Epinal Société d'émulation du département des Vosges.

Annales de la Société d'émulation du département des Vosges online

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a eu lieu en 4857 :

Le 30 octobre , h 8 heures 35 minutes du soir» on (l res-
senti deux courtes secousses consteutives h Samarinda, sur
la riviere Mahakkam , dans la colonie hollandaise de Kotei,
sur la cdte orientate de Tile, par 0<> 50* lat. S. et 445o long.
£. environ , les secousses 6taient dirig^es du sud au nord.
{N. r., t. 46, p. 69.)

Je n'ajouterai pas ici les faits que je me proposals de
donner comme supplement aux deux premieres parties de
mon travail ; je les renvoie h la fin de la quatri^me et
dernifere partie.



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— 254 —



OBSERVATIONS

SUR L'AFFAIBLISSEMENT



DE8



llTUDES GRAMMATICALES

ETLITTfiUmES

dans les Colleges,
PAR M. J. CONUS,

PfiOrSSSEUR DB RH^TOftlQDE 4U COLLEGE d'£pI!IAL ,
Membre tilaltire.



Ce n'est pas trop exiger, sans doute , d'un 6l6ve de rh^toriqiie,
qu'il sache passablement sa grammaire frangaise 616mentaire
et qu*il ait un peu d'orthographe. Oil seraii le mal, si,
outre cela , il s*6tait d6j& familiarise avec quelques-unes des
diiEcult^s de notre langue , doDt la solution est trop souvent
abandonnte aux hasards de Tusage et de la conversation?
II s*en faut bien » cependant , que I'on obtienne toujours ce
modeste rSsultat , et Ton entend partout , dans les classes
de lettres , les mattres se plaindre que leurs ei6ves ignorent
les principes les plus il^mentaires de la grammaire.



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— 255 —

Cinq annees cependant sont consacr^es a I'^tude theorique
et pratique du frangais. Ce temps n'est~il pas plus que
sufBsant pour revoir plusieurs fois la grammaire, pour
rompre les 616ves h Fanalyse et les familiariser avec les
regies principales , par une s^rie gradute d'exercices oraux
et terits ? Des 616ves de quatriftme , je le veux bien , ne
sauraient 6tre des grammairiens consommes , niais ils peuvent
et doivent avoir des connaissances precises , v^ritables jalons ,
qui plus tard les aideront k se retrouver dans le d^dale des
difficulty de notre langue, slls ont la curiosity de s*y engager,
pour completer leurs 6tudes. Apr6s quelques annees de
pension, les jeunes filles parlent et forivent assez correo-
teinent ; au sortir de T^cole normale , un instituteur , arm6
jusqu'aux dents de ses regies de grammaire, se montre
impitoyable pour la moindre faute de langage. Nos ^l^ves
sont moins puristes , nous ne les en bl&mons pas ; Thorizon
moins born^ d& leurs etudes leur 616ve Tesprit , mais ils ne
sont pas dispensi§s , pour cela , d'avoir des principes fixes et
arrfit^s , seul moyen pour eux de ne pas suivre une routine
aveugle.

Demandez*ii un 61ive de troisi^me, la d^fihition des dix
parties du discours , les fonctloAs diverses des mots dans la
phrase , vous avez Fair de lui parler une langue inconnue.
Hier, il achevait ses cours de grammaire; aujourd'hui d6j&,
il n*a plus qu'un vague souvenir de toutes les choses qu*on
y apprend. II les a sues cependant , et ne voulant pas , lui
^16ve de lettres, parattre en savoir moins que les 6l6ves des
classes inKrieures , il hasarde une r^ponse , quelle r^ponse I
II prend une chose pour une autre , un adverbe pour une
proposition et rteiproquement. Ce sont des riens, dira-t-on;
oui , si Ton s*arr6te k la faute , non , si Ton regarde plus
haut. La confusion dans le langage est Vindice de la confusion
qui est dans Tesprit. L'enfant qui ne dit pas ce qu*il veut
dire , ou qui ne sait pas le dire , quand ce sont des choses
h sa portOe , est un brouillon ou un ignorant. Ceux qui font



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— 256 —

bon marche des limites de Tadverbe ou de la proposition ,
limites qui se d^placent quelquefois » passeront-ils aussi 1^6-
remeDt sur rotourderie et Tignorance? II y a des riens qui
ont une importance capitals dans FMucation. Un de ces
riens » c*est de ne jamais permettre , k un enfant , de se
contenter A'k peu prte. Une t6te meublte i'k peu pr^ est
une veritable Babel , surtout en fait de grammaire. Ce qu*il
faut , dit Montaigne , ce n'est pas une l&te pleine , c'est une
tfite bien faite.

II ne faut pas vi?re longtemps avec les 616ves d'bumanitfo,
pour s*apercevoir de TinsuiBsance de leurs connaissances
grammaticales. Donnez-leur un texte latin ou grec a expliquer
k livre ouvert, les voil^ arr6t6s tout court, non parce qu'ils
ignorent le sens des mots (on le leur donne) , mais parce quails
ne trouvent pas , ne cherchent m6me pas les rapports des mots
et des membres de phrase. lis voient tout d*un bloc, pour ainsi
dire , et Tanalyse ne porte pas la lumi6re dans ce t6n6breux
chaos. Si quelquefois its devinent d'instinct , c*est que la
phrase est facile, et que le sens vient tout seul sous les mots;
mais quand ils sont aux prises, avec un raisonnement serrO
de D£mostfa6ne , ou une ample pOriode de Cicdron , c*est en
vain qn'ils veulent embrasser d*une seule vue cette masse
de details , si habilement groupis autour de Fidte principale.
Plus ils font d*efforts pour p6n6trer cette savante obscurity,
moins ils rOussissent ; il n'y a pour eux qu*Oblouissement et
que fatigue. Quel temps il faut non pas perdre, mais employer
alors , pour les remettre sur leur chemin I On leur a enseigni
mille fois le secret pour sortir d*embarras ; mais il faut leur
apprendre une fois de plus k divlser les difficult^ , en d6-
composant la phrase et les propositions. II y a quelques
antiOes , une circulaire du Hinistre recommandait de faire
de frequentes analyses dans les trois langues. La routine
aveugle k laquelle tiennent tant les d^ves, et qui fait TOteroel
tourment des maltres , monti*e bien la sagesse des prescriptions
ministOrielles.



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— 257 —

Get 6tat de choses ani^ne Dalurellement h demander ce
qu*on fait dans les classes de grammairc. Donne-t-on k la
grammaire frangaise, k des exercices multiplies, oraux et
ecrits, un temps proportionne k rimportance de cette etude?
Si malheureusement le temps dtk au frangais , sous pr^texte
que c'est du frauQais , etait employe au grec et au latin ,
ce serait sans aucun profit pour ces deux langues , et au
grand prejudice du frangais. Les professeurs de grammaire
tiennent h avoir des ei6ves forts en latin et en grec : du francais,
il n'er^ e%t pas question , c'est la langue maternelle » on dirait
qu'elle s'apprend toute seule. Avec quel sans fagon aussi on
traite la grammaire fran^ise I Le plus souvent on se contente
de donner une legon , sans la lire en classe , sans Texpliquer,
et le lendemain on la recite au pas de course. N'a-t-on pas
un devoir grec ou latin a corriger? Quels fruits peut-*on
retirer de cette methode expeditive? La legon fiit-elle sue
pour le moment, soyez stir que demain elle sera k demi-
oubliee, dans quelques semaines il n*en restera plus trace.
Cela explique pourquoi , dans chaque classe » cbaque jour,
la tAche indiquee sur le programme etant faite, ou censee faite,
quand on additionne les resultats , la somme se tient dans
le voisinage de zero.

Dans un examen , un eieve de grammaire explique assez
couramment un morceau grec ou latin, qu*estrce que cela
prouve? Cost un air qu'on luia appris, il Ta retenu, et
il le chante de memoire, c'est bien pour Facquis , mais
6prouvez-le sur un autre point. DonDez4ui k dechiffrer une
version de la force de sa classe; qu'il vous montre, k travers
les t&tonnements de Timprovisation , qu'il est autre chose
qu'un bon perroquet, et vous aurez la certitude que son
intelligence a ete aussi bien exercee que sa memoire. Faitesr
lui rendre compte des formes de langage les plus usuellesi
comme de celles qui se presentent plus rarement. Mais que
ses reponses soient autre chose que des oui et des non ,
amenes forcement par la maniere dont est posee la question

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— 258 —

du profcsstuir, seulcment alors I'examen sera s^rieux, et
prouvera que I'cl^^ve salt, oii non, quelque chose.

La conclusion de ce qui precede , c*est qu'ii faut redonner
la premiere place a la grammaire franQaise. En definitive
on n'apprend le grec et le latin que pour mieux savoir le
frangais. Or, c'est un fait> que dans nos colUges, on ne
sait pas le frangais : si on nc le sait pas , c*est qu*on ne
rapprend pas , ou qu'on Vapprend mal , ce qui revient an
m^me. Le mal est arrive a un point tel , qu*il demande le
remade Ic plus prompt et le plus ^nergique. II ne faut
plus que dans les classes d'humanit^s » les ^l^ves , dans leurs
versions^ d^calquent servilement, sur le latin, des phrases
qu'ils prennent pour du frangais. Quand arrive la correction
d'un de ces devoirs , oil la grammaire est violte d'un bout
a Tautre , le professeur ne sait t)u donner de la tete , et recule
devant une tftche impossible ; k peine si tout le temps d'une
classe ftuffirait i)our remettre sur pied une version pareille.
Si ce n'^tait lit qu*une rare exception , il n*y aurait pas lieu
d'en faire mention , les meilleures classes ont leurs misires,
mais c'est la majority des ^l^ves qui en est 1&, et c'est sur
elle qu*il faut r^gler la marche de la classe.

L'explication des auteurs frangais et Texercice de la compo-
sition frangaise donnent lieut h des observations semblaUes.
Point de m^thode raisonnte , mais toujours la routine , Ta-
veugle routine , le flteu des Etudes. Nous ne parlerons pas
des fautes d*orthographe , depuis longtemps elles ont droit
de cite. Malheureusement le style vaut Torthographe , la
grammaire ne fait pas recrivain , mais il n*y a pas d^terivain
sans correction , et quoique M. Villemain ait dit, avec justesse,
de notre langue, qu*en devenant plus grammatical, elle est
devenue moins frangaise, il n'y a pas lieu de redouter, pour
des ecoliers Tinfluence l&cheuse de la grammaire. II sera
toujours temps, plus tard, s'ils deviennent des ecrivains de
g6nie , de leur accorder des privileges et de la liberty. Sans
la grammaire , comment nous reconnaltre dans les construc-



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— 259 —

lions louches , les tournures forcees , les accords impossibles?
La s'arr6lent les services qu'elle peot rendre; il fautchercher
ailleurs les secrets du style : dans le comnaerce assidu des
maltres et dans Fexercice jojurnalier de la composition.

L*etude tronqu^c do la grammaire est la plaie des classes
' inf^rieures ; la plaic des classes d'humanit^s est , avec I'i-
gnorance des principes , rinsuffisance de la lecture : sans
grammaire , point de correction ; sans la lecture , point d'i-
d£es et point de style. II faut ii T^colier beaucoup de livres ,
de bons livres , et surlout d'autres livres que cenx qui ,
expliqu6s lentement dans sa classe, ou r^cit^s par courts
fragments, n'existent plus pour lui quecomme des instrih-
ments d'^tude pour la langue, comme des preuves d^velopptes
h I'appui des regies de la grammaire. II sent lui*m6me
que d*autres livres lui sont n^cessaires , et , faute de bons ,
il en lira d'absurdes ou de d^testables, que nuUe surveillance
ne pourra Eloigner de son intelligence justement curieuse et
insuffisamment remplie. Des voyages , des m6moires , des
oeuvres de critique litt^raire , des etudes sur Tantiquit* et
tout ce qui pent exister de bon parmi les oeuvres historiqueSy
voila ce qu'on doit s'eflforcer de faire lire h Tenfant , k travers
les occupations r6guli6res de la vie du college et pendant
les longs jours de vacances.

Tel est le mal sourd qui travaille depuis quelques ann^es
les 6tudes secondaires. Est-il impossible d'y trouver un re-
mMe? Nous nele pensons pas. Que les classes de grammaire
restent renfermies dans leurs attributions; qu'elles n'anti-
cipent pas sur les classes de lettres ; que Ton n'y fasse pas
accidentellement , ou k de rares intervalles de la grammaire
et des exercices appliques aux regies. Libre au mattre de
Jeter sur une 6tude aride par elle m£me, toute la vari6t6
et tout rintirfit possibles. Les moyens et les livres instruo-
tifs et int^ressants ne manquent pas. Qui emp^cherait aussi,
dans les classes sup^rieures , de consacrer une heore , par
semaine, h la revision de la grammaire et a la solution de



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— 260 —

quelques difficulties Krammaticales? — J'entends r^ternelle
objection : — ou trouver du temps avec tes exigences du
programme? — Que dire h cela? — Quand un vaisseau fail
eau, on jette a la mer les choses inutiles.



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— 261 —



ESSAI HISTORIQUE



8UR



BEAUFREMONT.



SON CHATEAU ETSES BARONS,



Par J.-Ch. CHAPELLIER,

in8tituteua ,
Arehiviite de la Sociele d^Emulalion del Voiget.



Troisi^me partie.



Apres avoir Iutt6 pendant un demi-sitolc conire la politique^
<^t les armes de la France , la Lorraine , d6peupl6e et ruin^e ,
subissait enfin la loi du plus fori. Charles IV n'avait pu
opposer gu'une resistance 6ph6ra6re h Finvasion de 1669.
Oblige de quitter une derni^re fois sa capitale , il etait alie ,
sum de quelques sujets fld^les , demander des secours et
offrir ses services aux ennemis de la France, gagner encore
qnelques lauriers sur les champs de bataille, puis^' rendre
!e dernier soupir sur la terre 6trang6re. (48 seplembre 4675.)

Pendant ce long rigne, qui fut pour notre pays une pftriode
decalamites incessantes, quatre mille gentilshommes etcent
mille lorrains avaient perdu la vie dans les combats (4) , au

(I) Digol, Sisioire de Lorraine, I. ^, p. ii%



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— 262 —

service de leur prince et pour le maintien de leur nalionalile.
Un grand nombre des anciennes families s'6taient 6teintes :
celles qui subsistaient encore avaient vu leurs richesses
s'6vanouir, et suivre en quelque sorte la progression ddcrois-
sante de la prosp^riU^ publique. La mine de la haute noblesse
avail 6t6 tellement complete que , vingt ans plus tard , vers
4695 , on comptait k peine deux ou trois families , et c'^taient
les plus opulentes, ayant de 40 a 42f mille livres de rente;
moins de quinze autres n*avaient pas plus de i a 6 mille livres ,
et celles qui venaient apr^s en possMaient moins de 4,000 (4).

Qu'on juge , par ces chiffres , de la mis^re qui devait r^gner
parmi le peuple, et surtout dans la population des villes, tant
de fois assi6g6es , prises et pressures par les contributions
et les autres exigences de la guerre !

L*an6antissement de leur fortune et la ruine de leur chateau
de Beaufremont furent ^videmment les causes qui forcerent
les families de Tornielle et de Lenoncourt k vendre la baronnie
de leurs anc^tres.

Nous ne reviendrons pas sur cette vente, mais a partir
du jour oil elle cut lieu , Beaufremont , bien qu*il rest^t
encore le chef-lieu de Tune des plus considerables hautes-
justices du Barrels , perdit Fantique importance que lui avaient
donnte ses illustres et puissants seigneurs.

II nous reste k faire connattre les nouveaux possesseurs
de cette terre : nous commenQons par les Labb6 , acqu^eurs
de la partie qui avait appartenu aux comtes de Tornielle.

Famine limhhi.

J^an Labb6, le premier de son nom qui ait habits la
Lorraine, 6tait originaire du royaume de Bohfime, sa famille
y 6tait connue sous Ic nom d'Abte, qui , en allemand , signifie
Abbe. II vint fort jeune en Lorraine, avec le g6n6ral Schomberg,

(I) 9Memoire sur Pitai de la Lorraine ti la fin du XVH* sikcle, dans
Ic:* Documents sur Phistoire de Lorraine , 48519, I. 4^ p. 72.



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— «63 —

el s'attacha, en 45S5, au service du grand due Charles IIIl
II fut d'abord capitaine de la compagnie do la garnison de
Nancy, puis^ le 15 septembre 1600, il obtint le litre de
lieutenant du gouverneur de la mfioie ville. Le due Charles III ,
enlre les mains de qui il pr^ta serment pour celte nouvelle
charge, le qualiQe de tris-cher et feal dans le brevet qu*il
liii en donna.

Avant Tannee 1600, il 6pousa Jeanne de Martinet, qui
lui apporta en manage la seigneurie de Rouvroy et plusieurs
aulres fiefs ^ cependant,^ comme par la coutume g6n6rale de
Lorraine, il fallait ^Ire de condition noble pour poss6der des
fiefs dans nos duch^s , faute de quoi , on etait oblige d'en
vider ses nnains dans Tan et jour , le procureur general le
fit sommer y h la fin de la premiere ann^e de son manage ,
de justifier sa noblesse.

Jean Labb6, d^pourvu de titres, eloign^ de son pays natal
el emp^h6 par les guerres d'y avoir des correspondances ,
sollicita et obtint, le 16 Kvrier 1609 , dans des circonstances
aussi pressantes , des lettres de noblesse que le due Henri II
lui accorda d*autant plus volontiers, qu'il avait toujours ^t6
regard^ et consid6r6 comme gentilhomme; ces lettres lui
permirent aussi de porter les armoiries dont il avait coutume
dese servir , et contiennent encore « qu'il 6tait issu de noblesse
du c6t6 maternel » (1).

Hais^ cet anoblissement recent le r6duisait, lui et ses
enfants, k la classe des simples anoblis; il avait done un
grand int^r^t h recouvrer ses v^ritables titres et a donner
des preuves de I'anciennet^ de sa noblesse. II y travailla
activement et parvint k se les procurer , car, en 1616, il fut
reconnu gentilhomme, c'est-k-dire noble d'au moins quatre
races , et ajourne , en cette quality , a une assemblde g^n^rale
des gentilshommes de la province , tons 6galement jaloux de
leurs privileges, et tons 6galement interess^s a ne pas donner



(f) Tr^sor des char les de Lorraine^ le^istrc dc 1609, f' 60, verso.



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— 264 —

Kg^rement ce litre a un stranger, s'il n'en avail fourni les
preuves les plus evidentes.

Les enfants de Jean Labb^ f urent : Francois-Henri LaM)£ ,
seigneur de Rouvroy; Alix Labb^, qui ^pousa Jean Floquet,
capitaine-lieutenant de i*artillerie de S. A., et AnneLabb6,
marito a Jules Vitelli , gentilhomme italien , capitaine au
service du due Henri II.

FranQois-Henri Labb6, seigneur de Rouvroy, fat fait pr^vdt
de Nancy par lettres exp6di6es en cette ville le 48 Janvier 4613 ;
il 6pousa Anne Tabouret dont il eut Claude-Francois Labb6 ,
qui suit , et Jeanne Labb6 , Spouse de Frani^is-Charles de
Silly , seigneur de Jeandelincourt.

Claa^c-Franf^ls liable,
baron Ae BeauAremont • vers ■•••«

Claude-Frangois Labb6 , seigneur de Rouvroy et baron de
Beaufremont, apres Tacquisition qu'il fit de la mollis de cette
tenre pendant Toccupation de la Lorraine par Louis XIV ,
ipousa, le 22 avril 4646, Marguerite Diez, originaire de
Neufcb&teau, flUe de Melchior Diez et de Nicole ou Anne Sallet,
dame de Coussey , Forcelle, S. Gergonne, LaNeuflotte, Liffol-
le-6rand et Villouxel (4). II embrassa la carri6re judiciaire,
et 11 6tait conseiller ou maitre des requc^tes a la cour souveraine
de Lorraine, lorsqu'en 4658, cette cour d61ib6ra d'envoyer
en Espagne un depute pour solliciter I'^largissement de
Charles IV, prisonnier k Tol^de. EUe nomnia d'abord M. Vin-
cent, mais une maladie ayant emp6ch6 ce conseiller de remplir
sa mission , elle fit choix de Claude-Frangois Labb6 pour
le remplacer. II partit immMiatement pour Madrid. Seconded
par'un lorrain discret et entreprenant , nomm6 Seurot, el
ccrlainemcnt aussi par Melchior Diez , son beau-pire , et par
Simon Sallct , oocle de sa femme , il rendit k Chartes IV
lous l(As services que ce prince pouvait esp6rer d'un sujet

{i) Dictionnairc gdnealogiquc clc la Chcsnayc-des^Bois,



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— 265 —

fiddle. Malgri la plus rigoureuse surveillance , plusieurs fois
il parvint a lui faire remettre des lettres importantes et a
en recevoir d'uiiles pour les n^gociations dont il s'etait charge.
Ce d^vouement lui valut la conGance de Charles IV, qui le
Domma Tun de ses ministres pour la paix des Pyr^ndes.

De retour en Lorraine , il continua k jouir de la faveur
ducale : des lettres patentes du 9 avril 4664 T^lev^rent a la
dignity de President de la cbambre des comptes de Nancy.
Vers le m^me temps , il fut aussi nomin^ conseillef'secr^taire
d'etat (4). Frangois de Nenfch&teau et Rog^ville (2) rapportent
plusieurs ordonnances qu*il signa en cette derni^re quality (3).
II exerca ces fonctions jusqu*en 4669. Louis XIV, s'^tant alors
empar6 de Nancy , fit defense le 22 d^cembre , aux ofBciers
de la cour souveraine et de la cbambre des comptes, de
s'assembler a Tavenir , et partagea leurs fonctions entre le
parlement de Metz et un intendant qu'il ^tablit dans le
duch^ jusqu'au traits de Ryswiek.



(i) Durival , t. I*' , p. 6A el 65.

(3) Hecueil iVanciennes ordonnances des dues de Lorraine, par
F. de KeafchJileao , p. 115 , 425 , 133. Dictionnaire de itogMUe, i. I",
p. 583.

(3) L*ane de ces ordoDOJiiicei , cetle da 7 ddcembre 1664 , donnaol

permifsion ii loos les svjels de Son Ahesse de porter armet 3i fen poar slier

k Is chaste sax loops et non k d*aiitres , prouvo bien dans qnelie Irisle

alloation se troovail alors rdduile la Lorraine. On y remarqae ces expressions :

Consid^ani que. . • c les loops se sont Lclleoienl mullipU^ quHl n*j a

point dc villages de nos ills Is qai ne soicok incoinmodds des ravages et des

manx que ces animaux causcnt de loules parts, .... Novs ordonnons

que cbaqte village noas apporlera , par annee , an rooios one idle de

lonp , k peine de cinquanle francs d^amende conire cenx qni y msnquer^nt...

Ordonnons encore de Tairc retabtir les anciennes lonpvikres et d*en fsirc

de nottvcUes parlout oiiil serait n^cessaire, b peine ansside cinqnante francs

d*amende. > Cette ordonnance , signec €. F. Labb^ , porte ponr sonscription :

c ColUlionnde k Toriginal par moi , Conseiller-secr^tairc d'Atat, Comman*

ilemcnt et Finances de Son Altcssc , anquel la pr^scnte copic cit conrorme

dc mot k autre. ■ ,

Signc G. F. LABBE.



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— 266 —

Ce fut sans doule alors que Claude-Francois Labb6 , pensant
peut-^tre que la reunion de la Lorraine h la France serait
definitive , demanda ou accepta la charge de President h la
cour des monnaies de Paris, qu*U aurait oc^up^ pendant
un certain temps (1). La Chesnaye-des-Bois le qualifie aussi
de sur-intendant des postes et messageries de Lorraine el
Barrois. Enfin le due Leopold , ayant 616 r^tabli dans ses
6tats , le fit son garde des sceaux le 30 aoilt 4699. II mourut
en 1700, laissant de son mariage , 1*» Charles-FranQois Labb6,
baron de Beaufremont; 2** Simon-Melchior Labb6, seigneur
puis comte de Coussey; Jeanne Labb6, marine k Maximilien
de Choiseul , marquis de Meuse , premier gentilhomme de
S. A. R. Leopold I« (2).

La haute confiance dont Claude-Frangois Labbe jouit
constamment k la cour de Charles IV et de Leopold, nous
autorise a dire que , dans toutes les fonetions qu'il exer^a ,
il se montra int^gre et d6vou6 au Wen public. Sa fortune ,
qui lui permit d'acqu6rir la tnoiti6 de la baronnie de Beau-
fremont , lui venait peut-titre moins de ses fonetions que de
la succession de son beau-p^re, Melchior Diez. Ce n6gociant,
habile dans le commerce des dentellcs de fil , alors tr6s-aclif
a Neufchdteau et a Mirecourt , s*6tait enrichi en faisant ce
commerce en Espagne d'abord , puis dansd'autres contrees, el
m6rae jusqu*aux Indes oil il avail r6alis6 de grands b6n6fices (3).

Nous n*avons aucun renseignement sur relTet que produisit
dans nos villages la substitution de nouveaux seigneurs a
ceux dont Tantique domination n'avait pas d'origine connue.
Si nous en jugeons aujourd'hui par les souvenirs que la
disparition de plusieurs generations n*a pu totalemeni
effacer dans les anciennes families , cette substitution causa



(1) Mimoire sur i*itai de la Lorraine k la fin du XV II* siktle ^
p. 40 et 73.

(2) Leopold elail ills dc Cliarlct V, due de Lorriiuc, ci pelil-filf du prince
^'icoIat-FraocoU, frcrc de Charles IV.

(3; ibid,, page 75.



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— «67 —

une impression tr^s-p^nible ; la separation fut douloureuse
pour ceux qui avaient connu la bont6 et la popularity des
Madruce et des Lenoncourt, la dignity et le caract^re g^n^reux
des Tornielle , la main bienlaisante et paternelle des uns et
des autres. Mais ces sentiments avaient-ils alors la liberty
de se manifester assez ouvertement pour qu'il nous en rest&t
d'autres preuves que celle que nous indiquons? nous en
doutons. D'ailleurs la population, presque an^ntie, plong^e
dans Findigence et le deuil par les devastations successives
qu*elle avait subies , pouvait-elle soubaiter autre chose qu'une
tranquillity qui lui permit de se livrer librement aux travaux
de la cdmpagne,*sa seule ressource? Gette tranquillity lui
venant avec la suzerainete de Louis XIV , reconnue de fait
par les d'Alengon et les Labbe, dut etre accueilUe sans aucune
repugnance ; elle fut m^me pour les nouveaux seigneurs un
moyen d'obtenir d'abord , sinon Tattacbement dont avaient
joui les anciens , du moins quelque chose qui valait mieux
qu'une indifference marquee. Les reconstructions qu*ils furent



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