William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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d^ qu'il sera appliqu^. On fait alors passer rextr6mit6 sup6rieure de la
sonde dans Tanse 8utur6e du cordon, et Ton fait descendre celle-ci jusqu'au-
dessous de ToBillet. On a ainsi un nocud coulant qui ne fefa jamais defaut.

Mode d'emplou — On introduit la sonde dans les organes g^nitaux, comme
dans le cas precedent, le long du bras et de la main de Top^rateur qui tient
le pied du foetus; pendant cette manojuvre, Tanse sutur6e du cordon glisse
verslapartie inf6rieure de la sonde. Lorsqu'on est arriv6 au pied, on la ra-
m6ne jusque pr^ de rocillet k Taide d'un doigt de la main qui est dans la
matrice; on fait passer le pied dans le nccud coulant, on retire un peu la
sonde et Ton faitglisser, au deli deson extr6mit6 sup6rieure, I'anse suturfee



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du cordon. Le naiud coulant est fait, il ne resteplus qu'k le serrer, en de-
terminant des tractions dur le chef du lacs qui d6pas90 rextr6niit6 iiif6-
rieure de la sonde. Le noeud 6tant bien serr6, on retire la sonde et la raa-
noBUvre est termin^e.




Fig. II.



Fig. Ill





fir




Avanta{fes, ^-^ Wnsi qu*on le voit, oe porto-nccud possfede & pen pr^o les
mSmes avantages que le pr6c6dent.; de plus, il est peut-6tre plus exp6ditif
et d*uhe application plus facile encore.

Autrcs procid^s,-^ Supposons-nous en promenade kla campagne, n'ayant
avec nous qu'une sonde en caoutchouc ordinaire, ou m6me rien de tout cela.
Nous sommes appel6s pour un accouchement qui va n6cessiter rapplication
d*un lacs; supposons. par exemple, que nous devions cxtraire Tenfant en
faisant la version; le cas est pressant; il faut en finir de suite.

Que faire?



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Plusiears prt)c6d6s s'offrent imm^diatertient k notre esprit :

1« Si nous avons une sonde, quelque petit qu'en soit le calibre, elle pourra

nous servir; si nous n'en avons pas, nous pouvons y substituer une simple

baguette que nous coupons h une baie, et, de pr6f6rence, nous en choisi-
Pig, IV. rons une qui jouisse d'une cert&ine flexibility.

Nous introduirons la sonde oula baguette dans
rint6rieur d'une longue m6che (double) de
quinquet, qu'on pent se procurer h peu pr6s
partout,et dont tout accoucbeur pent, du reste,
6tre muni. On plie ce cordon en deux parties
6gales, la baguette 6tant contenue dans Pun det
deux chefs qui en cache en m6me temps les
a8p6rit6fi.

On fait ensuite un noeud coulant vers rexlr6-
mit6 sup^rieure sur la baguette envelopp^ tlu
cordon au moyen de Tautre cbef de celui-ci ;
on a soin de iaisser une certaine portion de
meche libre, au-dessus du noeud, de maniere
k avoir une anse dans laquelle on pent facile-
ment faire passer le pied du footus. Le lacs
6tant ainsi appliqu^, on retire ia baguette ou
la sonde, et Ton exerce une traction sur la por-
tion de cordon qui enveloppait ce corps con-
ductenr,en mftme temps qu'on pousse le ncBud
coulant vers le haut, au moyen du pouce de
la main qui ae trouve dans les organes g6-
nitaux. Onpeutserrerce nceud aussi fort qu'on
le desire. Le lacs est ainsi plac6 et bien assure.
Ce proc6d6 est aussi avantageux que les pr6-
c6dents; de plus, il n'exige qu'une simple ba-
guette qu'on pent se procurer partout.

Enfin, si Ton n'avait pas h, sa disposition la
m6che indiqu6e, on pourrait faire quelque chose
d'analogue, au moyen d'un large cordon, ou
mfime d'une bandelette d'un tissu quelconque
dont les deux bords seraient cousus dans une
6tendue sufiisante pour recouvrir la baguette.
2o Un autre procede consiste h faire passer,
par I'oBillet d'une sonde et a travers la paroi

qui 96 trouve en face, un lacs dont on tire les deux chefs de maniere k

i€8 anroir 6gaQX.0a plie i'un d'eux en anse au-dessus de roeillety et Ton en

fait, a ce niveau, un noBud coulant.
On introduit la sonde, on fait passer dans I'anse du cordon le membre

saisi du foetus, et Ton pousse, au-dessus de I'extr^mite sup6rieure de la

sonde, le noeud qu'on a eu soin de ne pas trop serrer.
On determine une Iftg^re traction sur le chef le plus long, c'est-i^dire




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sur celui qui o€t rest6 libre ; le lacs se trouve ainsi Ir^s-bien appliqu6. On
peut laisser ou retirer la sonde indiff^remment. Si on la laisse, elle peut
servir k op6rer les tractions sur le membre avec le lacs ; si on Pcnl^ve, le
phef libi*e du cordon qui la traverse s'en d^gage, et le noeud reste parfaite-
jnent appliqu6. — On peut enduire pr6alablement le cordon de c6rat ou de
tout autre corps gras, alin d'enjfaciliter le glissement. {Scalpel.)

Sur le POSTURAIi traitement de la procidence du cordon
ombilical.

Par John Brnnton, chirurgien accoucheur k la Royal Maternity Charity^ membre
de la Societe obstetricale de Londre:), etc.

La plus granite partie de ce m^moire a d^jket6 lue devant la Societe
m6dicale de Londres, le 5 d^cembre 1870, et je ne le reprends ici que
pour plusieurs raisons :

1° A cause de la grande mortality qui atteint les enfants, quand il
se produit pendant le travail une procidence du cordon, et cela malgr^
les moyens ordinaires de traitement;

2« Parce que nous poss6donsau,jourd'hui une m^thode qui est pres-
que inconnue h la plupart des praticiens qui s'occupent d*accouche-
ments ;

30 Parce que cette methode de traitement n'est pas mention n6e dans
beaucoup de nos manuels ou de nos ouvrages classiques d'accouche-
menls, et, quand elle est cit^e, ce n'est que d'une fagon rapide, sans
y insister. Barnes, dans son remarquable ouvrage sur les operations
obstdtricales, ne dit que ces quelques mots de la ra^tbode dont je veux
parler, c'est4i-dire de la /^os/ti^-a/ methode do reduction du cordon om-
bilical prolab6 : « Par la posture sur les genoux et sur les coudes, on
peut souvent eviter I'emploi de tous les instruments » (page 12). EL
plus loin : « La postural position, ou position sur les genoux et sur les
coudes, facilite beaucoup cette operation (la reduction du cordon) i>
(page 179;.

40 Parce que cetle m^tbode de traitement, toutes les fois qu'elle a
6te employee, a paru propre^ diminuer la mortality des enfants, dont
la proportion a ^t^ reduite au minimum, et cela sans entralner le
moindre danger pour la vie de la mfere, et sans produire cesautres r6-
sultats qui, bien que desagr^ables, ne sont cependant jiuUement dan-
gereux.

J'explique ces derniers mots en disanl : Le forceps a ete conseill^
pour faire rapidement Taccouchement, quand le cordon ombilical vient



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANG^RE. 301

khive procidencc, mais une trop rapide d^livrance peut, dans notre
vif desir de sauver la vie de Tenfant, produire une dechirure du pdri-
n^, qui, non dangereuse par elle-m^me, n'en est pas moins desagreable
poup la malade etpour le m^decin.

Je n'ai pas Tintention, dans ce m^moire, d'entrer dans une discus-
sion complete au sujet de la procidence du cordon ombilical, mais plu-
t6t de passer en revue les diverses m^thodes qui ont ^X6 propos^es
comme traitement de cette complication du travail de Taccouchement.

La chute du cordon ombilical est un accident qui est, en general,
sans danger pour la vie de la m6re, mais qui est, au contraire, extr^-
mement grave pour celle de I'enfant.

Dans la grande majorite des cas, si Ton ne rem^die pas au prolapsus
el qu'on laisse Taccouchement se terminer par les seuls efforts de la
m^re, la mort du foetus est le resullat decet accident; cette mortetant
d^lerminee par la pression exercee sur le cordon, ce qui fait obstacle h
lalibre circulation foetale, « r^sultat aussi sAr que celui que Ton ob-
tiendrait en s'opposant h la respiration aprfes la naissance. »

Quelquefois, nous voyons des cas dans lesquels le cordon etant pro-
labe, Taccouchement sefait spontanement, et Tenfant nalt vivant. Ces
cas, rarest la verity, se presenLent chez des feramesqui ont un bassin
ample, avec des parlies molles facilement dilatables, et chez lesquel-
)es la d^livrance a 6t6 tres-rapide. Mais, dans le plus grand nombre
des cas, la mort de Tenfant est le resultat de cet accident, si nous ne
proU^eons pas le cordon contre touto compression, ou si nous ne h&-
tons pas rapidement la naissance; en d'autros termes, si nous ne libe-
rons pas le cordon de toute compression, leplus vite possible.

Je vais ^numerer ici, aussi bri^vement que possible, les diverses cau-
ses de prolapsus du cordon ombilical, qui sont enonc^es par les divers
auteursd'ouvragesd'obst^trique :

V line quantity exageree de liquide amniotique, Tenfant ayant un
volume ordinaire;

^* La m^me cause, aveo un petit enfant;

3o Un bassin large, avec un enfant de volume normal ;

4" Un bassin large, avec un petit enfant, et, avec ce mSme bassin,
la prince de j umeaux ;

5' Mauvaise position du foetus, telle que presentations de T^paule
ou du bras, ce qui ne permet pas k la circonf6rence de Torifice interne
de s'appliquer exactement sur la partie qui se pr^sente, k cause de ses
irr^ularites;



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302 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.

60 Contraction insulfisante du segment inferieur de Tut^rus. «C'est,
d'apr5s Rigby, le moyen principal qui emp^be Tengagement du cor-
don ombilical entre la partie que Tenfant pr^sente et les parois du
bassin, h cause de rintimite avec laquelie cetle portion inferieure de
Porgane entoure la partie foetale. Sans cela, par suite de la station
verticale de la femme, on aurait k craindre un prolapsus du bras ou
du cordon, dans chaque accouchement > ;

70 Pour une raison similaire ^ la mauvaise presentation, il faut no-
ter un r^trecissement du d^troit sup^rieur. Dans ce cas, le cordon est
expos4§ h s'6chapper au moment de Texpulsion du liquide amniotique;

80 L'insertion du placenta pri^s de I'orifice interne, et, par conse-
quent, la situation du cordon k la partie inferieure;

9** La longueur du cordon, s'il est tr^s-long(je Tai vu atteindre jus-
qu'h 63 pouces) ;

lOo L'hydropisie du cordon, et, par consequent, son poids excessil'.

Telles sont les principals causes pr^disposanles. Celles qui determi-
nent le plus habituellement cet accident sont :

io Uecoulement soudain d'une grande quantity de liquide amnioti-
que, quand la femme est debout ;

2*^ La rupture prematur^e des membranes quand I'enfant est petit,,
avant terme, ou se presentant vicieusement.

II n'est pas n^cessaire de m'etendre sur le diagnostic de la proci-
dence du cordon, ce qui n'est pas diflicile h reconnaitre. Et quant au
pronostic, nous savons par le grand nombre d'observations rappor-
t^es par les auteurs qui s'occupent d'obstetrique, et par les relations
anatomiques qui existent entre le cordon Tuterus, etrenfant,que c'est
li, en ce qui concerne ce dernier, un tres-grave accident.

Quant au traitement, tons les auteurs sont d'accord sur ce point,
que si le cordon se presente avant la rupture des membranes il est
sage et prudent de leur conserver leur int^grite. II est evident, en
effet, que tant que le liquide amniotique restera dans ToBuf, le cordon
ne sera que peu ou pas comprim^. De toutes manieres, il est malheu-
reusement possible que le foetus- succombe par suite d'une compres-
sion du cordon, dans de telles circonstances.

Mais si les eaux de Tamnios se sont ^chappees et qu'une anse du
cordon vienne faire procidence, que faut-il fuire?

Nous devons, ou bien proteger le cordon contre la compression jus-
qu*au moment oh Taccouchement se terminepa, ou le mettre ^ I'abri
de toute compression aussi vite que possible.



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE. 303

Maintenant, quelles sont nos v^ritables ressources pour obtenir un
telresultat?

1* Les D" Smellie, Gooch, Denman, Hamilton, Dewees, Burns,
Campbell, et une foule d'autres, recommandent la version, et rap
porteut un grand nombre de succ^s obtenus par ce moyen, pourvu
que les membranes n'uient pas et^ rompues ii Tavance et que les par-
lies soient dilalables au moment.C'est ainsi que Mauriceau dans trente-
Irois cas qu'il rapporte, fit la version dix^neuf Ibis et ne perdit qu'un
enfant. Mais dans ces cas, il s'agissait d'une presentation du bras ne-
cessitant la version, — Beaugoup d'autres auteurs ont ^te aussi heu-
reux en employant le m^me moyen.

11 est vrai que par la version Taccouchement est habituellement ter-
mine tr^s-rapidement, et dans un temps plus court qu'avec tout autre
moyen. Cela est certainement un avantage ; mais le danger est grand
egalement, et chacun sait que la proportion de la mortality des enlants
est grandeapr^slespr^sentationsnaturellesdesfesses ou des pieds aussi
bien qu'apres la version* Le cordon n'est pas par ce proci§d6 protege
conlre loute compression. II existe une somme considerable de dangers
pour Tenfant. Combien de Ibis avons-nous ete desappointe apr^s une
version ou una presentation des f esses ou des pieds, quand le corps de
('enfant avait ete amen6 h Texterieur, la t^te comprimait le cordon el
cette compression etait t'atale k Tenfant. Cela s'est surtout presentc
dans les cas de version oil, si je ne me trompe, la mortality a ete assez
elevee, deux sur trois.

Mais ilest interessant de voir comment Denman ibrmule cette re-
commandation, de faire la version dans les cas de procidence du cor-
don; il dit: « N'essayez pas par cette operation de sauver la vie de
1 enfant, cela ne doit etre fait sous aucun pretexte, mais elle doit fitre
faite quand il n'y a aucun danger de compromettre la vie do la m^re. j>

Nous arrivons maintenant beetle partie de la question, c'est-k-dire
au traitement par la version. Ce pi*ocede est conseille avant que les
membranes soient rompues. — A cette periode du travail cela ne
prfeentequepeuQU point do danger par rapport au cordon. Mais, si
les membranes ont ele rompues, si le liquide amniotique s'est ecouie,
avec un uterus fortement retracte sur I'enfant, le cordon ombilical
tombe dans le vagin, est-il bon de faire la version? Est-ce siir? Ou
bien esl-il plus silir d'avoir recours ^un autre moyen? Ou bieny a-t-
il d'autres moyens preferables ^ la version ? Chacun de ceux qui parmi
nous out Texperience de ces sortes de choses, savent quels sont les



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30i REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.

dangers que court la mere par la version dans de telles circonstances,
et chaque accoucheur qui a pratiqu^ cette operation en connalt les
difficultes, la peine ct les d^sagr^menls ; cerlainement le chloroforme
est un secours de grande valeur, mais on n'en a pas toujours sous la
main, et Ton pent 6tre par certaines circonstances emp6ch6 del'admi-
nistrer. D'un autre cdt6, le danger que court Tenfant est-il amoindri
par cette operation ? Pour ma part, je pense que les dangers pour la
vie fcBtale sont accrus de deux mani^res, par Pintroduction de la main
qui doit, selon Topinion de Rigby, « 6trefaite avec la plus grandepr^-
caution possible » mais qui augmente encore la compression subie par le
cordon, etenfln par I'op^ration enelle-mtoe; lecbangement dans la si-
tuation de Tenfant, puis le retrait de la main de rop(§rateur qui amfene
le pied, tout cela augmente encore les dangers que fait d^^k subir le
cordon prolab^, tandis que pour couronner le tout nous avons ainsi
expose le cordon k la pression qu'exerce le tronc et la t6te de Tenfant
pendant la delivrance.

Le D*" Merriman a pose certaines conditions dans lesquelles, suivant
lui, on doit faire la version. Elles ont dt6 egalement reproduites par
le D*" Ramsbotham. C'est-^-dire quand il y a des pulsations dans le
cordon et que la t6te foBtale n'est pas encore engagee dans le ddtroit
sup^rieur ; que les contractions ut^:rinc5 ne sont pas dnergiques et que
les parties molles sont relAchees et dilatables. Cependant il n'est pas
possible de poser une r5gle fixe pour chaque cas, qui doit 6tre consi-
der6 selon les circonstances , et Taccoucheur devra prendre un
parti con venable et agir avec prudence. La deliberation une fois prise
il ne faut pas mettre de Th^sitation, ni prendre trop de temps pour
faire passer le foBtus, car la compression sur 1«? cordon pent mettre la
vie foetale en p^ril et m^me lui 6tre fatale.

Apres tout, que les membranes soient rompues ou non, d'apres moi,
il ne faut pas s'adresser ^ la version, parce que je ferai connaltre que
nous poss^dons un autre mode de traitement beaucoup plus digne de
confiance dans toute Tacception du mot, et qui est it la fois siir pour
I'enfant et pour la m6re. Or, si nous avons un tel moyen, nous sommes
oblige, par devoir, de nous en servir. Tandis que, dans la grande majo-
rite des cas, la version, comme mode de traitement, doit fitre repous-
s6e ; cependant nous pouvons trouver quelques rares occasions oh ce
procede a 6i6 utile, et il ne faut pas oublier qu'il a 6i^ tout particuli^re-
ment heureux entre les mains d^ Mauriceau. fividemment, dans les
presentations complexes, avec procidence du cordon, c'est la seule m6-



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REVUE CLINIQUE. 30?J

thode h employer connue; par exeraple, presentation du bras avec le
cordon, placenta proBvia avec cordon, etc.

Cetle question dela version et de la pression inevitable que subit le
cordon ombilical soul^ve une tr5s-importante recherche qui a une va-
leur capitale h propos de tous les modes de traitement, ^ savoir
pendant combien de temps la pression sur le cordon est-elle n^cessaire
pour determiner la raort du foetus. J'ai feuillete un grand nombre
d'ouvrages d'accoucbement, et, dans un seul, celui d' Alexandre Ha-
milton, d'Edimbourg(1784), j'ai trouvd un espace de temps indique.
IJ dit t « Une compression sur le cordon ombilical, qui dure dix mi-
nutes, peut-^tre, en interrom pant la circulation, sera sufBsante pour
amener la mort de Penfant. »

Ce temps me parait beaucoup trop long : « Pour moi, je suis certain
que, dans les versions que j'ai faites, deux minutes de pression exercee
park tete de Tenfant, pendant les efforts d* extraction, ont ete bien
suffisantes pour entralner la mort. N^anmoins, on trouve dans les au-
leurs des cas, et Ton peut en voir, oh les pulsations ayant cesse, en
apparence, dans le cordon prolabe, Tenfant a pu 6tre extrait h temps
pouretre ranime. Le D"" Tyler Smith, en particulier, fait remarquer, h
ce propos :

« On rapporte des cas dans lesquels, le cordon etant comprime dans
Sdpartie superieure, Tanse prolab^e n'a pas de pulsation, h cause de la
compression des arteres, mais le-coeur peut battre un temps conside-
rable apres cela, et, en dernier ressort, Tenfant peut naltre vivant. »
Ces cas malheureusement sont rares. Quelquefois on peut, en chan-
geant le cordon de place, ranimer faiblement les battements du coeur,
et les pulsations se remontrentde nouveau dans le cordon.

{Obstetrical Journal.) {A suivre.)

REVUE CLINIQUE.



Bclampsie chez une primipare enceinte de 6 mois. Deux saifi^n^es
abondantes; application de sanc^sues.— Ou^rison.

Le28 d^cembre 1874, k 5 heuros du soir, on apportait a la Clinique d'ac-
couchements la nomm6e Schaff (femme Nossenfratz). Elle 6tait envoy^c
par un m^decin de la \ille, qui, appel6 pr6s d'elle dans la journ^e, avait
constate que cette femme 6tait atteinte d'edampsie. Voici les renseigne-
menla que nous avons pu obtenir concernant les antecedents de notre
malade.

ElJe estag6e do 21 ans et mari6e depuis 9 mois; la derni^re apparition
des r^gleseut lieu dans les premiers jours du mois de juin. C'est done une
primipare enceinte do six mois environ. Pendant les cinq premiers mois dc
Archives de Tocologie. — mai ISni. 20



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;}06 REVUE CLIiNIQUE.

sa grossesse, la sant6 ne fut nullement alt6r6e, depuis un mois seulement
elle remarqua que ses jambes enflaient. II y a huit jours elle 6prouva une
c6phalalgie frontaleextrSmement intense, puis, les jours suivants, des bour-
donnements d'oreilles, des troubles de la vision, et enfin depuis deux jours
de la douleur dans la region 6pigastrique, des vomissements qu'elle attri-
buait au boudin qu'elle avait mangg pendant les fdtes deNoSl.

Le lundi matin 28 d^cembre, se sentanjt plus soulTrante encore que de cou-
tume, elle alia consulter une sage-femme; en arri\ant chez cette demi^re,
elle I'ut prise subitement de sa premiere attaque d'6clampsie. Aussit6t que
Tacc^s fut termini, la sage-femme se hata de la reconduire en voiture chez
elle. Un m6decin fut appel6 qui ordonna une potion calmante et conseilla
de mener cetle fcmme k la Clinique. Jusqu'au moment de son arriv^e elle
eut sept acc^s bien caract^risds.

A son arriv6e dans la salle d'accouchements, elle 6tait dans le coma, respi-
ration stertoreuse. Abolition des facult6s intellectuelles et sensoriales. La
face cyanos6e. Les membres inf6rieurs sont inflltr^Sj mafs non d'une faQon
exager6e. L*ut6rusd6passerombilicde troi^travers dedoigt. 11 n'y a pas de
contractions. Les battements ducceurfcetal s'entendent k gauche. Le toucher
d6moiitre qu'il n'y a pas de commencement de travail, le col a conserve toute
sa longueur; Torifice est compldtement ferm6. L'urine retir6eau moyen de la
sonde renferme une quantite 6norme d'albumine. Par la chaleur elle se
prend en masse, ainsi que par Tacide nitrique. Le pouls est petit, irr6gu-
lier et cxtr6mement rapide 160. Temp 38.5. On lui administre un lavement
purgatif.

Acinq^bjDures oS minutes, une denli-heure environ apr6s son arriv6e»
nouvel acc^s bien caract^ris6, mais remarquable en ce sens que les convul-
sions sont plus intenses du c6t6 droit que du c6t6 gauche. La tfite s'incline
aussi h droite. Ge qui est Tinverse dans la plupart des cas.
2® acc6s k 6 h cures 1/2.
3® — 2i 6 heures 45.
On pratique alors une saign6e de 400 gr. environ.

Pendant r^coulement du sang qui se faitavec lenteur et difficult^, nouvel
acc^s.

4« acces k 6 heures 50.
50 — ^ Q heures 55.
M. Depaul pratique une seconde saign6e de 500 gr. environ.
6* acc^s k 8 heures 07.
7« — k H heures 15.
8« — a 10 heures.
90 — i 10 heures 02.
10* — i 10 heures 10.
Application de 10 sangsues, 5 derri^re chaque oreille, k 11 heures.

11 « acc^s k i heure 35.
Puis coma pro fond entrecoup6 seulement par des grognements caract^ris-
tiques.

Le 29 matin, agitation, subd61irium, ne rSpond pas aux questions qu'on
lui adresse.
En examinant le ventre on reconnait bien vite que Tut^rus se contracte de



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REVUE CLINIQUE. 307

temps en temps ; ia contraction est douloureusc, car la malade s*agite a ce
moment et pousse des g6mis8ements. II est impossible d'entendre les batte-
menls du cceur de Tenfant. En pratiquant le toucher, on reconnait que le
col est efiac^ et que Torifice commence a se dilater.

Traitcment. — Potion 6th6r6e, bouillon, tilleuK A 1 heure ">0, expulsion
<run fcetus mort-n6 qui se prt^sente parTextr^mit^ pelvienne. Delivrance na-
lurelle. Le fcetus p6se 2,230 gr. Imm^diatement apr^s la delivrance, calme
absolu. Sommeil qui dure jusqu'au lendemain matin.

30 d^cembre. Etat g^n6ral satislaisant, mais Pintelligence fait toujours
defaut La m6moiresurtoutacompl6tcmentdisparu. Pendant les jours qui
suivent, on observe une dyspn6e intense allant m6me jusqu'i Torthopn^e.
Congestion pulmonaire intense. Troubles intellecluels. Agitation, puis d6-
lire. Get 6tat dure huit jours environ, puis bient6t on voit reparalfre toutes
les facult^s intellectuelles. La malade quitte I'hOpital vingt jours apr^s
compl^tement r6tablie/Il n'y avait plus d'ced6rae ni d'albumine dans les
urines. Pinard.

^clampsie chez une femme enceinte de huit mois et demi. — Dix-.
huit acc^s environ. — Saignce de 500 grammes. — Application de six sang^ues
derri^re leg orelllcs. — AccoucbcmeDt spontanu cinquante-sept heurfes apr^s la pre-
miere attaque. — Enfant vivant. — Disparition compile de I'albumine quatre jours
apr^s raccouchemcnt. — Guerison.

Le 31 d6cembre 1874, la nommee N., primiparc, Ag^e do 16 ans, 6tait ap-
port6e ila Clinique. Cette jeune femme d'apr^s le dire des personnes qui
laccompagnaient, etait arrivoe au huiti^me mois desa grosscsse sans pre-
senter d'accidents, maisdepuisquinze jours ses jambcsenflerent, en m^me
temps eile se plaignait de maux de t6le violents et d'unc douleur vivo dans
la region 6pigastrique. Le 31 d^cembre au matin, elle 6prouva un malaise
g6n6ral, et croyantqu'dle allait accoucber, elle alia consulter une sage-
femme. Elle eut, en rentrant chez elle un premier acc6s. Un medecin fut appel6
qui reconnut r6clampsie el pratiqua une saign6e, mais il retira avec la plus
grande difficult6 un verre de sang. Elle eut dans la journ^e une diLaine
d'attaques. A son arriv6e dans la salle, voici dans quel 6tat nous la trou-
vons.

C'est une femme rousse, assez bien d6velopp6e. Les membres infcrieurs
sent inllltr^s. Elle est tr^s-agitee et murmure incessammcnt des paroles in-



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