William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

. (page 27 of 82)
Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 27 of 82)
Font size
QR-code for this ebook


subi aucune modification. II n*y a aucune coloration brune sur le trajet de
la ligne blanche ; enfin les regies persistent, ce qui est bien rare dans la
grossesse uterine. Par le palper, on constate qu'il s'agit d'une poche k con-
tenu liquide et veritablement distendue. On y determine une fluctuation
superficielle et profonde, et cela est loin d'etre commun dans la grossesse,
k moins qu'il n'y ait exageration dans la quantity du liquide amniotique.
Par le palper intentionnellement r^pete, on ne provoque pas des contractions
dans la tumeur et un durcissement plus grand, ce qui est k peu pr^s con-
stant quand il s'agit de Tuterus. Enfin, par le toucher, on s'assure que le
col n'a subi aucune modification et qu'il est refoul6 en avant par une tu-
meur qui lui estetrang6re. Aussi le professeur n'h6site-t-il pas k repousser
ridee que la tumeur soit form^e par Tuterus distendu par une grossesse
normale. A son avis, ce n'est pas non plus une mdle vCsiculaire. Dans cette
alteration speciale de Toeuf, la tumeur est volumineuse, tendue comme ici,



Digitized by VjOOQ IC



REVUE CLINIQUE. • 243

mais le dSveloppement en est plus saccad6, moins progressif, et ne demande
pas un temps aussi long pour arriver h son dernier degrd. En outre, T^cou-
iement qui se produit est s^ro-sanguinolent, tandis que chez notre malade
le liquide qui s*6coule est du sang k peu pr^s pur, analogue au sang men-
strael. Ici encore, pour6carter rid6e d*une grossesse d6g6n6ree, il faut tenir
compte de Tabsence de toute modification du cdt6 du col et de la tension
qui est toujours la mfime dans la tumeur, malgr6 les manipulations ext6-
rieures qui ne parviennent pas k la modifier. E6p6tons enfin que les regies
persistent. Mdraes objections pour 6carter la supposition d'une grossesse
compliqu6e d'hydropisie de Tamnios. L'accumulation du liquide, en outre,
ne met pas un temps aussi long ^ se produire. En quelques mois, en g6n6ral,
elle a acquis son plus haut degrS, etc.

D'apr^s M. Depaul, cette tumeur est absolument 6trangdre k Tut^rus.

On peut dire encore que ce n'est pas une grossesse extra-ut6rine, m6me
avec exag^ration de liquide amniotique, car cette dernidre particularity
est extrdmement rare. II y a, d'ailleurs, dans la grossesse extra-ut6-
line comme dans Tintra-ut^rine, des modifications plus ou moins accen-
tu6es du c6X^ du col, mais toujours reconnaissables. Quant k la suppression
des r^les, on la constate dans Timmense majority des cas. II n'y a pas k
discuter pour savoir s'il ne s'agit pas d'un phlegmon du bassin, d'une h6-
matoc^le, d'un fibrOme ut6rin ou p6riton6al. Les signes de ces affections ne
pessemblent en rien k ceux que pr6sente la femme que nous avons actuel-
Iement sous les yeux.

Une pareille accumulation de liquide dans Pabdomen ne peut gu^re exis-
ter que dans Tascite ou les kystes de Tovaire. Or ce n*est pas une ascite,
carle liquide est contenu dans une poche sp6ciale et non r6pandu dans la
cavity p6riton6ale, ainsi que le prouventles diff^rentes positions qu'on fait
prendre k la malade.

Tout se r6unit pour faire admettre un kyste de Tovaire ; c'est kVkge de 30
i40 ans> cbez les femmes qui n'ont pas eu d'enfants, que ces affections se
rencontrent. Le d6veloppement de ces tumeurs marcbe ordinairement avec
une certaine lenteur ; elles n'exercent aucune influence sur la forme ou la
coDsistance du col qu'elles d^placent souveQt. Eiles n'apportent pendant
locgtemps aucun trouble dans Tapparition r6guli6re des regies, etc. Pour
tous ces motifs, M. Depaul n'h6site pas k maintenir le diagnostic port6 le
premier jour. Toutefois, Textrdme distension de la poche ne permet pas de
decider quel est Tovaire qui lui a donn6 naissance. Tout auplus en se fon-
dant sur le refoulement du col k droite peut-on supposer que c'est le
gauche.

Le 10 fdvrier, apr^ un nouvel examen, le professeur pratique la ponction
de la tumeur d'oii s*6coule huit litres i/2 d*un liquide rouge&tre et vis-
queitt dans lequel on distingue tr6s-bien au microscope de nombreux
globules sanguins non-d6form6s. Le palper du ventre permit de s'assurer
qu'aucune tumeur solide n'existait dans la cavit6 abdominale. Le col avait
d^jkchang6 de place et tendait k se reporter dans sa situation normale.

Le lendemain il f6vrier. Un peu de fi^vre, 100 pulsations. Peau peu
ehaade. Respiration bien plus libre. La s6cr6uon urinaire se fait avec grande
ibondance. Potages et bouillons.



Digitized by VjOOQ IC



244 • hEVUE CLINIQUE.

Le 1-2 f6vrier. Eltatg6n6ral tout k fait bon. Plus de fidvre. Un degr6. Le

iquide commence k se reproduire. Malgr6 les observations de M. Depaul,

ette femme qui allait tout k fait bien a voulu partir sepijoursapr^s la

ponction. Peut-fttre y aura-t-il lieu plustard k faire une op6ration plus radi-

cJale, mais la malade qui se trouvait tr6s-soulag6e n'a voulu entendre par-

er de rien; elle a promis de revenir si son ventre continuait k grossir.

D' Maatbl.

Prdientation de T^panle. - D^troncation. — Gn^rison.

Le 48 f6vrier,k 4 heures du matin, on conduit a Thdpital des Cliniques, la
nomm6e B..., femme P...., journali^re, Ag6e de 25 ans.

Cette femme, bien conform6e, ordinairement bien r6gl6e depuis TAge de
18 ans, a eu d6jk trois enfants k terme et une fausse couche de trois mois;
les accouchements ant^rieurs se sont effectu^s d'une mani^re tout k fait
normale et sans Tintervention d'aucune manoeuvre obst6tricale. Les regies
ontcess6 d'apparattre depuis le 10 mai 1874, le volume du ventre indique
du reste une grossesse k terme.

Les premieres douleurs de Tenfantement se sont d6clar6es le 47 f6vrinr k
7 heures du matin, D'abord assez rfeguliSres et peu intenses, elles se rap-
prochSrent et prirent de racuit6 dans la soir6e du m6me jour ; une sage-
femme fut appcl6e vers huit heures. Aprds avoir examin6 plusieurs
fois, cette sage-femme rompit les membranes et s'apercevant alors de la
pr6sentation de I'^paule, fit de nombreuses tentatives de version. Ces ma-
noeuvres dur6rent, k co que dit la malade, pendant quatre ou cinq heures;
devant Timpossibilit^ de terminer. Taccouchement, un m6decin fut appel6,
qui, apr^s examen, fit transporter cette femme k la Glinique.

A huit heures du matin, le 18 f6vrier, M. Depaul precede k son tour k un
examen. L*etat g6n6ral n'est pas tr^s-mauvais, le pouls est cependant assez
fr6quent (400 pouls), la peau un peu chaude, mais les parties g^nitales sont
peu tum6fi6es, ce qui donne k penser que la sage-femme avait fait les ten-
tatives de version d'une mani^re assez douce ; la malade se plaint seule-
ment d'unedouleurdansla fosse iliaque droite. Quant k Tut^rus il est for-
tement r6tract6 et comme t6taTiis6. Par le toucher on trouve ii la vulve une
main que Ton reconnalt fttre la main droite par la direction du pouce, la
face palmaire 6tant plac6e du c6t6 de la symphyse pubienne. A quatre ou
cinq centimetres dans le vagin on rencontre Tautre main qui 6tait celle
qui s'6tait prison t6e la premiere comme nous le verrons bient6t ; la presence
des deux membres sup6rieurs s'explique sans aucun doute par les tentati-
ves de version qui avaient eu lieu. Une main avait 6t6 entraln6e a la place
du pied, ce qui prouve combien on doit faire la version d'une mani^re m6-
. thodique, en suivant certaines regies et en ne perdant jamais son sang,
froid. L*6paule est trop 6lev6e pour qu'on puisse Tatteindre avec le doigt.
Par Tauscultation on n*entend aucun battement cardiaque, la malade dit,
du reste, qu'elle ne sent plus remuer depuis quclque temps. .

Apr^s Tavoir endormie, M. Depaul introduit la main gauche et suit la
main droite qui fait procidence, croyunt que c'est celle qui correspond k
r^paule qui occupe la partie sup/rieure du bassin ; mais il rencontre bien-



Digitized by



Google



REVUE DES SOCI6t6S SAVANTES. 245

tdtle bras gauche tum6fi6 double de volume, qui conduit k r6paule corres-
pondante et jusqu'au cou qui se dirige h. droite; c*6tait done une position
c^phalo-lat^rale droite de r6paule gauche ou seconde position de i'6paule
gauche, Un lac8,6tant plac6 sur la main gauche afin d'attirer la partie qui se
pr^senle autant que possible, le professeur entoure avec les doigts de la
main gauche le cou du foetus et incise pen h. pen avec les grands ciseaux de
M. Dubois la partie ant6rieure et la colonne vert6brale. Un crochet est en-
suite introduit pour tendre les parties molles post6rieures ; puis, apr6s
avoir sectionn6 les tissus toujours avec les ciseaux, M. Depaul, continuant
k tirer sup le bras, engage facilement le tronc qui est extrait, puis Tindex
de la main droite ayant6t6 introduit dans la bouche, attire la tftte par une
des extr6mit6s de son grand diam^tre et Top^ration est termini en quelques
secondes.

La d6livrance a 6t6 naturelle ; quant k I'enfant il pesait 2,960 gr.

Nous ne nous 6tendrons pas sur les suites de couches, elles ont 616 tout
4 fait naturelles.

La femme quitte Thdpital quinze Jours apr6s Taccouchement en parfait
6tat de sant6. D' Martbl,



REVUE DES SOClfiTfiS SAVANTES.



SOGIETE DB MBDEGINB DE PARIS.

M. PoLAiLLON lit Tobservation suivante :

Paralysie dn bras ganche ches nn nonvean-nd.

Dn enfant mAle, n6 le 8 Janvier k la maternity de Cochin, pr6sentait une
paralysie complete du membre sup6rieur gauche. Get enfant, tr6s-biencon-
form6 et tr6s-vigoureux, mouvait avec 6nergie ses autres membres, mais
le bras droit restait immobile, et lorsqu'on le soulevait, il retombait inerte
le long du corps. La coloration du membre paralyse 6tait semblable k celle
du c6t6 sain, la temperature appr6ci6e avec la main de Tobservateur (sans
avoir employ^ un thermom6tre) ne pr6sentait pas de modification, et la sen-
sibility cutan6e paraissait diminu6e, mais n'6tait pas compl^tement abolie

L'accouchement avait 6t6 naturel. La m6re, Ag6e de 23 aos, petite, mais
avec un bassin bien conform^, mettait au monde pour la seconde fois. II
n'y nvait eu, pendant le travail, aucune traction, aucune manoeuvre obst6-
tricale. A un examen minutieux, je ne trouvai sur le corps de cet enfant
aucune trace de violence, et en particulier le bras et la partie lat6rale droite
du cou ne pr6sentaient aucune ecchymose ni aucun gonflement. II n'y avait
pas non plus une luxation de I'^paule, qui aurait pu expliquer la distension
des nerfs du plexus brachial, et la paralysie consecutive, dependant cette
paralysie a eu, dans mon opinion, uneorigine tiaumatique; I'enfant dont il
s'agit 6tait tr6s-volumineux, il pesait neuf livres ; la t6te s'est d6gag6e dans
la position occipito-iliaque gauche ant6rieure ; mais en raison de Tetendue
du diametre des 6paules, I'^paule post^rieurc, c'est-^-dire la gauche, n'a
pu se d6gager qu'apr6s une compression, qui a dA 6tre considerable, auni-



Digitized by VjOOQ IC



Ua REVUE DES SOClfelSS SAVANTES.

veau dela partie lat6rale gauche du cou. Je pense done que le plexus bra-
chial a 6td comprim6, et que cette compjression qui n'a pas lais86 de trace,
a6t61a cause de la paralysie du bras gauche. Chose remarquable, c'est
qu'en interrogeant la mSre, elle nous apprit que son premier-n6 6tait venu
au monde avec une paralysie semblable, mais au bras droit.

Dans ce cas, comme dans celui que nous avons eu sous les yeux, la para-
lysie a 6t6 passagSre. En effet, vers le troisidme jour, Tenfant put ex6cuter
quelques I6gers mouvements spontan^s. Peu k peu, ces mouvements ont
acquis plus d'amplitude. Lorsque la m^re a voulu sortir de la Maternity,
dix jours aprds Paccouchement, nous avons constats que la paralysie avail
disparu, mais que les mouvements n'avaient pas encore acquis tout & fait
la m^me force que celle qu*ils avaient du c6t6 droit.

On pent diviser la paralysie chez le nouveau-n6 en deux classes :

La premiere classe comprend les paralysies qui durent longtemps et sent
dues k une lesion du syst^me nerveux.

La seconde classe comprend les paralysies qui disparaissent rapidement
et sont dues k des causes traumatiques. Parmi ces causes traumatiques, il
faut citer les distensions exerc6es sur les bras, les compressions du cou
ayanteu lieu au passage soit par la fourchette, soit par le pubis; dans ce
cas, le volume de Tenfant est g6n6ralement considerable. L'application du
forceps est souv^ent aussi une cause de traumatisme amenant des paralysies
passag6res, paralysie du facial, paralysie de la paupiSre sup6rieure. II n'y
a qu*un moyen de d iagnostiquer les paralysies traumatiques des paralysies
dues k une 16sion du syst6me nerveux ; ce moyen, c'est la dur6e de la mala-
die, courte chesles premieres, beaucoup pluslongue chez les autres. •

M. LuNiER, II est regrettable qu'on ne puisse pas imm6diatement
porter sur la paralysie chez le nouveau-n6 un pronostic favorable et
certain etdire aux parents que la maladie disparaltra en peu de temps.

M. PoLAiLLON. II est possible d'annoncer avec certitude le peu de
dur^e de la maladie quand Tenfant est g6n6ralement bien portant,
quand son volume est considerable et peu en rapport avec la taille de
la mfere. Un 616ment de diagnostic favorable est aussi P^galit^ parfaite
entre le membre paralyse et celui qui ne Test pas; dans le cas actuel,
cette 6galit6 existait.

M. LuNiBR. On pourrait joindre, aux symptdmes favorables, bonne
sant6, grosseur, 6galit^ des membres, un autre symptdme : la limita-
tion de la paralysie, qui ne s'^tend qu'^ un membre, et souvent k une
partie de ce membre.

• SOCIETY MfiniCALB DES hApITAUX.

Vaccine anomale avec anto-inocnlations spontan^es.

M. DuMONTPALLiBR pr^seute un jeune enfant qui, vaccina le 29 d6-
cembre k TAcad^mie de m6decine, aofTert, k partirdu quatrifemejour,
une Eruption vaccinale phlyctdnoide au niveau des piqAres d*inocu-



Digitized by VjOOQ IC



REVUE DES SOCI£t£S SAVANTES. 247

lation. Ces phlyct^nes se sont ^tendues r^liirement, en conservant
pour centre les piqtlres d'inoculation, au point de se rejoindre par
leurp^riph^rie.

Le 7 Janvier, neuvifeme jour de Tinoculation, 1^ phlyctfenes s'6tant
crev6es, il fut facile de reconnaltre sous les phlyctfenes un grand noni'
bre d'auto-inoculations. Plus tard, Tobservation sera donn6e avec de-
tails. Aujourd'hui, M. Dumontpallier a voulu mettre sous les yeux
de ses collogues un specimen de vaccine anomaJe avec auto-inocula-
tions spontan^es, et qui s'est op6r6e du cinquifeme au neuvifeme jour
de I'inooulation.

Enfin, rinflammation phlyct^noTde donnait une apparence telle k
J'^ruption vaccjnale que, si on etlt 616 flx6 sur ]a marche de cette
Eruption il eiit 6t6 possible de se tromper sur sa nature.

M. Laboulbenb, h I'occasion de Tint^ressante communication faite
par M. Dumontpallier, dit avoir observe, alors qu'il 6tait interne de
M. Monneret, un fait analogue kceux qui ont 6t6 produits par M. Du-
montpallier. II s'agissait aussi d'un enfant qui, k la suite d'une vacci-
nation r6gulifere, pr^senta des boutons vaccinaux r6pandu8[sur tout le
corps, une Eruption g^n^rale de vaccine. M. Laboulb^ne communi-
quera ult^rieurement cette observation, ainsi que quelques autres qui
pr^sentent avec elle quelque analogie.

M.Champouillon a eu r^cemment Toccasion d'observerchezune pe-
tite fille de huit h neuf mois un fait dont Texplication est assez diffi-
cile. Cette petite fille ayant 6te vaccinae, Tune des v6sicules du bras
gauche prit la Torme phlyct^nolde, s'ouvritet donna issue 2i une pe-
tite quantity de liquide qui s'^coula le long du bras ; sur le trajet de
ce liquide apparut une Eruption vaccinale, et cependant la peau, k ce
niveau, 6tait parfaitement intacte.

A cette occasion, M. Cbampouillon communique un fait d'exp6-
rience qui oflfre un certain int^rdt. II lui est arriv6 de pratiquer sur
chaque bras du mfime individu trois piqiires vaccinales, dont deux
avec du vaccin ordinaire de bras k bras, et dont une, celle du milieu,
avec du virus vaccin m61ang6 k une petite quantity de silicate de
soude. Tandis que les deux premieres ont parfaitement pris, la troi-
si^me piqAi^ n'a rien produit. Le silicate de soude n'aurait-il pas coa-
gul6 Talbumine du virus vaccin ? C'est 1^ une question k r^soudre.
M. Champouillon n'a pratique qu'une seule fois cette experience. II
serait int6ressant de la renouveler.

M. ViDAL, en 1869, a pratiqu6 Texp^rience suivante :

Un enfant avait 6t6 vaccina, la vaccination avait r^ussi, et le hui-



Digitized by VjOOQ IC



248 REVUE DES SOGIET^S SAVANTES.

tiSme jour M. Vidal, avec cevaccin, pratiquasurlo m6me enfant une
nouvelle inoculation qui r^ussit aussi bien que la premiere, si bien
qu'avec ce nouveau vaccin il put pratiquer un certain nombre de vac-
cinations qui toutes r^ussirent parfaitement. Ce fait prouve une fois
de plus que Timmunit^ produite par la vaccine h regard do la variole
n'a lieu qu'h partir du huitifeme jour ou du neuvi^me jour.

M. DuMONTPALLiER fait observcF que la communication qu'il a faite
h la 80ci6t6 comprend deux faits distincts, Tun de vaccine anomale,
Tautre d'auto-inoculation vaccinale.

Chez Tenfant qui a pr^sente cette vaccine anomale, le bouton vac-
cinal est devenu phlyct6noide le troisi^me jour, il s'est ouvert lecin-
qui5me oule sixifeme jour, etle liquide a dH s'^couler en mtoe temps.
M. Dumontpallier pense qu'en pareil cas Tinflammation doit Brecon-
sid^r^e comme la cause d^terminante de la nouvelle inoculation chez
cet enfant. Sous un seul bouton de la premiere inoculation, on na
comptait pas moins de trente-cinq boutons d'auto-inoculation. Cevac-
cin a pu 6tre suivi sur cinq generations successives. Le premier vac-
cinif6re a 6i6, dans ce cas, un enfant vaccine k TAcad^mie de m^de-
cine. Cet enfant n'a pu Stre retrouve.

Quant au fait d'auto-inoculation, il vient h I'appui des experiences
tendant h prouver que du cinquifeme au neuvifeme jouron pent reino-
culer le .vaccin sur le mtoe individu et obtenir des resultats allant
en decroissant jusqu'au neuvifeme jour. Ce laps de temps correspond
exactement k la duree de la periode d'inoculation de la variole.

Beaucoup de medecins ont longtemps considere la variole et la va-
ricelle comme deux maladies identiques. Trousseau, I'un des pre-
miers, a demontre qu'il n'en est rien, que ces deux affections sont
differentes et que Tune ne preserve pas de Tautre. M. Dumontpallier
a vaccine des enfants atteinls de varicelle et a vu le vaccin prendre
tout aussi bien sur ces enfants. II a vu de mSme des enfants vaccines
prendre la varicelle.

SOCIETE OBSTETRIOALE DE LoNDRES.

Seance du 3 fevrier 1875.

Le president nouvellement eiu,le D** Overend Priestley, en prenant
possession du fauteuil presidentiel, adresse le discours suivant aux
membres de cette societe :

Messieurs, en prenant place dans cette chaire oh votre favour m'ap-
pelle pour la premiere fois aujourd*hui, je veux exprimer mes remer-



Digitized by VjOOQ IC



REVUE DBS SOClfertS SAVANTES. 249

clments sincferes h cette soci^W qui m'accorde une position si distin-
gu^e.

Quand il fut question de me nommer h la pr^sidence de la Soci^t^
obst^tricale, je craignis de n'fitre pas h la hauteur d'une telle respon-
sabilite. II est vrai que depuis bient6t trente ans, comme professeur
d'obstetrique et comme praticien, je puis 6tre consid4r6 comme Tun
des anciens dans la profession d'accoucheur, mais d'autres occupa-
tions, des considerations de sant6 me forcerent de m'abstenir pendant
longtemps de prendre part aux travaux de cette soci^te et d'autres
dont je fais partie, et certainement je suis moins familier aux modes
de procedure que quelques-uns de nos 6minents collogues qui ont
affronts le feu des discussions scientifiques et qui peuvent aspirer h la
pr^idence comme recompense des services rendus ^ la society.

Mes objections sur ces differents points furent ecartees, et quand je
compris qu'il entrait s6rieusement dans les vues du conseil de mettre
ma nomination aux voix, je necrus pas devoir h^siter plus longtemps,
et je me soumis aux decisions de la society en acceptant cequi m^^tait
si spontan^ment offert. II me reste ^ exprimer ma reconnaissance pour
I'bonneur qui m'est fait, k la fois au conseil qui m'a nomm^, et aux
membres de la soci6t6 qui ont ratifie mon Election.

J'ai6te Tun des fondateurs de cette society, et Tun de cette petite reu-
nion qui, en 1858, consid^r^rent comme necessaire de fonder ^ Londres
utie soci^te obstetricale. — J'ai suivi avec le plus grand intdrfit son
developpement depuis son enfance jusqu'& sa maturity, et ses mem-
bres peuvent 6tre flers du succ^s obtenu. II n*y a, je crois, en ce pays,
aucun exemple semblable d'une society m^dicale ayant eu un accrois-
seraent aussi rapide dans un si court espace de temps que la societe
obstetricale. Dans le court espace de seize ans, il y eut 700 membres,
elk publication des Transactions t^moigne du nombre considerable de
ses travaux et de ceux qui y prennent part.

On a dit que chaque praticien se regardait comme tres-expert dans
la pratique obstetricale. C'est peut-^tre une manierede dire que le plus
grand nombre des m^decins ont dd, dans certains cas de .la pratique
des accouchements, mettre laborieusement en oeuvre toutes leurs res-
sources, qu'ilsont^prouve quelquefois lan^cessiled^une action imme-
diate dans un moment perilleux, et que la plupart d'entre eux ont quel-
ques histoires k raconter, quelques souvenirs de difflcultes surmontees
qui ont laiss6 peut-6tredes impressions plus vivaces que dans une autre
branche de la medecine. Qu'il en soit ainsi, c'est possible; toujours
est-il que le plus grand nombre des medecins dans ce pays est engage



Digitized by VjOOQ IC



250 REVUE DES SOClfiTfiS SAVANTES.

plus ou moins dans la pratique des accouchements et dans le ira\ie-
ment des maladies des femmes et des enfants, et ce fait m^me est une
des causes de Tint^r^t que Ton prend h une soci6t^ dont Tobjet est
d'apporter des perfectionnemenls h Tart obstetrical, et son influence p6-
n6tre la masse de nos confreres en proportion de I'importance des
choses qui les touchent, et ses productions sont accueillies par ces
mfimes confreres parce qu'elles se rapportent k leur travail joumalier.

En passant en revue Thistoire de la society qui n'a encore eu qu'une
courte dur^e, je suis persuade qu'elle a d6j& fait beaucoup debien, et
qu'elle a pris une certaine part dans les progrfes de la science et de
Tart dans cette branche de la m6decine qu'on appelle Tobst^trique.
Le nombre et la diversity des matiferes cbntenues dansles Tramactions,
les exemples nombreux de cas pathologiques, les longues discussions
sur des sujets sp^ciaux prouvent 6videmment le zfele d^ploye par les
membres qui habitent Londres et par ceux de la province; quant k la
valeur scientifique des sujets trait^s, cela est d6montr6 par la vente
des Transactions, et par les traductions fr^quentes qui en sont faites
dans la litt^rature m6dicale 6trang6re. Qu'il me soil permis de remar-
quer que, si Tinfluence de la society par Texposition de connaissances
gynecologiques a grandi non-seulement en dedans mais en Jdehors,
dans la mfeme proportion s'est accrue sa responsabilit6. Aussi les mem-
bres de cette assemble devraient appofter la plus grande prudence
dans Texpos^ de leurs opinions qui, 6tant publi6es, peuvent, quoique
involontairement, 6tre la cause de dangereuses erreurs dans la pra-
tique.

J*ai souvent M frapp6 de I'interpr^tation bizarre et fausse que Ton
donne quelquefois aux opinions d'un auteur qui a cependant pris la
peine de bien se faire comprendre et de mettre ses auditeurs en garde
contre tout malentendu. A Tuniversit^ de Londres, dans les examens
pour Tobtention des grades m^dicaux, rien n'est plus commun que de
voir attribuer h feu S.-James Simpson la pratique de s^parer le pla-
centa dans tons les cas de placenta proevia, quand il est bien reconnu
par tons ceux qui ont 6tudie avec soin ses m^moires qu'il recom-
mande seulement cette in^thode dans quelques cas rares et embarras-
sants. McMS, si des erreurs peuvent 6tre publides par simple malen-
tendu, combien plus encore une pratique dangereuse peut 6tre le r6-
sultat d'enseignements qui sont eux-m6m'is erronfe ou pernicieux.
Enonc^s sous les auspices de cette soci^te et transports dans les
provinces partout oil on lit le compte-rendu de nos stances, les
r^sultats peuvent Mre d^sastreux & la fois pour le m^decin et la



Digitized by VjOOQ IC



REVUE SCIENTIFIQUE l^TRANGtlRB. 25 i

cliente. Aussi chaque membre doit-il se garder lui et la 8oci6t6
coDtre racceptation d'erreurs qui peuvcnt devenir aussi dange-
reuses que r^pandues. U faut surtout apporter une grande pru-
dence en ce qui louche des operations qui int^ressent ou la vie ou la
sanie future des malades. Je me hasarde avec quelque defiance h
indiquer un oudeux dangers qui existent dans I'^lat actuelde la science
gyn^cologique. U est malheureusement dans la nature des choses de



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 27 of 82)