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Robert Howard Lord.

The second partition of Poland; a study in diplomatic history online

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at Vienna 1

1. Haugwitz's Report or December 24, 1792. [B. A., R. 1, 170]

En mettant le sceau sur les negotiations relativement aux justes
indemnites de Ses fraix de guerre dont V. M. a daigne me charger a
la Cour d'ici, je crois ne pas devoir tarder de mettre sous les yeux de
V. M. les derniers resultats. La reponse a la Note de Merle etant
peu satisfaisante, je provoquai la communication de tout ce qu'on
feroit passer a la Cour de Russie sur ce sujet. Les termes qu'on em-
ploye en s'expliquant vis a vis de l'lmperatrice de Russie sur la prise
de possession immediate de V. M. etoient a la verite plus precis,
mais la Cour d'ici revenant a une prise de possession interimistique
en Pologne de sa part, il sembloit que c'etoit eloigner de fait ce qu'on
parut d'ailleurs demander avec sollicitude. . . . Je n'ai cependant
pas pu etre tranquille, et beaucoup moins pouvois-je me resoudre a
quitter Vienne avant que de n'etre entierement rassure sur le parti
defrnitif auquel se determineroit la Cour de Vienne. En employant
done les moyens, auxquels Votre confiance m'a autorise, je suis enfin
parvenu a, vaincre tous les obstacles. Je viens de recevoir l'assurance
formelle du Ministere Imperial portant: que S. M. l'Empereur ad-
dressera les instances les plus pressantes pour engager l'lmperatrice
de Russie a. consentir a la prise de possession actuelle de V. M. sans
y ajouter aucune condition relativement a. une prise de possession en
Pologne de la part de l'Empereur, en se bornant uniquement a de-
mander que l'lmperatrice veuille conjointement avec V. M. garantir

1 The chief documents on the Austrian side relating to this negotiation have
been published by Vivenot (Quellen zur deutschen Kaiser politik Oesterreichs, vol. ii),
and Haugwitz's reports of December 12 and 19 are printed in Herrmann, Russische
Geschichte, Ergdnzungsband, pp. 308 ff., 314 f.



APPENDIX XVI 547

son consentement a l'echange de la Baviere. Le Ministere de Vienne
s'est porte meme a, motiver le besoin d'une telle prise de possession
de la part de V. M. de la facon la plus prononcee, en y ajoutant que
l'Empereur etoit intimement persuade que V. M. etoit disposee a
prendre une part vigoureuse a. la continuation de la guerre actuelle,
mais qu'il etoit egalement convaincu que l'arrondissement en Pologne
et la prise de possession immediate etoit l'unique moyen de porter
V. M. a. suivre son inclination a lui porter son secours.

2. Razumovski's Report of January 2i/February i, 1793.
[M. A., ABCTpk, III, 54]

Le Sieur Cesar . . . ayant entendu parler des preparatifs dans
les trouppes de l'Empereur pour entrer en Pologne, a cru devoir s'en
expliquer avec Mr. le Comte de Cobenzl. Celui-ci lui a repondu que
l'entree n'aurait point lieu jusqu'a la reception de la reponse de notre
Cour au sujet de la garantie conjointe avec celle de Berlin, touchant
l'echange de la Baviere et que dans le cas seulement ou cette garantie
ne serait point accordee. Le Sieur Cesar allarme de cette reponse
est venu s'en ouvrir a. moi. II m'a temoigne avoir ignore parfaite-
ment la question de la garantie, m'a proteste que ce ne pouvait etre
l'intention de son Maitre, et qu'il ne s'en trouvait pas un mot dans
les ecrits que lui avait laisses a. son depart le Comte de Haugwitz. . . .
Enfin il m'a soutenu que ces deux points rentraient directement
dans le sens de la reponse faite a. la note de Merle, reponse qu'il dit
avoir ete rejette par le Roi son maitre. Cependant il est hors de
doute que le Comte de Haugwitz en a ete informe, car il m'en a
souvent parle. II n'en est pas moins certain que la susdite reponse
a la note de Merle n'a point ete rendue au Ministere d'ici, que par
consequent elle a ete de fait acceptee. II en resulte done que le Comte
de Haugwitz, pour faciliter les negociations, a mis dans les confe-
rences plus de condescendance que n'en portent ses rapports, et que
cette matiere qui paraissait entendue entre lui et le Ministere de
Vienne pourrait encore etre sujet a, de nouveaux embarras. Le
Sieur Cesar me disant tout cela sous le sceau de la confiance, l'a
portee jusqu'a me faire lecture du dernier rapport du Comte de
Haugwitz, ou . . . il dit que cette Cour ci espere s'assurer du con-
sentement du Roi de Prusse a l'echange de la Baviere; or, ce mot de
consentement differe bien de garantie.



54 8



APPENDIX XVI



3. Haugwitz's Report to the King, May 6, 1793. [B. A., R.
96, 147 H]

. . . Un des principes que la Cour de Vienne a desire de poser
pour base des negotiations presentes des leur origine, c'est celui d'une
pretendue parite d' aggrandissement qu'elle s'avise de deduire de Ves-
prit de son Alliance avec la Prusse, sans que de son propre aveu il
en soit fait mention dans le Traite. . . . J'avoue que dans les pre-
miers terns de ma mission a la Cour Imperiale, j'ai entendu produire
et reproduire ce principe avec la plus grande assiduite, et que les
Ministres avoient le talent de faire valoir comme s'il avoit passe en
axiome; mais ils transgressent les loix de la verite en sou tenant "que
c'est moi qui l'ai reconnu aux conferences de Luxembourg et de
Vienne." Rien de plus faux. Le piege etoit heureusement trop
visible. . . . J'ai evite au contraire tout ce qui auroit pu impliquer
de ma part le moindre aveu de ce genre, et loin de souscrire aux pre-
tensions d'indemnites que les Ministres Autrichiens m'opposoient
pour essayer de contrebalancer celles de ma Cour, je n'ai jamais eu
qu'une seule et meme facon de repondre a leurs argumens. Je leur
objectai "que si l'Autriche croyoit avoir des droits pour etre dedom-
mages des fraix de la guerre, ces titres ne devroient cependant pas
etre confondus avec ceux de la Prusse. Que l'une etoit partie prin-
cipal et attaquee; l'autre, partie accessoire et auxiliaire, fesant des
sacrifices considerables en faveur d'une cause qui n'est pas la sienne,
et pour lesquels elle demande a, etre indemnisee. Que la Cour de
Vienne ayant reconnu l'equite de cette indemnite, la Prusse en se la
procurant par son arrondissement en Pologne, n'y retrouve que le
recouvrement de ses avances, le fruit d'une cooperation dont elle
s'est chargee a. la requisition de l'Autriche, et de laquelle cette Puis-
sance est obligee de lui tenir compte, tandis que si Ton accorde a
celle-ci le droit de reclamer un dedommagement de son cote, ce n'est
absolument qu'aux depends de la France son ennemie qu'elle peut la
realiser."

Tels etoient, Sire, daignez en grace Vous en souvenir, les principes
que j'osai Vous soumettre lorsque le 8 Mai de l'annee derniere j'eus
l'honneur d'entretenir V. M. sur cette matiere a Charlottenbourg, et
telle etoit ma profession de foi a Vienne, lors meme que je n'etois pas
encore appele a discuter rigoureusement cette matiere. Mais des
l'instant ou je fus autorise a l'eclaircir de plus pres, je l'ai fait sans
detour avec une franchise et une precision qui ne pouvoit plus laisser
le moindre doute.



APPENDIX XVI 549

(The first occasion for a categorical explanation was at Luxem-
burg, when he had been charged to announce to Spielmann the terms
under which the King would consent to continue the war.) Le
Referendaire intime revenant alors a sa these favorite de la parite
des indemnisations, je saisis l'apropos pour dechirer le voile et pour
lui indiquer la difference de nos calculs. Je lui declarai en autant
de termes: "que si jamais il pouvoit avoir ete question d'etablir entre
les deux Puissances alliees un Sisteme d'egalite dans leur agrandisse-
ments futurs, ce Sisteme devoit s'entendre uniquement des acquisi-
tions qu'elles seroient a meme de faire par des convenances reci-
proques." (The present case entirely different, etc.).

Je n'en disconviens pas, cette explication acheva de troubler le
B. de Spielmann; il me repondit, "que mes principes diametralement
opposes aux siens etoient absolument neufs pour lui et que s'ils
devoient prevaloir, il y voyoit le tombeau de V Alliance entre les deux
Cours."

A l'appui de ce que j'avancois, et pour en tamer la negotiation prin-
cipale, je remis alors auB.de Spielmann la Note qui avoit ete pre-
pared dans le Quartier General de Merle la veille, 25. Octobre 1792,
sous les yeux de V. M. et qui renfermoit les conditions irrevocables
qu'Elle venoit de mettre a sa cooperation pour la campagne suivante
... La dessus j'etalai sur la table du B. de Spielmann l'exemplaire
original de la carte de la Pologne sur laquelle, Sire, Vous aviez trace
de main propre dans le camp de Consanvoy la ligne de Vos acquisi-
tions de Czenstochow par Rawa a Soldau. Je lui montrai au doigt
cette ligne de demarcation, en lui disant "que telle seroit l'indem-
nite de V. M. et qu'apres en avoir ete mise en possession, elle con-
tinueroit a l'Empereur pendant la campagne prochaine la meme
assistance qu'Elle lui avoit accordee dans celle-ci." ... II me fallut
essuyer pendant trois heures une longue suite de declamations et de
plaintes, dont le retournant fut toujours l'insupportable principe de
la parite, et la necessite de l'adopter invariabiement pour base des
liaisons subsistantes entre les deux Cours. (He had finally ended
the discussion by saying) "Que sans pouvoir remonter au passe,
j'etois oblige de m'en tenir a. la situation des affaires telle qu'elle se
presentoit aujourd'hui. Que la resolution de V. M. et Ses conditions
etoient invariables, et que si la possession immediate de l'arrondisse-
ment propose pouvoit rencontrer les moindres obstacles, la retraite
de l'armee Prussienne restoit decidee sans retour." . . .

(At Vienna he had then daily pressed the Austrians for a satis-



55°



APPENDIX XVI



factory answer, repeating constantly), "que j'entendois par la prise
de possession de l'acquisition de V. M. en Pologne non leur occupa-
tion eventuelle ou interimale, mais leur propriete permanente et leur in-
corporation complette a la Monarchic Prussienne."

A force de renouveller d'heure en heure mes representations, mes
instances, mes declarations energiques, et je dirois presque mes com-
minations, j'eus le bonheur enfin de ramener les deux Ministres du
Cabinet a des dispositions plus favorables. . . . Ce fut dans les
journees du 21 et 22 Decembre, que s'opera cet heureux changement;
j'obtins le consentement pur et simple a. la prise de possession effec-
tive et on laissa de cote les chevilles qui avoient herisse jusqu'ici
l'issue de ma negotiation. Les assurances formelles que je recus de
la bouche du Comte Cobenzl et du B. de Spielmann, furent en meme
terns accompagnees de la promesse positive: "Que S. M. l'Empereur
addressera les instances, les plus pressantes," etc. (word for word as
in the report of December 24 printed above). ... La seule restric-
tion qu'on se permit d'ajouter, ce fut: que l'lmperatrice de Russie
voulut, conjointement avec S. M. le Roi de Prusse, garantir son con-
sentement a Vechange de la Baviere, qui me presentoit a. la verite un
sens obscur et louche, mais sur laquelle je ne me crus pas oblige, par
cette meme raison, de faire le difficile, persuade qu'elle auroit grand
besoin d'etre determine avec plus de clarte dans la suite.

(The 23rd he had had his final audience with the Emperor.) L'Em-
pereur me repondit du ton le plus affectueux, "qu'il etoit bien loin
de se permettre le moindre doute sur l'amitie et les sentimens de V.
M.; mais qu'il ne pouvoit me cacher une chose qui l'embarrassoit.
Vous savez, continua-t-il, que j'ai donne mon consentement a. l'ag-
grandissement du Roi en Pologne; mais puisque S. M. a fait de cette
acquisition la condition sine qua non de sa cooperation a, la guerre,
je dois conserver quelques apprehensions que malgre les ordres les
plus positifs qui sont adresses auC.de Cobenzl a. Petersbourg, nous
ne rencontrions des difficultes pour emporter aussi l'acquiescement
de l'lmperatrice de Russie." . . . Ainsi finit cette audience memo-
rable dans laquelle l'Empereur me parla en termes si positifs de son
consentement donne et meme de son inquietude a voir realise le plan de
V. M., sans rappeller une seule de ces clauses restrictives que ses
Ministres avoient interjettees auparavant. ... II [Cobenzl] poussa
meme la resignation jusqu'a me dire "qu'il souscrivoit respectueuse-
ment aux volontes de son maitre convaincu d'ailleurs de la justice
de nos pretensions." . . . Dans ces derniers terns de mon sejour a,



APPENDIX XV II 551

Vienne j'avois quitte le ton du negociateur pour prendre celui d'un
homme qui veut, et qui annonce les volontes peremptoires de son
Maitre.



APPENDIX XVII

Notes of the Empress Belonging to the Papers of the
Secret Conference of October 2q/November 9, 1792.

[P. A., X, 69]

1. Moauio 6u h to CKa3aTh em,e JIpyccaKaMt, ^to Hain> KaateTca Tenepi. ne
BpeMfl naiaTb hobbig xjoiiotbi Koraa Akjio H^eTS no BBipyneiria HiMeu.Kofl Iliinepin
h ea nt.tocTn n3i pyKt $paHii,y30BT>, koh He tokmo 3aBjia;i,'E.!iH Tpeiia Kypcjmper-
Bann ho h temt. ropo^oirb ate rjrfe KopoHyiOTca IbinepaTopbi.

2. ' IIpaBn.ia Bt tomt> jri-irE uasieTca 6htb .hojijkhh OT^ajraTb jrijiearb HojitmH

KOJHKO MOJKHO.

IIocji'b St^CTBeHHoft KaMnamH ht,ti npio6p , ETeHii1 yciOBHTtca, h mh ne Bf^a-
em> tto jrijiaTt xoTart ct naMH jse hh leMi. Tyrt He 6e3t Bi^ona BiHCKaro
jrBopa ne npncTynnTb Kt onojiy jrijiy.

Ychjihtb IIpyccKaro Kopo.ia hh fl.ia ^ero.

HpOTHBy leCTHOCTH H 06TjIIl,aHin OTHIOAB hh ieBO [sic] npHHHMaTt.



Note of the Empress Belonging to the Papers of the

Secret Conference of November 4/15, 1792.

[P. A, X, 69]

A la maniere pressante dont le Comte Goltz a parle hier, il n'y a
qu'a repondre que sans savoir ce que la Cour de Vienne mon Allie
repondra et me communiquera je ne saurois rien dire, qu'outre cela
il est indispensablement necessaire de savoir quelle sera la conduite
de l'Angleterre, que selon nos Avis de Constantinople les intrigues
y augmente pour porter le Divan a nous declarer la guerre, qu'on
l'a deja porte a faire travailler a un Armement maritime, qu'en con-
sequence je ne trouve pas que la Prudence permette de commencer
de nouveaux embarras tandis surtout que ceux qui existent ne sont
pas finis ni que nous puissions en prevoir la fin, etant dans une tres
parfaite ignorance sur le plan des hauts Allies, lequel jusqu'ici a ete
diametralement opose a. tout ce que nous avons propose, et meme
jusque la que les Princes freres du Roy de France, loin d'etre mis en
avant, sont chasses de lieu en lieu et prets a. perir de faim et de misere

1 This note follows immediately upon the preceding in the volume from which
it is taken, and in all probability belongs with it.



552 APPENDIX XVIII

avec la Noblesse nombreuse qui est restee fidele a, la Cause du Roy
qui est reconnue pour celle de tous les Souverains. Que nous n'ajou-
tons pas foy au bruit general de l'Europe comme si S. M. etoit con-
venu avec les Rebelles de je ne sai quel arrangement, que nous n'y
ajoutons pas foy parce que ces bruits sont injurieux a sa gloire et sa
probite.



APPENDIX XVIII

Rescripts of Catherine II. to Sievers with Regard

to the Negotiations at the Diet of Grodno.

[M. A., EojiBnia, III, 70]

1. May 26/ June 6, 1793

Apres vous avoir annonce mes intentions en termes ostensibles
dans le Rescrit Russe, qui accompagne celui-ci, je ne veux point vous
laisser ignorer les motifs particuliers qui m'ont determinee a faire
traiter separement les objets de cession a faire aux deux Cours Co-
partageantes d'avec ceux de la nouvelle Constitution et des liaisons
politiques et commerciales de la Pologne. . . . Depuis j'ai scu de
differens cotes que les plus senses d'entre les Polonois sentoient que
dans la foiblesse et le neant.ou leur pays seroit plonge a la suite du
nouveau demembrement qu'il vient de subir, il lui seroit difficile ou
plutot impossible de subsister en Corps d'Etat libre et independant.
En partant de la, presque tous desireroient asses unanimement de
pouvoir suivre la destinee de ceux de leurs compatriotes, qui ont
passe sous ma domination. Je ne scaurois ecouter leurs voeux a cet
egard sans exciter la jalousie des Puissances voisines et sans leur
attirer une foule d'embarras qu'il importe d'eviter dans ce moment.
Mais il ne seroit pas impossible d'y suppleer au moyen d'un traite
d'alliance et d'union si etroite entre les deux Nations, que sans rendre
l'une sujette a l'autre, elles fussent liees inseparablement entre elles.
(A somewhat similar plan had been opposed in 1788 by the Court of
Berlin.) Quoique les choses soyent changees et par les rapports ou
je suis avec cette cour et par la position ou nous nous trouvons re-
spectivement, il n'en est pas moins certain que si cette question etoit
remise sur le tapis dans le terns que nous negocions en commun avec
Elle, il en resulteroit de deux choses l'une, ou qu'elle voudroit par-
ticiper de maniere ou d'autre a mes arrangemens avec les Polonois
ou qu'elle tacheroit de se procurer encore de nouveaux avantages a



APPENDIX XVIII 553

leur depens. Ni l'un ni l'autre n'etant ni de ma convenance ni de
mes ihterets, j'ai cherche a. ecarter les Prussiens et a. les mettre hors
du jeu aussitot qu'ils auront arrange et termine l'article de leurs
acquisitions. C'est d'apres ces principes que j'ai fait rediger les
stipulations du Traite de cession et regie la marche de la Negocia-
tion que je leur ferai proposer et adopter; c'est aussi par cette con-
sideration que je n'ai pas voulu que dans votre projet d'acte on fit
mention d'aucune transaction eventuelle a l'exception d'un Traite
de Commerce pour que la Cour de Berlin ne fit rien de semblable a
notre imitation. J'ai laisse a votre choix de proroguer ou de dis-
soudre la Diette; mais lorsqu'elle se sera rassemblee pour la raison
de travailler a, l'organisation du gouvernement de la Republique, ce
sera votre affaire de disposer les esprits de maniere que la proposi-
tion d'un Traite, tel que je viens de le determiner cy-dessus, me
vient d'eux spontanement et comme un accessoire qui n'a ete nulle-
ment premedite. Je ne mets d'intervale entre la dissolution ou la
prorogation et le nouveau rassemblement de la diette que celui de
six a, huit semaines; car il faut profiter de l'occupation de nos voisins
pour arranger solidement et stablement toutes nos affaires avec
la Republique. Malgre la stipulation qui abandonne aux Polonois
le soin de l'arrangement futur de leur gouvernement, vous saures
vous menager les moyens d'y influer indirectement a. l'exclusion de
votre Collegue Prussien, et sans de bien grands efforts vous con-
tinueres a. diriger les esprits dans tous les sens qui conviendront les
plus a. mes mterets.

2. June 23/ July 4, 1793

. . . Cependant il me paroit qu'il ne sera pas tout a. fait superflu
de vous retracer aujourd'huy la marche et l'ordre que vous aves a.
suivre dans la negotiation qui vous est confiee et de vous faire part
en meme terns et dans la plus intime confidence des motifs qui m'ont
determinee a, les adopter. Je commencerai par ces derniers.

La Cour de Vienne depuis l'installation de son nouveau Ministere
commence a. manifester une inquietude bien plus vive qu'elle ne l'a
fait par le passe sur les acquisitions des deux Cours Voisines en Pologne.
Apres avoir fait d'inutiles tentatives pour en diminuer les portions,
elle vient d'avoir recours a. moi par des representations amicales pour
m'engager en cas de non-reussite des plans des compensations qui
lui etoient assignees dans notre convention avec le Roy de Prusse a.
lui reserver egalement en Pologne une part equivalente a. celle de



554



APPENDIX XVIII



chacun de nous deux. Mais en attendant, et a tout evenement Elle
me demande a se mettre des a present en possession de la Ville de
Cracovie et dequelqu' arrondissement de limites du cote de la Gallicie;
. le tout sous pretexte que cette province sera trop exposee vis a vis
des Prussiens apres l'occupation qu'ils ont faite de Czenstochova. . . .
Cette raison sans doute n'est pas sans poids, mais comme en l'admet-
tant nous risquerions d'un cote d'appauvrir trop la portion restante
de la Pologne, et de manquer par la le but que nous proposions de la
conserver sur le pied d'un Etat intermediaire, et que de l'autre en
jettant ce nouvel incident au milieu de notre negociation nous ne
pourrions que l'embarrasser et la prolonger non sans des inconve-
niens majeurs, j'aurois desire de pouvoir y trouver quelque autre
expedient qui put concilier les interets des Autrichiens, sans en venir
a une concession de territoire Polonoise vis a vis d'eux, et sans avoir
l'air de manquer a. nos engagemens vis a vis des Prussiens. Cet ex-
pedient le plus naturel seroit celui de faire desister ces derniers de la
conservation de Czenstochowa dans la ligne de demarcation qu'ils
ont tracee jusqu'ici. Connoissant leur avidite toujours aussi prompte
a envahir qu'incapable de se dessaisir de ce qu'ils ont eu une fois en
main, il ne seroit pas permis de se flatter d'aucun accommodement a
ce sujet, si on venoit a le leur proposer avant que l'arrangement qui
nous concerne fut consomme. Mais lorsque celui-ci sera parvenu a
toute la maturite, il ne sera peut-etre pas impossible a l'aide de l'in-
tervention autrichienne et d'une opposition tant soit peu soutenue
de la part des Polonois d'obtenir quelque modification ou relachement
sur ce point. . . . En attendant, pour le bien de nos propres affaires,
voila la conduite que vous aves a tenir:

i°. Continues a insister sur la nomination de la delegation pour
traiter avec vous et votre Collegue Prussien, s'entend avec l'un
apres l'autre et par consequent avec vous le premier, sur l'objet de
vos declarations respectives. Si pour remporter cette determination,
il vous faudra employer tour a tour les promesses et les menaces,
tenes vous sur leur nature a ce qui vous en est prescrit dans vos in-
structions. Parmi les menaces, si vous les trouves plus necessaires
qu'autre chose, n'oublies pas de faire sentir aux nonces de la Diette,
que s'ils different la nomination de la delegation en question, vous
aves ordre de rompre la negociation, de vous retirer, et de faire traiter
la Pologne en pays ennemi en y levant les contributions et en le
livrant a la discretion des trouppes, . . . et engages le ministre de
Prusse a tenir le meme langage.



APPENDIX XVIII 555

2°. Des que de cette maniere ou de toute autre vous parviendres
a, nouer votre negociation, ne perdes pas de terns pour conclurre
votre Traite et pour disposer les choses de maniere qu'aussitot que
nos ratifications vous seront arrivees, elles puissent etre echangees
contre celles du Roy et de la Diette de Pologne.

3°. Lorsque le tour du ministre Prussien viendra, vous vous
etablires naturellement en Conciliateur entre lui et les Polonois.
Vous n'y mettres que le degre d'activite et d'energie analogue a,
l'intention cy-dessus annoncee, laissant le champ libre aux objec-
tions Polonoises et les appuyant meme en tant que de raison et de
justice. II n'y aura non seulement aucun inconvenient, mais beau-
coup d'avantage a, gagner du terns dans cette seconde negociation.

4°. Laisses les Lithuaniens a, eux-memes. Accueilles-les, mais ni
les conseilles ni les deconseilles. Vous aves fort bien repondu a,
l'eveque Cossacovsky; mais restes en la, et empeches toute explosion
prematuree et par consequent indiscrette.

3. August 11/22, 1793

... II etoit a, prevoir que les differentes mesures mal calculees
que les Prussiens ont adoptees au debut meme de leur negociation
entraveroient la marche de cette affaire par des nouvelles diffi-
cultes. . . . Vous etes tres bien entre dans ma facon de penser en
posant pour principe de vos explications avec les deux partis que je
ne refuserai surement pas mon appui efncace . . . au Roi de Prusse
dans tout ce qu'il pourra exiger legitimement de la Pologne en vertu
de la Convention conclue entre moi et la Cour de Berlin; mais qu'en
meme terns je n'employerai jamais la violence et les moyens coer-
citifs pour forcer les Polonois dans l'etat d'abandon et de desolation
ou ils se trouvent, a, recevoir des conditions injustes et onereuses.
(As to the two points which the Poles demanded from Prussia: strict
adherence to the line of demarcation indicated by the Convention
of St. Petersburg, and certain commercial stipulations in their favor)
Je me crois d'autant plus autorisee a. insister sur ces deux points
aupres du Roi de Prusse que mon exactitude a remplir le premier et
ma generosite a l'egard du second peuvent lui servir d'exemple; et
puisque les Prussiens et les Polonois s'en rapportent egalement a. ma
mediation dans ces differends, je ne pourrai jamais donner mon
suffrage que d'apres la stricte equite. ... II resulte de cet expose
que vous deves soutenir et pousser par tous les moyens qui sont



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