Mary Sullivan.

Court masques of James I: their influence on Shakespeare and the public theatres online

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c6tg-ci ains feroit, a mon opinion, confeill^ defe gouverner ci-apres avec
eux comme il fait avec ceux de la Maif on d'Autriche, leur 6ter ce moyen
de lui faire ces petite deplaifirs en la perfonne de fes Ambaffadeurs,
& laiffer aupres d'eux feulement un Secretaire: que j'^tois marri de
donner ce mecontentement au Roi fon mattre; mais que ce n'&oit pas
moi qui en avois fait nattre la caufe. qu' outre ce qui fe paffa lorfque



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Appendix 205

le Roi de Dennemarck e"toit ici il s'etoit encore paffe du depuis tout
plein de petites chofes dont j'aurois bien pu me formalifer, & que
toutefois, pour ne me montrer hargneux ni pointilleux, j'avois differ^
de faire; que de mes yeux j'avois vu le Caroffe du grand ChambeUan
entrer chez l'Ambaffadeur d'Ef pagne, lorfque le dernier Tournoi se fit,
& mes gens l'avoient vu en def cendre chez le gendre du grand Chambel-
lan & premier mattre d'Hotel de la maifon du Roi, ou la femme dudit
ChambeUan & fes filles l'attendoient pour ltd faire voir ledit Tournoi;
que je ne m'en e"tois point plaint, ne trouvant du tout e'trange qu'il
rut fervi pour Ton argent, oomme je ne m'etois plaint auffi de ce
que je n'avois une feule fois envoye" demander audience du Roiou
de la Reine auz deux grands Chambellans, que toujours ils n'eu££ent
dit que celui d'Efpagne y avoit envoys deja, afin qu'il eut toujours T-
a vantage d'y aller de premier: que ces chofes-la £e pouvoient diffimuler
oomme auffi je les avois diffimulees; mais que Taction dont il s'aggiffoit
e"toit trop publique pour la laiffer paffer de cette sorte: que je ne pou-
vois pas contraindre ledit Roi d'en ufer autrement que oomme il vou-
droit; mais qu'il ne me pourrait pas empecher auffi de remarquer ce
qui s'y feroit, & le repr&enter fort fidelement a mon mattre qu'il con-
fident, s'il lui plait, en quelle conjoncture ced fe fait; que Ton eft
maintenant en Holland fur la conclufion d'une Legue, ou l'offenfe qui
fe fera a S. M. en cette occafion, apportera peu de reputation & pen de
vigueur; que d'une bagatelle & d'un plaifir de fi peu d'importance, ledit
Roi n'en fit pas un point d'etat, & ne fit parottre que la crainte qu'il
a d'irriter les Efpagnols, fut plus forte en fon endroit, que l'amite qu'il
doit a mon mattre.

Je le renvoyai avec cela; & au fortir il dit lui-meme a mon Secretaire,
que j'avois raifon, & que M. le Comte de Salifbury le jugeoit ainfi.
Sur fon rapport le confeil s'affembla, ou la plupart inclinoient a con-
tremander ledit Ambaffadeur. Mais la Reine le f cachant fit la f urieuf e
plus que devant, & envoya dit que c'6toit a elle a qui Ton s'adreffbit;
qu'ils fiffent ce qu'ils voudroient, mais que plutot elle ne danf eroit point,
H elle ne maintenoit audit Ambaffadeur ce qu'elle lui avoit promis. Sur
cela ils prient le Due de Lenox de me venir lui-meme trouver, pour m'-
engager derechef d'accepter le temperament de ce feftin, puifqu'ils
ne voyoient autre moyen de me fatif faire; que ce feftin fe feroit le plus
publiquement qu'il feriot poffible, ou 1' Ambaffadeur de Venife feroit
convie avec moi, & que celui d'Efpagne ne fouperoit point avec Roi,
mais viendroit feulement apres fouper lui, & celui de Flandre pour voir
le bai Je lui repondis de meme qu'aux autres ; y ajoutant feulement que
bien qu'il ne foupat, il auroit la collation, qui etoit chofe d'autant de
faveur que je fcavois que pareil traitement avoit 6t& fait a M. de Beau-
mont, oomme on me vouloit faire, lequel n'avoit dte* lou6 de 1'avoir
accepts ; que lors la principale excufe que Ton y prit, dtoit la haine que la



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206 Court Masques of James I

Reine ltd portoit; que cela ceffoit maintenant, parce que non feulement
je fcavois ne lui en avoir donne* d'occafion, mais avoir trop de preuves
lu contraire par les dtfmonftrations qu'il lui avoit plu encore me faire
depuis huit jours; que ceci regarderoit deformais purement & fimpte*
ment le Roi mon maitre & que je fuppliois tres-humblement leurs
Majeftea y penfer plus d'une fois: que je n'eftimois point qu'il put y
avoir aucune proportion entre ce feftin ft le bal; mais que neanmoins,
pour 6ter l'opinion que je fuffe f eul qui f orma£f e eette difficulty puif que
ledit AmbaCfadeur de Venife etoit en meme caufe que moi, je le priois
me donner une heure de temps pour en aller conferer avec lui, & que fi
ledit Ambaffadeur jugeoit de pouvoir s'accommoder de cet expedient,
poffible m'y accommoderois-je; & que dans le foir je lui en rendrois
reponfe. De ce pas j'allai trouver ledit Ambaffadeur a qui ayant
propofe le fait, & repreTente* tout ce qui s'etoit pafte fur ici lui de part
& d'autre, il loua la procedure que j'y avois tenue, & reconnut qu'a
la verite* nous recevrions un extreme d£favantage, & lui & moi, par les
expedients qui fe propofoient; que pour lui il n'e"toit non plus resolu
d'acoepter le feftin que je pouvois Gtre, & qu'il valoit beaucoup mieux
fouffrir que 1' Ambaffadeur d'Bfpagne fe trouvat feul audit ballet, ou
a plupart des f pftctateurs f cauroient qu'il n'auroit, €U convie* que par la
Reine & par fon importunity, que d'acoepter une condition fi inegale:
que nous ne laifferions a la verity d'y etre offenfes, mais que le refus du
feftin nous feroit une proteftation a l'encontre; & pour le moins que
nous n'y mettrions rien qui put 6tre prejudiciable a la dignity de nos
mattres, en n'y confentant point.

44 Je fi8 incontinent fcavoir cette reponfe au Due de Lenox, fur laquelle
derechef le Confeil fut append. II fut affemble* juf qu'a onze beures du
foir; & finalement par les menaces & menees de la Reine, il fut refolu
que puifque nous ne voulions rAmbaffadeur de Venife ni mot nous
trouver audit feftin, nous n'y ferions point convies; mais que Ton en
feroit excufe a nos mattres, & qu'on leur repr&enteroit les offres
qu'on nous avoit faites; & que cependant la Reine 6tant de cette forte
engagee a rAmbaffadeur d'Efpagne, ce qu'efle lui avoit promis lui
feroit maintenu: de force qu'il danfera, & nous ne mangerons point,
encore que nous aurions en meiDeure grace a mon avis, a l'un qu'il
n'auraal'autre.

"La Reine fe prend maintenant au Due de Lenox du refus que j'ai
fait d'etre de leur feftin, ft jura hier deux bons cordieux qu'elle Ten
feroit repentir; difant que je les bravois, & m'oppofois a la volontg, ft
que ce ne pouvoit etre que par fon confeil: en quoi je trouve qu'elle m'-
offenfe plus qu'en tout le refte; car auffi le bon Due n'at-il nulle coulpe
dececoteMa.

"J'ai 6t£ extremement marri de cette rencontre, & encore plus qu'elle
foit fur venue en cette faifon, ou je vous de part ft d'autre affez de f ujets



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Appendix 207

de mecontentemens fans y ajouter enoore celtii d. Mais ce n'ef t moi
qui l'ai fait nattre; & je me ferois repute toute ma vie tres-malheureux,
£i je m'etois laiffe flechir a quelque chofe d'indigne & de prejudiciable a
la reputation de S. M. Bile ne laiffe de reoevoir injure, ou pour le moins
un grand temoignage de la mauvaife affection de cette Princeffe, & de
la foibleffe de £ on man en ce que f e fait. Mais fi j'avois Thonneur d'en
etre cru, ils n'auraient d'ici en avant non plus moyen de luie n faire de
femblables, comme ils ne l'ont de lui en faire d'autres: car tant qu'ils
ne lui donneroient le lieu qui lui appartient, Us n'auroient qu'un Secre-
taire aupres d'eux; & fi S. M. fe r6folvoit une fois d'en venir-la, jamais
gens nefe trouveroient fi Itonnes. Ils font foibles & gloireux a toute
outrance; & par la procedure qu'ils tiennent avec l'Efpagne, il eft
facile a reconnoitre font fans comparaif on plus capables de crainte que
de reconnoiffance ou d'amitfe

"lis n'ont encore, a mon opinion, aucun vent de leur Ambaffadeur
fur la fatif faction qu'on lui a donned de leurs prltendues dettes, au
moins ne m'en ont-ils rien fait paroitre en cette occaf ion, & diffidlement
s'en feroient-ils paffes, s'ils l'avoient feu. S'ils m'en parlent, ce que je
ne crois pas a cette heur, je fcaurai que leur repondre. . . .

" De Londres, le 14 Janvier, 1608. "

Lettre de M. de la Boderie M, de Puisieuz, in de la Boderie,
Ambassades, iii, 13-35.

" Le Roi eft a bon droit tres-mal contente du bon traitement que
Ton fait par dela a l'ambaffadeur d'Efpagne, par deffus & au prejudice
de celui qui eft du autrement en votre perfonne. II a trouv6 bon ce
que vous en avez dit au Due de Lenox; & ft fur cela ils n'ont change"
de Confeil, il ne veut pasque vous en temoigniez autre refentiment, ni
meme que vous vous en plaigniez. II fuffira qu'ils fcachent que S. M.
n'en eft contente, ni vous auffi, fans faire autre bruit. Ils veulent nous
engager en la difpute d'une competence avec l'Efpagne, centre toute
afin defe faire courtif er davantage. " Villeroy to Boderie, 20 Jan., 1608,
in de la Boderie, Ambassades, iii, 33-4.

*5

" Monfieur de la Boderie, 1' Ambaffadeur de mon f re"re Roi de la Grande
Bretagne a defirg £tre oul en mon Confeil fur le fu et des dettes qu'il
pretend lui etre dues par moi, . . .

"Cependant je vous dirai m'avoir 6te* repr&ente' ce que vous appr£-
hendez qu'ils pretendent faire en votre endroit au ballet qui fe prepare;
de quoi j'eftime que vous devez faire demonftration que j'aurai occa-
fion jufte d'etre offenfe, fans toutefois vous en remuer davantage, ni
en faire plus grand bruit, qui eft peut-etre ce qu'ils detirent. II fuffira



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208 Court Masques of James I

qu'ils connoiffent que vous le remarquiez; & s'ils veulent patter outre,
le mepiifer plutot que d'entier en plus ouvert reffentiment. Je prie
Dieu Monfieur de la Boderie, qu'il vous ait en £a fainte garde. Bcrit
a Paris le 20 Janvier, 1608. Signl Henri, & plus bas de Neufville. "
De la Boderie, Ambassades, iii, 31-3.

26

"Monfieur:

" Ce Ballet dont vous n'aves deja que trop oui parler a 6te* ce qui a
entierement occupy le Bureau en cette Cour. & devant & depuis mes
precedences. M. du Hollier y ayant affiftg, & vu & entendu f ans doute
plus que moi ce qui s'y eft fait, & ce qui s'en eft dit de tous cotes, je me
remettrai a lui a vous en entretenir. Tant y a que non obftant toutes
mes bonnes raifons, l'ambaffadeur d'Efpagne y a comparu, & un peu
defray^ la compagnie. Celui de Venife y a £te* auffi, invite" feulement du
matin, pour, comme j'eftime, ne donner loifir a celui de Flandre de
crier a rencontre. La femme de ce dernier y affifta auffi; mais elk fut
fi mal vue & fi mal recue, qu'elle voudroit en avoir 6t& a cent lieues loin.
On l'avoit convie^ de f ouper avec la Princeff e ; elle f oupa avec fa Gouver-
nante, & fut placed pour voir le ballet a plus de dix pas de ladite Princeffe,
& fans une f eule Dame aupres d'elle qui lui ftt compagnie. La Reine
ni au partir de la, ni durant le ballet ni a la collation, ne lui dit pas une
parole, encore qu'elle fut affez pres d'elle, ce qui fut remarque: ni
meme a l'Ambaffadeur d'Efpagne, ayant en fa pretence & tout joignant
lui, du long de ladite collation, continuellement entretenu l'Ambaffadeur
de Venife. Je ne fcais fi c'ef t pour cela, ou pour autre chofe, que ledit
Ambaffadeur d'Efpagne a dit depuis, qu'il voudrait lui en avoir Goutl
miBe ecus, & n'y avoir point 6te\ On envoya deux jours devant
fcavoir de moi, fi ma femme y extant conviee de la part de la Reine, elle
s'y trouverait. Je fis reponfe qu'elle £toit trop fage pour pouvoir
recevoir f aveur en la d&aveur qui m'6toit faite, & trop courageuf e pour
vouloir fervir de luftre a 1' Ambaffadeur d'Efpagne: que fi on la voyoit
la aupres de lui, moi n'y e'tant point, cela ne ferviroit que pour faire
difcourir encore le monde, & qu'il valoit mieux que Ton ne s'y fouvtnt
du tout point de nous. Chacun a loue* par-deca la facon que j'y ai
tenue encore que Ton fe foit un peu pique" de mes refus. Dieu veuiHe
que par dela e'en foit de meme. Tout y a qu'ils en font igduits aux
excufes; & par aventure qu'en s'excufant, ils s'effayeront de m'accufer:
Je m'afiure que le Roi eft trop bon maitre, pour me denier fa protection
en une chofe 6u je ne me f uis rien propof^ que fa dignity. De cela vous
affurerai-je, Monfieur, qu'ils y feront une autre fois plus circonfpects;
& qu'en tout ce que je vous ai dit, j'ai 6t& le plus veritable qu'il m'a
6t£ poffible. " Lettre de M. de la Boderie 4M.de Puisieux, 29 Jan.,
1608, in de la Boderie, Ambassades, iii, 42.



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Appendix 209

"Suivant cela, celvii qui fait id l'office que fait chez nous M. de
Gandy, ft qui eft auffi bon efpagnol qu'il eft Anglois, me vint hier au
foir trouver, me dit qu'il dtoit envoys du Roi fon mattre pour me
fair fcavoir que Mardi prochain fe faifoient les noces de M. le Vicomte
d'Adinton avec la fiUe de M. cle Comte de Suffex; & qu'ltant ledit
fieur d'Adinton un des f ervitcurs qu'eut fa Majefte* qu'il aimoit autant,
ft a qui il ef timoit devoir le plus, comme a celui a qui il dtoit oblige* de
la vie, & il defiroit non f eulement lui faire tout rhonneur qu'il lui feioit
poffible en cette occafion, mais y convier avec lui les Miniftres des
Princes qu'il ef timoit s'6tre le plus r£joui de fa confervation; & que
comme il s'affuroit que le Roi mon maltre avoit 6t& l'un de oeux qui en
avoient recu plus de contentement il me prioit de vouloir affif ter au
feftin public qui fe feroit Mardi au foir pour les noces, en la compagnie
de M. le Prince, & ou partir de la a un ballet qui fe preparoit par M.
le Due de Lenox, ft autres principaux Seigneurs de cette Cour: qu'il
y en avoit eu d'autres, qui par la recherche qu'ils en avoient faite,
avoient affifte* a un ballet, dont il fcavoit que j'avois recu quelque
deplaifir mais que 9 avoit 6t& par leur importunity, le contre fa volontl,
& fans y £tre rien intervenu du fien; & que comme il me prioit de le
croire, il me prioit auffi de ne defferer pour cela de me trouver audit
feftin; m'affurant qu'il m'y feroit traiter de telle forte, que chacun
reconnoitroit le refpect & l'amitie' particuliere qu'il portoit au Roi
mon mattre. " Boderie to Vdleroy, 14 Feb., 1608, in de La Boderie,
Ambassadcs, iii, 94-5.

28

"Monfieur de la Boderie, j'ai appris par les lettres que vous avez
ecrites aux fieurs de Villeroy & de Puifieux, l'offre qui vous 6t& faite
pour reparer en votre perfonne, aux noces du fieur d'Adinton, l'avantage
qui avoit 6t6 donnl a rAmbaffadeur d'Efpagne au ballet qui fe fit
dernierement par ordre ft en pref ence de la Reine de la Grande Bretagne,
laquelle je fuis d'avis que vous acceptiez, tant pour ne paroitre par le
refus que vous en feriez, hargneux ni pointilleux, ft moi peu deTireux
de la confervation de leur amitil, que parce qu'elle femble f uffifante &
convenable a ma dignity & au rang qui m'ef t du & a mes miniftres.
Mais j 'en tens que ce foit avec la condition que vous-meme avez ja
jugee pregnante & neceffaire, que vous comparoitrez feul Ambaffadeur
en la c6remonie du ballet ou du feftin, ou de tous deux, fans que celui des
Archiducs [of Flanders] y foit admis, comme il femble qu'ils avoient
quelque envie de faire, & a quoi vous avez pris bon confeil de vous
oppofer fermement, comme je veux que vous faiffiez derechef. fi
d'aventure ils continuent en la m6me volonte\ pour les raifons fortes St



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210 Court Masques of James I

pertinentes que vous repref entez. S'ils vous donnent cette fatisfaction
entire St complette, de laquelle vous jugiez que j'aye occafion de de-
meurer content, ainfi que je le ferai en cette forme, acceptez la, fans,
en ce cas, leur temoigner autrement que j'aye beaucoup de re£fentiment
de la derniere action en laquelle j'ai £te" intereffc fi hore de propoa.
Nous verrons de la faoon qu'ils en uf eront ce'-apres aux autres occafions,
felon lefquelles je me reglerai & conduirai en leur endroit, ainfi que
j'eftimerai utile & honorable." King Henry IV to Boderie, 21 Feb.,
1608, in de la Boderie, Ambassodes, iii, 113-4.

29

" Environs la mi-car6me, des com&iiens, a qui j'avois fait d£fendre de
jouer Thiftoire du Marechal de Biron, voyant toute la cour dehors, ne
laif f erent de le f aire & non f eulement cela, mais y introduif irent la Reine
& Madame Verneuil, traitant celle-ci fort mal de paroles, & lui donnant
f aufflet. En ayant en avis de la a quelques jours, aufO-tot je m'en
allai trouver le comte de Salifbury, & lui fis plainte de ce que non feule-
ment ces compagnons la contrevenoient a la deienfe qui leur avoit
4t6 faite, mais y ajoutoient des chofes non feutement plus importantes,
mais qui n'avoient que faire avec le Marechal de Biron, & au partir dda
Itoient toutes fouffes. II fe montra fort courrouce* & des l'heure meme
envoya pour les prendre. Toutefois il ne s'en trouva que trois, qui
auffi-tdt furent menes a la prison ou ils font encore; mais le principal
qui eft le compofiteur echapa. Un jour ou deux devant, ils avoient
depeche* leur Roi, fa mine d'Ecoffe, & tous les Favoris d'une Strange
forte ; car apres lui avoir fait depiter le Ciel fur le vol d'un oif eau, St fait
battre un Gentilhomme pour avoir rompu f es chiens, ils le depeignoient
ivre pour le moins une fois le jour. Ce qu' ayant feu, je penfai qu'il
feroit affez en colere contre lefdits Comediens, fans que je l'y miffe
davantage, & qu'il valoit mieux faire refdrer leur chAtiment a rirr6v6-
rence qu'ils lui avoient portee, qu'a ce qu'ils pourroient avoir dit def
dites Dames, St pour ce, je me r&olus de n'en plus parler, mais confi-
derer ce qu'ils ont fait. Quand le Roi a e'te' ici, ila temoigne" 6tre extreme-
ment irrit6 contre ces marauds-la, & a command^ qu'ils foient chAties,
& fur-tout qu'on eut a faire diligence de trouver le compofiteur. Meme
il a fait d&enfe que Ton n'eut plus a jouer des ComeViies dedans Lon-
dres. Pour lever cette defenfe, quatre autres Compagnies qui y font
encore offrent deja cent mille francs, lequels pourront bien leur en or-
donner la permiffion; mais pour le moins fera-ce a condition qu'ils ne
reprefenteront plus aucune hif toire moderne, ni ne parleront des chofes
du temps a peine de la vie. fi j'euffe cru qu'il y eut-eu de la fuggeftkm
en ce qu 'avoient dit les Comeciiens, j'en euffe fait du bruit davantage;
mais ayant tout fujet d'eftimie rle contraire, j'ai penf6 que le meilleur
^toit de ne point le remuer davantage, & laiffer audit Roi la vengeance



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Appendix 211

de fon fait. Toutefois fi vous jugez de de-la, Monfieur, que je n'en
aye fait affez, il eft encore temps. " Lettre de M. de la Boderie a M.
de Puisietix, 8 Avril, 1608, Boderie, Ambassades, iii, 196-8.

Credit for this document should be given Professor C. W. Wallace,
who found the original some years ago in Paris.

30
"Les void tantot a Noel, c'eft-a-dire an temps de leurs fetes. La
Reine fait encore un ballet, & deja 1' Ambaffadeur d'Efpagne l'a 6t6
prier que lui & un Ambaffadeur extraordinare qui vient, le puffent
voir, dont j'ai peur qu'elle lui ait donn6 quelque efperance. Le Comte
de Salifbury eft celui m£me qui m'en a averti, me difant que pour l'hon-
neur de S. M., & pour l'amitie qu'il me porte, il ne pouvoit voir fe paffer
telle chofe fans me le dire, ni fans s'y oppofer autant comme civilement
& prudemment il le pouvoit faire; qu'il ne voyoit point de moyen d'y
remedier plus facile que le faire prier moi-meme la Reine d'y etre appelfe,
& que fans que je m'en melaf fe, cet office f i pouvoit faire par ma femme,
ou quelque Dame de mes amies; que fur cela la Reine ne failliroit point
de lui en parler, St que lors il auroit occaf ion de lui en dire plus librement
fon avis; m'affurant que ce feroit, ou a faire que j'y fuffe convie' avec la
dignity due a mon maftre, ou a ce que nous n'y fuffions appelles ni l'un
nl l'autre, qui eft bien, a mon opinion, le mieuz, qui en puiffe arriver.
Je me fuis etonne" que ladite Reine s'y foit engagee en quelque forte;
car il n'y a que huit jours qu'elle meme parlait avec ma femme dudit
ballet. Elle lui dit que ledit Ambaffadeur lui avoit envoys demander
audience, & que fe doutant que c'etoit pour lui faire telle requete, elle
s'etoit excufee, & qu'elle ne le verroit point, s'il etoit poffible, que ledit
ballet ne fut danfe, ajoutant qu'elle ne lui pourroit accorder ce qu'il
lui demanderoit fans fe declarer trop partiale; qu'elle ne 1'^toit point,
& qu'elle avoit et£ trop marri l'annee paffee de ce qui etoit arrive';
maisque fans confiderer la confequence, elle s'y etoit trop engagee
pour s'en pouvoir declire; que le Roi s'en etoit fort courrouo6 contre
elle, St qu'elle ne vouloit plus tomber en ce danger. Ma femme tourna
cela en gaufferie, lui difant que ledit Ambaffadeur avoit, celui fembloit,
affez fait rire la compagnie l'autre fois par fon beau danfer, fans la
vouloir defrayer encore; & qu'elle feroit beau coup plus pour lui de le
laiffer dormir dans fon lit, que de lui donner occaf ion de gagner quelque
catarre, comme il n'y eft auffi bien que trop f ujet, La Reine s'en mit a
rire, St lui parla toujours de facon que j'avois fujet de croire qu'on
me laifferoit en paix. Neanmoins me revoici en ces accoutumees brouil-
leries 6u fans mentir je me trouve bien emp^chd. Je fuis le Confeil
dudit Comte, St preientement ma femme va voir madame la Comteffe
de Bedfort, qui eft affez de mes amies, St a affez de part avec la Reine,
pour faire le fuf dit office. A fon retour je verrai ce que je m'en devrai



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212 Court Masques of James I

promettre; & encore que le langage de ladite Reine, & la facon dont m'a
parte ledit Comte me doivent faire elperer qu'il ne fe fera rien a mon
prejudice, fi n'en fuis-je pas £i affure* que ce qui fe paffe au fait des
pretendues dettes, & l'envie qu'ils auront toujours de nous embarraffer
avec l'Efpagne ne leur en puiffe donner l'occafion. Or comme je ne
voudrois pas vivre un jour apres, fi pour le moins je n'y avois fait tout
oe qui peut dependre d'un bon & courageux ferviteur, je vous fupplie
tres-humblement, Monfieur, me faire ordonner la resolution que j'y
devrai prendre; fi arrivant qu'ils fatten t chose en quoi la dignity de
S. M. foit tant foit peu offenfee, je devrai rompre & m'en aller; ou bien fi
je devrai diffimuler & patienter, attendant quelque nouvel ordre. Je
ne me delibere pas cependant d'en faire grand bruit, ni d'en parler a
outre qu 'audit Comte de Salifbury, ayant auffi bien reconnu l'annee
paffee trop de foibleffe en ceux qui s'y devroient le plus employer;
encore que pour le particulier dudit Comte, cette nouvelle ft1lia«rf>e du
Grand Chambellan & de lui, la femme duquel, ou poffible defquels, tire
penf ion dudit Ambaffadeur, outre celle de fes autres parens, ne m'en
donne la conf iance fi affuree, que je prendrois peut-etre en autre chofe.
Ce ballet ne f e fera encore de vingt-trois ou vingt-quatre jours. Je vous
fupplie, que je puiffe f cavoir l'intention de S. M. entre ce & la, me con-
fervant rhonneur de votre bonne grace auffi entiere, comme je ferai
toutema vie;

De Londres le 13 December, 1608. "

Boderie to Villeroy in de la Boderie, Ambassades, iv, 104.

31
"Les brouilleries des ballets recommencent. J'en ecris a M. de
Villeroy, & le fupplie me faire f cavoir fi j'y devrai eclater ou non. Je
vous prie tenir la main que je puiffe etre inftruit a temps, afin que
s'il eft poffible, je ne faille au trop, ni au peu. " Boderie to Puifieux,
13 Dec. (O. S. 3), 1608, in de la Boderie, Ambassades, iv, in.

32

"Monfieur de la Boderie, je fuis marri que vous vous trouviee en la
meme peine que Tannee paffee a 1'occafion de ces ballets, dont ja il fe
murmure par-dela; car telles rencontres font toujours facheufes entre
Miniftres de Princes amis, mais fur-tout en Tetat ou font a prefent les
affaires publiques, & en temps que Tunion & bonne intelligence font
tres-utiles au bien & avancement d'icelles. Neanmoins il 7 a moins
de blame de rechercher expedient devant que de s'y engager que s'y
laiffer furprendre, & poffible embarraffer nonteufement, je vous dirai
que je perfifte en la deliberation que je vous fis f cavoir l'annee derniere
fur femblable fujet; qui eft que fi vous jugez & preffentez qu'en ce fait
ma dignite & reputation foient intereff ees, vous faffies entendre a ceux



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Appendix 213

qu'il fern befoin, avoir de tout temps commandement de moi, de me


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