Epinal Société d'émulation du département des Vosges.

Annales de la Société d'émulation du département des Vosges online

. (page 122 of 123)
Online LibraryEpinal Société d'émulation du département des VosgesAnnales de la Société d'émulation du département des Vosges → online text (page 122 of 123)
Font size
QR-code for this ebook


Digitized by



Google



— 5«9 —

lignes t^l^raphiques. Dans son rapport de 4865 au Conseil
g^n^ral , M. le Pr^fet a pu dire : « De nombreuses amd*
liorations ont encore &\A apport^es dans le service des posies ;
le di^partement des Vosges a maintenu son rang, et il est
ie premier en France dans le classement pour la quatri^me
iinn6e consecutive. » II en est de mfime pour le service des
lignes tei^graphiques dont le r^seau s'est d^velopp^ avec une
rapidity vraiment surprenante. Plus de 32 bureaux sont ouverts
au public; sauf le d^parlement de FEure, il n'est pas un
d^partement qui atteigne ce nombre. Et encore, dans Tfiure^
c'est le Conseil general qui les a largement dot^s ; dans les
Vosges, ils sont dus k I'initiative des communes. On trouve
dans ce mouvement Tindice d*une intelligence qui raisonue
sur ses vrais int^r^ts et qui n*oublie pas que les relations
commerciales ou autres apporteot k la civilisation un utile
et glorieux contingent.

INSTRUCTION.

Ces ameliorations sont correlatives , mais elles doivent sur*'
tout leur developpement aux progr^s de Tinstruction k tous
ses degr6s. -

Le Nord-Est de la France forme un groupe de queiques
departements , ou le nombre des eifeves est parvenu k la pro-
portion d'un sur 6 habitants.

Ce point d'oii nous vient la lumi^re, cette tete de colonne
de la France instruite, se compose du Bas-Rhin , des Vosges,
de la Meuse, du Doubs, de la Haute-Marne , delaMeurthe.
En tenant coropte de Tiostruction des consents , des epoux,
des epouses et des accuses, la statistique officielle de 4864
assigne le deuxi^me rang aux Vosges dans le classement de tous
les departements de TEmpire (4). Ce n*est pas d'aujourd*hui que
date ce progr^s : dte avant la loi de 4833, de grands efforts
avaient ete faits pour la propagation de Tinstruction primaire;

(I) Le !•' rftDg a M asrign^ tax Votges dint U stalistiqae de 4866.

54



Digitized by



Google



— 586 —

a Mireeourtt no groupe d'hooiines gte^renx forma, tie bonne
hdure , tfne sod^t^ pour riostraction ^Idmentaire ; eoDtioiimt
i'ceuvre it Fiem Pourrier^ fondateur des toalefi de fiUes, «
force it soios et de sacrifices , ella inspire le godt de VeiK
seigDemeot. line 4cote Dormale fut cr^ d^s 48^ el, diose
remarquaUe, lei quatre d^partemenls do Bas-^RhiD, des
YosgeSr de la Maurtho et de la Mease q-ui , lea pcaniers, eurent
ttoe feole normate, tienaeot eaoore asyoord'bui le premier
raog dans le dassemeat g^nirai. O^i Urouver un arguoient
plus diciaif eo favour de ees ^taMissemealsl

L'teole aormale des Yosges, qui date de 1828, conliaue
k (aire bonaeur au d^partenem , par le personnel easeigaaot
qu*eUe foumit aux eommuDes. A Portieux, Tabbi Feys fonde^
en 484« , la congregation de la Providence . ecmimunaule
qui envoie dea inatitti trices dans ioules les parlies de la France
et k r^tranger.

La situatioD aciuelle a done 6tk beureusement pr^parte;
il faut la faire remonler aux eflorts tenths par nos p^es ;
^r&ce k leur initiative , gr^ce au d^sir n)dme que ie Vosgien
a de s'iDStruire , au besom qu*il en a par sutle de son aotivjt^
eomraeroiale, un iian gtoireux se niantfesle de toules parts.
II n'est pas une commune, pas le moindre bameau qui o'ait
satisfait aux prescriptions des lois sur Tenselgnenient. Sor
70,000 enfants d^s deux sexes ^ (42 seuleoiettl ne fr^qoeolenc
pas les ^coles, quelques infortun^s, idiots ou inftrmes. Spec-
tacle (ouobant ot curieux ton! ii la fois , par its plus grands
fretda, on voit dans la moniagne des enfants de 8 4 40 ana
bravant la neige et rintemp^rie, faire h pied, deux fois par
janr , 4 et 5 kilometres pour gagner l*eeole : les plus iloignte
soni lea ptna assidus; o'eat Ik aussi qu*on trouve fat meiHenre
instaiUtion , to plus de respect pour le maltre et les iateilf*
genoes. les plus solides. L'esprit de reflexion et de recherdie
semble plus particulier k Tbahitant de la montagne.

DflAS ces demiers temps » le d^vonenienl n'a fatC ddfaat
nulie part; instituleurs, municipalitSs, clerg6, tout le mrade
s'est mm k Tornvre pour retabttssemenl des cours d'adultes



Digitized by



Google



- 83f -

et des bibliothiques scolaires , sous rinspiration Hb^raie de
ir. leMinistre; h Tappel de H. \e Pr6fet, pr6s deSM con»
d*aduttes onl i\& ouverts en 1866, 599 d*hommes et 490 de
fetnmes. Eu ^gard an nombre des communes, qiii n*edt qne
de 518, les Vosges tieonent le 3^ rang pour les cours d'adultes
d*hommes el le 1*' pour celul des femmes. Ces 800 cours ant
r^unti plus de 20,060 ^^ves de Tflge de! 44 a 50 ans, d^sireux
d'acqadrli* ce qu'ils n'avaient jamais su, de fortifler leur
savoir ou de r^parer les br^ches faites h leaf instrofctioti :
c'est aiftsi qu'on vide les cabarets au profit de I'^cole.

Dans i*espace de deux ans, plus de 220 bib)iotfa6ques
scofaires ont 6t6 fitablies et plus de 40,000 prfits 'd^ livres onf
eu lieu. C'est le goflt des choses de Tesprit g6n6Tensem6n(
repandu et le dernier combat livrtfi h Fignorance dads nos
contr6es.

Six colleges , dont la fondation remonte au Commencement
de ce si6cle, donnent instruction secondaire. A cdt6 d'eax
existent deux 6tablissements d'lnstruction secondaire libres.

Le d6parteraent n'a pas d*enseignement supirteur pro-
prement dit, maisil n'est pas rest6 indifKrent & I'institution
des conferences pubiiques : des magistrats, des adminis-^
trateurs , des membres du barreau , des professeurs n'ont pas
craint, avec le concours et sous le patronage de la Soci6t6
d'ifemulation , de monter dans la chaire et d'apporter k de
nombfeux audileurs le fruit de leurs travaux.

Le nom de Soci6t6 d*£muIation est celai d'une modeste et
laborieuse compagnie que j'ai Thonneur de reprSsenter ici !
elle a son si^ge h Spinal et elle date du 8 Janvier 4825.
Ainsi que I'indique son nom , elle reveille autour d*e11e tout
ce qui pent stimuler le progrfes ct Tesprit de recherche. Elle
encourage les lettres, les arts* et les sciences; Tarchfiologte
lui doit de nombreoses d^cotrvertes 6t ragtlculture des ame-
liorations doDt le pays lui est reconnaissant.

Pr6s d'elle se (fouvd un musfo qui fbt fond^ en 4823, qui
renferme une collection de tableaux assez remarquables, parmi



Digitized by



Google



— 532 —

lesqucls figurent plusieurs toiles dues au pinceau du Titien,
de Salvator Rosa , de Ruysdael , du Parrocel , de Paul Bril , elc.

DifT^rentes galeries sout consacr^es a la sculpture, a des
coUeclioDs d*histoire oaturelle, de m^dailies, a des objets
qui remonlent a la plus haute antiquity. Pr^s du mnsfe
vosgieu sont ^tal6s, daus unie riche biblioth^que, les ]ivres
proveoant des anciennes abbayes de Senones, de Moyen-
. moutier, d*l;iival et dc Chaumouzey, de la bibliotb^que dn
prince de Salm et des couveuts existanl autrefais a l^pinal.

Le Gouvernement et la ville, par ud beureux contours,
continuent d'enrichlr cette bibliotb^que qui compte plus de
20,000 volumes. Outre les livres iropriro^, l^ptnal possMe
217 volumes manuscrits^ la plupart fort anciens et donl
quelques-uns remontent au VHP Steele.

Mirecourt, Sainl-Di6, Remiremontet Xeurch&(eau possMent
aussi des biblioth^ques publiques. Celle de Mirecourt conlient
3,000 volumes, celle de Neufchateau 7,000, celle de Remi-
remont 6,900 volumes. £Dfin la biblioth^que de Saint-Di^,
la plus riche apr^s celle d*£pinal, a, comme les I autres,
h^ritt^ en partie des ouvrages que poss^daienl les maisons
religieuses; elle compte environ 40,000 volumes et 80 ma-
nuscrils.

Le mouvement imprimg h I'^ducation depuis deux ans a
pris un caraclere particuller dans les Vosges; de nombreases
soci^t^s se sont formees qui conlrastent avec les amusements
ordinairement trop frivoles de la jeunesse : orpheons, soci^tes
philharmoniques, gymnastii^ues, soci6t^ de canotiers, de
francs-tireurs, etc. Un 6lan inconnu jusquli ces derniers
temps s'est empar^ des jeunes gens de 15 k 25 ans; plus
de 3,000 font partie des orphtons de Mirecourt, d'Epioal,
Salnt-Di6, Neufchateau, Raon, des soci^tte gymnastiques »
canoti^res ou de tir d*£pinal. Soit qo'ils s*adonnent au cbarme
de la musique^ soit que leurs lagers canots sillonnent les
eaux de la Moselle, ou bien qu'ils s*exercent au tir dans un
magnifique b^tlment r^cemment construit sur les bords de
noire belle riviere , ou qu'enfin , dans le gymnase , si libera-



Digitized by



Google



— 533 —

lement encourage par la ville d'Epinal, ils tronvent tout ce
qui tend a d^velopper chez eux les forces physiques, il n'esi
pas moins vrai de dire que les Wtes qu'ils donnent aux po-
pulations, et que les nobles plaisirs du corps et de Tesprit
reraplacenl avec fruit de plus grossiferes distractions, et nous
pr^parent une g^n^ration h la fois plus virile el plus douce.

Ge travail seralt incomplet si, apr6s r6num6ration de ces
fim6liorations diverses, on ne rendait pas hommage a Tesprit
de foi qui anime les populations; Texemple donnS par les
saints ^vfiques, par les c^nobites qui ont peuple nos mon-
lagnes na pas 6(6 sans influence sur les generations qui
leur ont succ6d6. La foi religieuse, avec ses pratiques conser-
valrices, s*est enracinte dans le peuple, et le diocese de Saint-
Die est un de ceux oil la religion Mt le mieux observ^e.
Deux petits et un grand seminaire places dans d'excellentes
conditions lui fournissent un clerge instruit, bon, g^n^reux
et conservant h la foi de nos pftres ce caractf^re de grandeur
et de mansuetude qui se perpetne avec les hommes, sans
perdre rien de son origine et de son but. Sans doute on ne
i-encontre pas partout au nifime degrS le respect dft aux
croyances, la sincerite dans la foi ; 11 y a, comme ailleurs,
des esprits railleurs et sceptiques , mais c*est plus superflciel
que profond , et , dans les campagnes comme dans les villes ,
on professe un grand respect pour tout ce qui louche au culle.
Chaque hameau veut avoir son eglise, et, sMI y en a un
grand nombre de construction ancienne , parmi lesquelles
reglise SBint-Goeric d'ifepinal se fait remarquer par la s6verit6
de son architecture romane, il en est quelques-unes (jui ,
recemmenl construites, ne le cMent en rien aux belles eglises
de la renaissance. On peut citer celles de Mattaincourt ,
Plorabieres, Raon-aux-Bois , Uzemain. Les c6r6moniesdu culle,
s*y font avec pompe, on y professe un grand respect pour
les morts. II y a quelque chose de touchant et de pittoresque
k voir tous les dimanches les habitants de la montagne quitter
leurs chaumes pour descendre dans les valines; femnies,
enfants, vieillards se r^pandent dans les sentiers sinueux



Digitized by



Google



— 5»* —

di , h r>ppel de la doche , tons 66 rendeot a Vig^se asec
uo eoipresseinent et un recueilldmeat pleux. Cesi k la fois un
ACle de recoonaissance el uo acto de fid^litS aux priocipe^
consacr^s par la religion et par le temps.

II serait superflu d'aller plus loin; roleux ?aui s'arrdter.
L'aoiour du pays a ses exag^ralions, mais il y a eu sou*
vent si peu de mesare dans les appreciations faites da loin,
qu*un6 esquisse tracto sur las lieux , qu'un expose vrai da
la situation ^taient nteeesaires pour dj^traire les erreurs,
m£ine involontaires, qui s^aecrediteot si facileoient et qui
parfois se perp^tuent sans raison. Non pas que le diparte^
ment des Vosges ait m attaqu^; qui aUaquerait ce qui eU
si bi«D fortiOii ? Cepeodant, trop peu connu jusqu^anjourd'hui /
peutr£(re )^^r«ment juge, U n^^tait pas sans int^t de re-
cberotier Sf^n nassi, d'expo&er son present et de r^sumer
Tun et Tautfe en peu de mots.

Antiquil^s celUqueset romaines, influence oivilisatrice de
piaux c^nobites, courage 4es habitants, di&fense de iears
droits el de leur territoire, une population qui s'accroit sans
cesse , UQ g^nie industriel et agficolaqui s^ast rev$l6 nafiniesous
Tempire de la servitude ftodale , charmants paysages qi}*oot
illufttr^s nagu^re (1^0} le crayon d*Mn artiste distiAgud,
uni Via plume pittoresque deThiophile Gautliier, ou trouper
plus? Autrefois eu proie tour ii tour aux horreurs qu'en-
tralnent aprte elies les guerres intestines, les exactions, la
pe&le , la famine , le vosgien se maintint dans I'attente de
jours meilleurs, jusqu'au moment oil, en 4789, sanuapoar
lui, comme pour le resle de la France, Theure du reveil
et de raoUvil^ qui n'atten4aient qu'un souffle inspirateur.

Si les Vosgiens ont longtemps ignore leurs ressources ,
alors que, depuis un demi*si^clc, ils les ont connues , ils
les ont fait sortir comnie par enchantement du sommeil qui
avait trop prolonge Tabseace de liberie; lis ont fecond^ le
sol , en en dovenant propri^taires , ear la (erre o*esl vrai-
ment fertile qu'alors qu'on a la liberie d*€n jouir. Cest la
base de lout travail inlelligeiit. Acqu^rir ct prorhiire sent



Digitized byLnOOQlC



— M5 —

les 6l^ments du commerce et de Tindusltie, et Tamour de
rinslruction en e&i la coAs^quence.

Aussi, )l faat bien le dire, si nous sommes au premier
rang pour certalnes industries, pour les postes, les lignes
t^l^graphiques , pour les voies de communication, on le doit
au rang honorable qu*occupent nos ^coles et nos populations
au point de vue de rinstruction. Servir oeet# eaQH, c*eit
servir I'humanitd, alors snrtout que Phumanit^ s*appuie siir
les grands principes de foi polilique et religieuse si fortement
enracinfe dans Tesprit de nos populations.

Lintelligeace est d'autanl plus d6?ek)ppte qu'iMe est mieux
servie par les organes. Que manquait-il aux Yosges? Terrains
fertiles , splendides moDtagnes , fralebes et pittoresques vailtes,
cascades bruyantes, lacs paisibles, majestuenses for^ts, eaux
limpides, richesses mitiirales, toot ^lait sous la main do
Pouvrier intelligent; le lui montrer, c'^tait assurer le succto.

Un grand souverain n*est pas fest£ stranger au charme de
ce beau pays. L'Empereur a s^journi dans les Yosges; quatre
fois sa Majesty y est venue demander la santS et le repos h ses
calmes retraites. Sa presence a toujours m le signal d*un
nouvel essor, et le regard de Napoleon < parcourant nos
montagnes, a pu y dteouvrir, dans les prosp6rit6s pr^sentes,
le gage d'un a?enir plus prosp^re encore. Les populations
^rnnes, pteines de respect et de reconnaissance, aoclametit son
nom et sa puissance, et si autrefois, m^lgr^ leor 6tat de servb-
tade , eiles ont su rester fiddles a leurs Dues , ^iles savent que,
sous un grand monarque, elies peuvent continuer leurs travavx
et jouir en paix d'une situation qui , k tons les points de viie,
assigne au d^partement dee Yosges un des pi^miers ra»gB
parml les d^partements de TEmpire.



Digitized by



Google



— 536 —



RAPPORT A I. LE PRtFET



SUR LBS



iCCROlSSEMENTS DES COLLECTIONS

SIUSEE DEPARTEMENTAL

dans le coiarartt de I'exercice 1866,
Par M. Jules LAURENT,



Monsieur le Pr^pbt,

Daos le couranl de rexercice 4866, la galerie des beaax-
arts de notre Mos6e d^partemental s*est enrichie de plusieurs
tableaux ; c*est d'abord celui que S. Bxc. M. le Miobtre de
la MaisoQ de rfiuipereur el des Beaux-Arts a bien voulu nous
envoyer k I'occasioD de la solennitg du 45 aotkt. Ce tableau,
tr^-lumiueux et en in6ine temps tr&s-vigoureax de too , est
finement touche ; il reprSsente uue paitie du golfe de Nice ,
vue de terre , et a ^t^ peint avec taleot par M. Guyaud , de
ChamMry.

' Nous avons acquis plusieurs tableaux dont Fud repr^nte
I'enlr^e d*un bourg situ6 dans unecampagne riante, et ou
des viilageois onl apporl6 des legumes de tout genre , des
volailles et du gibier; pr^s d*eux une dame, accompagnte
de sa servante , fait des emplettes.



Digitized by



Google



— 5H7 —

Cette bonne toile, largement touchte, a et6 peinle par
Hendrick Horomers, n& k Harlem en 4627.

Le second , trts-fin de ton , est de T^cole de Canalletti ; il
repr^sente une place publique entourte de riches palais, et '
sur laquelle se prominent de nombreux personnages en
costume du dernier si^cle.

Quant au troisi^me tableau , dont le sujet est J68us gu^
rtssant des malades , il est savamroent compost , dessin^ et
models ; sa teinte blonde est harmonieuse; c'est en tout un
excellent tableau dont le peintre frauQais Jouvenet est Tauteur.

MONNAIES LORRAIMES.

La sdrie des monnaies lorraines est certainement la plus
intiressante de celles que renferme le m^daillier de noire
Mus^e, et nous mettons tons nos soins k combler les lacuncs
qui s*y remarquent encore; aussi ,. lorsqu*en 4865 , apr^s la
mort d*un de nos plus fervents numismates lorrains ,
M. Gillet, conseiller k la Cour imp^riale de Nancy, son
h^ritier, M. Chassignet, sous^inlendant militaire k Nancy,
d6sirant que la collection de monnaies lorraines, formie avec
tant d'amour par son oncle, ne ftit pas dispers6e, nous fit
offrir les six cents pieces qui la composaient k des conditions
oxtrSmement avantageuses pour le Muste , nous nous em-
press&mes d*accepfier cette offre gracieuse , et c'est des pitees
formant la premiere partie de cette collection , soldfe sor
Texercice 4866, que nous allons avoir I'honneur de vous
donner une description sommaire.

Nous citerons d'abord de ces raresdeniers de Charles-le-6ros ,
Louis TBnfant, Charles-le-Simple, Louis d^Outremer et Henry
roiseleur, frappds k Metz, Toul et Verdun, ainsiquedes.
imitations assez communes , du resle , des deniers et des
oboles de Henry rOiseleur , frappfes dans le courant du XI*
siMe, et une obole ^mise k Marsal, sur laquelle est le nom
d*un Dtoderic. Celui-lk, qui occupa le si^ge de Metz de 964



Digitized byLnOOQlC



— 538 —

k 984 , obtint en 97S de Tempereur Othon U le droit de
frapper monnaie dans sa vitle de Metz, et mil aiissi sod Dotn,
ainsi que nous peosons Tavoir prouv6 ailieurs, sar les mon-
Daies de Marsal , Remtremont et l^inal , ea gaaiii^ de goo*
verneur , pr^et oq d6Kgu6 de rBmpereur dms ces pays.

Dans les moonaies ducales , il y a ud de ces rares denim
6mis par Berthe de Souabe , rSgente do ducbi aorte la mort
de Mathieu E*^, et, de la m£me prineesse , vo aaire doaier
encore bien phis rare que le premier etsur ieqael la i^eode
A PICA semble ee rapporter k la ttge de chardoa <|iie Ueot
la duchesse de la main droite , symbole qui, plus tard, ful
placd dans les armes de la ville de Nancy.

Notre nouvel exemplaire a cela de particulier que Tobjet
pos6 sur la main gauche de Berthe, qui , sur tons ceux connos
jusqu*fc present, ii*esl pas reoounaissable , est trts-bien i«nu
h la frappe; c'est un paon , symbole de la noblesse et Tm
des oiseaux favoris des grandes dames du moyen^ftge.

Viennent ensirite un denier do doc Simon II , frapp6
k SaiRl-Di6; des deniers de Fern II, sans indicatioB do*
lieu d'6mis8ion ; diK deniers de Mathieu II , fnipp6s k Sierck,
Lun^ville et Hirecourt; onze deniers de Ferri III, sortis
de Tatelier de Nancy, et douze de c^ui de NeafcMtean. On
attribue k Thi^baut, lorsqu'il n*^ait encons que sire de
Rumigny, certains deniers an type do catalier gaiopant k
droite, que ce seigneor aurait fait frapper k Neufch&teao ,
qui ^tait de son apanage; il y a eroq exemplaires de oetle
piice ainsi que la tieroeHe au cavaiier , la lasce en arrdt,
galopant k droite , et le jolt denier au chevalier combattoiit
k pied , ^mis tons les deux par le m^me prince, mals iorsqo'il
fnt deveuo doe de Lorraine. Je eiterai encore do doc Ferri IV
les deniers aux types du chevalier combattant k pied , du
chevalier galopant k droite et du chevalier galopant k gaoetie,
la tiercelle du chevalier tenant en arrdt une hiBce omted'ime
banderole, et les deux variMs de celle aa type du chevalier
combattant k pied, ayant devant iui one bande verticale de
Lorraine , ainsi que deux vari^t6s du rarissime gree que Verri



Digitized by



Google



— 539 —

fit frapper dans se& Etatsen imitation du gros de Tours, alors
en grande faveur.

Bn oatre des pieces provenant de la collection de M. Gillet,
DOtre m^dailtier s*est encore enrichi d'un denier portant au
droit an grand D et an revers les initiates M B iifes ensemble;
c'est une pitee de transition que les numismates attribuent
g^Biralement an dernier des M^rovingiens austrasieos ,
Thierri III (D^oderic) , et qu'ils pensent dtre sortie dc Tatelier
de Metz, dont les lettres M .E seraientles initiates.

La SQSur da dac Charles iV , Henriette de Lorraine ,
prifDcesse de Phalsbourg et Lixheim , eut pendant quelqoes
anntos un atelier mon^taire k Lixheim, (A se forgeaient,
avec Tautorisation de la piincesse , des imitations des momiaies
da duch^ de Lorraine, de France, de Flandre et d'Aiienkagne;
e'^lait en rtelit^ on atelier de fausse monnaie , comme , du
reste, il y en avait un grand nombre sor les frontiires; deux
pieces fort rarea , sorties de cet atelier , otit M plae^es dans
Dotre mMaillier, ainsi qo'ane d^licieose liereelle au type du
chevalier tenant en arr^t sa lance omSe d*une banderotle
frappte k Vaad6mont par Gaocher de Chitillon , bien qu'il
ne tti pas seigneur de ce coint^ , mats en quality de tuteur
du jeane comte Henri III , dont il avait 6poas<^ la m^ ,
l^isende de Vergi, veuve du comte Henri 11.

Cetle pidce intdressante , k un haut degr6, est unique
comme le sent , du reste , presque toutes les moonaies des
comtes de Vaud^mont connues jnsqu^ii present. Bile a ^t&
d^cooverte sous vingt^cinq centimetres de vase, en curant on
itang situ^ pr^ de Darney, et donnto an Mus^e pav le
propri^taire de cet ^tang, M. P^lix Martin.

A la s^rie des monnaies des trots 6v6ch6s , il a 6te ajoot6 un
rare denier de T^v^qoe de Metz Poppon , trois deniers d'Adal-
b6Fon IV frapp^s k Mete et k Rumigny ; deux d^^tienne de Bar,
dont Tun est de Metz et Tautre d*Epinal ; ce dernier a 6i6 donn6
au Mus6e par M. 66hin , notaire k Saaies et membre du
Gonseil g^ndral du d^partement Nous avons acquis, par
Change de doubles du mMaillter, une vari^t^ du rarissime



Digitized byLnOOQlC



— 540 —

denier de T^vfique Udoo, que poss6dail d^ja le Musee; tin
aatre denier encore inconnu est aussi entr^ dans la collection ;
il porte au droit un ^cusson avec line bande chargte de Irois
coquilles; ce sent lea armoiries de Jean de Sierck, qui occopa
le si^ge de Toul de 4296 k 1305. Cette cnrtcuse roooDaie
doit done dire attribute k cet ^vftque. De r^vdch^ de Verdun,
nous avons eu deuK exeinplaires d'une pi6ce ioMite* its se
coropldtent Tun Tautre et portent one l^gende, SALVS MVNDI,
tout k fait Douvelle sur (es rnoonaies de cet'6vteh^» et bien
que le nom de T^vSque sous lequel elle a i{& frappee n*y
soit pas inscrit , il y a tout lieu de penser qu*elle doU appar-
teoir, soit a r^piscopat de Thierri H , soit au commencemeot
de celui de son successeur. Richer I^.

Enfin un demi-blanc fort rare de Louis d*Haraucourt , qui
occupa le mdme si6ge de 4430 a 4 437, est venu aussi prendre
place parmi les tropiares monnaies de cet6v6chi.

En outre des monnaies lorraines, nous avons pu encore
acqudrir quelques monnaies artistiques en bronze inl6ressantes
pour le d^partement des Vosges. Ce sont : 4<» ceile frappte pour
r^rection de la statue de Jeanne d'Arc k Orleans en 4820 ;
%^ celle frappde pour la cer^mooie qui eut lieu k Doniiremy
lors de r^rectioo du monument 6lev£ k Vhiroine dans son lieu
natal, et 3^ celle frappde par ordre de la municipality
d*Orltens qui avait envoys des d^l^gute pour assister a celle
G^r^mooie.

II a 6tA plac6 dans le mMaillier, sirie des monnaies fran-
^ises, des pieces de deux francs » un franc et un demi-franc
frappfes d*aprd8 la nouvelle loi sur les monnaies d'argeot;
elles sont ndcessairement k fleur de coin et plus tard feront
connattre le poids exact qui leur a m donn6 lors de leur
Amission.

Un florin d*or de Christophe, marquis de Bade, un ducaton
de Milan, dat6 de 4579, ainsi qu*un thaler d'Auguste, due
de Saxe, frappd aussi en 4579, et qui nous a>£t^ doDQ6 par
M. L. Mougenot, d'Epinal, ontdtd joints aux quelques monnaies
6trang6res que possMe A&ik le Muste.



Digitized by



Google



— 644 —

Dans la s^rie des monnaies antiques , nous avons mis
qtielques monnaies en bronze de Marseille et de l*est de la
Gaule, ainsi que plusieurs monnaies romaines en argent.

Quelques matrices de sceaux ont augments notre collection
sigillographlque ; ce sont : celles en bronze de la Justice du
prieur6 de Cond6-sur-Moselle, ducouvent de Moncel, d'Abertin
de Toul et de Claude de Mollinet, ainsi qu*une matrice en
argent do la Justice consulaire de Lorraioe, institution qui
fut fondle vers 4340 et reconstitato par Leopold en 4745;
notre sceau paratt dtre du 47<^ siicle.

Parroi les objets antiques, nons avons aussi plac6 une tr6s-
jolie bague d*enfant en or sur le chaton de laquelle on lit :
VTERE FELIX, une autre bague en argent, une clef en
bronze avec panneton en fer, une sonnette, deux bouclesde



Online LibraryEpinal Société d'émulation du département des VosgesAnnales de la Société d'émulation du département des Vosges → online text (page 122 of 123)