Emile Cammaerts.

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136 LA FEMME

Et que les oiseaux ne chantaient pas si bien.
Dis-moi, oh dis-moi, que tes pensees n'etaient pas si

legeres
Et qu'aucun souvenir ne te donne de regret.

Dis-moi que tu m'aimes aujourd'hui plus quliier

Et que tu nVaimeras demain

Encore plus qu'aujourdlmi.

Dis moi que tu es heureuse

Et que la vie est belle,

Et que tu benis Dieu de nous avoir unis.



BELGIAN POEMS 137

Nor the birds' song so sweet !

Say that your thoughts were not so bright,

Your dreams less wonderful ;

Say that naught causes you regret,

No hope appears too bold.

Tell me that you love me more

To-day than yesterday,

And that you will love me more

To-morrow than to-day.

Tell me that you are happy, that life is generous

And that you praise God aloud

For uniting us.



IV

Septembre 1910

QUAND tu baisses les yeux,

On dirait que le soleil, les arbres et les nuages

Se refletent sous tes pas bienheureux

Comme dans un lac de mirage.

On dirait que la vie, le calme et la beaute

S'exilent des sommets pour se mettre a tes pieds.

On dirait que plus rien n'est digne de briller

Ou ton regard ne brille aussi.

Et le ciel est un pre et les astres ses fleurs

Et la lune un petit etang reveur

Bien rond, bien froid, bien clair et bien poli,

Et le ciel est la mer et les nues sont ses ondes,

Et le soleil tout 1'amour toute Tardeur du monde.

Les oiseaux sautillent sur ton chemin,
Le pic, la mesange, le rouge-gorge, le pinson,
Les mouches y dansent en rond avec les papi lions
Et les souris t'epient d'un ceil malin.
II n'est jusqu'a 1'orvet, et jusqu' a la limace
Qui, infirmes et perclus, aveugles et trainards,
Ne rampent se chauffer a Tombre de ton regard
Et ne viennent rccueillir quelques miettes de ta grace.
138



IV



WHEN you look down,

'Tis as if the sun, the floating clouds, the trees,

Mirrored themselves beneath your happy feet

As in clear, calm seas.

'Tis as if all life and all serene beauty

Had left the heights to lie before your feet,

''Tis as if naught to shine were worthy,

Which your eyes do not greet.

And the sky is a field, and the stars its flowers,

And the moon is a little dreamy pool,

Round and clear and smooth and cool.

And the sky is the sea and the clouds are its waves,

And the sun is passionate love's fierce ray.

And the little birds hop upon your way
Sparrow and thrush and robin tame
The gnats dance with the butterflies,
And the little mice peep with watchful eyes.
Even the snail and the slimy slug
Slow and blind, lazy and lame,
Creep close to be warmed by the light of your face
And ask, from you, some crumbs of grace.
139



140 LA FEMME

Quand tu baisses les yeux

Le ciel est sur la terre,

Le paradis est dans mon cceur

Avec toutes ses betes, avec toutes ses fleurs.

LA terre est en priere

Quand tu baisses les yeux.



BELGIAN POEMS 141

When you look down,

Heaven is on earth,

Paradise is in my heart,

With all its beasts and flowers fair.

All creation is in prayer

When you look down.



V
ABSENCE

BRUXELLES, Aout 1918
REVIENS, reviens, douce habitude,
Rends-moi la paix, la lassitude,
Rends-moi le calme et la raison,
Ob! rouvre, rouvre la prison
De tes deux bras !
Delivre-moi de mes desirs,
Chasse les reves de mon toit,
Fais-moi perir

De Tennui, du doux ennui de toi,
Et que tes yeux que je connais si bien
Et que ton corps dont je n'ignore rien
Peuplent de nouveau de leur monotonie
Ma vie.

Tu es pour moi comme ces chemins
Sur lesquels on retrouve Tempreinte de ses pas,
Et chaque fois que tu me donnes la main
J'ai Timpression de rentrer chez moi.
Tu es mon rire et mes chansons
Et ma soif et ma faim,
Et ce bouquet de gloires de Dijon
Au fond de mon jardin.
142



V
ABSENCE

COME back, come back, custom beloved,

Give me my calm and peace again,

Give me my rest and ease my pain,

Oh, open, open once more to me

The prison of your arms !

Deliver me from my distress,

Chae away all dreams and harms,

Let me die of weariness,

Sweet weariness of you,

And let your eyes, which I know so well,

And all yourself, of which naught is new,

Fill my life so happily

With their sweet monotony.

You are like those paths to me
On which our own foot-prints we see,
And each time I take your hand,
It seems I return to my home and land.
You are my laughter and my songs,
My hunger and my thirst,
And ev'ry lovely rose
That in my garden grows.
143



144 LA FEMME

Tu es mon champ et ma maison
Et mon cheval et ma pipe de bois,
Tu es tout ce que j'ai de bon,
Tout ce qui me fait du bien,
Tu es le debut, tu es la fin,
Et le comment et le pourquoi.



BELGIAN POEMS 145

You are my house, my land, my field,
My horse, my pipe of wood,
You are all that does me good,
All I shall have, or had before,
You are the beginning and the end,
And the why and the wherefore.



L'ENFANT

I

LES bras croises et les yeux clos,

La tete en has, les jambes en haut,

II reve de ce monde comme nous revons de Tautre

Avec plus de candeur, d'innocence et d'amour.

II ecoute, il regarde sans voir et sans entendre,

II attend, dans la nuit, que se leve le jour.

II ne reclame pas, il ne demande rien,

II ne s'inquiete ni du temps, ni de rheure.

Les mains jointes, la bouche en creur,

II dort aujourd'hui en revant a demain.

Repose done en Dieu, comme il repose en toi,
Avec le meme calme, avec autant de foi.
Repose done au sein de Dieu,
Et reve des etoiles, du choeur des bienheureux,
Comme il reve des fleurs, des oiseaux et des bois.
Noel 1910



146



THE CHILD
I

WITH closed eyes and arms across,

With head below and feet above,

He dreams of this world as we dream of the next,

With greater innocence, faith and love.

He listens and looks, without hearing or seeing,

He waits in the night for the day to arise.

Patiently, nothing asking,

He troubles not, but calmly lies

With folded hands and parted lips,

And sleeps, of glad to-morrows dreaming.

Oh rest in God, as he rests in you,
With the same firm faith, quiet and true,
Rest then in God and calmly dream
Of the stars and the choir of blessed souls,
As he dreams of a flower, or bird, or stream.



147



II

LONDRES, Fevrier 1911

IL vient vers nous du bout du jardin
Guide par son bon ange,

A Tombre des pommiers, a Pombre des sapins,
Entre les magnolias et les roses tremieres.

II vient vers nous les mains fermees, les yeux ouverts,

Guide* par son bon ange,

Les mains fermees sur sa priere

Les yeux ouverts a la lumiere.

II vient vers nous du bout du monde,
Ou le Ciel touche a la terre,
Le coeur leger, Tame lourde de mystere,
Guide par son bon ange . . .

II a quitte, pour nous trouver,
L'ombre des arbres sur les pres,
Les crocus pourpres et les jonquilles,
Le chant des oiseaux dans les branches
Et le giron de son bon ange.
148



11



HE comes to us through the garden fair
By his guardian angel led,
'Neath the shadow of apple tree and pine
'Twixt blue-bells and lilies rare.

He comes, hands clasped, eyes open bright,
By his guardian angel led,
His hands are clasped in happy prayer
Eyes open to the light.

He comes to us from the end of the world
Where Heaven touches earth,
The weight of mystery on his soul,
By his angel led to birth . . .

He left behind, to join us here,
Those wonderful vales and hills,
The songs of the sweet birds in the trees,
Crocus and golden daffodils
And his guardian angel's knees.

149



150 L'ENFANT

II reste aux plis de sa robe
Un peu de Teclat et du chant,
Un peu de la fraicheur et du vent
Et du ciel embaume
Du jardin enchante.

r

Au moment des adieux,

L'herbe lui a laisse

Un perce-neige sur le pied,

Et son bon ange lui a glisse

Une de ses plumes dans les cheveux.



BELGIAN POEMS 151

There hovers still about his face

Some of the light and song,

Some of the freshness of the air,

And the perfume sweet of that Heavenly place.

That mysterious garden fair.

And when he parted thence, the grass
Let fall a snowdrop on his foot
Some feathers from his angel's wing
Round about his head still cling.



Ill

BEUXELLKS, Juillet 1912

QCE Dieu te donne un coeur ouvert,
Une ame pure et des yeux clairs,
Qu^il scelle tes levres de son baiser
Et ton corps de ses cinq plaies.

Sois une croix, une croix glorieuse,
Les bras ouverts et les pied joints,
Dressee dans Taube lumineuse
D'aujourd'hui et de demain.



Sois d'ici-bas et de la-haut.

Sois une croix vivante,

Qui songe et qui se tait et rit et se lamente

De la berce au tombeau.



Un jour, les anges te parleront
Comme je te parle aujourd'hui,
Quand tu seras de nouveau petit,
Plus petit qu'aujounThui.
152



Ill

GOD give you an open heart, Dear,

Pure soul and vision clear ;

May your lips with His holy kiss be sealed,

Your body with His five wounds healed.

Be a cross, a cross of light,
Arms spread, feet joined below,
Rising in the radiance bright
Of to-day and of to-morrow.

Be of this earth, and yet of Heaven,

Be a living cross,

Who dreams, is silent, laughs, and weeps then

From the cradle to the tomb.



One day the Angels will to you speak

As I speak to you to-day,

When you are once more small and weak,

Smaller than to-day.

153 L



154 I/ENFAKT

Un jour, les anges se penchcront

Sur ton lit et baiseront ton ame innocente,

Comme je te baise aujourcThui,

En tremblant.

Tu reposeras alors sur une couche brillante,

Ou le rose et le vert et le pourpre et Torange

Broderont tes draps blancs,

Ou, parmi les plumes des anges,

Les etoiles

Allumeront d'eternelles veilleuses,

Ou des accords de harpes triomphales

Soutiendront la voix des anciennes berceuses.

Mais, d'ici la, ne flechis pas,

Reste plante sur le roc de ta foi

Comme un arbre en sentinelle.

Donne ton miel a toutes les abeilles,

Tes fruits a tous les passants,

Que tes branches, secouees par le vent,

Plient sous le fardeau des nids,

Que tes auvres soient les oiseaux etourdis

Qui s'en echappent en chantant

Pour ouvrir leurs ailes a la vie.

Cache ta croix humblement

Sous tes feuilles, chaque printemps,



BELGIAN POEMS 155

They will bend your bed above
And kiss your innocent soul with love,
And as I kiss you, child, to-day
I tremble too.

Then on a wonderful couch you'll lie
Where your white sheets will broidered be
With green and gold and crimson bright,
Where, amid the angels 1 plumes,
Stars everlasting candles light,
Where sounds of joyous harps arise
To strains of ancient lullabies.

Bat till that time come, do not shrink,

Rest planted firm on the rock of faith

Like some tall tree, up on high.

Give your honey to all the bees,

Your fruit to every passer-by,

May your branches, swayed by the breeze,

Bend beneath their load of nests,

May all your acts be like birds sweet

That hover round you, as they sing

In the sun and spread their wings to its heat.

Hide your cross humbly
Beneath your leaves, each spring,



156 L'ENFANT

Mais que chaque automne, en te de'pouillant,
Fasse reapparaitre ton corps triomphant
Pur com me le givre, clair com me le gel,
Tcndant patiemment ses deux bras vers le Ciel.



BELGIAN POEMS 157

But may each autumn, as it strips the tree,
Show you triumphant, pure as a dove
And white as snow, lifting patiently
Your arms to God above.



IV

LONDRES, Fevrier 1914

AssiEDS-toi et causons. Dis-moi
Ou tu as passe' la nuit,
Sous quel ciel, sous quel toit,
Avec quels amis ?

As-tu rencontre le cortege des fees

Qui hantent tes jardins ?

Ou bien t'es-tu plongee

Dans 1'arsenal de tes jouets, de tes poupees,

De tes pantins ?

Ou etais-tu quand tu su9ais ton doigt ?

Que faisais tu quand tu grognais tout bas ?

Volais-tu sur Taile des pigeons

Par dessus les buissons ?

Ou bien voguais-tu sur Te'tang,

En chantant,

A cheval sur ton ballon ?

Avai-tu peur de chavirer
Quand tu as pleure* ?
Ou bien ne retrouvais-tu pas,
158



IV

SIT by me and let us talk.
Tell me where you have spent the night,
Beneath what sky, beneath what roof,
With what friends bright ?

Did you meet the fairy host
That haunts your garden knolls ?
Or were you altogether lost
Among your crowd of toys and dolls.

Where were you when you sucked your thumb ?
What did you when you murmured low ?
Were you flying on a pigeon's wing
Over the trees, or did you sing
Across the smooth wide river floating,
On your red balloon a-riding ?

Did you fear a shipwreck nigh
When you began to cry, .

Or could you not find, in your hand

159



160 I/ENFANT

Entre tes doigts,

La souris blanche que Mab t'avait confiee ?

Ou bien encore craignais-tu

Que le petit Jesus

Qui couche a ton cote

N'eut froid aux pieds ?

O, mystere, mystere de ton ame d'enfant !
Combien j'ai honte de si mal deviner,
Combien je rougis d'etre grand
Aupres de mon



BELGIAN POEMS 161

The white mouse, Mab's gift from Fairyland ?
Or else did you fear
That Baby Jesus sweet,
Who is ever near,
Had cold little feet ?

O, mysterious soul of my little child !
I am ashamed I can but guess so ill,
I blush to be so big and tall
Beside my baby small.



POEMES MYSTIQUES



BRUXELLES, 1907

LE verger fleurit

Au soleil de inai,
Le verger sourit

Comme un nouveau-ne'.

Les cerisiers sont blancs

Comme la robe (Tun enfant,
Et les pommiers sont roses

Comme ses deux petits pieds roses.

Porteront-ils les fruits

Des celestes vendanges ?
Porteront-ils les fruits

Que croqueront les anges ?

Les prunes, les poires, les pommes,

Les reines-claude, et les cerises
Muriront-elles sous la brise

De 1'eternel automne ?
164



THE orchard blooms

In the bright May morn,
The orchard smiles

Like one new born.



White are the cherry trees
Like a baby's clothes,

Pink are the apple trees
Like its little pink toes.



Will they bear fruit
Of Heavenly crop ?

Will they bear fruit
For angels' food ?



Will pears, apples, plums,
Greengages and cherries

Ripen in the breeze
Of eternal autumns ?
165



166 POEMES MYSTIQUES

Oh ! les fruits doux et les fruits surs,

Les fruits jaunes et les fruits noirs,
Les fruits tendres et les fruits nmrs

Du jardin de notre espoir !

Les arbres du verger

Sont souvent en danger.

Le vent passe et les fletrit . . .
Porteront-ils des fruits ?

Le froid les saisit la nuit . . .
Porteront-ils des fruits ?

La grele cingle leur corps transi . . .
Porteront-ils les fruits des celestes vendanges,

Porteront-ils les fruits que croqueront les anges ?

Mais, a la porte du verger,

Le Jardinier veille,
II est assis, sous un pommier

Entoure de Ses abeilles.



Elles s'envolent a sa voix
Vers les ames legeres,

Elles accourent a sa voix
Lourdes de leurs prieres.



BELGIAN POEMS 167

Oh the sweet fruit, sour fruit,

Golden fruit, black fruit,
Soft fruit and ripe fruit

In the garden of our hope !

The trees of the orchard

Are often in danger.

The wind blows in anger . . .
Will they bear fruit ?

The frost nips their branches top . . .
Will they bear fruit

Of Heavenly crop ?
Will they bear fruit

For angels' food ?

But, at the orchard gate,

The Gardener watches,
Seated 'mongst the trees,

Surrounded by His bees.

At His voice they go,

Like spirits through the air ,
At His voice they come,

Heavy with prayer.



168 POEMES MYSTIQUES

Elles bruissent, chantent, dansent

De fleur en fleur,

De coeur en coeur,
Elles brillent, chantent, dansent

Grises de miel,

Ivres de ciel.

Elles effleurent les poiriers
De leurs rondes rondes,

Elles recouvrent les pruniers
De leur nuee blonde,

Elles bercent les cerisiers
De leur chanson feconde.

Us porteront des fruits,

Malgre le vent, malgre la pluie,
Us porteront les fruits

Des celestes vendanges,
Malgre le vent, malgre la nuit,
Us porteront les fruits

Que croqueront les anges.



BELGIAN POEMS 169

They buzz, sing, dance,

From flower to flower,

From heart to heart,
They gleam, sing, dance,

Drunk with honey

And God's love.

They flit o'er the pear trees

In a dancing crowd,
They cover the plum trees

With a golden cloud,
They rock the cherry trees

With their chorus loud.

They will bear fruit

Despite wind and rain,
They will bear fruit

Of Heavenly crop,
Despite night and pain,
They will bear fruit

For angels 1 food.



II

BRUXELLES, 1907

Si Ton me volait ma croix (Tor
Je prendrais une croix de bois.
(Test sur cette croix qull est mort
Pour vous et pour moi.

Si Ton cassait ma croix de bois,
Les bras ouverts, les yeux fermes,
J\>ffrirais la croix de mon corps.
Cest dans cette croix qull est ne,
Pour vou et pour moi,
(Test pour cette croix qull est mort
Pour vous et pour moi.

Si Ton brisait la croix de mon corps,
Le coeur muet, les yeux fermes,
Je dresserais la croix de ma foi.
(Test pour cette croix qu'Il est ne,
Pour vous et pour moi,
(Test pour cette foi qu'Il est mort
Pour vous et pour moi,
170



II

IF they steal my cross of gold
I will take a cross of wood.
Twas on this cross that He died
For you and me.

If they break my cross of wood,

With arms outstretched, with closed eyes,

I will give my body's cross.

Twas in this cross that He was born

For you and me,

Twas for this cross that He died

For you and me.

If they crush my body's cross,

With silent heart, with closed eyes,

I will give my faith as cross.

Twas for this cross that He was born

For you and me,

Twas for this faith that He died

For you and me,

171



178 POEMES MYSTIQUES

Mort et ressuscite' !

CTcst sur cette croix qull vivra

Pour vous et pour moi

Et pour Teternite !



BELGIAN POEMS 178

That He died and rose again !
Tis on this cross that He shall live
For you and me
And for eternity !



Ill

SCHWALBACH, Juillet 1909

L*ODEUR des foins me monte au nez,

Des foins coupes,

L'encens brul^ par le Seigneur

Dans Tencensoir fleuri des pres

Et qu'un vent rouge, en surplis blanc,

Comme un enfant de choeur,

Balance lentement.

La senteur des foins m'a grise,
Des foins coupes,

Bruissant sur Taile des moustiques,
Des mouches vertes et des taons gris,
Dansant sous les rayons bibliques
Du soleil de midi,
Celebrant, dans un cantique,
La gloire des vierges parfumees
Mortes en odeur de saintete :
Des marguerites, des renoncules,
Des luzernes, des pissenlits,
Des gramine'es, des campanules,
Des caille-laits et des iris.
174



Ill

THE scent of hay comes up to me

Of new mown hay
The incense burned by the Lord
In flowered censers of the fields,
Which a red wind in surplice white
Like a little choir boy,
Sways slowly to and fro.

The scent of hay has made me drunk

Of new mown hay
Murmuring under the wings of flies,
Of beetles green and of grey gnats,
Dancing 'neath the biblic ray
Of the heavy sun of midday,
Celebrating in a psalm
The glory of the virgin's calm
Who died in odour of holiness :
Buttercup and Marguerite
Sheepsbit, Ragwort, Flax, and Speedwell,
Dandelion, Meadowsweet,
Vetch and Canterbury Bell.
175



176 POEMES MYSTIQUES

L'odenr des foins m'a rendu fou,

Des foins roux,

Et j'ai bati dans la clairiere

Une catheYlrale de lumiere

Ou Tencens bourdonne sans cesse

Dans Tencensoir fleuri des pres,

Ou Torgue s'embrase d'allegresse

Sur Taile des abeilles dorees,

Ou le bois dresse sa foret de colonnes,

Ou les feuilles decoupent des milliers de vitraux,

Ou le nom de Dieu frissonne

Dans tous les roseaux

Et ou Son Esprit jaillit

De tons les ruisseaux.



BELGIAN POEMS 177

The scent of hay has made me mad

Of ruddy hay
And in the clearing I have built
A lofty church of blazing light
Where incense murmurs day and night
In flowered censers of the fields,
Where the organ peals its anthems glad
Beneath the wings of golden bees
Its mighty columns are the trees,
Its windows carved by a million leaves
Where the name of God sings
Through every reed,
And His Spirit springs
With every stream.



IV

Fevrier 1910

LE bee des crocus a trouc la prairie,
La cloche des perce-neiges a sonne midi,
Une grosse merlette se rotit au soleil,
Et les ormes engourdis se reveillent.

Le canard cherche sa canne,

Le moineau sa moinelle,

Les corneilles et les pies d'arbre en arbre s'appellent,

Les cailloux des chemins reluisent au soleil. . . .

Et les ormes engourdis se reveillent.

Les bourgeons entr'ouverts

Brillent au bout des branches,

La brise est douce com me Thaleine des anges.

Dieu nous a rendu sa grace et son soleil . . .

Et les ormes engourdis se reveillent.



178



IV

THE crocus beaks have pierced the field,
The snowdrop bells have rung midday,
A fat blackbird roasts in the sun,
And the sleeping elms awake.

The drake calls to his duck,

The sparrow to his mate,

The magpies and the crows cry from tree to tree,

The pebbles on the paths twinkle in the sun . .

And the sleeping elms awake.

The smooth brown buds, half open,

Glisten on the twigs,

The breeze is soft as angels' breath.

God gives us once again

His blessing and His sun . . .

And the sleeping elms awake.



179



V
L'AME

Juillet 1914

L'AME est un enfant que nous portons en nous.
Elle a un nez, des levres, des oreilles, des yeux,
Elle a un coeur aussi qui brule a petit feu
Et bat a petits coups.

II est des ames blondes, il en est de brunes,
II en est de rondes comme la lune
Et d'autres maigres comme un clou.

II en est de toutes petites qui semblent ne devoir

jamais naitre,

Et d'autres joyeuses et fortes
Qui frappent du poing les portes
Et tambourinent aux fenetres.

Les unes sautillent, comme des pinsons en cage,
Cherchant elles ne savent quoi un peu partout.
Les autres se tiennent sages comme des images,
Les mains jointes sur les genoux.
180



V
THE SOUL

THE soul is a child which we bear within us,
It has eyes, ears, lips and a nose,
It has a heart, too, which throbs thus,
And beats with little blows.

There are fair souls, and there are dark souls,
Some like the moon are round
And some are lean as a greyhound.

Some small, as if they should never be born,
Others are joyous and strongs
Striking with fists 'gainst windows and doors,
And tapping the walls along.

Some hop and spring like finch in cage,
Not knowing what they seek,
Others with hands crossed like an image
Are patient, calm, and meek.

181



182 POEMES MYSTIQUES

Les unes, honteuses de leur eclat,
Se terrent dans la cave et se couvrent de voiles.
Les autres montent au grenier, escaladent le toit,
Et sVitalent toutes nues en face des etoiles.

Mais toutes, blondes ou brunes, maigres ou grosses,

calmes ou folles,

Murmurent, en meme temps, la meme priere
Comme les feuilles dans les bois et les vagues sur la

mer,

Les gamins a Tecole,
Et les essaims d'abeilles
Toutes veillent de la meme vie et dorment du meme

somroeil,

Toutes attendent dans la nuit
Que se leve le Soleil.



BELGIAN POEMS 183

Some, ashamed of their radiance bright,
Hide in cellars away from light,
Others climb to the housetop high
And strip themselves to stars and sky.

But all of them, small or big, calm or wild, dark or

fair,

Murmur together the self-same prayer
Like waves of the sea,
Or leaves on a tree,
Like boys in schools,
Or bees in hives
All sleep the same sleep,
Live the same lives,
All watch through the night
And await the Sun's light.



POEMS OF EMILE VERHAEREN.

Translated by ALMA STRETTELL. With a Bio-
graphical Introduction by the translator and a Portrait
of the author specially drawn for this edition by
JOHN SARGENT, R.A. Crown 8vo. 35 6d net.

" Here, at last, is the book, to be read in an hour, but in
that short time revealing Belgium as the sun breaking
through mist, or as St. George descending upon the poet,
' All one ferment of varied gold.' " Saturday Review.



SONGS AND SONNETS FOR ENG-
LAND IN WAR TIME. Being a Collection
of Lyrics inspired by the Great War. By various
Authors. With a cover design by VERNON HILL.
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Daily Telegraph.

" These impressions . . . are pleasantly written . . . we
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