Lyman Banks.

Parade tactics online

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HENRI IV



ET



LE MINISTRE DANIEL CHAMIER



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HENRI IV

ET LE MINISTRE

DANIEL CHAMER

o'apres
UN JOURNAL INCOIT DU VOYAGE DE CE DERNIER A LA COUR

EN 160V

FRAGMENT D'HISTOIRE

IiU * F Academic des Science* morales et politique*
le tft man 1S«4



Pricidi et suivi de quelques considerations et documents pour servir h Vitude du
jaractere de Henri IV



PAR M. CHARLES READ

Chef du Service des Cultet non catholiques au Ministere de l'lnstruction publique

et des Gultes , Secretaire du Gonscil central des Eglises reTormees de France ,

President de la Society d'Histoire du Protestantisme francais.



PARIS

A. DURAND I AMYOT

5, Rue des Gres-Sorbonne | Rue de la Paix, 8

4854




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lie I? -


i


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'4



3\, ; ;«;
TABLE DES MATlERES.



Pages.

Dkoicacb. . 5

avaxt-feopos, 9

M^moxrb sum Hiitrz IV el Dahiel Chamier. ... 21

I. — Daniel Chamier. id.

II. — Le Journal du voyage de Chamier a la

cour en 1607 30

III. — Henri IT et Daniel Chamier. ... 34
ArrKHDici de 1'avant-pr opos. . 65

I. — Sur le caractere de Henri IV . . . • 65

II. — Sur fabjuration de Henri IV. ... 66
m. — Sur les ranc/ms que paya Henri IV pour

se rendre maitre de sea bonnes villes

de Paris et autres. ...... 72

IV. — Remonstrance adressee a Henri IV par

un fidele sujet, le 2 aodt 1592.' . . 76

V. — Harangue de D'Auhigoe a Henri IV,

avant sa conversion 91

VI. — Lettres de la reine Elisabeth a Henri I"V%

au sujet de son abjuration. . . . 94



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LETTRE A M. CHARLES BAM,

PREMIER SECRETAIRE BE L'AMBASSABB BE FRANCE
A L05DRES.



Cher ancien camarade et honorable ami ,



Je satis fais un besoin de mon cceur en didiant cet
opuscule a la mimoire vinirie de votre glorieux pire,
VAmiral CHARLES BAVDIN.

S'il ne venait de*nous quitter pour le monde tneilleur ,
$'il Mail encore avec nous , je riaurais point eu cette
pensie. Je connaissais mieux que personne cette sincere
modestie et cette simplicity pleine de chartne, qui le
portaient a dicliner les hommages provoquis par son
rare mirite. La consideration du devoir pouvait seule
lui faire admettre certaines distinctions, et si, tout
ricemment 9 il avait consenti que finscrivisse son worn
en tele d'une publication administrative , a laquelle il

1



!.?:V ? -



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— 6 -
attachait d'ailleurs un vif intirtt, c'itait uniquement
camme reprisentant official de ces Eglises riformies,
qui lui furent si chives.

Aujourd'hui , c'est a Vhomme privi qui m'honora
de sa douce el pricieuse amittt, c'est au bienveil-
lant coreligionnaire qui seconda efficacement mes
investigations historiques , que je veux offrir, en sou-
venir reconnaissdnt , ce fragment d'histoire auquel il
s inter essait d'une maniire toute particuliere. Je veux
acquitter id une dette envers le zitt collaborator de
la Soctetd de l'Histoire da Protestant isme francais;
envers celui qui avait accueilli cette ceuvre naissante
avec tant d'empressement, qui enrichit le premier de
ses Bulletins d'une dlpouille vraiment opime, lors-
qu'il m'adressa une communication si touchante et si
remarquable sur les Fragments d'un Registre matri-
cide des Galeres de Marseille (galires peuplies par
Louis XIV de martyrs de la foi protestanU) > et tors-
qu'avec votre consentement il fit don aux archives
de notre Soci&e , de ces mimes fragments heureusement
conserves par lui , comme un douloureux , mats glorieux
trophic (1).

Que de fois il me timoigna sa profonde admiration
pour Vhistoire de nos iglises protestantes I II tenait
pour certain que notre France eut eu de mnljeures
destinies, si elle n' avait point mtcomu et perstcuti la

(i) Bulletin de la Bociiti de VHUUrfre du Protestantism* frmeaU >
N" 1 el 2> mai et jura 1862, t, 1, p. 52, 70 ct 605.



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~ 7 —
Btforme ; il itait fermement convaincu que Men des
ipreum eussent tit tpargnies A notre pauvre patfie ,
M $e$ ancient government* s'ttaient montrts , envers
le Protestanttsme y moins aveugles et moins iniques;
si la lumiire morale, si Intelligence des irais inttrits
du pays, les avaient dirigis, au lieu de ces tristes
faible$se$ , de ces funestes prijugis , de ces ditestables
mobiles de la politique humaine , qui pervertirent mtme
les moins mauvais, et furent cause qu'ils ditournirent
pour longtemps de ses viritables voies le royaume tris*

chritien

Si mens non laeva fuisset !

ajoutait-il, par une de ces citations classiques, pleineS
d'a-propos et de sens , qui lui itaient familiires.

Je me rappellerai toujours avec quelle intime satis-
faction il me parla des iloquents articles de critique
publiis naguire par le plus iminent publiciste de notre
epoque* M. S.de Sacy (1). Dans ces pages, ecrites avec
une si grande tlivation de talent, votre excellent pire
retrouvait V exposition des nobles principes gfct Vani-
maient , et que Men souvent j'eus le bonheur de V en-
tendre dtvelopper avec la vraie et pinttrante Eloquence
qui le caractirisait , celle qui vient du c&ur.

En didiant ces quelques feuilles a la memoire de
VAmiral , je ne fais done que lui rendre un tribut Men

(1) • Notamtneni a propos de 2'Histoire des Protectants de France,
de M. de Felice; de celles de Is Literature Franchise a Tetranger, de
M. Sayous, et des Protestants refugies de if- Ch. Weiss. (Journal des
Bebats des 26 ma\ 1852 , 9 mars el 5 oclobre 1853.)



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— 8 —
legitime. Le document hislorique , qui a Hi Vobjet de
mon itude, V avail beaucoup frappi; il se faisait un
plaisir de le relire dans la nouvelle forme que je lui
donne ict, et il exit agrM avec son affectueuse bonti
Vhommage particulier du premier exemplaire d'ami

que feusse 6U si heureux de luioffrir La mort

rapide m'a devanci' Qu'il me soit per mis du moins
de lui en [aire ici une publiqae dedicace. Recevez-la
en son nom 9 vous , son digne Mritier, avec V expression
de ma Men profonde sympathie.

Paris, 10 jura 1854.

Charles Bead.



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AVANT-PROPOS.



De combien de publications de toute nature
Henri IV n'a-t-il pas 6te Tobjet 1 Apres le tribut des
contemporains, apres les C/lrono/o^s dePalma-Cayet,
la Decade de Le Grain , YHistoire de Matthieu ., les Eco-
nomies royales de Sully , la Biographie de Perefixe , etc.
sont venus , au XVIIP siecle , la grande Epopee virgi-
lienne de Voltaire , puis les compilations sans nombre
et les tloges academiques , que remit ensuite a la
mode un estimable opuscule publie en \ 785 par l'abbe
Brizard , sous ce titre : De I' amour de Henri IV pour
les lettres (4). Enfin, a la chute de l'empire, en
\ %\ $j dans la ferveur de la restauration bourbon-
nienne, ce fut, on s'en soiivient, un debordement
d'enthousiasme, un deluge de pan^gyriquesetd'apo-

(!) Petit in-18 , plein de notes et ^observations int&ressantes,
et qui est devenu fort rare. L* Esprit de Henri IF oa Jnec-
dotet , etc. avait paru en 1770 in-8° et fut bien des fois reim-
prime. Nous en avons sons les yeux une edition in-12 de 1790.



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— 10 —

thtases , dans tous les formats et dans tous les genres
(4). On prona, on exploita , dans I'int6r6t politique
du moment et jusqu a satiate , le type cheyaleresque

Du aeul roi dont le peuple eftt garde la memoire.

Aussi un historien de nos jours a-t-il. 6te bien
fond6 a dire , en pr6sentant au public unc notice sur
Henri IV , que c'6tait un sujet use par toutes les sortes
d' adulations ; mais il a pu en meme temps ajouter ,
avec non moins de raison , qu'en d6pit de toutes les
rapsodies de la flatterie ce sujet si rebattu 6tait neuf
encore pour la verite (2).

II 6tait reserve a notre 6poque d'en foiirnir la
preuve , en rassemblant les materiaux epars de ce
beau monument de la Correspondence de Henri IV, —
que Tabbe Brizard avait eu l'honneur de, concevoir et
que le ministere de M. Villemain eut le merite d'ex^-
cnter, — et en nous donnant erifin le portrait origi-
nal, « r image authentique du grand monarque,
tracee par lui-m^me (5), »

(1) Alon foiflonn&rent L' Esprit de Henri IF, Les Wastes de
Henri JF, La Petite Henriade, Henri IF peint par W-
mSme , et tant. d'autre* Henri de circonstance, « didies ( selon
la formule) d tous les bons Frangais. » — Maisd&s 1818 , un
'anonjme publia Henri IF et les Ji suites , in-8°. Ce fut comme
- le signe avant-coureur de cette reaction qui fit pleuvoir bientdt
,aptfct kf pattophleftf aati-jdrattiquoi,

(S) Feu lfc A. Bazia; Revue de Paris du 8 jan? ier 1887.

(3) Rafpport de M, Villemain, en tdte du Recueil des leitres
missives de HentilFpublti par M. Berger de Xi?rey , roembre



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— il —
Let ux premiers volumes, aetuellement publics da
ce recueil ont deja fourai aux Etudes histortques
une part imporUnte de la riehe moisson qui leur
6tait promise , et ont , des a present , donn£ lieu a de
sArieuses appreciations , tant sur le caractere person*
nel et politique du premier des Baurbons , que sur
l'ceuvre m£me dont il fut tout a la fois l'instrument
et l'agent (4 ). L'£diteur avait cru pouvoir affirmer k
l'avance qu'aucun des traits si eonnus dont se com-
pose pour nous la figure traditionnelle de Henri IV
ne serait efface par la publication de sea ecrits. Et en
effet, k mesure que s'est developp6e cette grande
autobiographie epistolaire , on a reconnu « cette
heureuse et rare nature , ces quality d'esprit et de
caractere merveilleusement equilibrees, auxquelles
la n6cessit£ avait joint une experience precoce etle
malheur ses salutaires epreuves ; » on a pris sur le fait
« ces vives allures d'esprit, cet imperturbable bon
sens , cette irresistible seduction de langage qui sera*

de rinstitut , tome I, 1843 , in-4«\ Dans sa preface , H. Berger
rend a PabbS Brizard le juste hommage qui lui est du, pour
Tappet qu'il avail le premier adressg au public- et l'irrteniion
qu'il avait manifestee de former un semblable recueil. La t&che
6tait au-dessus de ses forces, mais il eut l'intelligente initiative
de cette id£e , que nous voyons aujourd'hui si heureusement
-rtalisef..

(1) Voir entre autre* trois articles remarqtiables de It. L. da
Carn6 , Revue des Deux-Mondes des 15 fevrier et l ,r roars 1845!
et de M. J. Rabanis, Bulletin des SocUlis savantes,n° da 18
feyrier 1854. \ •



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— f 2 —

ble , k tort cependant , exclure la premeditation ou
le caieu) r pour ne laisser paraitre que le mouvement
spontan£ d'une pensee toujours pr&e , ou Texpansion
involontaire d'un sentiment toujours vrai (4 ) ; » on a
vu grandir ce prince « d'autant de jugement que de
courage, aussi propre aux transactions qu'a la guerre,
aussi habile a resister a ses amis qu'a triompher de ses
adversaires, marchant vers son but avec une rare per-
sistance , sachant entretenir le devouement des siens
sans leur en payer jamais le prix au prejudice de ses
int^rets , combinant enfin tous les profits du calcul
avec toutes les seductions de la spontaneite ; l'homme
le plus propte a maitriser une societe dissolue , qui ,
longtemps exploits par des mediocrites ambitieuses ,
ne pouvait manquer , ne f ut-ce que par lassitude , de
se reposer sous la main du plus perseverant et du plus
habile (2) ; » en uA mot , on a pu dire avec v£rit6 que
nous possedions desormais un portrait de Henri de
Bourbon plus ressemblant , plus vivant encore que
les toiles de Rubens et de Porbus , et se d&achant en
pleine lumiere sur le fond de l'histoire de son temps.
Ces t£moignages si bien rendus sont assur£ment
m£rit£s. Mais n'ont-ils rien d'exeessif dans l^loge?
Ou est la juste partdu bl&me? N'y a-t-il qu'a admirer
dans la carriere que parcourt sous nos yeux le heros
bearnais? Est-ce done un tableau sans ombres que la
viede Henri IV?

(1) M. Rabanis, loc. cit.

(2) L. de Came , loc. cit.



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—■ 13 —
Tel est le prestige inherent a ce caraet&re &ni-
nemment fran$ais dont il nous offre une si complete
personnification , quemfone par des joges sivfcres,
ou qui voudraient T6tre , ses vertus seules lui sont
pour ainsi dire compt6es , et le reste est volontiers
mis en oubli , ou motive a peine quelques timides res-
trictions ! Et ce reste, cependant, ce ne sont pas seule-
ment les « brillants peches » et les honteuses faibles-
ses, inscrites en tant de pages du recueil de ses
lettres; maisc'est aussice systeme deconduite qui,
en un jour fatal , lui fait du mtane coup renier la
religion de sa mere et s6parer sa cause de celle de ces
fideles compagnons d'armes qui viennent de repan-
dre leur sang pour lui conquerir sa couronne! Nous
savonscequ'en pensent le tiers-parti et les politiques :
ce n'est pas la pour eux une tacbe dans sa vie ; c'est
une necessity dfitat, c'est un sacrifice command i par
la sagesse... Qu'il nous soit permis dedire que cela
ne nous semble pas demontre , et cela ftit-il m&me
jusqu'a uncertain point 6tabli , nous all^guerions en-
core a Tencontre, non F opinion des huguenots , mais
ces belles paroles ( trop peu remarquees) de deux
catholiques du temps , gens de bien et de sain juge-
ment , un conseiller et un 6veque , qui , au rapport de
L'Estoile* « eussent ttouve bien aussi bon et meilleur
que le ray fust demeure en m religion, que la changer
comme il a fait : car en mature de conscience it y aun
Lieu la haul qui nousjuge, le respect duqud seul doit



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— 14 —
forcer tee consciences des roi$, non te respect des royaumes
et couronnes, ni les forces des hommes. » — « Je n'en
attends que tnatheurl » ajoutait proph&iquement le
digtfe pr6lat (4).

Dans notre conviction, les circonstances ne fai-
saient pas a Henri IV un devoir si imp^rieux de
fouler aux pieds tout sentiment de conscience et de
gratitude , tout respect divin et humain > et d'en agir
ainsi qu'il le fit des-k)rs et dans la suite envers ceux
qu'il avait quitt£s. (Test la un cdt6 de la vie du pre-
mier des Bourbons qui n'a encore et£ gu£re envisa-
ge. C'est , entre bien d'autres , un point de 1 histoire
du protestantistne frangais trop complaisamment n^
glig£jusqu'ici par les historiens, et sur lequel lestra-
vaux qui se poursuivent, les pieces incites qu*on
exhume, jetteront sans doute un nouveau jour (2).
Les quatre sections dejk publics du Recueildes Lettrcs

(1) « Le Roy est vulnerable A present! » disait de son c6lo
le conseiller. [Journal de VEstoile , fin de juillet 1593.)

(2) L'article qui sera consacre a Henri IV dans le 5* volume
de la France protsslante coniiendra , sans nul doute, une 6tude
conduante de ces questions. Voir deja les documents, pour
la plupart in&lits, puWies sous ce titre : ISabjuratfon de
Henri IF et le parti rtforme, dans le Bulletin de la SocietS
de CHistoire du Protestantistne franfais ; t. I, pp. 36, 105,
152, 164, 279, et t. II, p. 115. Le DiscoursauRoypar un sien
eujel et serviieur , est une piece des plus remarquables et faite
pour contenter les plus difflciles; encore n'est*ce qu'un texto
mutil£. Nous en avous retrouve depuis une copie du temps
que nous avons l'inteniion de pubiier a nouveau.



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— .1.5 —
missives contiennent k cot 6gard de nombreux ense!
gnements qu'il s'agit seul^ment d'y chercher , et le
complement qui *e prepare, pour les quatre der-
nitres anntag du r£gne ; ne peut manquer d'en pro-
duire encore.

C'est k cette derni&re p6riode et a cet ordre de com*
sid^rations que se rapporte un document sur lequel ,
gr&ce k une bienveillance dont nous sentons tout le
prix, il nous a et£ donn£ d'appeler , par le travail
qu'on va lire , 1' attention d'une savante compagnie ;
et l'accueil qu'elle a bien voulu fa ire a notre commu-
nication nous a encourage a la publier s£par£ment.

Les pieces que comprend Pouvrage form6 par les
soins de M. Berger de Xivrey ne sont pas exclusive-
ment des Lettres missives de Henri IV, c'est-u-dire
des dep^ches de sa main ; on y a aiissi admis certaines
harangues , certains diseauts , propos ou paroles re-
cueillis de sa bouche par des tiers , tels que les c£l&-
bres allocutions et r^ponses adressees a messieurs du
parlement , fcn \ 598 , a Toccasioa de l£dit de Nantes,
en.4 605 , sur le r&ablissement des jesuites , et a mes-
sieurs du clerg£, en 4 605, au sujet du Concile de
Trente (4). Onatres-bienfait, sans contredit, de ne
pas s'en tenir trop strictement au titre adopte. L ab-
sence de tels morceaux eut et£ une bien. regrettable

(1) « Henri IV,dil M. Berger de Xivrey, h'a peut-$tre jamais
rien prononce* de mieux que cette riponse , (aite dans un jardin,
au moisdedtaembre, quoique plusieurs de ses autr.es harangues



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— 16 —
Iacune(4); fear ce sont peut-£tre les pieces leg plus
saillantes, celles dans lesquelles leur auteur se peint
le plus au vif . Nulle part ailleurs que dans ces impro-
visations , le g^nie du Bearnais ne ressort avec plus
de v6rit6 et d'eclat. Lk se verifie surtout cette faculte
sup£rieure dont il 6tait dou6 et que d'Aubign£ d6finit :
« une promptitude et vivacity miraculeuse et par de-
la le commun. » La correspondance £manee de lui
revele incontestablement sa profonde habilet^ , les
inepuisables ressourees de sa pensee et les graces in-
finies de son esprit : il suffit de rappeler quelques-uns
de ces inimitables chefs-d'oeuvre , la lettre de \ 578 a
M. deBatz, celles a la comtesse de Grammont, a
Gabrielle d'Estrees., a la reine (en particulier celle
du 5 septembre >I6(M) , et mille autres... Mais si le



aient dA h la solenoid de la situation ou h la gravid des cir-

constances une plus grande c61ebrile Elle permet de juger

tout ce qu'un bon sens exquis et un esprit aussi vif que fin four-
nissaient naturelieraent d'heureux effets de style & Henri IV. »
(Lettres missives, t. VI, 1853, p. 565 , note.)

(1) Comment , par exemple , aurait-on pu omettre , dans une
telle publication, la fameuse harangue h Passemblee des Notables
tenue k Rouen, en 1596? — Mais nous ne trouvons pas, h sa
date, la rtponsefaite , h Amiens", le2l aout 1594, aux d6put£s
pour la capitulation de Beauvais. Ces deux pieces furent imprimees
ensemble aveo luxe , en 1787 , d Vimprimerie de Monsieur ,
gr. in-8°. La demure , dont nous possedons une autre Edition
du m&me temps , se trouvait dans les papiers relatifs h i^dit de
reduction, h l'hdtel de ville de Beauvais. Elle est d'une grande
importance £ certains egards.



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— 17 —
style d'uue correspondence nous montre 1'homme ,
c'est toujou rs avec quelque chose de plus ou moins pre-
medit6 et convenu ; combien souvent dans une lettre ,
le naturel n'est lui-m£me qu'un artifice. Est-ce a
dire qu -on doive 6tre moins en garde contre Henri IV
parlant que contre Henri IV ecrivant? Non certes!
toutefois, il est incontestable que c est dans cesreponses
wale* , que nous venons dindiquer , c'est dans ces
apostrophes, dans ces harangues , qu il faut le voir payer
comptant, comme on dit, de sa personne, et faire
paraltre , dans toute leur mesure , la vigueur et la
souplesse incomparables de son caractere ; c'est la
qu il revit veritablement tout entier , et qu'on peut
saisir le secret de ce puissant ascendant qu'il eut sur
ses contemporains , et qu'il semble exercer encore
sur la poster ite.

Notre document est une de ces sources qui le font
apprecier dans les conditions dont nous parlons.
11 est des plus precieux & notre avis, ayant m6me
un avantage sur les harangues que nous signalions
a 1' instant ; car ce n'est pas le personnage officiel qui
s'y montre , ce n'est pas Henri IV « en habit royal ,
avec l'6pee et la cape , » comme lui-m6me dit un
jour , « mais en pourpoint , et parlant famili&re-
ment; » cesont des audiences , des conversations,
pour ainsi dire stenographies , c'est Henri en desha-
bille , en t&e a t6te avec un ministre de l'eglise refor-
mee , avec Tun des chefs eccl&iastiques les moins



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— 18 —
.aceomniodants du parti , et & cette epoque de son
regne , oft , — de plus en plus mecontent de ee$ bans
huguenots qui Favaient aid6 h monter sur le trine , et
auxquels il avait fait, en lea abandonnant, une in-
gu&issable blessure , — il se sentait entrain^ h une
rupture et & une hostility t6t ou tard inevitables. C'est
done le rpi de Navarre, qui, transform^ d£cid6-
ment en souverain catholi que , joue son rdle devant
nous , dans une de ces conjonctures si delicate* , sous
un de ces aspects si curieax a observer , que prt-
sentesa destinfe. Nous ne voulons pas insister , ni
entrer dans des details qui feraient double emploi
ovec ceui qu'on lira tout h Theure ; nous voulons
settlement fixer , et par la nature de notre pt&ce et
par sa date , Tint6r6t special qui s'y attache.

Nous ne sommes plus au temps oft Henri regret-
tait son abjuration , oil , s'ouvrant a son ami le Land-
grave Maurice, « il l'assurait plusieurs fois avec
« grandes protestations, qu'il 6tait encore d^voui h
a la religion et que m6me il avait le dessein d'en
« foire de nouveau , avant sa fin, une confession
a publique (4). » Ces 6panchements intimes sont
de 4602. Mais nous sommes en 4067, k un moment
oik Henri avait 6tb pen a peu amen£ a vouloir realiser
cette vieille prbmesse faite en 4994 aus deputes de

(1) Entrttian du Landgrave de Hesse aveo Henri IV, la 5
octobre 1602. V. Correspondance t etc., publico par M. de
llommel. Paris, 1840 , iu-8", p. 79.


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