William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

. (page 24 of 82)
Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 24 of 82)
Font size
QR-code for this ebook


m6me partielle du liquide, une gudrison definitive ;

5® En procddant de la sorte, non-seulement on n'a rien k craindre,
mais on 6vite aux malades jusqu'^ la plus petite souffrance.

En un mot, le traitement de ces kystes est bien autrement facile que
celui de I'hydrocc^le simple ou spermatique chez Thomme, qui exigc ^
peu prfes toujours I'emploi des injections caustiques ou fortement
irritantes.



Digitized by



Google



LEgONS SUR L'fiCLAMPSIE PUERPfiRALE. ti5

LEgONS SUR L'fiCLAMpSIE PUERPfiRALE

SBS CAX7SES, SA NATURE BT SOU TRAITEHBIfT
Par le D' M« Peter* m^decin de rhdpital Saint- Antoine (1).

« Toutes les femmes grosses attelntes d'folampsie sont albuminu-
riques. » Telle est la proposition formulae par Cazeaux, conflrmfe par
Prerichs, par un professeur de Vienne, Braun, et par tous ceux qui
ont 6iui\6 rdclampsie chez la femme grosse.

A cette proposition (et pour la plus grande gloire de cerlaine thto*
rie), on a oppose cet argument : « qu'il est des femmes grosses at*
teinles d'ficlampsie et qui ne sont pas albuminuriques, » Et Ton cite
en faveurde cette opinion jusqu'^ six cas, six cas centre des centaines
de faits d'^clampsie albuminurique ! II n'est pas douteux d'abord que
cela ne soit exceptionnel, et m§me il n'est pas douteux que ces cas ne
rentrent dans la rfegle, si Ton veut bien consid^rer qu'un trte- grand
nombre de femmes grosses 6tant albuminuriques cessent de I'fitre
temporairement. C'est un fait qu'a vivement mis en lumifere Bailly,
dans le trfes-remarquable article Eclampsie du Dictionnaire de midecine
etdechirurgie pratiques. Bailly fait observer, en eflet, qu'il n'est pas
rare de voir Talbuminurie des femmes grosses disparattre quelques
heures, pour reparaltre ensuite, ce qui se con^oit pcurfaitement, 6tant
connue la cause prochaine et toute mat^rielle de cette albuminurie,
qui est une congestion, laquelle pent brusquement et k de courts in*
tervalles diminuer ou augmenter, entralnant des modifications corre-
latives dans son eflet^ le pissement d'albumine, ou mieux, nous le
verrons bient^t, lepissemeni du s^rumAl n'est done pas douteux que
les six cas en question, invoqu^ pour les besoins d'une cause mauvaise,
ne soient des faits qui s'expliquent tout naturellement, en ce sens que
les investigations ont 6t6 faites pendant la courte p^riode oh Turine
cessait momentan^ment d'etre albumineuse. Je reprends done ma pro-
position fondamentale : (c Toutes les' femmes grosses atteintes d'^-
dampsie sont albuminuriques. n

(1) Nous croyons devoir reprodnire ces le^na qui ont paru dans \sl Francs
mcdicakf et qui pr6sentent, au point de vue de la pathogenic de T^lampsie,
le plus grand int^rdt.



Digitized by



Google



Si 6 MEMOIRES ORIGINAUX.

La r6ciproque n'est pas vraie, « toules les femmes grosses albumi-
nuriques ne sont pas forc^ment atteintes d'^clampsie, » Et c'est vrai-
ment un bonheur. De ce qu'il y a plus de femmes albuminuriques que
de femmes ^clamptiques, il s'ensuit qu'il y a plus d'albuminuries que
d'6clampsies; il s'ensuit aussi que I'albuminurie est fr^quente chez
les femmes grosses. Main tenant, pourquoi y est-elle fr^quente? Cela
tient 6ventuellement h uif fait primordial, k savoir : qu'il y a chez
elleune plus grande masse de sang en circulation.

Deuxifeme question, trts-importante au point de vue pratique (car
ici nous faisons surtout de la pratique; la chimie, la physiologie, ne
sont invoqu^es que pour les besoins de la science clinique ; je dis
science clinique, precise, plus precise souvent que certaines thtories
physico-chimiques) : les cos d^eclampsie puerpirale sont-Us devenus plus
frequents dans ces demieres annees? Eh biei^ oui, et la difTi^rence est
considerable ; je vais vous donner tout k Theure des chifTres qui \ous
edifieront k ce sujet.

S'il y a eu une plus grande frequence d'attaques d'^clampsie dans
ces derniferes annees, je vous dis tout de suite : C'est k une th6orien6-
fastequ'on le doit; la th^rapeutique des femmes grosses s'est nette-
ment modiQ^e par suite d'investigations qui auraient dH rester dans
le domaine physiologique, au lieu de p^n^trer pr^matur^ment et de
vive force dans le domaine de la th^rapeutique.

II y a plus de sang en circulation, et la preuve en est donn^ par le
fait de I'hypertrophie du coeur pendant la grossesse, cet organe s'hy-
pertrophiant parce qu'il lance une plus grande quantity de sang pour
pourvoir k la nutrition du parasite grefTiS dans I'ut^rus. Vous savez
que la circulation et la sanguiOcation du foetus se font sur place d'une
facon independante, et que Ik oh se font les vaisseaux, Ik oil se fait le
ccBur, Ik se font des globules. Le sang pent se faire avant ou aprfes les
vaisseaux; la question n'est pas encore r6solue. Quoi qu'il en soit, le
foetus fabrique k lui-m^me son propre sang, mais^videmmentaux de-
pens du sang de la mire; la mire doit done simultan^ment se nourrir
elle-m6me et nourrir son foBtus.

Maintenant, ce que je veux surtout mettre en lumiire, c'est le m4-
canisme en vertu duquel une deviation du fait physiologique va pro-
duire un fait pathologique. II y a plus de sang en circulation, le coeur
s'hypertrophie, quoi de plus normal? Et puisqu'il y a plus de sang en
circulation, la femme pourra en bdn^ficier pour sa part; c'est dans
Tordre. En effet, beaucoup de fenmes enceintes ont le teint plus vif,



Digitized by VjOOQ IC



LEijONS SUR L'ECLAMPSIfc; PUERPERALE. 217

les chairs plus fermes, et un embonpoint de bon aloi. Les engraisseurs
de la Normandie le savent bien : lorsqu'ils destinent une vache au
boucher, ilslamfenent d'abord au taureau, puis, trois mois apr^s, elle
est grasse h point pour I'abattoir. Le iri6me fait s'observe chez les
femmes places dans des conditions sociales qui leur permettent de se
bien nourrir. Les anciens accoucheurs disaient qu'il y avait alors un
excfes de lymphe en circulation, ce qui rendait les. femmes grasses et
bouffies.

Mais par une simple deviation de ce fait physiologique, — plus
grande masse de liquide (sang et lymphe) en circulation, — des ac-
cidents redoutables peuvent surgir vers les poumons, le foie ou les
reins.

Du c6t6 des poumonSj il est frequent d'observer des etouffements, des
hemopiysies, Puisqu'il y a plus de sang en circulation, il y en a une
plus grande quantity qui circule daus les poumons. La femme fait de
rh^matose pour deux; n^cessairement il doit y avoir de la pl^thore
pulmonaire physiologique; pour un peu, cette pl^thore deviendra pa-
thologique. Le fait physiologique se traduit par des ^touffements;
exag^rez le fait, vous aurez des congestions, des hemoptysies. Si la
femme a un' cceur malade, si elle a une insufBsance mitrale par
exemple, cette insufflsance determine naturellement dans I'dtatde va-
cuity de Tut^rus une congestion pulmonaire.

Cette congestion morbide, propre h la lesion cardiaque, compliqu^e
de la congestion physiologique, d^terminee par la grossesse, provo-
quera des attaques de bronchite capillaire et d'apopiexie" pulmonaire
brusquement p^rilleuse. J'ai d^montr^ ce fait, qui n'avait pas encore
^le signal^ ; depuis lors, quelques accoucheurs, M. Tarnier, un de ses
bons ^16ves, M. Budin, tout r^cemment encore interne de cet hdpital,
ont trouve de nombreux faits analogues.

Tous les accoucheurs ont mentionn^ les ^touflements et m^me )es
hemoptysies de la grossesse. C'est Ih un fait pathologique frequent,
qui indique et modfere par fehappement la pl^thore sanguine. C'est
toujours vers le quatrifeme ou le cinquifeme moisde la grossesse, alors
que le foetus devient beaucoup plus volumineux, que la masse du sang
s'accrolt, que les capillaires se dilatent, c'est toujours au d6but de
cette p6riode que les accidents se manifestent.

Ce qui est vrai du poumon est vrai du foie .• il y a un ictere des
femmes grosses; et qu'est cet ictfere, s'il vous plait, sinon le fait dela
congestion du foie? L'ictfere vient traduire, par I'exag^ration mfime



Digitized by VjOOQ IC



218 M£M0IRES ORIGINAUX.

du ph6nom6ne, le fait physiologiquc de rhyper6mie. Cela a 6{A d6-
montrd par les recherches de M. Tarnier. M. Tarnier, dans sa thfese
inauguraJe, a signal^ T^tat graisseux du foie chez toutes les femmes
qui succombent dans T^tat puerperal ou pendant le cours de la gros-
sesse; elles ont toutes un foie volumineux et une infiltration de ma-
tiferes graisseuses entre les cellules Wpatiques. Pour moi, j'inter-
prfete ces ph6nom6nes en disant : Le foie est un organe d'61imination
des mat^riaux ternaires ; il en (^limine une tr^s-grande quantit6 pen-
dant la grossesse, parce qu'il travaille pour deux; il en est une partie
qui n'est pas 61imin6e suffisamment viteet qui s'infiltre. Cela r6sulle
des investigations de M, Tarnier comme de celles de M. Vulpian. Ce
dernier savant, examinant au microscope les taches que Ton aperQoit
sur le foie des femmes grosses, a vu qu'elles 6taient formees par une
infiltration de matiferes graisseuses autour de cellules h6patiques.

Mais ne croyez pas qu'il n'y ait qu'un ict^re bdnin, il y a un iciere
malin des femmes grosses; il est rare, mais il a 6te observe. Certaines
femmes ayant un ict^re b^nin sont prises tout h coup d'accidents qui
se terminent rapidement par la mort et qui caract^risent Tictfere grave.
L'ictfere grave, c'est Tempoisonnement de Torganisme par raccumu-
lation dans le sang des mat^riaux de la bile non ^limin^s par le foie
malade, empoisonnementque j*£dappel6 la ^ypAiia^ton cholemique. Et
ainsi j'arrive h, vons parler de la typhisation urinemique et rentre en
plein dans mon sujet.

La femme grosse atteinte d'eclampsie est urinemique. C'est parce
qu'il y a accumulation de tons les ^l^ments de Turine dans le sang,
qu'elle est atteinte des accidents ultimes qu'on a qualifies du nom
d*6clampsie. II y a 1^ une perturbation considerable et trfes-complexe
des fonctions de Tinnervation, dont les ph6nom6nes convuJsifs nesont
qu'un sympt6me. On a des convulsions, du coma, du d^lire, maistou-
joui^s avec predominance des convulsions. Aussi me seftible-t-il prefe-
rable de designer cet ensemble de sympt6mes par la denomination
d^urin^ie puerperale.

Nous sommes arrives de procheenprocheii voir que la masse desang
augmenteeproduitlapiethore pulmonaire; nousavons vu que cette masse
de sang produisait Thyperemie, Thypertrophie du foie et Tictfere grave.
Voyons ce que cette m6me congestion produit du cote des reins.

Les reins sont des organes qui foncUonnent d'une certaine faQon
pendant la grossesse, par le fait de la grossesse et sous Tinfluence de
circonstances physiologiques et de faits anatomiques dans les details



Digitized by



Googk



LECONS sua L'fiCUMPSIE PUERPERALE. 219

desquelsjevaisentrer. II a'est pas douteux quecette femme qui, pour
lesbesoins de Th^matoseet de rh^raatopoifese de son foetus, faisait de
rhtoatose et de Th^matopoifese h^patique pour deux, il n'est pas dou-
teux, qu'elle ne fasse ^galement de Turopol^se pour deux : ce n'est pas
une vue de Tesprit, c*est la th^orisation des faits.

L'analyse de I'urine d^montre surabondamment que la femme
grosse excrete journellement une plus grande quantity d'ur^e. M. Quin-
quaud a 6tabli que, pendant le cours de la grossesse et par son fait,' la
femme, au lieu d*61iminer par vingt-quatre heures22 ou 24 grammes
d'ur^e, en ^limine de 30 h 38 grammes. En foroant un peu les chiffres
etea prenant pour moyenne physiologique le nombre de 20, vous
voyez que la femme grosse elimine journellement pr5s de devx fois
plus duree que dans Tdtat de vacuity uterine. Si elle fait deux fois plug
d'uree par vingt-quatre heiires, elle doit avoir un travail excrdtoire
plus considerable, c'est-^-dire que plus de sang traverse le filtre r^nal
et qu'il y a hyper^mie fonctionnelle exag^r^e; mais qui dit plus de
sang dans I'organe dit plus de pression vasculaire; qui dit plus de
pression vasculaire dit filtration possible, aveugle, insens6e du s6rum
dusang, voire m^me du sang en nature, phenom^ne qu*on appelle
axactement albuminurie, alors quo c'est de la serumurie, passez-moi
le mot, qui est barbare, mais sans r^tre plus qu'albuminurie. II y a
sdrumurie, dis-je, non pas seulement chez la femme grosse, maischez
tous ceux qui pissent de I'albumine. On a dit : Le sang se coagule, ce
qui coagule c'est du blanc d'ceuf, le blanc d'ceuf c'est de Talbumine ;
done lorsque, faisant chauffer des urines, il y a un coagulum, ce coa-
gulum est de I'albumine, et il y a albuminurie. On a 6i6 conduit ^
dire du rein : Ce rein est malade, mais il a subi une altiiralion, une
«p§ce de folie s^cr^toire, une folie de selection. II va prendre dans le
s^rum du sang de I'albumine, c'est-^-dire qu'il va prendre precisc-
ment dans le s^rum ce qui est le moins filtrable, ce qui passe le moins
facilement. Le fait serait dej^ assez strange; mais pour mieux faire
saisir I'^trarigete de la doctrine, je vais prendre un phenom^ne pro-
bant par son excfes mfime, rh^maturie. L'hematurie, c'est le pissement
du sang en nature; dans les canaux urinifferes, les vaisscaux se cr6-
vent sous Tinfluence d'une pression exagdree, et ce qui s'^coulo c'est
lesang tout entier, sdrum, globules rouges et globules blancs. En
appelant celah^maturie, vous ne vous trompez pas. Mais entre Th^-
maturie et )a s^rumurie, il n'y a qu'une diffi^rence de degr^s. Dans
Purine dite albumineuse, vous avez de I'urine, plus du s^rum; dans



Digitized by VjOOQ IC



220 MEMOIRES ORIGINAUX.

rh6maturiel6gfepe, vous avez de Purine, du s6rum, plus quelques glo-
bules du sang. Dansle fait excessif il n'y a plus d'urine, mais simple-
ment du sang piss6, c'est-^-dire du serum, plus des leucocytes, plus
des h6maties, mais tout cela c^'est le m^me fait, au degr6 pres. Ainsi,
la d^nutrition du foBtus produisant pour sa part de Turde, il y a plus
d'ur^e dans le sang de la femme grosse, par suite exag^ration de Tu-
ropolfese, et par suite enfin albuminurie ou s6rumurie, c'est-^-dire pis-
sement du s6rum.

Je dois ici faire une digression anatomique n^cessaire. L'ut^rus
est un organe divis^ en deux parties absolument distinctes, au point
de vue de la nutrition comme h celui des fonctions : je veux parler du
corps et du col de Tut^rus. Vous savez que les maladies du corps sont
absolument ind^pendantes de celles du col. Le cancer de Tut^rus est
le cancer du col : ce cancer pent envahir de proche en proche la totalit<^
du col de I'ut^rus sans envahir jamais le corps ; et mSme, par une sin-
guli^re perversion pathologique, Taffection pourra envahir la vessie,
les reins, le vagin et respecter le corps de Tut^rus. Le corps a done une
vitality absolument diff^rente de celle du col.

Ces conditions sont dues ^ ce qu'il y a une circulation et une inner-
vation absolument differentes. Le corps de Tutdrus est nourri par les
artferes ut^ro-ovariennes, qui naissent trfes-haut de Taorte. Le col, au
contraire, est fourni par les artferes uterines proprement dites, qui
naissent de Tart^re hypogastrique,c'est-ci-dire tr6s-bas. Pendant toute
la dureede la gestation, c'estsurtout le corps qui s'hypertrophie ; le
col reste intact et indifT^rent, avec ses propri^t^s de sphincter, j usque
prte de la fln de la grossesse. Les art6res uteroHDvariennes sont done
les seules qui s'hypertrophient pendant toute cette duree.

Or, les art^res ut^ro-ovariennes naissent de Taorte trfes-prfes des r6-
nales, quelquefois des art5res renales elles-m^mes. Ces art^res r^nales
sont done sur le courant d'une masse de sang plus considerable; elles
doivent done se dilater, d'abord paree que les reins fonetionnent da-
vantage, ensuite paree que ces artferes sont li^es anatomiquement aux
artferes ut^ro-ovariennes et que le courant sanguin qui passe dans
Taorte doit passer devant les art^res renales. D'ailleurs, les reins sont
lids synergiquement aux fonctions uterines, etenvoici une preuve tiree
de la pathologic : il est une maladie, qu'on appelle Tectopie renale, qui
nous permet d'explorer le rein avec la main. Or, dans des cas de ce
genre, le doeteur Becquet a parfaitement senti qu'il y avait au com-
mencement de la pdriode menstruelle une augmentation du volume



Digitized by VjOOQ IC



LECONS SUR L'ECLAMPSIE PL'ERPERALE. 221

du rein, une sensation do pesanteup douloureuse. II a rattache natu-
rellement ce fait h la periode catam^niale ; il y avait une synergic
fonctionnelle entre le rein et le systfeme ut^ro-ovarien. II y a done
plus qu'un rapport hydraulique, c'est un rapport fonctionnei Evident.
II y a plus qu*un voisinage, qu'une communaute d'origine parfois, il y
a synergic fonctionnelle entre les art6res qui se distribuent h Tut^rus
et celles qui se distribuent aux reins. Cette synergic fonctionnelle
axiste done d'une faQon n^cessaire ; mais pour un peu elle va devenir
morbide.

Je dis qu'il y a byper^mie r^nale, comme il y a hyper^mie uterine.
Jedisquece fait physiologique de Thyper^niie fonctionnelle pent deve-
nir uh fait pathologique : je le deraontre par la presence du s6rum
dansTurine. Maintenant, comment cette sdrumurie, jusqu'ici presque
physiologique, alors qu'elle estleg^re, va-t-elle devenir Jiautement re "
doutable en s'exag^rant, empoisonner I'organisme et causer les atta-
ques d'(§clampsie?

On peut, h I'aide del'examen de Turine, juger de Tetatdu rein; plus
Jerein se porte bien; plus il y ade s6rum, plus4e rein est frappe
d'inertie, de sorte que Tint^grite du rein est inversement proportion-
nelle k la quantity d'albumine contenue dans les urines. Avec le mi-
croscope vous avez des notions plus precises encore; vous arrivez k
connaitre trds-exactement retatdurein,au mcyen de la presence d'^pi-
th^ljums, de eylindres granuleux, de cylindres hyalins ; ces derniers
d^montrent que dans les points oii cette desquamation se fait, le rein
est absolument perdu pour la secr6tion urinaire ; il n'est plus et ne
peut plus ^tre qu'un organe passif, au travers duquel le s^rum filtre
alors comme au travers d'un filtre de papier.

Done, chez la femmegrosse, vous devez chercher s'il y a du s6rum
dans les urines; s'il y en a, vous devez examiner 1 etat fonctionnei du
systeme nerveux et rechercher les signes pr^monitoires de I'attaque
d'eclampsie.

II ne s'agit pas d'abord d'6clampsie h proprement parier : il y a pr^-
lablement une typhisation urin^mique. II n'y a plus seulement accu-
mulation derurte,il ya accumulation de tout ce qui constitue TurinL*.
Le fait a 6t6 d6montr6 par des analyses assez nombreuses pour ^tre,
en raison m^me de la concordance des chiffres, consid^rees comme
concluant^. Le s6rum du sangdes^clamptiquesa 6\A examine ; il ^tait
inl^ressant de savoir si la quantity d'ur^e dans le sang des ^clampti-
ques que nous avions sous les yeux 6tait con forme k celle que d'autres



Digitized by VjOOQ IC



2J2 MEMOIRES ORIGINAUX.

observateups ont lrouv6 d6j^. Ces analyses ont 6i6 faites par notre in-
terne en pharmacie, M. Chastaing. M. Chastaing n'est pas un interne
en pharmacie ordinaire; il se prepare au doctoral 5s sciences physi-
ques, ce qui suppose une certaine competence en chimie. Or, voici ce
que M. Chastaing a trouv6: il y avait dans le sang de la premiere sai-
gn6e 60 grammes d'ur^e par litre, par consequent, il y hwmi plus de
trois fois plus dCvrie qtf&retat normal. Ce chiffre de 50 est exactement
celui qu'ont donn6 Hopp et Priggs; 51 grammes ont trouv^ les au-
teurs allemands, 50 a trouve notre interne en pharmacie ; les chiffres
ne sauraient 6tre plus concordants.

Les experiences de Claude Bernard ont demontre que les injections
d*uroe dans le sang ne produisaient pas les accidents caract(5ristiques
de redampsie urinemique, et que par consequent ce mot d'uremie cor-
respohdait k une theorie absolument fausse ; la theorie de la transfor-
mation de Puree en carbonate d'ammoniaque dans le sang et Tamiwo-
niemie sont aussi inexactes.

Voici, maintenant, des analyses tr6s-precises qui montrent Taccu-
mulation des materiaux, de tous les materiaux de Purine dans le sang
des femmes atteintesde typhisation uremique. Dans une premifere ob-
servation, au lieu de six parties de maiiferesextractives pour 1,000 gram-
mes d'urine, M. Quinquaud en a trouve 21, c'est-^-dire trots fois et
demie pluSy de m6me que tout & Theure nous avions plus de trois fois
et demie plus d'uree dans le sang. Ce sont des chiffres absolument i5on-
cordants. Une deuxidme analyse a donne au mtoe observateur 19,2,
au lieu de 6; une troisifeme 18,3. Cela tourne autour de trois fois plus
de matieres extractives. Je ne sais rien de plus probant. line faut done
pas dire seulement que c'est de la criatinemie ; 11 y a tous les materiaux
de Turine, c'est de Vurinemie; c'est-ft-dire qne cette femme grosse ne
fait plus d'urine, ne seiecte plus les elements decomposes qui seront
Purine, ils restent et s'accumulent dang son sang, et voilft pourquoi
elle est malade*

La typhisation pent se produire de diverses maniferes; on connalt le
typhus des vaisseaux, des camps, des hopitaux. Dans tous ces cas, il y
a introduction par les voies respiratoires des materiaux qui produ?sent
le typhus. Mais qu'importe que ces materiaux pendtrent du dehors en
dedans ou preexistent au dedans. L'individu n'en est pas moins ty-
phisepour s'etre typhise lui-m^me; c'est ce que j'appelle Vautotypki-
sation. Y a-t-il accumulation [des materiaux de Purine dans le sang^
tJ'est la typhisation urinemique. Si les troubles fonctionnels en ce cas



Digitized by VjOOQ IC



LEgOiNS SUR L ECLAMPSIE PUERPERALE. 223

different, en quelques points, de ceux du typhus proprement dit, 8*il y
a diversity dans los ph^nomdnes, cela tient h la diversity des mat^-
riaux accumul^s dans le sang. Telle est la raison de la vari^td pheno-
mdnale des divers typhus, typhus proprement dit, typhus chol^mique,
typhus urin6mique et typhus ath^romique ou endocardite ulcereuse.

Je vous ai promis de vous demontrer par des chiffres que )a fre-
quence de Tfelampsie albumin6rique, ou mieux de Turinemie puer-
p^rale, a6t6en grandissant dans ces trente derni^res anndes. Void les
chiffres. Je les emprurite k la th5se de raon amiCharpentier : De Pin*
fluence des divers trattemenis sur les acces eclamptiques. Us ont et^ re-
cueiilis h Thdpital des Cliniques, oh depuis cette ^poque le nombre des
lits n'a pas change. U est curieux de savoir si, dtant donne tel systdme
therapeutique qne je repousse, le nombre des attaques d'dclampsie a
augments. Jeprends des chiffres que chacun de vous peut contr6]er.
Lesr^sultats ont et^ recueillis de 1834 h 1871 ; je divise ce temps en
4p4riodes, les 3 premieres de 10 ans la derni^re de 8 ;
De 1834 i 1843, vous avez 17 cas;
De 1844 h 1853, — 27 cas, d6j^ dix de plus;

De 1854 k 1863, — 35 cas, c'est d6j^ le double ;

Enfin, pendant cette dernidre. p6riode de 8 ann&s seulemont, de
1863 a 1871 , vous avez 54 cas.

Les rapports sont done : 1 ; — 1 ,587 ; — 2,1 ; — 3,2.
• Que s'est-il done pass6 pendant cette p^riode? il s*est pass6 un grand
fait: il y a eu les analyses du sang d'Andral et Gavarret. Ces savants
ont demontr6 que les femmes grosses avaient moins de globules; alors
on a dit, outrepassant la logique: « Toutes les femmes grosses sont
ftn^miques.-» Mais je vous ai d^montr^ tout h Theure par tous les ar-
guments possibles que les femmes grosses ^taient pWthoriques ; mais
tous les accoucheurs qui nous ont pr^ced^s ont rapports h la plethore
ce qu'il nous faut maintenant rapporter & Tan^mie. Eh bien, non ; la
congestion ind6niable des poumons, du foie, des reins, Phemoptysie,
Hctfere grave, Ti^clampsie: tout cela, c*est de Tan^mie. Alors on a pros
sent lessaignfes preventives que faisaient nos p6res, et Ton a vu s'acj
cpoltre les attaques d'^clampsie albuminurique sous Theureux ciel de
Paris, tandis que la proportion n'a pas augments k lacampagne, oil il
y a de vulgaires praticiens.

Or, cette plus grande fr^uence n'est pas rdlative^ et est absolue, la
population feminine de Paris n'ayant pas tripie depuis quarante ans,
et les lits de la Glinique non plus.



Digiti



zed by Google



224 MEMOIRES ORIGINAUX.

Je vous ai dit que ce fait si remarquable coincide avec une revolu-
tion doctrinale op^r^e par rh^matologie, — revolution doctrinale qui
consiste h voir dans toute femme enceinte une an^mique; — ,je vous
ai dit que, docile h la nouvelle doctrine, la th^rapeutique s'est com-
plfetement et brusquement modifl^e : on ne saigne plus les femrnes
grosses.

Or, est-il vrai que les femrnes enceintes soient an^miques? Est-il
vrai qu'elles le soient ioutes? Est-il vrai qu'elles le soient de par leur
grossesse? Enfln & quel degr^ celles qui le sont le sont-elles?

Autant de questions qui valent bien qu'on les soulfeve.

MM. Andral et Gavarret ont analyst le sang de 34 femmes en 6tat
de grossesse, et ils ont trouv6 les chiffres que je vais vous dire : ^tant



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 24 of 82)