William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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tentative de rectification de la t^te. Puis prendre un soin particulier



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REVUE CLINIQUE. i 1 !

de garanlir le p^rin^, au moment ah Tocciput vient, en le pressanl,
le dlstendre.

40 Dans les cas de positions 0. P. difQciles, dans lesquelles la
rotation s'effectue dans IMtendue du bassin osseux, pendant que la t^te
est embrass^ parle forceps courbe, il existe alors grands dangers que
Ic forceps n'endommage considerablement les parties molles (chez une
primipare) en raison de ce que les forceps se trouvent rejet^s dans une
position oblique.

5*» Afln de prevenir cet accident, il faut ou 1* qiie les cuilldressoient
retirees avec precaution, la t§te fix^ en position, et permettre h Tut^-
rus de finir I'expulsion de la t^te; ou S** alors les instruments courbes
penvent 6tre rfiappliqu^s et ajustes, suivant le changement relatif des
parties; ou 3' de courts et droits forceps peuvent 6tre appliques, et
inettre ainsi en s6curit6 la sortie de la t^te.



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Edampsie. — Mort.

Femme Maillard, 27 ans, entr6e le 13 Janvier h, neulheures du matin.

Gette femme est apport^e k la Clinique dans un 6tat ccmateux complete
elle est ^tendue inerte, la face congestion n6e, un peu de s6rosit6 sangui-
Dolente s'^coule de sa bo5che. Les membres inf^rieurs sont un pcu infiltr6s.
Sa tante, qui I'a amende, raconte qu'hier elle se plaignait d'un violent mal
k la t^te et de douleurs 6pigastriques, et que tout k coup, vers minuit, elle
a ild prise d'une attaque violente, qu'une autre attaque s'cst montr^e quel-
que temps apres, et qu'enOn il y en a eu une vingtaine de minuit^neui"
heurei du matin, heure k laquelle on Pa apport6e a rh6pital. A neuf hcures
et demie, nouvelle attaque k la Clinique. M. Depaul constate que le tra-
vail est commence, roriflce est entr'ouvert, mais il est rigide. Un peu de
sang s'^happe par les parties genitales. L'enfant est vivant. — Saign6e de
500 grammes.

Les attaques se succfedent dans Tordre suivant : l^*^ i 9 h. i/2 ; 2° a iO h.;
3c ^ ^0 h. 4/4; 4e k 10 h. 35 ; 5e Sl 11 h. 20 ; 6« ^ 11 h. 35 ; 7c k 12 h. 20 ;
8«kl2h. aS-jO^^i h. 10.

Gette demi6re attaque est airiv^e pendant que Ton faisait une seconde
saign6e. A partir de ce moment, il n'y a plus eu de convulsions, mais &
deux heures on constate qu'un 6tat tr6s-grave s'est produit brusquement.
Cette femme 6tait agonisante, sa respiration {;tait stertorcuse, elle avait de
I'ecume k la bouche, ipoussait des gcmissements et n'ayant retrouv6 aucunc
de ses facult6s. L'orifice s'^tait un peu dilat6 sous Tinfluence de quelques
contractions qu'on a pu constater, mais le col est toujours rigide. Le doigt
introduit dans sa cavity peut percevoir une disposition particuli^re ; k la



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il2 REVUE CLINIQUE.

16vre post6rieure, au point oCi se trouvaitrorifice interne avant la dilatation,
on sent une espece de bride transversale s'implantant lat^ralement et tr6s-
tendue. Malgr6 lagpavite dc I'^tat et son pen depropensioni intervenir dans
les cas d'eclanipsie, M. Uepaul, pensantquec*6taitla bride rigide qui retar-
dait raccouchement, se d6cida a terminer raccouchement. Deux incisions
sont faites lat6ralement, et une autre en arri^re sur une profondeur de 4 ^
5 millimetres au plus; le col s'ouvre imm6diatement tr6s-largement, et le
forceps est appliqu6. A ce moment, un flot d'un sang noirfttre, que Ton peut
evaluer k 200 gr., s*6coule des parties genitales et vient probablement i la
suite d*un d6collement placentaire. M. Depaul pratique quelque tractions
pen 6nergiques, et la t6te est extraite facilement. La df^livrance est faile natu-
rellement, mais le placenta pr^sente encore quelques petits caillots adhe-
rents a sa face ut6rine.

Lepouls a I'air de se ranimer un pen, devient un peu plus fort. La ma-
lade fait quelques mouvements, cependant les battements du pouls ne tar-
dent pas k s'afTaiblir, et la mort arrive a dix heures du soir.

Autopsie pratiqu6e vingt-quatre heures apr^s la mort. Cerveau d6color6
tout k fait an6mique, ne laissant 6couler k la coupe aucune goutte de sang,
pas de l6sioii dans la texture.

Rien aux poumons. Cceur volumineax, surtout k gauche, oCi Phypertro-
phie est tr^s-nette.

Le foie est congestionn6, il pr^sente h sa surface et dans touteson 6pais-
seur un piquet6 h^morrhc^ique ; a la coupe il s'<^coule une grande quantitt'*
de sang noir.

L'uterus, de volume ordinaire, a les parois peu 6paisses; il contient du
sang en caillots, qui sont adherents surtout au lieu d 'implantation du pla-
centa. On retrouve sur le col les incisions faites du moment de Taccouche-
ment, et Tune d'elles semble s'etre prolong^e en bas et en arri^re dans le
tissu m6me du vagin, sans cependant avoir interess<^ toute I'epaisseur de c^
canal. II est bien entendu que le peritoine est intact,

Femme en travail depuiaqaatre Jours. — Enfant hydroc^phale. —
Gr&niotomie. ~ Application du forceps. — Mort.

II y a quelqucfs jours, une sage-femme, du quarlier des Ghamps-filys^es,
m*envoya chercher pour venir terminer par le forceps, disait-elle, dans un
mot qu'clle m'6crivait, un accouchement qui tratnait en longueur.

Voici les renseignements que me donnerent k la fois le mari et la sage-
femme quand je me rendis i I'adresse indiqu^e. II s'agissait d*une jeune
femme d'une trentaine d*annees, enceinte pour la seconde fois et arriv^e au
terme de la gestation. Sa premiere couche s'6tait assez bien pass^e; toute-
fois, la petite lllle qui en avait 6t6 le r6sultat, portait, d'apr^s quelques
paroles assez vagues du mari, une fente k la 16vre sup6rieure, qu'il attri-
buait, selon lui, aux douleurs du travail de I'accouchement et aux frequents
attouchements de la sage-femme charg^e, k cette 6poque, de donner ses
soins k cette jeune femme. Mais il s'agit tr^s-probablement d'un bec-de-
lievre simple.



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REVUE CLINIQUE. H3

Quant k la grossesse pour laquelle j'ai 6t6 appel6, elle n'a rien pr6sent6
d'insolite, si ce n'est une chute faite dans un escalier, il y a environ deux
mois, k la suite de laquelle la malade a accus6 une violenlc douleur dans
Tabdomen. Dans les derniers temps, cette femme remarqua que son ventre
6tait cxtremement d6veloppe, ct lui lit craindre un instant d'avoir des
jumeaux. Vers le 10 Janvier, elio perdit un pcu d'eau, et tous les jours une
petite quantit6 deliquide s'6coulait paries parties, mais en quantit6 assez
minime pour que Ton ne pQt inGme pas craindre une rupture prematur6e de
la poche amniotique, mais simplement un d6collement de la partie infe-
rieure de i'ceuf. Enlin, dans les derniers jours, une grandc quantite dc
glaires sanguinolentes s'6tait 6chapp6e en m6me temps que ce liquidc.

Les contractions ut6rines commenc^rent faiblement le samedi dans la
joum6e, et, ^partir de ce moment, la malade ne sentit plus les mouvcmcnts
actifs de Tenfant. Les douleurs ne prirent cependant une regularite expul-
sive que dans la journ6e du dimanche, et les choses march^rcnt d'abord
lentement, puis peu k peu les contractions se renouvel^rent tr^s-fr6quem-
ment. La sacje-femme, appel6e d6s le d6but du travail, en put suivre toutes
les phases, et constata que le col s'effaQait et se dilatait lentement ; en m6me
temps, il lui 6tail impossible de reconnaltre la partie fcetale qui s'avan-
QaitjSi bien qu'en cpnsid^rant Taspect ext6rieur de rut6rus,dont on pouvait
voir les contours k travers la parol abdominale, et qui semblait en quclquc
sorle bilob6, elle put, elle aussi, croire k une grossesse g^mellaire.

L'orilice ut^rin ne fut compl^tement dilat6 que dans la nuit du mardi au
mercredi, c'est-^-dire k peu pr6s trois fois vingt-quatre heures apr^s le d6-
but du travail. A ce moment, la poche des eaux, qui 6tait enti^re, formait
une enorme saillie dans le vagin, et la sage-femme crut alors pouvoir, sans
inconvenient, rompre cette poche. Une tr^s-grande quantit6 de liquidc am.
niotique 8'6chappa aussit6t, et ce liquide 6tait rempli de m6conium. Aussi-
tM apr^s cet 6coulement, la sage-femme constata, par le toucher, la pre-
sence d'une t^te encore tr6s-elev6e au-dessus du d6troit abdominal. A partir
de ce moment, les contractions ut^rines, qui s'6taient un peu ralenties depuis
quelques heures, se ranim6rent de nouveau,etflrentesp6rer un prompt enga.
gement de cette tdte et une rapide d6livrance. Malheureusement il n'en fut
rien, et, malgr6 d'^nergiques efforts, les choses rest^rent dans la m^me
situation pendant toute la journ6e de mercredi, la nuit suivante, et le jeudi
matin. Jusqu'S. ce dernier jour, la malade n'avait rien pr6sent6 d'anormal
dans son 6tat general : femme vigoureuse et r6sistante, elle avait paru sup-
porter, sans trop de fatigue, cette longueur exag6r6e dans le travail de Pac-
coucbement. Mais, le jeudi, les aliments et les boissons, qu'elle avait jus-
qu'alors tr6s-bien accopt6s, furent rejet6s par Pestomac k chaque nouvelle
tentative d'absorption. En mSme temps, les contractions se suspendaient
compUtement, et une certaine anxi6t6 se peignait surle visage. Dans I'apres-
midi, on lui parla de la n6cessit6 d'appeler un m6decin; ce qui parut I'ef-
frayer consid6rablement, et, d*apr6s le dire des assistants, k partir dc ce
moment, le facies prit une expression d'anxi6t6 profonde, les inspirations
se rapproch^rent, et le pouls devint filiforme, imperceptible.

C'est dans cette situation que je trouvai la malade quand j 'arrival prds
Archives de Tocologie. — fevrier 4875, 8



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ili REVUE CLINIQUE.

d*ellc, vers quatre heures et demie du seir. On me mit au courant de tous
Jes d6tails que je viens de transcrire, et^ pendant ce temps, je consid6rai
cette pauvre femme, qui pr6sentait tous les sympt6mes des femmes chez
le.squelles une rupture ut6rine est survenue. Un fait, surtout, semblait con-
flrmer cette appr6hension, sur laquelle je suis un peu revenu depuis*
quoique incomplStement, c'est une douleur tr6s-vive que la malade accusait
dans la fosse iliaque droite, Le palper abdominal, cependant, n'6tait pas
tr^s -douloureux, et Ton pouvait tr6s-bien suivre les contours de Tut^rus,
assez fortemcnt r6tract6 sur son contenu. II pr6sentait, en effet, cet aspect
bilob6 qui avait fait croire h, une grossesse g6mellaire; toutefois, Tun des
lobes, celui du c6t6 droit, 6tait beaucoup plus 6lev6 et beaucoup plus volu-
mineux que Tautre qui occupait le cAt6 gauche, et qui ne remontait gu^re
qu*^ deux ou trois travers de doigt au-dessus de Tombilic. Je pratiquai
Tauscultation dans tous les sens, et il me fut impossible de saisir le moindre
battement du ceeur foetal. L'absence de ce signe st6thoscopique, jointe aux
renseignements qui m'avaient 6t6 donn6s, me confirma dans cette id6e que
Ten fan t avait succomb6.

Par le toucher je m'assurai qu'aucune partie foDtale n'6tait engag^o dans
le vagin ; niais, k la partie sup6rieure de ce conduit, reposant sur le detroit
sup6rieur, etbombant tr6s-l6g6rement dans Taire de cette ouverture, on at-
teignait et Pon distinguait tr6s-nettement une portion de la tMe foetale. Un
peu 6tonne d'abord de r6l6vation de cette partie, je cherchai s'il n'y avait
pas un r6tr6cissement pelvien, ou la presence d'un membre du foetus en
procidence sur les c6t6s de cette tfite; mais ces recherches nedonn^rent que
des r6sultat8 n^gatifs et je revins k la portion c^phalique que j*examinai
plus compl^tement. Je remarquai alors que cette partie, quel'on ne pouvai
pas reconnattre pour autre chose que pour le cuir chevelu, n*6tait pas sup-
ports par derriSre par une surface osseuse et lisse comme celle des os du
crAne. D'un autre c6t6, ce n'6tait pas \k la mollesse d'une bosse s6ro-san-
guine exag6r6e, ce qui n*aurait rien eu d'impossible vu la longueur du travail;
en outre, sur le c6t6, je per^us tr6s-distincteraent une arfite osseuse. EnQn,
en mcttant la main sur Tabdomen et en pressant sur la tumeur droite, la
plus petite, il me sembla que j*imprimais des mouvements k la t6te que
touchait le doigt' plac6 dans le vagin, et, en combinant ainsi ces divers 616-
ments, il me devint presque certain que nous avions affaire ici a un cas de
dystocie par hydroc6phalie.

J*annonQai done k la famille i* que Tenfant 6tait mort, et que 2o selon
toute probability il pr6sentait un vice de conformation dont j'expliquai la
nature, en ajoutant que, dans tous les cas, les operations auxquelles j'allais
me livrer sur lui, si par centre je me trompais, quant & rhydroc6phalie,
n^auraient aucun inconvenient, puisque la cessation de la vie foetale 6tait
certaine, et que pour le bien de la m6re il y avait lieu de difninuer autant
que possible le volume de la tdte de Tenfant.

11 me restait k me determiner sur le choix des moyens & employer pour
terminer cot accouchement.

Ma premiere pensee fut d'appliquer le forceps, non pas pour extraire le foetus
intact et faire des tractions que je sais etre, dans ces cas,le plus souvent inu*



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REVUE CLINIQUE. .H5

tiles, k moins que le liquide c6phalique ne fuse du c6t6 de la poitrine par
une ouverture accidentelle ; mais mon intention 6tait, apr^s avoir appliqii6
le forceps, de percer le crAne, en glissant le Crdniotome entre les mors du
premier instrument. Je plaQai done la branche gauche du forceps, ce qui se
fit sans difficult6 ; mais la t^te 6tait ^norme, et, comme je I'ai dit, tr6s-
•^lev^, si bien que, pour que la concavity de la cuill6re r6ponde k la con-
vexity de la t^te et ait par consequent une bonne prise sur cette partie, il
me fallut enfoncer tr6s-profond6ment cette premiere branche, si bien que le
pivot s'enfouQait jusque dans le vagin, et que je me voyais dans rimpos?ibi-
lit6 d'articuler Tinstrument, et en admettant m6me que jV fusse parvenu,
il me devenait fort difficile de faire la crAniotomie.

Je retirai done cetle premiere branche et je commengai par la crAnio-
tomie.

Je Cs pr^alablement fixer fortement la t^te au-dessus des pubis, puis,
avecle cr&niotome de Samico, je perforai le crAne;celase fit sans difficult^.
AussitOtun jet liquide s'6chappa de la vulve, et comme j'avais eu la pre-
caution de tenir une cuvette k ma port^e, je pus recueillir la majeure partie
da liquide crAnien qui ne s*6leva pas k moins de 4 litre 1/i, sans compter
•ce qui s'6coula dans les linges k ce moment et pendant la suite de Top^ra-
tion. Jedois noter en passant qu'il ne s^chappa aucune parcelle de mati^re
^er6brale k ce moment, et ce ne fut que dans le passage de la- t^te k la
vulve, qu'une tr6s-faible partie de Tencephale sortit du crAne. .

J'avais eu Tespoir, une fois la t6te vid6e, que cette partie descendrait un
peu et qu*il me serait plus facile de la saisir, mais il n'y avait aucune con-
traction uterine, et quoique la tSte restAt fort 6lev6e, je dus revenir A Tap-
plication du forceps. Les deux branches furent mises en place, puis lesman-
ches li6s fortement avec un linge pour serrer davantage. Mais je ne me
faisais pas d'illusions, et je savais trds-bien que la t6tc n*6tait qu'imparfai-
tement saisie ; aussi je m'attendais k voir Tinstrument glisser. J'esp6rais
toulefois que je parviendrais k engager tou jours un peu la partie foptale,
grace k mcs tractions, et qu'avec une seconde application je parviendrais
a mieux saisir la tfite un peu abaiss^e et par consequent k Textraire. Mal-
heureusement le forceps glissa et n'entraina rien, si bien qu'apr^s deux
€ssaisinfructueux, je dus rcnoncer a cet instrument. Je n'avais pas de ee-
pbalotribe sous la main, et en euss6-je eu un, et m6me celui de M. Dcpaul
avec ses deux crochets int6rieurs, je croisque je n*en eusse pas retir6 un
meilleur r^sultat , car les mors n'en sont pas plus longs que ceux du
forceps, je dirais m^me qu'il semble que les fabricants d*instruments cher-
cbent tous lesjoursken diminuer Tetendue; or, comme avec le forceps, jo
n'aurais saisi que la portion du crAne flasque et ramollie depuis rocoule-
ment du liquide, et je ne serais pas parvenu jusqu'A la base du crAne, seule
partie qui pouvait m'offrir un plan resistant, mais qui 6tait toujours tr^s-
^leve et en quelque sorte inaccessible. J'introduisis alors la main tout en-
ti^re dans le vagin, et cherchant le trou fait au cuir chevclu, j'y plagai un
doigt, et c'est en exergant des tractions sur ce point, et en engageant la
panvrc femme k m'aider de tous ses efforts, que je parvins k abdisser la t^^to
et definitivement k I'extraire. Le reste de rop6ration ne pr6scnta aucune dif-
liculte. '



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no REVUE CLINIQUE.

Le cordon 6tait gr61e et de couleur verdAtre, ce qui indiquait un s6jour
prolonge dans le liquide amniotique m6lang6 de meconium ; il en 6tait de
m6me des membranes de Topuf et du placenta, qui 6tait remarquablement
petit, controirement k ce que j'avais pens6, eu 6gard k la grande quantit6
de liquide amniotique qui, d'aprds les renseignements pris, avait 6t6 exa-
g6r6e. Dans ces cas, en effet, il est plus fr6quent de trouver un d6livre ccd6-
mati6.

La malade 6tait encore tres-afTaiblie quand je laquittai, une heure apr6s
rop6ration..Toutefois, une clrconstance qui me fit abandonner en partie
ma premiere id6e de rupture uterine, ce furent les efforts tr^s-r^els que fit
rut6rus pour m'oidcr dans I'extraction de la t^te, et la retraction rapide de
cet organc apr6s Taccouchement, car moins de dix minutes apr^s le pla-
centa avait 6t6 d6coll6 et chass6 jusque dans le vagin. Toutefois j'exprimai
mes craintes sur les suites probables de cet accouchement, et je ne me
trompai malheureusement pas, car cette pauvre femme succomba dans la
nuit m6me qui suivit sa d61ivrance.

Cette mort rapide, jointe aux symptdmes divers que j'ai exposes, no
pent que me confirmer dans mon premier diagnostic, k savoir, qu'il s'6tait
produit une rupture de la matrice ant6rieurement k mon arriv6e et a loute
tentative d'accouchement. D' A. de Soyre.

Un cas de grossesse extra-uterine avec terminaison heureuse.

La femme qui fait le sujet de cette observation eut, kTAge de 18 ans, une
inflammation dans lebas-ventre (?). Debut de la grossesse i I'Age de 26 ans.
Pendant les neuf mois qui suivent, manifestations p6ritoneales intenses. Au
bout de ce temps, douleurs ressemblant k celles de Tenfantement.

L'exploration pratiqu6e sur la malade fait reconnaltre une grossesse extra-
uterine avec mort du foitus. Cessation des douleurs sans d6livrance. Pen-
dant les donze mois qui suivent, le developpement du ventre ne change
pas, et la malade se trouve tout a fait bien. Au mois de f^vrier 1870, une
violente diarrhee survient. Cette diarrh^e s'exasp^re au mois d'aoAt de la
meme ann6e et en mSme temps des phalanges et des vertebres sont rendues
par le rectum. D6p6risscment dela malade, qui n6cessito une intervention
chirurgicale. Au mois de novembre 1870, le professeur Schultze (d'Erlan-
gen) extrait d'un sac situ6 k 3 centimetres au-dessus du sphincter de I'anus
et s*ouvrant dans le rectum presque tous les os d'un crAne, les os les plus
considerables du squelette, des fragments de vertebres et des phalanges.
La muqueuse du rectum etait d'ailleurs normale. Trente-cinq jours apres
cette operation, la malade etait compietement r6tablie et le poids de son
corps avait augmente de -20 livres. (Centralhlatt far Medinischen Wissen^
schaflcnei Gazette Medicate.) *

Operation c^sarienne avec succ^s pour la m^re et Tenftint^
par Jacobs.

Le D' Jacobs, de Cologne, rapporte {Berliner Klinische Wochenschnfi^
10 oct. 1874) cette interessante observation dont voici le resume : II s'agit



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UEVUE DES SOCIETES SAVANTES. 1 17

d^une femme de 4:2 ans, multipare, que deux ans auparavanton delivraavec
difficalt^ au moyen du forceps. Lediam^tre antero-post6rieur n'a que deux
pouces; les branches horizontales du pubis sont repouss6es en dedans, de
telle sorle que la symphysc fait dans le bassin une projection semblable fi
un bee; un examen attentif montraqu'on avail affaire a un bassin ost^oma-
lacique. L^enfant6tantvivant, on d6cida, apr^s une consultation, de prati-
quer Top^ration c^sarienne. Le rectum et la vessie, pr6alablement vid^s, la
maJade chloroform6c, on incisa la ligne blanche, puis rut6rus; Tincision
uterine tomba sur le placenta que Ton d^colla, puis on fit Textraction de
Tenfant; iram6diatement apr^s on fit, sans aucune difficult^, I'extraction
du placenta. L*ut6rus fut alors comprim6 et repouss6 en has; on ne fit pas
de sutures ut6rines, mais on sutura a la mani^re ordinaire la paroi abdomi-
nale. Quelques naus6es, dues au chloroforme, furent arr^t^es par Temploi
h linterieur elk Text^rieur de la glace el de I'eau glac6e.La plaie se r6unit
partie par premiere intention, partie apr^s granulation. M. Jacobs attribuc
surtout lesucc^s a larapidit6 de rop6ration et i Temploi de la glace. (Lon-
don tnedical Record^ 23 nov. 1874, et Lyon Midiccd.)

Bvacoation par Tasplrateur d^nn ut^ms epravide en retroversion.

M. Anthony Bell, de Newcastle, rapporte qu'il fut appel6 pour une femme
enceinte de cinq mois, arriv^e k un degr6 d'6maciation considerable ;depuis
la septieme semaine de sa grossesse elle avait constamment souffert du
ventre, souvent avcc violence. Son urine 6tait purulente et ammoniacale. Un
examen complet montrait que Tut^rus en retroversion constituait une tu-
meur fluctuante, douloureuse, absolument impossible 6, r^duire. L*auteur
pratiqua par le rectum une ponction aapiratrice dans la tumeur, constitute
par Tuterus, pour 6vacuer le liquide amniotique. Cette operation fut suivic
d'un grand soulagemcnt sans aucun accident. Le faitus fut expuls6 au bout
de trente-six heures et la malade gu6rit rapidement. (British Medical
Journal et Journal de in^dedne pratique.)



REVUE DES SOCIETES SAVANTES.



SOCIETE DE MEDECINE DE PARIS.

Seance du 28 novembre 1874.

Tnmenrs fibreuses multiples de rutdrus provoquant le travail et
s'opposant it raccouchemc^t. — Ramollissement des tumeurs. —
Accouchement spontan6. — Bzpulsion spontan^e de deux tumeurs.
— Gru^rison. «

M. Je D*" Gharrier fait la communication suivante :
M°»« C, ag6e de26 ans, 6tait enceinte pour la quatri6me fois. Toutes ses
couches avaient 6t6 heureuses. Dans les premiers jours de cctte quatri^me
grossesse, elle avait 6t6 malade. Anorexic, vomissemcnts, anemic profonde.



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i 1 8 REVUE DBS SOCIETES SAVANTES.

leucorrh6e 6nonne (la malade trempait sept ou huit serviettes par jour)-
D6s les premiers jours de d6cembre 4873, elle vint me consulter.

Je constate par le toucher : la matrice est d6vi6e k droite ; la come gauche
est plus haute que la droite, il est Evident que la matrice a subi uu-mou-
vement de bascule de gauche k droite, suivant le diamdtre bis-iliaque.

L'ut6rus semble d6velopp6 comme k trois mois et demi, quatre mois de
grossesse.

Grossesse probable, compliqu6e de deviation. Mais quelle est la cause de
la deviation?

20 d6cembre. Mouvements actifs du foetus pergus par la m6re. A Taus-
cultatioQ on entend les bruits du caur. Les sympt6mes douloureux aug-
mentent; la leucorrh6e aussi, et la malade a tr6s-souvent envie de pousser
oomme pour accoucher. En effet, on sent au toucher une tumeur, grosse
comme un oeuf de dindc, qui fait saillie dans le vagin, Elle paratt 6tre le
prolongement de la l^vre ant6rieure du col, mais d^ji il est impossible de
retrouver Torifice ut^rin.

45 f6vTier 1874. H6morrhagie consid6rable. La tumeur augmente avec une
rapidit6 considerable.

Le 26, au matin. Je vais chez M"«C. . . et je trouve entre les 16vres de la
vulve une tumeur grosse comme un gros' ccuf d'aut ruche, dure, r6nitente>
sans aucun point de ramollissemcnt, qui remplit tout le vagin. 11 est im-
possible de constater ni la base d'implantation de la tumeur, nila position
de Torifice ut6rin. Envies de pousser continuelles.

A cette 6poque M. le D' Mouillon et M""« Dupont, sage-femme, donnaient
des soins quotidiens a la malade; ils me pri^rent de les aider de mes con-
sells et de me charger du traitemen^t. J*appelai en consultation M. le doc-
t6ur F61ix Guyon, qui constata comme moi rimpossibilit6 de trouver Tori-
fice (i«^r mars 1874),

Quelle conduite^ tenir devant un cas pareil? L'ut6rus va-t-il se rempre?
L'accouchement naturel ou provoqu6 peut-il avoir lieu? Non, dans I'^tat
actuel.

M. Guyon croit qu'il faudra op6rer, et il pense k r6nucl6ation telle que^
Ta pratiqu6e Danyau dans une circonstance pareille. Mais il fait ses r6-
serves : peut-6tre la tumeur se ramoUira-t-clle. II faut attendre. Leu-
corrh6e fetide.

S mars. L'h^morrhagie ne s'est pas reproduite. L'6tat de la malade no
s'est pas empir6. On attend.

Le 6. Douleurs expulsives. (2 grammes do chloral additionn6 de 20 gouttes
de laudanum sont donnSs en lavement matin et soir.)

Le 8. Nous constatons un commencement de ramollissemcnt k la base



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