William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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"^oh^renies. De temps en temps elle pousse des g^missements. Los yeux sent
brillants, les pupilles dilat6es. Son agitation est telle qu'on ne peut prendre
lepoulsni la temperature. II est impossible ^galement de pratiquer le tou-
cher vaginal. On reconnait seulement quo, lorsque cette femme pousse des
grognements, Puterus se contracte. II y a probablement un commencement
<le travail.

On retire au moyen de la sonde une petite quantity d'urine qui, analys6e,
contient une grande quantit6 d'albumine. A huit heures nous sommes t6-
moins d'un accfes violent. M. Depaul pratique une saignee et retire avec
assez de difliculte environ 500 grammes de sang.

Quatre acc^s surviennent encore; k minuit on applique six sangsues, trois
derri^re cbaque oreille. Encore quatre acc^s jusqu'au matin. Le 4*' Janvier
au matin, elle est toujours agit6e et n'a point recouvr6 sa connaissance



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308 REVUE CUNIQUE.

Nous devons noter qu'apr^s chaque acc6s, la periode de coma fit compl6te-
ment d6faut; k la p6riode classique succ6dait imin6diatemeut une p6riode
d'agitation sans secousses galvaniques.

Lo pouls est petit et fr6quent, la temperature k 58<». Le toucher d^montre
que le col est efFac6, mais Toriljce n'est point dilate.

• Les battements du coBur foetal s'entendent tr^s-bien dans la region hypo-
gastrique en avant et k gauche.

Traitement, — Potion antispasmodlque, lavement purgatif, bouillon.

L'urine^qui renferme toujours beaucoup d'albumine, est examinee au mi-
croscope. On reconnait au milieu dcs cellules 6pith6liales attcintes de d6g6-
.n6rescence granulo-graisseusc, des cylindres granuleux en assez grand
nombre, quelques cylindres hyalinS et beaucoup de globules rouges du sang.
Pas d'acces dans lajourn^c.

Le soir, les contractions ut6rines sont plus Mquentes et plus intenses. La
malade se plaint beaucoup h cc moment. L'orificc a un diam^tre de deux
centimetres environ. La poche des caux estintacte. Les battements du cocur
•foetal s'entendent toujours tr^s-bien. Au point de vue intellectuel, mOme
etat. Pas d'acc6s dans la nuit. A cinq heures et demie du matin, le 2 Jan-
vier, accouchement sponlan6 d'un enfant vivant, pesant de !2, 830 grammes.
D6livranco naturelle.

Le 2, a huit heures du matin. L'ugitation a presque compl^tement dis-
paru depuis Taccouchement. Sommeil profond pendant une grande partie
de la journee. Le soir, elle s'6veille et appelle k grands cris sa m^re. Inler-
rog6e, elle nc peutr6pondre. Par instants, sans cause appreciable, elle enlro
dans une violente colore contre les personnes qui I'entourent.

Toujours de Talhuminc dans les urines.

Le 3, matin, elle est un peu plus calme; elle se rappelle son nom; mais
ne sait pas ou elle demcure. On lui pr6sente son enfant qu'elle repousse avec
effroi.

Le 4, m6me 6tat. Elle reconnait sa mdre, mais lam6moire n'est pas entie-
rement revenue.

Le 5, m6me 6tat. Le 6,r6tat gdn6ral est tr^s-bon. L'intelligence reparatt ;
ses r^ponses, quoiques lentes, sont sens6es. Elle demande k voir son enfant.

De plus elle reclame ^grands cris du vin, elle ne veut pour ainsi dire
prendre que cela.

L'oedtoe a disparu, et les urines analys6es avec le plus grand soin
chimiquemcnt et histologiquement, ne renferment plus trace d'albumine
ni de sang, ni d'autres 616ments pathologiques.

Cependant sa convalescence fut assez longue. Elle fut prise de congestion
pulmonaire intense vers le huiti^me jour apr6s son accouchement. Quatre
jours apr6s, il y avait dans la pl^vre droite un l6ger 6panchement qui dis-
parut.assez vite. Les aliments 6t8ient difficilement tol6r6s par Pestomac.
Le pouls res tuit toujours frequent, et ce ne fut quele i4f6vrier qu'elle quitta
le service, compietemeut r6tablie. Pinabd.

Accouchement d^an foatusmons true ax.— Observation presentee par le
docteur Goldsciimidt, de GrafTenstadon .

Le 19 Janvier je suis appel6aupr6sd'unc jeune dame, primipare, enceinte
do huit mois. ea travail depuis plusieurs heures. A I'auscultation, je ne



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REVUE CLINIQUE. 309

per^ois pas les battements redoubles; au toucher, jc constate la dilatation
complete du col et la presence d'une main engag^e entre la parol vaginale
gauche et une masse informe, mollasse, dans laquelle je puis engager et
promener librement le doigt. Quelle 6tait ectte cavit6? Ge ne pouvait 6tre
labouche, puisque je netrouvais pas de partiesosseusesarentour. Etait-ce
ranusou la vulve? La cavit6 etait trop spacieuse et les parties qui I'cntou-
raient trop mollasses. Ne sachantiquoim'cn tenir, je me decide ii attendre,
etbien m'en a pris : au bout d'une demi-heure, le travail ayant avance, je
commence a entrevoir entre les grandes l^vres, au moment des contractions,
une masse brunAtrc, ressemblant h des circonvolutions intestinales recou-
vertes d'une membrane transparente. Gette membrane ayant crev6 pendant
une nouvelle contraction, je vois sortir des 16vres de la vulve une masse
intestinale d'abord, puis le foie, puis une main, et un peu plus tard, ayant
pu saisir la cuisse gauche, ettirer legerement dessus, toute la masse foetale
avec le cordon et le placenta. Le cordon ne mesurant que 15 centimetres, le
placenta a dii n^cessairementsuivre la masse loetale. Les suites de I'accou-
chement n'ont rien present6 d'anormal ; la jeune femme est r6tablie et a
repris ses occupations.

Voici maintenant la description de la masse foetale : la partie sup6rieure*
du corps est assez bien conform6e ; le t6te est un peu Ibrte; les ongles des
doigts existent et les cheveux soqt bien Iburnis.

Ce qui frappe a premiere vue, c'est I'absence des t6guments du ventre,
qui sont remplac6s par un feuillet mcmbraneux transparent, et I'absence
de toute rextr6mit6 inf^rieure droite, dont il n'existe aucun vestige.

Au niveau du rebord inf6rieur des fausses cotes droites, la peau s'arr^te
brusquement et est remplac6e par une membrane transparente, qui de \k
suit une ligne se dirigeant en bas et k gauche vers les teguments du mem-
bre inf6fieur gauche avec lesquels elle fait suite Cette ligne est sensible-
raent la m^me en avant et en arriere. La membrane seule envcloppe des
organes splanchniques, les recouvre h la mani^re du p6ritoine et pr6sente
au niveau du rebord inf^rieur des I'ausses c6tes gauches un 6paississement
qui renferme les vaisseaux ombilicaux. Ces derniers, apr6s un trajet de
14 k 15 centimetres, aboutisscnt au placenta; la membrane elle-m6me finit
par se con fond re avecl'amnios. Le placenta est petit et un peu d6chir6 ; les
organes splanchniques ne pr^sentent rien de particulier.

Nous a\ons dit qu*il n'existe pas de vestige du membre inf^rieur droit
A gauche, la cuisse est fl6chie sur le bassin, la jambe est fl6chie a angle
aigu sur la cuisse et se continue avec le pied. Ge dernier est un pied bot
varus n'ayant que quatre orteils, imparfaitement conform6s, tr6s-6cart.6s
lea uns des autres et dont Ic dernier est rattache par une sorte de lanj^re
cutanee k I'ischion droit.

Les organes g^nitaux externes sont normaux et appartiennent au sexe f6-
minin ; I'anus donne issue k un peu de meconium. Ces deux organes sont
/brtement d6vi6s k gauche dans le prolongement de la ligne axillaire. La
region lombaire elle aussi est fortement d6vi6e k gauche. Quant au bassin,
il n'en exiate que des portions incompletes et informes.

(Gazette m^dicale de Strasbourg,)



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3i0 REVUE CLLMOUE.

M61e hydatiforme ; h^morrhagi^s ; expalsion ; garrison ;

Par P. BuDiN, interne des bdpiUux.

Le 23 povembre 4874, la nomm6 Rosalie R..., ag6e de 38 ans, 6Uit en*
voy6c dans le service de M. L. Labb6, k Thfipital de laPiti6, pour des pertes
^ondantes. L'interne de garde, appel6 dans rapr6s-midi, ordonna de cou-
cher cette femme en lui maintenant le 8i6ge 6lev6, d'oppliquer des com-
presses glac6es sur son ventre, etc... L'h^morrhagie cessa. Le lendcmain
"24 novembre, la malade fournit les rcnseignements suivants : elle 6tait ha-
bituellement bien portante ; elle avait 6t6 r6gl6e d6s I'Age de i'i ans et
8'6tait marine k 16. A 18 ans, elle dtivint enceinte; elle accoucba h terme,
I'ut nourrice, redevint de nouveau enceinte, etc.; elle eut ainsi successive-
raent neuf enfants qu'elle 61eva elle-mfime, sans que jamais ses regies vins-
sent ^ parattre.

De 18 k 34 ans pass6s. elle ne fiit done jamais menstru^e. Le 18 aout
1872, elle accoucba de son dixieme enfant; elle fut nourrice, et ses regies
ne reparurent qu'en Janvier 4874. A la Gn de mai (1874) ses r^les ces-se-
rent ; des naus6es et des vomissements survinrent, des picotements du cotiS
•des seins, des pertes blanches ; elle 6tait enceinte. A son grand 6tonnement»
trois mois plus tard, elle vit snrvenir un 6coulement de sang peu abon-
dant, mais continu; k-la. lln du quatri^me, mois de sa grossesse elle re-
marqua que son ventre augraentait rapidementde volume, si bien que, un
mois plus tard, elle aurait pu, d'apres le d6veloppement de son abdomen,
se croire arriv6e k terme. Les pertes continu^rent, et dans la nuit du 20 au
21 novembrc, elles devinrent excessivement abondanles. Dans la jonrnee du
22, r6i!0ulement du sang fut un peu moins consid6rable, mais rh6morrha-
gie reparaissant avec une plus grande intensit6 et s'accompagnant de vio-
lentes coliques, la malade se rendit k rh6pital ; une fois coucb6e, il lui sem-
bla qu'elle expulsait des caillots, puis le sang cessa presque compl^tement
de couler. En examinant cette malade, on lui trouva les seins d6velopp6s;
autour de chaque mamelon 6tait une aureole noire, les tubercules de Mont-
gomery 6taient saillants, et en pressant sur la glande on fit sortir du lait.
II y avait eu6videmment grossesse. En palpant I'abdomen dont les parois
6taient fort ^paisses, on sentit le globe ut6rin revenu sur lui-m6me et fai-
sant saillie k 3 ou 4 travers de doigt au-dessous du pubis. En cherchant
dans les linges qui avaient ^t6 mis sous la malade la veille, et retires rem-
plis de sanp;, on trouva un grand nombrc de grappes, d'un blsnc ros^, dont
quelqucs-unes de couleurgrisAtre avaient et6 6videmmentform6es quelques

1'ours avant leur expulsion. Les grains qui par leur reunion constituaient
es grappes 6taient de volume variable, quelques-uns serablables It des
grains de mil, d'autres k des grains de raisin, d'autres enfin 6taient pres-
que aussi gros que des ceufs de pigeon. C'etait une m61e hydatiforme, et sa
presence dans la cavity uterine avait 616 jusqu'au moment de son expulsion
la cause des h^morrhagies. On ne trouva que des portions de membranes
et on ne put reconnaltre aucune trace du foetus. La malade 6tait excessive-
ment faible, elle avait des bourdonnements d'oreille?, des 6blouissements,
etc. On ordonna de continuer la situation horizontale, de faire boire une
potion coiitenant 60 grammes de rhum, de donner des potages, etc.



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REVUE CLINIQUE. ^\i

^^ Novembre, Pi6vre, soif vive, peau chaude, temperature a*illaire 39o, %
quelques douleurs dans le ventre, mais ellcs n'occupent aucun point fixe.
Ecouleraent lochial f6tide. On ordonne des injections vaginales avec une
solution de chloral au centi6me. — Soir. T. A. 33.— 0,75 centig. de sulfate
de quinine. La malade vomit pendant lanuit.

26 Novembre, Peau bonne. T. A. 36o, 4; P. 84. Aucunc douleur abdomi-
nale. Les lochies ne sont plus f^tides, les seins contiennent line ceitaine
quantity de lait.

Les jours suivants, I'^tatde la malade s'est am61ior6 d'une fagon continue,
etelle a quitt6 I'hftpital compl^tement gu6rie.

Reflexions. — Nous rel5verons, dans cette derniere observation de
grossesse molaire hydatiforme on v^siculaire, les particularites sui-
vantes : 11 n'aet6 possible de retrouver aucun debris du I'optus, qui,
morl sans doute pendant les premiers temps dela grossesse, avait 616
probablement r6sorb6 ; il faut aussi faire remarquer Pdge avanc^ de
la malade qui avait 38 ans, et le grand nombre de grossesses ant^-
rieures (10) qui ^talent toyjours parvenues h terme: ces deux condi-
tions, 4ge avanc4 de la m^re et nombreux accouchements ant^rieurs,
ont <^,te signal^es souvent dans les grossesses molaires.

Aucune chute, aucune contusion ne peut expliquer le developpe-
ment anormal de cette grossesse. La malade n'a jamais eu de syphilis,
eUen'a jamais presente aucun sympt6me d'affection uterine; on ne
peut done invoquer dans ce cas, comme cause, Texistence d'une m^-
trite chronique (Virchow).

En ce qui'concerne les symptdmes, on remarquera: i^ les hemor-
rhagies apparaissant d'une fagon continue h la fin du troisieme mois
de la grossesse; 2° le d^veloppement tHjs-rapide du ventre, sur lequel
M. le professeur Depaul a appel^ I'attention, developpement qui fut
tel, que, arrive au sixi6me mois, la malade eM pu se croire h terme ;
3«» Pexpulsion des m61es qui constitue le signe patbognomonique de
cette affection.

Enfin, nous ferons remarquer que cette malade a pu rester depuis
r&ge de 18 ans jusqu'^ 3i ans sans voir reparaltre ses regies. Elle eut
dans cet intervalle neuf enfants et iut alternativement enceinte et
nourrice. Elle resta done seize anuses sans 6tre r^glee. Ce fait prouve
une fois de plus que Povulation et la menstruation peuvent 6tre deux
pb^nomfenes ind6pendants Tun de Fautre.

{Progres medical).



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312 REVUE CLINIQUE.



ilEVUK DES SOGIETES SAVANTES.



SOCIKTE DE CHIRURGIE.

Seance du 24' mars 1875.
M. Polaillon donne lecture de robservation suivante :

Orossesse extra- at^rine termin^e par Tenkystement du prodult de

la conception.

Obsbbvation. — Une femme de 37 ans, enceinte pour la troisi^me fois,
entra le 20 septembre 4874 k la Maternity de Cochin, pour se faire soigner
d'accidents graves qui compliquaient sa grossesse.

Cette femme avait toujours joui d'une excellente sant6. Les deux gros-
sesses ant^rieures avaicnt suivi un cours r6gulier et les accouchements
avaient 6t6 naturels. Les suites du dernier accouchement, qui eut lieu en
1864, furent compliqu6es par une peritonite. Apres un s^jour d'un mois
dans le service de M. le D' Desnos, a I'hCpital Saint- Antoine, lamaladeser6-
tablit compl^tement ct put reprendre ?a profession de couturi^re. Depuis
cette 6poque jusqu'k I'apparition de la troisi^me grossesse, sa sant6 tut
bonne; les regies se montr^rent dans leur p6riodicit6 et leur quantity nor-
males ; aucune douleur, aucune tumeur ne se manifesta vei-s la region
hypogastrique.

La derni^re 6poque raenstruelle apparut le 20 avril 1874. Vers la fin du
mois de mai, la malade fut prise de vomissements incessantsqui durdrent
trois semaines. Peu de temps apr^s, des doulcurs tr^s-vives, qui se r6p6-
taient irr6gulierement la nuit et la jour, se firent sentir dans Je bas-ventre.
La jnalade i'ut oblig6e de garder le lit presque constamment. L'amaigrisse-
ment fit de rapides progr6s, en m6me temps que le ventre se d6veloppait
d'une faQon bizarre et comme en pointe. Lors de son entr6e a la Maternity,
je trouve une femme profond6ment an6mique, tr^s-amaigrie, et dont le
moral est affects par les souffrances qu'elle endurait et probablement aussi
•par des chagrins ant6rieurs et actuels. La grossesse datait d'environ cinq
mois. Le ventre 6tait un peu volumineux ct un peu plus saillant que ne le
comporte une grossesse arriv^e h cette p6riode. Le col de Tut^rus olfrait un
volume et une consistance a peu pr6s semblables au volume et & laconsis-
tance d'un col de Tut^rus chez une femme multipare en 6tat de vacuity*

L'orifice externe 6tait ferm6. II 6tait repouss6 en haut et en arri6re par
une tumeur d6vcloppee sur la parol -anterieure de Tut^rus. Cette tumeur,
grosse comme une t6te de foetus, 6tait facilement sentie lorsqu'on d^pri-
mait la parol ant6rieure du vagin. Elle 6tait lisse k sa surface et d'une con*
sistance 61astique. Elle adh^rait en arpi^re au corps de I'utfirus, s'appuyait
en avant centre le pubis et se confondait en haut avec la masse qui disten-
dait la cavit6 abdominale. II ne fut pas possible de sentir le ballottement.
Mais I'existence d'une grossesse 6tait d6montr^e par les battements tr6s-
nets du coeur du fcetus. Le maximum des bruitscardiaquesse faisait enten-
dre ^ 8 ou k 9 centimetres au-dessus du pubis, k droite et un peu en de-
hors de la ligoe m^diane, c'est-k-dire en un point plus 6lev6 que celui oix



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REVUE DES SOGIET^S SAVANTES. 313

on les entend habituellement dans ime grossesse arriv^c k cette p6riode.
Le bruit du souffle ut6rin 6tait tr^net. Les mouvements actifs du fatus
6taient per^us par la ra6re ; mais il ne m'a pas 6t6 possible de les senlir
pendant mcs explorations. II y a une incontinence d*urine par compression
de la matrice.

Si la grossesse 6tait 6videntc, la cause qui produisait le d6veloppement
un peu anormal du ventre et la lumeur que Ton sentait en d6primant la
parol ant6rieure du vagin me parut moins facile k distinguer. Piusieurs
personnes, qui examin^rent cette malade, pens6rent k unc grossesse com-
pliqu6e d'un my6me ramolli par T^tat de gestation. Cependant, ce qui
aurait dii mettre sur la voie du diagnostic, c'est I'^tat du col ut6rin qui
n'6tait pas hypertrophic et ramolli, comme lorsque Tut^rus est distendu
pap le produit de la conception.

Le s6jour au lit pendant piusieurs jours, Tusage des opiac6s et des cata-
plasmes Iaudanis6s sur Tabdomen am^lior^rent assez Tdtat de la malade
pourqu'elle exigent sa sortie.

Le 7 octobre, elle rentre k I'hftpital dans un 6tatplus alarmant qu'aupara-
vant. L'abdomen a augmente de volume. II est le si^ge de douleurs extrd-
mement vives qui sont exasp6r6es par la pression etemp6chent le sommeil.
La fidvre est presque continuelle. Le facies pr^scnte le type abdominal. L'in-
apptitence est complete et Tattiaigrissement fait encore des progr^s.

En presence de ces ph6nom6nes qui menacent, k bref d61ai, la vie de
notre malade, la question d'interrompre le cours de la grossesse en provo-
quant un accouchement pr6matur6 est pos6e. Cependant nous temporisons
encore afin d'atteindreautant que possible le terme de sept mois. L'^ge du
foetus 6tait alors d'environ six mois.

Le 17 octobre, dans la matinee, la malade est prise do spasmes nerveux
et de frissons. Les douleurs abdominales sont excessives. Le plus I6ger
contact r6veille ces douleurs. L'auscultation avec le stethoscope est presque
impossible tant le ventre est douloureux. On constate cependant quelecoeur
du foetus continue k battre. Comme les cataplasmes laudanis6s ne peuTent
plus 6tre support^s k cause de leur poids, je fais recouvrir le ventre de la
patiente avec un large emplatre de Vigo, dans lequel on a incorpor6 de
Vextrait de belladone et de I'extrait de cigue.

Les jours suivantsles douleurs abdominales deviennent un peu vives. A
la iln d'octobre,nous constatons que les bruits du Cffiur foetal nes'entendent
plus. Le foetus est mort.

L« 3 novembre, les seins sont gonfl6s et douloureux ; ^ leur surface se
dessiaent des veines bleuAtres. Les ph6nom6nes de cette mont^e du lait se
dissipent quatre jours apr^s.

Depuis la mort du foetus, je prescrivis de surveiller avec un grand soin
tous les 6coulements, qui allaieut probablement se faire par le vagin, ainsi
que I'expulsion du produit de la conception.

Le 7 novembre, il y eut par le vagin un l^ger 6coulement sanguinolent.
D'apr^ les linges tach6s, je peux 6valuer la quantity de cct 6coulement k
celle d'une cuiller6e a bouche. L'issue d'un liquide I6g6remcnt teint6 par du
sang persista jusqu'au 13 novembre. Mais aucun caillot, aucune membrane
resserablant k une caduque n'a 6t6 expuls6. Le col a conserve les caract^res



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314 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

que j*ai indiqu6s et son oritice est rest6 ferra6, le ventre s'est affaissfe. Les
doaleurs abdominales sont moins vives. L*incontinence d*urine a cess6.
Mais r^tat g6n6ral est toujours mauvais.

Le 16 novembre, d6veloppemeut d'une phlegmatia alba dolens qui enva-
hit successivement les deux membres inf6rieurs, et qui dure pendant un
mois.

dependant Tembryon n'avait paa 6t6 expulse. Au milieu de d6ccirbre, la
poche qui le contenait avait diminufe des trois quarts. Le diagnostic d'une
grossesse extra-ui^rine n'offrait plus de dpute. Cependant je nc voulus pas
encore en avoir la certitude absolue en pratiquant le catb6t6risme ut^rin,
de peur de produire quelque inflammation dans la pocho embrj^onnaire et
d?en amener la suppuration.

Pendant les mois de Janvier et de f6vrier, la patiente ne pr^sente ricn
d'anormal.Sousrinfluence d'un regime fortiflant, ses forces reviennent pen
kpeu. Lorsqu'on comprime I'bypogastre, on reveille quelques douleurs ct
on sent une tumeurprofonde.

Le 3 mari:, je pratique le cath^terisme de Tut^rus avec un hyst6rom6tre.
L'instrument pi^^ndtre ^ une profondeur de 4 centimetre l/"i. Je constate que
la cavit6 uterine est vide.

Le 22 mars, la malade quitte la Maternit6 dans T^tat suivant: une tu-
meur du volume d'une orange, d*une consistance dure, cstsitu6een avantde
la face ant^rieurc du Put6rus. Un doigt introduit dans le vagin, tandis que
Tautre main est appliqu6e sur le bas-ventre, pcrmet d*appr6cier exactement
quel est le volume et quelle est la consistance de cette tumeur. Cette explo-
ration produit encore de la douleur. Mais cette douleur nc se developpe pas
spontan6ment ct la malade pent resler debout et marcher sans soufTrance.
L*ut6rus est adherent i la tumeur, son corps paratt atrophia; son col est
petit, dur et ferm6. Les regies ne sont pas revenues.

Cette observation de grossesse extra-uterine nous paralt digne d'in-
terfit, puree qu'elle nes'est pas accompagn^e du ddveloppement qu'on
appelle sympathique de Tuti^rus, parce que la mort du fetus n'a pas
el6 accompagnee par Texpulsion d'uiie caduque, et parce que le kyste
foetal, au lieu de s'enflammer ou de suppurer, comme cela arrive ha-
bituellement, s'est r^tracte sur le produit de la conception, le tout
tendant h se transformer en un corps dur, inalterable, qu'on appelle
lithopode.

Discussion, — M. Gueniot semontre surpris du r^sultat final : en six
mois, d'aprds Tobservation, le volume du kyste s'est trouv6 r6duil h
celui d'une grosse orange. M. Gueniot n'a pas connaissance d'un fait
semblable ; ordinairement la diminution du volume se fait beaucoup
moins rapidement.

M. Depaul nc saurait admettre le d^faut de developpement sympa-
thique dela matrice. Le cathet^risme ut6rin a 6te pratiqu6 trop tard ;
mis en usage au d^but, il eiit donn^ des r^sultats difierenls. Quant h



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 3 i o

rexloliation de la muqueuse uterine, M. Depaul Ta observe dans tous
les cas qu'il a pu suivre ; la membrane a toujourset^ ^limin^, soil en
totalite, soil par fragments.

M. Depaul trouve dans les details de Tobservation de M. Polaillon
tous les Elements necessaires pour asseoir un diagnostic certain de la
grossesse extra-utdrine : Age assez avance (37 ans), grossesses ant6-
rieures, dont la derni^re remonte h une ^poque peu eloign^e, mtm-
struation normale, d^veloppement irr^gulier de Tabdomen, douleurs
violentes avec accidents febriles, pendant toute la duree de la gros-
sesse (ces douleurs, qui se pr^sentent rarement avec ces caract5res
dans les grossesses ordinaires, seront Findice d'une pdritonite loca-
lis6e produite par I'oeuf, qui se greffe surla membrane sdreuse de Tab-
domen). A ces signes, il faut joindre ceux que donne le toucher : tu-
meur developp^e dans le cul-de-sac vaginal post^rieur, d^placement
de la matrice dans le sens inverse de celui qu'on observe babituelle-
ment, col oilrant toutes les modiflcations de cet organe qui accompa-
gnent la grossesse normale. Lesbattements du cceur du foetus ne per-
mettantpasdedouterde la grossesse, il ne s'agissait que de determiner
si elle 6tait uterine ou extra-uterine. Or, M. Depaul pense qu'il etait
possible de r^soudre la question, et cela au moyen de la seconde ute-
rine, qui, conduite avec precaution, etit p^ndtr^ noni4 centim5tres et
demi, mais it 7, 8 ou iO centimetres de profondeur.

M. Depaul a eu tout r^cemment dans son service une femme dont
Tobservation fait le pendant de celle que vient de rapporter M. Po-
laillon.

Cette femme, dont Thistoire est public en ce moment dans ua autr<3
journal, ^tait restee six semaines k Thdpital de la Pitie. A son entr(5e
h rhdpital des CHiniques, elle perdait un peu de sang ; son enfant ve -
nail de mourir. Dans la fosse iliaque droite on sentait une tumeur
dure qui donnait la sensation d'une t6te d'enfant ; dans la cavit(5 abdo-
minale on trouvait une tumeur molle r^pondant ^ la masse de roeuf.
Le col, refoule en avant, ^tait modifle, mais non comme dans une
grossesse de six mois. L*6coulement sanguin 6tait form6 par les lo-
chies ; la malade racontait qu*elle avait perdu, avant d'entrer h Yh6-



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