William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Fio. 4. — Le22 f^vrier, chaque ligme r^pood k 5 heures. Le 23, U temperature
a M prise le matin et le soir.

sinon h rejeter, tout au moins h retarder Temploi de ce moyen.
Nous devons dire, toutefois, que si la colonne mercurielle avait monte



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204 M^MOIRES ORIGINAUX.

au-dessus de 40o nous aurions fort probablement fait la saign^ que
r^lamait instamment la sage-femme. Nous n'avons eu qu'& nous f^li-
citer de notre temporisation, car la malade, qui a ^t^ longtemps h se
remettre d^ tous ces accidents, aurait eu assur^ment une convales-
cence encore plus laborieuse si nous Tavions privffe d'une quantity de
sang m6me peu considerable.

Les quatre observations que nous avons relat^es portent done h dix-
sept le nombre des cas d'^clampsie puerpdrale dans lesquels la tempe-
rature a 6i6 prise d'un fngon convenable. Les conclusions qui en
ressortent peuvent, selon nous, se formuler ainsi :

!• Dans Tbtat de mal kclamptiqub, la temperature s'ileve depuis le
dSbut des attaques jusqu'a la fin;

2* Dans les intervalles des acceSy la temperature se mainttent d un chiffre
ilevi etj au moment des convulsions, on enregistre une ISgere ascension de
la colonne mercurielle;

3« En fin J si Fetat de mal eclampttque doit se terminer par la mort^ la
temperature continue d'augmenter et parvient a un chiffre tres-elevi; —
siy au contrairCy les acces disparaissent et sile coma diminue ou cesse dune
fagon definitive^ la temperature s^abaisse progressivement et revietit au
chiffre normal.

Outre rinterfet qu'offrent ces rfeultats en ce qui conceme les modi-
fications de la chaleur dans redampsie puerp^rale, outre les indica-
tions pr^cieuses qu'ils nous fournissent pour le pronostic et le traite-
menty ils ont encore une importance incontestable sous le rapport du
diagnostic. En effet, la plupart des auteurs englobent sous le nom
d'ur6mie et r^clampsie puerp^raleetles diverses vari^t^s d'ur^mie.
Or, des trente et un faits d'ur^mie proprement dile que nous poss6-
dons aujourd'hui il suit que dans Vuremie vraicy qu'elle s'observe chez
rhomme ou chez la femme, qu'elle soit occasionn^e par une afTection
des reins ou une obliteration des uretferes (calculs, cancer, etc.),
qu'elle revfite la forme comateuse ou convulsive, la temperature baisse
progressivement et tombe quelquefois au-dessous de 30*. Ainsi^ chez
une femme du service de M. Charcot qui vient de mourir d'accidenis
uremiques consecutifs h la compression exercee sur les urelferes par
un carcinome uterin, la temperature, en huit jours, estdescendue de 3^
h SS'jrt (fig. 5). De 1^, un contraste trSs-frappant entre.la courbe ther-
mometrique de redampsie puerperale et celle de Turemie que nous
resumerons dans les proportions suivantes :



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DE LA TEMPERATURE DANS L'ECLAMPSIE PUERPERALE. 20o

Au debut^ on note un abaissement de la temperature dans ruiuBMiB et

une KLBVATioN de la temperature dans /'bclampsik pukrperale ; — Dans



Fio. 5« '- Temperature prise k 6 heures du matin. 0. T. prise i midi.
T. prise trois houres avant la mort.

lecours de Furimie^ la temperature baisse pf*ogressivementy tandisquedan
le eours de Fetat de mal eclamptique^ elk s'eleve de plus en plus a partirs
de teclosioti des acces, et cela avec une grande rapidite ; — Ces differences
s'aecentuent aux approches et au moment meme de la mort : dans Vuremie^
la temperature descend tres-bas^ bien au^dessous du chiffre normal (28»,1) ;
dans Feclampsie puerperale, elle arrive^ au contraire^ d un chiffre tris"
ikoe (i3*).



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206 MfiMOIRES ORIGINAUX*



SOR UNE VARlfirfi PARTICULlfeRE

DE KYSTES SJBREUX-OVARIQUES

NOTE LUB A L^ACADBlilB DE BIBDBCINE DANS LA 8BANQB DU 10 MARS 1875

Par le D' Panas,

Chirurgieo de Lariboisidre, Professeur agr^ge k la Paoolte*



Malgr^ les progrte que la chirurgie a r6alis6s de nos jours, jdans le
Iraitement des kystes ovariques, il n'en est pas moins vrai que bien
des points restent encore k elucider. Dans un travail ant^rieur, com-
munique h la Society de chirurgie, nous avions chercW h ^tablir que
parmi les kystes de Tovaire, il y en a qui, par leur reproduction sur
place ou leur generalisation, rentrent dans la classe des tumeurs ma-
lignes.

Aujourd'hui notre but est d'appeler I'attention de TAcademie sur
une classe de kystes ovariques qiii se distinguent des autres par Tex-
trftme facilite avec laquelle on pent en obtenir la guerisonli Taide d'une
simple ponction capillaire.

Dej&, Ton savait, depuis les travaux de Boinet et d'autres, que les
kystes uniloculaires de Tovaire h paroi sdreuse et h conienu depourvu
de viscosite^ pouvaient gu^rir par la ponction suivie d'injection iodee.
Boinet est le seul qui ait appeie reellement Tattention sur le traite-
ment d'une variety particulifere et extr^mement remarquable de kystes
simples, qu'il d^signe sous le nom de kystes hydatiques. (Boinet.
Traite pratique des maladies de Tovaire, etc. Paris, 1867, p. Hi.)

Voici dans quels termes il en parle :

(( Sous le nom de kystes hydatiques, j'ai appeie I'attention sur une
variete de kystes uniloculaires remarquables par leur contenu, qui
estdair, limpidecomme de Teau de roche et en tous points semblable
au liquide qu'on rencontre dans les veritables kystes hydatiques ; je
n'ai point voulu dire que ces kystes etaient veritablement hydatiques;
ce qui les caracterise surtout c'est la facility tres-grande avec laquelle
ilsguerissent, h ia suite d'une seule injection iod^e. n

U est vraiment regrettable que personne, depuis Boinet, n'ait eu
ridee de s'occuper plus h fond du traitement qui 'jConvient h cetie va»
riete tr5s-interes8ante de kystes.



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KYSTE8 SfiRKUX-OTAKIQUKS. 207

Ayantea I'occasion d'en trailer et d'en gu^rir cinq, d'une fagon bien
phis simple encore que par Tii^jection iod^, et nous trouvani en me-
sure de foumir des details circonstanci^s sur la composiiioti chimique
du liquide de ces kystes, nous venous soumettre h TAcad^mie ]e fruit
de nosrecherches. Notre premiere observation remonteli Tannfe 1869.
D s'agissait d'une dame russe, veuve et sans enfants, &g^ de 34 ans,
et qui deux ann^ auparavant et sans cause appreciable avail vu
grossir son ventre d'une faQon assez rapide. L'exploration directe
nous ayant permis de diagnostiquer un kyste uniloculaire de Tovaire
gabche h contenu s^reux, nous avons de suite ^cart^ Tid^ dhine ova-*
riolomie et nous propos&mes la ponction suivie d'injection iodfe, au
tiers de concentration. La ponction nous permit de retirer neuf litres
d'un liquide incolore, diaphane, ne pr^ipilanl ni par la chaleur ni par
Tacide azotique, autremenl dil, d^pourvu d'albumine. Par Texamen
microscopique on n'a pu y d^couvrir aucun crochet d'^chinocoque.

En presence d'un cas aussi special et qui s^oflrait h nous pour la pre-
miere fois, nous avons pens^ qu'il serail peul 6tre possible de gu^rir la
malade sans praliquer rii\jeclion iod^e. Nous nous sentions d*autant
plus enclin k mettre Pinjeclion de c6\A que rinnocuit^ des injections
iod^ dans les kystes ovariques esl, comme Ton sail, loin d'etre ab-
solue.

Bien nous en a pris du resle, car, quinze jours apr^ la ponction,
nous avions le plaisir de voir la malade, compl^temenl gu^rie, partir
pour laRussie d'oii elle nous 6crivait deux anntes plus tard qu'ellese
trouvait d^finitivement d^barrass^ de son kyste.

Instruit par ce fait, nous noussommes pos4 comme r^gle de ne plus
songer en pareil cas h I'injection iod^, nous conlentant d^sormais de
la simple ponction, faile pour plus de strel^ h Taide du petit trocart
explorateur de trousse, auquel nous avons cru devoir ajouter un tube
en caoutchouc dont Tautre extrtmit^ plonge dans un reservoir conte-
nant de Teau.

Voici quels sont les avanlages de ce proc^e que nous appliquons
actuelleipent h tous les kystes visc^raux. Gr&ce k la petilesse du trou
on n'a pas k craindre, apres Textraction ;de la canule, que du liquide
kysUque s'^panche dans le p^ritoine. Gel accident serait surtout ^
araindre alors que les parois de la poche sont denses, lardac^, et
qu'elles ont peu de tendance k revenir sur elles*m6me8.

La lenteur avec laquelle le liquide s'ecoule au dehors, fait qu'il n*y
aplus de sang extravas^, comme celH a lieu lorsque les parois du kysle



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208 MBMOIRES ORIGINAUX.

se trouvent brusquement soustraites k la pression h laquelle ellea
etaient habitudes. La crainte d'une h^morrhagie interne parfois mor-
telle se trouve de la sorte 6cart6e, et dans tons les cas la decomposi-
tion putride du liquide et la septic^mie qui en rfeulte ne sont pas h
craindre.

L'ajoutage d'un petit tube en caoutchouc joue, jusqu'^ un cerlain
point, le rdle d'un siphon; aussi, des liquides m^me ^pais traversent
sans peine le petit trocart. Gomme ce tube est d'ailleurs d'un petit ca^
libre et que son extr^mit^ plonge dans le vase collecteur, on a peu h
craindre la penetration de I'air dans le kyste.

Depuis que nous nous servons de ce mode de ponction pour les
kystes de I'ovaire, nous n'avons jamais constate le moindre accident,
et Ton sait, qu'il n*en est pas toujours ainsi lorsqu'on fait usage de
gros trocarts.

Pour plus de details sur ce sujet nous renvoyons k la th^se d'un de
nos anciens internes, H. Gripat, intituiee Du siphon vSsical. (Paris,
^873). La question du traitement des kystes s'y trouve incidemment
traitee.

La seconde observation de kyste sereux s'est ofTerte k nous en 1872
dans notre service de rhdpital Saint-Louis. U s'agissait d'une femme
de trente-cinq ans, ponctionnee deux annees auparavant par M. Trefal
k la Pitie, pour un kyste de Fovaire.

D'aprfes le dire de la malade le liquide retire etait jaun&tre, et Ton
aurait pratique une injection iodee. A Texamcn, nous avons constate
qu'il existait un kyste ovarique de moyenne grosseur, uniloculaire et k
liquide tenu.

Nous pensions, d'aprfes cela, qu'il s'agissait peut-Stre chez elle
d'unerecidive du premier kyste; mais, comme la ponction faites6ance
tenante nous a fourni un liquide aqueux absolument transpareat et
incolore, force nous a ete d'admettre, que nous avions affaire h un
kyste nouveau, difTerant du premier par la nature de son contenu et
susceptible de guerison par la simple ponction capillaire sans injection
iodee.

• .Le liquide retire pesait sept litres.

. Quinzejoursaprfes la ponction, la malade sortait de Thopital. Les
rfegles jusque-l& supprimees apparurent, et huit mois plus tard la ma-
lade rentrait k Saint-Louis, enceinte de six mois.
Le kyste demeurait definitivemenfc gueri.
Le iroisieme cas s'est offer t k nous, en ville, dans la mfimeannee. La



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KYSTES SKREUX-OVARIQUES. 209

femme, igeedetrente-quatre ans, s'^tait apergue de son kysLedix-huil
mois auparavant.

La ponction donna issue h quatre litres d'un liquide absolument s^
reux, mais d'une teinte brun&tre, due au melange d'une certaine
quantity de sang alt6r6. Aussi, ce liquide pr6cipitait-il nettement par
la chaleur et par Tacide azotique ; moins abondamment toutefois que
le liquide fortemenlalbumineux contenu dans les kystes ovariquesor-
dinaires.

Cette complication nous avait inspire Tidte de pratiquer, cette fois
au moins, une injection iod^, mais, comme au dernier moment, par
un mouvement intempestif de la maJade, la canule du trocart s'etait
deplacteet avait pass^ du kyste dans le p6ritoine, force nous, a 616 de
nous abstenir de toute injection. La malade en question a parfaitement
et d^flnitivement gu6ri, grAce h cette simple ponclion, el Ja gu6rison
fut jug6e definitive par N61aton et Boinet, qui, deux mois plus tard,
avaient 6\j& consult^s h cet effet. Nous venons d'avoir, il y a quelques
mois, des nouvelles de cette dame, et aujourd'hui, deux ann^es et
demie apr^s la ponction, sa sant6 se maintient florissante, sans que la
moindre apparence de kyste se soit montr^e depuis.

La quatrieme obssrvation a ete recueillie dans notre service h Lari-
boisifere en 4873. Nous allons la relater succinctement, d'autant plus
qu'elle nous a foumi Toccasion de faire analyser chimiquement le
liquide extrait du kyste.

Magnier (Marie), Ag6e de trente-sept ans, entre k Thdpital Lariboi-
sifere, salle Sainte-Marthe,pour un kyste volumineux de Tovaire droit,
dont le d6but remontait h, six mois.

Le kyste 6tantjug6 uniloculaire i contenu s6reux, nous pratiquons
le 12 mars une simple ponction qui laisse 6couler douze litres d*un
liquide aqueux, absolument incolore et d^pourvu de toute viscosite.
Malgr6 tout le soin qu'on a pris, la canule sort de la poche kystique
vers la fin de roperation,ce qui fait qu'une certaine quantity de liquide
(peut-^tre 500 grammes) restait encore dans le kyste.

La malade est gard^e pendant quinze jours h rh6pital, pour voir si
le kyste n'avait pas de tendance h revenir. Mais comme elle se trou-
vait en parfait 6tat de sant6 et que le liquide restant s'6tait k peu
prds r^sorbe, onlui accorda lasortie, k la condition de se repr^senter.
Le 9 mai, c'est-^-dire deux mois aprfes Top^ration, elle vint en effet se
faire examiner, et Ton constarta que toute trace de kyste avait disparu.

Voici maintenant la note de Tarialyse chimique, telle qu'elle nous a
Archiv9$ de TocohgU. — avril 1875. U



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2i0 MEMOIRES ORIGINAUX.

^W remise par Thabile chimiste M. Ducom, pharmacien en chof de

Lariboisifere :

« Le liquide provenant d*un kyste ovarique qui m'a 6t6 confi6 par M. Ic
D' Panas pr^sente le caractdre suivant :

« jo II eat incolore, trds-fluide et d6pourvu de toute viscosity.

« i^ II ne d6gage aucune odour sp^ciale.

« 3« Sa densit6, trds-faible relativement, n'est que 4006.

« 4o II est 16g6rement alcalin .

« So II ne s'y forme par le refroidissement ni par le repos prolonge au-
eunc trace de coagulum.

« 60 Chauff6 jusqu'^ r^buUition, 11 ne se trouble pas ; mais si Ton acidule
pr6alablement avec de Pacide ac6tique, il s'y forme k r^bullition un pr6ci-
pit6 blanc floconneux ; k froid Tacide ac6tique n*y determine aucun cban-
gement.

« 70 L'aoide azotique vers6 goutte k goutte dans cc liquide donne d*abord
un leger pr6cipit6 blanc qui gagne le fond du verre; cc pr6cipit6 se redissout
par Tagitation dans la masse du liquide; si Ton continue Taddition de Ta-
cide azotique, le pr6cipit6 persiste, mais si divis^ et si 16ger que le liquide
reste laiteux et qu'il ne s'y forme pas de d6p6t sensible.

t 8o Les acides sulfurique et chlorhydrique n'y d6torminent pas de pr6-
cipit6.

. aO* L'acidc tannique donne dans ce liquide un pr6cipit6 blanc qui brunit
rapidement au contact de Tair.

« 10** L'acide ph^nique n'y occasionne qu'un 16ger trouble.

« 1 1 • L'eau chloree donne un pr6cipit6 blanc caillebott6.

« 12® Le bioxyde de cuivre k I'^tat naissant donne dans ce liquide une
solution violette.

< iS<* Le bichlorure de mercure trouble k peine le liquide ; si Ton acidule
pr6alablement par Tacide ac^tique, on obtient un pr^cipit6 blanc abondant.

(t i4o Le sulfate de magn6sie en exces donne dans la liqueur un I6ger
trouble que Taddition de Tacide ac6tique ne modiiie pas.

« 150 Les sols solubles de plomb et d'argent- donnent dans ce liquide
d*obondants prdcipit6s blancs de chlorure de plomb et d'argent.

« i6o L'alcool k90° en exc^s determine dans le liquide un pr6cipit^ blanc
assez dense qui se depose nettemcnt.

Voici maintenant I'analyse quantitative :

iOO grammes du liquide 6vapor6 k siccit6 laissent un r^sidu qui, 86Qh6 k
iO^fii p6se 9 grammes lo centigrammes.

Ge r&idu est form^ de :

Matiere organique 3 gr. S5 d^

Mati^res salines ..••. 5 90

La matiere saline est form^ de :

Gblorure de sodium. * 5 gr. 40 c.

Carbonate de sonde 36

Phosphates-sulfates 14

Total 5gr. 90 c.



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KYSTES S^REUX-OVARIQUES. 2 1 1

II resulte de ces fails que le liquide analyst, trfes-pauvre en mati^res
solides, renferme une petite quantity d'albumine (3 0/0), modifide et
reudue soluble par la presence d'une grande quantity de sels neutres
ou alcalius (6/0).

Nous arrivons^ la cinquieme et derni6re observation. On verra qji'elle
ressemble tout h fait h la pr^c^dente.

Mangeot, 24 ans, marine depuis trois ans, sans enfants, entre h La-
riboisiere, le 23 aoiit 1874. R^glde h 15 ans, elle n'a jamais 6prouv6
depuis aucun trouble dans Tapparition de ses ^poques.

II y a deux ans, elle s'est apergue que son ventre augmentait de vo-
lume, en m6me temps qu'ello devenait constip6e et qu'elle 6tait sujette
h des besoins frequents d'uriner.

La tumefaction du ventre est considerable et occupe surtout le c6te
gauche. Les signestir^s du palper, de la percussion et du touccher va-
ginal, permettent de diagnostiquer un kyste uniloculaire, ^ liquide
absolument sereux, de Tovaire gauche.

Le 24 ao<it, on ponctionne le kyste h gauche, ce qui permet de le
vider complfetement et d'en retirer neuf litres un quart d'un liquide ab-
solument depourvu de viscosity et clair comme de Teau, quoique
offrant une l^g^re teinte opaline.

Immediatement apr^s la ponction, la malade urine plusieurs fois et
trte-abondamment. C'est 1^ une circonstance que nous avons eu occa-
sion de noter souvent aprfes r^vacuation des kystes ovariques par la
ponction, et qui pourrait s'expliquer par un afflux plus considerable
du sang dans le systdme circulatoire du rein, par suite du vide que
laisse apres elle la disparition d*une tumeur abdominale volumineuse.
La ponction n'a ete suivie du plus petit accident; aussi la ma-
lade quitte Thdpital le 31 , sans trace de reproduction du liquide
kystique.

Le 12 septembre, la malade revient se faire examiner. Nous n'arri-
vons k sentir rien qui rappelle son ancien kyste. La sante g^n^rale est
excellente. — Le 24 septembre, nouvel examen, absolument satisfai-
sant. Pas la moindre trace de kyste. La malade a engraisse visible- '
merit. Le 15 octobre, la malade prend conge pour retourner chez elle
enti^rement guerie.

L'analyse du liquide a donne les resultals suivants, qui sont con-
formes h ceux obtenus par M. Ducom, dans Tobservation precedente.
Couleur claire legferement opaline. Saveur saiee. Densite, 1009.
Reaction alcaline faible, au papier de tourttesol.



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:2l 2 MEMOIRES ORIGINAUX.

Par la chaleur, porl6e jusqu'^ rdbullition , le liquide devient
legdrement louche, mais ne laisse de pr^cipite, peu abondant d'ail-
leurs, qu'aprfes un repos de deux jours.

Par Talcool on obtient un precipit^ tres-net, qui se redissout en
parLie aprte addition d'eau.

Uacide azotiqtte donne egalement unprdcipit^ qui, ^tantversdsur un
Qltre, lave h Tether, h TaJcool et h reau-distill6e, puis s6ch6, donne
2 grammes 0,43 0/0.

Au polarimetre, le liquide du kjste d^vie le plan de polarisation h.
gauche au mSme degr^ qu'une solution titroe d'albumine normale ^
2 grammes 56 sur 0/0 d'eau.

Priv6 d'albumine et traits par une solution de nitrate cCargent, ce
liquide donne un pr^cipit^ blanc, caillebotte et tr^s-abondant de chlo-
rure d'argent.

Du liquide, 6vapor6^siccite, Jaisse un r^sidu solide qui, calcin6 puis
oxyd6 et expose ^ la flamme du chalumeau, donne Ji celle-ci une colo-
ration jaune, reaction caract^ristique du sodium.

En r6sum6, le liquide, examine par T^lfeve du service M. Decbster,
trfes-pauvre en albumine ou paralbumine, contenait une proportion no-
table de chlorure de sodium, sans doute aussi d'autres sels alcalins en
quantite moindre, et qui n'ont pas ^16 recherch^s.

Tels sont les caracteres des kystes qui font le sujet de ce travail. U
serait h d&irer que nous fussions aussi avanc^ sur leur origine et sur
leur structure anatomiques ; mais, h d^faut d'autopsies, nous ne pou-
vons faire valoir que des probabilit^s. En face de kystes sereux de cette
nature et pouvantgu^riravecune si merveilleuse facilite i Taide d'une
simple ponction capillaire, on est en droit de se demander si leur siege
est r^eliement dans Tovaire, ou s'il ne s'agit bien plus ]h de kystes
extraovariques, comma ceux qu'on rencontre sbuvent sur le trajet de
la trompe, oh ils sont appendus sous la forme de petites poches hyda-
tiformes transparentes. Une autre hypothese consisterait k admettre
que les kystes qui nous occupent prennent leur origine dans le corps de
Rosenmtiller, auquel cas ils seraient I'analogue des kystes spermatiques
chez rhomme, dont revolution se fait aussi aux ddpens des restes de
ce mdme corps de Wolf { Vas aberransy de Haller).

D'une fagon g^n^rale, les kystes para-ovariques acqui^rent un trds-
petit volume (depuis la grosseur d'un grain de chfenevis ou d'un pois
h celle d'une cerise, et quant i ceux qui naissent particuliferement aux
depens du corps d<: Rosenmtiller ou du patwariKm sur'lesquels Vir-



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KYSTES S^REUX-OVARIQIES. . 213

chou (1) Pollin (2), Broca (3), Rokitanski (4), ont appelt^ Tattention,
ils se montrent raremenl plus volumineux. Touteibis, Broca (5) altirme
que ceux-ci peuvent, par exception, prendre un plus grand accroisse-
menl; acqu^rir le volume d'une noisette, celui d'un oeuf de poule et
au-del^; se mettre au contact avec Tovaire; contracter avec cette
glande des adh^rences plus ou moins intimes, et constituer ce qu'on a
appele les kystes paroovanens.

Maintenant, est-il permis d'admettre, en dehors d'autopsies venant
ddmontrer clairement le fait, que des kystes voluniineux de cinq k
dix litres deliquide, comme ceux dont nous venons de tracer Thistoire,
puissent reconnaitre une semblable origine ? C'est ce que nous ne sau-
rions affirmer, quanta present. Toutefgis, il nous sera permis d'insis-
. ter ici sur un point important de la question, h, savoir : la ressem-
blance qui existe, au point de vue de la composition chimique du
liquide, entre ces kystes et les kystes spermatiques chez Thomme,

En eflet :

Tous deux sont incolores, et si le liquide spermatique chez Thomme
est g^n^ralement plus louche ou opalin, on sait que cela tient ^ la pre-
sence d'une grande quantity de cellules spermatiques, qui, n^essaire-
ment, font d^faut chez la femme ;

Tous deux sont depourvus de viscosit^; ^

Tous deux contiennent une quantity trfes-notable de chlorure de
sodium;

Tous deux, enfin, possMent relativement une petite quantite de ma-
lifere albuminolde, qui difftre de Talbumine ordinaire dile normale.
Nous avons vu que cette mati^re albuminoide prdcipitait peu par la
chaleur et Tacide azotique, et plus udondamment par Talcool ; or, c'est
exactement ce qui a lieu pour la matifere albuminolde du sperme (ou
spermatine) et pour le liquide des kystes spermatiques sous-(5pididy-
m'aires chez Thomme. Cette annee mfime, nous avons eu I'occasion
d'op^rer un homme de 58 ans, porteur de deux ^normes hydrocMes
spermatiques, et dont la gauche, plus volumineuse, nous a fourni
cinq cents grammes d*un liquide kystique rempli de spermatozoldes.



(i) PathologU des iumeurs. Paris, 1867, t. I, p. 261 ct suiv.

(2) Follin, Recherches sur le corps de Wolffs these de Paris, 1850.

(3) Broca, Bulletins de la SocieU anatomique de Paris, 183^, p. 4S et 472.

(4) Rokitansky, Lerbuch der path. Anat. Wien., 1861, t. Ill, p. 434 et 44-2.

(5) Broca, Traitf des tumeurs, Paris, i860, t. II, p. 48.



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2i4 M^MOIRES ORIGINAUX.

Ce liquide, examine par nous, poss^dait toutes les reactions chimin
ques signal6es au sujet des kystes s6reux chez la femme.

Sans vouloir rien en conclure, quant h present, c'est \k au moins un
rapprochement qu*il est bon de livrer aux meditations des observa-
teurs k venir.

C0NC5LUSI0NS.

lo Parmi les kystes r6put6s ovariques, il existe une classe de kystes
uniloculaires i liquide special, et dont le trailement est aussi simple
que certain dans ses r6sultats.

2' Les caract6res du liquide kystique sont : L'absence complete de
viscosity; sa diaphan6it6 parfaite {h quelques exceptions pr5s) ; sa
pauvret(§ en matifere prot6ique'(albumine modiD^e) ct sa richesse rela-
tive en sels alcalins (principalement en chlorure de sodium).

Peu ou point prdcipitable par la chaleur et Tacide azotique, le
liquide en question prdcipite par Talcool. A cet ^gard, il y a analogic
entre ce liquide et celui des kystes spermatiques chez rhomme. comme
nous avons pu nous en convaincre par I'examen comparatif des deux
liquides ;

3'* Nous ignorons, quant ^ pr&ent, si le point de depart de ces
kystes est bien reellement Tovaire ou plut6t le parovarium (corps de
Rosenmliller) ;

4° Le traitement de ces kystes est bien plus simple encore que ne
Favait enseign^ Boinet, lorsqu'il preconisait la ponction suivie d*in-
jection iod^e. Une simple ponction par le trocart de trousse nous a
suffl, dans tous les cas, pour obtenir, par T^vacuation complete et



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