et quelques autres



NARRATIVE BY JOHN LORD MACLEOD, 1757. 405

posts, dans quelques lines de quelles il avait trouve des petits magasins que les
Autriciens n'avaient pas eu le terns d'ammener avec eux. Le Marechal Daun ayant
enfin re9u tons ses succours, fit une marche en avant I'onse de Juin avec une
armee d'environs 50,000 hommes et une nombreuse artilerie; le Prince de Bevern
se trouvant trop foible pour combatre le General Autricien se replia sur Collin.
Le 1 3 le Eoi de Prusse marchait avec 6 battalions et 11 esquadrons pour se joindre
avec le Prince de Bevern. Le 1 5 Prince Maurice d'Anhalt Dessau prit le meme cliemin
avec 6 battalions et 5 esquadrons.

Tons ces troupes etant jointes, le Roi marchait le 18 avec 32,000 hommes
aux Autriciens, qui furent postes tres advantagieusement a Cossomitz entre
Collin et Planian. Sa majesty les fit cannoner quelque terns pour tacher de les
faire descendre dans la plaine, niais voyant qu'ils ne voulerent pas quiter leur
avantage, elle fit attaquer leur aile droite a deux heurs apres midi ; son design
n'etait pas d'engager une affaire generale, ainsi Elle ordonnait au Prince Maurice
qui commandait son aile droite de refuser le combat, et de se tirer tousjours a
gauche pour sutenir I'attaque de ce cot6 hi. Cet attaque fut heureuse au commence-
ment, les Autriciens furent chasst^s de deux hauteurs, et leur aile droite mise en
confusion, les Prussiens prirent plusieurs cannons et plus que 500 prisoniers. Les
troupes de I'aile droite voyant ceci, crierent au Prince Maurice qu'il etait honteuse
pour eux de rester spectateurs tranquiles du bonheur de leur camarades, et qu'ils
seront bien aises d'avoir leur part dans la victoire. Le Prince cedaut a I'ardeur des
troupes, marchat contre I'aile gauche Autricienne, et par cet mouvement laissat une
grande oeuvi"eture entre les deux ailes Prussiennes ; la cavalerie Autricienne profi-
tante d'abord de ce faute, entra par cet ouverture, et prit I'infanterie Prussienne en
flanque et par deriere, de sort qu'elle fut alors facilement renvers6 ; elle fut raillie
et rammen^ plusieurs fois a la charge mais sans success ; quand I'infanterie ne
puvait plus, sa majesty Prussienne ramassa toute la Cavalerie qu'elle puvait
trouver, et fit un dernier effort pour gagner la haute de la montaigne, mais la
cavalerie fut renvers6 sur I'infanterie et toute I'arm^e mise en deroute. Les Prus-
siens perdirent 15,000 hommes, y'compris quelques millers de deserteurs, plus que
40 cannons et un grand nombre de drapeaux et d'etandards dans cette battaile. La
perte des Autriciens allait, suivant leur propre aveu, a 5000 hommes. Les debris
de I'armee Prussienne se r'assemblant a une lieu et demi du champ de battaile, et
cela d'autant plus facilement qu'ils ne furent point poursuiv^s. Le Roi donnait le
commandement au P. Maurice avec ordre de se retirer a Nimburg et d'y passer



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NARRATIVE BY JOHN LORD MACLEOD, 1757.



I'Elbe. Sa Majesty se rendait elle merae le 19 avec un petit escorte a son ancien
quartier general devant Prague.

Comme le grand point de veu du Roi de Prusse depuis la battaile de Prague,
avoit et6 de prendre cette ville et I'armee que etoit bloqu^ dedans, bien de gens
s'etonnerent pour quoy sa Majest6 avoit risquez d'attaquer avec vine armee in-
ferieure I'arm^e Autricienne dans leur posts advantagieux de Cossomitz, puisqu'il
parroissoit plus convenable k ses interests de laisser le soin au Marechal Daun
de le venir chercher dans quelque bonne poste qu'elle aurait pent occuper ;
ce que le General Autricien aurait 6te oblige de faire, ou autrement se re-
soudre a voir Prague et Tarmee de Prince Charles de Lorraine forces de
se rendre bientot d, discretion manque de vivres ; car on savoit que le soldat
n'eut plus que la moiti6 du pain qu'il * devoit avoir, que les Generals memes
ne mangerent plus que du chaire de cheval, que pr^s de 900 maisons furent
deja brull^s, et qu'en fin il y avoit grande misere dans la ville.

J'ai tach6 de m'informer des motives que auronts peu determiner sa
Majesty Prussienne d'agir en cette occasion contre les regies ordinaires de
la guerre, et voici ce que le Marechal Keith m'a dit la desus. Le ministere
d'Hanovre avoit demands avec instance un succours de 20,000 hommes, decla-
rant en meme terns que sans un tel renfort leur arm^e n'etoit pas en etate de faire
t^te aux Francais. Le Roi ne se crut pas en etate de leur fournir un corps si
considerable tant qu'il avoit I'arm^e de Marechal Daun en tete, et que celle de
Prince Charles se defendoit encore ; mais sa Majesty croyoit que si Elle puvoit
venir a bout de dissiper I'arm^e de Daun, qu'elle seroit alors en etate de laisser une
arm^e suffisante devant Prague pour prendre cette ville et pour garder la Boheme,
et d'envoyer en meme tems, ou peutetre d'aller Elle meme avec 20 ou 25,000
hommes joindre le Due de Cumberland et combattre les Fran9ais. L'execution de
ce project ne soufrait aucune delai, parceque le Roi craignoit tousjours qu'autrement
la Cour d'Hanovre ne conclude une neutralite pour elle meme, ou que leur arra^e
ne fut battue, et que dans I'un ou I'autre cas I'arm^e Francoise n'entrat bientot en
Brandenburg ou en Saxe. Un tel evenement aura forc6 sa majesty sans avoir perdu
une battaile de lever la siege de Prague et d'evacuer la Boheme pour aller defendre
la Saxe et ses propres Etates ; rien de plus puvoit lui arriver s'il fut battu, mais
s'il gagnoit la victoire contre Daun et succouroit les Hanoveriens a tems, tout cela
etoit prevenu.

Outres ces raisons, je croye aussi que le Roi se fioit trop dans la bonte



NARRATIVE BY JOHN LORD MACLEOD, 1757. 407

de ses troupes, et qu'il meprisoit trop ses enemies, car je s(;ai que le Marechal
Keith lui ofFrait, avant son depart pour se joindre avec le Prince de Bevern, quel-
ques battalions de son arm^e plus que ceux qu'il voulloit prendre, mais il les
refusoit. Le roi craignant apres son retour devant Prague, que le Marechal Daun
n'en profitat plus de sa victoire qu'il n'en fit, en poursuivant I'arm^e de Prince
Maurice pour Taccabler a son passage de I'Elbe, ou en marchant droit a Prague
pour lui tomber sour les bras, fit retirer la nuit du 19 au 20 ses batteries
et lartillerie des lignes ; le 20 a trois heurs du matin sa majeste levat la siege et
marchoit a Brandeis pour y passer I'Elbe, et ordonnoit en meme tems au Marechal
Keith de se retirer avec son armee a Boudin, et d'y jiasser I'Egra. En consequence
de ces ordres son Excellence fit retirer I'artilerie des lignes a onse heurs avant
midi et la fit d'abord prendre le devant avec le gros baggage sous I'escorte de deux
battalions. Le Prince Charles de Lorraine voyant par les mouvements dans le camp
que nous alliens nous retirer, (et le chachant aussi plus particulierment par une
lettre que le Marechal Keith ecrivoit au Marechal Brown quelques heurs avant la
retraite, pour lui recommander les malades et les blesses de I'armee qu'on avoit
resolu de laisser en arriere), sortit de la ville entre 1 et 2 heurs apres midi
avec 25 a 30,000 hommes qu'il mit en ordre de battaile sur le Weissen-
berg pr^s du Strawhaus et vis a vis des trois redouts Prussiens ; son aile droite
s'etendoit dans la plaine et sa gauche devant le Convent de St. Margaret, et
plus loin devant le corps du General Winterfeldt.

A trois heurs le Marechal fit battre la generale, et un quart d'heur apr^s
I'assembl^. En meme tems toute la cavalerie et 5 battalions de Granadiers se
mirent en ordre de battaile sous les ordres du Lieutenant-General Smettau, sur
le Weissenberg derriere les trois redouts, pour faire I'arriere garde de I'arm^e.
A trois heurs et demi I'arm^e se mit en marche I'aile droite par sa gauche,
et I'aile gauche par sa droite, et I'aile gauche essuyoit, en defilant le long
des lignes, un vif cannonade de 10 au 12 petits cannons que les Autriciens
avaient places sur le Weissenberg a 4 ou 500 pas de nous. Get cannonade
fit pourtant plus de bruite que de mal, car I'artilerie Autricienne ne vaille
guere mieux que la Prussienne. Quand nous fummes arrives pres du village
de Rusin, le General Smettau fit retirer les Granadiers qui furent dans les
redouts devant lui, et I'arriere garde se mit en mouvement. Les Autriciens com-
mencerent k marcher en avant en meme tems, et prirent pocession des lignes et
des redouts quand I'arriere garde etoit ^150 pas de la, k measure que I'infanterie



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arrivoit sur I'hauteur de Eussin, le Marechal la fit mettre en battaile pour sutenir
le General Smettau en cas qu'il fut pouss6 ; ce General nous joinit bientot apres,
n'ayant eu qu'un petit feu de mousqueterie a soutenir avec les Autriciens que
poursuivernt tres mollement.

Apr^s I'arriv^ de I'ariere garde nous restammes encore plus qu'une heure
en battaile, le Marechal ayant resolu de combattre les Autriciens s'ils voullernt
venir a nous, mais ils firent alt sur le Weissenberg. Ce que determinoit son
Excellence a risquer la combat fut la bonne contenance des troupes que ne de-
mandernt pas mieux que de venir aux mains ; quoy que nous n'etions en tout que
19,000 hommes. Elle se fiat aussi dans la bont6 du poste que nous occupammes.
Voyant en fin que le Prince Charles de Lorraine ne voullat rien hasarder, I'armee
se remit en marclie sur 2 collonnes, et nous arrivarames le lendemain matin a 6
heurs h Mikowitz oil nous restammes toute la jouru^e. Pendant cette marche de
nuit nous ne fummes point poursuiv^s, et I'armee fit plusieurs alts ; I'une etoit de 3
heurs. La perte des Prussiens dans cette retraite puvoit monter a 600 hommes
tu6s blesses et pris prisoniers; mais ils perdirent plus considerablement pendant la
nuit par desertion.

Le 21 une parti de 300 Prussiens qui aA^oit et6 a Beraun fut coupe par
un gros d' Autriciens dans sa marche pour venir nous joindre, et elle fut taill6 en
pieces ou prite prisoniere. La meme apresmidi une grosse parti de Pandours et
d'hussards attaquerent la ville de Wei warn defendu par 200 hommes ; cette ville
etoit k un petit lieu deriere le Camp. Au primiere bruite le marechal fit marcher un
regiment de Dragons et 4 battalions a ce cot6 la, et a leur approache les Autriciens
se retirernt. Le 22 I'armee marchait a Boudin oil elle passat I'Egra sour le seul
pont de cette ville, et campat sour les bords de cette riviere que etait devant la
front. Pendant toute la marclie nous ne vimmes pas un seul hussard Autricien. Le
25 nous marchammes a Leitmeritz, et campammes avec I'aile droite au village de
Lukowitz, la gauche appui6 sur I'Egra et I'Elbe deriere le camp; par cette
position la ville de Lowositz fut deriere I'aile droite, et la ville et le pont de
Leitmeritz deriere I'aile gauche. Le lendemain le Marechal fit partir quelques
battalions et 2 regiments d'hussards pour occuper les defiles du Bascopole et de
Nollendorf et par cette moyen tenir la communication libre entre I'armee et la
Saxe.

Pendant que I'armee du Marechal Keith se retiroit a Leitmeritz, le Eoi ayant
pass6 I'Elbe a Brandeis, remontoit cette riviere pour se joindre avec le Prince



Maurice d'Anhalt Dessau qui avoit pass6 a Nunburg ; la jontion se fit entre ces
deux endroits a Lissau, et alors sa Majesty march oit k Melnik ou Elle laissoit le
commandement de cette armee au Prince Maurice, et le 27 elle vint Elle meme a
Leitmeritz avec 14 battalions et 7 regiments de cavalerie. Elle fit passer I'Elbe
a toute la cavalerie et ^ 8 battalions qui vinternt au. camp, 2 battalions resternt
a Leitmeritz oii etoit la quartier Generale, et les 4 autres battalions camperent du
meme cot6 de la riviere pour couAo-ir la ville. Le Roi, d'abord apr6s son arrive,
fit partir le Prince de Prusse pour prendre le commandement de I'autre armt^e, et
le Prince Maurice vint bientot apr^s a nous.

Pendant toute le tems que nous restammes a Leitmeritz il n'arrivoit
rien de remarquable de ce cot6 la. Le 3 de Juliet un corps de 1500 pan-
dours et 2 esquadrons d'hussards Autriciens attaquat une battalion de Granadiers
Prussiens qui etoit post6 dans le village de Welmina a moiti6 chemin entre
I'aile droite du camp et le montaigne du Bascopole. Un regiment de dragons
fut envoyi6 du camp et un esquadron d'hussards du Bascopole pour succourir
les granadiers, et a leur approach les Autriciens se retirerent. En attendant
le Prince Charles de Lorraine s'etant jointe avec le Marechal Daun, toute
I'armee Autricienne passat I'Elbe a Brandeis et se portoit a Jung Buntzlau
sur riser ; le Prince de Prusse 6toit post6 a Neuschloss, et bien tot apres son
Altesse Roial marchoit a Bohmish Leypa, ou Elle fut jointe par 6000 hommes de
nouvelles lev^s venues de la Silesie. Bien tot apres le Prince de Lorraine passa
riser et porta ses principales forces contre le Prince de Prusse. Le 10 de
Juliet le General Nadasti vint camper avec un corps de 8 a 10,000 hommes, la
plus part troupes legeres, a une lieu devant les 4 battalions qui couvroient
Leitmeritz, sur quoy le Prince Henri de Prusse passa I'Elbe avec 8 batta-
lions et 20 esquadrons pour renforcer le petit camp. Le Comte Nadasti re9ut
quelques jours apres un renfort de 6000 hommes, et ce General resta vis
k vis du corps de Prince Henri jusque a ce que I'arm^e quitta Leitmeritz. II passa
tons les jours des petits escarmouches entre les gardes avanc^s de ces deux
corps mais de nul consequence.

La grande armee Autricienne aprfes plusieurs movements, ayant en fin
gaign^ une marche sur le Prince de Prusse, prite la vUle de Gabel le 16 du
mois. Le Major General Putkammer, qui 'y commandoit, fut fait prisonier
de guerre avec sa garnison de 3 battalions. La prise de Gabel ayant ouvert le
chemin aux Autriciens pour entrer en Lucace, le Roi de Prusse se vit dans
VOL. II. 3 F



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NARRATIVE BY JOHN LORD MACLEOD, 1757.



la necessite d'evacuer la Boheme plustot qu'il u'avoit eu design de le faire
pour se mettre en etate de couvrir la Saxe et ses propres Etates. Le Prince de
Prusse eut ordre de sa Majeste de se porter au j^lutot avec son armee en Lucace,
et le 21 de Juliet le Prince Henri de Prusse passat I'Elbe avec son corps sur le
l)ont de Leitmeritz, et S. A. R. ne fut point harcele dans sa retraite par le Comte
Xadasti, qui restoit tranquile dans son Camp ; seulement 500 hussards et pan-
dours suiverent I'arriere garde mais sans faire aucune mal. La meme jour toute
Farmee marchoit une demi lieu a droite et campa a Sulowitz au pied des mon-
taigns, de sort que la ville de Lowositz etoit deriere I'aile gauche. Le lendemain
nous rnarchammes k Linay.

Pendant cette marche nous eumes beaucoup de tirailerie avec les pandours
et hussards Autriciens qui furent dans les bois des deux cot6s de chemin,
mais sans perte du cote ou d'autre. Le 24 le Roi partit de Linay avec
10,000 hommes pour se rendre en Lucace. Sa Majeste marchoit ce jour la a
Nollendorf, le lendemain a Cotta en Saxe, le 26 a Pirna, le 28 Elle passat
I'Elbe, et le 30 Elle arrivoit a Weissenberg en Lucace, ou le Prince de
Prusse etoit arriv6 quelques jours avant avec son arm^e. Sa Majesty y vint trop
tard pour sauver Zittau que les Autriciens avoient reduite en cendres quelques
jours aparavant par bombardment. Le Marechal Daun n'avoit pas epargn^ cette
ville quoy que apartenante a la Saxe, a cause d'une magasine que les Prussiens
y avoient. Le Marechal Keith restoit encore quelques jours a Linay sans qu'il
y passat quelque chose de considerable ; un corps d' Autriciens s'etant montrt^s
aux environs d'Avissig oil un regiment d'infanterie etoit en garnison, et oil etoient
les fours de I'armee, le Marechal envoy oit le Major General Grabow avec 5 batta-
lions et 1 esquadron d'hussards pour couvrir cette ville. Le 28 son Excellence fit
partir le gross baggage et I'artilerie pour Nollendorf sous I'escorte de 2 battalions
et de quelque Cavalerie. Les pandours qui furent dans les bois tuernt par leur
feu plusieurs chevaux, et par cette moyen se rendirent maitres de quelques chariots
de baggage et d'une cannon de 12 ft). Le 29 I'arm^e se mit en marche et fut
jointe a moiti6 chemin par le corps d'Aussig. Le General Grabow avoit neglig6 de
faire partir le jour aparavant son baggage, suivant les ordres du Marechal, et
elle ambarassoit beaucoup la marche des troupes. Nous fummes harcell6s toute la
journ^e par les Autriciens qui avoient mise deux batteries k une defilt^ pres de
Culm, I'une a droite, I'autre a gauche des Collonnes ; celle de la droite etoit trop
eloign^ pour faire du mal, mais cella de la gauche etoit fort pr^s, sur quoy le



NARRATIVE BY JOUX LORD MACLEOD, 17^7.



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Marechal fit marcher un regiment d'infanterie contre les Autriciens, qui furent
bientot ch asses de leur batterie et pousses dans le fonde du bois. Nous perdimmes