Girolamo Aleandro.

Lettres familières de Jérome Aléandre (1510-1540) online

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tout est souffrant en moi ,' je ne
puis plus ni ecrire, ni etudier.
Mais quand mime fen aurais la
force, je nen trouverais pas faci-
lement le loisir. Je nexagerepas,
je dis la verite, et vous meme,
si vous etiez ici, vous pour-
riez aisement vous en rendre
compte. Si done les circonstances,
comme il arrive fre'queinment,
prolongent votre mission, et que
pendant longtemps encore elles
nous privent de votre retour, je
vous en prie, meme de Ik-bas, 6
demeure d'une grande ame, venez
un peu a mon aide, par des pa-
roles ou par des actes, ou des
deux manieres a la fois, afin que,
moi aussi, j'aie une occasion de
me vanter, comme en ont tous
les autres Grecs qui se trouvent
ici. Tous en effet, ils se vantent
des bicnfaits de leurs seigneurs;
pour moi, je ne me glorifierai
qu'en Dieu et en vous.



1. Sic pour hi txjtoj ; cette abreviation est sans doute pour h t:& auxiS.

2, Sic.



[501]



LETTBES FAMILliRES DE J15h6mE AL]5aNDRE



71



EXOsTOi (7IU Tcivuv TO jj-svaXcjipe-
•iieq xa; '(ivvxXo^ v.a.1 eXeuOepiov Tvjg
diu/rj,;, naTaXaSsTO) p.e y) rr] euaTiAaY"
^via' \i.ri laar;; to ctov avaOvji^.a axoX-
XuaSai' oiisp |j.£t' O'j t:oXu, Geou
auvaipovTOc, £V EXXiot avaSrjjsig,
OTTS'j Y 5 £' Qew apsaiov, eijloI |ji£v to
oiSaaxetv y.at auGi? /.ixoui; Xa[j.6avsiv
casTai' o-c; o , wg alii'a p-oi toOos
-' ayaOou ' vsyovoti, to twv iTrai'vwv
•/.a; Iy"''-wij.''(iJV avaovjaSo:'. ~ o-Tsoavotc



TajTa ouv iravTa XcY^iv [xe r.c/.pc/.-

/.IVet TO lJ.£Y"JtO''' O-Sp SV^TYjTOlJ.rjV aor,

Oappo?, £Tt T£ y.ai to -f^q ize^iidQ y.al
lEviTEia? TaXafetopoV y.at si'-sp tic
ouay.oXoc oiaTaiTa iiavot'^v, a6YY"'<^6'7
oio'-OTX. EXtilo) y^P "''-^'' (3£6ai(i)5
E-ijTaj/.ai TCUTO OTi, el laTt (rot [j.ovov
TO SuvaaSai -/.ai tov Tpoircv ex^'v,

■JtOlYjaElS [./.Ol Hai U-£p to a'lTOU[A£VOV.

"Eppwao £jSaiij.ov(ij?, xa'i uy'^i'vuv
£jTU);or^(; lJ.oi.



Vienne done la magnificence,
la noblesse et la liberalite de
voire ame ; que voire misericorde
me saisisse, ne laissez pas perir
un objel qui vous esi consacre.
Sous peu, Dieu aidani, vous me
rendrez a la Grece, oil, s'il plait
a Dieu, je pourrai de nouveau
enseigner et entreprendre des ira-
vaux. Et vous, qui aurez etc pour
moi la source de ce honheur, vous
serez ceint d'une couronne de
louanges ei de chants de gloire.

Si Je me permeis de vous par-
ler ainsi, c'est k cause de la
grande confiance quej'ai en vous,
a cause aussi de mon lamentable
etat de pauvreie ei d^isolement en
pays etranger. Si j'en parais
d'humeur chagrine, veuillez
m'excuser, mon maitre. Tespere
et je Hens pour assure que, pour
peu que vous le puissiez, ei que
vous trouviez pour cela une cir-
constance favorable, vous ferez
pour moi plus encore que je ne
demande.



acq y.aTa TrdivTa iy^peioq o\v.i-r,q
Iwavv^? ^su-^poc A7.y.£oat;j.ovto?, £v
'Pwy//;, 'i'cupouzpbu €/.■ .



Je vous souhaiie sanie, bon-
heur et prosperite.

Voire serviteur inutile en tout,
Jean Severos, Lacedemonien.

Rome, le 1"'' fevrier.



1 . Sic pour Taya9o5.

2. Sic poui' ivaOEiaSai,



72 .T. PAnuiER [302"

XL

Aleandre a Guillaume Enckenvoirt. — Griefs d'Armerstorff contre Gilles de
Viterbe, Enckenvoirt et la cour de Rome, au sujel dune prevote du diocese
de Strasbourg. Mepris de I'Allemagne pour les censures ecclcsiastiques.
^Vleandre prie Enckenvoirt de s'entremettre pour faire cesser le meconlen-
tement d'Armerstorff. — Affaire de Luther. — Worms, 6 levrier 1321 Vat.
8073, f. 224^ cop.)

Sur I'affaire de cette prevole, nous sommes amplement renseignes par les
documents suivants :

1° Aleandre k Jules de Medicis : Griefs d'Armerstorff. 6 fev. 1521 iBrieger,
43, 44 ; Balan, 48).

2° Aleandre a Enckenvoirt (6 fevrier 1321 : c'est la presente lettre.

En meme temps, Aleandre dut ecrire a Gilles de Viterbe, comme on le voit
par sa lettre a Jules de Medicis (Brieger, 44), et par la reponse de Gilles a
Aleandre (Balan, 62-63 .

D'autres personnages de I'entourage de I'empereur envoyerent aussides lettres
a Rome a ce sujet : .; 11 confessore ha scripto, et voi, et il Prothonotario et
tutti ». Jules de Medicis a Aleandre, 3 mars 1321 (Balan, 83 .

3° Gilles de Viterbe a Aleandre : il explique et justifie sa conduite. 22 fevrier
1321 (Balan, 62-63) <.

Par cette lettre (Balan, 65), et par la reponse d" Aleandre (ci-apres, n° XLI',
on voit qu'en meme temps Gilles ecrivit aussi a Charles Quint et a Armers-
torff. Precedemment, il leur avail deja ecrit; mais les deux lettres n'etaient
pas parvenues (Ci-apres, n° XLI).

4° Gilles de Viterbe a (?) Armerstorff. (Arch. Vat. Xunz. di Germ. 50 f. 21-23).
Brouillon d'une lettre semblable a la precedente, et deux actes se rap-
portant au litige. Le brouillon est sans date, ni adresse, ni signature. Gilles de
Viterbe y dit que dans cette affaire Enckenvoirt a fait Timpossible pour satis-
faire les Armerstorff. — Ensuite, on trouve un expose de la question. Celle
prev&te etait celle des « Sanctorum Martini et Harbogasti loci Simburch,
Argentinensis Diocesis ». — Pour faire plaisir a Tempereur, le pape a force
Jacques Abel a resign er cette prevote en faveur du frere d'Armerstorff.
Gilles envoie I'acte de resignation, et deux brefs. Tun pour Georges Armers-
-torff, le possesseur nouveau, I'autre pour que le chapitre le re?oive. C'est
une pure grace que le pape fait a Georges Armerstorff, en consideration
de son devouement au siege apostolique, devouement aflirme par une lettre
de Glapion.

Nous avons ici, croyons-nous, cette lettre plus courte dont Gilles de Viterbe
parle dans sa lettre a Aleandre (Balan, p. 65).

1. Brieger (Odd. cite, p. X,note31ditque^TaisemblabIement cette lettre et len°29 de
Balan ne sent pas de Jules de Medicis. En recourant au manuscrit, on voit, en etiet,
que I'en-tete imprime dans Balan est inexact : la premiere de ces deux lettres est de
Gilles de Viterbe, la seconde de Nicolas Schonberg.



[503] LETTKES FAMILIERES DE JlllROME ALEAiN'DaE 73

5° Aleandre a Jules de Medicis. Encore sur les griefs d'Armei-storff. 27 fevrier

1S21 (Brieger, 73; Balan, 74).
6° Jules de Medicis k Aleandre. Reponse a la lettre du 6 fevrier 1521 : I'affaire

est conclue au gre d'Armerstorff. 3 mars 1321 (Balan, 83, 84).
7° Aleandre a Jules de Medicis. Reponse k la lettre du 3 mars 1521 : conten-

tement et remerciements d'Armerstorff. 16 mars 1.j21 (Brieger, 106-107;

Balan, 141-142).
8° Aleandre a Gilles de Viterbe. Reponse k la lettre du 22 fevrier 1521 (ci-des-

sus, 3°), 16 (?) mars 1521 (ci-apres, n° XLl) K



D. Willelmo di Enchenvoirt.

R'^" Pater et D"" plurimum observande. Non possum pro amicitia
nostra ubi de honore Paternitatis V. agitur earn non reddere cer-
tiorem. Quarto abhinc die in cubiculo Caesareae Majestatis ubi
causam contra crudelissimum el impiissimum Lutherum tractabam,
insurrexit in me alta voce D' de Amiestorff - alioqui certe honestis-
simus; et « nihil, inquit, pro Sede Apostolica facere deberet Caesar,
quum omnes fraudes et doli, quotquot humanum ingenium potest
excogitare, Romae fiunt. o Ego quidnam hoc novum esset, ab so
sciscitatus, inlellexi tandem ipsum conqueri ob causam cujusdam
praepositurae Argentinensis Diocesis quam in favorem fratris sui,
nomine tamen R"" D°' Cardinalis Aegidii 3, reservatam esse, et,
ipsius possessione accepta ab eodem R™° Cardinali, contra fidem
datam, resignatam fuisse D"" Jacobo Abel* dicebat. Addebat etiam
id totum factum esse fraude et arte R'^*'' P. V. cui quum saepenu-
mero commendasset id negotium, non solum ea id [nonj executa
fuerit quod ipse optabat, sed ne minimum quidem responsum a
pjmo Cardinali impetrasse, aut per seipsam vix unquam respondisse,
aut in quo statu res esset significasse plurimum conquerebatur ;
minabatur etiam D"^ praesertim Abel, si quid unquam contra fructus
beneficiorum ejus fieri posset, se facturum. Et in hac re multos



1. Je me borne a ces simples indications, parce que le docteur Kalkoff se propose
de faire une etude detaillee de cette affaire dans la Zeitschrift fiir Kirchengeschichte.

2. Paul d'Armerstorff, chambellan de I'empereur,

3. Gilles de Viterbe.

4. Sur ce personnage, voir Kalkofl', Die Depeschen des Nuntius Aleander (Halle,
1897, in-8»), p. 98, note 1. Mais sur la prevote dont il s'agit ici, M. Kalkoff ne semble
pas tres bien renseigne. Voir, ci-dessus, les notes en tete de cette lettre, et Arch. Vat.
Nnnz. di Germ. L, f. 21-23.



74 J. PAQUIER [504]

rautores et acclamatores me etiam praesente habebat : qui omnino
dicerent nunc censuras romanas in Germania modicam (quod utinam
falsum esset) habere aucloritatem. Divulgabant praeterea id in tota
aula et nisi haec injuria Romae reparetur, in frequentissima Prin-
cipum sessione se conquesturos minabantur.

Eg^o illic multa de fide, integritate, prudentia R''^^ P. V. tot jam
annis in arduis imperialis familiae et totius tarn Germaniae quam
Hispaniae negotiis comprobata locutus, mitigato aliquantisper eorum
furore tandem decrevi ad eandem P. V. scribere, rogans earn quanto
enixius fieri potest ut cum R""° D°° Cardinali et praedicto Abel ita
agere nitatur, ne D""^ de Armestorff conqueri habeat ; ut saltem ita
respondeatis, ut cognoscat sibi nullam esse in hac re injuriam fac-
tam. Nam praeter periculum quod imminet ex conditione hujus ter-
ribilis nationis, etiam dolerem P. V. aliquod detrimentum pati in
ea auctoritate et gratia quam merito a pud Caesarem habet, cui D=
de Armestorff, qui in ipsius cubiculo cubat, et curam corporis gerit,
multis de causis, si quis alius, certe gratissimus et acceptissimus est.

Bene valeat R™ P. V., cui me commendo. De periculosissimo
et abominabilissimo Lutheri negotio, quod ut video, vos Romae
pauci facitis, et ego hac de causa plurimum patior, alias scribam.
Wormatiae, vi Februarii MDXXI.



XLI

Aleandre a Gilles de Viterbe. — Heureuse conclusion de Taffaire Armers-
torff. Satisfaction de I'empereur et d'Armerstorff.

Gilles de Viterbe se plaint de malheurs imaginaires : ceux d' Aleandre ne sent
que trop reels. Ses luttes pour I'Eglise. Rome pese tout dans la balance du
succes. (Vat. 8075, f. 19'- cop.]

Aleandre regut le 11 mars la lettre de Gilles de Viterbe du 22 fevrier 1B21
(Balan, p. 62). Cette reponse est done des jours suivants ; elle fut sans doute
envoyee avee la lettre du 16 mars a Jules de Medicis*. C'etait Tepoque des
plus fortes luttes d' Aleandre centre les partisans de Luther '-. La cause de
son amertume contre Rome 6tait peut-etre le silence sur son nom dans la
bulle du 3 Janvier 1521 et surtout dans quelques-uns des brefs regus le
11 mars, ou Caracciolo seuletait nomme 3; probablement aussiavait-ilregude



1. Brieger, p. 96, n° 16.

2. R. A. II, p. -477-533.

3. Balan, p. 54, 83, 106; Brieger, p. 58, Hi.



[503] LETTRES FAMILIERES DE jfiROME AL^IANDRE 73

Rome quelques nouvelles privees, peut-etre de Gilles de Viterbe lui-merne,
I'informant qu'a Rome il (itait moins appr^cie que nagufere, et que Ton y
songeait a envoj'er a Worms un cardinal-legat pour negocierles affaires reli-
gieuses *

Aegidio Cardinali H[ieronymus] A[leander] N[untius] Ap[ostoliciis]

Ita me sibi lotum occupatalque adeo tantum iion devorat Luthe-
rana ista h^'dra ut vix pauca haec adtescribere potuerim, accepisse
me literas tuas, Armestorpho reddidisse quas ad eum dabas, Caesari
non item. Is namque hoc triduum \jM.y.vrfly.q (non ut graeco magis
quam uno verbo exprimam illius morbum) neminem admisit. Ubi
convaluerit, quod superest faciemus. Rescivit tamen interim Caesar
omnia ut acta sunt tum ex Armestorpho, tum ex Leodiensi meo,
qui te plurimum colit, admiratur, amat. Armestorphus nunc tam
privatim quam in conventu frequenti Principum si quid ante de te
minus probe dixerat •Ka/avwcei, se non tua ulla, sed tabellariorum vel
fraude vel negligentiadeceptumpraedicat, qui eas literas, quasin tuae
innocentiae excusationemadCaesarem etadipsum antea dedissescri-
bis, non reddiderunt, estque is nunc omnino, si unquam alias, tuus. At
Caesar jam confirmato animo in ea opinione quam initio de te con-
ceperat, ita de tua excellenti doctrina et integritate vitae honorifice
est locutus talemque sui in te amoris notam edidit ut vere aliquod
magnum commodum ex isto casu, Caesaris munificentia, in te[sit]
profecturum. Nam honoris et dignitatis etiam sine Caesare satis jam
tibi per te partum. Id quod dico sic esse et Caesaris et Armestor-
phi literae haud ita multo post verbis meis facient iidem ; ego
quamdiu hie ero, ita res tuas me curaturum recipio ut non sit quod
fidelioremaut diligentioremtibi desideres. Tunc enim lucri plurimum
fecisse existimabo cum mea opera et studio aliquid tibi accesserit
fortunarum, per quas, et pro dignitate ista agere, et quod semper
optasti. bonos et doctos fovere possis.

Tu interim, quaeso te, ne ita ]xt\j.ih'.\>.cips.<. ista quae dicis, tua
infortunia lamentando, [ne] cum magno tuorum studiorum detri-
mento, atque adeo rei literariae damno sauxov Ti\)Mprfirjq. Neque enim
putes ista animi anxietudine nisi non impediri et turbari quod in



1. Jerome Aleandre, p. 218 et suiv., P. Kalkoff, Forschungen zn Luthers romischem
Prozess (Rome, 1905, in-S"), p. 19.



76 J. PAQUIER [506]

communem utilitalem quotidie lucubrare consuevisti : quintu tecum
qui sis et qualis et quibus artibus ad istud honoris fastigium evec-
tus, non autem quid externorum possideas subinde reputes, et vide-
bis te jure optimo et Midis et Crassis conditionem tuam non mode
av-ta-^xujx'. verum et longe anteferre.

Mea sunt, Aegidi maxime, infortunia ', qui cum Reipubiicae Ghris-
tianae causa hie jam tot menses contra tot monstra pugnem, quot
fere homines lata alit Germania, cum totus tabe conficiar, totus
concanescam, cum denique hostes ipsos nostros in lidei et diligentiae
meae admirationemconcitem, nihil tamen, ut ad me scribitur, neque
Principi nostro, neque vobis Senatui satisfacio. Et haec romano
more. Gonsuevit enim Roma non in rationis, sed solius eventus
trutina fidem et studium hominum pensitare. Haec, inquam, sunt
infortunia, concitasse in me universum Septentrionem hostem, et
qui non nihil mens prius erat amisisse meridiem ; tuam vero sortem
tantum a best ut ego infortunatam putem ut doctrinam istam tuam
quamlibet pauperem potius optem quam aut (pstvty.i-iAov tuum
decus, aut multorum indoctas divitias. Vale. Borbetomagi Vangio-
num.

XLII

Remaclus Arduenna a Aleandre 2. — Zele de Remaclus pour la foi. II a com-
mence a ecrire contra Luther et il desire poursuivre la lutte. Mais, pourcela, il
est n^cessaire que Rome luidonne gain de cause dans un proces au sujet del'ab-
baye du Mont-Saint-Eloy dans I'Artois. Malines, 10 avril 1521. (Vat. 6199, f . 33
orig.) au dos : Spectabili et magniftco viro Domino Hieronymo Aleandro
Sarac™' Z)"' ATi apud Caesaream majestatem nuncio oratori; bene et ad manus.)

Spectabilis et magnifice domine, fautor et amice observande salu-
tem. Post discessum e Belgis nostrum, nihil memoratu dignum
occurrit, quare Uteris vacuis tua negotia interpellarem, occupatissi-
mus aliqui et privatis et publicis negotiis ; ceterum cum viderem
Lutherianam sectam quasi pestilentem anagyrim magis ac magis

1. Pour : Mea sunt, Aegidi, maxima infortunia'(?).

2. Remaclus Arduenna ou Remade d'Ardenne (1480-1521). Voir Bioijiaptxie natio-
nals de Belgique, I, 365-366; P. Fredericq, Corpus documentorum Inquisitionis neer-
landicae, IV (Gand, 1900). p. 33, 135. Graesse cite trois ouvrages de Remaclus
Arduenna {Tresor de Uvres rares ou precieux, I, 184).

Remaclus Arduenna avail sijourne i Paris au commencement du xvi" siecle : il y
avait peut-etre connu Aleandre.



[507] LETTRES FAAriLlfiRES DE jfiR6ME ALlilANDRE 77

serpere, leque et meunolibello cujus suppressus est auctor, proca-
cissime lacerates, summo quoque pontifici tantum tribui dumtaxat
quantum lucernario fratri, non tuli ulterius eatenus nebulonibus
sceleratissimis licere et perniciosa haeresi totum orbem corrumpere *.
Adorsus sum igitur in Lutherianos libros literariam expeditionem
quae ita successit ut a plerisque non improbetur ; peperci omni male-
dicentiae, jure ac ratione disceptavi; curavi quoque ut ejus libri
denuo urerentur, et nunc ubique fumant 2.

Verum, mi Aleander, gra-ves sunt hi labores, et me huic maledi-
corum ventilationi atque exagitationi noUem frustra exponere, tem-
pus quoque in his altercationibus terere, et propriam utilitatem negli-
gere; nimis mihi damnosum esset, imo plane stolidum. Dices forte.
A mene pecuniam? Nequaquam, sed paucis accipe. Litigo Romae
adversus oratores Gallos [circa] coenobium montis sancti Eligii in
comitatu iVrthesii, Atrebatensis diocesis, ordinis regularium divi
Augustini, pro domino Joanne de Feucis, affini meo, abbati etiam
coenobii Henniaeensis ejusdem ordinis ^. cum retentione prioris ; in
manu tua est cum pontifice agere ut in praemium aliquod meorum
laborum banc mei contemplatione abbatiam dicto affini meo donet,
annatam vero et compositionem mihi largiatur. Nosti qua fide pon-
tifici et religioni affuerim ; si id mihi impetraveris, quod sine ullius
damno fiet, ego tale certamen in Lutherianos geram ut orbis totus
agnoscatet eorum insaniam et Romanae ecclesiae dignitatem, et cul-
tum majore quam prius observantia colat ; si a pontifice hoc mihi

1. Evidemment, Remade veut parler des Acta Academiae Lovaniensis contra
Lutherum. (Martini Lutheri opera latina varii argumenti {id. Schmidt, Francfort,
t. IV, 1867, [J. 308-31 i). Aiiiandre y est en efl'el attaque avec passion. On y parle con-
stamment contre " ce Juif, qui n'cst peut-etre pas baptise «. On y parle aussi de ce
« mauvais drole » de Remacle, « Rimaclus notae improbitatis ganeo »; ct I'on y dit
qu'il faut ramener le pape 4 des idees plussaines: « Quae (Bulla) etiamsivenit a Ponti-
fice, tamen non statini est procedendum, donee Pontifex audicrit saniora consilia. »

M. le D' Kalkoff a consacrc de savantes pages k montrer que cet opuscule etait
d'Erasme. Voir k ce sujet ma recension des travaux de M. Kalkoff dans la Revne des
Questions historiques, 1" Janvier 1907.

2. Voir Kalkoff, Die Anfange der Gegenreformalion in den Niederlanden (Halle,
190 i, in-8°), I, 32.

3. Gallia Christiana, III, 424, 438. Cesdeuxabbayes sont celles du Mont-Saint-Eloy,
prAs d' Arras, et d'Hennin-Lietarl, entre Douai et Lens. A la mort d'Antoine de Cou-
pigny (20 mai 1520), les moines du Mont Saint-Eloy lui avaient donne pour succes-
seur Philippe de Marchenelles; mais la protection de Charles-Quint lui fit substituer
Jean de Feucy : celui-ci etait deja abbe d'Hennin depuis 1515. Remacle obtint done
ce qu'il desirait.



78 J. PAQUIER [308]

negetur, nihil est cur eg'o privatus in hoc publicum incurram incen-
dium. Vale et rescribe.

Mechliniae, decima Aprilis 1321.

Tuus ex animo servitor et amicus Remaclus Arduenna.



XLIII



Aleandre a (Enckenvoirt?). — Sur I'abbaye de Saint-Michel d'Anvers, et
I'eveque de Liege, Erard de la Marck. — Eloge de Glapion. Worms, 6 mai
lb21 (Vat. 8073, f. 38^ cop.)

Non possum non gaudere plurimum quum video operam R''"^ P'"
V. esse R""" D"° Leodiensi certe mirum in modum gratam; fecit id
summa intregritas, fides, doctrina, experientia quibus virtutibus in
omnibus suis expeditionibus R. P. V. utitur; fecit etiam non nihil
vivae meae vocis testificatio quae nunquam deest, ubicunque et
coram quocunque de P'* V. agitur, per omnes numeros partes
peragere. Nunc commendat idem R"'"^ D"°" causam concordiae super
abbatia Sancti Michaelis *, in qua oro P. V. ita dignetur agere sicut
semper consuevit ; in quo faciei rem supra modum gratam eidem
R™", mihi vero non minus jucundam quam si mea ipsius causa id
fecisset.

R. P"' D. lo. Glapyon, Caesareae Majestatis confessor, qui nunc
hie est in cubiculo meo, optimusmihi pater et praeceptor, et utrius-
que nostrum amantissimus, se plurimum commendat R. P'' V.,
quae diu felix, et adhuc banc aestatem istic maneat, etsi (ut puto)
non satis libenter. De novis scribam alias pluribus. Interim P. V

1. Saint-Michel d'Anvers. GalUa, Christiana, V, 153 ; Analectes ponr servir a I'his-
toire eccles. de la Belgique, V, 329-336, XV, 385 ; Messager des sciences historiques
de Belgique (Gand, 1895), 29-31 ; bibliographie : J. Paquier, Jerome Aleandre et...
Liege, p. 188-214. G'ctaitune abbaye de Premontres n quae de praestantioribus hujus
patriae censetur » (Analectes, V, 329) (annee liTTj.Ala fin du xvi" siecle, cette abbaye
etait encore tres importante [Analectes, X^', 385). L'aiVaire dont il s'agit ici est rela-
tee dans la GalUa Christiana, et dans les recents travaux du D' Kalkoff' (Dj'e Anfange
der Gegenreformation in den Niederlanden (1904;, 1, p. 11-12: Forschungen zu
Luthers romischem Prozess (1903,, p. 78). Charles Quint voulait donner cette abbaye
k la Marck pour le dedommager des pertes qu'il avail failes en se detachant de la
France. Les bulles de nomination furent enfin signees le 4 juillet 1520. Mais la Marck
resigna son droit en faveur de I'lilu du chapitre, Corneille de Berghes, moyennant
une forte pension.



[509] LETTRES FAMILrifeRES DE jfiR6ME AL^ANDRE 79

P(mis [)nis tneis D. Gorrectori ' ac praeposito Xanthensi -, me pluri-
mum commendare dignetur.
Wormatiae, VI maii 1321.



XLIV

Aleandre aux eveques [des Pays-Bas ■']. — Aleandre envois aux eveques la
buUe apostolique (du 3 Janvier i321), et I'edit imperial contre Luther ; il
leur commande de les publier, et leur transmet le pouvoir de r^concilier les
her(itiques. Anvers, 16 juillet 1521. (Vat. 8075, f. US'-, cop.)

R™ R'^' 111"'' et nobiles Patres et D°' etc. et mea qualiacunque
obsequia. Quam ita sim occupatus in Aula Serenissimae Gaesareae
Majestatis ut non possim hoc tempore me ad loca vestra transferre,
mitto per latoremi praesentium bullam Apostolicam sig-illo R'^' D.
Auditoris Gamerae in Urbe authenticatam nee non etiam ipsius
bullae executionem, edictum ejusdem Gaesareae Majestatis contra
Fratrem Martinum Lutherum etejus doctrinam, libros, complices et
sequaces ; quae omnia oro R'"='% R'^='^ Paternitates Vestras dignentur
in suo templo majori publicari facere, nee non etiam omnia quae
in eadem bulla et mandate continentur executioni demandare, et
ut idem faciant coUegiatae et parochiales ecclesiae vestrae Diocesis
in suis sermonibus et praedicationibus nee non valvis Ecclesiarum
sub penis et censuris in bulla Apostolica contentis praecipere. In
quo vobis vices meas committo, quod ut lldelius et diligentius per-
ficiatis auctoritate Apostolica in virtute sanctae obedientiae a vobis
require et sub penis et censuris omnibus supradictis vobis omnibus
et singulis injungo.

Et quoniam sperandum est, sicuti hactenus saepe contigit, non-



1. Jean Copis. Voir, ci-dessus, n° XXXVIII.

2. Jean Ingenwinckel. Ci-dessus n° XXXVII. La mention de Jean Copis et de Jean
InRenwinckel, ainsi que le ton general de la lettre, inclinent k croire que le destina-
taire de cette lettre est Enckenvoirt.

3. Voir Jerome Aleandre, p. 277.

Cette lettre, les n°" XLVII, LXXII, et peut-etre quelques autres ne rentrent pas
dans les Lettres familieres d'Aloandre. Mais ces documents eclairent la correspon-
dance d'Aleandre; pour ceLte raison et ci cause de I'interet qu'ils presentent, nous
croyons qu'on sera heureux de les tronver ici.



80 S. PAQUIER [510]

nuUos a detestabili errore Martini Lutheri ad verum et sanum sen-
sum facile redituros, si modo non fuerint relapsi in istam abomi-
nabilem haeresim, omnino et cum effectu abjuraverint, librosque
omnes et singulos quos habent in bulla et Mandate Caesareo prohi-
bitos vobis comburendos aut alias destruendos tradiderint, seque
amplius ad talem vomitum non redituros vobis etiam jurejurando
promiserint, ut absolvere omnino possitis et valeatis vobis facul-
tatem do et concedo auctoritate Apostolica mihi in hac parte con-
cessa. Bene valeant R™^, R"^*, etc. Ex Antwerpia, die XVI Mensis
Julii MDXXI.



XLV



Aleandre a Horvelmanus. — Pour I'instant, Aleandre ne peut s'occuper de la
demande d'Horvelmanus ; il est tout entier a TafTaire de Luther. |Vat. 807.j,
f. 79'', cop.)

Dans la lettre, on voit qu'Aleandre elait alors a Gand. Or, Charles-Quint et
Aleandre partirent d'Anvers le 17 juillet 1321 : ils demeurerent a Gand du
17 juillet au 4 aout '. C'est de ces jours que date la presente lettre.

Henrico Horvelmano Ecclesiae Divae Virginis Antuerpiensis
curato primario tanquam fratri amantissimo.

Venerabilis vir tanquam frater amantissime, salve. Legi, et quidem
libentissime, quas ad me dedisti literas, utpote ex quibus percepi,
te quod bonum et orthodoxum vereque Ghristianum hominem decet,
saluti fidelium studere. Caeterum quod a me in presentia petis, non
possum ante adventum meum istuc praestare, adeo sum enim prae-


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