William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Tablation de la tumeur jusqu'au jour oil la fi6vre serait moins violente et
Pfetat g6n6ral moins compromis.

Le 27 juin, cette amelioration nous ayant paru suffisante, nous proc6-
dftmes sans d6lai k PopSration.

Le rectum et la vessie etant vides, la patiente fut mise en situation.
L*anesth6sie chloroformique. jug6e inutile, ne fut point pratiqu6e. J'incli-
nai, sur le cfit6 droit de la tige, Tanse du constricteur Maisonneuve, de
fagon k produire en ce point une courbure accentu6e de I'instrument (angle
d'environ 120 degr6s). Deux doigts de la main gauche furent alors port^s
sur Torifice ut6rin et servirent de guide au serre-noeud, que j*introduisis ^
Taide de Tautre main, pendant que M. Niderkorn, pressant sur Thypo-
gastre, immobilisait lamatrice. Je parvins sans difficult^ k engager le som-
met de Tanse, sur le c6t6 gauche du polype, j usque dans la cavite de Tu-
t6rus. Bient6t, sans aucun effort, et par un mouvement 16ger de [bascule,
analogue k celui qu'on fait ex6cuter aux branches du forceps, la racine de
Tanse et la tige elle-mSme p6n6tr6rent k travers I'orifice ut6rin sur le c6l6
droit de la tumeur. Celle-ci, de la sorte, se trouva'compl^tement entour6e
par Tanneau constricteur. Poussant ensuite avec douceur Pinstrument dans
la profondeur de la matrice, je le fis cheminer d'environ 40 centimetres,
c'est-i-dire jusqu'^ ce que Pextr^mite de la tige atteignlt le voisinage du
fond ou le fond mftme de Porgane. Je fis alors jouer Pinstrument avec len-
teur.Au bout d*un quart d'heure la corde metallique ayant cess6 de
mordre, je retirai le serre-noBud,

Quelle ne fut pas ma surprise en voyant que Pause, au lieu de s'etre
6puis6e dans la goutti6re de la tige, avait conserve presque toute son am-
pleur (laquelle etait primitivement d'environ 5 centimetres) ! Rien n'avait
ete sectionne ; la tumeur demeurait en place et Poperation etait a recom-
mencer. La cause de cette mesaventure dependait du glissement des at-
taches de la corde sur le crochet du tracteur. J*avais cru ces derniers suf-
fisamment solides ; mais la tumeur resistant k I'etreinte de Pause, avait fait
derouler les extremites de la corde autour du crochet ; et c'est ainsi que la
vis du tracteur avait pu fonctionner pendant un quart d'heure, sans que le
diametre de Pause se filt sensiblement reduit.

Apr6s m'etre assure centre la possibilite d'un nouveau glissement, je re-
pris incontinent les divers details de Poperation en procedant de la mdme
maniere que la premiere fois. L'introduction de Pause dans la matrice et le
placement du constricteur au point voulu s*effectuerent avec une grande
facilite. Je fus surpris moi-meme de la rapidite de la manoeuvre ; en un
instant le polype se trouva etreint de nouveau, et cette fois d'une fa^n effi-
cace, car moins d'un quart d'heure suffit pour obtenir la section complete
de son pedicule. 'J'exergai quelques tractions sur la tumeur, et celle-ci,



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ABLATION DE CERTAINS POLYPES DE L'UT^RDS. 157

franchissant roriiice ut6rin, arriva au dehors telle que la figure ci-jointe
la pr6sente.



Polype fibreax de la matrice. -^ aa^ sea point d'attache sectionne par Tanse
du serre-ncBud. {Figure de grandeur naturelle.)

Les prfeparatifs de rop6ration et rop6ration elle-m§me avaient dur6,
dans leur ensemble, h peu pr6s une heure. II y eutk peine 30 grammes de sang
perdus. La malade ne ressentit, k proprement dire, aucune douleur, mais
sealement une fatigue notable d6termin6e par la position.

Quant aux suites, elles furent des plus simples et des plus heureuses.
Aucune perte ne repaiut, la fidvrelomba, rapp6tit et le sommeil revlnrent;
bref , loutes les fonctions troubl6es se r6tablirent promptement. Dds le
9 juillet (deux jours aprSs reparation), la reparation ccmmenQait k s'accen-
tuer dans T^tat g6n6ral; et aujourd'hui (Janvier 4875), la sant6 de ma-
dame M..., se trouve ^tre meilleure qu'clle ne fut jamais depuis plus de dix
ans.

De forme r^guli^rement conoide, ros6e presque sur tous ses points et b6-
riss§e, k sa surface, d'une multitude .de petits mamelons qui rappellent
vaguement les circonvolutions du cerveau, la tumeur se pr6sente revfitue
d'une muqueuse tr^s-mince, k peine reconnaissable sur la grosse extr6mit6,
et qui ne p6ntoe pas jusqu'au fond des sillons intermamelonnaires. Le
fibroide est entier ; il mesure environ 8 centimetres de long, 4 centimetres
de large k la base et 3 centimetres et demi d'avant en arriere. Son p6dicule,
situe sur le cdte gauche, k 1 centimetre de la base, offre une surface de



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i58 MEMOIRES ORIOINAUX.

section oirculaire, dont le diamdtre est de 18 millimetres. Ge point est le
seul qui soit h vif et fournisse un tr^s-l^ger suiniementde s6rosit6 sangui-
nolente.

En pratiquant sur la tumeur une section longitudinale, on reconnatt que
son tissu offre partout une coloration blanche prononc6e, une consistance
tr^s-ferme et une absence prcsque absolue de vaisseaux. On d^couvre en
m6me temps, qk et Ik, des vacuoles d(^pourvues de paroi propre et qui rap-
pellent I'aspect des vaisseaux bfiants que pr6sente la coupe du foie. Ges
g6odes sont plus nombreuses au centre que dans les couches superficielles.
Quant aux petits mamelons de la surface, lis sont constitu6s par autant de
foyers, autour desquels les fibres musculaires et 6lastiques tourbillonnent,
se feutrent et ferment, par la multiplicit6 des centres d*enroulement, un
veritable semis do petits fibroides.

«

Mon intention n'est pas d'insister BUr les divers details de cette
observation ; Je veux seulement homer mea reflexions aux quelques
points suivants. D'abord, on a dd r^marquer que le polype avait 616
excise avec facility, puis extrait dans un etat de parfaite integrity. Le
succes de rop^ration fut ceptainement favoris6 par des circonstances
qui ne d^pendaient ni du chirurgien, ni de la manoeuvre employee.
Mais, tout au moins, peut-on en d^duire que la simplification op^ra-
toire, k laquelle je crus devoir recourir, est susceptible d'une realisa-
tion exceptionnellement heureuse dani^ ses resultats.

D'une autre part, on a vu que Tanse du con8tricteur,au moment
de son introduction dans la matrice, ofFrait un diamdtre d'environ
5 centimetres, tandis que celui de ToriQce ut^rin n'en pr^sentait que
trois. C'est que les bords de ce dernier, dou^s d'une certaine sou-
plesse, se pr6t6rent sans difllculte h I'extension que n^cessitait le pas-
sage de Tanse metallique. Ainsi en est-il, assez souvent, dans la pra-
tique des operations obstetricales. D*ailleurs, comme pour les appli-
cations du forceps, lorsque I'oriflce uterin, trop peu ditate, ofTre un
bord mince, on pourrait, en vue de faciliter Tablation des polypes,
pratiquer avec avantage de petits debridements sur sa cJrconference.

Enfin, je rappelleral qu*un vice de fonctionnement du serre-noeud
m'obligea d^introduire, h deux reprises, Tinstrument dans le fond de
la matrice. J'eus ainsi, dans la niSme seance, Toccasion de soumettre
h une double epreuve la manceuvre operatoire que je preconise, et,
chaque fois, elle me parut etre d'une remarquable simplicite.

Messieurs, de mftme qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, je
sais qu'une seule experience ne pent faire une science. Nul, plus que
moi, n'est penetre de cetle verite, d^j^ si gracieusement fbrmuiee, il y a



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POLYPES FIBREUX DE LA MATRICE, ETC. 139

plus dedeux si^clds, par Jacques Guillemeau. Aussi, en vousexposant
mes idees sur une operation que chacun de vous aplusieurs fois prati-
quee, yai voulu d^gager cette communication de tout caract^re pre-
lenlieux. Comme vous avez pu le remarquer, j'ai ^vite de donner aux
modifications operatoires dont il s'agit aucune qualiQcation ambi-
tieuse. L'appellation modeste de simplification operatoire^ qui resume
les traits particuliers de cette maniere de faire, me preservera, j'es-
pere, du reproche d'illusion sur la valeur ct Timportance de la ma-
ncBuvre proposee.

Je ne rechercherai pas si cette manoeuvre a ^t6 d^j^, dans quelques
cas particuliers, anterieurement employee soit par vous, soit par
d*autres. Le fait est au moins probable. Mais ce que je crois pouvoir
avancer, c'est qu'elle n*a pas ^td jusqu'ici ^rig^e en pr^cepte. Or, c'est
^la faire considerer comme ^tant d'une application g^n^rale que tend
pr&iisement cette communication, dont je r^sumerai Tidee dans les
deux conclusions suivantes :

!• Certains polypes inclus dans la matrice peuvent ^tre avantageu-
sement excises de bonne heure, c'est-^-dire avant qu'ils aient pene-
tp§ dans la cavity du vagin et cause 1 epuisement de la malade.

2o Le prbcede d'exer^se h mettre en usage, en pareil cas, loin d'etre
difficilement applicable, est, au contraire, d'une simplicity plus grande
que ceux qu'on emploie g^n6ralement contre les polypes abaisses jus-
qu'^ la vulve.



POLYPES FIBREUX DE LA MATRICE

MYOMES INTRA-UTftRlNS
Par M. le D^ SloltZf Doyen de la Faculty de m^decine de Nancy.



Depuis quelque temps il est beaucoup question de myAmes intra-
ut^rins ou de polypes flbreux de la matrice et de leur traitement* L'an-
nte dernifere, la Soci^t6 de chirurgie s'^tait occup^e de la question de
savoir si les corps flbreux d6velopp(§s sur la surface exteme de Tut^rus
ou dans T^paisseur de ses parois pouvaient disparaltre spontanement
(s'atrophier), ou ^la suite d'un traitement r6solutif. La r^ponse h. cette
question est rest^e en suspens [adhuc subjudice lis es(]y quoique quelques
peraonnes aient paru convaincues de la possibility de la chose. Si Ton



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i 60 ttEMOIRES ORIGINAUX.

entendait par disparition^ guerison^ une simple airophte ou diminution de
volume, on aurait pu semettre trte-facilement d'accord. Quoi qu'il en
soit, tout le monde, nous entendons par 1^ les praticiens qui sont habi-
tu& h voir des cas de ce genre, conviendra que le plus ordinairement
ces corps ont plut6t de la tendance h augmenter de volume, h se multi-
plier ou ^rester stationnaires,qu'2is'atrophier, etsont, dans beaucoup
de cas, la cause d'accidents plus ou moins graves ou m^me morlels.

Cette fois il est question de corps fibreux inira-utmns plus on moins
pMctdes^ car on conviendra qu'il en existe beaucoup et des plus volu-
mineux qui ne le sont pas, qui ont des adh^rences 6tendues avec la
surface interne de la matrice, ^ans qu'on puisse bien les determiner et
surtout indiquer les endroits qui en sont le si6ge principal.

Les corps fibreux p^diculfe de la cavity uterine sont connus sous le
nom de polypes. Ces polypes ont leur point de depart dans la cavity du
corps ou dans la cavitd du col. Les premiers ne sont pas p^dicul^s a
proprement parler, mais peuvent 6tre adherents par une surface plus
ou moins limitee; ils sont alors v^ritablement sessiles; ils ne se p6di-
culisent que quand, par suite de contractions plus ou moins energi-
ques de la matrice, ils commencent h 6tre expuls^s. lis ne sont r^elle-
ment pedicules que quand ils sont descendus dans le vagin. Mais si la
partie adh^rente du corps fibreux offre une trop grande resistance pour
que sa coque puisse s'allonger et former un p^dicule, le corps fibreux
attire la partie correspondante de la matrice et donne lieu h une iyiver-
sion de la parol de T uterus. Cette partie de la parol attiree permet au
polype d'avancer dans le vagin.

Ces considerations doivent toujours 6tre prfeentes k I'esprit de tout
praticien au moment oti il songe ^ enlever un corps fibreux uterin, soit
qu'il soit encore renferme dans la cavite uterine, soit qu'il ait ete
pousse dans le vagin, soit enfin que, tout en etant renferme dans la
cavite de la matrice, on veuille le saisir pour I'attirer au dehors du
canal genital.

La premiere chosQ h faire ensuite est de s'assurer du lieu d'implan-
tation du corps fibreux, de chercher h savoir s'il est pedicuU ou s'il
n*est que sessile^ et, dans ce dernier cas, quelle est I'etendue de ses rap-
ports intimes avec la matrice. Le mode operatoire est h choisir d'aprfes
les resultats de cet examen.

La quesLion a ete soulevee h la Societe de chirurgie (Quand y aura-
t-il une Societe de gynaecologie i Paris? II y en a une k Berlin, une i
Leipzig, une k Londres, une k Edimbourg et ailleurs encore, mais &



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POLYPES FIBREUX DE LA MATRICE, ETC. 161

Paris lachirurgie craindrait de perdre un des plus beaux joyaux de
sa couronne). M. Tillaux a eu le malheur de perforer le fond de rut6-
nis et de causer la mort de sa cliente en se servant de I'^craseur
lineaire pour separer un polype volumineux et attir6 hors dela vulve.

A cette occasion on s'est demand^ quelle m^thodeop^ratoire on doit
prtKrer dans ces cas.

Jusqu*^ lafin du sifecle dernier et encore au commencement de celui-ci
la ligature, c'est-^-dire la constriction lente du p^dicule, etait le moyen
leplus souvent employ^, parce que Ton craignait rWmorrhagie : de \h
ces nombreux porte-ligatures, ces nombreux m^canismes de constric-
tion, qui sont rel^gu^s aujourd'hui dans Tarsenal de chirurgie et qui
n'appartiennent pour ainsi dire plus qn'h Thistoire.

La chirurgie moderne 6tant devenue plus bardie, avec les Dupuy-
tren, les Lisfranc, les Velpeau, les chirurgiens ont eu recours h Tin-
strument tranchant, aux ciseaux particuliferement, pour separer le
corps fibreux de ses adh^rences. On s'est mfime attaqu^ au corps lui-
mtoe pour I'extraire par morceaux ( Amussat), cherchant ainsi h imiter
la nature, qui parvient quelquefois h debarrasser I'organisme de ces
n^oplasmes en les expulsant par fractions.

L'6craseur linteire a fait faire une espfece de revolution dans I'ablation
des tumeurs en g^n^ral et surtout celle dont I'excision ou Tamputa-
tion avec I'instrument tranchant pouvait faire craindre une h^mor-
rhagie inqui^tante. Get instrument a aussi et6 conseill6 pour T^tran-
glement et la section du p^dicule des tumeurs libreuses appel^es po-
lype de Tut^rus. Nous ne voulons pas parler ici des avantages et des
inconv6nients en g^n^ral de Tinvention de M. Demarquay ; ce qui est
constant, c'est que la chalne de T^craseur attire h elle les tissus envi-
ronnants, et que si Ton op^re prfes d'une cavity close, on risque fort de
la perforer enenlevant un morceau de sa paroi, c'est ainsi que M.Tillaux
a perform la matrice. On pent lire dans les Beitrwge zur Geburtskunde
uhd Gynxcologie de Scanzoni, t. Ill, 1858, une observation de Breslau
qui, en amputant le col de Tut^rus d6g6n6r6 avec T^craseur, a arrach^
une portion du vagin et ouvert le p6ritoine entre la vessie et la ma-
trice (il y a plus d'un exemple de ce genre); c'est ainsi que nous avons
vu un de nos plus habiles chirurgiens (Boeckel), en voulant enlever
avec r&raseur, de crainte d'h^morrhagie, une tumeur de mauvaise
nature saillant dans le vagin et paraissant s'6tre d^velopp^e dans la
paroi lat^rale de ce canal, perforer le cul-de-sac post^rieur et au point
qu'une anse intestinale s'en est ^happ^.

Archvon de Tocologie, — mars 1875. H



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162 HGMOIRES ORIGINAUX.

Si done, ce qui est iacontestable, T^craseur lineaire est un instru-
ment avec lequel on pent enlever en quelques minutes et sans danger
d'h^morrhagie (nous voulons Tadmettre pour le moment) des tumeurs
saillantes de difKrentes natures, il faut ^viter son emploi dans certains
cas particuliers, comme sont ceux, par exempie, de fibrdmes inlra-
uterinSy et dans tons ceux oti Ton op^re dans le voisinage d'une cavite
dose.

Mais alors quel moyen pr^Krer, demandera-t-on? Nous donnons la
pr6Krence i rinstrumenttranchant,aux ciseaux longs, ^ lames courbes
sur le plat surtout, et en cela nous sommes de Tavis de beaucoup de
chirurgiens modernes, tels que Dolbeau et Gosselin. Nous nous ap-
puyons sur les considerations suivantes:

Les corps fibreux intra-ut^rins sont, comme Texamen de ces tumeurs
Ta demontr6 maintes fois, renfermes dans une coque fibreuse plus ou
moins epaisse et qui forme leur p^dicule quand ils sont pedicul^s. II
sufQt de d^truire cette coque h Tendroitoii elle forme lep^dicule, pour
pouvoir enlever le mydme qui y est renierme h peu pres comme la chair
de Torange (sarcocarpe) dans sa peau epaisse (p^ricarpe) ; aussi un ou
deux trais de ciseaux suffisent ordinairement pour faire tomber ces
tumeurs. Nousavons precede bien des fois de cette fagon, sans jamais
avoir eu d'h6morrhagie h arrdter. Les polypes fibreux du col, entre
autres, se detachent par un trait de ciseaux comme un fruit par un
coup de serpette.

Mais si nous disons que cette m^thode c^t la plus expdditive el la
moins dangereuse dans la plupart des cas, nous admettons des excep-
tions k la r^gle. Ainsi il ne faut pas confondre des my6mes v6ritables
avec des excroissances des l^vres du museau de tanche, par exempie,
de la l^vre anterieureou de la 16vre post^rieure, et qui font saillie dans
le vagin sous forme de battant de cloche, Ces excroissances polypeuses^
qui paraissent quelquefois de peu de consequence et qui s'enl^vent par
un seul trait de ciseaux, donnent souvent lieu k des hemorrhagies dif-
ticiles ^ arr^ter. Leur podicule, qui est plus ou moins long, paralt ran*
fermer une artdre nourriciere qui donne abondamment du sang et ne
s'oblitere que difiicilemeut. Dans ces cas, la ligature ou I'ecrasement
lin6aire pourraient 6tre pref^r^s.

Dans la stance de la Soci^te de chirurgie du 20 Janvier dernierj
M. Gueniota fait i ses collogues une communication ayant pour objet
une simplification op^ratoire applicable h I'extirpation des corps iibreux
de I'uterus. Cette simplification doit consister : i*" dans la suppression



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POLYPES FIBREUX DE LA MATRICE, ETC. 163

de Tabaissement pr^alable du polype; 2*» dans Temploi, qui est indis-
pensable, du constricteur de Maisonneuve; 3® dans Tapplication d'une
anse m^tallique solide sur le (p6dicule du) polype.

C'est-i-dire que M. Gu6niot propose de revenir h Tancienne m6-
Ihode, la ligature, avec celte difference qu'il se sert d'un fil m^tal-
lique; car quant au constricteur (serre-noeud) de Maisonneuve, il re-
pr6sente les anciens instruments employes pour serrer le fil ; seulement
sa forme et sa force sont en rapport avec la nature et la resistance du
ill employ^.

En d^rivant la manifere de faire glisser I'anse de la corde m6tal-
lique, M. Gu^niot a dit que quelquefois il sera necessaire d'introduire
la fnain entiere dans I'ut^rus au lieu de deux doigts. On dirait rdelle-
ment que I'introduction de la main entiSre dans la matrice est chose
des plus faciles dans ces cas. Avant d'arriver dans la matrice, il faut
la faire p^n^trer dans le vagin ; est-ce que chez une femme qui n'est ni
enceinte ni en travail d'enfantement cela est si ais6? Et si Ton y par-
venait on n'aurait plus besoin de faire une ligature.

Un membre (M. Boinet) a fait observer que les corps fibroides sont
loin de se ressembler, et qu'il est impossible d'^tablir une ioi pour leur
extraction. G'est-^-dire que les corps fibroides ne se ressemblent pas
sous le rapport de leur volume, du lieu de leur insertion, de leur mode
d'union ou de connexion avec la matrice, etc., et que, pour ces motifs,
il faut avoir plusieurs cordes h, son arc pour les abattre et les enlever;
mais nous croyons que le moyen le plus exp6ditif et le plus innocent
sera toujours, dans le plus grand nombre de cas, instrument tran-
chant, et que T^rasement du p^dicule ou la ligature ne sont indiqu^s
que dans des cas exceptionnels.

(Hevue medicale de FEst.)



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1 6 i MEMOIRES ORIGLNAUX.

NOUVELLE NOTE

SUR LA

CURE CHIRURGIGALE DES POLYPES DE L'UTERUS

A PROPOS d'uN article DE M. STOLZ, INTITULE :

Polypes fibreux de la matrice^ myomes inira-uierins.

Par M. le D' Ga^nlot,

Chirurgien des h6pitaux^ Professeur agr6g6 h la Faculty.



Parmiles methodesop6ratoiresusit6es centre les polypes de I'ute-
rus, deux seulement ont conquis successivement la faveur presque uni-
verselle des chirurgiens; ce sont la ligature ct Vexcision, Elles seules,
en effet, sont susceptibles d'une application g^n^rale, tandis que la
cauterisation, le broiement, la torsion et Varrachement ne trouvent Tin-
dication de leur emploi que dans des cas exceptionnels.

C'est surtout contre les polypes, dits muqueux, que I'on a parfois
recoups i Tune ou simultan^ment k plusieurs de ces dorniferes m6-
thodes. Mais personne n'ignoreque les polypes les plus communssont
ceux que Ton designe, en raison de leur structure musculo-fibreuse,
sous les noms de fibroides et de myomes pedicules. GrUce aux difficult^s
op^ratoires que, t?'op souvent, ils opposent a Tart, cesont ces fittroides
ou ces myomes qui ont particuli^reraent attir6 Tattention des chirur-
giens ; c'est contre eux aussi que la ligature et Texcision ont 616 sur-
tout pr^conisdes. Dans le cours de cette note, ce sont ces m^mes tu-
meurs que j'aurai sp^cialement en vue.

Ligature. — Avant i'6poque de Levret, Thistoire des polypes de Tu-
t^rus 6tait fort peu connue; cesn^oplasraes se trouvaient g(5n6ralement
confondus avec des tumeurs de nature tres-difierente. Aussi, jusque-
1^ aucune m6thode opdratoire n'avait-elle pr^valu d'une manifere exclu-
sive dans la pratique des chirurgiens. L'excision, faite au-dessous
d'une ligature de siirete, repr^sentait toutefois celle qui dtait le plus
commun^ment appliquee. C'est ainsi que Guillemeau rapporle avoir
extirp6 tr^s-heureusement, Ji une demoiselle, un polype volumineux,
aprds I'avoir a premi^rement fort attird au dehors, puis \i6 k sapointe
et origine aussi haut qu'il lui fut possible. Telle ligature, ajoute-t-il,



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CURE CHIRURGICALE DBS POLYPES DE L'UTERUS. 165

fut faite pour la crainte qu'il.y avail de quelque flux de sang » (d).
Jusque vers le milieu du dernier siecle, I'ien n'est change sur ce point,
at Jes chirurgiens de cette epoque ne proc^dent pas autrement que
leurs devanciers. Pour tenter Textirpation des tumeurs, ils regardent
comme indispensable qu'elles soient apparentes h Text^rieuret qu'elles
aient franchi, sinon en totality, du moins en trfes-grande partie, Tou-
verture de la vulve.

Dans la seconde partie du xvin^ siecle, au contraire, la ligature par-
vient rapideraent h prevaloir sur les autres methodes, et bient6t elle
devient d'un usage presque general. Levret, son promoteur^invente des
instruments sp^ciaux et s'efTorce de demontrer que leur emploi oflre,
comme avantages, de pouvoir « Her prompteraent, facilement, avec
succes et sans aucun danger le pedicule des polypes, lorsqu'tls sont en-
core reiifermis en entier dans la cavite du vagin. n (2). D'une autre
part, Herbilaiaux, rench^rissant sur Levret, propose de porter, h
Taide d'un instrument nouveau, la ligature jusque sur les polypes
qui sont encore contenus dans la matrice (3).

On le voit, par cette methode le champ de Taction se trouvait sin-
guli^rement agrandi ; il n'etait plus resLreint, comme par le pass6,
aux seules tumeurs devenues accessibles ^ la vue. Peut-on dire que ce
fuLun bien? La reponse ne serait pas douteuse, si les rdsultals de la
ligature eussent justilie la confiance queses partisans avaient en elle.
Mais il n'en fut pas ainsi; et malgre les al'iirmations d'Herbiniaux,
qui pr^tendait que la mort de ses op^rees etait due h Thyst^rie (i), la
nouvclle methode ne tarda pas u r^v^ler les dangers de son emploi (5).

(4) Guillemeau. Heur. accouch., in-l2; Paris, 1642, liv. I, ch. iv, p. 22.
(i) -Levret. M^m. sur les polypes de la mat. et du vagin. — In Mem, deV Acad,
Toy, de chirurg,; in-4o, Paris, 1778, t. Ill, p. 562. -

(3) Herbiniaux. Parall. de diff, instr., avec les meth. de 5Vn servir^ pour
praiiquer la lig. des polypes dans la matrice; in-8, La Have, 1771.

(4) Herbiniaux. Traite sur divers accouch, laborieux et sur les polypes de la
matrice ;m-S, Bruxelles, 1782, t. II.

(5) Je dis k dessein : nouvelle m6Lho(lc, car la ligature, telle que la prati-
quaieut Levret, Herbiniaux, Desault, etc., differe par plusieurs points cs-
sentiels de celle qui, auparavant, Otait employee comme pr^liminaire do
Texcision. La ligature dont us^rent Guillemeau et ses successeurs ne figu-
rait, en effet, dans reparation qu'a titre d'occessoire ; ils jetaient, ii del
ouverty le 111 sur la racine du polype ; puis, ils retranchaient la tumour Si
Taide des ciseaux ou du bistouri, et la ligature seule demeurait fixCe au
tronQon du p6dicule. En une stance, la malade se trouvait ainsi lib^irdc.



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1 66 Ml^MOIRES ORIGINAUX.

Le chirurgien, en I'appliquant, voulait provoquer la mortification du
nfeplasme. A cet effet, un fil m6tallique, porte jusqu'& Torigine du
polype, 6tait dispose en forme d'anneau sur le p6dicule, puis serr6
avec force de fagon h supprimer toute nutrition dans la tumeur. Mais



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