William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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pour arriver au but :

i* Le serre-nceud^ instrument rigide, devaii rester en place dans lea
voies g6nitales jusqu'& la chute du polype, c/est-^-dire pendant cinq,
dix, quinze jours, et m6me au del&, ce qui constituait un s^rieux in-
convenient;

2® Presqu^ chaquejouVj le chirurgien se voyait dans la necessity
d'augmenter la constriction en resserrant la ligature, ce qui, pour la
malade, repr^sentait toute une s6rie de douloureuses operations ;

3* Enfin, sans parler des convulsions ni de la peritonite qui, parfois,
surgissaient au cours des manoeuvres, la destruction gangr^neuse du
polype au sein des voies g6nitales engendrait presque toujours des
dcoulements f elides et, surtout, beaucoup trop souvent Vintoxication pu^
tride et la mort..

On congoit sans peine que les chirurgiens de ce sifecle, *frapp6s de
tels inconv^nients, aient renonc^ i la ligature permanente pour adop-
ter une metbode & la fois plus simple et moins dangereuse.

Excision. — Aux 6poques pr6cedentes, Femploi si universel de la li-
gature, soit h la mani6re de Guillemeau, soit d'aprfes la m^thode de
Levret, reposait en grande partie sur une connaissance imparfaite de
la structure et du d6velopperaent des fibroides. On redoutait alors au
premier chef les complications hemorrhagiques. Gr&ce h une etude
plus approfondie des tumours, ces craintes flnirent par disparaitre, ou
du moins, parperdre ce qil'elles avaient d'exag^rd; et telle fut J'ori-
gine de la revolution qui s'accomplit, dans la cure des polypes, au pro-
fit de la methode de Texcision (i).

Boyer dej^ semble preferer I'excision h la ligature. Mais ce fut sur-
tout Dupuytren qui en fit ressortir les avantages et contribua le plus
h la faire accepter comme methode generale. S'appliquant h detruire
les apprehensions des chirurgiens touchant Themorrhagie, il produisit
une statistique de plus de deux cents cas, dans lesquels deux fois seu-

(1) J*entends ici rexoision par rinstrument Iranchant. Nous verrons bientdt
qu'il existe d'autres proo^des d*excision auxquels ne saurait s*appliquer ce
qui va suivre.



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CURE CHIRURGICALE DBS POLYPES DE L'UTERUS. «67

lement il eut^ combattre la perte sanguine (1). De son c6t6, Lisfranc,
adoptant les mfimes preferences, ne cite que deux exemples d'h^mor-
rhagie sur 165 excisions (2). Enfin, Velpeau declare ne pas avoir ob-
serve cette complication dans 20 cas qui lui sont propres ; et il ajoute :
« Les recherches et les dissections que j'ai pu faire, d'accord avec
M. Hervez de CWgoin, m'ont dtoontr6 que les corps fibreux propre-
• mentdits peuvent 6tre excises sans le moindre inconvenient. Jamais,
en effet, ils ne tiennent h la matrice par un pedicule pourvu de vais-
seaux volumineux. La couche ordinairement trfes-mince de I'uterus,
qui leur sert de coifle, est r^duite h une simple coque qu'il suffit d'in-
cis^r, pour que leur Enucleation puisse 6tre facilement terming avec
les doigts ou lemanckecTun scalpel » (3).

Le temoignage et Texemple de chirurgiens si autoris^s 6taient plus
que sufflsants pour entrainer Tassentiment general et decider du sne-
ers de larEforme proposee. Aussi, Texcision fut-elle bientdt intronisee
dans ia pratique et, depuis lors — c'est-2i-dire depuis une quarantaine
d'ann^es, — elle r^gne en son lieu presque sans partage.

Voyons paaintenant comment on procfede pour appliquer cette me-
thods.

a On ne pent, dit Gerdy, pratiquer Texcision des polypes uterins que
lortque ces tumeurs sont saUlantes dans le vagin ou hors de la vulve. Pour
I'executer, on saisit la tumeur avec les doigts ou on Taccroche avec des
pinces de Museux; on Pattire hstn^ de mani^re k en decouvrir, autant
que possible, le pedicule. L'uterus c^de h ces tractions, s'abaisse et
permet de couper ce pddicule avec des ciseaux courbes, suffisamment
forts, en deux ou trois coups. Si le polype est tr^s-volumineux, on
pent Tamener au dehors au moyen d'un forceps)) (^).

Sans doute, les proced^s d'execution varient selon le siege, le vo-
lume etla mobilite de la tumeur; mais ces variations sont genErale-
lement de mediocre importance; le manuel operatoire reste, en fait,
essentiellement le m^me.

A Faide d'une bonne pince-erigne, dirigee par le doigt, on parvient
presque toujours, dit Velpeau, h embrasser la t6te du polype. « Soit
que le debridement paraisse ensuite indispensable, soit que le doigt



(I) Dupuytren. Lecons oraks ; 1833, t. Ill, p. 421.

(i) Lisfranc. Clin, chirurg. de la PitU; 1843. t. Ill, p. 210.

(3) Velpeau. MM.op^raL; 2«6dit., 1839, t. IV, p. 394.

(4) P. Gerdy. Des olypes et de leur iraitenunt ; Paris, 1833, p. 173.



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i 68 MiMOIRES 0RI6INAUX.

puisse, de prime abord, gagner la racine de la tumeur, je conduis jus-
que-1^ ou de longs ciseaux courbes, ou le couteau mousse egalement
courbe. Les soutenant du doigt pendant qu'un aide tire mod6r6ment
sur les pinces, je detache sans peine le polype » (1).

Je pourrais multiplier ici les citations et ^voquer les textes de nos
plus r^cents Traitesde chirurgie op^atoire; mais ce soin me paralt su-
perflu. Quelle que soit la description k laquelle on se reporte, il est
ais6 de reconnaltre qu'en definitive Tessence de la m6thode consiste
dans les points suivants :

1* Necessity d'atteindre avec un ou plusieurs doigts le p^icule du
polype;

2® Abaissement artificiel presque toujours indispensable, soit de la
tumeur, soit de la matrice (2), jusqu'^ Forifice vulvaire ;

3* Excision pratiqu^e sur le doigt, i Taide d'un instrument tranchant
(ciseaux ou bistouri).

Or, peut-on admeltre que de telles conditions repr^sentent, au sujet
des polypes, les derniers perfectionnements dont notreart soit suscep-
tible? N'est-il pas plus exact de dire que, pour un certain nombre de
cas, elles rendent, au contraire, la chirurgie ou impuissante ou dan-
gereuse? Impuissantef cela me paralt incontestable toutes les fois que
Tattache du polype se trouve trop profondement situee, c'est-^-dire
au de\h de la portde du doigt; et les exemples do ce genro ne sent pas
d'une extreme raretd. Dangereusel qui pourrait le nier, lorsque pour
rendre accessible la racine de la tumeur, on exerce sur celle-ci ou sur
la matrice des tractions propres h les entralner Tune et Tautre jusqu'^
la vulve? En r6alit6, Tinversion de I'utdrus n'est-elle pas un resultat
frdquent de ces efforts ? Et, sans parler des douleurs que provoque cet
abaissement forc^, ne convient-il pas de compter aussi Th^morrhagie
comme un accident, non-seulement possible, mais encore souventtr^s-
redoutable?

Quoi qu'en aient dit Dupuytren et Lisfranc, qui avaient h combattre
sur ce point des crainles exagerdes, il est parfaitement exact que la
section par Tinstrument tranchant peut determiner des pertes san-
guines inqui^tantes; et celles-ci offrent d'autant plus de gravile



(i) Velpeau. Mddecine op^raL; 2« 6dit., 1839, t. IV, p. 400.
(2) Lisfranc (Clin, chirurg.; t. Ill, p. 208) et M. Chassaignac (Traitt iU-
Vdcrasement Uniaire; p. .23-2) donncnt la pr6ference -h rabaii-sement do



rut6rus.



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CURE CHIRURGICALE DES POLYPES DE L'UTftRUS. 469

qu'elles se produisent chez des sujets fort an^mi^s. Marjolin a vu
mourir ainsi une femme, peu de temps apr&s rexcision d'un polype.
D'ailleurs, Dupuytren et Lisfranc conc^dent eux-m^mes que Themop-
rhagie est possible, puisqu'ils en citent chacun deux exemples etqu'ils
conseillent, pour les cas douteux, de ne pas op^rer la section, avant
d'avoir jet6 sur la racine de la tumeur une ligature de sArete.

ll est g^n^ralement admis, et M. Stoltz partage cette opinion, que
Jes poh-pesfte pr^sentent jamais de vrai pedicule, c'cst-ii-dire de pro-
longement radiculaire qui leur soit propre. Je tiens volontiers le fait
pour reel; mais le danger d'h^morrhagie en est-il diminuc parce que
ce pedicule proc^de du tissu mSme da la matrice? On ne peutdiscon-
venir, ce me semble, que la muqueuse uterine et la couche musculaire
qui souvent Taccompagne dans la formation du p6dicule ne se trou*
vent, au moios quelquefois, abondamment pourvues de vaisseaux.
Sans doute, les nombreuses dissections de Velpeau et d'Hervez de
Ch^goin, de mSme que les statistiques de Dupuytren et de Lisfranc,
comme aussi les excisions pratiqu^es par M. Stoltz, demontrent que
ce d^veloppement vasculairc n'est pas chose commune; mais enfin il
existe. Que ce soit k Tetat de raret^, rien de plus vfai s'il s'agit de fi-
broldas implantes sup le col utdrin ou dans son voisinage; pour ceux
qui, au contraire, correspondent aux rdgions' superieures de la ma-
trice, je crois cet exc^s de vascularisation dejti beaucoup moins excep-
tionnel. Quoiqu'il en soit, on ne saurait contester qu'il y ait interfit ^
ne pasoublier, dans I'operation, les dangers d'une telle disposition.

Bien plus, il est des cas (egalement exceptionnols) dans lesquels le
polype tout entier n'est qu'une emanation du tissu propre de la ma-
trice ou, en d'autres termes, qu'une hypertrophic locale de la paroi de
cet organe. On en trouve figure un reraarqunble oxomplo dans TAtlas
d'anatomie pathologique de Cruveilhier (1). Le polype, de forme co-
noTde, naissait dufond de Vuterus par son extremite etroite et nefaisait
qa apparaltre par sa grosse extremity dans Torilice utc'rin legerement
entrouvert. Son volume atteignait celui d'un gros ceuf de poule, et
son tissu se continuait sans aucune ligne de demarcation avec le tissu
propre de la matrice. « C*etait en effet, ajoute Cruveilhier, un prolon-
gement de ce tissu propre, et non point un fibroide developpe dans
r^paisseur dV Tutdrus. L'identite entre le tissu de la matrice et le tissu
da polype 6tait telle, que Texamen le plus attentif neput y d6montrer

(I) Anaiomie patholog, du corps hitmain ; Paris, 1830-42, pi. VI, \i* liv.



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170 MKMOIRES ORIGIN AUX.

la plus l^g^re diCKrence. On retrouvait dans Vepameur du polype les
cavites veinemes ou sintis, qui nppartiennent au tissu de Vuterus hyper^
trophie. »

Dans un tel cas, n'est-il pas evident que les proc(§des ordinaires
d'excision eussent 6i6 itopuissants h atteindre la racine du polype?
D'une autre part, en supposant qu'^ Taide de tractions violentes^sur
la tumeur, on ftit parvenu i Tabaisser suffisammont, ne ressort-il pas
clairement de la description qu'une section faite sur le pedicule, avec
rinstrument trahchant , e.iit inlailliblement provoqu^ une Wmor-
rhagie?

La mdthode de Texcision, telle qu'elle est g^n^ralement appliqu^
de nos jours, se pr&ente done, dans diverses circonstances, avec des
imperfections et des inconv^nients rdels. D^jk, M. Chassaignac ainsisie
sur les dangers d'h^morrhagie (1) ; et c'est pour y parer qu'il preconise
I'emploide rtoasement lin^aire.Ce dernier proc($decompte,parmi nos
contemporains, bon nombre de partisans; raais, commelespertes san-
guines sont, en definitive, tr^s-rares apres Texcision au bistouri, el
que r^craseur offre lui-m^me quelques inconv(5nients, sa substitution
au proc6d6 des cisetiux ne s*est pas comply tement gen6ralisee.

Modification operatoire proposes par fauieur. — Dans la note quej'ai
pr6sent6e k la Socidt^ de chirurgie (stance du 20 Janvier 1875), el qui
se trouve reproduite plus haul, on a pu voir en quoi consiste la simpli-
fication operatoire dont'je propose I'emploi. M. Slollz estime qu'il
s'agit d'un retour vers la ligature. Malgr6 la haute valeur que 'j'at-
tacheaux opinions dece savant maitre, il m'est impossible de parlager
son sentiment h cet (§gard. Le proced^ que j.'ai decrit et mis en pra-
tique appartient, selon moi, k la methode generate de rexcision, au
m6me litre que les proc6d6s par T^craseur lineaire et par I'anse galva-
nocaustique. Quel est, en effet,. Tdlement qui donne h rexcision son
cachet sp^cifique? Serait-ce Tinstrumenl employe (bistouri ou ciseaux)?
Evidemment non. Ce qui consLitue Tessence de la methode, son trail
caract^ristique, c'est V ablation extemporanee de la tumeur a Vaide cTune
section de son attache. Que cette section soil op^ree avec une chalne
coupanle, avec une corde m^tallique, avec un fil suffisamment chauffe
ouavec le Iranchant d'un bistouri, peu importe; tons ces precedes
ressortissent ^ la grande methode de Texcision. Je crois done qxTil ne



(i) Chassaignac. TraiUde V^crasement lin4aire; Paris, 4856, p. 331.



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CURE CHIRURGICALE DES POLYPES DE L'UTERUS. i7«

saurait y avoir doute sur le classement du proc^d6 que j'ni d^crit;
loin d'appartenir h la ligature, il s'ecarte, au contraire, consid^ble-
ment de cette m^lhode, etpar la facility de son execution, el par la
promptilude de ses r^sultats.

On a dtl remarquer que je reconnais h Texcision par Tinstrument
tpanchant, trois inconv^nients qui ne sont pas sans importance, h
savoir :

• l** L'impossibilit^ de retrancher les tumeurs dont la racine, trop 61e-
v6e, rests inaccessible au doigt ;

2** Les douleurs et les dangers que font naitreles tractions exerc6es,
soit sur le polype, soit sur la matrice;

S"* Les possibilit^s de complication h^morrhagique.

Op, le proc^d^ de broiement lin^aire, qu'on applique commeje Tai
indique, i Taide du constricteur, est pr^cisement affranchi de ces im*
perfections. C'est done un triple avantagequi doit^tre mis ^ son actif,
et qui, dans bon nombre de circonstances, peut sufHre h le faire pr6-
f^rer. Mais, par contre, n'offrirait-il pas quelques inconv^nients
qui lui soient propres? Pour le bien juger, c'est ce qu'il importe de
savoir.

M. Stoltz reproche h Tecraseur de Ch'issaignac de n'op^rer la section
des tissus qu'en les frongant et en attirant vers lui les parties qui avoi-
sinent la tumeur ; de 1&, le danger de blesser des organes qu'il est es-
sentiel de manager. Je crois ce danger reel, si Ton n'y prend garde;
et j'ajoate qu'il existe au mSme degr^ lorsqu'on use du constricteur;
car la corde de celui-ci n'agit pas autrement que la chalne de celui-1^.
Mais, pour que Taccident seproduise, il faut, on le comprend, que les
opganes menaces jouissent d'une certaine mobility; c'est cequi existe
lorsqu'on opere au fond du vagin, sur le museau de tanche ou sur les
parties qui y conQnent. En pareil cas, il est Evident que Ton doit re-
doubler d*attention, ou mieux encore, recourir s'il est possible ^I'em-
ploi d'uji autre proced^. Quoique des plus simples et des plus efficaces,
la manoeuvre que j*ai propose d'utiliser peut done xC^iv^pas toujours
la plus siire; c'est \k une conclusion qui en reduit certainement la va-
leur absolue, mais qui n'infirme en rien sa superiority relative.

Cette modification operatoire compte, ai-je dit, purmi ses princi-
paux avantages, celui de permettre d'exciser mSme les polypes qui
s*implantent sur le fond de la matrice, et dont I'attacbe (p^diculee ou
non) sesoustrait h Texploration du doigt. C'est ainsi que j'ai retran-
ch6, sans avoir pu atteindre sa raoine, le polype qui est flgur^ dans



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172 MEMOIRES ORIGINAUX.

ma premifere note. On congoil n^nmoins q\i*k I'avantage dont il s'agit
se trouve n(§cessairement li6 un inconvenient , celui de manoeuvrer un
pen dans Tinconnu. Mais, que Ton veuille bien y r6fl6chir, et Ton •
verra que cet inconvenient est leger.

En effet, lorsque le polype n'a pas encore franchi ]e col ut^rin etque
Ton s'abstient de toute traction sur lui, il est recpnnu que la matrice
n'est pas sujette k s'introverser. Pour op6rer avec plus de securiiej on
doit d'ailleurs, autant que possible, s'assurer par la palpation de Tab-
domen qu'elle n'offre aucune depression, soit de son fond, soit de son
hemisphere antdrieur. Premier point trcs-important. — En second
lieu, notons ce fait, aujourd'hui bien constate, c'est que les fibroides
de f^rm6 allongee, les vrais polypes, ri'existent jamais qu'h Tetat soli-
taire dans la cavite uterine; de telle sorte que les parois de celle-ci
offrent toujours une certaine regularite, sinon une regularity parfaite.
Or, ces deux points etant acquis, quel danger prevoit-on h faire che-
miner, mfime sans le contr61e de la vue ni du toucher, Tanse du con-
stricteur, depuis le col de la matrice jusque dans la profondeur de
Torgane, c'est-^-dire depuis la tete jusqu'ii la racine du polype? Ne
procedons-nous pas chaque jour de la sorte dans nos applications du
forceps? Quelle est done la portion saine des parois uterines que Ton
pourrait ainsi comprendre accidentellement dans Tanse? Sans doute,
il ne me sied pas de poser des bornes au possible; mats si Ton suppo-
sait qu'il y eilt une indication d'entamer en quelque point ces m§mes
parois, croit-on que Ton y parviendrait aisement h Paide du constric-
teur? Pour ma part, j'ai peine a le peuser.

En concedant qu'il n'y ait aucun danger h faire progresser Tanse
jusqu'i la racine du polype, peut-on admettre quUl en sera de m6me
de la mise en jeu de I'instrument? Pour repondre ^ cette question,
remarquons d'abord que la tumeur, liltelle depourvue de pedicule,
n'en serait pas moins sectionnee ^ son origine, et cela sans he-
morrhagic. Bien plus, la couche de tissu uterin qui rev6L d'or-
dinaire le neoplasme, eiit-elle exceptionnelJement une opaisseur
insolite, il est tout h fait probable que son ablation n'entrainerait
pas d'amincissement dangereux, ni surtout de perforation des parois ;
car Torgane, arrondi en coupole au niveau de son fond, n'olfre pas
cette mobilite ni cette mollesse que Ton rencontre dans les culs-de-sac
vaginaux, et qui rendent parfois nuisible I'emploi de I'ecrasement an-
nulaire. Neanmoins, jusqu'^ ce que les faits aient parie, il me pa rait
prudent de n'^tre pas trop afQrmatif h cet egard; car, en se retrecis*



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CURE CHIRURGICALE DES POLYPES DE L'UTERUS. 173

sant, I'anse m^tallique tend h se redresser, c'est-^-dire h ramener son
plan dans Taxe de la tige; d'oi un fvoiiemenl possible sur le point cor-
respondant de la parol uterine. Assurtoent, si Ton considfere la situa-
tion souvent si menagante de la femme atteinte de polype, situation k
laquelle le proced6 ordinaire de Texcision pent 6tre impuissant h re-
m^dier, on tiendra pour fort 16g^re I'^ventualit^ d'une telle Erosion sur
le fond de la matrice. Mais, pour ne rien taire des circonstances qui
• peuvent constituer le passif du proc6d6 que je propose, acceptons que
Tanse du constricteur est parfois susceptible de contusionner 16g6re-
ment un point limits de la parol uterine.

Deux inconv^nients (celui que je viens de signaler et celuide n'Mre
pflw/ott/oMrileproc^d^le plus siir), deux inconv^nients, dis-je. se trou-
vent'donc attaches h la modification op^ratoire que j'ai decrite. Que
Ton veuille bien les peser et les juger ce qu'ils sont, puis les oppcser
aux avantages qui repr6sentent Vactifdn proc^d6, et Ton se convaincra
aisement, je pense, que celui-ci est susceptible de rendre h la pratique
de r^els services.

Dans la discussion qui a suivi ma communication h la Soci6t6 de
chirurgie, M. Tillaux m'a objects qu'il existe, au point de vue op^ra-
toire, une grande difference entre les polypes totalement inclus dans la
matrice et ceux quid^j^ apparaissent par leur extr6mit6 libre, dans
Touverture du coluterin. Or, celui dont j*ai relate Thistoire dans ma
premiere note, proeminait par sa pointc dans le fond du vagin. La re-
marque de M. Tillaux est fort juste. Une tumeur encore incluse dans un
uterus compl^tement clos ne serait operable par aucun proced^, pas
plus par le mien que par tout autre. II est Evident que pour atteindre la
racine du polype, il faut au moins (qu'on me passe Texpression) que
la porte soit entr'ouverte. Comme cette ouverture du col se produit h
la fois sous I'influence des contractions ut^rines et de la pression m^-
canique du polype, 11 enr^sulteque celui-ci pro^mine toujours un pen
dans le vagin, ou, tout au moins, affleure les bords de Torifice, lorsque
Touverture de la matrice est devenue suffi^nte pour permettre d'op^
rer. C'est dans ce sens que doit 6tre comprise la premiere conclusion
de mon travail (1).



(1) Void quels sont les termes de cette conclusion : « Certains polypes
inclus dans la matrice peuvent 6tre avantageusement excises de bonne
heure, c'est-i-dire avant qu*ils aient p6n6tr6 dans la cavit6 du vagin et
eaus^ r^puisement de la malade. »



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174 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGfeRE.

Quant au fait d'avoir avanc4 que la main entifere devrait 6tre quel-
quefois port^e jusque dans l'uteru§, fait que m'attribue M, Stoltz,
comme je n'ai jamais ni pens6, ni ^crit, ni ^nonce d'nucune manidre
une telle chose, qu'il s'agit par consequent d'une erreur mat6rielle,
d'un lapsus typographique, je suppose, il me parait tout h fait inutile
d'y insister. J'ai dit seulement, — et j'estime que d(^jk c'est bien as-
sez, — qu'au lieu de deux doigts, il serait parfois n^cessaire d'intro-
duirela main enti^re dam le vagin, atin de mieux diriger Tanse du con- ■
stricteur. Jusqu'ici j'ai pu me dispenser de recourir ^ cette pratique;
et si quelques cas insolites ne m'imposent jamais la n^cessit^ de Tappli-
quer, j'avoue que je n'aurai pas de peine h m'en applaudir.



REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.



De rinflaeDce de la syphilis siir les femmes enceintes,
d^apr^s divers modes de traitement.

Le D*" Weber, de Saint -P6tersbourg, a public dans Ailgemeine
medicinische central Zeittmg, 3 et 6 fevrier, les r^sultats de ses ob-
servations sur 129 femmes enceintes atteintes de syphilis, qui furent
admises h rh6pital d'Obushow dans les dix derniferes ann^es, de 1863
& 1873. De ces femmes, 35 furent simplement soign6es localement ou
pas du tout; 35 furent soumises h des onctions extemes; pour S3 les
onctions extemes furent combindes i un traitement interne iodurd
(iodure de potassium et teinture d'iode) ; 19 furent trait6es par Tiodure
de potassium et le sublime corrosif pris ^ I'int^rieur; et, dans 17 C€is^
riodure de potassium fut le seul remfede employ^. 11 donne de nom-
breux details statistiques que nous pouvons rfeumer ainsi :

10 En g^n^ral, le cours de la grossesse fut interrompue dans 25 ou
20 0/0 de ces cas ; cette proportion, cependant, peut 6tre r^duite en
tenant compte que, de ce9 femmes, 4 eurent un ^rysip^le de la t^te ;
1 une fifevre recurrente, et 1 un typhus exanth6mateux.

2® Chaque m^thode de traitement qui se fait par les voies digestives
predispose h Taccouchement pr6matur6.

3« Dans les cas soumis i un simple traitement local, il y eut 20 0/0
d'accouchements avant terme. Chez trois femmes, cependant (atteintes
de fi^vre typhoide, de ii^vre r^urrente et d'abc^s ^t^adus), une fi&vre
violente semble avoir ^t^ la cause du travail pr^matur^.*



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REVUK SCIENTIFIQUE ETRANGERE. i75

4» Chez les femmes enceintes trailees par des onctions en m6me
temps que par des applications locales, il n'y eut pas de troubles dans le
cours de la grossesse. Ceci confirme Topinion du professeur Sigmund
quele traitement par les onctions exterieures n'a aucune mauvaise in-
fluence sur le cours de la grossesse.

50 Chez les femmes oh ccs onctions externes furent accorapagnees
ou suivies de I'usage h Tinterieur de Tiodure, la proportion des accou-
chements prematures fut do 37 0/0 ; ce chiffre cependant peut 6tre r6-
duit h 20 0/0 en deduisant deux cas graves d'^rysipele de la face.

6* Le traitement general par la solution d'iodure de potassium et
de perchlorure de mercure, donne 15 0/0 de naissance avant terme.

70 Dans les cas traitds par Tiodure de potassium, il y eut 42 0/0
d'accouchements pr^matur^s.

8» L'action d^sastreuse du traitement general ne correspond en au-
cune maniere k la dur^e, mais bien plut6t k ses eftets sur les organes
de la digestion. De 1^ il faut conclure que le traitement general doit 6tre
interrompu h la premiere indication de trouble digestif chez la femme
enceinte.

9<» La p6riode de la grossesse h laquelle le traitement general est com-
mence, ne semble pas avoir d'influence sur la production de Taccou-
chement pr^matur^.

iO* Le degr^ de d6veloppement de la syphilis semble ne pas 6tre
sans influence sur la determination de la naissance avant terme.

Jl<> La p^riode puerperale suivit un cours anormal dans 4 cas, sur
i4 traits localement; dans 3 cas, sur 8 traites par les onctions et
riodure; dans 3 cas, sur 4 traites par Tiodure et le sublim6 (une de
ces femmes mourut) ; et dans 4 cas, sur 10 traites par Tiodure de po-
tassium.

£tat de rut^rus cinq semaines aprte raocouohement.

Le D' W. P. Jenks a examin6 Tut^rus cinq semaines aprds Tac-
coQchement. U a donn6 dans V American Supplement to the obstetrical
Journal^ le r^ultat de ses recherches. II a ^16 conduit h, corroborer
cette opinion, actuellement 6m\sQ par quelques-uns des meilleurs his-



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