1622-1673 Molière.

The works of Moliere, French and English. : in ten volumes (Volume 7) online

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Mais je fçais ce que j'en dois croire.
De grace, apprenez-moi tout l'excès de ma gloires
Et ne me cachez plus pour quel illuflre choix
J'ai rejette les vœux de tant de rois,
Le voulez- vous ?


Souffrez que je vous en conjure,'
Si vous fçaviez, Pfiché, la cruelle avanture
Que par là vous vous attirez . . .


Seigneur, vous me défefperez.
Penfez-y bien, je puis encor me taire.


P s r c HE.. 309

That this is the Bleffmg I afpire after, and if you
don't grant it me- ^

I hare (worn it, and am no longer Mate of it ;
b.t you don t know what you ask. Leave me my Se-

The only Remedy is to refufe it to you.

Is this my fovereign Empire over you ?


You can do any thing, and I am intirely yours. Bi,t

^r.Ja''. ''''' ""^'"^^ ^^^"^^^ ^'^ ^weet, lay no

Obftacle m the way of their charming Progrefs ; don't
force me .to fly , that's the leaft Evil which can happen
to us from this Defire you are feduc'd by.


My Lord, you will try me; but I know what I
ought to think of it. Pray let rie know the whole
Excels of my Glory ; and no longer conceal from me
.or what illuftrious Choice I have rejeded the Vows of
lo many Monarch s.

And will you have it fo ?

Permit me to conjure it of you.

U you knew, P/yc^e, the cruel Accident you draw
down on yourfelf by it

My Lord, you give me Defpair.

Think well of it, I can' yet be filent.




P s I C H E.


Faites-vous des fermens pour n*/ point fatisfaire ?

Hé bien, je fuis k Dieu le plus puiffant des Dieux,
Abfolu fur la terre, abfolu dans les Cieux j
Dans les eaux, dans les airs, mon pouvoir eft fupr«me s

En un mot je fuis PAmour même,
Qui de mes propres traits m'étois blefTé pour vous ;
Et, fans la violence, hélas ! que vous me faites.
Et qui vient de changer mon amour en courroux.
Vous m'alliez avoir pour époux.
Vos volontés font fatisfaites.
Vous avez fçu qui vous aimiez,
Vous connoiffez Pâmant que vous charmiez,

Pliché, voyez où vous en êtes.
Vous me forcez vous-même à vous quitter.
Vous me forcez vous-même à vous ôter
Tout PefFet de votre viéloire.
|*eut-être vos beaux yeux ne me reverront plus.
Ce palais, ces jardins, avec moi, difparus
Vont faire évanouir votre naiffante gloire j
Vous n'avez pas voulu m'en croire s
Et, pour tout fruit de ce doute éclairci.
Le Deflin, fous qui le Ciel tremble,
Plus fort que mon amour, que tous les Dieux enfêmble.
Vous va montrer fa haine, & me chaffe d'ici.

[VJm&ur ienvakj is' le jardin ié'vamuit»



Do you make Vows that you won't fulfil ?

Well, I am a God then, the mofî: powerful of all
the Gods, abfolute both on the Earth and in the Hea-
vens I my Power is fupreme in the Ocean and the
Air; in a Word, I am Cupid himfelf, who by my
own Darts was wounded for you; and were it not
alas/ for the Violence you offer me, which hal
change my Love into Anger, you would have had me
for a Husband. Tour Defires are fatisfy'd, you
know who it is that loves you, you know the Lover
that charms you i and now fee, Pfyche, in what Con-
ation you are. You yourfelf force me to leave you ;
you } ourfelf force me to deprive you of all the Fruits
of your Viaory. Perhaps thofe fair Eyes may never
fee me again. This Palace and thefe Gardens, whick
^ufl difappear with me, will caufe your growing
<îlory all to vanifh ; you was not willing to believe
me in the thing; and the *Fruit of this Scruple being
•clear'd up is, that Delliny, at which the Heav'ns
themfelves tremble, more powerful than my Love
and than all the Gods together, will fhew its Hatred
Co you, and drive me from hence.

[ Cupid //>/ of, and the Garden njanijheu


P S I C H E.'



Le theatre repréfente un défert, i^ les lords fawvaget

d'*un Jleu<ve,


emas de rofeauXy ^ appuyé fur une urne,

P s I c H É.
iRuel deflin ! Funefte inquiétude 1
_ Fatale curiofité !

Qu'avez-vous fait, affreufe folitude.

De toute ma félicité ?
J'aimois un Dieu, j'en étois adorée.
Mon bonheur redoubloit de moment ^n moment ;

Et je me vois feule, éplor^e.
Au milieu d'un défert, où, pour accablement,

. Et.confule, & défefpérée.
Je fens croître l'amour, quand j'ai perdu l'amant.^

Le fouvenir m'en charme & m'èmpoifonne.
Sa douceur tirannife un cœur infortuné
Qu'aux plus cuifans chagrins ma flâme a condamné,

O Ciel ! Quand l'Amour m'abandonne,
Pourquo- me laiffe-t-il l'amour qu'il m'a donné ?
Source de tous les biens inépuifable & pure.
Maître des hommes & des Dieux,
Cher auteur deô maux que j'endure, .
Etes-vous pour jamais difparu de me? yeux ?

Je vous en ai banni moi-même ;
Dans un excès d'amour, dans un bonheur extrême.
D'un indigne foupçon mon cœur s' eft alarmé -,
Cœur ingrat, tu n'avois qu'un feu mal allumé.
Et l'on ne peut vouloir, du i^oment que l'on aime.

Que ce que veut l'objet aimé.
Mourons, c'eft le parti qui feul me refte à fuivre.
Après la perte que je fais.
Pour qui, grands Dieux, voadrois-je vivre.

P s r C H E. 313


^he Stage refrefents a Defarty and nvild Banks of

a River,

PSYCHE, and the RIVER G OT> Jetting on a
Heap of Flags y and leaning upon an Urn,


CRuel Delliny ! Deadly Inquietude ! Fatal Curio-
fity [ What, have you made dreadful Solitude
of all my Felicity ? I lov*d a God, and was ador'd
by him, my Happinefs redoubled every Moment 5
and now I find myfelf alone, dilTolv'd in Tears, in
the midiî of a Defart, where, to overwhelm me quite,
I find, to my Confufion and Defpair, my Love increased
when I have loft my Lover. The Remembrance of
it both charms and empoifons me, and tyrannizes
over an unfortunate Heart vvhich my Flame has con-
demned to the fharpeft Anguifh. O Heav'ns I When
Cupid abandon'd me, why did he leave me the Love
he infpir'd me with ? Thou Source of all pure and in-
exhaufdble Treafures, Ruler of Men and Gods, thou
dear Author of the Torments I endure,. art thou va-
niih'd from my Sight for ever ? I myfelf have indeed
banifh'd thee from me ; in the Height of Love, and
the Extremity of Happinefs, my Heart vn", alarm'd
v/ith a mean Sufpicion; ungrateful Heart, how dull
was thy Sight ; when we love v/e diould not entertain
a Wiih but what's agreeable to the Objed belov'd.
Let me die, that's the only part that's now left me,
after the Lois I have occafion'd. For whom, ye
Gods, would I defire lo live, or for whom form a
Vo L. y II, O finale

314 P S I C H E.

Et pour qui former des fouhaits ?
Fleuve, de qui les eaux baignent ces trilles fables,
Enféveli mon crime dans tes flots ;
Et, pour finir des maux fi déplorables,
LaiiTe-moi, dans ton lit, afTurer mon repos.
Le DïEV ^/z Fleuve*
Ton trépas fouilleroit mes ondes,
Pfiché, le Ciel te le défend ;
Et peut-être qu'après des douleurs lî profondes,'

Un autre fort t'attend.
Fui plutôt de Vénus l'implacable colère.
Je la vois qui te cherche & qui te veut punir j
L'amour du fils a fait la haine de la mère.
Fui, je fçaurai la retenir.


J'attends fes fureurs vengereifes ;
Qu'auront-elles pour moi qui ne me foit trop doux ?
Qui cherche le trépas, ne craint Dieux, ni Déefles,

Et peut braver tout leur courroux.




ORgueilleufe Pfiché, vous m'ofez donc attendre,
i^près m'avoir fur terre enlevé mes honneurs.
Après que vos traits fuborneurs
Ont reçu les encens qu'aux miens feuls on doit rendre F

J'ai vu mes Temples défertés.
J'ai vu tous les mortels, féduits par vos beautés.
Idolâtrer en vous la beauté fouveraine.
Vous offrir des refpeds jufqu'alors inconnus.
Et ne fe mettre pas en peine
S'il étoit une autre Vénus ;
Et je vous vois encor l'audace


P s r C H E. 315

fingle Wi(h ? Thou River, whofe Waters wafh thefe
Sands, let my Crime be buried in thy Waves ; and, to
put an end to my deplorable Ills, let me fecure my
Repofe in thy Bed.

River God.
Your Death, Pfyche, would pollute my Streams,"
Heav*n forbids it to thee ; perhaps after thefe pro-
found Sorrows, another Fate attends thee. Fly ra-
ther from the implacable Anger of Venus. I fee her
coming to feek you, and to infliâ: a Punilhment on
you ; the Love of the Son has occafion'd the Hate of
the Mother ; fly, I can retain her.


I attend her revenging Fury ; what can they have in
ftore for me but what is too gentle for me ? One that
feeks Death fears no Gods or GoddefTes, but can defy
all their Rage.



Nfolent P^r;^^, dare you then attend my Prefence,
after you have bore off from me the Honours
done me upon Earth, after your feducing Charms
have receiv'd that Incenfe which ought to be ren-
dered to mine alone. I have feen my Temples for-
faken; I have feen all Mankind, feduced by your
Charms, idolize you as the fupreme Beauty, and
pay you Hommage till then unknown, without fo
much as confidering whether there was any other
Venus or no; and I flill fee you fo audacious as not

O 2 l^

3ï6 P S I C H E.

De n'en pas redouter les juftes chdtimens.

Et de me regarder en face,
Comme fi c'étoit peu que mes reiTentimens ?


Si de quelques mortels on m'a vue adorée,
Eil-ce un crime pour moi d'avoir eu des appas.

Dont leur ame inconfidérée
Laiffoit charmer des yeux qui ne vous voy oient pas ?

Je fuis ce que le Ciel m'a faite,
Je n'ai que les beautés qu'il m'a voulu prêter ;
Si les vœux qu'on m'ofFroit vous ont mal fatisfaite,
Pour forcer tous les cœurs à vous les reporter.

Vous n'aviez qu'à vous préfenter.
Qu'à ne leur cacher plus cette beauté parfaite

Qui, pour les rendre à leur devoir.
Pour fe faire adorer, n'a qu'à fe faire voir.

Ve N u s .

Il falloit vous -en mieux défendre.
Ces refpeds, ces encens fe doivent refufer ;

Et, pour les mieux défabufer.
Il falloit, à leurs yeux, vous-même, me les rendre.

Vous avez aimé cette erreur
Pour qui vous ne deviez avoir que de l'horreur j
Vous avez bien fait plus. Votre humeur arrogante.

Sur le mépris de mille rois,
Jufques aux Cieux, a porté de fon choix
L'ambition extravagante.
J'aurois porté mon choix, DéefTe, jufqu'aux Cieux ?


Votre infolence efl fans féconde.
Dédaigner tous les rois du monde,
N'eft-ce pas afpirer aux Dieux ?


Si l'Amour pour eux tous m'avoit endurci l'ame.


F s r C H E. 317

to (land in fear of being feverely punifhM, and to
look me as confidently in the Face as if my Refcnt-
ments were not to be dreaded.

If I have been adored by aiiy part of Mankind, is
it any Crime in me to be poffefs'd of Charms ? Or
that their unthinking Minds fhculd yield to my At-
tractions, when they had never been fo happy as to
have feen you. I am no more than what Heav'n has
made me, nor have I other Beauties than v.'hat are
derived from thence. If the Vov^s that have been
paid me have prov'd difagreeable to you, you needed
only to have {hewn yourfelf, to have had them brought
back to yoa. As Toon as you ceafed to conceal your
felf all would know their Duty, fmce you need only
be feen to be adoi'd.

You {land in need of a much better Defence. This
Adoration, this Incenfe ought to be refub'd you j and
the better to difabafe Mankind, it is nece{rary that you
fhould pay them to me, even in their Sight. You
have been in Love with a Crime which you ought to
have abhorr'd ; nay, you have gone ftill further j your
haughty Temper, afcer having rejeded a thoufand
Kings, has carry'd the extravagant Ambition of its
Choice even to the Heav'ns.

Did I, Goddefs, carry my Ambition to the

Heav'ns ?

Your Infolence is without Example j to difdain all
earthly Monarchs, is not this to afpire at the Gods
themfelves ?

If Cuj>id hsid made me infenfible to their AddrefTes
O 3 with

^i8 P S I C H E.

Et jne réfervoit toute à lui.
En puis-je être coupable ? & faut-il qu'aujourd'hui.

Pour prix d'une fi belle fiâme.
Vous vouliez m'accabler d'un éternel ennui ?


Pficiié, vous deviez mieux connoître
Qui vous étiez, & quel étoit ce Dieu.


Et m'en a-t-il donné ni le tems, ni le lieu.

Lui qui de tout mon cœur d'abord s'eft rendu maître ?


Tout votre cœur s'en eft laiffé charmer.
Et vous l'avez aimé dès qu'il vous a dit, j'aime.


Pouvois-je n'aimer pas le Dieu qui fait aimer.
Et qui me parloit pour lui-même ?
Ceù. votre fils, vous fçavez fon pouvoir.
Vous en connoiiiez îê mérite.


Oui, c'eft mon fils ; mais un fjs qni m'irrite,
Un fils qui me rend mal ce qu'il fçait me devoir.

Un fils qui fait qu'on m'abandonne.
Et qui, pour mieux flater fes indignes amours.
Depuis que vous l'aimez, ne blefle plus perfonne
Qui vienne à mes autels implorer mon fecours.

Vous m'en avez fait un rébelle,
On m'en verra vengée, & hautement, fur vous 5
" Et je vous apprendrai s'il faut qu'une mortelle
•Souffre qu'un Dieu foupire à fes genoux.
Suivez- moi : vous verrez, par votre expérience,

A quelle folle confiance

Vous portoit cette ambition.
Venez, & préparez autant de patience.

Qu'on vous voit de préfomption.

Fin du quatrnmt A^e»


P s r C H E. 319

with a Defign to referve me for himfelf, can it be my
Fault ? And is it therefore neceffary that I fliould pay
fo dearly for his agreeable Paflion as to be for ever fub-
jeél to your eternal Refentment ?

Pfyche, you ought to have known yourfelf, as well
as the Dignity of this God.

Has he left me any time for this, he who in an In-
ftant became Mailer of my whole Heart ?
You have fufFer'd your Heart to be charm'd by him,
and began to love him as foon as he faid, I love.
Could I avoid loving the God who infpires with
Love, and who addrefs'd me for himfelf? 'Tis your
Son, you know his Power, and know his Merit.

Yes, he's my Son ; but a Son that provokes me, a
Son who renders me not what he is fenfible he owes
me, a Son who caufes every one to abandon me, and
v/ho, fmce he has been in love with you, the better to
flatter his own unworthy Amours, wounds not a fingle
Mortal to come to my Altar 3 and implore my Suc-
cour. You have made him a Rebel to me, for which
I Ihall fee myfelf reveng'd on you, and that highly
too ; and fhall let you know if a Mortal ought to fuf-
fer a God to figh at her Feet. Follow me ; you fhall
find by Experience to what a height of Folly you
carry this Ambition. Come, and furnilh yourfelf
with as much Patience, aa we perceive you have Pre-

End of the Fourth A^^

O4 IV, IN-


F S I C H E.


A fcéne ref réfente les enfers. On y 'voit une mer
toute de feu^ dont les flots font dans une perpé-
tuelle agitation. Cette mer effroyalle ef bornée par
des ruines enflammées ; i^, au milieu de fes flots agi-
tes^ au tra<vers d'aune gueule affreufe, paroit le pa-
lais infernal de Pluton.


E S Furies réjouiffent d''a<voir allumé la rage dans
Pâme de la plus douce des Divinités,

E S Lutins, faîfant des faut s périlleux, fe mi'

lent a'vec les Furies, &' effayent d" épouvanter

Pjïché'y mais les charmes de fa beauté obligent les Fu*
ries i^ les Lutins à fe retirer.

Fin du quatrième IntermédCo


p s r C H E.




THE Scene reprefents Hell. A Sea of Fire ap-
pears, ivhofe Waives are in perpetual Agitation,
^his dreadful Sea is border'' d <with Ruins of burnt
Buildings ; and in the midft of its rolling Waves^ a-
crofs it'' s frightful Gulph, appears the infernal Palace
of Pluto.



THE Furies rejoice at the Rage they ha<ve kindled
in the Breaji of the fair eft of the Deities.



THE Imps, performing fome dangerous Feats of Ac-'
tinjity, mingle ''with the Furies, and endea^vour
to frighten Pfyche ; but the Charms of her Beauty caufe
the Furies^ and Imps to retire.

End of the Fourth Interlude.




322 P S I C H E.


'pjîchépajfe dans une barque, l^ paroit anjec la loite qu^elh
a été demander à Pro/erpine de la part de Vénus*


P S I C H E.

Ffroyables replis des ondes infernales.
Noirs palais, o\x Mégère & fes fœurs font
leur cour.

Eternels ennemis du jour
Parmi vos îxions, & parmi vos Tantales,
Parmi tant de tourmens qui n*ont point d'intervalles,
Eft-il dans votre affreux féjour
Quelques peines qui foient égales
Aux travaux où Vénus condamne mon amour ?

Elle n'en peut être affouvie ;
Et, depuis qu'à fes loix je me trouve alTervie,
Depuis qu'elle me livre à fes refientimens.
Il m'a fallu, dans ces cruels momens.
Plus d'une ame, & plus d'une vie.
Pour remplir fes commandemens.
Je foufFrirois tout avec joie.
Si, parmi les rigueurs que fa haine déploie,
Mes yeux pouvoient revoir, ne fût-ce qu'un moment.

Ce cher, cet adorable amant.
Je n'ofe le nommer; ma bouche criminelle

D'avoir trop exigé de lui.
S'en ell rendue indigne ; &, dans ce dur eniîuî,

La fouffrance la plus mortelle
Dont m'accable, à toute heure, un renaiffant trépaS;,"
Eil celle de ne le voir pas.
Si fon courroux durcit encore,
jamais aucun malheur n'approcheroit du mien % ' ^

P s r C H E. 323


Pfyche appears pajjtng in a Boat, njoith the Box ivhich
Venus ha^ii demanded of Proferpine.



^^^g E hideous Windings of infernal Lakes, ye
gloomy Palaces, where Megera and her
Sillers hold their Court, eternal Enemies
of Day, amongft your Ixion'^Sy and a-
mongll your Tantalus'?,, and amongft your various un-
remitting Torments, is there in all your dire Abodes
a Pain eaual to the Labours to which Venus con-
demns'my Love? Nothing can fatisfy her Rage;
and fmce I find myfelf fubje£led to her Laws, fmce
Ihe gives me over to her Refentments, I am com-
pell'd, in thefe cruel Moments, to have more than
one Life or one Soul to fulfil her Commands. I
ihould fufter every thing with Joy, amidll the Ri-
gours her Hatred difplays, if I could but for Gn«
Moment review that dear, that adorable Lover. I
dare not name him i my guilty Lips, by having
demanded too much of him, are render'd unworthy
to mention him; and in this cruel AiRidtion, the
moft mortal Anguilh I hourly fufFer, is that of not
feeing him. If his Anger Hill continues, no Mis-
fortune can ever come up to mine , but if he would


324 P S I C H E.

î\ lais s'il avoit pitié d'une ame qui l'adore.
Quoiqu'il fallut foufFrir, je ne fouftrirois rien.
Oai, Deftins, s'il calmoit cette jufie colère,

Tous^mes'ïnalheurs feroietit iînisi- J
Pour me rendre iniemible aux fureurs de la mère.

Il ne faut qu'un regard du fils.
Je n'en veux plus douter, il partage ma peine.
Il voit ce que je foulFre, & fouftre comme moi j

Tout ce que j'endure le gêne.
Lui-même il s'en impofe une amoureufe loi.
En dépit dé Vénus, en dépit de mon crime.
Cell lui qui me foutient, c'eil lui qui me ranime.
Au milieu des périls où l'on me fait courir ;
Il garde la tendrelTe où fon feu le convie,
■Et prend foin de me rendre une nouvelle vie>

Chaque fois qu'il me faut mourrir.

Mais que me veulent ces deux ombres.
Qu'à travers le faux jour de, ces demeures fombres-

J'en trevois- s'avancer vers moi ?


P s I c H E.

CLéoméne, Agénor, eft-ce vous que je voi ?
Qui vous a ravi la lumière ?
Clé o M É N E«
La plus Julie douleur, qui d'un beau défefpoir '

Nous eut pu fournir la matière;
Cette pompe funèbre, où du fort le plus noir-
Vous attendiez la rigueur la plus fiére,
L'injuflice la plus entière.
Sur ce même rocher, où le Ciel en courroux

Vous promettoit, an lieu d'époux%
Unferpent, dont foudain vous feriez dévoréC;,

P s r C H E. 32,ç

have Compafîion on a Heart that adores him, what-
ever I mud undergo would be no Suffering at all to
me. Yes, ye Fates, if his juft Indignation was but
appeas'd, all my Misfortunes would be at an end";
I want nothing but a kind Look from the Son to
make me infenfible to the Mother's Fury. Til no
longer doubt of it ; he certainly (hares my Sorrows^
he fees what I fufter, and fuffers with me j all the
Torment that I endure an amorous Law impofes on
him. In fpite of Venus, and in fpita of my Crime,
'tis he who fupports and reanimates me in the midlt
of the Perils I am made to undergo j he preferves the
Tendernefs his Flame infpir'd him with, and takes
care to reflore Life to me as often as I find myfelf
at the point of dying. But what would thefe two
Ghofts have of me, that I perceive advancing towards
me acrofs the Glimmerings of thefe gloomy Abodes?


P s V C H E.

IS it you, Cleomenss imà Jgenor th?it I fe«? "Who
has depriv'd you of Life ?

The jufteft Grief that ever could furnifli Matter of
Defpair ; that funeral Pomp, where you waited the
cruelleil Rigour of a difmal Fate, and the moil fupremc

On that very Rock where Heav'n in Wrath had
promio'd you, inilead of a Husband, a Dragon that


326 P S I C H E.

Nous tenions la main préparée
A repouffer fa rage, ou mourir avec vous.
Vous le fçavez, Princefle ; & lorfqu'à notre vue.
Par le milieu des airs vous êtes difparue,
Du haut de ce rocher, pour fuivre vos beautés.
Ou plutôt pour goûter cette amoureufe joie
D'offrir pour vous au monflre une première proie.
D'amour & de douleur l'un & l'autre emportés.

Nous nous fommes précipités.
Heureufement déçus au fens de votre oracle.
Nous en avons ici reconnu le miracle ;
Et fçu que le Terpent prêt à vous dévorer,

Etoit le Dieu qui fait qu'on aime ;
Et qui, tout Dieu qu'il efl, vous adorant lui-même^

Ne pouvoit endurer
Qu'un mortel, comme nous, ofât vous adorer.

Pour prix de vous avoir fuivie,
Nous jouiifons ici d'un trépas affez doux.

Qu'avions-nous affaire de vie.

Si nous ne pouvions être à vous ?

Nous revoyons ici vos charmes.
Qu'aucun des deux là-haut n'auroit revus jamais.'
Heureux, fi nous voyons la moindre de vos larmes
Honorer des malheurs que vous nous avez faits.


Puis-je avoir des larmes de refle,
Après qu'on a porté les miens au dernier point ?
Unilfons nos foupirs dans un fort fi funefte.

Les foupirs ne s'épuifent point ;
Mais vous foupireriez. Princes, pour une ingrate.
Vous n'avez point voulu furvivre à mes malheurs ;

Et, quelque douleur qui m'abbatte.

Ce n'efl point pour vous ^ue je meurs.


p s r C H E. ^ij

fhould fuddenly devour you, we Hood prepared to re-
pel his Rage, or die with you. You know it, Prin-
cefs ; and as foon as you difappearM, by being carried
up into the Air, tranfported both by Grief and Love,
we threw ourfelves headlong from the Rock to follow
your Charms, or rather' to tafte the amorous Joy of
offering the firll Prey to the Monfter for you.

Happily deceived in the Meaning of the Oracle,
we have found out the Miracle, and difcover'd that
the devouring Dragon was the God of Love; and
who, tho' a God, adoring you himfelf, brookM not
that any Mortal, like us, fhould dare to adore you.

In recompenfe for having follow'd you, we here
enjoy a very pleafant Death. What Bufinefs have wc
in Life, if we can't be yours ? We here review your
Charms which neither of us could ever have feen a-
gain above. Happy, if you honour the Misfortunes
you have occafion'd us with the flightefl Tear.

Is it pofTible I fhould have any Tears remaining,
after my own Misfortunes have been carried to the
highefl pitch ? Let us join our Sighs in this dire
Calamity, for Sighs are never exhaufled. But you.
Princes, figh for an ungrateful Creature. You would
not furvive my Misfortunes ; but J, whatever Trou-
bles aifault me, did not die for you.


328 P S I C H E. '

L'avons-nous mérité, nous, dont toute la flâma
N'a fait que vous laffer du récit de nos maux ?^


Vous pouviez mériter. Princes, toute mon ame.

Si vous n'euffiez été rivaux.

Ces qualités incomparables.
Qui de l'un & de l'autre accompagnoient les vœux.

Vous rendoient tous deux trop aimables.

Pour méprifer aucun des deux.
Vous avez pu, fans être injufte, ni cruelle.
Nous refufer un cœur réfervé pour un Dieu.

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