William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Tentr^e du vagin une tumeur molle, fluctuante, tremblotante et d'un
volume ^norme; il put constater qu'elle (5tait constitute par la l^vre
anterieure du col. II a peine h croire qu'un polype fibreux puisse
Jamais prendre cette apparence. Dans Tobservation de M. Calmeille,
le pddicule avait de 7 ^ 8 centimetres de circonf^rence.

M. BiiOTn'a porl6 un jugement qu'en se basant sur les faits qu'il
a observes. Les polypes peuvent se ramollir pendant la grossesse, mais
non subir des modifications telles qu'ils deviendraient comparables h
du tissuplacentatre^ comme dit M. Calmeille. Dans le cas observe par
M. Blot, Thypertrophie de la 16vre anterieure du col, existant proba-
blement d6s avant la grossasse, avait pris, sous Tinfluence de cette
derni^re, Taspect si bien d^critpar Tauteur. Les operations qu'on pra-
tique dans ces conditions ofPrent un danger en raison de la vascula-
rity plus grande des parties genitales pendant la gestation. D'ailleurs
la resorption atropique qui s'opdre apr^sraccouchement permet d'espe-
rer que la tumeur disparaitra spontanement. II convient done 'd'at-
tendre deux ou trois mois,et si les efforts de la nature ne suffisent pas i\
procurer la guerison, Tintervention du chirurgien pent alors s'exercer
avec beaucoup plus de chances de succds.

Les conclusions du rapport sont adoptees.



Le secretaire de la redaction, gerant: De Soyre.



Paris. — Typ. A. PARENT, rue Monsieur-le-Prince, 29 et 31.



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ARCHIVES

DE TOGOLOGIE,



DSS



MAUDIES DES FEMMES

ET

DES ENFANTS NOUVEAU-NlfiS.



MEMOIEIS ORIGINAUX



DE L'ANESTHESIE

APPLlQUfiE A L'ART DES ACCOUCHEMENTS

Par le D' HIppolyte Blot*

Professeur agr6g6 h, la Faculty*



Les differenls Merits qui viennent d'etre publics sur ce siyel nousont
fait penser qu'il ne serait peut-6tre pas lout k fait inopporlun de re-
produire aujourd'hui ce que nous disions il y a dix-huit ans sur ce su-
jet dans la th^e de concours pour Pagr^gatioii que nous soutenions,
h ia Faculty de Paris, le !•' mai 1857, alors que la question 6tait en-
core assez neuve. Deux chapitres de notre travail nous paraissent par-
ticuJiSreinent r^pondre aux questions qui se sont agit6es r^cemment,
je veux parler de ceux qui traitent des indications et des contre^ndica-
tiom.

Le lecteur pourra se convaincre que les principes que nous avons
pos^s, il y a dix-huit ans, en nous fondant, d'une part, sur les
Archives de Tocologie. — mars 1875* 9



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130 MEMOIRES ORIGINAUX.

fails acquis, d'autre part sur les opinions de nos maitres, le lecteur
altentif pourra, disons-nous, se convaincre que ces principes sont
encore aujourd'hui aussi vrais qu'en 1857.

Ce que nous avons pu observer depuis ceLte 6poque n'e gu6re mo-
di&6 notre mani&re de voir et par suite notre maniere de faire. Au jour-
d'hui comme alors, nous repoussons absolument ranestWsie employee
d'une fagon banale dans tous lesaccouchemenls, m^me les plus simples
et les plus naturels. Nous r^servons cet utile moyen th^rapeutique
pour des cas particuUer9 et que nous nous sonjmes applique ^ speci-
fier soigneusement dans la thfese cit^e plus haut. Un de ces cas est
celui oh la resistance du col ut^rin compliquee d'hyperesth^sie de cet
organe a pour consequence une douleur excessive, quelquefois intole-
rable, au moment de chaque contraction. Dans ces cas, en effet, Texces
de la douleur qui accompagne la contraction uterine paralyse refficacite
de cette dernifere et par cela m^me retarde beaucoup le travail de la
dilatation.

Certaines edamptiques se sont admirablement trouv^es de I'anes-
th6sie chlorotbrmique ; dans beaucoup d*autrescas, j'ai compldtement
echoue.

Toutes les fois, enfln, que Taccoucheur doit, par une operation
grave, augmenter beaucoup la douleur ordinaire de I'accouchement
natural, il y a encore indication ii administrer le chloroforme.

Voici, d'ailleurs, ce que je disais en 4857 h cet egard :

Indications.

Quelles sont les circonstances dans lesquelles Taccoucheur doit avoir
recours h Tanesthesie?

La reponse ^ cette question est trfes-difKrente dans les diffdrents
pays, et dans chaque pays suivant les accoucheurs. En Angleterre, et
particuliferement h Edimbourg, on pense avec M. Simpson qu'elle doit
6tre employee dans tous les accouchements, simples et compliqu^s ; h
Londres et a Dublin cependant, un certain nombre d'hommes consi-
derables, parmi lesquels nous citerons Robert Lee et- Montgomery,
sont trfes-eioignes d'accepter cette manifere de voir. En Allemagne, les
partisans exageres du chloroforme sont moins nombreux que dans la
Grande-Bretagne. En France, on le reserve gendralement pour cer-
tains cas particuliers que nous indiquerons tout h I'heure avec soin. Je
dois dire immediatement que j'approuve complfetement cette sage res-
triction et rejette, sans hesiter, Temploi dos anesthesiqucs dans les ac-



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DE l'anesthesie appliquee a l'art DES ACCOUCHEMENTS. 13 l

couchements naturels, simples et tout h fait ordinaires, c'est-^-dire
dans le plus grand nombre. Je n'ai pas besoin d'insister sur les
motifs qui me serablent militer en favour de cette mani^re de voir : les
details dans lesquels je suis entrd plus haut, soil h propos des degr^s
de Panesth^ie, soit en parlant de ses difKrents effets sur r^conoraie,
rae dispensent d'insister plus longuement sur ce sujet. 11 sufTit, ce me
semble, de se rappeler que tout individu soumis aux inhalations anes-
thdsiques est expose k des dangers qu'il n'est pas possible de pr<§voir
et mfime h la mort, pour ne pas mettre en balance de telles conse-
quences avec le petit avantage de supprimer ou mSme seulement d*at-
t^nuer une douleur, quelquefois presque nuUe, le plus souvent trfes-
supportable ettrte-bien supportee. C'est ici, en effet, qu'il ne faut pas
oubJier ce pr^oepte fondamental de therapeutique : prtmo non nocere, et
M. Danyau avait parfaitement raison en disant h la Society de.chirur-
pe, dans la discussion qui s'est 61ev6e k ce sujet : « L'anesthesie dans
raccouchement naturel simple, n'est admissible qu'^laconditiond'une
complite innocuit^.)} Or,comme on ne pent jamais etre siir d'avance de
cette innocuite, on ne doit pas faire courir h des femmes en pleine
sante des dangers qui ne sont pas en rapport avec le soulagement qu'on
se propose d'obtenir: car, je ne saurais trop le r^peter, quoi qu'on
hsse, pendant ranesth^sie, la question de vie ou de mort est toujours
pendants : je crois done avoir prouv6 sufQsamment que Timportance
du but qu'on se proposerait d'atteindre ne serait nuUement en rapport
avec les dangers que Ton ferait courir.

Est-ce h dire pour cela que nous soyons de Tavis de Robert Lee et
de Grenser (de Dresde), qui veulent rejeter compl^tement et toujours
I'emploi de Tanesthesie dans Tart des accouchements? Evidemment
non; cette abstention absolue me semble une exag^ration analogue, en
sens inverse, k celle des accoucheurs qui veulent Temployer constam-
ment. Je n'ai produit centre Fusage general du chloroforme dans les
accouchements, que Targument principal, parce que s'il est accepts, il
dispense des autres qui sont encore assez nombreux. Ainsi done, en
pfeume, l'anesthesie, suivant nous, doit 6tre proscrite de la pratique
des accouchements naturels et simples. Elle nous paralt, aucontraire,
pationnellement indiqu6e dans tons les cas oh quelque complication
vient rendre dilDcile, dangereux ou impossible, le travail de Tenfante-
ment livr^ aux seules forces naturelles. Examinons done un k un ces
difKrents cas, afin de pouvoir appr6cier plus sainement le degrfi d'uti-
lit4 du TanesthMe dans chaoun d'eux.



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i 32 MEMOIRES ORIGINAUX.

L'anesthesie sera utile et indiqufe :

!• Chez les femmes trds-nerveuses et trfes-irritables, pour calmer
Tagitation qui resulte quelquefois des douleurs de raccouchement, et
les troubles intellectuels qui peuvent en ^tre la consequence.

2' Toutes les fois que le travail se complique d'accidents douloureux
strangers h Ja souffrance resultant du travail lui-m^me, comme les vo-'
missements, les crampes, les coliqufis intestinales vivos, les maux de
reins qui, dans quelques cas, mettent v6ritablement les femmes h la
torture, la compression du nerf sciatique par la partie fcetale engagde
dans le bassin, une n6vralgie interscostale violente, comme dans le
fait rapports par M. Liegard (de Caen). Toutes ces douleurs, qui re-
connaissent une autre cause que le travail lui-m6me, peuvent, en eflet,
si elles persistent, avoir pour consequence un certain d^sordre, .quel-
quefois m^me la suspension du travail. Le meilleur moyen de h&ter
I'accouchement dans ces circonstances est de supprimer la nouvelle
cause de douleur.

3^ L'anesthesie nous parait encore indiqu6e contre la douleur qui
depend du travail lui-m6me, si cette douleur est trop vive et trop pro-
long^e, sans r&ultat bien marqu^ pour Tavancement du travail.

4<> Au moment oti la dilatation de Torifice ut^rin se complete, les
douleurs deviennent quelquefois tellement intenses et surtoul sont si
agagantes pour les femmes, qu'elles peuvent 6tre la cause occasion-
nelle d'attaques convulsives de differente nature chez les femmes qui
y sont pr^dispos^es. Je crois qu'alors on agirait sagement en soumet-
tant les malades h une 16g5re ahesthesie ; c*est du reste Topinion qu'a
formulee notre maltreM. Danyau, dans la discussion de la Society de
chirurgie. Je d6sirais rappeler particuli^rement cette indication, parce
qu'on semble croire gen^ralement que les douleurs de la lin du travail
sont plus insupportables que celles dont nous venons de parler, et ce-
pendant je puis afQrmer qu'il n'en est rien : les premiferes sont, k la
verit^; moins intenses, mais leur caractere est tout different, elles ont
quelque chose de tout particuliferement irritable qui fait qu'elles sont
moins bien support^es par les femmes.

S'' Nous arrivons maintenant aux indications les plus gen^ralement
regues de Tanesthesie, au moins en Angleterre et en Allemagne : je
veux parler de Tdclampsie et de la retraction spasmodique de I'uterus.
Occupons-ncfUs d'abord de la premifere.

A. Eclampsie. — S'il avait fallu juger, a priori, de Topportunite de
Tanesthfoie dans Tedampsie puerp6rale, on aurait certainement rfeol



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DB L'ANESTHBSIB A^PLIQUfiE A L'ART DBS ACCOUCnEMENTS. 133

la question par la negative, et on aurait 616 lout dispose h croire ce
raoyen dangereux dans une maladie qui se complique si souvent de
congestion c^r^brale, et parfois mSme d'apoplexie. Mais Texp^rienco
est venjie prouverici, une fois de plus, qu'en thdrapeutique comme en
beaucoup d'autres choses, le vrai n'est pas tou^jours vraisemblable.En
effet, il r^sulte aujourd'hui d'un assez grand nombre d'observations,
que jamais il n'a 616 nuisible, et que, dans quelques cas, il a 6i6 d'une
utilite incontestable. A Tappui de cette proposition, queje n'aurais
pas 036 formuler d'une manifere aussi absolue il y a quelque temps, je
rapporterai quelques observations, et je ferai un tr6s-court r6sum6
des opinions des auteurs qui se sont occupes de cette importanle ques-
tion.

Je citerai d'abord, parmi les observations, celle qui me parait la
plus probante. Je la dois ^ Tobligeance de M. Am6d6e Charrier, chef
de clinique d'accouchements de la Faculty, qui Ta recueillie h la Ma-
ternity sous les yeux de M. Danyau, dont il 6tait alors Tinterne.

iBclampsie. — Chloroformisation. -^ Sneers.

N" 9. Salle Sainte-Marthe:

M..„ primipare, 43 ans 1/i. Temperament lymphalique; r6gl6e k \\ ans,
lous les mois, huit jours, assez abondamment. Sa grossesse n'offre rien do
particulier. La malade ne peut nous donner aucun renseignement pr6cis sur
sa demi^re 6poque.

18 novembre 4855, k 5 h. du soir, la malade se plaint de c6phalalgic sus-
orbitaire; son caract^re achang6; toute la journ6e elle a chant6, elle a 6t6
agit6e ; quelques 6bloui8sements, 16g6re anxi6t6 epigastrique. L'urine, ex-
p6riment6e par la chaleur et Tacidc nitrique, donne i/5« d'albumine.

On la place au n® 9"de la salle Sainte-Martho. (Bout, d'eau do Sedlitz. Po-
tion avec poudre de digit. 0,10.)

La malade s'endortau moment delui faire prendre son purgalif ^6 h. 1/4.

6 h. 1/i. All bout d'un quart d'heure elle se r6veille. Embarras de la pa-
role, puis les yeux deviennent fixes; acc6s d'6clampsie qui dure une mi-
nute; la tdte s'6tait tourn6e i gauche ; les oscillations des yeux ont eu lieu
de droite i. gauche; cyanose considerable de la face; spume sanguinolentc,
sterlor; insensibilite complete qui dure 5 minutes ; somnolence.

Au bout de 20 minutes, ^'intelligence et la sensibilitc reparurent; la ma-
lade parla distinctement.

Aucune douleur de Tabdomen.

En pratiquant le toucher, on trouve que le col est ouvert, d'une consis-
tance normale et de la longueur de la premiere phalange.

7 h. du soir. (Lav. sal6; ip6ca 1,50, 6m6t. 0,05.) Vomissements assez
abondants, m6langto de quelques aliments; garderobes.



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434 MEMOIRES ORIGINAUX.

La malade parle tr^s-dietinctement ; toutes lea faoultto intellectuelles Bont
r6tablies.

7 h . 3/4. Nouvel accfts sans prodromes. Mouvements saccad6s des mem-
bres ; cyanose consid6rable ; la sensibility revient au bout de 10 minutes ;
resolution complete pendant i/^ d'heure ; agitation.

8 h. Lagers mouvements des yeux ; agitation des membres.

De 8 h. 1 m. a 8 h. H m. Inhalations de chloroforms; resolution complete ;
la respiration so regularise, devient facile, reguliere.

8 h. 20 m. Nouveaux prodromes ; nouvelles inhalations; Tacces manque ;
stertor qui dureune demi-minute.

Sommeil paisible.
•Le cbloroforme est inhale jusqu'k 9 h. moins le i/4.

9 h. Je suis oblige de m'absenter pour aller tamponner une femme qui
avait une 6pistaxis considerable ; nouvel acces bien caracterise, une minute
de dur6e ; 1/4 de coma, la connaissance ne revient pas.

iO h. 1/4. 4« acces. M6me acces ; m6me dur6e que le precedent ; le col a
diminue ; la tete est mobile, petite, les battements du occur h gauche en
aVant. On ne pent pas avoir d*urine.

13 h. 3/4. Nouvel acces ; mdme duree.

11 h. 20 m., 6° acces. Ghloroformisation des la tr6mulation de la face ;
Tacces avorte, stertor de 2 minutes, respiration calme, sommeil Ires-tran-
quille; le pouls so reieve, r6gulier, 80 pulsations.

11 h. 48 m., 7® acces. Memes prodromes, meme succes.
19 nov., 12 h. 20 m. 8® acces, idem,

12 h. 40 m., 9« acces. Memes prodromes, meme chloroformisation ; la
sensibilite revient; les battements du CfBur foetal sont irreguliers.

1 h. 3/4. 10® acces. Memes prodromes, meme arret de Tattaque.

2 h. li* acces. Memes prodromes, ide/n.

2 h. 15 m. 12® acces. M6mes prodromes, idem.
2h. 1/2. 13« acces. /dem.

2 h. 50 m., 14" acces. Nouvel acces. idem.

3 h. 3/4. 15° acces. Uorifice ut^rin est dilate, la tete est basse; on n'en-
tend plus les battements du coeur; dilatation de 10 i 12 lignes; nouvel ac-
ces. Chloroformisation, idem,

4 h. 1/2. Rupture artificielle des membranes; liquide amniotique teintde
meconium; le travail avance.

4 h. 1/2. Dilatation complete; la tete franchit Torifice.

16® acces. Nous n'avons plus de cbloroforme ; pendant qu'on estaile cher-
chcr du cbloroforme k la pharmacie, atlaque bien caractMsie, une minute
de dur6e; coma 10 minutes; agitation tres-grande; quelques efforts d 'ex-
pulsion ; la tete est k la vulve, application do forceps.

5. h. 17° acces. Chlorof.; Faeces avorte.

6 h. 1/4. 18e acces. Idem.
6h. 3/4. 19« acces. /dem.

La malade est toujours tenue sous I'influence anesth/^sique ; le pouls est
ri'jgulier; Purine experimentee donne 1/5* d'albumine.

7 h. 52 m., 20« acc68. Idem.



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DE L'ANESTHESIE APPLIQUliB A I^RT DBS ACCOUGHEMENTS. iU

8 h il* accte» Uurine exp6rimeQt6e donn« 8/10 d'albumine ; nouvelle
chloroformisation, Taccds avorte ; le pouls baisse. On ceBse lea inhalations
pendant 10 minutes; le pouls se relive, 90 pulsations, r^ulier.

i h. 54 m. Mouvements brusques des extr^mit^s.

S^ accte. Chloroformisation, Tattaque avorte; congestion de la face : si-
napismes sur T^pigastre, sur les bras; glace sur la tdte.

4 h. La malade a 6t6 assez tranquille ; quelques mouvemente de la tdto ;
chloroformisiLtion, Facets manque ; la sensibilitd est revenue; I'intelligence
est Dulle ; le pouls est bon, k 80 ; Turine contient encore 8/10 d*albumine.

4h. 40 m., S3® acc^s. Chloroformisation, succ^s.

4 h. 50 m., S4« acc^s, Idem; teinte cyanique gdndrale; frictions froides
snr tout le corps de deux heures en deux heures.

iO nov., 8 h. matin. L'urine ne contient plus qu*nn 1/3^ d*albumiae.

3 h* i/i soir. La peau est chaude, le pouls & 130 ; frictions froides d'h^ure
en heure.

11 h. soir. La malade semble s^dveiller, elle essaie de se toumer dans
son lit; elle ouvre les yeux quand on lui parle, mais ne r^pond pas.

21 nov. 7 h. du matin. Elle entend, elle comprend; pouls h 100; oaf^
115 grammes; frictions froides; 2 bouillons froids.

f $ nov. Elle reconnalt ; Tinfiltration a beaucoup diminu6, la face est p&ldi
les paupi^res sont toujours un peu gonfl^es.

10 h. Grand bain; elle dort; pouls k 100.

^3 nov. Grand bain qu'on lui donne trop chaud ; la malade S6 plaint de
c^pbalalgie, tintements d*oroille; on la recouche; acc^s d'telampsie,
iji minute de dur^e ; coma de 5 minutes ; 1/7* d'albumine ; In parole revlent
30 minutes apr^. (Purgatifs )

^nov. 10 h. matin. L*urine ne contient plusde traces d'alburoine.

La malade a 6t6 de mieux en mieux et sortit trds-bien portante le 10 d6-
ccrabre 1855.

i20 grammes de chloroforme ont 6t6 employes.

Rien ne manque h ce fait pour dtre probant; on y trouve la preuve
et la contre-^preuve de riniluence heureuse des inhalations de chlo-
roforme pour faire avorter les accfes. En eflet, comme on a pu le re-
marquer, M. Charrier 6tant emp6ch6, pour un certain temps, de pes-
ter auprSs de la malade, on suspend les inhalations, et alors les accte
convulsifs se reproduiseni complets, longs et intenses, laissant entre
eux un coma complet aveo perte de connaissance et stertor, tandis que
rien de semblable ne se produit, quand on pent faire inhaler le chlo-
roforme dte qu'apparaissent les prodromes de Facets. Si nous avions
on grand nombre de faits de cette nature, le doute ne serait plus
permis. Malheureusement, il n'en est pas ainsi, et ceux qu'il me reste
& rappeler sont loin d'a,voir la mtoe valeur; cependant, rapproches
de I'observation de M. Charrier, lis me paraissent avoir beaucoup



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436 M6M0IRES ORIGINAUX.

plus de signification que si aucun fait de gu^rison bien ^videmment
due au cbloroforme n'avait encore 616 observe.

M. Danyau a obtenu un autre succfes analogue au premier ; les d^
tails n'en ont malheureusement pas ^t^ recueillis. Dans deux autres
cas, cette medication, qui avait 6t6 pr^d6e de plusieurs autres, ne
fut pas suivie de succfes.

A c6t(§ de ces observations, il faut citer ce que dit Braun, de Vienne :
« Dans le traitement medical de r6clampsie,lanarcosechloroformique
nous a donn4 des r6sultats qui d^passent tout ce qu'on pouvait en
attendre. En effet, dans une s6rie de 16 cas d'^clampsie traits par
le chloroforme et les acides, j'ai toujours obtenu une gu^rison com-
plete. » n est vraiment bien regrettable que Tauteur ne nous ait pas
donn6 d'observations d^taill^es ^ la place de ce simple resume. Voici
les conseils qu'on trouve dans son livre sur le mode d' administration
dans ces cas sp6ciaux. On fait faire les inhalations au moment oh les
prodromes d^butent, tels que ; tr^mulation des muscles de la face,
roideur des bras. On maintient Tanesth^sie jusqu'ii ce que les pro-
dromes aient disparu pour faire place h un sommeil tranquille, ce qui
arrive habituellement au bout d'une minute.

S'il n'a pas 6i6 possible de couper un acc5s, on suspend Tadminis-
tration du chloroforme pendant les convulsions et pendant le coma,
afin de permettre h Pair pur de p6n6trer dans les poumons.

M. Richet et M. Gros (de Sainte-Marie-aux-Mines) ont aussi eu
chacun un succ&s dans des cas oh les autres medications semblaient
avoir echoue*.

Dans beaucoup d'autres faits, dont le nombre ne s'616ve pas h moins
de quarante^ lea convulsions puerp^rales seiiiblent avoir 6\A heureuse-
ment modifi^es par les inhalations du chloroforme ; mais, dans presque
toutes ces observations, on trouve que la medication a ete complexe,
c'est-k-dire que les saign^es, les purgatifs, les r6vulsifs, puis le chlo-
roforme, ont successivement ete mis en usage; aussi est-ii trfis-difR*
cile de faire exactement la part de chacun des moyens employes.

Ces reflexions sont plus ou moins applicables aux faits dc MM. Elliot,
Liegard (de Caen), Macario, Sedgwick, Fremineau, Meisinger, Beatty ,
Dowler, Cottman, Bessems, Hanne, Norris, Denham, Kiwisch, Scan-
zoni, Bonnet, Sprengler, Bouchacourt et Valleix.

Quoi qu*il en soit, je crois que toutes ces observations ont du moins
le merite de prouver que ces inhalations, loin d'etre nuisibles comme
on aurait pu le croire a priori^ ont toujours eu un certain degre d'uti-



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DE L'ANESTHlJSIE APPLIQUISE A L'ART DES ACCOUCHEMENTS. 137

lil6 et ont pu m6me, dans quelques cas, produire la gu6rison. Tout
en reconnaissant que ces r6sultats, pour inspirer une pleine et entifere
confiance, ont besoin d'etre suivis de nouvelles recherches, je crois
qu'on devra dor6navant ne jamais n^gliger ce moyen au d6but des
convu.lsions puerp^rales, en lui associant, bien entendu, ceux que des
circonstances particuli^res pourraient indiquer.

B. — Riiraction spasmodique ou t4tanos de Puterus, — l)e nombreux
accoucheurs de tous les pays ont vante Theureux effet du chloroforme
dans cette complication, les uns contre la retraction spasmodique du
col, comme Harnier et M. Laborie; d'autres, bien plus nombreux,
contre celle du corps qui survient plus ou moins longtemps aprfes
r^coulement du liquide amniotique, dans les presentations de T^paule
meconnues. Parmi ces derniers, il faut citer : Braun, qui dit en avoir
obtenu d'exceilents effets dans il cas de version, dont 2 n'avaient pu
^tre op^r^es auparavant malgr^ des tentatives r^iter^es ; Meisinger,
qui relate deux cas analogues; Rawitz, qui dit Tavoir employ^ avec
grand succds dans 30 cas ; Scanzoni, Konitz, Millet et Villeneuve (de
Marseille). M. Slolz dit, au contraire, que Tanesthesie ne fait pas
cesser la resistance que la matrice oppose h Tintroduction de la main
dans sa cavite, et ne facilite ni la version, ni Textraction du foetus : il
rapporte, h Tappui de cette opinion, une observation tr^s-detaill^e et
trte-probante(ArcA., 4« s^r., t. XIV, p. i06). Si je m'en rapportais k
ce que j'ai pu voir dans la pratique de mes maltres et dans la mienne,
je formulerais une opinion identique avec celle du savant professeur
de Strasbourg. En effet, dans tons les cas de cette esp^ce que j'ai pu
observer h laClinique de la Faculty, dans le service de M. P. Dubois,
je n'ai jamais remarque de modification notable imprim^e h la retrac-
tion spasmodique et tetanique de Vuterus par Tanesthesie poussee
jusqu'^ rinsensibilite complete; et, dans plusieurs de ces circon-
stances, I'enfant etant mort depuis plus ou moins loqgtemps, il a fallu
recourir k I'embryotomie pour pouvoir debarrasser les pauvres
patientes.

La folie existant anterieurement & raccouchement, ou se d6velop-
pant h ce moment, me semble encore indiquer Temploi des anesthe-
siques, afin de placer les malades dans un calme quMl serait peut-etre
difQcile d'obtepir au moment des douleurs un peu vives. Le fait rap-
porte par Channing, et que nous avons relate plus haut, vient confir-
mer cette maniere de voir.

Enfln, il y aura lieu d'administrer le chloroforme dans tous les cas



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i 38 MEMOIRES 0RI6INAUX.

oti une operation notablement douloureuse deviendra n^cessaire. Je
dis notablement y car tr6s-fr6quemment on a occasion de faire des appli-
cations de forceps, tellement simples en elles-mdmes, comme opera-
tion, qu'on pent dire qu'elles n'ajoutent absolument rien h la douleur
qu'auraitiprouvee la femme si elle 6tait accouch^e spontan^ment. Eh
bien, je crois que, pour oes cas si simples, il est k peu prfes inutile de
soumettre la femme h Tanestb^ie.

Elle sera, au contraire, tr6s-bien indiqu6e dans les circonstances
opposes, ainsi que dans la version, Toperation ctoarienne, la c^pha-
lotripsie, Tembryotomie et la d^livrance artiflcielle, qui est ordinaire-
ment une operation tr^s-douloureuse.

Dans toutes ces operations, il ne faut gufere demander au chloro-
forme autre chose que de plonger les femmes dans un calme et une
immobility qui rendent les manoeuvres moins difticiles. J'ai sufflsam*



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