William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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voir interpreter d'une manifere exager^e* une id6e ou' une m6thode
nouvelle quand elle vienl d'etre developp^e, et Tenthousiasme souvent
pousse un homme ardent d*un extreme k Tautre. Parmi les exemples
les plus remarquables, qu'il me soitpermis d'indiquercelui-ci : quand,
dans les accouchements, le forceps devint si parfait que dans des mains
habiles il put etre employ^ dans bien des cas dans Tint^rSt h la fois de
la mere et de Tenfant, et qu'il devint etabli que, d'apr6s la rfegle, il ne
fallait pas attendre aussi longtemps pour I'employer qu'on etait dans
rhabitude de le faire autrefois, quelques patriciens zfl^s comraencfe-
rent & mettre de c6t^ toute precaution, k n'attendre de la nature que
le moins possible, et, dans le but de gagner du temps, k recourir k
I'instrument de deiivrance plus fr^quemment qu'il n'etait n^cessaire.
Autre exemple semblable : un praticien ingenieux frappe des services
rendus par la version dans quelques presentations de la tete oh I'ac-
couchement presentait quelques difficultes, propose maintenant de re-
courir k la version dans tons les cas de presentation du sommet toutes
les fois que le plus petit retard arrivera dans le cours du travail naturel
et que les orifices seront suffisamment dilates.

Dans la branche medicale qui se rapporte aux maladies des femmes,
il y a de temps en temps une tendance k donner la predominance k
quelque etat pathologique particulier, de fagon k exclure compiete-
ment, ou simplement k mettre en seconde ligne une autre affection,
peut-^tre tout aussi importante, de Tuterus et de ses annexes.

C'est ainsi qu'^ uneepoque Tovarite occupait la premiere place dans
les maladies uterines; k une autre periode, c'etaient Tinflammation et
Tulceration du col que Ton mettait en premiere ligne dans la patholo-
gie uterine ; et maintenant nous sommes menaces du r^gne des de-
placements uterins, qui attribue la majorite des sympt6mes des ma-
ladies de la matrice aux flexions et aux versions de cet organe; et les
malades, influences sans doute par le courant de Topinion medicale,
ainsi que cela arrive chaque jour dans le cabinet de consultation, se
prdsentent atteints d'une veritable 6pidemie de deplacements, ets'ima-
ginent que toutes leurs souffrances sont causees par les deplacements



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252 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

de la matrice, absolument comme h une autre 6poque les affections de
la matrice 6taient attribuees k Tulc^ration , sans que ni Tune ni Tautre
de ces suppositions, peut-6tre, soit d'accord avec les faits.

L*expos6 de vues sp^ciales en pathologie, si elles sont erron^es, en-
tratne toujours a quelque dommage en determinant de pernicieuses
m^thodes de traitement, et diminue notre prestige auxyeux du public
et de ceux de nos confreres qui exercent dans d'autres bran?
ches de Tart medical. Mais quand les theories port6es dans la pratique
entralnent des proc^dds qui peuvent 6lre dangereux dans leurs rdsul-
tats, soit imm^diatement, soit plus tard, ou qui nficessilent de fre-
quents examens par le vagin, on ne saurait apporter trop de circons-
pection avant de les adopter.

Imaginez-vous quel aurait 616 le r^sultat, si le c^lfebre professeur,
qui pratiqua le premier les incisions sur le col, h cause de dysm6nor-
rh^e ou de sterilitd, eti trouv6 beacoup d'imitateurs, n'ayant pas son
g6me, et qui se fussent mis h inciser le col dans la plupart des cas de
menstruations p^nibles ou de d^sir de progenitura! Figurez-vous ce qui
serait arrive si Ton avait pense que presque toutes les formes de ma-
ladies uterines pouvaient etre gurries uniquement par des cauterisa-
tions frequentes et repetees. Ou bien encore, si une grande partie des
praticiens avaient eu cette singuliere idee que les deplacements de la
matrice etaient le point de depart de la plupart dfes affections uterines,
et que les pessaires, de quelque forme qu'ils soient, eussent ete con-
sideres comme le seul remade k la fois pour les femmes mariees et
pour les ceiibataires.

Je ne voudrais pas 6tre considere comme un depreciateur des tra-
vaux de quelques-uns de ceseminents chercheurs qui ont tant fait pour
le progr6sde nos connaissances des maladies uterines. II serait injuste
de ne pas reconnaltre combien nous sommes redevables k leurs cons-
ciencieux travaux, et on est bien tente de donner la preponderance
aux sujets qui ont tellement occupe Tattention et donne tant de peine
dans les recherches qu'ils ont necessitees. Mais je desire reserver
Tacceptation de telle ou telle idee ou theorie, qui, si elle passe k retat
de marotte, pent devenir un empechement pour I'etablissement d'une
plus large et pUis comprehensible pathologie uterine, et pent, par ha-
sard, conduire k des methodes de traitements empiriques et dange-
reux. L'esprit preoccupe d'une seule idee n'est capable d*exercer ses
.recherches que dans les limites de cette idee, et pent alors negliger ou
ignorer des choses plus importantes, mais placees en dehors du cercle
dans lequel on se trouve alors. Dans uii art experimental comme le



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 233

n6tre, la pratique marche h travers des phases et des modes variables,
selon lesprincipes qui prevalent en pathologie et en. therapeutique *, et
nous ne sommes pas les seuls obliges k respecter la situation. La me-
decine a eu des phases de saign^es, vesicatoires, traitement antiphlo-
gistique, suivies par lam^thode diam^tralementoppos(5c des stimulants.
Le traitement par le mercure a eu ses beaux jours, auxquels a succede
une m^thode anti-mercurielle, et ainsi de suite.'

L'homme scientiflque est quelquelbis oblig6 de se renfermer en lui-
mfeme, et de ne pas se laisser entralner par quelque suggestion en
dehors des sentiers battus. Ceci me paralt une obligation inutile en ce
qui touche notre propre profession. Ses membres ont tout ce qu'il faut
pour accepter de nouveaux accroissements de ses rcssources, pourvu
que les choses nouvelles ainsi annoncees pr6sentent une suffisante
Evidence de sinc^rit^. Lo danger, peut-6tre, est dans une disposition
opposte. Les r^centsetrapides progres dans les sciences m^dicalesont
6Iev6 trop haut la doctrine de Texpectation, el ont pendant quelque
temps favoris6 une trop facile acceptation de nouveaut^s ; aussi des
exp6rience3 post^rieures ont oblige & d^pr^cier ces nouveaux perfec-
tionnements.

II m'a sembl6, en passant une revue gondrale de notre 6tat scienti*
fique et en pesant exactement notre position, que le mouvement
donne les dernieres ann^es par quelques admirables travailleurs, k la
chirurgie uterine, avait fait pencher la balance beaucoup trop du c6t6
chirurgical et que les m^thodes de traitement par des operations ont
abaiss^ inddment et non sans danger les considerations purement
m^dicales dans les maladies ut^rines.

11 est essentiel, dans le propro int^r^t de notre art, en mfime temps
que nous protons une oreille attentive k chaque suggestion de perfec-
tionnement, de rester en action conservateurs, dans la rigoureuse
acception de ce terme, surtout quand I'intervention pent faire plus de
mol que de bien. Je n'ai pas besoin de rappeler 5. ceux qui les connais-
sent les dangers qui menacent les op^rateurs dans la pratique des
accouchements, ni les raisons qui conduisent le praticien prudent k
s'abstenir de toute intervention, excepts quand il y a necessity absolue.
L'axiome connu sur « Meddlesome Midwifery », est aussi vrai aujour-
d'hui qu'autrefois. L'experience a prouv^ surabondamment que m6me
la moindre operation sur Tuterus, hors de la grossesse, ne pent 6tre
consider6e avec lam^me immunitequ'une operation semblable dans la
chirurgie des parties externes. Une simple emission, Tablation d'un
polype, une injection intm-utdrine, I'introduction d'un pessaire intra-



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254 HEVUE DES SOCIETES SAVANTES.

ut^rin, sent quelquefois suivis de symptdmes graves, qui, dans quel-
ques cas, se sont terming par la ihort de la malade, ou par une p6ri-
tonite qui laisse Tappareil genital malade pour toujours.

On voit sou vent un jeune gyn^ologiste se lancer avec ardeur dans
les operations, qui, pense-t-il, doivent remplacer les m^thodes de
traitement, plus lentes et plus prudentes. Mais, avant peu, il s'aper-
Qoit que la moindre operation ne peut-6tre lais?6e au hasard, et, s'il
a quelque souci du bien de ses malades, il devient plus vite conserva-
teur qu'il ne devient vieux. II est vrai que nous avons assists k de
grandes OBUvres accomplies dans la chirurgie gyn6cologique avec un
courage indomptable et des peines infinies, en face de grands perils.
Je ne connais rien de plus remarquable, en ce sens que les succfes que
notre distingu6 confrere Spencer Wells et, aprfes lui, le D' Thomas
Keith ont obtenu dans Top^ration de Tovariotomie. Mais on doit ^e
rappeler que cette operation a 616 entreprise et consomm6e pour ar-
rfiter les progrfes d'une maladie qui, avant longtemps, se serait termin^e
par la mort. Les risques encourus sont en rapport direct avec le p^ril
qui menagait la malade avant Top^ration; mais ceci ne saurait 6tre
compart k ces operations hasardeuses faites pour enlever quelques
moindres souffrances ou pour gu^rir une femme sterile, d'ailleurs en
parfaite sant6. Ainsi, tandis qu'un gyn6cologiste sagace et prudent ne
doit reculer devant rien pour le bien definitif de sa malade, il ne doit
pas se laisser charmer par une operation nouvelle ou aventureuse,
sans preuve suffisante de sa necessity, de son efficacite et d*une cer-
taine s6curit6, et sans avoir bien consider^ si une autre operation
moins dangereuse ne conduirait pas au m^me r^sultat. De plus, il doit
peser toutes ses ressources, aussi bien dans le diagnostic que dans le
traitement. Celui, par exemple, qui emploie la sonde uterine sans s'as-
surer si Tensemble des circonstances est sufflsant pour lever quelque
doute, inflige certainement h sa malade une certaine somme de dou-
leur et de tourments, sans en tirer un bien grand avantage. La m6me
observation pent s'appliquer, jusqu'k un certain point, & Temploi du
speculum, et sans vouloir k ce sujet 6tablir une r^gle absolue, qu'il roe
soit permis de dire que la m^thode de traitement des affections ut^rines
(toigours en consid^rant la chose comme n^cessaire) qui se recom«
mande le plus promptement est celle qui n'entralne pas h de trop fre*
quents examens par le vagin.

Cette socieie, constitute comme elle Test, et contenant dans son
sein d'^minents professeurs d'obstr^trique et des praticiensdistingues,
doit agir comme mod^rateui^ quand des id^es nouvelles sont propo-



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REVUE DBS SOCIBTES SAVANTES. 255

s6essur des mati^res de sa competence. Elle doit accueilliravec favour
et encourager toute bonne innovati(^ qui joint h une amelioration une
sflirete comparative, elle doit imposer, pour ainsi dire, sa valeur ve-
ritable et son importance, et ses decisions devront commander le
respect, en proportion du soin et de la prudence de ses deliberations.

A ce point de vue, je consid^re la position du president comme
ayant une haute responsabilite, et ce n'est pas sans une certaine de-
fiance de moi-meme que je consid^r'e la charge que vous m'avez confiee.
Je dois done me reposer sur votre indulgence, et j'espfere qu'en conser-
vant une stricte impartialite j'obtiendrai votre approbation. En mSme
temps, je guiderai vos debats avec sagesse et jugement.

Si la societe a dej^ beaucoup fait, elle a encore beaucoup h faire.
Outre Tamoncellement des observations precieuses fournies par Vexpe-
rience, il y a de nombreux et interessants sujets de recherches qui
peuvent faire la reputation des membres qui se sentent de I'aptitude
pour ce genre de travail. II y a encore des mines inepuisables d'inves-
tigations, qui n'ont ete quetrSs-partiellement explorees et qui recom-
penseront amplement du temps employe k ce sujet. Prenez, par exem-
ple, les maladies du placenta; malgre Ics travaux de Simpson, Barnes
et d'autres, il reste encore beaucoup de choses h apprendre. Le sujet
tout entier de la mort du foetus dans le sein matemel, comprenant la
pathologic, les causes et le traitement preventif de I'avortement, ainsi
que la mort du fcBtus dans les derniers mois de la grossesse; c'est un
sujet plein d'interet et qui offre un vaste champ de recherches.

Prenez ensuite le sujet de la septicemie ou de Pempoisonnement du
sang. Combien nous connaissons pen de choses hors des conjectures
qui sont faites h ce sujet ! Combien nous connaissons peu la nature ou
Torigine du poison lui-m6me! Combien cependant les resultats sont
serieux, et combien le plus eclaire de nous se trouve sans secours pour
le combattre, quatid il est amplement developpe ! Assurement, avec
une experimentation attentive, combinee h I'analyse chimique, on
pent faire quelque chose pour eiucider ce sujet, pour aider k prevenir
ce poison ou pour diminuerses effets.

Un objet d'un grand interet pratique, sur lequel de nouvelles infor-
mations sont necessaires, a ete confie k un comite d'observateurs ca-
pables, nomme par la societe pour etablir des recherches et faire un
rapport k ce sujet; je veux parler de la transfusion. Le rapport est,
m*a-t-on dit, k peu prte termine, et quand il sera presehte, il serait
desirable qu'une soiree speciale lui soit consacree, afin que les mem-
bres puissent donner leurs opinions, et faire part de leur experience



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25(( INDEX BIBLIOGRAPHIQUE.

sur cc sujet g6n6ral de la transfusion, et sur sa valeur dans la pratique
actuelle. •

Un de vos presidents a appel6 lattention sur le nombre relativement
faible des travaux de la soci6t6 sur la pathologie de I'enfance. Je pense
egalement que c'est 1^ un oubli regrettable. Les maladies des jeunes
enfants sont communement regard^es comme faisant partie du do-
maine obstetrical, et leur traitement tient une si grande et si impor-
lante place dans la pratique de cKaque docteur qu'on doit desirer de
voir une etude faite avec soin et d'une mani^re constante chaque fois
que la chose pent presenter quelque utility. II est parfait^ment reconnu
que par suite de certains details anatomiqueset physiologiques, les en-
fants sont sujets h des maladies qui difRrent, sur bien des points, de
celles des adultes, et surtout au point de vue de leur anatomie patho*
logique. S'ils sont atteints de la m^me affection que Tadulte, le mal
commun aux deux &ges pent, par suite du jeune&ge du malade, 6tre
modiQe dans sa marche, 6tre accompagn6 d'autres symptdmes et de
complications, et peut-6tre se terminer d'une autre maniere. Des pro-
cedes dans la recherche des maladies des enfiints particuliers de dia-
gnostic ont ete employes, et une therapeutique speciale est suivie dans
•leur traitement.

Par suite de^l'importance de ce sujet, j'espfere que les membres de
cette societe apporteront devant nous un plus grand nombre de com-
munications sur la pathologie de Tenfance, et je pense que les rapports
en pourront etre lus dans le prochain volume des « Transactions obste-
tricaks. »



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE.



Menton, sous le rapport climatologique et medical, parleDr J.-F. Farina.
Paris,! vol in-12. Chez Doin, place de Tficole -de-M^decine, 2, rue An-
toine-Dubois. Prix. "2 fr 50

Les Lois de la Generation, sexualite et conception, par H.-M. Goubribr.
Paris, 1 vol. in-12. Chez J.-B. BailliAre, rue Hautefeuille. Prix. 2 fr.

De rOnanisme, causes, dangers, remedes, par le D' H. Fournibr. Paris
1 vol. in-12. Chez J.-B. Bailliere, rue Hautefeuille. Prix. 1 fr. 50

Le secretaire de la redaction^ gerant : De Soyrb,



Paris. — Typ. A. PAUENT, rue Monsieur-le-Prince, 29 et 3i.



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ARCHIVES

DE TOGQLOGIE,

DBS

MALADIES DES FEMMES

ET

DES ENFANTS NOUYEAU-UifiS.

MEMOIRES ORIGINAUX



DE LA

GROSSESSE EXTRA-UTERINE P^RITONEALE

DB SON DIAGNOSTIC ET DE SON TRAITEMENT.
(7« article) (I).

Pronosiic. — Quoique s^rieux, ce pronostic est bien moins grave que
celui que comporte la grossesse tubaire. II est rare, en effet, que cellc-
ci dure au-deli des deux ou trois premiers mois, et ne se termine pas
dans cette p^riode par la rupture de la trompe qui entraine une mort
rapide par h^morrhagie ou par peritonite. La grossesse peritoneale,
all contraire, peut bien entrainer les mfimes consequences, mais cela
est exceptionnel, et les choses marchent habituelleraent d'une toute
autre mani^re. Cette vari^te de la grossesse extra-uterine produit pres-
que toiyours dansTorigine des phenom^nes inflammatoires du c6te de
Ja portion du p6ritoine qui se trouve en rapport avec Tovule. A ces
inflammations plus ou moins rep^tees et plus ou moins vives succ6de
ordinairement un calme relatif. II nest mtoe pas rare que Tetat ge-
neral devienne completemont bon pendant une assez Jongue periode.

(l)Voir les num6ro3 de Janvier, f6vrier, mai, juin et septembre 1874, et
f6vrierl875.

Archi\)e9 de Tocohgie. — mai 1875. 17



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25.S MEMOIRES ORIGliNAUX.

Mais, quand vit^nt le terme de la gpossesse, quelquelbis avant, el en
tout cas ^ Toccasion de la mort de Tenfant qui est inevitable, de nou-
velles explosions inflamraatoires se produisent, et 11 n'est pas impossi-
ble qu'elles iassent mourir rapidement les femmes. Habituellemcnt la
marche de celte complication est'beaucoup plus lente et luisse it la
nature ou ^ la chirurgiela possibility de preparer .des moyens de gue-
rison dont biSn^ficient un certain nombre de malades. Le liquide que
renferme le kyste peut se rdsorber, le ibelus se momifler en quelquo
sorte, les parois du kyste subir des transformations cr^tac^es plus ou
moins completes, et en ddfinitive la tumeur, apr^s avoir consid^rable-
ment diminue, demeurer dans la cavite abdominale pendant dix,
quinze, vingt, trente ans et m^me davantage, en laissant les femmes
vaquer h toutes leurs occupations et jouir d'une sante complete. Dans
d'autres cas, I'inflammation qui s'est emparee du kyste peut s'etendre
aux parties voisines. Un travail ulc^ratif s'etablit, et la poches'ouvre,
soit ^ travers les parois de Tabdomen, soit dans une portion du tube
digestif, soit dans lavessie, soit dansle vagin. On peut admettre d'une
manifere'gen^rale que les dangers sont d'autant plus grands que le
foetus et le placenta sont volumineux, et que, par consequent, la gros-
sesse extra-uterine s'est rapproch^e davantage du terme normal des
grossesses ordinaires, ou la m§me depass6. Plus la masse soumise h
la fermentation putride est considerable, plus Torganisme aura la
chance d'etre infects. Rien n'egale la fetidite des matiferes contenues
dans les kystes qui nous occupent. La putrefaction du placenta, eu
particulier, est quelque chose d'horrible. Tous ceux qui ont fait des
gastrotomies, dans ces conditions, savent bien que je n"*exag6re rien.
On s'est demande quelle ctait, parmi les diversesvoies d'eiimination
que la nature emploie pour.se debarrasser, celle qui donnait les meil-
leurs resultats. II ressort d'une statistique dressee par M. Puech que
sur 69 cas dans Icsquels le kyste s'est ouvert dans Tintestin, la gueri-
son aeu lieu 44 fois; que sur 23 observations dans lesquelles on voit
que la communication s'est etablie avec le vagin, un r&ultat favorable
a ete constate 18 fois, qu'on a vu 14 guerisons survenir sur 17 cas
dans lesquels le kyste s'etait mis en communication avec la ves-
sie, et qu'enQn 40 fois les femmes avaient ete sauvees, sur 46 chez
lesquelles la parol abdominale avail ete la vole de reiiminalion
spontanee. S'il etait permis de tirer des conclusions rigoureuses
des fails que je viens de rappeler, on serait conduit & penser que
de toutes ces terminaisons la plus desirable est celle dans laquelle



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DU PRONOSTIC DANS LA GROSSESSE PERITONEALE. 25*^

le kyste s'ouvre k Iravers les parois abdominales. Puis viendrait
relimination par le vagin. Celle par TintesUn n'occuperait que le
troisi^me rang, quoique ce soil celle qu'on observe souvent. Quant
k moi, je n'ai jamais vu d'elimination se faire par les parois du
ventre, mais il m'a ^16 donn6 d'en observer deux par le vagin et
deux par le rectum, et dans ces 4 cas, la gu^rison fut observ^e ; je
comprends toutefois que le trajet soit plus simple et plus court par
I'enveloppe abdominale, qui est d'ailleurs plus accessible h certains
moyenschirurgicaux qui peuvent h&ter, dans une certaine mesure, les
efibrts naturels. Quoi qu'il en soit de ces divers modes de terminaison,
ils comportent tons un travail long, p^nible et souvent dangereux. Sur
132 cas reunis par M. Becker, les diverses Eliminations ont donn6
76 gu^risons. La statistique de M. Puech fournit des r^sultats plus
favorables, puisquesur 489 observations, on a notE 136 guErisons. II
ressort egalement de I'examen de tons ces faits que les succ^s sont
d'autant plus nombreux que le fetus a v^u moins longtemps danfe le
kvste extra-ulErin.



Traitement. — Les diff(§rentes indications que peut faire surgir le d^ve-
loppement de i'oeuf en dehors de la cavite uterine sont extr^mement va-
riables, et on peut dire que chaque cas cr^e des conditions speciales qui
ont conduit les chirurgiens & proposer et h mettreen usage|des m^thodes
trfes-diverses. II convient d'abord d'^tablir une division qui est trac^e
par les faits tels qu'ils se pr^sentent dans la pratique : 1" la femme
pour laquelle on est consults est dans le cours des quatre ou cinq
premiers mois de cette grossesse insolite ; 2*» elle a d^passE cette pre-
raifere pEriodeet elle est arrive plus ou moins prfes du terme normal de
ia grossesse, parlbis m^me elle Ta d^passe.

Je vais rapidement passer en revue ce que doit ou ce que peut fitre
I'intervention du chirurgien dans le coUrs de ces deux p^riodes.

1* Du traitement de la grossesse extra-uthnne en ginh-al pehdant les^
guatre ou cinq premiers mois, et de ce qui^ sous ce rapport, se rattache direc-
tement a la grossesse peritoniale.

Je me suis d^j^ expliquE sur les dilKrentes espfeces de grossesse
extni-ut^rine admises sanspreuves sufQsantes et Ibnd^s uniquement
sur des vues th^oriques que Texamen anatomique des faits est loin
de justifier. Aussi dfes le debut de ce travail, apr5s quelques conside-
rations g^n^rales auxquelles j*ai dtl me livrer, j'ai 6t6 conduit k les



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260 MEMOIRES ORIGINAUX.

rattacher touks h deux classes principales : les grossesses tubaires et
les grossesses periton^ales primitives ou secondaires. Cette division,
conforme k ce que m'a appris mon experience personnelle aussi bien
que retude des fails publics par les auteurs, est celle qui avail et6d6jii
adopWe par le professeur Stollz dans le nouveau Dictionnaire de m6-
decine et de chirurgie pratiques (article Grossesse.)

J'ai rappeie. ^galemenl, en m'occupant du diagnostic de la grossesse
extra-ulerine p^riton^ale, combien celui de la grossesse extra-ul^rine
en general 6tait difficile dans celle premiere p^riode. On comprend
d5s lore combien les ressources de la th^rapeulique doivent 6tre limi-
t6es dans les cas dans lesquels on ne sail pas encore d'une manifere po-
sitive s'il y a une grossesse quelconque. II est plus que probable que
les moyens qui onl 6i6 mis en usage dans quelques-unes de ces condi-
lions ont ^16 appliques h des tumeurs qui n'avaienl pas un oeuf f6-
conde pour origine.

Ces reserves failes, je vais passer rapidemenl en revue les divere
modes d'inlervenlion qui ont 616 conseillds.|Ilsseressemblent tons par
leur but final qui est d'enrayer la marche de la grossesse insolite qu'on
suppose exisler. M..le D' Keller les a tr^s-bien resumes dans son in-
teressant travail public en 1872.

a) Pour arriver h ce resullat et pour obtenir ce qu'on appel6 un
avortement interne j Von-Rigten (1) a conseill6 de soumeltre la femme
h une di&le tr6s-s6v6re et de I'affaiblir encore en lui administrant cha-
que jour des sels purgalifs et des pilules d'ergot de seigle. L'observa-
tion qu'il a publico pour montrer les avantages de celle m^thode est
loin d'^lre concluante. On sail aujourd'hui que le regime d^bililant
peul bien diminuer le ddveloppement du produit de la conception,
mais qu'il est incapable de le faire p6rir, h moins de le porter jusqu'k
des limiles que la prudence ne permeltrait pas d*alteindre dans rinl6-
r^tdes femmes. Quant au seigle ergol^, quelle action pourrait-il exer-
cer sur les parois d'un kyste qui n'ont rjen de musculaire?

b) Divers praticiens ont conseilW ou execute la ponction du kyste
foetal avec le trocart. lis se sont propose de determiner la mort du
foetus par Tevacuation du liquide amniotique. Si on en juge par quel-
ques observations qui ont 616 publi^es, le proc^de n'agirait pas sans
faire courir aux femmes de trfes-s^rieux dangers. Dans un cas de gros-



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