Epinal Société d'émulation du département des Vosges.

Annales de la Société d'émulation du département des Vosges online

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it lout a coup,

louveau manage de la pari de la vorticelle
fs t^moignages de repulsion. Moins crain-

ne voulant pas c^der aux instances dont
e, elle appuyait doucement un des points
ire le corps de Fagresseur et le repoussail
ice d'un lis penche sur sa tige, et que
saurait qu*imparfaitement repr^senter.
It se laissait ainsi 6conduire sans r<^sistanc^
'un des angles opposes de I'espace Irian-
aient rejifermes tons deux. On ne peut
il y avait de soumission , de laisser-aller
lemment plus robuste que la cloche-fleur.
5t apr^s c^la abandonn^ dans son coin ,
int quelques secpndes san>> bouger; puis,
lie s'6tait empress6e de se retirer k Tautre
ip-clos , il suivait sournoiscment ses traces
, papillonnantautourd'elle, recommencer

efns de la flour aiiimee devinrcnl insen>i-



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— 375 —

» blennekit moins severes; une sorte d'intimite commeiwia ii
» s*^tablir entre ces deux £tres fails pour s*uD|r, et la fleur
» tifflide, la nymphe coquette, la C^limine des eaux, flnit,

> comme taut d'autres, par c^der k la grande loi naturelle.
» Ainsi , ajoute M. Laurent , j' avals lu par hasard un roman

> d*UDe heure dans la oiilli^me partie d*une goutte d*eau.

> £t comment, aprte cela, aurais-je pu douter de la sensibility,
» de rintelligence vraiment fabuleuse de ces 6tres tenement
» petits, que sans le secours du microscope on ne soup-
» Qonnerait pas leur existence? »



Nous serions tent^ de terminer ici notre compte-rendu ,
afin de laisser le lecteur avec Tagr^able impression du r^cit
de M. Laurent. Cependant, puisque nous nous somroes consti-
tu6 rapporteur oflicieux de ses d(^couvertes, nous devons,
pour ne pas laisser une grande lacune dans notre r61e,
r^pondre k cette imperlinente question qu'on fait a tout
inventeur. — Mais comment d'autres n'ont-ils pas vu et trouv6
cela avant vous? — Nous ne donnerons d'ailleurs qu*une
fort courte explication.

Si, en passant pres d'une fourmilliere , on la remue du
bout du pied , on ne verra pas les insectes travailler k leurs
galeries, ni soigner leurs larves avec autant d'artet de ten-
dresse que nous en mettons k soigner les enfants dans les
cr^hes et les salles d*asile ; on verra seulement une multitude
inquifete s'agiter en tous sens. £h bien I c'est ce qui est arriv6
aux observateurs qui out simplement pris dans une infusion
une goutte d*eau, pour la placer sur le porte-objet du micros-
cope : lis ont caus6 un bouleversement chez notre peuple
d'animalcules. Tout 6tant alors a peu pr6s suspendu , amours
et travaux , Tobservateur n'a pas eu grand'chose k raconter ,
si ce n'est son ebahissement de voir une telle multitude d'^tres
Vagitant dans un si petit espace. Mais avec des precautions



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— 3T6 —

palienles, proiong6es pendant vingt aunees, M. Laurent a
pu voir davantage.

Autre reraarque : les observateurs qui Tont pr6c6d6 n'ont
point song6 qu*il y avait autre chose a faire qu'k faire nattre
les animalcules ; qu'il fallait encore prolonger leur existence
et faciliter leur accroissement en leur donnant de la nourriture.
M. Laurent a eu cette id6e heureuse , et k Vaide de quelques
gouttes d*eau de fum6e filtr^e , afin qu'elle-mdme ne contienne
pas d*animalcules, il a fait acqu6rir a ses infusoires des
dimensions doubles et triples, et qui lui ont permis d'apercevoir
des details d*organisation ignores jusqu'a lui.



XL



Le premier volume de M. Laurent donne compl^tefnent
rhistoire naturelle, non pas nomenclaturale, mais physiologique
des infusoires. Dans son second volume, il doit examiner
les tissus v6getaux. Mais M. Laurent fait pressentir d'avance
que nous reconnaltrons , chose merveilleuse , que ce sont des
infusoires qui, en s'unissant les uns aux autres, forment
ces chapelets granuleux qui, a leur tour, li^s entre eux,
composent les tissus cellulaires et vasculaires des v6g6taux.

En poursuivant I'analogie , on devrait voir dans la feuille
d'un v^g^tal le travail d'infusoires qui auraient eu Tinstinct
de se grouper selon des formes d^termin^es pour passer de
Texistence libre, individuelle et 6veill6e, a une existence
sociale, simplement v6g6tative, h un veritable sommeil. En
mettant en infusion un tissu v6g6tal , on provoque une action
chimique, et dfes Iprs une disunion qui rend libres les animal-
cules et les rappelle a une existence 6veill6e, individuellement
spontan^e el non plus simplement v6g6tative.

Au reste, nous devons dire que ce passage de certains
corpuscules microscopiques de la vie animale a la vie vi^g^tale
est un fait acquis a la science. II a (^t^ parfailcment constats
dans certains cas particuliers, par cxemple, dans la f6condation
du pistil par les grains du pollen, et dans la propagation



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— 377 —

des conferves et d'autres cryptogames. — M. Laurent ne ferait
done que g^nerallser un fait admis; il le read ainsi moins
extraordinaire.

£n r6sum£, la lecture des recberches de M. Laurent laisse
Fesprit dans la plus vive admiration sur les immenses puis-
sances vitales r6pandues m6me dans le plus petit espace. —
Si Newton , apr^s avoir sond6 les espaces infiniment grands
avec le telescope, a pu dire : Cceli enarrant gloriam Dei,
on peut, aprfes avoir vu, avec le microscope de M. Laurent,
les merveilleux myst^res rec616s dans un espace infiniment
6troit, s'6crier : Cette gouttelette d'eau raconte en detail
la gloire de Dieu aussi brillamment qu'elle reflate un ^blouis-
sant rayon de son soleil.



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— 378 -^

RAPPORT

I. LE DOCTEUR ANTOINE MOUGEOT

A LA SOCIRTE D'^MULATION

OIVRAGE DE I. PAUL LADRENT.

INTITDL^ :

5 PHYSIOLOGIQUES

icides des inftasionft, etc., etc.



IKURS ,

larg^ de vous faire un rapport sur le deuxi^me
i^rage trte-remarquable public par M. Paul
teur des forftts eo retraite, accompagn^ de
iches et figures dessin^ par Tauteur, el

physiologiques ^ur les organes elemen-
lux compares aux animalcuies des infusions
ir association et a leurs travava.
er volume dont M. Lemoyne, iug^nieur en
t chaussees , notre collogue , vous a rendu
turent reconnaissait et admettait que les
Infusions v^g^tales, dans certaines conditions
lient , outre la forme , bien d'autres ressem-

organes ^l^ment^ires des v^getaux. Depuis



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-r- 379 -

cetle epoquc , les nombreuses recherches auxquelles il s'est
livrt, ses patientes et minulieuses observations niicroscopiques,
Vont conGmie dans sa 'inani{;re dc voir ; el ce soot ces faitsi
ditaillfe qu*il expose dans le second volume dont je vais avoir*
rhonneur de tous entretenir.

Poar iui , Tutricule ou la cellule vegetate joue un r6le actif
dans la v^g^tation , comme Tanimalcule des infusions; Tune
et i*autre manifestent une vie d'association , d*oii r^sulte un
tissu cellulaire plus ou moins regulier ; en un mot la plante
nest qu'un polypier.

Pour prouver cette assertion , M. Paul Laurent commence
par une etude complete de la cellule v(^getalc. II reconnalt
d'abord que les utrieules developp^s Ubrement dans le liquide
s6veux, presentent une forme ellipsoide avcc un contour quasi
polygonal , et qu'aux extremit6s du grand axe se remarquent
les rudiments de deux ouvertures. Poussant ensuite ses inves-
tigations et sa comparaison plus loin , il rencontre des utrieules
semblables k des vorticelles , offrant une bouche bien carac-
terisee, bordee de cils, et un orifice expiratoire. Ces utrieules,
a forme de vorticelles , sont mOrae quelquefois doufe de loco-
motion comme ces dernifires.

C'est surtout dans les tissus croissant avec rapidite , sous
Hnfluence de Thumiditg et d*une fumure abondante, que
se montrent ces utrieules pour ainsi dire animalisms. C'est
a leur d^omposition cadav^rique , et a la fermentation qui
en est la consequence , que M. Paul Laurent attribue une
partie des maladies des plantes , celles de la pomme de terre et
de la i^igne entre autres.

Aprte avoir examine le mode de nutrition de la cellule
veg^tale, Tauteur est conduit par an^ogie k regarder la
force d'aspiration et d*expiration comme la cause de cette.
outrition ; il y aurait une sorte de systole et de diastole
dont Feffet serait Tabsorption des matieres destinies k la
OQtrition , et r^pandues dans la s^ve.

La multiplication des utrieules se fcrait par une sort^^
i'accoii piemen I , cnmnic cela a lieu <Ians les cellules, des



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— 380 —

conferves conjugees ; bien mieux , certaiaes cellules feraient
rolTice de m^les , il en sortirait des lani^res qui iraient
insensiblement s'ins^rer k distance dans les orifices d^autres
cellules ; d*autres fois , les utricules s'accoupleraient par
lecOte.

Ges faits ^tablissent de nouveaux rapprochements entre
les animalcules et la cellule v^g^tale; le r^sultat de cette
f^ondation , dans les uns comme dans les autres , est un
amas de germes nouveaux , qui ne pouvant plus ^tre contenus
dans Tutricule Kcond6, cr^vent leur enveloppe et se r6pandenl
au dehors.

Les corps emis dans les accouchements des cellules v^g^tales
ont la plus grande analogie avec ceux ({m , dans de pareilles
circonstances , sont expulses par les infusoires arrives a T^tat
de pl^thore. lis pr6sentenl differentes formes telles que tra-
ch6es , yaisseaux ponctu^s et ray6s , aiguilles de biforines.

D*autres corps restent altacht^s h Tutricule-m^re sous forme
d'appendice utriculaire, s'y developpent comme de vrais bour-
geons, donnent ensuite lieu k de nouvelles expansions semblables
keux-mfimes, ou k des corps ^meltant de longs rubans qui
s*accouplent; ou enfin a des filaments tantOt confervoides ,
tantOt digitus, surtout lorsqu'ils sont btt^I^s dans leur d6velop-
pement. La quantity de globules ind^pendants est en rapport
avec la vitality de la cellule-m^re.

Apres avoir ^tudi^ dans les plus grands details les formes
et les transformations de Tutricule v^g^tal, Tauteur passe
a Texamen de Torganisation du tissu cellulaire , et conclut
que ce tissu se forme de deux mani^res : tantOt par juxtapo-
sition des utricules, d'abord ellipsoides, qui augmentent en
nombre et en volun^, ilnissent par se tenir les uns contre
les autres, et affectent par ce tassement la forme polygonale;
tant6t par la formation de toute pitee, de cellules k parois
rectilignes dans le liquide s6veux. II fait remarquer avec
raison , que la composition chimique des animaux et des
v6g6taux, que Ton pourrait invoqucr conlrc son systeinc, est
beaucoup moins dilTerentc qu'on nc le croit g(5n6ralement.



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— 381 —

A ce point de depart de I'organisatiou v^g6tale, on trouvef
une roati^re ^aiinemnrieDt aDimalisSe, la cellulose"; de sorte
qu'k son origine , le rudiment primitif du v^g^lal est aussi
azot^ que le rudiment d'un animal proprement dit.

D'autres rapprochements servent k diimontrer cette analogie
de composition des deux r6gnes h leur point de d6part (4).

A Toccasioo du carbone flx6 par les v^getaux, M. Paul
Laurent fait remarquer qu*il est difficile d*admettre que dans
le principe, lorsque Tatmosph^re ^tait satun^e non-seulement
d'acide carbonique, mais d'autres gaz d616t(jres, la v6g6tation
seole ait pu en d^barrasser Tatmosph^re sans Fintervention
de rc^lectricit*.

(Test done h cet agent universel quil faut attribuer la
premiere formation du carbone, de Toxyg^no, de Thydrog^ne
etde Tazote, mis en presence h F^tat naissant, pour fournir
aux principes dont se compose Torganisme v^g^tal.

C'est encore k r61ectricit6 qu'il faut attribuer aujourd'hui,
selon M. Laurent, le principal r61e dans la nutrition des
plantes. Qnant k Tascension de la s6ve , ce serait au mouve-
ment vital de systole et de diastole dont nous avons parl^
^ roccasion de Tutricule veg^tale quil serait id ; et non k
one action mtonique ou physique, comme on veut Fexpliquer
par le systdme de Tendosmose.

les recherches modernes ont du reste etabli le rOle puissant
que joue Tfelectricit^ dans Taction de la v6g6tation. Mais,
selon M. Laurent, ce rdle se bornerait neanmoins k roettre
i nu , k Ffitat naissant, dans la plante , le carbone , I'hydrog^ne,
I'oxygene et Tazote; le principe vital n*intervenant en rien
dans cette decomposition, si ce n'est par Tascension de la
sive due, comme nous Favons vu , au mouvement propre de



(i) A Tftppai de Fopioion dc Faaieur, je cilerai unc nolc inscrce dant Ic
Bulletin de la SocUU botanique, Janvier i^9, sor on nou vcl agent chimiqac
^iwoUaBt la cellolote, note qui conclul , en resnnianl les rcchiTchcs dc
M. Peligol rar la qaeflioO) qu^nn joar on poarra dire qae lea animaux InK-
rieara n^ont romne let planica que dc la cellalosc pour enveloppc.



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— 385 —

Systole et de diastole de I'utricule prirailif, ascension qui
introduit dans le v^gc^tal de r6lectricit6 positive.

II y aurait ainsi deux actions distinctes dans la nutrition
du vegetal : la premiere , toule pliysique et ^lectrique , ind^-
pendante de sa volont^ , la seconde , vitale et chimique ,
consistant en une absorption et une assimilation d'aliments
pr6par6s par la premitTC. La respiration v^g^tale aurait mCine
une grande analogie avec celle des animaux. La cellule en
respirant, produirait de Tacide carbonique comme le poumon,
et le v^g^tal, reunion de cellules, d^coraposerait, par la double
Electricity qu'il renferme, une certaine quantity de Tacide
carbonique de Tair. Ainsi s'expliquerait la double production
d'oxygdne et d'acide carbonique, fait qui ram6nerail Tunile
et la simplicity dans Torganisme pris en g^n^ral.

Les conclusions des recherches de notre savant et laborieux
collfegue, sont que la vie veg6tale et la vie animale, identiques
a leur point de depart, affectent seulement i mesure qu'elles
s*61oignent de ce point, des allures difF6rentes. Mais le cr(^ateur
ne paralt pas avoir favoris6 Tune plut6t que Taulre. Un
principe unique appel6 calorique, lumiere, fluide lilcctrique,
fluide magnetique, le spiriius immensus de la Gen^se, qui
apparait au premier jour de la cremation , serait I'agent de la
vie, se r6v61ant h Thomme dans le grondement du tonnerre
tomme dans les instincts varies des animaux , et provoquant
Ic sentiment des hautes Etudes chez Fhomme, comme celui
du beau idEal dans les arts.*

L'analyse EcourtEe et rapide que je viens de faire du travail
de M. Laurent, ne pent vous donner, Messieurs, qu*une idEe
bien incomplete de la quantity de faits observes ou citEs par
lui , et des inductions ingEnieuses qu'il a su en tirer.

C'est un rare merite de nos jours, que de se livrer avec
autant de pei-sEvErance h TEtude d'un sujct de cette nature ,
exigeaut des recherches considerables , pour lesquelles il faut
se tenir a la hauteur de la science, dont il. fant suivre le>
progres. Aussi, n'cst-cc pas une tjlclie facile que d'cxaniiner
de tels Perils, et de suivre Tauteur sur un terrain ou il faudrait



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— 383 —

Hre aussi vers^ en anatomie eten physiologie, qu'en pliysit
el en chimie, pour les appr6cier convenablement.

Si toutefois je me hasardais ^ presenter quelques obser
tions critiques sur son travail, ce serait piut6t sur les conclusii
que sur Texamen des fails,

A r^rd de ces derniers, je dirai seulemenl : que le pc
de depart du m^moire de M. Laurent, Texamen microscopii
de la cellule v^g^tale, ne conduit pas tous les observate
au r&ultat ^tonnant qu*il a signal^; que cette 6tude
dans ce moment m^me, Tobjet d'un ro^moire de M. Tr^
dans les Annates des sciences naturelles, et que ce sav
physiologiste attribue la formation et la mulliplication
utricules , h de petits corps v6siculeux et verruqueux , renfen
dans Tintirieur de la cellule , dont Robert Brown fit le pren
mention en 4833.

Que ces corps granuleux, nomm^s nucleus, forment i
sorte de protoplasma qui s'6iabore au centre de la cdlule,
foumit les ^l^menls propres h, la production des membra
cellulaires, ou de certaines s6cr6lions de nature diff^re
ulilis^es pendant la vie de la cellule.

Que le nucleus ne continue pas toujours son accroissem
cellulaire, mais subit quelquefois unesinguli^re m^tamorpli
en se transformant en un veritable cristal , affectant une foi
rhomboidale. Qu'enfin d'autres corps d^signes sous le nom
v6stcules fausses vacuoles , concourent aussi a la multiplical
utriculaire par un^mode de division parliculier.

Comme on le voit, diff^rents syst6mes sont en pr^sen
et la science n'a pas dit son dernier mot. De toutes p
elle est k la recherche des causes premieres, et veut les sa
dans les ^16ments de Torganisme naissant qu'elle anal;

De \\i natt la confusion et Topposition des id^s , pt
que dans Tobservation de ces 616ments infiniment pel
des illusions d'optique joinles a des id6es pr6conQues, peu^
canduire a des rteultats opposes.

Pour nous, les moyens dont se seri le rr^aleur |i
raccroissemenl des dlres , sont aussi varies que le prim



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— 384 —

fest simple par lui-m^me; mais Tespece, inalgre toutes les
transformations qu^elle subit pendant sa vie, a et6 cr66e
invariablement : elle est une.

Chaque plante, chaque animal est compost d'organes qui
concoui*ent k sa nutrition et k sa reproduction sous des formes
diverses; mais chacun de ces organes ne peut titre elivisagS
comme un ^tre dans un autre, ayant sa vie propre et concourant
par des actes quasi volontaires k la conservation et k Textension
de Tensemble.

Si la planle n'6tait qu'un immense polypier, n'en pourrait-
on pas dire autant de Thomme, et avec ce syst^me que
deviendrait son unit^, sa liberty, sa voiont^T

Note de I'auieur de Vouvrage dont on vienl de rendre eompte,

Je ne saurais trop remercier men honorable rapporteur de lous les
soins qu'il a pris de rendre eompte de mon oeuvre , d'une mani^re
aussi liicide qu'intelligenle. Ce n'est certes pas toujoiirs que les auteurs
reDContrent des ioterpr^tatioDS aassi consciencieuscs el aussi eclairees,
et s'il a bien voulu in'adresser des compliments , leur sinccrite m'est
assort par la franchise avec laquclle il s'est exprime au sujet de
la dissidence apparente entre les r^sullats des rcchercbes de M. Treeul
et les miennes. J'avoue que , pour mon eompte , j'ai considere au
cdntraire les faits signales par ce savant, comme venant fort h
propos a Tappui de mes propres observations.

En effet, dans un tissu cellnlaire continu, on ne doit pas s'attcndre,
si ce n'est par exception, a voir des generations tres-nombreuses
et tres-vivaces , car la nutrition y est infmiment moins riche que
dans les cas choisis par moi de preference , pour etablir des rapports
frappants entre les animalcules des infusions vegetales et les ntricules
des vegeuux. *

Les nucleus de MM. Brown et Treeul , ces corps vesiculeux
et verruqueux ne soni autre chose en effet que des germes internes
tant6t sondes b la parol interne de la cellule nourrice, comme
ie sont les jeunes voivox dans le ventre de leur mere, et tant6t
libres; et il y a de bien bonnes raisons pour qu'ils ne puissent



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— 385 —

de ceUe envelnppc , car , emprisoDoes dc toule part , rcla '
erait impossible ; ils y viveiit done ct y accoinplisseul toutes
lases de leur existence. De la les secretions sigoalees par
eciil, de la des cellules qui diviseut la premiere, dc Ih des
fppcs sQCcessivement incluses les unes dans les aulrcs el dont
esente de noinbreux exemples ; de \k enfin ces depots cristallius
ces germes s'eotoureni et qui, en effet, dans certains cas,
;nt la forme rhouiboidale : c'est ce que j'ai vu ceul fois
les cellules du baaanier , el que j*ai signalc (tome 2, pi. XII ,
) ; il etail certes difficile de se rapprocher davanlage de
ecul ; seulemeni il y a 15 ans que j*ai publie ces fails dans
hmires di V Academic de Nancy.

mt aux illusions d'qpliqoe dans Temploi du microscope, elles
mpossibles avec les inslrumeois si parfaits , munis de lenlilles
leaves achromaliques , donl on se sen aujourd'bui, surtoul
a rbabitude des preparations des objels a examiner, et si>
itre, on n*a recours qo*k des grossissements de 3 k 400 fois.
alivem^nt h I'impossibilite qu*exprime 1c bienveillant rapporteur
etlre qu'un corps vivanl, compose dc plusieurs aulres corps
s comroe lui , poisse roani fester une vie unique el une liberie
propria motu, qu'on veuille bien me permellre de ciler comme
lie du conlrairc , une r^publique bien organisee , dans laquelle
les volontes reunies donnenl une resnilanle unique qui cooslitne
mte nationale. La Uepublique romaine, si puissante, si prosperc,
rahissante, et marchant comme un seul homme, avail une
e unique pour arriver au but , et cette volonte elle Ta perdue
emenl au moment oi^ la volonl^ d'un seul homme Fa remplacee,
sant la fausse interpretation de la volonte generate; de Ik
:adence el enfin la chute de TCmpire.

dans tout ce que j*ai decrii, j'ai reconnu des republiques
lives chez les veg^taui el chez les animalcnies des infusions
iles, el d'aillears la constitution multiple de granules semblables
8 n'est-elle pas admise chez les algues et dans les plantes
edooes, telles que les lichens, les mousses, les champignons, etc.?
I m^me en ce sens, pour les monocotyl6dones , un fail ir^
quable, cite par un botanistc c^lebre : ]e veux parler de

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— 386 —

rornithogalum chyrsoidee, tiont des firagmeDts, abandoones peadant
deux aDS daos un lierbier, ent iaisse voir an propri^taire de cot
herbler de oooibreax glabulins soriis dea cellules de ces fragBMols,
iesquets s'dtaient mis k v^eter ecitre les fenilles de papier et k
produire de veriiables on»ilbogaliifl». La phote lotale n'dlait done
qu'ua assemblage de petiies plaotes toates semblables k elle-ro^me.

Daos tons les v^g^taoi en g^eral, la issiparii^, qn'on peut pouaser
h riDfioi, eondttit aux nteies conekisioiis.

EdIid, cbea ceriaiDS animalcules » les paramcscies parexemple,
la faculty de se diviser et de se subdiviser en ^tres tout pareils
li eux-m^mes, est un IaIi acquis h la scieoee deputs longtemps,
et que pour notre compte , ooos avous v^riAe ud tr^-grand oorobre
de fois. Tant q«e riutira»l6, Faccord eolre les parties ccmslitmuites
a ^t^ parfait , il y a eu vchntS^ unique : oo animal peal dooc 4tre
la r^ultame de plosionrs dires autmes, celte r^ultante dotani le
syst^roe d'uae volonte et d'une liberie d*act»on iacontestables.



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387 —



ESSAI

BE TRADVGTION,



PAR M. GLEY,

Kembre (iloUire.



J^LECTRE. — TRAG^DIE DE SOPHOCLE.

Electre cherche a excuser son odieuse vie sous les lots
des assassins de son pire.

Elegtrb. — Je rougis, mes compagoes, de paralire devant
voDS od'abandofiner k Texe^s de ma douleur : mais pardonnes,
oae force innncible me contraint d*agir ainsi. Et quelle
femme bien nte ne verserait point de pieurs , quand elle
se retrace la mort de son pire » et des manx qui , loin de
diminner, grandissent et s'accroissent nuit et joar? Ma m^
est devenoe ma plus craelle ennemie. J'habite dans mon
propre palais avec les meurtriers de mon p^re ; je suis dans
leur dipendance ; ieur caprice m'accorde ou me refuse le
n^cessaire. Quelle vie pensez-vous que je m^ne , iorsque je
vois Egistbe assis sur le tr6ne de mon ipbrt ? lorsqua je le
▼ois rev^tir sea habits royaux , et ripandre des libations au
foyer m6me oil il rimmola de sa main; quand enfin, pour
dernier outrage, je le vois , Vassassin , monter dans' la couche
de mon p6re avec ma malheureuse m6re , si je puis appeler
m^vt rinfSkme compagne de sa couche? Elle a Taudace de
mre avec ce meurtrier» sans redouter les furies vengeressesl



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— 3S8 —

Hais il semble qu'clle s'applaudisse de ses forfaits. Uanni-
versaire du jour ou sa perildie trancha ies jours de mon
pire , elle^tablit des danses et offre des sacrifices solenneis
aux dieux UMrateurs. Ei moi, t^moin de ces orgies, mal-
heur^use I je pleure dans ce palais, je me consume de douleur,
je deplore ce festin sanguinaire qu'ils ont nomm^ festin d*A-
gamemoon , et seuie je g^mis avec moi-m^me. Car je ne puis
pleurer autant que je le voudrais. Cette femme, vertueuse
en paroles, m'adresse sans cesse des discours insultants :
« Objet de \p, haine des dieux , es-tu la seule qui ait perdu
un p6re? n'y a-t-il pas d'aulres moriels que toi dans le
deuii? Meurs mis^rablement , et que Ies dieux des enfers ne
suspendent jamais tes pleurs I » Tels sont ses outrages. Ap-
prend-elie Tarriv^ d^Oreste? transport^e d^une fureur AHi-
rante, elle pousse des ctis et, se jetant sur moi : « N'es-tn
pas la cause de mes maux? N*est-ce pas ton ouvrage? toi
qui as d^rob^ Oreste a mes mains pour le d^poser sur la
terre ^trang^re. Mais sois sdre que tu en seras punie comme
tu le m^rites. » Tels sont ses reproches. Et pres d'elle se tient ,



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