William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Obl. VI. — Convulsions, Athrepsie. — SUatose cMbrale. Hiinorrhagie
pMencSpluilique et pMm^dullaire, Pneumonie,

Augustine W... Z., kg6e de 2 jours, entre dans la salle de m6decine le
9juillet 1873. Elle est atteinte d'altaques convulsives, caract^ris^es par
aoe deviation de la tSte k gauche, avec mouveipents saccad^s des muscles
de la face et raideur des membres. Entre les paroxysmes, il y a du strabisme
convergent, et les membres sont agites par des secousses rbythmiques sur- .
tout accentu6e8 k droite.

L'enfantestd'apparencemoyenne. P. 128. T. R. 36",7. Poids, 3 k. 230.

Le 10. — L' aspect g6n6ral ne s'est pas modi 116 et les convulsions per-
sistent. P. i08. T. R. 27,5.

Le il. — Les convulsions sont moins fr^quentes, tout ce qui est introduit
dans la bouche est rejet6 presque aussit6t. P. 120. T. R. 38,!2.

Lel'2. — MSmes manifestations n6vropatbiques. P. 116. T. R. 37,5.

Le 13. — Pendant la nuit, les convulsions ont 6t6 nombreuseset intenses.
11 est impossible de faire p6n6trer le moindre aliment dans Testomao. Tache
m6ningitique tr6s-marqu6e. Poids, 3 k. 100. T. R. 37,3. Pouls, 144.

Le 14. — L'enfant prend le biberon, les convulsions sont moins nom*
breuses. Diarrh6e. T. R. 38,2.

Le 15. — Pouls, 164. T. R. 37,4.

Le 16. — Amelioration. II n'y a pas eu de convulsions depuis bier.

Le 18. — Vomissements. Diarrb6e. Le strabisme persiste k nn Idger de
gr^. Poids, 2 k. 810. T. R. 38,3.

Lel9.— T.R. 37,5.

Le 20. — Poids, 2,750. T. R. 37,6.

Le 30. — La diarrh6e et les vomissements persistent. Ton constate du
muguet et une ulceration de la l^vre inf^rieure. Le d6p6ris3ement est tr^s-
apparent.

Le 31. — RMes sibilants et muqueux dans les deux poumons en arri^re.
Poids, 2 k. 520. T. R. 37,8.

Le 2 aout. — Placcidit6 remarquable des chairs, deux ulcerations 8ym6-
friques et arrondies a la partie post6rieure et laterale de la vodte palatine.

Le 5. — La fontanelle est deprim^e. Dyspn^e. La region xiphoidienne
86 creuse profondement, k chaque inspiration. T. R. 39,2.

Le 6. — ficoulement par la vulve d'une matiere puriforme. Poids, 2 k. 100,
T. R. 38,9.

Le 7. — Strabisme convergent. Contracture des 8xtr6mit6s superieures.
T. R. 38.

Le 8. — Ulceration de la gencive inferieurei k sa region mediane.
Pouls, 148. T.R. 38,4.



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148 m£hoires originaux.

La mort a lieu le 9 & 3 h. du matin.

L'autopsie est faite sept heu res apr^s la mort.

Enc^phale. — Poids, 1 k. 94. Les circon volutions de la r6gion post6rieure
du lobule de rinsula, et celles qui le couvrent, ont une teinte raais et sont
indur6es. On constate la m6me l6sion en un point assez limit6 d'une cir-
convolution frontale et sur celle de I'hippocampe.

A gauche, le lobule de Tinsula est alt6r6 comme celui du c6t6 droit, mais
sur une plusgrande 6tendue. A ce niveau, la substance c6r6brale est indu-
r6e et comme atrophi6e. La m6me alteration existe sur un centimetre
carr6, dans Tan fractuosit6 qui s6pare la circonvolution transverse ant6rieure
de la suivante, et k la partie la plus inf^rieure du sillon de Rolando. En
g6n6ral, la lesion p6n6tre la couche corticale k une profondeur d'un milli-
metre et demi.

A la partie sup6rieure du lobe droit du cervelet et sous Parachnoide, on
trouve un ancien caillot en nappe, de teinte ocreuse, au-dessous duquel la
couche corticale est aQaissee et un peu ramollie. II en existe un semblable
k la partie posterieure du lobe sphenoidal droit ; et une matiere tou t k
fait semblable k celle dont ils sont composes est etaiee sur toute la moitie
posterieure de la voiite crAnienne k la face interne de la dure-m6re, au-
dessus et au-dessous de la tente du cervelet. Elle a toutes les apparences
d*une creme au chocolat, et les dilierents amas qu'elle forme sont separes
par des espaces qui correspondent aux circonvolutions.

La dure-mere a une coloration sepia et est tapissee par une sorte de
membrane tr68-mince. La matiere ocreuse, dont il vient d'etre parie, en-
toure la moelle et est surtout abondante au niveau de la queue de cheval.
Des coupes pratiquees k differentes hauteurs sur le cordon medullaire,
font voir que sa substance nerveuse n'est le siege d*aucune alteration.

L'examen histologique, fait i I'etat frais, des portions de la couche cor-
ticale atrophiee et coloree en jaune mais, n'y reveie que la presence de corps
granuleux, d'autant plus abondants, plus volumineux et plus denses, que
Ton explore des parties plus rapprochees du centre de la lesion. Dans
ces points, les vaisseaux sont revenus sur eux-memes et exsangues, tandis
qu'& la peripherie, ils sont gorges de sang.

Lorsqu'au voisinage de la lesion, on etudie les circonvolutions, couche
par couche, on constate que les plus superficielles ne sont pas alterees,
tandis que les plus profondes contiennent beau coup de corps granuleux et
des vaisseaux injectes ; d'oii il semble legitime de conclure, que la lesion a
une marcbe excentrique*

Les portions du cervelet comprim6es par le caillot, contiennent des corps
granuleux en petit nombre et quelques cristaux d'hematoidine.

La bouillie ocreuse est surtout formee par des hematies tr6n-alterees,
formant une petite masse k peu prds incolore, k la peripherie de laquelle
on voit des grains refringents, que dissout I'acide acetique. On y trouve
aussi des cristaux d'hematoidine et des amas amorphes d'une matiere
jauno-orange tres-r6fringente. La concretion membraniforme qui tapisse
la dure-mere est constituee par de la fibrinc, des granulations proteiques,
entremeiees de leucocytes steatoses, et quelques gros corps granuleux.



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ABLATION DE CERTAINS POLYPES DK L'UTfiRUS. 149

Poumons, Dans toute la hauteur de celui du c6t6 droit, en arri6re, on
trouve dcs indurations pneumoniques. Sur un point, la lesion a m6me at-
taint la p6riode de ramollissement. A gauche, Talt^ration est beaucoup
moins ^tendue.

Le canal art^riel est largement ouvert.

II n'y a rien k noterdu cfit6 du foie et des reins.

{A suivre,)



SUR UNE SIMPLIFICATION OPfiRATOIRE

APPLICABLE A

TABLATION DE CERTAINS POLYPES DE L' UTERUS

Par le D' Gnenlot,

Chimrgien des hdpitauz, Professeur agr^ge h la FacuHo de ni6decine(1).



Entre la matrice gravide et la matrice affect6e de fibrdme, il existe
une analogie frappante, d^ji depuis longtemps signal^e. L'augmenta-
tion de volume de Torgane, le d^veloppement de ses fibres muscu-
laires et de ses vaisseaux sanguins, rapparition fr^quentc d'un bruit
de souffle dans ses parois, enfin la manifestation d'une contractility
puissante, destin^e iiexpulser le corps stranger, constituent toute une
serie de ph6nom6nes qui sont communs aux deux 6tats pr6cit6s.

L'analogie dans le contenu, quoique moins accusd que celle qu'on
observe dans le contenant, m^rite aussi d'etre particuliferement re-
marquee. Lorsque le fibrdme est p^dicul^, il pr^sente, en eflet, au
double point de vue anatomique et fonctionnel , plusieurs traits de
ressemblance avec le produit de la conception. Ainsi le n^oplasme, de
m^me que le fcetus, ofTre une consistance solide et des dimensions
qui, presque toujours, n^cessitent, pour son expulsion, Teflacement et
la dilatation pr^alables du col de la matrice. Comme le foetus encore,
il se trouve d'ordinaire isol^ de la paroi utdrine par un espace (reel ou
virtuel) plusou moins 6lendu, et ne puise dans Torgane ses Elements
de nutrition qa% travers un ^troit pedicule.

Enfin, s'il s'agit d'extraire artificiellement le foetus ou de pratiquer
Tablation d'un polype, il n'est pas jusqu'aux proc^dte op^ratoires
qui n'offrent parfois, dans Tun et Tautre cas, des particularit^s tout
h fait comparables. Par exemple le forceps obstetrical n'est-il pas sou-

(i) M6moire lu t la stance du 20 Janvier k la Soci6t6 de chirurgie.



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450 M£M0IRES ORIGINAUX.

vent employs pour entralner au dehors les gros polypes? Et le ompha-
lotribe n'a*t-il pas St6 difKrentes fois uUlis6 pour broyer sur place
ces corps parasitaires? D'une autre part, dans reparation de la decol-
lation du foBtus, c'est-^-dire lorsque, celui-ci Stant mort en presenta-
tion du tronc, la retraction tetanique de la matrice oblige Taccoucheur
h le fragmenter, n'est-il pas de r^gle d'abaisser autant que possible la
region cervicale, h, Taide de tractions faitessoit sur le bras, soit direc-
tement sur le cou lui-m6me ? Or, dans les excisions de polype, c'est
aussi un prScepte generalement suivi que d'attirer avec de fortes
pinces la tumeur vers la vulve, afin derendre son pedicule plus acces-
sible aux instruments. Bien plus, les moyens ordinairement usites
pour effectuer la section Be trouvent 6tre, dans les deux cas, exacta-
ment les niemes et consistent, tant6t dans Temploi de longs ciseaux,
tant6t dans la striction d'une anse coupante, telle que celle du serre-
noBud ou de recraseur lineaire.

Si j'ai rappeie devant la Societe ces diverses analogies, c'est que la
simplification operatoire, dont je desire Tentretenir, derive en droite
ligne du mode d'application du forceps dans la caviti u(&ine^ ei
qu'ainsi leur expose m'a paru constituer une introduction toute natu-
relle k mon sujet.

On sait que certains fibroides, apres avoir provoque de nombreuses
hemorrhagies, finissent par franchir I'ouverture de la matrice et par
s'avancer jusqu'^ Porifice vulvaire. Si le polype est volumineux, le
vagin se trouve de la sorte entiferement obstrue et les attaches de la
tumeur se soustraient k toute exploration directe. De 1^, au point de
vue du diagnostic, des difficultes speciales et, pour le chirurgien, une
grande perplexite relativementkToperation. Dansun cas de ce genre,
je dus pratiquer la section, presque h I'aventure, en plein tissu mor-
bide ; et dans un autre, je jugeai prudent de renoncer h toute tentative
d'excision. Le fait si interessant et si demonstratif que nous a pr6-
sente M. Tillaux est d'ailleurs encore trop recent pour qu'il soit n^.-
cessaire de m'appesantir sur ce point.

C'est en raison de ces difQcultes diagnostiques et operatoires que,
contrairement k I'opinion de notre venerable collogue, M. Hervez de
Chegoin, je ne puis accepter qu'une longue expectation, beaucoup de
patience et d'atermoiement soient de bonne pratique dans le traite-
ment chirurgical de certains fibroides. Pour les tumeurs inoperables,
oui, sans doute, c'est 1^ Tunique conduite k suivre. Mais, k mon avis,
11 ne saurait en etre de m6me pour celles que nous trouvons acces-



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ABLATION DE CERTAINS POLYPES DE L'UTSRUS. 451

sibles h raclion des instruments. Trop attendre, en pareil cas, c'est
B'exposer h subir les inconv^nients que je viens de signaler. Au con-
traire, intervenir de bonne heure (toute precipitation mise h part),
c'est 6pargner ^ la malade une longue suite de souffrances et d'h6-
moirhagies, en m^roe temps que se procurer h soi-m6me une plus
grande s^curit^ op6ratoire.

Mais que doit-on entendre par ces mots : tutneur accessible d Pac^
turn des instruments? II importe que cette condition du polype soit ici
nettement d^termin^e.

On admettra volontiers, je pense, commn un fait indiscutable, que
plus le vogin et la cavity pelvienne restent libres, plus aussi les ope-
rations qui int6ressent la matricese trouventfitre relativement faciles.
Dans la pratique obst^tricale, cette v6rit6 est sou vent mise en Evi-
dence lorsqu'il s'agit de manoBuvrer au-dessus du d^troit abdominal
ou dans le haut de I'excavation. Au contraire, qu'une partie notable
du foetus ou une tumeur quelconque occupe la voie, rop^rateur en
^prouvera une gfine proportionn6e au degr6 de Tobstruction. Or, dans
r^tat de vacuity de la femrae, il en est exactement de mdme pour les
cas qui reinvent de la chirurgie proprement dite. Les polypes fibreux,
en particulier, rentrent complfttement dans Tesp&ce.

Comment done une opinion, sinon opposte, du moins assez difTd-
rente, a-t-elle pu pr6valoir, en fait^ dans la pratique des operations
dirigeescontreces tumeurs?Pourquoi, en d'autres termes, avant de
tenter Texcision d'un Gbroide, veut-on g^neralement que celui-ci ait
p^nfitre d'une certaine longueur dans le vagin? Sans aucun doute,
c'est dans Tid^e que la tumeur, etant ainsi plus accessible, sera [plus
efBcacement saisie et entraln^e vers la vulve; c'est aussi, pense-t-on,
parce que ces attaches auront subi un r^el amincissement et que se
rapprocbant de I'exterieur elles deviendront par cela m^me plus fa-
ciles h sectionner. Dans Topinion commune, le vrai temps d'Election,
le moment opportun pour ex6cuter TopEration, est done oelui oil la
tumeur occupe une portion plus ou moins notable de la cavity du
vagin. Eh bien, quoique fond6e h certains 6gards, je n'h6site pas h
dire que cette mani^re de voir est passible de graves objections.

En eflet, lorsque le polype approche peu h peu de la vulve, ce n'est
point en vertu d'une descente en masse de la tumeur, mais bien en
raison du d^veloppement graduel de son volume ; de telle sorte que
si son extr6mite libre s'avance vers TextErieur, ses attaches n'en con-
servent pas moins la m^me 616vation. D'une autre pari, tout en ad-



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i 52 M^MOIRES 0RI6INAUX.

mettant que le fibrolde puisse 6tre alors mieux saisi et plus sdce-
ment abaiss^, on ne saurait contester que sa presence dans le vagin
rendra n^cessairement Taccfes du p6dicule plus difficile et, par conse-
quent, annihilera en grande partie I'avantage qu'on se flattait d'ob-
tenir. Je n'ignore pas qu'en attirant la tumeur complfetement au
dehors, on pent d'ordinaire parer k Tinconv^nient; mais c'est \h une
manoBuvre violente, quelquefois fort dangereuse et qui n'^olaire pas
toiyours avec s(lret6 la main de Top^rateur. Le cas relate par notre
collfegue, M. Tillaux, en t^moigne suflBsamment.

De cet examen critique, il me semble permis de conclure que le
chirurgien trouveraitun r6el profit h ne pas diflKrer Tablation aussi
longtemps qu'on a coutume de lefaire.Les tumeurs encore renferm^
dans la matrice, sont, en eflet, susceptibles d'etre excises par broie-
ment lin^aire, avec une facility au moins ^gale h celle que nous con-
naissons pour les tumeurs qui ont envahi une partie du vagin; et je
ne crains pas d'avancer, que souvent on pourrait agir, dans le pre-
mier cas^ avec une s^curit^ plus grande que dans le second.

Pour moi done, alors mfime que le polype se trouve encore totale-
ment inclus dans la cavit6 uterine — pourvu que celle-ci offre une
certaine dilatation de son ouverture, — je considfere la tumeur comme
etant, en g^n^ral, parfaitement accessible h nos moyens d'excision.
La suite de ce travail suffira, je pense, h d^montrer la justesse de
c6tte manifere de voir; car le but de ma communication est pr^cis^
ment de montrer qu*h Taide d*une simplification dans la pratique de
reparation, on pent atteindre d'une fagon relativement facile, les at-
taches d*un fibrolde situ6 h une telle profondeur.

Voici maintenant en quoi consiste la simplification op^ratoire dont
il s'agit. Deux points principaux la caract6risent; ce sont :

10 La suppression de I'abaissement prdalable soit de la tumeur, soit
de la matrice ;

2* L'application sur Textr^mit^ adh^rente du polype, d'une anse
m^tallique solide, que Ton porte h I'aide du constricteur (1) j usque
dans la matrice, en suivant, h cet effet, le mode d'introduction des
branches du forceps dans la cavity de cet organe.

La premiere de ces modifications se comprend assez 4'elle-mdme ;
elle n'exige ^videmment aucun commentaire.

(I) II s'agit ici du constricteur de Maisonneuve, tel qu'on le trouve fa-
briqu6 par la maison Charri^re et Collin.



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ABUTION DE CERTAINS POLYPES DE L*UTfiRDS. 153

Quant h la seconde, il convient, pour la r^aliser, de proc^der comme
ilsuit. L'anse du constricteur 6tant inclinfe sur la tige suivant un
angle appropri^ (g6n^ralement d'environ 120 degr^s), on manoeuvre
ensuite Tinstrument ^ la manifere d'une branche de forceps. Acet effet,
portant deux doigts dans le vagin jusqu'au contact du polype, on les
introduit de la longueur d'une demi-phalange au moins, entre ce der-
nier et Toriflce ut^rin; puis le long de ces doigts pris pour guides, on
fait glisser I'anse m6tallique jusqu'^ Touverture de lamatrice. Ar-
rive h ce point, I'anse doit 6tre dirigfe de fagon que son sommet s*en-
gage, dans I'ut^rus, par le c6i6 oppose h celui qu'occupaient les
doigts, Ceux-ci, en efiet, se d^placent momentan&nent pour favoriser
cet engagement. L'axe de la tumeur r(5pond ainsi au vide de Tanneau
constricteur. Les deux doigts intra-vaginaux 6tant ensuite ramen6s ^
leur premiere position, le chirurgien fait p6ndtrer entre eux et le po-
lype la racine de Tanse en m§me tomps que la tige du serre-noBud.
De cette fagon, la tumeur s'engage par son extr6mit6 dans I'anneau
m^tallique ; et il suffit alors, pour arriver h son attache, de pousser
avec douceur I'instrument jusqu'au fond de Tut^rus. Le p^dicule se
Irouve ainsi entour^ de la jcorde m^tallique, et celle-ci en effectue,
parle jeu du constricteur, la section complete.

Afin d'assurer le succfes de I'opdration, il est encore certains details
d'exfoution que Ton doit s'appliquer h r6aliser. Ainsi :

do On facilitera I'introduction du serre-nceud jusqu'au point qu*iJ
doit occuper, en faisant immobiliser la matrice h I'aide d'une l^gfere
pression sur le fond de Torganc. •

2® On aura soin de faire correspondre, autant possible, le sommet
de Tanse au c6t^ de Tut^rus sur lequel il est reconnu que s'implante
la tumeur ; par consequent, la tige de Tinstrument devra 6tre intro-
duite du cdt^ oppose.

3» Le constricteur de Maisonneuve sera prefSre h tout autre, parce
que, mieux que les autres, il permet de porter j usque dans Tutdrus
Tanse m^tallique avec le degv6 voulu d'inclinaison ou de flexion sur la
tige. Or ce degr6 doit 6tre ndcessairement variable suivant le point
d'insertion du polype dans la cavity de la matrice.

4* Afin d'6viter les h^morrhagies, il convient de n'eflectuer la sec-
tion qu'avec lenteur; de plus, Tanse mdtallique doit 6tre formee de
cinq ou six flls ^trqitement tordus, de fagon ^ constituer une corde r6-
sistante, homog6ne et d'un diam^tre d'au moms 3 millimetres.
5o Enfin, au lieu de deux doigts, la main entifere sera quelquefois



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1^4 M&MOIRES ORIGINAUX.

n^cessaire pour guider rinstrument et engager Tanse aulonr du po-
lype.

Si je ne m'abuse, certains avantages importants se trouvent life
h Temploi de ce mode op^ratoire. En proc^dant corame il vient d'fitro
dit, on peut en effet intervenir de bonne heure et prdvenir ainsi Tin-
version parlielle de Tut^rus, de m6me que r^puisement de la malade ;
par la suppression de I'abaissement artiliciel de Put^rus et de la tu»
meur, on 6vite k la patiente et les douleurs que provoquent les trac-
tions 6nergique8, et les inconv^nients d'une Elongation brusque des
attaches de la matrice ; enfin, on se met k Pabri d'un accident op6ra-
toire possible : la perforation des parois ut^rines introvers6es par le
polype.

Mais pour exEcuter PopEration suivant les donnees qui pr6c6dent,
il est n^cessaire — ai-je besoin de le dire? — que la tumeur s'offre
dans certaines conditions ; car tous les polypes inclus dans la matrice
ne ressortissent pas k la chirurgie active. Pour 6tre applicable, le
mode op^ratoire dont il s'agit exige, en efTet : 1® que Poriflce ut^rin
soit suffisamment dilate, c'est-^-dire que son diamfetre permette, sans
effort dangereux, le passage de Pause e^ de la tige du serre-ncBud ;
2** que la matrice n'offre aucune depression soit de son fond, soit de
ses parois, qui puisse faire craindre Pexistence d'une inversion par-
tielle ; 3** que le diamfetre de la tumeur n'exc^de pas celui de la oavite
vaginale, k travers laquelle Pinstrument doit d'abord cheminer.

Moyennant ces dispositions, ,je le r6pete, Pablation des polypes en*
core contenus dans Puterus est une operation parfaitement execu-
table avec security et succ^s. A Pappui de ce que j'avance, voici une
observation significative qui me paralt int^ressante ^ plus d'un titre,
et pour la redaction de laquelle M. le D' Niderkorn, medecin de la
malade, a bien voulu me fournir divers renseignements utiles.

Polype flbreuz de la matrice, implants profond^ment dans lacavit6
de Torgrane. — Accidents li^morrha^iques et f<6briles tr^s-g^aves.
— Ablation totale de la tameur k Paide du conBtricteur (modiflca«
tion op^ratoire). — Cessation immediate des aocidents ; gu^xison.

Le H juin 1874, de concert avec men ami leD'Niderkorn, j'examinaiune
de sea clientea qui 6tait tr^s-affaiblie par des hSraorrhagies r6p6t6e8, ainsi
que par de la fi^vre et des crises violentes de douleur uterine. Ces acci-
dents, de date assez r^cente, 6Laient dus k la presence d'un polype dont
Pextr6mit6, depuis quelques jours, avait franchi le col de la matrice.

La malade, madame M..., habitante de Batignolles, etait Ag6e de 60 ans,
d'une forte constitution et d'un temperament nerveux tr^s-accentuS. Elle



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ABLATION DE CERTAINS POLYPES DE L'UTERUS. -• 165

semontrait extrfimement inquidte de son 6tat et r6clamait, k tout piix, un
traitement qui m!t fin k ses souffrances. Sa 8ant6, habituellement bonne*
n'avait 6t6 ultdr^e ni par ses accouchements (au nombre de quatre), ni par
la menopause qui avail eu lieu k I'&ge de 54 ans. Mais, irois ann^es plus
tard, le sang avait paru de nouveau avec une sorte de r6gularit6 et sana
douleur : la quantity et la dur6e de r^coulement rappolaient tout k fait
celles des 6poques menstruelles, et les retours s'efFectuaient k intervalles
d'un mois, de six semainos et de deux mois.

En Janvier 1873, un cbangement s'6tait prcduit ; cette foia, la perte san-
guine avait 6t6 pr6c6d6e d'une perte aqueuse abondante, et accompagn^e
de quelques douleurs lombaires en mdme temps que de l^g^res coliques
au bas-ventre. Dansle cours de V6i6 suivant, une crise semblable 6tait ap-
parne ; elle se manifesta une troisi^mo ibis en mars 1874. EnQn, pendant
le mois d'avril, rh6morrbagie 6tant devenue incessante, la malade tr^s*
affaiblie fut obligee de garder le lit. Malgr6 ce soin et Tusage de Tergot, la
perte n^anmoins continua, en mai, avec des douleura expulsives d*une ex-
treme intensity.

G'eat dans cet 6tat d'6puisement que je trouvai la malade. Depuia une
douzaine de jours, M. Niderkorn avait fait tenir en permanence des vessies
de glace sur le bas-ventre. QrAce k cette medication, les douleurs avaient
presque disparu, et rh^morrhagie se trouvait r6duite]iL un 16ger suintement
sanguin. Mais il existait, par centre, une fi^vre intense ; le pouls d^passait
liO k la minute et le thermom^tre marquait 38o,5, apr6s avoir souvent at^
teint 4l<*. De petits frissons, dus vraisemblement k Temploi de la glace, se
r6p6taient irr^guli^rementplusieurs fois par jour.

Voici maintenant ce que Texploration locale me permet de constater.

Lecol ut6rin, compl6tement efface, n'est pins repr68ent6 que par un
simple orifice k Lord mince, et situ6 en arridre k uneassez grande dauteur.
Cet orifice offre un diam^tre d^environ 3 centimetres; il est occup6 par
une tumeur qui pro6mine d'un centimetre dans le vagin. A ses divers ca-
racteres, o'est-i-dire k sa consistance ferme, k son insensibility, k sa forme
et a ses rapports anatomiques, de mdme qu*k son aspect grisAtre not6 pap
M. Niderkorn dans une application ant6rieurede speculum, cette tumeur ne
nous iaisse absolument aucun doute sur sa nature : il s*agit d*un polype
fibreux de la matrice. En penetrant dans la cavite uterine, aussi haut que
ie doigt puisse atteindre, on reconnatt que le fibroide va grossissant pen k
peu a mesure qu'on se rapprocbe de sa partie sup6rieure. Mais sa base ne
peut etre perdue, non plus que son point d'attache, qui paralt correspondre
k la region laterale gauche et posterieure de la matrice. On mesure ainsi
une longueur d*environ 5 centimetres de la tumeur. Celle-ci est I6gere-
ment mamelonnee k sa surface, et sa forme est celle d'un cdne & pointe
dirig^e vers le vagin.

La matrice est au moins tripl6e de volume; une mensuration (aite ante-
rieurement avec Thysterometre a donn6, pour longueur de sa cavite, plus
de iO centimetres. Le d6veloppement et la sensibilite de Tabdomen rendent
Torgane difficilement explorable par Thypogastre ; toutefois, on par\'ient



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156 • M£H0IRBS ORIGINAUX.

k constater assez nettement qu'il n'existe aucune depression de sa surface,
aucune inversion de ses parois.

La malade se trouvant dans de telles conditions, nous d6cidftmes, M. Ni-
derkorn et moi, de supprimer Tusage de la glace, de surveiller aveo un
tampon tout pr6par6 r^coulement sanguin de Tut^rus, et enfin de diff6rer



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