William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

. (page 30 of 82)
Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 30 of 82)
Font size
QR-code for this ebook


quences.

Je me contenterai de mentionner deux autres proc^d^s qui ont 6i6
conseilies, mais qui ont 6te accueillis avec la defaveur qu'ils meritent.
Le premier propose par Heim et Osiander consiste dans I'extirpation
de la tumeur. On comprend qu'il n'ait jamais 6te mis en pratique. Le
second indique par le D' Malire (1), quoiqu'il ne comporte p%as la m6me
graviie, est reste k retat de la conception theorique, et je ne le crois pas



Ci)Rust.Magaz.,h.t>0,]^.U.



Digitized by



Google



270 DU PRONOSTIC DAKS LA GROSSESSE PERITONEALE.

denature & sdduire les praliciens. II s'agiraii d'exercer une compres-
sion de la tumeur, capable de luer le fcBlus, et pour cela, on se servi-
rait de sacs remplis de sable dont on augmenterait progress! vement le
poids. Parmi les nombreux inconvdnients que celte compression pour-
rait produire, je me contenterai de signaler la rupture du kyste.

Les difKrentes proced^s que je viens de passer en revue ont tons
le m6me but : enrayer la marche de la grossesse anormale h une
^poque oh le foetus et le kyste qui le contient sont encore pen d^
velopp^s, circonstance qui permet d'esp^rer que contenant et contenu
s'atrophieront insensiblemont et finirontpar disparaitreoomplfetement,
sans provoquer des reactions inflammatoires de nature ^ compromet-
tre ]a vie des femmes.

Incontestablementrid^eest bonne, mais que de difficult^ dans Tap-
plication ! et combien il reste encore k faire pour perfectionner les
moyens capables de conduire stirement au but qu'on se propose ! Ar-
rivera-t-on, par exemple, h trouver des signes assez positifs et assez
pratiques pour ^tablir, sans qu'aucun doute puisse s'61ever, la r^Ht^
d'une grossesse extra-uterine dans les trois ou quatre premiers mois
de son Evolution? Dans la plupart des faits dont j'ai parl^, nous avons
vu des m^decins assez convaincus pour agir, mais qui n'ont pas r^ussi
h faire passer leur conviction dans I'esprit des confreres qui avaient
examine leurs malades ou qui ont 6i\idi6 leurs observations.

Cela etant, admettra-t-on qu'on soit autoris^ h intervenir par des
operations chirurgicales graves, comme la gastrotomie, par exemple,
quand on est appeie aupr^s. d'une femme qui eprouve des accidents
serieux qu'on a quelques raisons de la rapporter h la rupture d'un
kyste foetal extra-uterin? J'avoue que je ne le pense pas. Les sym-
pt6mes de ces ruptures sont de deux ordres. Ce sont ceux de Themor-
rhagie interne, ou de la peritonite, et souvent ceux de ces deux com-
plications ensemble. Mais personne n'ignore que ces demieres peuvent
se produire en dehors de toute grossesse extra-uterine, et nous n'avons
encore aucun moyen certain de reconnaltre celles qui se rattachent h
retat special qui nous occupe. Je sais bien que telle n'est pas I'opinion
de M. Koeberie et de quelques auteurs plus anciens. Mais, en ce qui
me concerne, je n'oserai pas porterlahardiessechirurgicale jusque-ift.
Je ne suis pas ebranie par les raisons que M. Keller met en
avant; queM. Koeberie^ la suite d'une operation de gastrotomie, faite
depuis quatre jours, ait cru devoir dechirer la cicatrice abdominale
commengante pour aller k la recherche d'une artfere ovarique fournis-



Digitized by VjOOQ IC



DU PRONOSTIG DANS LA GROSSESSK PERITONEALE. 271

sant une h^morrhagie qui menagait d'emporter la malade, je le com-
prends. et j'approuve; mais je ne no saurais m'appuyer sur des fails
de cet ordre, qui ne peuvent 6tre coraparfe k ceux dont il s'agit ici,
pour accepter la gastrotomie, alors surtout qu'on est expose h Irouver
dans la cavity abdominale ioute autre chose que ce qu'on y cherche.

C'est encore mal choisir ses exemples que d'invoquer les succ^s ob-
tenus par la gastrotomie a la suite des ruptures de Tut^rus. Ici, en
effet, deux conditions importantes existent qui font absolument d^faut
dans les premiers mois de la grossesse extra-uterine, je veux parler,
premierement, de la certitude de la grossesse, et, en second lieu, de la
possibility d'extraire un enfant vivant et viable.

On ne s'est pas contente de conseiller la gastrotomie pour conjurer
les accidents formidables qui accompagnent habltuellement la rupture
des kystes extra-uterins, ou Ta m6me proposee pour debarrasser la
(•avite p<§ritoneale de ces sortes de parasites de la m6me fagon qu'on
extrait les tumeurs ovariques, et alors que la vie des femmes n'est pas
encore en danger. Le conseil d'une pareille intervention a 616 donni h
une dpoque ou Tovariotomie ne jouissait pas encore de la faveur
que lui accordent aujourd'hui un certain nombre de chirugiens.
Je citerai Osiander et Heim. Ce qui a arrdt^, et ce qui arr^tera long-
temps encore mdme les plus temeraires, c'est la difflculte d'un dia-
gnostic precis. En tout cas, dit M. Stoltz, a I'extirpation ne serait indi-
queequ'en cas de tumeurlibre, flottante, comme Test lekyste tubaire;
mais quand Toeuf a contracts de nombreuses adh^rences avec le peri-
toine parietal et la tunique peritoneale des intestins, de la vessie, de
la matrice, etc., il serait t^m^raire de vouloir y toucher autrement que
pour enlever Tembryon ou le fcBtus.» Je parlage absolument Topinion
de en collegue Eminent.

Est-ce h dire que la therapeutique ne doive jamais intervenir dans
cette premiere periode de la grossesse extra-uterine? Non, sans doute!
Nous avons vu combien il est commun de voir se produire et se r^p^ter
des accidents de nature inflammatoire, qui paraissent fitre Texpression
de peritonites partielles se rattachant h cette sorte de greffe anormale
qui doit s'^tablir entre Toeuf, qui a d6\i6 de sa route ordinaire, et
d^ *organes qui n'dtaient pas destine ^ supporter son contact.
La marche h suivre est toute trac^e ; c'est k pr^venir et k combattre
ces inHammations successives qu'on doit s'attacher, et pour cela on
sera conduit h employer le repos absolu, les emissions sanguines loca*



Digitized by



Google



272 MEMOIR ESORIGINAUX.

les, les calmants k Text^rieur et h Tint^rieur, etc. Tout cela variera,
bkn entendu, selon Tintensit^ des accidents et une foule d'indications
qu'il est impossible de pr^voilr.

{A suivre.) Depaul.



ETUDE SUR L'HEMORRHAGIE ENGEPHALIQUE

CHEZ LE NOUVEAU-NIi),

Par M. J. Parrot,

M^deciD de Thospice des Enfants-AsBist^.

— FIN. —



III.

Anaiomie pathologtque. — Les lesions anatomiques dominent en un
pareil sujet et sont le point de depart ndcessaire de son dtude; c'est
done pap elles que nous allons commencer, en donnant la premidre
place aux alterations de renc^phale.

Le sang epanche, peut se trouver dans cinq regions diffiSrentes. Ce
sont, en allant de la peripheric vers le centre :

10 La cavite de TarachnoTde ;

2® La region sous-arachnoidienne ou pie-merienne ;

3* Le tissu nerveux, proprement dlt ;

4<> La parol des ventricules lat^raux sous rependyme ;

5^ Les cavites ventriculaires.

Sur nos trente-quatre cas, rhemorrhagie s'^tait faite, dans la cavite
arachnoidienne,cinq fois; et cela, par la rupture du feuillet visceral de
ce rev^tement, car il y avait eu d'abord un 6panchement pie-merien •
Sans exception, le sang occupait les parties dedives et post6-
rieures. Dans quatre de ces cas, il entourait plus cu moins complete-
ment le bulbe, s'^tendant parfois Jusqu'aux p^doncules du cerveau et
aux tubercules quadrijumeaux. Chez deux malades, il avait pen6tr6



Digitized by VjOOQ IC



HEMORRHAGIE ENC^PHALIQUE CHEZ LE NOUVE\U-Nfe. 273

dans le canal rachidien , et chez deux autres, il s'^tait accumul^ dans
les fosses occipitales.

L'h^morrhagie qui se produit dans le second si^ge, est de beaucoup
la plus commune et la plus abondante. Nous I'avons not^j vingt-six
fois. Constamment elle atteint les regions inKrieures et post6rieures
de Tenc^phale.

Elle pent affecter simultan^ment le cerveau et le cervelet, comme
nous I'avons constats six fois. Ghe2 dix malades, elle ^tait limits aux
hemispheres c^r^braux, et chez huit autres, h ceux du cervelet; ce qui
donne un total de dix-huit cas pour rh^morrhagie p6ri-cer6brale,etde
quatorze pour celle du cervelet. La premidre, dix fois bi-lat^rale,
existait uniquement h droite dans six cas, et k gauche, dans un seul.
Pour ce qui est de la seconde, les deux h^misphferes 6taient atteints
simultan^ment sept fois, le droit cinq, et le gauche deux.

11 ne nous a 6t6 donn6 qu'une fois de trouver un foyer complfete-
ment circonscrit par la substance nerveuse. Cela est bien digne d'at-
tention, et nous aurons h y revenir.

L'h^morrhagie p6ri-ventriculaire ou sous-^pendymaire est fr^quente,
mais peu ^iendue ; aussi, est-elle beaucoup moins importante que celle
de la p^riph^rie des hemispheres. Son sidge est constant. Quel que
soil son volume, elle se fait entre la couche optique et le corps stri6,
sous la lame cornfe, au point d'6mergence d'un gros tronc veineux, qui
est I'aboutissant d'une partie des vaisseaux qui rampent sous T^pen-
dyme de I'^tage infi6rieur du ventricule. Elle existait h droite dans
quatorze cas, et dans douze k gauche.

Cinq fois le sang avait fait irruption dans les ventricules, penetrant
des lat^raux dans le moyen, et de ce dernier, par I'aqueduc de Sylvius,
dans le quatrifeme. C'est de 1^ qu'il gagne, comme nous I'avons dit,
quelques points de la p^riph^rie , notamment le bulbe et le canal
rachidien.

De ce qui pr^cfede, trois faits se degagent neitement, qui m(§ritent
d'etre signals: c'est que, dans le plus grand nombre de cas, rh(5mor-
rhagie enc6phalique est bilat^rale; que,'chez bs sujets oil elle n'existe
que d'un c6te, le droit est atteint plus frequemment que le gauche;
enfin,qu'elleaune predilection bien marquee, pour les regions d^clives.
Aprte avoir fait la topographic des ^panchements sanguins, nous
devonsdire sous quel aspect ils se presentent ; quelles tranformations
ysubit lesang; quels rapports ils affectent avec les tissus qui lescircon-
scrivent; et quelles modifications ils font subir &leur texture. II serait
Archicesde Tocologie. — mai 1875. \^



Digitized by VjOOQ IC



274 UEMOIRES ORIGINAUX.

difQcile etsansprolit d*etudier, d'une maaiSre uussi d^taill6e, Th^mor-
rhagie, dansles differents sidges que nousjivons admis ; nous nous con-
tenterons d'examiner de la sorte, celle qui est en m6me temps la plus
commune et la plus importante : nous voulons dire celle qui se fail
dans les mailles de la pie-m6re , entre la substance nerveuse et
Tarachnoide. Ce travail fait, il nous sera facile d*indiquer bri^ve-
ment, les traits particuliers aux autres dpanchements.

Le nombre et Tdtendue ou le volume des foyers hdmorrhagiques
pie-meriens varient. Le plus sou vent, ils sont multiples, ce qui
ne doit pas surprendre, puisque nous avons vu que, dans la plupart
des cas, la Idsion dtait symdtrique. Chez le malade qui fait le sujet de
I'observ. Ill, il y en avait quatre assez dtendus : deux sur le cerveau et
les deux autres sur le cervelet. Nous en avons comptd un nombre beau-
coup plus considerable dans un cas oh ils dtaient groupds k la base et
^ la region mddiane; ils no ddpnssaient pas la grosseur d'un grain de
ch^nevis. L'un des plus 6tendus que nous ayons rencontrds, enveloppait
h peu pr6s compl^tement un lobe occipital (Obs. IV). Un autre,
moins large, avait plus de 45 centimetres carrds, il couvrait un cer-
tain nombre de circonvolutions de la face externe d'un hdraisph^re.

Le liquide dpanchd forme tant6t une mince nappe, qui ne masque
pas compl5tement la substance nerveuse ; tantdt, au contraire, une
couche massive, comme dans TObs. I, oil elle avait, sur le lobe sphe-
noidal droit, i centimetre d'dpaisseur. La surface libreest lisseet lui-
sante, dtant couverte par Tarachnoide. Lorsque le sang s'est concr6t6,
la face profonde du caillot reproduit quelquefois les anfractuositds et
les circonvolutions correspondantes. Sa consistance est d'autant moins
prononcde, que Thdmorrl^agie est plus rdcente ; cependant il est d'autres
circonstances qui peuvent la modifler; par exemple, la nature de la
maladie dans le cours de laquelle Thdmorrhagie s'est produite.

Jamais le sang n'est aussi fluide que dans les vaisseaux, sa consi-
stance dtant pour le moins semblable Micelle d'un sirop ou de la glyce-
rine. Le plus souvent, il se concrete en une masse solide qui rappelle les
caillols cruoriques des cavit6s cardiaques. Dans ce cas, si la coagulatioa
est volumineuse et dtendue et que Ton agite Tencdphale, on voit la re-
gion malade osciller comme de la gelatine (Obs.l). Quand rh6morrhagie
est ancienne, peu dtendue, et d'une faible dpaisseur, elle pent aoquerir
une consistance beaucoup plus grande. Alors le sang perd la ieinte
noirAtreou carminde qu'il avait dansles autres foyers. II devient brun,
et m^me, par places, un peu jaunAtre comme I'ocre.



Digitized by VjOOQ IC



IIKMOaRHAGIE ENCKPHALIQUB CHEZ LE NOUVEAU-NE. 273

Chezles nouveau-nfe icteriques, la surface arachnoidienne du caillot
a des reflets verdAtres plus ou moins fonc^s.

Nous ne nous arreterons pas h T^tude de la mati^re de ces ^pan-
chements; elle ne pr^sente ici rien de bien sp<5cial. N*en ayani jamais
rencontr^ de tr^-anciens, nous ne pouvons parler de revolution qu*ils
subissent. Presque toujours , le contenu du foyer avait une consistance
homog^ne, excepte dans les cas oh il pr^entait des nuances diverses.
Nous y avons trouv6 les leucocytes, entour^ d'une atmosphere gra-
nulo-graisseuse.

11 est important d'examiner les rapports que le sang^panche affecte
avec les substances qui le circonscrivent, h savoir : les meninges et
ia substance nerveuse. Ext^rieurement, il est convert par ParachnoTde,
dont on le s^pare malaisdment, et qui, par sa rupture, d'ailleurs assez
rare, lui donne accds dans sa cavite. Quant Ji la pie-m6re, elle fait corps
avec lui et ne pent en ^tre separee que lorsqu'il reste liquide.

L'action du sangsur la substance nerveuse est tres-variable suivant
son abondance, le temps qui s'est ^coul^ depuis Taccident et la con-
sistance de Tenc^phale. Si Tenfant est ner ^ terme, si, par consequent,
son cerveau a d^}h une certains fermet(5, si repanchement est en nappe
et recent, apres en avoir d^barrasse, h Taide du lavage, les circonvo-
lutions; on les trouve h peine deformees, avec une teinte un peu plus
rosee que celles du voisinage. Mais, en dehors de ces conditions favo-
rables h Tint^grit^ de leur forme, de leur couleur et de leur consis-
tance, on voit ces qualit^s, les deux premieres surtout, subir des at-
teintes plus ou moins profondes.

Le ramollissement varie beaucoup dans ses degr^s, et il est des
caillotsque Ton ne pent detacher sans en trainer des parcellesde matiere
^er^brale; toutefois, la diminution de consistance va rarement jusqu'^ la
transformation de la parol interne du foyer en une pulpe rougeAtre
s'^tendant ^ une grande profondeur. Dans un cas oti il en 6lait ainsi,
et oh il s'est produit pendant Texamen une ddchirure qui a donne ac-
c^ dans un ventricule lateral, il existait une thrombose veineuse qui
avait determine un ramollissement rouge du centre hemispherique,
Lorsc[ue le sang epanche est peu abondant, et lorsqu'il ne pent
s'etendre en surface, il se loge dans la profondeur des parties, ou il
p^n^tre h la mani^re d'un clou. II dcarte les circon volutions , les
comprime et amoindrit leur consistance ; si bien que, dans un grand
nombre de cas, il semble que I'epanchement ait son point de depart
dans la substance nerveuse elle-m6me, et qu'il se soit etendu jusqu'Ji



Digitized by VjOOQ IC



276 MEMOIRES ORIGINAUX.

la surface. Cette disposition existait h la p(§riph6rie du cervelet, dans
Tobservation IV. Le seul moyen de sortir d'embarras, en pareille cir-
constance, est de pratiquer une coupe au centre de Tdpanchement, ^
I'aide d'une lame tr^s-tranchante, telle qu'un rasoir, et h plonger im-
m^diatement la pifecedans deTalcool. La fermetd que ce liquidedonne
aux tissus, facilite leur examen et permet de se rendre un compte exact
du si^ge occupy par le sang. C'est en proc6dant de la sorte, qu'il nous
a 6i6 permis, dans plusieurs cas, de rectiQer une premiere appr^ia-
tion et de declarer p(§ripli6riques des hdmorrhagies que nous avions
d'abord consid6r6es comme intra-c^r^brales.

Ainsi comprim^e par le caillot, la substance nerveuse subit des al-
terations nutritives, qui, h une p^riode avanc^e, sont trfes-appr^ciables
h la vue. — Au d^but, c'est une stdatose diffuse, caracteris^e par la
presence, dans la paroi du foyer, d'un certain nombre de corps granu-
leux, dont la quantity augmente h mesure que la vie se prolonge. Plus
tard, alors que le caillot s'est durci etasubi une certaine dessiccation,
on trouve au-dessous de lui, des taches d'une teinte jaune, dues hVd-
trophie graisseuse de la substance enc^phalique (obs. V). II n'est pas
rare, en pareil cas, de trouver les vaisseaux de la partie alterte
vides, et ceux du voisinage remplis par du sang dont les leucocytes
sont entourt^s de granulations grasses, preuve incontestable d'une
stagnation sanguine d6]h ancienne. II arrive parfois que cette atrophic
graisseuse des circonvolutions existe, non au-dessous du caillot, mais.
a c6te. Alors, pour Texpliquer, on ne pent plus faire intervenir la
compression immediate, mais il est permis d'invoquer le voisinage de
I'dpanchement, les troubles circulatoires qui Tout provoqu6, et ceux
qa'k son tour il a determines.

Ceci dit sur la principale h^morrrhagie enc6phalique, nous n'avons.
que peu de chose h ajouter pour faire connaltre les particularites qui
se rapportent h celles des autres sieges. Lorsque le sang s'epanche
dans la grande cavite de Tarachnoide, il y reste assez longtemps fluide
et ne s'y conci^te jamais compl^tement. C*est l^.qu'il subit les altera-
tions les plus rapides. — 11 forme en general deux couches, Tune visce-
rale, plus uniforme, moins epaisse et moins adherente; Tautre, parie-
tale, qui adhere dune maniere assez intime a la dure-mere. La matidre
epanchee prend trte-rapidement Tempreinte des circonvolutions. EUe est
rouge brunfttre, en grumeaux qui ressemblent k du chocolat k I'eau,
laissant deposer k la surface de la dure-m5re comme un sediment qui a
Tapparence d'une membrane, et qui lui est assez solidementuni. Quand



Digitized by VjOOQ IC



HEMORRHAGIE ENCfiPHALIQUE CHEZ LE NOUVEAU-NE. 277

rh^norrhagie remonte k une date suffisamment doign^e, on volt Qh
et \k des taches ocreuses.

Dans ces conditions, la matifere de Tepanchement (obs. VI) est sur-
tout constitute par des h^maties d^color^es, ratatin^es, de la fibrine
en d6g6n^rescence granuleuse, des leucocytes steatoses, des granula-
tions graisseuses et prot^iques en quantity considerable. Au niveau
des points qui sont Jaunes ou de teinte ocreuse, on voit des amas d'une
substance amorphe refringente, d'un jaurie ^clatant et de beaux cris-
taux amarante d'h^matoidine. Le sediment membraniforme a la m^me
constitution, h cette diffi^rence pr^s, que la fibrine y est plus tenace,
et que T^lement liquide y est moins abondant.

Les foyers intra-cer^braux, qui se rapportent h la troisi^me localisa-
tion que nous avons admise, sont tr^s-exceptionnels, puisque nous
n'en avons note qu'un seul (obs. I). II ne pr^sentait aucune particula-
rite digne d'etre not6e, et ne constituait qu*une lesion tout h fait ac-
cessoire, car il y avait en m^me temps deux autres foyers p^ri-encd-
pbaliques d'un volume considerable.

Nous avons dit quel 6tait le siege des foyers de la parol des ventri-
cules lat^raux. Us 'sont en general peu dtcndus, et ne d^passent pas
le volume d'un noyau de cerise ou d'une petite amande. Leur forme
est assez r^guliferement ovoide ou sph6roidale, et le sang qu'ils con-
tiennent est toujours liquide. Lorsqu'on vient k comprimer Tespcice
d'ampoule oh il est contenu, on ne le voit pas s'6taler. Bien que ces
6panchements pr^seatent quelque chose de tout k fait special, il est
permis de les rapprocher de ceux de la p6riph6rie, etant compris,
commeces derniers, entre la sub3tancec<^rebraleproprementdite et le
rev^tement membraniforme, comparableaux meninges, quila recouvre.

Quand le sang s'est ^panche dans les ventricules, il ne s'y modiile
que lentement. On I'y trouve, soit k Tetat liquide, soit coagule, en
. masses noireset molles, qui prennent quelquefois d'une mani^re assez
exacte, la forme de la cavity qui les contient.

LA se borne ce que nous avons k dire de la Idsion principals Parmi
celles que Ton pent qualifier de concomitantes, il en est qui ont pour
si^ge Tenc^phale, et qu'il semble naturel de signaler les premieres.

La plus fr^quente est la congestion des veines pie-mdriennes. Elles
se gonflent, se distendent d'une maniere considerable, et la coloration
noire de leur r6seau masque parfois la substance cerebrale qui,
lorsque Tautopsie est faite tardivement, prend, par imbibition, une
teinte rose ou violacfe.



Digitized by VjOOQ IC



27 8 MEMOIRES ORIGINAUX.

A la congestion veineuse se raltache une autre lesion du syaieme
vasculaire, que Ton rencontre dans quelques cas, et que Ton apergoit
h la surface, apr^ avoir detach^ les meninges, ou sur des coupes,
grace h la transparence dont le tissu nerveux est dou6 h cet Age.
Elle consiste en des masses rouges, du volume d'une tr6s-petite
t^tfe d'^pingle, isol^es ou groupies, disparaissant par une sorte de dif-
fusion quand on les comprime. Si, a I'aide d'un faibiegrossissement,
on en examine une, au milieu de son atmosphere nerveuse, on volt
qu'il s'agit d'un vaisseau, dont la gaine lymphatique contient du
sang, tandis qu'il est lui-m6me vide et r^tracte au niveau de la
tumeur.

Sur quelques sujets, des concretions sanguines anciennes obstruaient
h des degrds et dans uneetendue variables les sinus de la dure-m^re et
parfois certaines veines, par exemple celles qui avoisinent la grande scis-
sure, les rameaux de Galien et du corps stri<5. Mais, cette derni^re le-
sion se rencontre beaucoup plus fr^quemment avec le ramollisse-
ment rouge que dans le cas d'hemorrhagie ; cependant, il n'est pas
exceptionnel de voir T^panchement sanguin se faire sous Tarach-
noide, autour d'une grosse veine remplie par un caillot noir mouchet6
de gris, par Taccumulation des leucocytes.

Signalonsencore, dans la substance c^r^braleelle-mftme, le ramollis-
sement rouge, la st^atose pdri-ventriculaireet les plaques jaunes p^ri*
pheriques d6]h mentionn^es.

On pent trouver du sang dans le canal rachidien. D'ordinaire il
vient de la cavit(§ cr&nienne, comme nous avons eu Foccasion de le
dire, et s'accumule entre la tlure-m^re et la moelle ; beaucoup plus ra-
rement il s'epanche sous la pie-m^re et forme une nappe en g^ndral
tr6s-mince et peu ^tendue entre cette membrane et le tissu m^dullaire*
Dans un cas (obs. IV), la lesion s'^tait produite au voisinage de la
queue de cheval.

Les autres alterations que Ton trouve dissimin^es dans Torga-
nisme sont importantes, non en elles-mdmes, mais parce qu'elles nous
eclairent sur Torigine et les relations pathologiques des epanchements
sanguins; nous devons done les ^num^rer, mais nous ne nous ar-
rfiterons pas h les d^crire. Les plus habituelles sont celles de Tathrep-
sie. Nous verrons, en eflet, au chapitre etiologique, que c'est dans !e
cours de cette maladie que se produit ordinairement Themorrhagie
encephalique. Puis vient la pneumonic, not^e dans 17 cas, et qui est
une complication frequente de I'athrepsie. II y a aussi des conges-



Digitized by



Google



HfiMORRHAGlE ENCEPHALIQUE CHEZ LE NOUVEAU-Nt. 279

lions viscerales diverses; de la thrombose veinetfse,surtout dans le rein
et le poumon ; et parfois de peiits epanchements ecchymotiques sous
les s^ reuses et dans les muscles.

Sympidmes et diagnostic. — L'observation clinique ne r^v&le aucun
sympt6me que Ton puisse consid^rer comme un signe de Th^morrha-
gie intra-crdnienne, et cette lesion survient dans le cours de la maladie
qui Ja provoque, sans modifier d'une mani^re sensible sa marche
et son allure habituelles. D*une part, en effet, les' troubles n^vropa-
thiques divers, que Ton observe h la p^riode ullime de Tathrepsie,
s'accompagnent rareraent d'dpanchements intra-crdniens ; et d*un
autre c6t6, les manifestations nerveuses sont tout h fait exception-
nelles chez» les nouveaux-n^s h Tautopsie desquels on constate une
Wmorrhagie onc^phalique; puisque, sur 34 cas, nous avons not6
trois fois seulement des convulsions, et chez deux autres malades,
du coma.et de la contracture. II n'est done permis detablirau-
cune relation de cause k efiet entre les Epanchements de sang qui
se font dans Tencephale des nouveau-n^s, et les troubles nerveux dont
ils peuvent 6tre atteints. dependant, lorsquedes convulsions apparais-
sent au cours de Tathrepsie, non encore arrivEe h la pdriode oh se
montrent habituellement les accidents nevropathiques, comme cela



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 30 of 82)