Augustus J. C. (Augustus John Cuthbert) Hare.

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de fusil et pistolet ; on criait : Void le boulanger, la boulanglre et le
petit mitron ! Pour oriflamme, devant le fils de saint Louis, les halle-
bardes suisses elevaient en I'air deux tetes de gardes du corps frisees et
poudrees par un perruquier de Sevres.' — ' Mimoires d^ Outre- Tombe.''

On the left of the Champs Elysees is the Palais ^Industrie,
built (1852-55) for the Great Exhibition, and used since for
the annual Exhibitions of Painting and Sculpture, open



46o PARIS

daily from 8 to 6, except on Mondays, when it opens at 12
(admission, 1 fr. ; free on Saturdays after 10, and Tuesdays
from 12 to 6). Beyond this, the Avenue Montaigne
branches off (left), containing the quaint Hdtel Fompeien,
built (i860) for Prince Napoleon. The Avenue d'Antin
leads to the river, where, at the angle of the Rue Bayard
and Cour de la Reine— nearly opposite the Pont des In-
valides — is the quaint Maison de Francois /, built by that
king (in 1523) at Moret, near the forest of Fontainebleau, for
his sister Marguerite, purchased by a private individual,
transported hither in 1827, and rebuilt, stone for stone. It
bears medallions of Louis XII., Antie de Bretagne, Frangois
II., Marguerite de Navarre, Henri II., Diane de Poitiers,
and Francois I. All the sculptures are attributed to Jean
Goujon. On the back of the house, which is a perfect
square, is inscribed —

' Qui scit frenare Hnguam sensumque doraare,
Fortior est illo qui frangit viribus urbes ! '

Voltaire, returning to Paris from Berlin, lived with the
Marquis de Villette, at the corner of the Rue de Beaune, and
died there. May 30, 1778.

From the Fond Foint, the Avenue Kleher leads to the
Place du Trocadero. George, King of Hanover, lived in the
corner-house of the Rue de Presbourg and Avenue Kleber,
and there he died, June 12, 1878. The Falaisdu Trocadero, '
built in the Oriental style (in 1878), is of the same character
internally as the Crystal Palace at Sydenham. It contains
a Musee de Sculpture Comparee or des Movlages, and an
Ethnographical Museum. There are fine views from the
galleries and balconies. Zola describes a sunset as seen
from here.



LE TROCADERO 461

' Ce matin-Ik, Paris niettait une paresse souriante a s'^veiller. . Une
vapeur, qui suivait la vallte de la Seine, avail noy^ les deux rives.
C'etait une buee l^g^re, comme laiteuse, que le soleil peu i peu grandi
eclairait. On ne distinguait rien de la ville, sous cette mousselirie
flottante, couleur du temps. Dans les creux, le nuage epaissi se ron9ait
d'une teinte bleuitre, tandis que, sur de larges espaces, des transparences
se faisaient, d'une finesse extreme, poussiere doree ou I'on devinait
I'enfoncement des rues ; et, plus haut, des domes et des fleches dechi-
raient le brouillard, dressant leurs silhouettes grises, enveloppes encore
des lambeaux de la brume qu'ils trouaient. Par instants, des pans de
fumee jaune se d^tachaient avec le coup d'aile lourd d'un oiseau geant,
puis se fondaient dans I'air qui seroblait les boire. Et, au-dessus de
cette immensity, de cette nuee descendue et endormie sur Paris, un ciel
tr^s-pur, d'un bleu efiace, presque blanc, depjoyait sa voute profondc
Le soleil montait dans un poudroiement adouci de rayons. Une clarte
blonde, du blond vague de I'enfance, se brisait en pluie, emplissait
I'espace de son frisson ti^de. C'etait une fSte, une paix souveraine et
une gaiete tendre de I'infini, pendant que la ville, criblee de fleches
d'or, paresseuse et somnolente, ne se decidait point a se montrer sous
ses dentelles. . . .

'A I'horizon, sur le lac dormant, de longs frissons couraient. Puis,
le lac, tout d'un coup, parut crever ; des fentes se faisaient, et ily avait,
d'un bout a I'autre, un craquement qui annonfait le debacle. Le soleil,
plus haut, dans la gloire triomphante de ses rayons, attaquait victorieuse-
ment le brouillard. Peu-i-peu, le grand lac semblait se tarir, comme
si quelque d^versoir invisible efit vide la plaine. Les vapeurs, tout a
rheure si profondes, s'amincissaient, devenaient transparentes en prenant
les colorations vives de I'arc-en-ciel. Toute la rive gauche etait d'un
bleu tendre, lentement foncee, violatre au fond, du c6t^ du Jardin des
Plantes. Sur la rive droite, le quartier des Tuileries avait le rose pali.
d'une ^toffe couleur chair, tandis que, vers Montmartre, c'etait comme
une lueur de braise, du carmin fiambant dans de I'or ; puis, trfes-loin,
les faubourgs ouvriers s'assombrissaient d'un ton brique, de plus en
plus eteint et passant au gris bleuatre de I'ardtiise. On ne distinguait
point encore la ville tremblante et fuyante, comme un de ces fonds sous-
marins que I'oeil devine par les eaux claires, avec leurs forets terrifiantes
de grandes herbes, leurs grouillements pleins d'horreur, leurs monstres
entrevus. Cependant, les eaiix baissaient toujoiirs. Elles n'itaient
plus que de fines mousselines etalees ; et, une a une, les mousselines
s'en allaient, I'image de Paris s'accentuait et sOrtait du reve. . . .

' Pas un souffle de vent n'avait passe, ce fut comme une evocation.



462 PARIS

La derniere gaze se d^tacha, nionta, s'evanouit dans I'air. Et la ville
s'etendit sans une ombre, sous le soleil vainqueur.' — Unepage iT amour.

Not less vivid is the following description of a sunset.

' Le soleil, s'abaissant vers les coteaux de Meudon, venait d'ecarter
les demiers images et de resplendir. Une gloire enflamma I'azur. Au
fond de I'horizon, I'ecroulement des roches crayeuses qui barraient les
lointains de Charenton et de ClioIsy-le-Rol, entassa des blocs de carmin
bordes de laque vive ; la flotille de petites nuees nageant lentement
dans le bleu, au-dessus de Paris, se couvrit de voiles de pourpre ; tandis
que le mince reseau, le filet de soie blanche tendu au-dessus de
Montmartre, parut tout d'un coup fait d'une gause d'or, dont les mailles
regulieres allaient prendre les etoiles i leur lever. Et, sous cette voflte
embrasee, la ville toute jaune, rayee de grandes ombres, s'etendait.
En bas, sur la vaste place, le long des avenues, les fiacres et les omnibus
se croisaient au milieu d'une poussiere orange, parmi la foule des
passants, dont le noir fourmillement blondissait et s'eclairait de gouttes
de lumi^re. Un seminaire, en rangs pressfe, qui suivait le quai de
Billy, mettait un queue de soutanes, couleur d'ocre,. dans la clart^
diffuse. Puis, les voitures et les pietons se perdaient, on ne devinait
plus, tr^s-loin, sur quelque pont, qu'un file d'equipages dont les lanternes
^tincelaient. A gauche, les hautes cheroinfcs de la Manutention,
droites et roses, ISchaient de gros tourbillons de fumee tendre, d'une
teinte delicate de chair ; tandis que de I'autre c6te de la riviere, les
beaux ormes du quai d'Orsay faisaient une masse sombre, troupe de
coups de soleil. La Seine, entre ses berges que les rayons obliques
enfilaient, roulait des flots dansants ah le bleu, le jaune et le vert, se
brisaient en un eparpillement bariole ; mais, en remontant le fleuve, ce
peinturlurage de mer, orientale prenait le ton d'or de plus en plus iblouis-
sant ; et Ton efit dit un lingot sorti a I'horizon de quelque creuset in-
visible, s'elargissant avec un remuement de couleurs vlves, i roesure
qu'il se refroidissait. Sur cette coulee eclatante, les ponts echelonn&,
amincissant leurs courbes legires, jettaient des barres grises, qui se
perdaient dans un entassement incendie de maisons, au sommet duquel
les deux tours de Notre-Dame rougeoyaient comme des torches. A
droite, k gauche, les monuments flarabaient. Les verrih"es du Palais
de I'Industrie, au milieu des futaies des Champs-Elys^es, ^talaient un
lit de tisons ardents ; plus loin, derriere la toiture ecrasee de la Made-
leine, la masse ^norme de I'Opera semblait un bloc de cuivre ; et les
autres edifices, les coupoles et les tours, la colonne Vendome, Saint



PASsy 463

Vincent-de-Paul, la tour Saint-Jacques, plus pr^s les pavilions du
nouveau Louvre et des Tuileries, se couronnaient de flammes, dressant
k chaque carrefour des bftchers gigantesques. Le d6me des Invalides
dtait en feu, si itincelant qu'on pouvait craindre a chaque minute de la
voir s'effondrer, en couvrantle quartier des flamm^ches de sa charpente.
Au deli des tours inegales de Saint-Sulpice, le Pantheon se d^tachait
sur le ciel avec un ^clat sourd, pareil k un royal palais de I'incendie qui
se consumerait en braise. Alors, Paris entier, a mesure que le soleil
baissait, s'alluma aux b^chers des monuments. Des lueurs couiaient
sur les crates des toitures, pendant que, dans les valines, des fum&s
noires dormaient. Toutes les fayades tournees vers le Trocad&o
rougissaient, en jetant le petillement de leurs vitres, une pluie d'etin-
celles qui montaient de la ville, comme si quelque soufflet eflt sans cesse
activ^ cette forge colossale. Des gerbes toujours renaissantes s'echap-
paient des quartiers voisins, ou les rues se creusaient, sombres et cuites.
M8me, dans les lointains de la plaine, du fond d'une cendre rousse qui
ensevelissait les faubourgs detruits et encore chauds, luisaient des
fusees perdues, sorties de quelque foyer subitement ravive. Bientut ce
fut une fournaise. Paris brula. Le ciel s'^tait empourpre davantage,
les nuages saignaient au-dessus de I'immense cite rouge et or.' — Zo!a,
' Une page if amour.'

In the Avenue du Trocad^ro (to the left) is the Musk
de Galliera, containing collections bequeathed to the town
by the Duchesse de Galliera.

The Avenue du Trocad^ro leads (west) to the suburb of
Passy, celebrated for its mineral waters in a garden entered
(No. 32) from the Quai de Passy. - This part of Paris is very
featureless and uninteresting, but the situation is a favourite
residence of French literati. Rossini died here (November
13, 1868) in a villa near the boulevard which bears his
name. Lamartine died (February 28, 1869) at No. 135
Avenue du Trocad^ro. Jules Janin lived at No. 5 Rue de
Pompe. Dr. Franklin inhabited the oM Hotel Valentinois,
Rue Raynouard. Lauzun and the Prmcesse de Lamballe
were amongst the owners of 17 Rue Berton.

Opposite the station of Passy is La Muette, though very



464 PARIS

little remains of the famous cliateau, which was the scene of
many of the orgies of the Regency, and the residence of the
Duchesse de Berry, who took as her device ' Courte et bonne '
and filled her life accordingly, till it came to an abrupt close
(17 19) when she was in her twenty-fourth year.

The chateau was rebuilt by Louis XV., and was his
favourite residence. It was frequently visited by Marie
Antoinette, being at that time a quiet country villa,
and it was the place to which the Court adjourned on the
death of Louis XV., and where Marie Antoinette held her
first receptions. Afterwards it was inhabited by Philippe
Egalit^, Due d'Orleans.

' La faraille royale captive, au moment d'arriver a Paris, apres plus
de cinq heures d'une marche lugubre, y rencontra un dernier outrage.
Sur la terrasse du chateau de Passy, un homme fut aperfu qui se
cachait derri^re un groupe d'enfants, et cherchait a voir sans gtre vu ;
c'^tait d'Orleans. On avait amen^ ses fils qu'on avait placfe en pre-
miere ligne pour assister a la honte de la monarchie et au crime de leur
pere. L'aine de ses fils venait d'atteindre, ce jour-lameme, saseizi^rae
ann^e ; la joie etait empreinte sur son front. Sa sosur exprimait par
un rire convulsif, triste expression des traits de son pire, tout ce qu'elle
ressentait de bonheur au milieu de tant d'abaissement et de si augustes
infortunes.' '— i^ de Conny, 'Hist, de la rh). de France.'

' Que vous dirai-je de cette majestueuse princesse et de ce bon roi,
qu'on am^ne k Paris, comme deux esclaves, au milieu de leurs assassins
et pr&edes pour trophee par les tetes sanglantes des deux defenseursde
la reine? Ces ingrats et perfides sujets, ces stupides citoyens, ces
femmes cannibales et ces monstres d^guis& ; ces cris de Tons les ivlques
a la lanlerne I au moment oil ce bon M. de la Fayette ram^ne le roi
dans sa capitale avec deux ^veques de son conseil dans sa voiture ; trois
coups de fusil, et je ne sais combien de coups de pique que j'ai vu tirer
et donner dans les carrosses de la reine. . . . Mais ce qui m'a le plus
revoltee, c'^tait I'horrible figure de ce d'Orl&ns, ivre de vengeance et
de joie hideuse, qui venait se montrer avec ses louveteaux sur la terrasse
du chateau de Passy, pour y voir d^filer cette cohue sanguinaire et
sacrilege.' — Souvenirs de la Marquise de Criqui.

^ Louis Philippe and Madame Adelaide.



AUTEUIL 46s

Beyond Passy is Auteuil, where a red-marble pyramid
near the church is the tomb of the high-minded Chancellor
d'Aguesseau, twice disgraced under the Regency for follow-
ing the course of honour — first,' in his opposition to the
disastrous influence of Law ; and secondly, for resisting the
measures of the vicious Dubois. With him rests his wife,
Anne Leftvre d'Ormesson, who died (1735) sixteen years
before him. It was of their marriage that Coulanges wrote
' qu'on avait vu pour la premifere fois les Graces et la Vertu
s'allier ensemble.'

'Auteuil, lieu favori, lieu fait pour les poetes,
Que de rivaux de gloire unis sous tes berceaus.'

Chinier, ' Promenade_. '

The district called the Point du Jour was so called, in
1748, because of that famous dawn of day (March 4) at
which it was discovered that the death of the Prince de
Dombes (son of the Due du Maine, and grandson of Louis
XIV.), previously supposed to have been caused by a carriage
accident, resulted from a duel with the Comte de Coigny.

On the left of the Champs Elys^es is the Chateau des
Flcurs (a place of public amusement), immediately opposite
which (April 28, 1855) the assassin Pianori fired at Napo-
leon III. as he was riding, and was seized while drawing a
second pistol from his pocket. The Emperor, without a
sign of fear or emotion, quietly rode on to overtake the
Empress, and assure her himself of his safety. It had been
near this that the people fired upon Louis Philippe in his
flight, and killed two horses of the escort.

The Champs Elysdes are closed by the huge Arc de
I'Etoile, one of the four triumphal arches which Napoleon I.
intended to erect in commemoration of his victories, and

H H



466 PARIS

which he began from designs of Chalgrin, in 1806, though
the work was not completed till 1836, long after founder
and architect had passed away. It is the largest triumphal
arch in the world ; the arch itself being 90 feet high and
45 feet wide. The groups of sculpture which adorn it are
by Rude, Cortot, and Etex : that by Rude, of the Genius
of War summoning the nation to arms, is the best. There
is, however, nothing fine about the Arc de TEtoile except its
size. The arch itself is far too narrow for its height, and
the frippery ornament along the top of the structure destroys
all grandness of outline. The hugeness of the building is
in itself a disfigurement, and, like the giant statues in S.
Peter's at Rome, it puts all its surroundings out of proportion.
Perhaps more than any other monument in Paris, this
arch seems erected to show the instability of thrones and
the fleeting power of man ; yet Victor Hugo wrote of it —

' Quand des toils, des clochers, des ruches tortueuses,
Des porches, des frontons, des domes pleins d'orgueil
Qui faisaient cette ville, aux voix tumultueuses,
Touffue, inextricable et fourmillante i I'oeil,

II ne restera plus dans I'immense campagne
Pour toute pyramide et pour tout Pantheon,
Que deux tours de granit, faites par Charlemagne
Et qu'un pilier d'airain fait par Napoleon,

Toi ! tu compl^teras le triangle sublime ! . . .'

(From the arch, the Avenue de Neuilly leads to the

village of that name. About i k., opposite the entrance to

the Bois de Boulogne called Port Maillot, is the Chapelk S.

Ferdinand (shown daily), enclosing the room in which

Ferdinand, Due d'Orldans, died from injuries received in

trying to jump from his carriage, at this spot, when its

horses were running away. ' The touching cenotaph of the

* The road was then called Chemin d^ la Revoke.



CHAPELLE S. FERDINAND 467

duke (who is buried with his family at Dreux) is by
Trinqueti from designs of Ary Scheffer. The angel on the
right is one of the last works of the Princess Marie. The
prie-dieu in the chapel are all embroidered by different
members of the Orleans royal family. A Descent from
the Cross, by Trinqueti, from designs of Ary Scheffer,
occupies a niche behind the high-altar. A picture by
Jacquand represents the touching scene on this spot during
' Les Derniers Moments du Due d'Oildans.' His august
mother, the Queen Marie Am^lie, has left an account of them.

' Nous sommes entrfe dans I'auberge, oil nous avons trouve, dans
une petite chanibre, sur un matelas etendu par terre, Chartres qu'on
saignait en ce moment. . . . Je me suis allee un moment dans la
petite chambre a droite, oil je me suis jetee k genoux, et ai demand^ i
Dieu du fond de mon ame, s'il voulait une vlctime, de me prendre, et
de conserver notre si cher enfant. Peu apr^s, est arrive le docteur
Pasquier ; je lui ai dit : " Monsieur, vous etes un homme d'honneur,
si vous tfroyez le danger imminent, je vous prie de me le dire, pour que
mon enfant rejoive I'extreme onction." II a baisse la t6te et il m'adit;
" Madame, il en est temps." Le cure de Neuilly est entre, et lui a
administre le sacrement, pendant que nous etions i genoux, k I'entour
de ce grabat, pleurant et priant. J'ai detachd de mon cou une petite
croix, contenant une parcelle de la vraie croix, et je I'ai mise dans la
main de mon pauvre enfant, pour que ce Dieu sauveur ait pitie de lui
dans son passage pour I'^ternite. . . . M. Pasquier s'est leve et en est
alM parler i I'oreille du roi. Alors ce venerable et infortun^ p^re, le
visage inonde de larmes, s'est agenouill^ aupres de son alne, et I'em-
brassant tendrement s'est eerie : " Ah ! si c'^tait moi, au lieu de lui ! "
. . . Je me suis approchie aussi, et je I'ai embrassd trois fois, pour
moi, pour H^lene, pour ses enfants. J'ai mis sur sa bouche la petite
croix, signe de notre redemption, et je I'ai ensuite posee et laisSee sur
son coeur. Toute la famille I'a embrasse successivement, et chacun est
retourne \ sa place. Cependant la respiration est devenue inegale ;
elle a et^ interrompue deux fois et a repris; j'ai demand^ alors que le
prStre rentrit pour dire les priJres des agonisants. A peine s'etait-il
mis a genoux et avait fait la signe de la croix, que mon cher enfant a
fait une derniJre et profonde inspiration, et que son ame belle, bonne,

H H 2



468 • PARIS

genireuse et noble a quitte son corps. . . . Le pr^tre, sur ma demande,
a dit un De frofundis ; le roi a voulu m'entrainer, mais je I'ai prie de
me permettre d'embrasser une derni^re fois ce fils cheri, objet de ma
plus vive lendresse. J'ai pris dans mes mains cette t^te si ch^re, j'ai
baisse ses levres toutes froides et decolorees, j'ai pose dessus la petite
croix, et je I'ai eroportee, en disant un dernier adieu i. celui que j'aimais
tant, que j'avais peut-etre trop aim^. Le roi m'a emmenee dans la
charobre voisine ; je me suisjetee a son ecu ; nous etions malheureux
ensemble ; notre irreparable perte nous etait commune, et je souffrais
autant pour lui que pour moi. II y avail foule dans cette petite
chambre ; je pleurals, je parlais, j'^tais hors de moi.

' Au bout de quelques minutes, on a dit que tout etait pr^t. Le
corps avait 6t6 place sur un brancard couvert d'un drap blaac. II
^tait port^ par quatre hommes de la maison, et soutenu par deux gen-
darmes. On est sorti par la porte-cochte de I'ecurie ; il y avait en
dehors une foule immense. Deux bataillons du 2" et du 17= leger, qui
nagu^re avaient passe avec lui les Fortes de fer et forc^ le col de Mou-
zaia, bordaient la haie, et ont continud avec iious. Nous avons tons
suivi i pied le corps inanime de ce fils bien-aime, qui peu d'heures
auparavant arrivait sur cette route, plein de sante, de force, de bonheur,
d'esperance, pour em'brasser ses parents, plong^s i pr&ent dans une
immense douleur.'

Victor Hugo narrates how —

' Pour le due d'Orldans mourant, on jeta en Mte quelque matelas i
terre et on fit le chevet d'une vieille chaise-fauteuil de paille qu'on
renversa.

' Un po&e delabre etait derri^re la tete du prince. Des casseroles
et des marmites et des poteries grossieres garnissaient quelque planches
le long du mur. De grandes cisailles, un fusil de chasse, quelques
images colori&s ^ deux sous, clouees i quatre clous, repr^sentaient
Mazagran, Le Juif Errant, et I'attentat de Fieschi. Un portrait de
Napoleon et un portrait du due d'Orl&ns (Louis-Philippe) en colonel-
gen&al de hussards, completaient la decoration de la muraille. Le
pav^ ^tait un carreau de briques rouges non peintes. Deux vieux bahuts-
armoires itayaient a gauche le lit de mort du prince.' — ' Chases -uues,'

The Bridge of Neuilly, twice rebuilt since, was originally
erected by Henri IV., who was nearly drowned in crossing
the ferry here with Marie de Medicis. Here also Pascal had



NEUILLY 469

that narrow escape of being drowned by runaway horses,
which led to his renunciation of the world.

The Chateau de Neuilly, built by the Comte d'Argenson
in 1740, and afterwards inhabited by Talleyrand, Murat,
and Pauline Bonaparte, was given by Louis XVIII. to his
cousin the Due d'Orleans. Almost all the children of Louis
Philippe were born there, and there, in 1830, he accepted
the French crown. The chiteau was the scene of most of
the happy events of the family life of Louis Philippe, and
in its chapel the king and queen watched, from his death to
his funeral, beside the body of their beloved eldest son.

' Louis-Philippe a ^te un roi trop p^re ; cette incubation d'une
famille qu'on veut faire &lore dynastie a peur de tout et n'entend pas
etre derangee ; de \b. des timiditfe excessives, importunes au peuple
qui a le 14 juillet dans sa tradition civile, et Austerlitz dans sa tradition
militaire.

' Du reste, si I'on fait abstraction des devoirs publics, qui veulent
^tre remplis les premiers, cette profonde tendresse de Louis- Philippe
pour sa famille, la famille la meritait. Ce groupe domestique etait
admirable. Les vertus y coudoyaient les talents. Una des filles de
Louis-Philippe, Marie d'Orl&ns, mettait le nom de sa race parmi les
artistes comme Charles d'Orleans I'avait mis parmi les poetes. Elle
avait fait de son ame un marbre qu'elle avait nomme Jeanne d'Arc.
Deux des fils de Louis-Philippe avaient arrach^ i Metternich cet ^loge
d^magogique : " Ce sont des jeunes gens comme on en voit gufere et
de princes comme on n'en voit pas." ' — Victor' Hugo, 'Les Misirahles.'

During the crisis of 1848, the French pillaged and
plundered the home of their king, and 600,000/. worth of
his private property was destroyed by the robbers of the
revolution, though the private charities of Louis Philippe
and Marie Amdlie during their seventeen years' reign had
amounted to 21,650,000 fr. or 800,000/., and those of the
Due and Duchesse d'Orldans to an annual sum of nearly
20,000/. . A cruel decree of Louis Napoleon compelled the



470 PARIS

royal family to sell their estates in 1851. Since that tinie
the royal park of Neuilly has been cut up for avenues of
villas. Nothing remains of Villiers, the residence of the
last Duke of Orleans, except a pavilion on the Place de
Villiers-la-Garenne. The Palace of Madame Adelaide,
sister of Louis Philippe, was (in 1863) occupied by the
Conservatoire de Notre Dame des Arts, and is now a
school.)

From the Arc de I'Etoile several long and rather dreary
avenues lead to the Bois. That called Avenue du Bois de
Boulogne (formerly de ITmpdratrice) is the most animatedj
but the Avenue d'Eylau leads more directly to the gate of
the Bois called Porte de la Muette. The heights of Mont
Valdrien are always a fine feature, rising behind the woods.
At the corner of the Avenue Malakoff and that of the Bois
de Boulogne is the house of Dr. Evans, the American
dentist, where the Empress Eugdnie spent the first night
(September 4-5, 1870) after her flight from the Tuileries.

The Bois de Boulogne is part of the ancient forest of
Rouvray ' — of which Louis XI. made his barber, Olivier le
Daim, Grand-Forester (^ny,?^)— where Henri IL and Diane
de Poitiers loved to give hunting fetes, and where Louis XV.
held orgies in the Chateau de la Muette which Charles IX.
had built. The name was changed after pilgrims (in 1319)
had erected a church in honour of Notre Dame de Boulogne
in the neighbouring village of Menus-les-S. -Cloud, which
forthwith took the name of Boulogne. Ceded to the town



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