Epinal Société d'émulation du département des Vosges.

Annales de la Société d'émulation du département des Vosges online

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BEQU£St
UNIVERSITV orMICHIGANi

GENERAL LIBRARY J




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AHHAMS



DE LA



^ f



SOGIETE D'EMULATION



DU



D6partement des Vosges.



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ANNALES



DE LX



SOCI£t£ D'fiMULATION



DU



DEPARTEMENT DES VOSGES.



Tsars TL, — I« CaMer. — I9SS.



fiPINAL,
CHEZ VEUVE GLEY, IMPRIMEUR DE LA SOCIETY.

1859.



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SOCllTE D'EMULATION D(J DiPARTEMENT DES V0S6ES.



PROCilS-VERBAL



DE LA



SfAUCE PQBUQQE AMIELLE

DU 16 DECEMBRE 1858.



La seance generate de la Societe d'Emulation a
eu lieu, dans le grand salon de rH6tel-de-Yille ,
le 16 decembre 1858 , a deux heures de Tapres-
inidi, sous la presidence de M. le baron de la
Gueronniere , Prefet des Vo^es.

M. le Prefet avail a sa droile M. Maud'beux p^re,
president de la Societe^ et M» Ferry^ maire d*£pinal f
a sa gauche M* Ragon^ president du tribunal^ et
M. Claudel^ vice-president.

Presque tons les membres titulaires etaient pre*
sents. Parmi les membres associes libres, on
remarquait .- M. Journet^ maire et industriel a
Anould; M. Tabbe Yillaume^ professeur au petit
seminaire de Chatel; M. Lahache^ pharmacien a
Bruy^res.

L'assemblee etait nombreuse et choisie. On y
remarquait plusieurs dames et un certain nombre



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— 6 —
de hauls fonctionnaires ; les professeurs du college ;
les eleves de& classes superieures, sous la conduite
de M. le Principal.

A deux heures la seance a ete ouverte par un dis-
cours^ dans lequel M. le Prefet constate, et nous
sommes fiers de ce temoignage public , qu'il a
tou)oiftn troift^e notre boaae vokme pr^^ ehaque
foty qu'il y a lait ap^. IS0V& a^ons enteiKiQ de sa
bouche ces mots encourageants : « La sympathie du
pays vous est acquise ; la protection du Gouverne-
ment ne vous fera pas defaut; TEmpereur connait
le bien que vous faites ». Tous nous avons applaudi
aux paroles si bienveillantes de M. le Prefet, et tous
nous avons partage avec lui les regrets que laisse
a la science et au pays la mort recente de notre
doyen, le- venerable docteur Mougeot.
I La parole a ete donnee ensuite a M. Maud'heux
fils, charge du compte rendu des travaux de Tannee.
M. Maud^beux , avec cette verve qui le caracterise
et cette finesse d'aper^u qui lui est familiere , a su
6viler d'une fa^on tr^-ing^nieuse la secheresse d'une
nomenclature. La lecture de ce compte rendu a
prouve suffisamment que les efforts de la Societe
d'£mulation et le bien qu'elle produit sont appreci^s
par le Gonvemement , par radministration , par les
populations. Alors les iaits imporlants de Tannee
vienna^t se grouper autour de ces trois chefe pour
confirmer cette triple assertion. M. Maud'heux a
expose dans son discours les faits sur lesqnels notre
Societe s'est appuyee , i)Ottr faire obtenir a plusieurs



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— 7 —
personnes devouees de notre departemeiil des re-
compenses de la Societe pour rinstruclion elementaire.
Ensuite M. Deblaye, au nom de la Commission
d'agricnltore , a enumere les litres des divers lau-
reats anx primes et aux medailles qni leor oM ete
decemees. Le nombre des laureats etait grand cette
annee. Aussi le^ rapport de M. Deblaye^ qui a youIu
nous dire tres-consciencieusement tous les efforts ,.
tons les progr^s de chacun d'eux, a-t*il pris une
bonne pariie de la seance. Les sages appreciations
de notre coUegue seront lues avec interdt par tous
les amis des progr^s de Tagriculture.

Enfin M. Lebrunt, secretaire perpetuel, a pro-
clame les noms des laureats qui sont venus,. au
milieu des applaudissements, recevoir leurs recom*
penses des mains de M. le Prefet , dont les paroles
gracieuses et plemes d'sepropos etaient un nouvel
^icours^ement pour ceux qui avaient ^te Tobjet des
recomp^ises que decerne la Societe d'£nuiiation ,
et que n'ont point dedaignees les personnes les plus
distingoees par leur m^rite, leur position et lemr
fortune.

La seance s'est termmee a 4 heures.



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8 —



DISGOURS

D'OUVERTURE,

PAR M. LE BARON DE LA GUERONNIERE ,

Prefet des Yosges, President d^bonoear.



Messieurs y

L annee derniere , a pareille epoque , au moment
m^me ou j arrivais au milieu de vous , votre hono-
rable President voulait bien associer mon nom a
celui de T Administrateur distingu6 qui vous quittait ;
rien ne pouvait m'^tre plus agreable que de voir
ainsi placer mes premiers pas dans les Vosges sous
Tabri des souvenirs que M. Bourlon de Rouvre laissait
ici. G etait un gage pour Tavenir de mon admini-
stration y et des ce jour il m*a ete permis d'esperer
que vous continueriez au Prefet nouveau la sym-
pathie, le concours utile qui out souvent eclaire
et soutenu mon predecesseur dans cette tache labo-
rieuse et difficile , qui, apres lui, est devenue la
mienne.

Cette esperance n'a pas ete trompee ; chaque fois
que j'ai fait appel a votre devouement, j'ai trouve



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— 9 —

dans voire experience des choses de ce departement,
dans les etudes speciales des membres de votre
compagnie, et surtout dans les connaissances si
variees et la haute intelligence de votre President,
de precieuses indications. Je suis heureux d avoir
cett^ occasion solennelle de vous remercier de celle
bonne volonte toujours pr6te , et je vous demande
de roe la conserver.

Messieurs , un des privileges de notre pays et de
noire epoque , c'est qu on trouve partout en France
cet ardent desir de Tamelioration de rhumanite sous
toutes ses formes , ce besoin de progres , qui out ete
Torigine de votre association y et qui sont restes le
but de vos constants efforts. Dans chaque departe*
ment , dans chaque ville , souvent mSme au fond
des campagnes les plus reculees y les hommes de
cceur ont compris qu'il fallait soutenir , encourager
les forces isolees dont la reunion constitue la richesse
materielle et la prosperite morale de notre pays.

C'est ainsi que se sont formees ces societes qui
patrcm^it les recherches et les tentatives conscien-
cieuses, et auxqueUes nous devons le perfection-
nement des sciences et des arts y le developpement
de l*agriculture et de Tindustrie. Les academies , les
associations savantes ouvrent aux intelligences d'elite
les larges horizons de Fetude y et repandent ce goiit
des lettres qui eleve 1 ame et Vennoblit.

Les societes industrielles sont devenues un lien
puissant entre les differents interdts manufacturiers :
elles preparent et fecondent ces decouvertes pre-



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— 40 — .

cieuses qai cmt successivement transforme les indus-
tries, et prouventy en constatant les prodiges ac-
complis y que Tintelligence humaine est encore loin
d'aiFoir dit son dernier mot dans ce champ si vaste
ouvert a ses laborieuses meditations.

La Soci^te d'agriculture, les Cornices , et au-dessus
d'eux les grands Concours regionaux y institues par
la soUicitude du Gouvernement de TEmpereur,
instruisent et encouragent les cukivateurs. Mieux
que jamais on comprend qu*une sympathie excep-
ticmnelle doit enlourer ragricultnre et qu'elle est la
base de toute civilisation. On a dit avec raison
qu'apres la religion , il n*y avail pas de code de
legislation ou de morale qui contint autant de mo-
ralisation quun champ qu*on possede et qu'on
cultive.

Vous Tavez pense^ Messieurs : en devenant les
protecteurs de tous les interets, les propagateurs de
tons les progres , vous avez reserve la plus large
part aux interSts et aux progr^ agrtcoles. Mais
vous avez voulu deraontrer aussi que Tagriculture
et rindustrie , qu'on a si souvenC posees comme deux
forces rivales, etaient au contraire ensemble les
indispensables elements de la prosperite publique ,
solidaires Tune de I'autre et grandissant Tune par
lautre. Un orateur illustre , dont la Societe d'fimu-
lation vient de placer la gldre et Tinfortune sous
son patronage, M. de Lamartine, s*ecriait, repondant
a ces critiques contre Tindustrie au profit de la-
griculture : (( ce n est pas la societe corrompue et



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— 44 —

CTipide qui a fait rhomme industriel ; c*est Dieu qui
a fail rhomme industriel le jour ou il Ta cree per-
fectible. Les industries sent les degres par lesquets
la civOisation s'el^ve siecle par siecle, decouverte
par decouverte. »

Coutinuez done , Messieurs , Toeuvre utile que
▼ous ayez commeneee , et qulndique le uom raSme
de Yotre Society : inspirez autour de vous llmulation
pour le bien , Teuiulatiou pour les sentiments qui
honorent les populations , pour les ameliorations
qui changent leur condition morale en mdme temps
qu'elles servent leurs besoins. La sympathie du
paysy qui ne vous a jamais fait defaut^ vous suivra
dans vos genereux efforts ; la protection du
Gouvemement vous est acquise ^ et FEmpereur
connait le bien que vous faites. Yous savez combien
son coeur est bon, et avec quelle bienveillance il
daigne accueillir ce qui importe a la prosperite de
notre departement. C'est en m'appuyant sur votre
appreciation que je lui demandais a Plombieres une
distinction speciale pour un homme dont vous.aviez
signale le m^rite ; en m'accordant une grande me-
daille d'or pour M. Thirion, de Mirecourt, Sa Majeste
a Yonlu tout a la fois recompenser cet habile meca-
nicien, et donner a la Societe d'£mulation une
marque de son estime.

Pourquoi faut-il. Messieurs^ qu'une pensee dou-
lourense vienne attrister cette f§te des arts utiles.
Une place est vide parmi nous , et je puis dire ,
sans crainte de froisser personne , que la perte que



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— 12 —

nous veuons de faire est une de celles qui ne se
reparent pas. Le respectable docteur Mougeot,
qu'une mort recente vient d'enlever a notre estime
et a Dotre affection , etait une des gloires de notre
departement. Mieux que moi vous pourrez dire ses
qualites eminentes. Mais j'appre^piai comme vous
les charmes de sa verte vieillesse , et pour moi ,
aussi biei#que pour tons ses concitoyens , sa memoire
devient un sentiment du coeur.



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— 43 —

COMPTE RENDU

DE8 TRAVAUX

DE LA SOGIETE D'EMULATION

da dipartement des Vosg^es,

pendant tannic 1858,

Par M. MAUD'IIEUX Fils ,

Avocal , Metnbre litulairc.



Messikurs ,

En prenant la parole dans cetUi assemblee , j'obeis a un
usage aussi ancien que la Soci(^t6 clle-ni6me. Ses fondaleurs ,
dans leur sagesse, out voulu qu'au terme de cliaque annee
(jui s'ecoule , une voix sortie de votre sein vlnt vous raconter
ses travaux, ses esp^rances, ses tentalivcs. En cITet, Mes-
sieurs, faire publiquement un retour sur vous-m^mes par
Torgane d'un de vos collogues , reporter sur vos oeuvres un
coup d'oeil impartial, c'est tout a la fois stimuler votre
propre activity , r^^pondre a vos detracteurs , si vous en avez ,
attirer a vous les gens de bien , et, peut-^trc faut-il Tavouer
;car rhomme est rarement assez dt»sinl6resse pour se contenter
de la satisfaction morale x\6e du bien qu'il a fail) , c'est aussi
puiser dans Tapprobation de vos concitoyens une recompense
nouvelle de vos efforts.

Dou^s d'aptiludes diverses , lourn^s par TMucation , par



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— u —

vos Etudes, vers des direciions dilT^rentes , vou« ^tes tous
animus du legitime desir d'accomplir quelque chose , chacun
dans votre sphere , de ne point laisser sans contingent cette
branche des connaissances humaines , h laquelle vous vous
fites consacrts. Lc compte rendu est le bilan de chacun , et,
pour celui qui n'a pu y Irouver place , une r^v^iation publique
qui doit Texciter a ne point souffrir, Tannte suivante , Texis-
tence d'une pareille lacune.

Parfois aussi Tentrainement d'une tendance g^n^rale
concentre trop exclusivement le z^le de la Soci^t^ sur certains
points ; d'autres sont d61aiss6s. Nous cessons alors de r6aliser
ces progr^s d'ensemble , que , de toute necessity , doit ac-
complir une Soci^t^ qui n'a point de soeur dans notre d^
partement. Le compte rendu nouseclaire sur ces entratnements.
Nous sentons que nous y avons trop c6de, et de ce sentiment
nalt en nous la ferme volonte de rSpartir nos efforts dans
de plus (^gales proportions.

Si le compte rendu est pour quelques - uns un reproche
secret, s'il est pour tous un enseignement , il est aussi une
reponse victorieuse k ceux qui seraient tenths de nous d(^
nigrer. II est des gens qui se consolent de leur impuissance
ou de leur 6goisme en semant la calomnie sur les pas de
quiconque cherche a faire un peu de bien. II en est d*autres
dont les personnalit6s orgueilleuses ne trouveraient point
parmi nous une place assez ^Iev6e pour satisfaire les besoios
de leur amour-propre. II en est enfin qui , habitues k ne
rien prendre au s^rieux , k tout saper k coups de pr6tendus
bons mots , seraient tenths de ne nous ^pargner ni les d^dains
ni lamoquerie. Pour ceux-li, nous voulons jouer k TAcad^mie,
nous sommes des esprits sp6culatifs qui discutons grave-
ment les id^es les moins s^rieuses , et qui sommes incapables
de rien r^aliser d'utile ou de pratique.

A tous , Messieurs , le compXe-rendu fournit le moyen de
verifier si ces critiques sont fondles. Disons-le bien vite , il
n'a jamais manqu6 son effet. Notre pass^ en est la preuve.
Toujours nous avons trouv6 des sympathies , une approbation ,



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- 45 —

un coDCOurs , un empressement k provoquer nos avis et dos
recompenses, qui soot de nature a nous rassurer, k nous
prouver qu'on sait apprecier nos efforts , qu'on nous accorde
cette eslime que Thomme le plus dispose a se contenter
du t4^moignage de sa conscience est cependant flatty d'inspirer.
On est m^nie tombe dans Texag^ration. Sous le voile prudent
dc Tanonyme , on nous a demand^ d*instituer des m^dailles
dont nos laur^ats pussent orner leurs poitrines. Nous n'a-
vons pas cru pouvoir nous 6riger en concurrents de la
Chancelierie de la Legion d'honneur. Mais , du moins , quel-
que part que la vanity ait prise h une telle proposition , et
quoiqu'un unanime 6clat de riro en ait fait justice, elle
montre assez plaisamment quel cas on fait de nos distinctions.

A c6t6 de cette preuve comique, il est une serie de preuves
s^rieuses que jc dois mettre en lumi^re.

Si par un simple expos6 , je parviens a c^tablir que, pen-
dant le cours de Tannee qui fuit, justice nous a ^t^ rendue
de toutes parts ; que Gouvernement , administration , po-
pulalion n*ont cesse de nous prater appui ; que notre
recrutement a <^te facile , que nos relations avec les Soci^t^s
de toutes sortes se sont d^veloppt^es sur tons les points du
territoire; que nos travaux ont ^ti5 nombreux , bien r^partis ;
que nos proteges ont obtenu , sur la foi dc nos presentations,
des t^raoignages pr^cieux de Soci6tes d'un ordre plus 61eve
que la nOtre ; qu'enfin d'utiles entreprises se pr^parent ,
auxquelles plusieurs d'entre nous doivent concourir : certcs ,
chacun de nous sorlira d'ici avec un vif sentiment de sa-
tisfaction. II me sera facile de remplir cette tdchc.

A Tepoque de notre derni^re st^ance publique, un chan-
j^^eraent venait de s*op<^rer dans Tadministration du d6par-
teroent des Vosges. M. Bourlon de Rouvre, qui dcpuis plusieurs
annees la dirigeait d'unc main si ferme et si telairSe, le
Prefet pr6s duquel nous avions loujours trouve appui et as-
sistance, venait de nous quitter pour le posle plus eleve
auquel I'appelait la confiance de TEmpereur. Nos regrets et
notre reconnaissance le suivaient. Et en mt^me temps le



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— 16 —

nom de son successeur, la renomniee tjui Tavait pr6c^6
parmi nous , le langage si rassurant qu'il nous avail tenu
des Torigine , tout nous faisait esp6rer qu'il serait pour la
Soci6t6 d'jfemulalion ce qu*avait et6 M. Bourlon de Rouvre.

M. de la Gueronni^re a su tenir autant qu'il avait promis.
En remplagant M. de Rouvre a la prefecture des Vosges ,
il a bien voulu lui succ^der aussi dans les fonctions de
President d'honneur de la Societe d'Emulation. II est devenu
franchement notre collogue, protegeant nos inter6ts,'indiquant
k nos travaux des directions nouvelles, provoquant notre
cooperation a toutes les oeuvres qui la comportaient. On re-
grette vivement que des occupations imperieuses I'^loignent de
nos s(^ances, lorsqu'on observe quelle part active lui revient
dans les travaux de celles qu'il a i)r6sid6es. Mais du moins,
en toutes choses, nous le trouvons au milieu dc nous par
la pens6e. S'agit-il du choix important d'un professeur d'ar-
boriculture? M. le Pr6fet se concerte avec nous. C'est lui
qui nous signale les nouvelles m^lliodes agricoles deM. Aroux.
C'est lui qui demande ii M. Jutier et qui offre de nous
communiquer un rapport sur les r^centes decouvertes ar-
ch6ologiques faites a Plombi^res. Lorsqu'il s'agit enlin ,
d'obtenir du Conseil general un secours pecuniaire en faveur
du jeune Monchablon , noire protege , c'est encore M. le
Prefet qui se cliarge dc r^clamer et d'obtenir un vote fa-
vorable. Ainsi, Messieurs, en toutes circonslances , M. le
Prt^fet s'est montre anim6 pour nous de cette bienveillance
a laquelle nous avait accoutumes son pr^decesseur. Je suis
beureux de cctto occasion dc lui en temoigner publiquement
notre gratitude.

Nous avons rencontre les mtinies sympathies au sein de
la premiere asscmblee Elective de notre department. Cette
annee , comme les precedent's , le Conseil general a su ap-
pr^cier les services que nous rendons aux Vosges. II nous
a maintenu la subvention qu'il nous accorde depuis plusieurs
ann<^es. Associe jadis a nos elTorts en fjiveur de Ponscanne ,
recompense commo yious par les succes dc cet artiste , il a



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— 17 —

parlag^ nos esp6rances en la destinee d'Alphonse Monchablon.
Une subvention plus large que celle que permettaient nos
ressources facilitera les 6tudes d'un jeune homrae auquel
Fun de nos peintres les plus illustres , M. Ingres , a pr6dit
qa*il ferait honneur a sa famille , h ses maitres et a son
pays.

Au concours de M. le Pr6fet, a celui du Conseil g6n6ral,
esl venu se joindre le concours non moins eDBcace du Gou-
vernement lui-m^me. Depuis longtemps nos rapports avec le
minist^re de I'Agriculture sont frequents ; depuis longtemps
une subvention annuelle, destin6e a pourvoir aux grandes
primes que nous d6cernons , recompense les efforts de la
Soci6t6 pour le progr^s de la plus utile des sciences humaines.
En 1858, comme autrefois, elle nous a6t6 accord6e.

II est un autre minist^re avec lequel nos relations se sont
d6veloppfes, k raesure que se d6veloppaient dans notre
sein les travaux litt^raires. L'Empereur a charge de diriger
en France Tinstruction publique M. Rouland, magistrat
eminent, dont la carri6re a 6t6 signage par Talliance du
z6le pour le devoir h la moderation dans son accomplisse-
ment , par une lutte constante en faveur des saines doctrines,
€t par la conqufite de Testime de tous les partis. Vous savez
ce que Tenseignement est devenu , vous pressentez ce qu'il
deviendra sous son impulsion 6clair6e. Un Ministre de cette
valeur ne pouvait manquer de comprendre quel bien les
Soci6t6s savantes de la province sont appel6es k faire , pour
peu que du centre de toute vie et de toute force partent une
direction qui leur precise le but, et des encouragements
destine k provoquer des efforts qui seraient encore plus
energiques s'ils 6taient moins ignores. Pen6tr6e de cette
penste , Son Excellence a cr66 un Comit6 des travaux his-
Coriques et des Soci6t6s savantes , qui suivra tous les travaux
de ces Soci6t6s. Chaque mois, il en publiera le compte
rendu. Enfin , kpartir de 1859, trois prix annuels de 1,500 fr.
seront d^cernis aux Soci6t6a savantes, qui pr^senteront les
meillears mftmoires sur des questions propos6es par le Comity.

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— «8 —

Vous sen<ez , Messieurs , loule la portt'C de ces mesures*
Quelle perspective n'ouvrcnt-elles pas a toutes les Societ^s
de province? D^sormais Ic merite et le succes ne seronl plus
nne question de locality. On ne demandera plus k une pro-
duction son acte de naissance avant de la juger. £t des
leuvres qui, cr66ela Paris, eussentr^uni tons les suffrages,
parce qu'elles fussent parvenues a la publicity, cesseront
(roxpier dans les cartons de quelque association de province
la faute de sVUre tromp&s de patrie.

Vivement prooccupt5 de tous les interfits qu'il est dans ses
attributions de prottiger, S. Exc. le Minislre do Tlnstruction
publique a congu Tidi^e de la publication d'un Dictionnaire
g(}ographique de la France. Je n'ai pas besoin , Messieurs ,
(le faire ressorlir rimportance d'une entreprisc qui , a nia
connaissance du moins, n'a pas encore el6 tcnUie sur des
bases assez larges. Une circulaire ministerielle est venue
provoquer notre concours ct nous dcmander des documents.
Nous ayons et6 heureux d'indiquer h S. Exc. les travaux
statistiques de deux de nos collogues, MM. Lepage et Charton.
Nous avons en mfime temps appclc son attention sur nos
antiquit6s, sur nos monuments historiques, sur la n^cessite
de veiller h leur conservation , et il est perm is d'esperer que
cet appel sera entendu.

Puis , pour r^pondre a notre tour d'une mani^re aussi
complete que possible au tt^moignage de confiance que nous
donnaitSon Excellence, nous avons decide qu'une circulaire
serait adressee a MM. les Maires , les Instituteurs et les
Pasteurs de nos diverses communes, afin d'obtenir leur coo-
peration a la reunion de tous les documents qui peuveut
servir i la confection du Dictionnaire g6ographique. Un ques-
tionnaire, joint h la circulaire, pr.6viendra les omissions
qui pourraient avoir lieu. Antiquites, objets d'arch^ologie ,



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