William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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(l) Neuc Zeit. furgeb., I860, t. IX, 206.



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DU PRONOSTIC DAN.S LA GROSSESSE PERlTONfiALEr. 261

sesse p^riton^le parvenue^ deux mois et demi, le D"* Martin (1) fit une
ponction exploratrice k travers les parois abdominales. Un ^panche-
ment de sang se fit dans la cavitc du ventre et la fenime succomba.

Simpson (2) et Braxton-Hicks(3) n'ont.paset6 plus heureux dans
deux autres cas, quoique la ponction eftt 6t^ faite par le vagin. II est
juste de dire cependant que chez la malade op^r^e par le premier, la
grossesse avail d6]h atteint cinq mois et demi, et que cbez celle ponc-
tionn^e par le second, une rupture spontan^e du kyste avait pr6c6d6
Top^ration. D'un autre c6t6, le D' Greenlagh (4) a donn6 la relation
d'un cas dans lequelune ponction praliqu^e par le vagin kTaide d'un
trocart trds-fin dans une grossesse de deux mois et demi amena la
cessation rapide de douleurs abdominales tr^s-intenses, et fut suivie
dela gu^rison tr5s-prompte.

S'agissait-il bien dans tousces casde grossesses extra-ul6rines ? Car
je le deraande encore une fois, est-il possible d'6tablir un diagnostic
rigoureux, quand on parle d'une gestation qu'on estime h deux mois
et demi? Peut-^tre cepesdant, avec les perfectionnements que de nos
jours on a apportes aux ponctions exploratrices, pourrait-on avec
moins de t^m^rit^ recourir h une pareille m^thode; mais il fautbien
en convenir, Texp^rience n'a pas encore prononc^ sous ce rapport.

c) Prapp6 sans doute des r^sultats defavorables qui avaient ^t6 la
consequence de la ponction du kyste et de T^vacuation du liquide qu'il
renfermait, Joulin (5) congut I'id^e de modifier la m^thode et proposa
de tuer le foetus en le mettant en contact avec une certaine quantity
de morpbine ou de strychnine incapable de faire courir k lam^reaucun
danger s6rieux ; voici comment il s'explique k cet ^gard : « Une gros-
sesse extra-uterine etant diagnostiqu^e, son si^ge precis est inconnu ;
mais latumeur est accessible par le toucher. On en circonscrit la sur-
face, on la fixe en la rapprochant autant que possible de la parol ab-
dominale ; puis, au moyen d'un trocart capillaire, on pdnfetre dans son
interieur, et on fait avec la seringue de Pravaz une injection d'un cen-
tigramme d'atropine d^layde dans quelquesgouttes d'eau.

« II peutarriver deux choses: ou Talcalolde a pen6tr6 dans le foetus



(i) Bulletin de la Soci6t6 anatomique, i855.

(2) Edimb, Journal, mars 1860.

(3) Obstetric. Transact. VII, 1869.

(4) Lancet, 23 mai 1867.

(5) Causes de dystocie provenant du foetus (th6se d'agr^gation).



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262 MEMOIRES ORIGINAUX.

et la mort est presque immediate, ou il a p^n^tr^ dans les liquides de
I'oBuf, el il est possiblealors, bien qu'il n'existe pas un ^change actif en-
tre le liquide amniotique et le foetus, qu'il y ait cependant une absorp-
tion suffisante pour determiner la mort. En cas d'insuccfes, on r6it6-
rera reparation jusqu'^ ce que le trocar t touche le tetus.

« Cette injection ne peut avoir aucune action nuisible pour la mfere,
par cette raison que le liquide amniotique ne rentre que d*une ma-
ni6re lente dans Torganisme maternel, et Talcaloide serait absorb^
par fractions tellement faibles qu'il serait impossible qu'il en result&t
pour elle le moindre risque, »

Quoique Joulin n'ait jamais eu Toccasion d'appliquer cette ing6-
nieuse conception de son esprit, il serait injuste de ne pas lui rappor-
ter rhonneur de ce proc^d^ qui depuis a ^t^ applique avec succ6s.
Peude temps aprfes qu'il VeHii propose, M. Priedereich (1) le mit en
pratique pour une tumeur situ^e dans la fosse iliaque droite, et qu'il
diagnostiqua 6tre une grossesse extra-uterine de trois k quatre semai-
nes. II fit par le vagin 4 injections de 5 k 10 milligrammes de morphine
chdcune. La malade se r^tablit compl6tement en tr6s-peu de temps.
M. Keller nons a dit, non sans quelque raison, qu'on amis endoute
la r^alite de la grossesse extra-uterine. La tumeur avait le volume
d'une orange, et on avait trouve que c'etait un peu gros pour une
grossesse de trois h quatre semaines.

Void un autre fait qui est plus probant,et que M. Kellera emprunte
k la pratique de M. Kceberie : a La grossesse etait au deuxi&me ou au
troisi^me mois; la tumeur siegeait du cote gauche et occupait [la fosse
iliaque dans une etendue d'environ 15 centimetres. La malade souf-
frait beaucoup et I'etat general se deteriorait notablement. M. Kceberie
fit une ponction au-dessus du ligament deFallope avec unfln Irocart;
il s ecoulaune certaine quantite d'eau del'amnios. Puisil pratiquaune
iiyection de chlorhydrate de morphine. II est h presumer que Tinstru-
ment avait rencontre des insertions placentaires; car, en le retirant ,
il s*ecoula du sang et il y eut une hemorrhagic assez forte , malgre
la compression soigneuse qui fut exercee sur la tumeur, II y eut
meme une assez forte suffusion de sang dans les parois abdomi-
nales. Malgre cela, les douleurs disparurent aussitdt aprfes Topera-
tion, la tumeur diminua rapidement, et la malade se retablit com-
pietement. »

(i) Virchow's Abbandl. i9, 1864.



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DU PRONOSTIG DANS LA GROSSESSE PERITONEALE. 263

Quoique Tobservation deM. Koeberl6 parle en faveur de la m^thode
dont il est question, celle-ci est encore d'origine trop r^cente quant h
son application, pour qu'on puisse porter sur elle un jugement d4fi-
nitif. Un fait seul paralt bien ^tabli, c'est qn'avec des injections nar-
cotiques on peut tuer le foetus; mais on serait dans Terreur si on sup-
posait que tout danger est conjur^ quand ce r^sultat a ^t^ obtenu. A
ce point de vue, Tobservation qui suit est de nature h mod^rer un peu
Tenthousiasme de ceux qui pensent qu'on a tout fait quand on a
earay^ la marcbe de la grossesse extra-uterine; on verra qu'il faut
compter encore avec les accidents infiammatoires qui peuvent surve-
nir. Je sais bien qu'on objectera qu'ici la grossesse 6tait beaucoup
plus avanc^e, puisqu'elle ^lait parvenue h cinq mois et demi, six
mois; h cela, on pent r^pondre qu'un mois ou six semaines de moins
diminueraient probablement un peu les chances d^favorables, mais
rien ne permet d'afflrmer qu'elles disparaltraient complfetement.
D'ailleurs , en aongeant aux difflcult^s du diagnostic dans les trois
ou quatre premiers mois , on conviendra qu'on aura bien rarement
I'occasion de recourir aux injections narcotiques dans cette premiere
p^riode.

Grossesse eztra-nt^rine m^coniiae Jnsqn'aa moment oi!i les moave*
ments de Tenfant sont distinctemeiit perpus'par la fenime et qn^on se
decide k introduire le doigt dans la cavity nt^rine. Iqjections de
morphine k mois et demI, six mois poar tuer TenfaHt. Qnelqnes
Jours aprte accidents inflammatoires gpraves. Gastrotomie. Mori
rapide. 11 n^y a pas en d^antopsie.

Ce cas int^ressant a 6le recueilli par M. le D' Pourrier, chirurgien
adjoint de I'hdpital de Compiegne. Comme il a d^j^t 616 public par ce
confr&re, je me contente d'en donner un r&ume trfes-^tendu.

M">« X. &g6e de 39 ans, d'une coastitution delicate, 6tait r^guli^rement
n^l6e depuis Tdge de 15 & 46 ans. A 2i ans, p^ritonite dont la cause
n'est pas oonnue. Elle se marie h S6, et dix ann^es se passent sans
qu'elle devienne enceinte. Elle est accouch^e pour la premiere fois ]e 18 sep-
tembre 1870. Grossesse, accouchement et suites de couches se sont passto
p^nli^rement, et depuis cette 6poque la sant6 a 6t^ parfaite.

Le 8 d^cembre 1872 les regies qui avaient repris leur cours normal paru-
rent pour lademi^re fois. Rien ne vint au mois de Janvier, mais le 93 de ce
Diois des douleurs violentes survinrent dans le flanc gauche et le bas du
ventre, accompagn^es de vomissements. Le pouls devient frequent et la
face 8'alt^re notablement. Les douleurs se calment un peu dans la joum6e
pour reparattre avec une grande intensity dans la soir6e.

Le D' Ganivet e^t appel^ et fait appliquer quelques sangsues; deux nou-



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264 MEMOIRES ORIGIiNAUX.

velles applications sont faites les jours suivants (en tout 43 sangsues). Les
symptdmes g6n6raux s'apaisent, mais le ventre demeure trds-douloureux.
La malade ne peut quitter la position horizontale. Les fonctions digestives
sont toujours tr6s-p6nibles ; du bouillon I6ger est seul supports.

Au commencement de f6vrier r6apparition de douleurs atroces et de vo-
missements. Le ii de ce mois, M. le D' Millard voit la malade en consulta-
tion avec le D*" Canivet, et le diagnostic port6 est : mHrite avec pdrimitrite
gauche, Le repos au lit, dcs cataplasmes, des bains, des purgatifs, des v6si-
catoires sont presents. A partir de ce jour, une amelioration notable et pro-
gressive se fait sentir, la douleur diminue beaucoup, le pouls tombe k 80,
retat de Testomac s'amSliore, et quelques aliments 16gers sont supporl6s.
Deux v6sicatoires ont6t6 appliques.*

Le dO mars, quelques taches de sang font croire que les regies vont pa-
raitre, mais tout se borne \k. Le 27, on constate une tumeur assez volumi-
neuse et dure dans la fosse iliaque gauche. Le 9 avril, nouvelle consultation
avec le D' Millard. La tumeur de la fosse iliaque gauche est reconnue. Par
le toucher on constate qu'elle p6n6tre dans le petit bassin, qu'elle fait corps
avec PutSrus. II y a peu de douleur, et Texploration est facile. On trouve les
seins un peu d6velopp6s : TStat g6n6ral est bon. L'hypothSse d'une grossesse
cxtra-ut6rine est alors Smise.

Le 25 avril, nouvelle consultation; les seins et le ventre ont augments de
volume, rid6e d'une grossesse se confirme de plus en plus. On fait sourdre
un peu de colostrum en pressant le mamelon droit. L'6tat g6n6ral est bon.
La tumeur de la fosse iliaque s'6I6ve jusqu'au niveau derombilic. La vulve
et le vagin sont gonfl6s et humides. Le col est remont6 et manifestement
ramoUi. La malade n'a la conscience d'aucun mouvement. On cesse
toute medication et on fait garder la position horizon tale.

Le !•*• mai, de nouveaux accidents surviennent. Douleurs dans tout le
ventre et[surtout i gauche, besoins d'uriner infructueux, douleurs lom-
ba»res. Pour la premiere fois la malade a cru sentir les mouvements d*ua
enfant. Tout cela dure avec des intermittences jusqu'au 10. A cette 6poque
elle sent plus manifestement remuer.

Le II, nouvelle consultation avec le concours de M. Tarnier. Le visage est
amaigri, les traits sont alt6r6s. Les modifications des seins sont consta-
tees. On pergoit des mouvements actifs et les battements du coeur foetal au-
dessus du pubis, un peu & gauche de la ligne mSdiane. La tumeur occupe la
fosse iliaque gauche et s'Stend jusque vers le flanc droit, repr6sentant une
masse de forme conique ayant sa base dans la fosse iliaque gauche. La pres-
sion determine un peu de sensibility dans toute la cavite abdominale. Les
mouvements qu'on imprime ^ la tumeur se communiquent au col, et
M: Tarnier, qui fait Texploration, trouve celui-ci plac6 tr6s-haut, mais au
centre du bassin. II est tr6s-ramolli ; il lui est impossible de faire p6n6trer le
doigt jusqu'k Torilice interne. Pendant cette exploration il lui semble aper-
cevoir une legSre contraction de toute la tumeur, ce qui indiquerait qu'ellc
est form6e par Tuterus. Les resultats du toucher conduisent au diagnostic
d'une grossesse uterine. D'un autre c6t6 le d6veloppement anormal du ven-
tre, les accidents anterieurs plaident pour une grossesse extra-uteri n&. En



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DU PRONOSTIC DANS LA GROSSESSE PERITONEALE. 265

definitive, notre confrere fit de grandes r^senes k propos du diagnostic.
Les troubles observes du c6t6 de la vessie, les douleurs r^nales lui firent
penserqu'il y avait complication de congestion des reins etpeut-6tre de co-
liques n6phr6tique8 16g§res. Le repos le plus absolu fut conseill6 et on fit
boire de Teau de Vichy.

L*6tat de la malade sembla s'am61iorer et fut assez bon jusqu'au 28 mai.
A 5 heures du matin, les douleurs abdominales apparurent avec une inten-
sity nouvelie, surtout k gauche. II y a du m6t6orisme, de Toppression, la
face est pAle, gripp6e, la peau froide, le pouls miserable. M. Fourrier pra-
tique deux injections hypodermiques avec une solution de morphine. II
prescrit une potion avec une forle dose de bromure de potassium. Ces
moyens calment la douleur et procurent un peu de sommeil. Le soir il y
ent une nouvelie crise. Sensation de d6chirure dans le ventre. Cris d6chi-
rants. Des lavements laudanis^s produisent du calme.

Le i*r juin. Les mouvements de Tenfant sont tr6s-bien pergus par la
femme. La tumeur remonte k gauche jusqu'i I'hypochondre, tandis qu'h
droite elle n*atteint pas Tombilic. Des mouvements d*ondulalion de I'in-
testin se dessinent k travers les parois abdominales; il y a du m6l6orisme.
L'exploration de la tumeur n*est pas facile, les parois du ventre ne suppor-
tant qu'une pressioh I6g6re; il semble toutefois que les parties foetales
soient plus superficielles que d'habitude. L'id6e d*une grossesse extra-ute-
rine prend une consistance de plus en plus grande.

Jusqu'ou il juin il y a encore quelques crises douloureuses. La sant6
g6n6rale s'alt^re. La malade prend k peine un peu de potage et du bouillon.
Ce jour, une nouvelie consultation a lieu avec MM. Tarnier et Millard. La
mal»de est tr^s-afTaiblie ; il y a une coloration jaune-paille de la peau. Le
pouls est petit, ^ais nejdepasse pas 100. Les mouvements du footus sont
parfaitement distingu6s k travers les parois du ventre. lis provoquent de
la douleur dans le creux 6pigastrique. II y a du m^t^orisme k droite du
ventre. Voulant proc6der k un examen complet, la malade est endormie
6tant plac6e sur le bord du lit. M. Tarnier fait p6n6trer lentement le
doigt dans le col, qu'il trouve cette fois rejet6 en haut et k droite, et, par
des pressions douces et continues, il parvient apr6s plusieurs minutes k
Torifice interne, qu'il d6passe sans rien rencfontrer dans la cavite uterine.
Au-dessus du pubis il trouve un corps dur qui doit 6tre forn:6 par Tuterus.

DSs ce moment, tous les doutes disparaissant, on agita la question des
indications, et on se d^cida pour les injections de morphine dans le kyste
dans le but de tuer Tenfant. On fit au niveau d'une partie foetale une ponc-
tion avec Taiguille de la seringue de Pravaz, etoninjecta dix gouttes d'une
solution de sulfate de morphine au cinquantiSme. De plus, un suppositoire
contenant de Textrait th6baique, fut plac6 dans le rectum. Pendant la jour-
nfec, le fcEtus ex6cuta quelques mouvements plus forts. La femme fut
calme.

Le i2, M. Fourrier fit une scconde injection, et les mouvements de Ten-
fant diminu^rent. Une troisi^me fut pratiqu^e le 15, qui amenala cessation
complete des mouvements de Tenfant. Le lendemain et les jours suivants,
la malade est assez bien. Depuis Texploration de la matrice avec le doigt il



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266 MEMOIRES ORIGLNAUX,

y a un suintement s6ro-sanguinolent constant. Le 43, une pseudo-mem-
brane est expuls6e ; Pestomac ne supporte presque rien, le ventre est sen-
sible et m6l6oris6 ; le pouls varie entre 80 et 90. Jusqu'au 22, T^tat parait
s'am6liorer un peu, m^is ce jour survient un frisson et le ventre est plus
sensible. Le 23 et le 24, nouveaux frissons. Le m6t6orisme et la sensibility
du ventre augmentent, le pouls monte a 112, ettout conduit h penser qu'il
se fait un travail de suppuration. Le 26 et le 27, r6tat s'aggrave. Les jours
suivants on pratique quelques injections hypodermiques avec la morphine.

Le 2 juillet, T^tat g6n6ral est devenu trds-grave, la langue est s^he, le
ventre m6t6oris6. On constate des gaz dans le kyste; le pouls est k 110. Un
ecoulement noirAtre, f6tide, se fait par le vagin. M. Fourrier ponctionne le
kyste avec Tappareil Dieulafoy, et n'extrait que 120 k 140 grammes d'un
liquide noir et extrfimement f6tide.

Le 3, M. Tarnier pratique la gastrotomie. Lincision fut faite paralldle-
ment h Tarcade cruralo. Un foetus long de 33 centimetres est extrait. II
s'6coule un liquide tr^s-abondant et f6tide. Le placenta tr6&-adh6rent au
fond de la fosse iUaque gauche est laiss6 en place. Le kyste est parfaitc-
ment isol6 de la cavit6 p6riton6ale, il se.prolonge k droite en longeant le
pubis. On lave avec de Teau ph6niqu6e. On fait un pansement^ plat eton
applique un bandage de corps. La femme avait6t6 chloroform6e. Elle passe
une assez bonne journSe; le pouls ne depasse pas 110. II y a moins de m^
t6orisme, mais le soir l'6tat s'aggrave, la langue est plus s6che, le pouls
depasse 120, le ventre se m^teorise de nouveau. Un 6tat comateux se declare
pendant la nuit, et la mort survient le 9 juillet.

rf. Avant de songer au.K narcotiques , on avait esp4r6 trouver dans
r^lectricil^ un moyen sur de tuer le foetus.

Paul Dubois, il y a plus de (rente ans, avait eu Tid^e de s'en servir
dans quelques cas de grossesse normale dans lesquelles certaines
complications graves metlaient la vie des femmes en danger (les
vomissements incoercibles par example). Les quelques tentatives qu'il
fit & cet ^gard ne Tencourag^rent pas dans cette voie, et il y renonoa
pour donner lapr6f<5rence k Taccouchement provoqufi par lesm^thodes
ordinaires.

Une observation du D' Bachetti (I) a 6t^ plusieurs fois cit6e comme
venant h I'appui de ce procdd^. Ce fait, auquel tout le monde ne
parait pas donner la mSme interpretation, m^rite d'etre reproduit
d'une manifere plus complete qu'il ne Ta dt(5 jusqu'Ji ce jour.

Marie- Anne C..., de Pise, Ag6e de 29 ans, d'une constitution



(i) Gazetta med. Hal. Toscana, 1853, reproduce dans VUnion niidicaU de
Paris, ann6e 1857, page 168.



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Di: PRONOSTIC DANS LA GROSSESSE PERITONEALE. 267

robusle, mfere de qaatre enfants, avait tou jours joui d'une excellente
s&nt^. Vers la fin'de 1852, elle eut plusieurs motifs de se croire
enceinte ; suppression des regies, apparition de troubles nerveux et
d'autres pb^nom^nes morbides ^prouves pendant les autres grossesses
(vomissements journaliers aprfes les repas, abondante salivaUon,
d^M prononc^ pour le vin.)

Le 29 d^cembre, apparition brusque dans la region hypogastrique
dedouleurs aigu3s qui augmentent k la moindre pression; sensation
d'un poids vers I'ut^rus, t6nesme, dysurie, lipothymies fr^quentes.

Le D' Bachetti est appel^. La douleur du ventre ne permet pas I'ex-
ploration abdominale. Le toucher vaginal fait constater un col peu
saiUant, ferm^, indolent. Aucun 6coulement n'a lieu par les organes
genitaux. Lessymptdmes g^n^raux sont graves. Pouls petit, frequent,
d^faillances, visage p&le et alt6r6.

On prescrit un peu d'huile de ricin, des frictions ?ivec la pommade
^)elladonee, des lavements, etc. On obtient des Evacuations alvines
ibondantes, et il se produit une grande amelioration.

Huit jours apr^, le calme g^n^ral persistant, il s'Ecoula de I'ut^rus
une petite quantite de sang m^lE k du mucus, et cet Ecoulement dura
plusieurs jours*

Le 16 juin 1853, reapparition des accidents premiers. La douleur
se propage k tout Tabdomen comme dans une p^ritonite intense, et des
d^faillances surviennent k de plus longs intervalles. Une large appli-
cation de sangsues, des bains, la pommade belladon6e, des purgatifs
sont mis en usage avec succ^s.

Le 23 et le 29, retour des accidents. M6me traitement et m6me
amelioration. A cette derni^re date, le D' Bachetti reconnalt une
tumeur, qui est visible k ToBil, que la main d^limite parfaitement et
qui se dirige vers la fosse iliaque gauche. Cette tumeur a le volume
d'un grosc^drat, de forme ovoide obliquementdirig^e. Elle s'^tend de
la parlie lat^rale gauche de Tut^rus k la fosse iliaque correspondante.
De Tautre cdtE, elle atteint la ligne m^diane. A la parlie inf^rieure et
interne qui semble former la base, la tumeur est Oxe et comme
adh^rente k Tut^rus. La partie externe et superieure pr^sente de la
mobility; sa consistance est dure, sa surface inegale; elle est indolente
h la pression. On diagnostique une grossesse extra-uterine. Le D' Bar-
tolini est appeW en consultation ; puis on fait venir les D" Burci et
P. Torn, et tons ces confreres s'accordent pour reconnaitre une gros-
sesse extra*uterine de la trompe du cdte gauche.



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268 MftMOlRES ORIGINAUX.

La situation de la femme parut grave, et on decidaqu'il tallaits'op-
poser au ddveloppement ult^rieur de cette grossesse anopmale qu'on
supposait alors parvenue au troisifeme mois. Apr^s discussion sur
Temploi de divers moyens dont quelques-uns furent essay^ sans suc-
c6s, on s'arr^ta h la proposition du D^ Burci qui conseillait un sdr
moyen de determiner la mort du IobLus et de pr^venir les nouveaux
accidents que le d^veloppement de roeuf ne pouvait pas manquer de
produire. Ce fut le D' Burci qui se chargea d*appliquer r^lectricit^, et
void comment il op6ra.

<i Le 2 f^vrier, je mets en mouvement une machine eiectro-magn6-
tique de Kemps modifi^e par Carraresi, au moyen de deux petites
piles de Bunzen contenant une petite quantity de liquide excitateur.
J'introduis obliquement dans la tumeur deux aiguilles d'acier, Ion-
gues et effil^es : la premiere h la partie interne et inKrieure, la se-
conde kla partie externe et superieure ; je les dispose de manidre kce
qu'elles ne so touchent pas h Fint^rieur. Aucune douleur ne se pro-
duisit.

En mettant les aiguilles en communication avec les fils r^ophores
de la machine 61ectro-magndtique , j'imprime une petite secousse
dans la tumeur et dans tout le corps. Cinq minutes aprds, je remplis
compldtement les piles de liquide, et j'obtiens par ce moyen une nou-
velle secousse beaucoup plus forte que la premiere ; la malade jette un
cri aigu, se soulave involontairement sur son lit, devient rouge, ac-
cuse une douleur trte-intense h la region hypogastrique, et refuse de
se soumettre k une nouveJle dpreuve. La peau paralt briil6e au lieu
d'implantation des aiguilles. En enlevant celles-ci, un calme complet
revient.

A partir de ce jour, les douleurs et les di^faillances disparaissent.
La tumeur diminue petit h petit. Le 6 mars, elle est r6duite h la gros-
seur d'un oeuf de pigeon. La menstruation se rdtablit en avril. Au
mois de mai, la gue^rison est complete. J'ai Tespoir, ajoute le profes-
seur Burci, que rt^lectricitd deviendra par la suite, comme dans ce cas,
un expedient utile pour la sacte des malades, en leur dpargnant des
soufTrances trfes-vives et les suites d'opdrations chirurgicales graves et
dangereuses. »

Lorsque ce fait fut public en Italic, il ne fut pas accepts sans soule-
ver quelque opposition quant k rinterprdtationquiluiavaitdtddonnfe.
Le professeur Balocchi, rddacteur en chef de la Gazette medicale de
Toscane, (5mit Topinion que le diagnostic de la grossesse extra-uterine



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DU PRONOSTIC DANS LA GROSSESSE PERITON^ALft- 269

n'etait passuffisamment justifid, et qu*il s'agissait probablement d'un
kyste ovarique k son d^bjut. Dans ce cas comme dans tons les cas ana-
logues, il est bien dilBcile d'etre absolu men t convaincu, etcependant,
on ne pent nier qu'il n'ait presents un certain nombre de caract^res
qui militent en faveur de la manifere de voir qu'en avaient conQue le
D*" Burci et les confreres qui virent la malade avec lui.

-Dans I'observation du D*" Braxton-Hicks, mentionnee k propos de
J^ ponction, I'emploi de T^lectricit^ resta sans r6sultat. II est vrai
que Tapplication n'en avait pas 6t6 faite de la mdme manifere. Un
r6ophore avait 616 appliqu^ dans le vagin et I'autre sur la parol abdo-
minale.

M. Ducheane (de Boulogne) a fait rcmarquer que Tusage de T^lec-
tro-puncture par les courants continusou interrompus doit^trerejet^,
e? principe, du traitement des grossesses extra-ut^rines, d'abord k
cause de Tincertitude que Ton a d'avoir rfellement p6n6tr6 dans le
kyste et de la possibility d'etre entr6 dans la cavity p^riton^ale, en-
suite k cause de la disorganisation des tissus au contact des aiguilles
et de la formation possible de petits abc6s dans ces conditions. II don-
nerait la pr6f(§rence k une d^charge soit par la bouteille de Leyde,
soit par unebatterie^lectrique et I'emploi de deux r6ophores appli-
qu^s. Tun dans le vagin et Tautre dans le recttim ou sur les parois
abdominales. II a conseill6 avant de s'engager dans cette voie de faire
des experiences sur de petits animaux pour juger de la force que doit
avoir la d^charge,

M. le D' Keller, qui a trouv6 cette opinion de M. Duchenne (de
Boulogne) dans la th^se du Dr Lesouf, condamne d'tftie mani6re absolue
toutes les tentatives dece genre. IJ redoute les contractions violentes
que Telectricite ne pent manquer de produire du c6i6 des muscles ab-
dominaux, et qui, en se propageant du c6i6 de la tumeur, pourraient
occasionner des decollements placentaires avec toutes leurs conse-



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