G. b.1789 Hamonière.

The beauties of the Spectator, Tatler, and Guardian,= Beautés du Spectateur, du Babillard et du Tuteur online

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with one another. Did they know there is not
oae who likes him in her hearty each would de-



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BEAXJTis DTJ SPECTAtETJR. 176

le favori des dames fiit un homme de bon sens ; un
air singulier, un esprit fantasque; en un mot,
ce qui auroit pd le rendre ridicule parmi les
hommes^ ^toit ce qui Tavoit recommande aux
belles* Je serois bien fAch6 d'offenser des gens
aussi fayoris^s que le sont ceux dont ]e parle ^
mais qu'on jette un coup deceit sur la conduite des
yieux damoiseaux ^ et Pon verra que I'homme a
bonne fortune s'est distingu^ par des querelies im-
pertinentes en faveur da beau sele > par la singu^
larii^desesbabits^ et par une insipide assiduity
aupris des belles. 11 faut d'ailleurs qae> pour
plaire a une femme galante> il ait la r^putalion
d'etre bien Tenu aupres des autres femmes; car^
comme yous le savez sans doute> il y a une si
grande jalousie entre ces creatures > qa'elles ne
pensent qu'k s'assujettir les esclaves de leurs ri-
-vales. Mon ami Honeycomb dit que c'^toit Ik tout
sonjeu, etque^ pour se faire aimer d'une joUe
femme > il n'avoit qu'a lui faire soupconner que son
ennemie^ c'est-k-dire sa riyale en beaute^ ne le
regardoit pas de mauyais oeil. Un pea d'enyie est
naturel k une femme d'une grande beaate^ et sou-
yent elle s'attache a un homme ddsagr^able pour
qa'une autre ne Penlibye pas. Get impudent de
Bareface n'est bien recti de toutes les dames qu'il
yoit, que par cela seul qu'il a Tadresse de les
emp^ber d'en yenira une explication entre elles.
Si elles sayoient qu'il n'j en a pas une seule qui le



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176 BEAUTIES OP THE jSPECTATOR.

dare her scorn of bim the ndxt moment; bat be is
weH receitcd by tbem> because it is the fashion ;
atod opposition to each other brings them insensi-«
h\y into an imitation of each oiher. What adds
to him tbe greatest gtade is, that the- pleasant
tbtcf as tbey call htm is tbe most inconstant crea-
ture living, has a wonderful deal of wit and hu-
ilioar, and- never wants something to say ^ bestdes
al4 which, he has a most spiteful dangerous tongue
ilyott should^ prorofce him.

To make a woman^s roan, he must not be a man
of sense 01* a fool : th^ business is to entertain, and
if is'much belter to have a faculty ofarguingythan
a capacity of judging right. But the pleasantest
06 all the womcti^s equipage are your regulalr visi-
tants : these are volunteers in their service, with-
out hopes of pay or preferment. Ii is enough
diat- they can lead out from a public place, that
they are admitted on a public day, and can be al-
lowed to pass away part of that heavy load, their
time, in the company of the fair. But commend
me above all others to those who are known for
your miners of ladies, these are the choicest spi-
rits which our age produces. We have several of
these irresiBtiWe gentlemen among us when the
company is in town. These fellows are accom-
plished with the knowledge of the ordinary oc-
currences about coiJPt and town, have that sort of



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B13AUT:feS DU SPECTATEUR. 1 77

Irouve a son goilit y chacune lai marqueroit aussi-
tol du mt^pris \ mais il en est bien regu , parce que
c'est la mode ^ et que la jalousie qu'elles out les
unes des autres fait qu'elles agissent toutes de
menie«^ Cequiajoutea ses avail t^ges^ c'est que le
fripan^ tel est le nom qu'elles lui dowieat , est
Phomnpie le plus ioconstant qua I'on puisse Toir>»
qu'il a beaaooup d'esprit et de gaiet^, et toujouni
le petit mot pour rire; pai^dessus tout; c'est la
plus terrible et la plus dangereuse langue qa'it j
ait au monde, si Ton yieftt ale proyoqaer.

Bour faire ttiv ftivori dd&d«aieSy il i^ faut ^Ufe
ni un sot^ ni unbomme d^ bon sens: il ne s'agit
que de causer, et il vaut mieux fournir a la con^
versation. que raisonner- jwste. M^is de tous
ceus qui les ytsiteni sans cesse ,- il a'y en a point
quirjouent un si platsant r61e- qtief ces^ volontaires
qui les servent gratis , et qui n'an attendant att-
cuue paye^ ni le moindre ayanciement. II leor
suffit de leur donner la main k la sortie de
quelque endroit public \ d'etre admis a leur
compaguie un jour de yisiles^ et d'ayoir k
liberty de passer avec eUes une portion de- ce
temps qui leur est si a charge. Farlez-moi surtout
de ces petits* maitres^^ qui ei^ y^uleat k Phonneur
de toutes ie» belles^ oe son ties plus beaux esprits
du'Sieble. liovsque la noblesse est de retour de la
campagne^ nous ayons beauooup de ces messieurs^
a qui riea ne peiH r^sister*. lis $ayent toutes les



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178 BEAUTIES OP THE SPECTATOR*

good-breeding Tvhichis exclusive of all morality,
and consists only in being publicly decent^ jJri-
rately dissolute.

It is wonderful bow far a fond opinion of her-
self can carry a woman^ to make her bave tbe
least regard to a professed known woman's man;
but as scarce one of all the women who are in the
tour of gallantries ever hears any thing of what
is the common sense of sober minds, but are en-
tertained with a continual round of flatteries^
they cannot be mistresses of tbemselyes enough to
make arguments for their own conduct from the
behayiour of these men to others. It is so far
otherwise, that a general fame for falsehood in
this kind is a recommendation ; and the cox-
comb , loaded with the favours of many others,
is received like a victor that disdains his trophies^
to be a victim to tbe present charmer. ^



If you see a man more full of gesture than orr
dinary in a public assembly, if loud upon no oc-
casion, if negligent of tbe company round him,
and yet laying wait for destroying by that negli-
gence, you may take it for granted that he has*
ruined many a fair one. The woman's man ex-
presses himself wholly in that motion which we



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beaxjt:i&sdu spectateur. 179
intrigues de la viile et de la cour, et ils oat une
esp^ce d'education qui exclut les bonnes mceurs,
c'est-a-dire qu'ils ofeservent les biens^ances en
public y et qu'ils sont dissolus en particulier.

II est etonnant que Pamour-propre puisse ^ga-
rer une femme au point de lui faire altacher la
moindre importance a la possession d'un de ces
galans de profession \ mais comme parmi les fern-
mes qui sont dans I'^ge de la galanterie^ il j en
a h. peine une seule qui amende la voix du sens
commun^ et que toutes sont sans cesse induites
en erreur par la ilatterie qui les entoure , elles ne
sont pas assez maitresses d'elles-memes pour r^-
fi^chir sur leur propre conduite , en voyant de
quelle mani^re les bommes de cette espece se
com portent avec les autres femmes. Elles en
sont meme si eloign ^es qu'uue reputation de per-
fidie est une recommandation aupr^s d'elles, et
qu'elles recoiyent ce fat^ comble des faveurs de
plusieurs autres belles y comme un vainqueur qui
m^prise tous ses triomphes pour derenir resclare
de leurs charmes.

Si vous Toyez un bomme qui se donne des airs
dans une assemblee publique , qui parle fort baut
sans aucun sujet , qui n'a point d'^gards pour la
compagtiie ou il se trouve , et qui affecte des
manieres negligees , vous pouvez decider a coup
sAp qu'il a mine un bon nombre de belles. Une
demarche fi^re ^ la poitrine dev^e , un cbapeau

1*



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j8o BEAUTIES OP THIS SPECTATOR.

e»H stTuitiug. An elevated chest, a pinched hat,

a measurable step, a sly sar?eyiDg eye, are the

marks of bim. Now and' then you see a gentlieman

with all these aceompiishmeDts^^ hut, alas! any

one of them iff enough to undo thousands : when

a gentleman with such perfections adds to it

suitable learnings there should be public warning

of his residence in towrt, that we may remove o«i^

wives and daughters'. It happens sometimes that

snch a fine man has read all the miscellany poems,

a few of our comedies, and has the translation of

Ovid's Epistles by heart. ' Oh, if it were possible

that such a one could be as true as he is charming!

but that is too much, the women will share such

a dear false man : a little gallantry to hear him

talk one would indulge one's self in, let him

reckon the slicks of one's fan, say something of

the Cupids in it; and then call one so many soft

tiames which a man of his learning has At his

fingers'-ciids. There sure is some excaise for frailty,

when attacked by such force against a weak

■woman.' Such is the soliloquy of many a lady

one might name^ at .the sight of one of those who

makes" it no iniquity to go on froin day to day in

the sin of woman-slaughter.



It is certain that people are got itito a way of



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BGAUTj^S DTJ SPECTATEtJR. l8l

dont la forme est enfoac^e y un pas cadei&c^ , et
des oeillades ^et^es adroilement de toa^ c6t68 ,
so&t les marques qui distinguent le fiaTorl des
dames. On ne Toit guere toutes ces admirables
^ualites reunies dans le mime objet ^ mais^ betas!
une seule suffit pour encbainer un mil Iter de
belles. Si quelqu'un joignoit a ces talens iiti sa^
Toir proportionne , et qu'il r^sid^t en ville^ on
derroit en arertir le public^ afin que nouS' mis-
sions nos femmes et nos filles en lieu de sdret^. H
arrive quelquefois que cet bomme cbarmant a lu
tons nos melanges de poesies , quelques-unes de
nos comedies , et qu'il sait par coeur la traduc*
tion des ^pitres d'Ovide. cc Ob ! s'il c^loit possible
qu'il fut aussi fidele qu'il est aimable ! mais ce
seroit Irop ; toutes les femmes voudroient se ravir
ce cbcr perfide: on lui accerderoit volontiers
quelque petite faveur , pour avoir le plaisir de
I'entendre causer , soil qu'il- badtne sur les petits
amours d'un erentail , dont U compte les bisons ^
ou qu'il yous prodigae ces tendres expressions
qui ne manqaent jamais a an bomme aussi »piri-
lueK On ne pent sans doule qu'excuser la fragility
d'une femme qui succombe adeparetllesattaques.»
C'f si la ce que bien ^e nos dames , qu'on pourroit
nommer , se disent int^rienremenl , k la vue d'un
de ces conqucrans qui ne se font aacun scrupule
de les p8rdre d'hoaneur et de reputation.
II est certain qu'on est tombe dans une telle



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*l8a BJSAUTIE8 OP THE SPBCTATOR.
aflfectaUon, with a manner of oTerlooking the
most solid Yirtaes, and admiring the most triyial
excellencies. The woman is so far from expecting
to be contemned for being a very injudicioas
silly animal, that while she can preserve her
features and her mien, she knows she is still the
object of desire; and there is a sort of secret am-
bition, from reading frirolous books, and keeping
as frivolous company, on each side to be amiable
in perfection^ and arrive at the characters of the
Dear Deceiver and the Perjured Fair.

Steele*



Of great geniuses.

Thebx is no character more frequently given
to a writer^ than that of being a genius. I have
heard many a little sonnetteer called a fine genius*
There is not an heroic scribbler in the nation,
that has not his admirers who think him a great
genius j and as for your smatterersin tragedy, there
is scarce a man among them who is not cried up
by one or other for a prodigious genius.

My design in this paper is to consider what is
propi^rly a great genius, and to throw some
thoughts together on so uncommon a subject.



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' BEAUTiJS DU 8PECTATEUR. l83

affectation qu'on fait k peine attention aux Tertas
les plus solides , tandis qa'ou admire dcs ayan-
tages de pen d'importaiMfe. Une belle craint d'au-
tant moins de s'attirer le m^pris des hommes par ,
son ignorance et sa b^lise , qu'elle est assuree
d'etre toujours I'objet de la passion de quel-
qu'un , pouryu qu'elle conserve ses traits et sa
bonne mine j et , k force de lire des livres fri-
yoles et de frequenter des compagnies qui ne le
sont pas moins ^ les deux sexes riyalisent pour
atteindre au supreme degr6 de la perfection en
deyenant aimables perfides et belles parjures.

Stxeus.



Des grands gSnies.

Il n'y a point de qualiffcatio^t qu'on donne plus
souvent a un ^criyain , qa€ celle de g^nie. J'ai
entendu appeler beaucoup de petits faiseurs de
sonnets de beaux g^nies. Nous n'ayons pas un
seul barbonilleur de yers heroiques qui n'ait ses
admirateurs et ne passe pour un grand genie;
et, a regard de ceux qui se m^lent d'6crire des
tragedies, a peine y a-t-il un seul novice qu'on
n'exalte comma un g^nie sublime.

Mon but dans cet article est d'examiner ce
que c'est r^ellemeot qu'un grand g^nie , et de
donner sur un sujet si pea commun quelques re-
flexions geu^rales.



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l84 BEAUTIES OF THE SPECTATOR.

Among great geniuses those few draw the ad-
miration of all the world upon them, and stand
up as the prodigies of mankind, who by the mere
strength of natural parts, and without any assis-
tance of art or learning, have produced works
that were the delight of their own times, and the
wonder of posterity. There appears something
nobly wild and extravagant in these great natural
geniuses that is infinitely more beautiful than all
the turn and polishing of what the Trench call a
^e/^*/>ri/, by which they would express a genius
refined by conversation, reflection, and the reading
of the most polite authors. The greatest genius
which runs through the arts and sciences, takes a
kind of tincture from them, and falls unavoidably
into imitation. y^

Many of these groat natural geniuses that were
never disciplined and broken by rules of art, are
to be found among the ancients, and in particular
among those of the more eastern parts of the
world. Homer has innumerable flights that
Yirgil was not able to reach, and in the Old Tes-
tament we find several passages more elevated and
sublime than any in Homer. At the same time
that we allow a greater and more daring genius
to the ancients, we must own that the greatest of
them very much failed in, or, if you will, that
they were much above the nicety and correctness



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BEAUTis DU SPECTATEUR. l85

Parmi les grands genies , il en est peu qai s'al-
titent radmiratton de tout le monde , et qu'on
puisse regard^r comiue des prodiges de la nature
hnmaine ; ce sbnt eenx qui/ par la seule force de
feurs talens natareis , et sans le secours de I'art ,
ontproduit des ouyrages qoi ont fait les delices de
leurs contemporains et I'^tonnement de la post^ri-
l^. Att milieu de Firr^giilarit^ qu'on trouve dans ccs
grands g6nies , ii y a quelque chose de noble ,
infiniment plus beau, que tous ces tours et cette
delicatesse enfant es par ce que les Francois ap-
pellentlebel esprit 9 c*cst-k-dire, le genie poli par
la conversation , la reflexion , et la lecture des
ineiilenrs ecrivains. Le g^ni'e le plus Aere , qui
s'est imbu des arts et dei sciences , en prend je ne
sais quelle teinture qui le fait tomber iufaillible-
iaent dans P imitation.

On trouve plusieurs de ces grands genies na-
tnrels , qui n'ont point et^ disciplines, ni geu^s
par les regies de Fart , parmi les ancieus^ et suf-
tout parmi ceul des pays les plus orientaui.
Homere a une infinite de traits hardis auxqucfe
Yirgile nef pouvoit pasatteindre, et dans les livres
de FAncien Testament nous a vons^ divers passages
d^un subUme beaucoup plus noble que celui
d'Honi^re. Hl^is si Ton accorde aux anciens un
g^nie plus hardi et plus eleve, il faul avouer en
m^me temps que les plus grands d'entre eux
manquoient , ou> si on Faime miGoX, ^toient du-



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l86 BEAUTIES OF THE SPECTATOR.

of ihc moderns. In their similitudes and allu-
sions, provided there was a likeness^ thej did not
much trouble themselves about the decency of
the comparison : thus Solomon resembles the nose
of his beloved to the tower of Lebanon which
looketh towards Damascus ; as the coming of a
thief in the night, is a similitude of the tamm
kind in the New Testament. It would be endless
to make collections of this nature ^ Homer illus-
trates one of hiS heroes encompassed with the
enemy, by an ass in a field of corn that has his
sides belaboured by all the boys of the village,
without stirring a foot for it; and another of them
tossing to and fro in his bed^ and burning with
resentment, to a piece of flesh broiled on the
coals. This particular failure in the ancients,
opens a large field of raillery to the little wits,
who can laugh at an indecency, but not relish the
sublime in these sorts of writings. The present
emperor of Persia, conformable to this eastern
way of thinking; amidst a great many pompous
titles, denominates himself ' the sun of glory,'
and ^ the nutmeg of delight.' In short, to cut
off all cavilling against the ancients, and parti-
cularly those of the warmer climates, who had
most heat and life in their imaginations, we are
to consider that the rule of observing what the
French call bienaeance in an allusion, has been
found out of laier years, and in the colder regions
of the world } where we would make some amends



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BEATJT&S DU SPECTATEUR. 187

dessus de Feiiactitude et de la delicatesse des
modernes. Dan^ les similitudes et les allusions ,
pourTu qu'il y eikt quelque ressemblance y ils ue
siDquietaient gu^re de la bienseance de la com-
paraison : ainsi Salomon compare le nez de sa bien-
aim6e a la tour du Liban , qui regarde vers Damas ^
et la Tenue de Jesus-Christ est compar^e^ dans
leNouyeau Testament^ a I'arriy^e imprevue d'un
larron pendant la nuit. On ne finiroit pas , si I'on
s'amusoit a recueillir tous les exemples de <^ette
nature qui setrouyent dans lesancietis. Homere
nous represente un de ses h^ros y enyironne de
I'ennemi^ comme un 4ne qui pait dans un
champ de ble y et qui nef bouge point y quoique
tous les enfans du yillage soient h. ses trousses ; il
en compare un autre ^ qui , plein d'ardeur pour
assouYir sa yengeance y ne trouye aucun repos
dans son lit , a un morceau de yiande qa'on grille
sur des charbons. Ge d^faut des anciens ouyre un
Taste champ a la raillerie des petits esprits^ qui
peuyent se moquer d'un manque de bienseance .
mais qui ne godtent pas le sublime de cette sorte
d'onyrages. Le roi de Perse actuel ^ entre une
foule de tilres pompeux qu'il se donne y 4 la ma*
niere des orientaux y prend celui de soleil de
gloire, et d^agreahle noix muscade. En un mot y
pour couper court k une critique trop s^y^re
des anciens a- cet ^gard , sur tout dc ceux qui ha*
bitoientles climats les plus chauds^ et qui avoient
le plus de chaleur et de yiyacite dans Timagina-



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l88 BEAUTIES OP THE SPBCTATOR.

for our want of force and spirit^ by a scrupulous*
nicely and exactness in oar composilions. Onr
countryman^ Shakspeare, was a remarkable in-
stance of this first kind of great geniuses.



I cannot quit this head without obserring that
Pindar was a great genius of the first class^ who
was hurried on by a natural fire and impelnosity
to vast conceptions of things and noUe sallies of
imagination. At the same time^ can any thing be
more ridiculous than for men of a sober and mo-
derate fancy to imitate this poel*s way of writing
in those monstrous compositions which go among
us under the name of Pindarics ? When I see
people copying works^ which, as H^oracehas re-
presented them, are singular in their kind, and
inimitable; when I see men following irregulari-
ties by rule, and by the little tricks of art straining
after the most unbounded flights of nature, I can-
not but apply to them- that passage in Terence :



-Incerta hose si tupostuUs



JRatioTU certafacerCj nihilo plus agas
Qudm si des operam , ut cum ratione insanias,

Tou may as well pretend to be mad and m your senses at
the same time, as to think of reducing these uncertain things
to any certainty by reason.

EuK. Act. 1. Sc. 1.



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BBAUT:fes DU SPECTATEim. i8g

tion , ilfaut sayoir qiie ce qa'onappellebiens^dnce
dans une allusion , est une d^couverle moderne
de nos pays plus tiemperes, ou , par une delica-
tesse et une eiactitude scrupuleuse ^ nons vou*
drions snppleer a ce qui nous manque dc force et
de vivacity d'esprit. Notre compatriote Shaks-
peare est un exemple bieu remarquable de celte
premiere sorie de grand g6nie.

Jene saurois abandonner ce tnyei sans observer
que Pindare ^toil aussi un grand genie da premier
ordre, qui , emporte par I'impetuosil^ de son feu
naturel , s'^levoit h. de yastes conceptions des
choses ^ et k de nobles saiUies d'imagination. D'un
autre c6t^, pent-on rien Toir de plus ridicule que
des hommes' d'une imagination chaste et miS-
dioOre ^ qui veulent imiter sa matii^re d'^crire , et
qui nous donnent des pieces monslrueuses, sous
le beau nom d'odes Pindariques? Lorsque je viois
des gens qui s'aTiseni d'imiterdes ouvrages qu'Ho-
race nous repr^sente comme singuliers en leur
genre et inimitables^ lorsque je les vois suirrc des
irregnlarites arec m^tbode ,. et que , par les petits
tours de Fart , ils s'^orcent d'atteindre aux sail-
lies les plus yiyes de ta nature, je ne puis que
leur appliquer cet endroit de Terence :

Incerta hcec si tu postules

Bmtioiie certafacere , nihUoplus agcLS

Quam si des cperam , utcum rakOKe insanias*

Prendre fixet par la raioon des choBes incertaines , c'est

youlojr alliei* la rai«on ayec la folie.

EuK. Act. 1. Sc. 1.



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igo BEAUTIES OP THE SPECTATOR.

In shorty a modem Pindaric writer compared
with Pindar, is like a sister among the Camissars
compared with "Virgil's Sibyl: there is the distor-
tion, grimace, and outward figure, but nothing
of that dirine impulse which raises the mind above
itself, and makes the sounds more than human.

There is another kind of great geniuses which I
shall place in a second class^ not as I think them
inferior to the first, but only for distinction's
sake , as thej are of a different kind. This second
class of great geniuses are those that have formed
themselres by rules, and submitted the greatness
of their natural talents to the corrections and re-
straints of art. Such among the Greeks were
Plato and Aristotle^ among the Romans, Virgil
and Tully; among the English, Milton and Sir
Francis Bacon.

The genius in both these classes of authors may
be equally great, but shews itself after a different
manner. In the first it is like a rich soil in a
happy climate, that produces a whole wilderness
of noble plants rising in a thousand beautiful land-
scapes without any certain order or regularity.
In the other it is the same rich soil under the
same happy climate, that has been laid out in
walks and parterres, and cut into shape and beauty
by the skill of the gardener.

The great danger in the latter kind of geniuses,



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BEAUTES DU SPECTATEXJR. IQl
Enfin un de ces poetes modernes , compard k
Pindare , esl comme une soeur Camisarde , compa-
r6e avec la Sibyile de Virgile: les coDtorbions,
les grimaces et I'exterieur s'j trouvent; mais 11
n'y a rien de celtc impulsion diyine qui ^leve Pes-
prit au-dessos de lui-meme ^ et lui fouruit une do^
quedce plus qu'humaine.

II y a une autre sorte de grands g^nies que je
mets dans une seconde ciasse, non pas que je les
croie infi^rieurs aux premiers^ mais seulement
pour 6iablir entre eul une distinction ^ parce qu'ils
8ont d'une esp^e differente. Ces gdnies de la se-
conde classe sont ceux qui , formes par les regies
de Tart ^ j ont soumis la beaute de leurs lalens
naturels. Tels ont et^ , parmi les Grecs^ Platon et
Aristote*, parmi les Komains, Virgile et Ciceron \
parmi lesAnglois, Milton et le cheyaHer Francois
Bacon*

Le genie dans ces deux classes d'anteurs peut
£tre ^galement beau , mais il se montre d'une ma-
jkihre diff(6rente. Dans la premiere , il ressemble k
un terroir fertile sous un heureux climat^ qui pro-
duit une infinite de belles plantes, formant mille
dessins charmans^ sans aucun ordre ou aucune
sym^trie. Dans Taulre^ c'est le m^me terroir,
sous le mSme cliiuat ^ qui a ^te dispose en allies
et en parterres , et oii le talent du jardinler forme
des compartimens agreables.

Ge qu'il y a de plus a craindre k I'^gard des dev-



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iga BEAUTIES OP THE SPECTATOR.

isy lest they cramp their own abilities too mucb
by imitation^ and form themsdiTes altogether upon
models^ without giving the full play to their own
natural {)arts. An imitalion of the best authors
is not to <;ompare with a good original ; Mid I
believe we may observe that very few writers
make an extraordinary 6gure in the world, who
have not something ia their way of thinking or
expresiring themselves, that is^peculiar to them,
aiid«eDtircly their own.

It is odd to consider what great geniuses are
sometimes thrown away upon trifles.


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