William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

. (page 20 of 82)
Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 20 of 82)
Font size
QR-code for this ebook


tologistes, que la reproduction du tissu musculaire se fait au milieu
de la proliferation et de la division des cellules du tissu connectif,
en constituant des cellules indifl^rentes ou embryonnaires, lesquelles,
plus tard, se transforment en fibre musculaire lisse. II n'a pas pu
Irouver la preuve de la division du noyau de la cellule musculaire



Digitized by VjOOQ IC



176 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANG^RE.

ayant subi.la d6g6n6rescence graisseuse, car cela est contraire aux
lois de reproduction de suppose? qu'une cellule, morte elle-m6me
par la d6g6n^rescence graisseuse mol^culaire, puisse donner naissance
k une nouvelle cellule dou^e de vitality. Le parenchyme de Tuterus
soumis h son examen 6tait infiltr6 de petites cellules arrondies et de
nouvelle formation, auxquelles on a donn6 le nora de cellules em-
bryonnaires ou indifKrentes, parce qu'elles prennent le type du tissu
dans lequel elles se formfent, et qu'elles peuvent devenir tissu mus-
culaire, ou tissu nerveux, ou tissu osseux. En examinant la couche
musculaire interne de Torgane, on voyait manifestement les restes
d'anciennes fibres musculaires hypertrophi^es ; les cellules ^talent
cependant trSs-diminu^es en 6tendue et infiltrees de granulations
graisseuses; mais en aucun autre point de Tut^rus il ne fut trouv6
trace du precedent tissu musculaire. De 1^ on pouvait tirer cette
conclusion trfes-probable, que la « renovation » marche de Tinterieur
h Texterieur, et que raccomplissement de ce travail a lieu d6s ou prfes
de la cinqui^me semaine apr^s Taccouchement. Cette opinion se rap-
proche beaucoup de celle de M. Heschl, qui etablit que la degdn^res-
cence graisseuse et I'absorption de la structure musculaire ancienne
n'est pas termin^e avant la huitifeme semaine et ne se continue pas en-
suite. Priestley, dans son traits sur Tuterus gravide, a dcrit que les
fibres musculaires si developp^es ne se trouvent plus aprte la troi-
si5me semaine, le milieu du parenchyme etant alors forme de cellules
embryonnaires. Le D*" Jenks pense que durant le temps oh se fait le
travail rapide d'involution, la femme doit rester au lit dix jours ou deux
semaines, et qu'ensuite elle doit avoir soin de ne se livrer h aucun
exercice trop aclif. Dans la pratique hospitalifere, oil les malades ap-
partiennent h la classe pauvre, comme elles ne veulent ou ne peuvent
pas conserver le repos aprfes Taccouchement, la maladie de Tut^ruS,
de beaucoup la plus fr^quente, est un arrfit dans la regression de la
matrice aprfes la deiivrance naturelle ou aprfes la fausse couche ; ii cela
s'ajoutent les d^placements douloureux de I'organe et le catarrhe
chronique de la membrane muqueuse.Cela depend de leur mani^re de
vivre avant les modifications de structure des tissus, ou plutdt avant
la terminaison de certains changements qui ont lieu, et qui ne doi-
vent 6tre normalement completes qu'un mois au plus aprfes la d611-
vrance. Quant aux divers soins donnes h la femme pendant retat puer-
peral, on ne pourra juger de leur valeur que six mois ou un an aprcs
Taccouchement; ce sera le veritable criterium, et non pas sa santd
generale un mois seulement apr^s Taccouchement, m6me si les condi-



Digitized by VjOOQ IC



REVUE CLINIQUE. 177

lions de subinvolution existent ; les signes et les sympt6mes morbides
se manifesteront seulement quand I'organe engorg6 par une circulation
lente, due en partie u Texistence des fibres du tissu musculaire des vais-
seaux sanguins arr^t^s dans leur travail de regression, s^abaisse pro-
fondement dans la cavity du bassin. L'ut^rus d'habitude setrouveen
retroversion parce qu'il n'est pas soutenu convenablement par des liga-
ments reaches, les parois vaginales et le p6rin6e, en mSme temps
que la membrane muqueuse, par suite d'une congestion passive de
son systfemevasculaire, passe h un 6tat de calarrhe chronique, et des
troubles, h la fois locauxet teympathiques accompagnant cet 6tat, se d6-
veloppent lentement mais stfrement h une p6riode ult^rieure. {The
British medical Journal.)



REVllE CLINIQUE.



Rdtr^dssement du bassin^ 7 cent, pour le diam^tre ant^ro-
post^rieur. — C^pnalotripsie.

N*» il des salles de la Clinique. Femme entree le il Janvier k midi. Sup-
posant elle-mdme qn*elle n'6tail pas tr^s-bien conform^e, elle ^tait all6e
avant de se maricr troaver un m^decin pour savoir si elle pouvait contracter
manage. Ge m^decin. apr^s examen, r6pondit que rien dans sa conforma-
tion ne remp^chait d'avoir des enfants. Elle se maria done il y a deuxans,
devint enceinte au bout d*un an, et, a six mois de grossesse, conservant
encore quelques doules, elle alia retrouver son m^decin, qui persista
dans son premier avis. Au terme ile la grossesse une sage-femme fut ap-
pel^e, qui,* remarquant la deformation des mcmbres, fit appeler un autre
m^ecin, qui reconnut la viciation du bassin.

On la conduisit k la Clinique, sans avoir rien entrepris pour I'accoucher
en ville.

Cette femme est petite, elle n'a que 1 m. 3-2 de hauteur, ses membres
infferieurs sont courts quoique de meme longueur; les cuisses et les jambes
sent d6form6es; le tibia droit pr^sente une inflexion en avant, tandis que
le gauche est courb6 en dehors; il n'y a pas du tout de syraetrie dans leur
conformation ; les f6murs sont tr^s-arqu^s, lorsque \*X>n rapproche les mal-
l^les internes, les genoux ne se rejoignent pas, et il existe un vide no-
fable entre les deux membres inffirieurs. Lea hanches sont larges, les t6tes
des femurs jouentbien dans les cavit6s cotytoides. La colonne rachidienne
ne pr^sente aucune deviation ni lat^rale, ni ant<^ro-post6rieure, seulement,
Archives de Toeologie. — mars 1875. 12



Digitized by



Google



178 RBVUB CLINIQUE.

I'angle form6 par sa reunion au sacrum est tr^^igu, ce qui donne lieu &
une ensellure trd8-naarqu6e. Les membres 8up6rieurs n'offrent pas de d6-
formation bien appr6ciable, ils sont courts, les mains sont larges et les
doigts ont peu de longueur. Pour quiconque sait comment proc^de le ra-
chitisme, il 6tait h peu pr6s d6montr6 que le bassin devait presenter un
r6tr6cissement dans le d^troit sup6rieur; en effet, M. Depaul, apr^s avoir
mesurS Boigneusement avec le doigt la distance qui s6pare]e bord inferieur
de la symphyse du pubis de rangie sacro-vert^bral la trouva de 8 cent, et
demi.

M. Depaul se trouvait done en presence d'une femme rachitique k bassin
notablement r6tr6ci et parvenue k terme, car ks regies avaient apparu pour
laderni^re foisle 19 mansi874. L*6tat g6n6ral n'6tait, du reste, pas mauvais,
on n'avait fait en ville aucune tentative d'accouchement. Les douleurs qui
avaient commence le mSme jour, 11 Janvier, k deux beures du matin, n'6-
taicnt pas tr^s-violentes, lapoche des eaux s'dtait rompue spontan6ment. Le
pouls n'6tait pas frequent, 76, la pcau 6tait peu chaude.

La dilatation 6tait ^ peu pr^s complete, le sommet se pr6sentait, mais
6tait tr6s-61ev6 ; au devant de la t6te le doigt rencontrait un paquet assez
volumineux form6 par deux ou trois replis du cordon ombilical, dont les
vaisseaux battaient encore; du meconium sY'Coulait. Par Pauscultation on
entendit les battements du ccEur moins frequents et un peu faibles; I'en-
fant soufTrait dejk, non a cause de la longueur du travail, mais par suite
de la procidence du cordon.

Apr6s avoir enJormi la m^re, M. Depaul, voulant faire quelque chose dans
I'int^rfit du fcetus, fit une application de forceps, qui n'offrit pas de difficult
t^s. Apr^s trois tentatives de tractions en bas et en arri^re, la t^te resta
aussi 6lev6e, la resistance 6tait tr6s-grande. A ce moment on n*entendait
plus les battements du cocur; le perce-cr&ne fut introduit entre les branches
du forceps, qui furent ensuite serrfies fortement Tune contre I'autre, et
le professeur exer^a des tractions 6nergiques, mais qui n'amenSrent au-
cun r^sultat. Le forceps fut alors retir6 ; la tfite ajant 6t6 fix6e, le c6phalo-
tribe fut introduit, et apr^s quelques tractions mod6r6es, M. Depaul tor-
mina Taccouchement a deux heures et demie du soir. La dur^e totale du
travail avait 6te de douze heures et demie. — D6livrance naturelle.

12 Janvier. litat general tr6s-bon. Pouls, 76 puis. Peau un peu chaude.
Ventre souple', sans points douloureux, pas de difficult^s pour uriner.

Le 13. L*6tat g6n6ral continue d'etre satisfaisant. Pouls k 76. Pas de dou-
letlrs abdominales.

Le 14. Les lochies paraissent plus abondantes que les pre i iers jours.
Gonflement des seins. Pas de douleurs de ventre. La r6traction uterine se
fait normalement,

Du 15 au 20 Janvier les suites de couches ont ^td tout k fait naturelles,
r^coulement lochial est seulement plus abondant que d^habitude. Paa de
fidvre.

Gette femme s*en va le 20 Janvier sans avoir 6prouv6 aucun de ces acci^
dents que Ton observe si souvent a la Glinique chez celles qui ont subi en



Digitized by VjOOQ IC



REVUE CLINIQUE. 179

ville des tentatives d'accouchement de la part de sages-femmes ou de m6-
docins inexp6riment6s. 11 n*est pas 6tonnant, comme le dit M. Depaul, que
les femmes ainsi trait6es 6prouvent des ph6nom6nes iaflammatoires qui
am^nent souvent la mort. Ce fait d6montre avec beaucoup d*antres qui se
passent journellement ^ la Clinique, que quand la difficulty est reconnue
de bonne heure et qu*on s'est abstenu de mancEUvres violentes et intempes-
tives, les femmes qu'on conduit ^ temps dans cet h6pital ont de grandes
chances de se r6tablir aussi facilement qn'k la suite d'un accouchement
spontanfe.

Thrombus de la l^vre gauche de la valve. - Rupture partielle de
la tumeur sanguine au moment de raccouchement. — H^mor-
rhagie consecutive. — Par M. Hobuchon^ medecin aide-major, charge
d'assurer le service mMical de la colonie de Palestro.

Nous avons reproduit, d'apr^s la Gazette des Hdpitaux, dans notre
numero de septembre dernier, un cas de thrombus de la vulve qui
avail ^t^ observe par M. le D' Bailly. Voici maintenant un autre
exemple de la mtoe affection qui estadress^ d'Algerie k M. Bailly et
que ce dernier a fait ^galement imprimerdans la Gazette des Hdpitaux^
en faisant pr6c6der cette observation de quelques notes que nous nous
empressons de reproduire.

A roccasion du cas de thrombus de la vulve que j'ai fait connaltre
Tann^e derni^re dans la Gazette des Hdpitaux^ M. le D*" Robuchon,
mWecin aide-major ou i37* de ligne, nous adresse la relation d'un fait
analogue mais plus grave de la m^me Ifeion, observed par lui quelque
temps auparavant. L'enseignement qui se d^gage de ce fait important
apparalt si clairement que tout commentaire h. ce sujet devient super-
flu. On ne peut que f^licitcr notre confrere do Thabilel^ avec laquelle
il a su remplir les conditions multiples et parfois d^licates auxquelles
cefaitadonn6 lieu. Sa th^rapeutique, qu'un brillant succ^s a cou-
ronnfe, peut servir de module pour la conduite h. tenir dans les cas
analogues. !> Em. Bailly,

agr6g6 libre.

Observation. — M™* B..., ftg6e de 20 ans, originaire de TAlsace et domi-
cili^e i Palestro depuisquinzemois, est dou6e d'une constitution robuste. EUe
abien eu de loin en loin quelques atteintes de fi^vre palud6enne. mais sans
retentissement notable sur la sant6 g6n6rale. Elle n*accusc, comme ant6c6-
dents pathologiques, qu'un avortement dans les trois premiers mois d*une
premiere grossesse, sans suites graves. La seconde grossesse 6volue assez
r^guli^rement jusqu^au septi6me mois, 6poque k laquelle la parturiente eat



Digitized by VjOOQ IC



ISO • RKVUfi GLINIQUE.

prise d'acc^s intermittents qui se renouvellent reguli^reraent tous les deux
jours et finissent par inqui^ter sa famille qui reclame mes soins.

,Pour la premiere fois je visite M™« B... vers les dcrniers jours de juin 1874.
Rien ne me fait craindre un 6tat d*an6mie qui viendrait contrarier un ac-
couchement assez prochain. Le sulfate de quinine ne me rend que difficile-
ment maitre de Tinfection palustre; et bien que raffaiblissement de la ma-
lade n'ait rien d'excessif, je oonseille son transfert k Alger. La famille ne
veut pas se soumettre k ce d6placement, et les acc6s se perp6tuent jusqu'au
jour de raccoucbement.

Le 20 juillet au matin, M"« B..., dont I'appr^hension vient d'etre accrue
par raccoucbement laborieux d'une voisine, croit ressentir les premieres
douleurSj bien qu'a son calcul elle ne soit encore qu'k la fin du buitifeme
mois.

Retenu par mes occupations, je n*arriveque vers les trois beures du soir.
La jeune femme, couch^e dans son lit, se plaint beaucoup. Le toucher va-
ginal, imm6diatement pratiqu6, m'indique que Taccouchement est immi-
nent. La dilatation du col dela matrice atteint d6j& les dimensions d'une
pi6ce de deux francs, Tenfant se pr6sente par la t6te, en position occipito-
iliaque gauche ant6rieurc; les intervalles entre chaque douleur diminuent
de plus en plus.

Au second toucher, trente & trente-cinq minutes plus tard, dilatation com-
^Idte du col, et pro6minence de la tSte fcetale dans le vagin. J'ai peine ^
calmer M™" B..., qui perdant patience veut §tre accoucb^e au plus vite.
Mes efforts tendent & 6viter des d6cbirures de la vulve et du p6rin6e.

A 3 beures 40 minutes, ^ la suite d'une contraction beaucoup plus intense
que les pr6c6dentes, rupture de la poche des eaux, puis imm6diatement ex-
pulsion du foetus, dont la t6te n'a pas s6joum6 un seul instnnt k la vulve.

La d6livrance spontan6e se fait attendre une beure. A ce moment, appari-
tion d'une tumeur qui se d6veloppe k vue d'oeil et provoque les plaintes
de Taccouch^e. Si6geant dans la grande 16vre gauche de la vulve, elle est
pyri forme, de couleur violac6e, et scs limites ne d6passent pas celles de la
16vre, dont elle refoule fortement la face interne vers le canal vaginal, qui
setrouve au bout de quelques minutes notablement d6vi6 k droite. Cette tu-
meur sanguine semble se vider pour se remplir aussitdt. II s*en'6coule conti-
nuellcment dii sang, mais goutte k goutte. ^

L'accouch6e, qui voudrait prendre un pen de repos, en est emp^ch^e par
une douleur continue, due sans doute k la tension des parties par P^pan-
chemeut sanguin.

-Je pratique avec beaucoup de precaution le toucher vaginal pour constater
si le sang 6panch6 dans la grande l^vre a envahi tout le tissu cellulaire
avoisinant les parois du vagin dans toute sa hauteur. J'acquiers la convic-
tion que r^panchement limits k la grande 16vre gauche, n'a pas de ten-
dance i fuser aux environs, puisquHl trouve une issue au dehors, ft. la fa-
veur d'une ouverture tr6s-petite, situ6e k la face externe de la tumeur.

Sans nul doute la rupture a suivi de tr6s-pr6s le d6veloppement de la tu-
meur sanguine. 11 faut la mettre sur le compte de la distension trop rapide



Digitized by VjOOQ IC



REVUE CLINIQUE. \S\

et non successive des parlies constituanl la vulve, lore du passage trop
brusque du foetus. En face d*un accident aussi inattendu, j'insiste pr6s des
parents et finis par apprendre que, dans les derni^res semaines de la gros-
sesse, la jeune femme s'est apergue, k plusieure reprises, d'un gonflement
quelque peu douloureux de la partie et qu'on attribuait a un ichauffenient.

11 m'est alore facile de distinguer un thrombus de la grande levre gauche
eonseeutif d des varices de la vulve,

Jerecommande le repos le plus absolu. Des compresses froides sont ap-
pliqu6e5 sur la vulve et k la racine des cuisses. J'engage la famille k sur-
veiller de tr^s-prfesl'^coulement de sang, qui se fait toujoure goutle i goutte,
mais sans discontinuer.

Tout va bien du c6t6 de I'ut^rus qui revient sur lui-m6me. L'6coulement
de sang provenant de sa cavit6 a 6t6 insignifiant.

L'enfant, qui est en avance d*une vingtaine de jours, est tr^s-d6bile et se
refuse k prendre le sein.

Je quitte Taccoucb^e sur les sept heures du soir, encore peu rassur^ au
point de vue de rh6morrhagie veineuse. Les caillots d6jk form6s ne sont
pas assez forts pour opposer un obstacle k la sortie du sang des vaisseaux
rompus.

Je reviens vers dix beures du soir et constate, k Texamen des linges pla-
ces sous le bassin, que I'Scoulement sanguin s*est presque complfetement
arr6t6. La tumeur estdevenue beaucoup plus dure, sans avoir augmenl6 de
volume. Le pouls de Taccoucb^e n'a rien d*irqui6tant, car la perte du sang
ne d6passe pas encore ce qu'elle est dans un accouchement normal. Seule-
ment, M™® B... semblc trSs-afTect^e de cette tumeur douloureuse dont elle
ne peut s'expliquer la cause. Avant de me retirer, je recommande de sur-
veiller attentivement Taccouch^c qui vient de s'endormir. Dans le cas oCi
r^coulement reparaltrait, on devra me faire appeler.

Le lendemain matin (2 juillet\ k ma premiere visite, je suis frapp6 de
r^tat de faiblesse extreme dans lequel je trouvc M"« B..., tout k fait indif-.
f6rente Si ce qui Tentoure, et dont le pouls est filiforme. J'en trouve Texpli-
cation en examinant le lit dont le matelas et la paillasse sont imbibes de
sang.

L*h6morrhagie veineuse areparu lenle, mais continue, et ne s'est arr6t6e
que par sa force mfime. Les parents, n'ayant pas suivi k la lettre mes recom-
mand aliens, n'ont pas assez surveill6 les parties sexuelles, dans la crainte,
me disaient-ils, de d^ranger.la malade endormie. II en r6sultc un elat ge-
n6ral des plus graves, que je combats par les stimulants (bouillons, vin
coup6 d'eau et cordiaux). Sueuis profuses et plusieurs syncopes dans la
joum6e.

L'^tat local est satisfaisant : le globe ut6rin revient toujoure sur lui-m6me .
le ventre n'est pas douloureux ; la tumeur est encore plus dure" que la
veille au soir. Je fais continuer les applications d'eau froide.

A la visite du soir, la malade qui sort un peu de sa torpeur, me fait com-
prendre qu'elle n'a pas encore urin6 depuis la veille au matin. Le cath6t6-
risme immMiatement prati.]u6 donnc environ un litre d'une urine forle-
ment ammouiacalc. •



Digitized by VjOOQ IC



i82 REVUE CLINIQUE.

L'enfant oontinue h refuser le sein; je ]ui fais donner du lait de vache
coup6 de deux tiers d'orge.

Le 22, I6g6re am61ioration dans T^tat g6n6ral de la malado ; mais mon
attention est attir6e par une forte odeur de sang putr6fi6 du c6t6 de la vulve.
D6s le soir, rouverture de la tumeur ayant c6d6 d*elle-m6me jusqu'^ mettre
complMement k d6couvert la masse sanguine, je commence k 6nucl6er avec
le doigt les caillots.

La nuit du 22 au 23 est des plus mauvaises. La malade a eu des frissons,
je la trouve le matin couverte de sueurs et tr^s-abattue. Le pouls, toujours
filiforme, est plus pr6cipit6. L'examen de la vulve me montre toute la paroi
interne de la tumeur comme mortifi6e. Je Texcise imm6diatement et ach^ve
r6nuol6ation commenc6e la veille. L6ger 6coulement de sang que j*arr6te
par une injection au perchlorure de fer et le tamponnement de la cavity.
Des lotions d^sinfectantes dont on imbibe les compresses appliqu6es sur la
vulve sont fr^quemment renouvel6es dans la journ6e du 23, 30 grammes
d'huile de rioin sont 6galement administr6s k la malade qui, constip6e de-
puis trois jours, va plusieurs fois i la selle dans la soir6e.

J'ajoute au bouillon et aux cordiaux une potion d'alcoolature d*aconit
(4 grammes), et je prescris 1 gramme 50 do sulfate de quinine k prendre
dans la journde.

Le 24, mfime 6tat que la veille : fi^vre continue, sueurs profuses, senti-
ment de vertigo, un peu de g6ne dans la respiration, qui est saccadee, pas
le moindre d6lire. La retention d'urine, qui continue, exigeun cath6torisme
r6p6t6 matin et soir.

II y a du mieux du c6t6 de la plaie qui se nettoie. Je remplace Hnjection
au perchlorure de fer par une solution au centi^me de permanganate de po-
tasse. Des injections vaginales sont faites matin et soir concuremment aux
injections dans la plaie veineuse. Je recommande toujours la plus grande
propret6 de la vulve; et le pansement de la plaie consiste en boulettes de
. charpie imbib6es de la solution de permanganate de potasse.

M6me traitement interne que la veille.

Le 25. La nuit a 6t6 plus calme. La malade s'effraye d'une Eruption mi-
liaire, apparue la veille au soir. Reaction f6brile moins vive, mais toujours
pouls miserable.

J'ajoute au traitement interne d6ji in&titu6 une potion de quinquina
(4 grammes) I6g6remeut alcoolis6e. On donne du lait le matin et du vin
chaud 6tendu d'eau le soir, avec quelques gouttes d'alcool de cannelle.

Les mamelles tr63-gonfl6es et dures laissent ('^couler le lait spontan6-
ment. C*est en vain qu'on essay e de faire prendre le sein k I'enfant, qui
montre une grande tendance au sommeil.

L'^coulement des lochies se faitbien, et la plaie suppure abondamment.

Le 26. La malade a 6t6 en transpiration une grande partie de la nuit.
EUe 6prouve une sensation de froid tr68-prononc6e. La langue est toujours
sdche et saburrale. Le pouls, relativement plus lent, est plusacc6]6r6 que la
veille. l^tat du ventre excellent. On continue le mSnie pansement de la plaie.
Je supprime le sulfate de quininej^ et je conserve la potion de quinquina



Digitized by VjOOQ IC



REVUE GUNIQUE. iS3

Gomme la malade est toujours constipde, je prescris des. lavements buileux
et de8 bouillons aux herbes.

Le tl, — Nuit assez bonne, toujours un peu de moiteur k la peau ; mais
la langue est raoins charg6e et le pouls unpeu plus plein. Amelioration no-
table du c6t6 de la plaiequi commenoe k se cicatriser. Mdme traitement in-
terne.

A la visite du soir (4 beures), je trouve la malade en plein accds de fi^
vre. Elle a eu dea frissons dans la joum6e.
L'enfant s'est d6cid6 k prendre le sein.

Une heure plus tard, nouveaux frissons tr^-p6nibles pour raccouch6e.

Le 2S, ^-^ ^tat local excellent. Gergure au sein gaucbe, acoto de ii^vre

saoB frisson bien prononce dans la soiree. La malade a pris un gramme de

sulfate de quinine de une k cinq beures du soir. Moins d'abattement que la

veiile.

Le 29. — Le mieux continue ; mais la gergure du sein gaucbe s'accentue.
Moiteur de la peau. 80 centigrammes de sulfate de quinine sent admini-
stres dans la journSe. Mdme regime que les jours precedents.

A ma visite du soir, je Quis par d('jcider la malade k uriner d'elle-mfime.
Bien que je fusse persuade depuis trois ou quatre jours que Tincontinence
d*urine n'etii plus sa raison d'etre, je n'avais pas cru devoir engager Tac*-
couchee k faire des efforts qui, dans I'etat d'affaiblissement o(l elle se trou-
vait, ne pouvaient aboutirque dans la position assise. Placee nonsans peine
sur le vase de nuit, M"« B... rendit quelques gouttes d'urine tres-cbargee.
Un peu plus tard, encourag6e par ces premiers efforts, elle demanda elle-
raeme k uriner et rendit alors un demi-litre d'urine. A partir de ce mo-
ment la miction se fit spontanement. Seulement elle s'accompagna pendant
pluaieurs jours de frissons qui la rendaient penible,

Le sulfate de quinine ne parvient pas encore k triompber de la reaction
febrile, accentuee surtout le soir. La peau est continuellement en moiteur.
Le 30. — Je commence k administrer la liqueur arsenicale de Boudin k la
dose de 2 milligrammes par jour. Je prescris egalement du vin de quinquina
femigineux. Le sulfate de quinine est eupprime alnsi que la potion de
quinquina.

Le 31. -* Encore un peu de depression pbysique, mais moins de fievre
dans la soiree. La malade ne se plaint que des douleurs qu'elle eprouve en
urinant. L'examen des urines me laisse soupQonner Texistence d'une
eysUte 'consecutive h la retention d'urine. Je prescris un bain de siege k
SO degree dans Tapres-midi.

Le 1*" aoAt. — Je pratique le touober vaginal, qui n*est pas douloureux,
et constate que tout suit une marcbe reguliere du c6te de Tuterus, dont le
col, encore efface, n'est nullement entr'ouvert. Un bain de siege comme la
veille. Mdme traitement interne.

Le 2. -* La malade se sent mieux. Elle est assise sur son lit et donne le
sein k son enfant, sans avoir besoin d'etre aidee. La plaie de la grande levre
est reduite au quart de son etendue primitive.
Le 3. « Lameiioration s'accentue de plus en plus . Tout ecoulement lo-



Digitized by VjOOQ IC



i84 REVUE CLINIQUE.

chial a cess6, et la p]aie ne suppure presque plus. On continue le m^me
traitement. Je permets la viande de poulet et les ojufs k la malade, qui
parle d6jk de quitter son lit. La miction, moins fr6quente, devient 6galement
moins douloureuse. La fi^vre du lait a disparu depuis quelques jours ; mais
r6gulidrement entre cinq et six heures survient une syncope de quelques
minutes. Je porte h 3 milligrammes la dose de la solution arsenicale.

Le 5. — Violent acc6s de fi^vre k midi, qui dure jusqu'Ji cinq heures du
soir. L'6coulement des lochies a reparu ; elles sont I6g6rement color6es par
du sang. Le sein gauche est douloureux.

Le lendemain (6 aoQt), les accidents inflammatoires du cdt6 du sein se



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 20 of 82)