William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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pital, une peau, qu'elle avait envelopp^ dans un mouchoir, mais qu'on
ne put retrouver: c'^tait certainement la mugueuse exfoli^.

La malade resta environ six semaines k rh6pital ; aucune operation
ne fat tent^e. Les accidents febriles se calmerent, la tumeur diminua
de volume, la tStese porta sur la ligne mediane de Tabdomen; le
kysle diminua de moiti^ dans Tespace d'un mois, et le col regagna sa
place habiluelle.



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316 REVUE DES SOGIETES SAVANTES.

Aujourd'hui les caract5res de la grossesse extra-uterine sont telle-
ment precis que le diagnostic de cette affection devient presque simple.
M. Depaul en a observd derni5rement, h la Villette, avec M. Gueneau
de Mussy, un autre cas dans lequel le doute n'^tait pas permis da-
vantage.

M. PoLAiLLONfait remarquer que, chez sa malade, le col^tait refouW
en arri^re et la tumeur desceridait dans le cul-de-sac ant^rieur. Vers
lecinqui^me mois, la forme du ventre etait rdguli^re et le toucher
n'apprenait rien que de normal ; le col 6tait seulement plus petit et
plus durque d'habitude. Au dire de la malade, le ventre ^tait plusen
pointequedansses grossesses ant^rieures. Mais, d'aprds Texamen qu'i)
fait ^ Tentr^e de la malade, M. Polaillon n'a pas constate ce fait. Dans
ce cas, le col n'dtait presque pas developp^. ,

Une fois Tenfant mort, on a examind avec soin tout ce qui s'echap-
paitpar les organes g^nitaux : il y avait peu de liquide, et jamais ou
n'a vu ni caillot ni membrane. II faut done reviser Topinion g^n^rale-
ment admise, qui veut qu'il se d^veloppe toujours une caduque ute-
rine dans le cas de grossesse. Quant au cath^t^risriie ut^rin, employ^
comme un moyen de diagnostic dans la grossesse, M. Polaillon le croit
dangereux et deplus inutile, si Ton est certain d'une grossesse extra-
uterine, insufflsant et de nature ^ provoquer Tavortement dans les
cas oh la conviction n'est pas entiere. M6me apr^s la mort du foetus,
quand il y a de la fi5vre et de Tamaigrissement, M. Polaillon evite le
cath6t6risme, pour ne pas provoquer d'accidents inflammatoires du
c6t6 du p^ritoine. Quand la santd de la femme^st completementr^ta-
blie, le cath^t^risme pent donner la certitude absolue de ]*existence
d'une grossesse extra-uterine. Le diagnostic de cette derni^re est
facile, quand tons les signes rappel^s par M. Depaul se trouvent
r^unis ; mais quand il n'en existe qu'un ou deux, le diagnostic est
difOcile.

M. Polaillon persiste h croire que, chez sa malade, il n'y a eu ni
developpement sympathique du corps de la matrice, ni exfoliation de
la muqueuse uterine. Quant k la retraction du kyste, il Ta suivie avec
trop de soin pour admettre qu'elle puisse 6tre r^voqu^e en doute*

M. Depaul, en parlant delafdcilited'dtablir le diagnostic dela gros-
sesse extra-uterine, n'a eu en vue que la seconde moitie de la gros-
sesse. II apprend h I'instant que la femme dont il vient de dire quel-
ques mots, et qui avait quitte Thdpiial des CUniques sans flevre et
dans un etat de sante satisfaisant, est morte il y a peu de jours i^ la
Pitie, et que I'autopsie a confirm^ I'exactitude du diagnostic qui avait



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REVUE DBS SOCIETES SAVANTES. 317

^te portd : il y avail dans TabclQinen un kyste suppure contenant un
foetus.



Amtoorrti^e pseado-membranease avec vaginite 6pith61iale (1)
Par M. le Dr Gayteot.

M. le D' Guyenot lit un travail sur un fait d'am^norrhee pseudo-
membraneuse avec vaginite ^pith^liale, qu'il a observe, et qui est re-
marquable par la bizarrerie des symptdmes, et surtout par Tetude
consciencieuse de Tanatoinie et de la physiologic pathologiques de cette
affection.

II s'agit d'une jeune femme d'un temperament lymphatique, ayant subi
pr^c^demment quelques accidents hyst6riformes. Apr6s une premiere cou-
che, compliqu6e d'accidents nerveux, survint une suppression des regies
qui faisait croire au d6but d'une seconde grossesse, lorsque subitement, a
la suite d'un petit voyage, survint un 6coulement uterin d'un liquide abon-
dant, qui fut suivi quinze jours apr6s d*une h6morrhagte avec caillots. A
parlir de ce moment, les douleurs lombaires d6jk exislantes ne firent qu'aug-
menter, et les sympt5mes les plus bizarres se produisirent. Une constipa-
tion d6ja opiniatre devint telle qu'on put croire k une p6ritonite, d'autant
mieux que des vomissements presque constants se produisirent simultan6-
menti

Apr6s Pemploi des purgatifsvainement administres, le m6decin traitant,
pour calmer les^ douleurs, fit prendre un lavement fortement laudanis6,
dont rinfluence amenados selles abondantes. II s'agissait \k d'une contrac-
ture du rectum. En m6me temps, des troubles graves de la sensibility et
du sentiment se produisirent; des crises nerveuses, durant lesquelles la
malade perdait connaissance, se renouvelaient h intervalles rapprocb6s. Un
spasme de Tocsophage et du pbarynx n6cessita Temploi dc la sonde ccso-
pbagienne. L'examen des organes g6nitaux ne r6v6la,^ ce moment, qu'une
I6gfer8 ant6version avec ulceration du col, mais les 16sions apparentes
n'ayant pas une importance sufiisante pour expliquer les accidents, I'uterus
fut abandonn6 pour s'occuper des accidents g6n^raux, qui dominaient de
beaucoup la sc^ne morbide.

La malade fut alors soumise a un traitement hydroth6rapique qui calma
les d6sordres nerveux; mais k chaque douleur lombaire survenait une coc-
cydynie atroce, qui d6termina la malade k rentrer chez elle. Un nouvel
examen^ fait quelque temps apr6s, d6c61a une Eruption insolite de la vulve,
qui fut d'abord- amend6e par Teau de Bar6ges et redevint plus intense
ensuite. Ce fut dans cet 6tat que la malade fut amende au D*" Guy6not,
Voici le r6sum6 de son observation :

• Jc fus, dit-il, tr68-6tonn6 du profond 6tat de faiblesse, sans 16sion
organique apparente. La respiration 6tait normale, ainsi que la circulation,
j-aui' un I6ger bruit de souffle facile k pr6voir a priori, C'est alors que, pro-
c6dant k un examen du ventre et des organes g6nitaux, je trouvai toutes les

(1) R6sum6 d'un travail lu k la Soci6t6 de m6decine de Lyon, dans la
glance du 8 mars 1875.



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318 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

parties g^nitales externesgonfl6cs, d6form6es, recouvertes de croiites lamel-
leuses h travers lesquelles suintait un liquide ichoreux. L'orifice vaginal
(Hait ferm6 par un vaginisme infranchissable. Le ventre, r6tract6, 6tait
douloureux, surtout dans la r6gion iliaque gauche. Dans cet 6tat, il 6tait
impossible d'at'lirmer quelle 6tait I'^ruption qui se pr6sentait. Des applica-
tions de liniraent ol6o-caIcaire ct un traitement g6n6ral furent mis en usage.
Une dilatation progressive k Taide de m^ches, enduites plus tard de c^rat
au calomel, finit par vaincre la resistance des constricteurs, en mSme
temps que des lavages minutieux d6tergcaient le vagin. Au bout d'un mois,
le toucher 6tait praticable, mais Tapplication du speculum encore impoa-
sible. Le col mobile 6tait lisse, allong6, dur et ierm6; le vagin libre et sans
ulcerations perceptibles ; le ventre, moins douloureux, permettait d'nppuyer
sur le corps ut6riQ, ct on pouvait sentir qu'il etait plus 61ev6 et plus gros
qu'^ I'rtat normal. Pour arriver h m'6clairer k Taide de rhyst6rom6tre, ne
pouvant dilater le canal du col avec I'^ponge ou la laminaria digitata, je
poussai des injections sur Ic col. Le r^sultat ne futpasceluique j'enatten-
dais, mais des contractions ut6rines et un v6ritable accouchement de fausses
membranes, dont le volume d6passa celui des deux poings r6unis. Apr^s
rette exoneration, Ics sympt6mes s'amenderent, et, apr^s une saison aux
bains de Salins du Jura, la malade rentra chez elle, se croyant gu6rie.

Malheureusement, les mdmes phenomenes se reproduisirent au mois de
decembre dernier. .

Les memes moyens furent alors mis en usage et amen^rent de nouveau
I'expulsion des iuusses membranes. L'eruption vaginale se rcproduisit
aussi, et c'est Texamen anatomique des produits elimines qui va, en eta-
blissant d'une fagon certaine le diagnostic, -^clairer sur ce qui resie ^ faire
pour, obtenir la cure radicale de cettc affection.

Les fragments issus de I'uterus ont gen^ralement presents des cellules
d'6pith61ium cylindriques, un grand nombre avec cils vibratils; quelques
libres fusiformes, quelques cellules polygonales ou sph6riqnes k un ou deux
noyaux, enfin desgranulation.s moleculaires. D'autres preparations offraient
en plus des leucocytes et quelques globules sanguins deformes. Toutes ces
preparations etaient remarquables par I'absence de tubes glandulaires et de
fibres cellulo-musculaires. Toutes presentaient quelques capillaires, mais
en quantite bien moindre qu'on a l*habitude d'en rencontrer dans les des- .
quamations 6pith6liales pur inflammation franche.

Cette structure est analogue h celle qu'a trouvee le D' >Damaschino
dans le fait du D' Chertier, de Nogent-sur-Seine, consign^ dans le
m6moire des D" Huchard et Labadie; elle difffere par rabsence dra-
mas thrombosiques et le petit nombre des capillaires des observations
du D' Christ6t et du D*" Bouchacourt.

Si Ton considfere, en effet, le mode de production de ces n^-membra-
nes, on ne tarde pas ^ reconnaltre que, dans Tendom^trite intersti-
tielle, rinflammation moins vive am^ne Pexpulsion des ^Idments ana-
tomiques normau^w, tandis que rendomdtrite franche produit des
exsudats inflammatoires de nature catarrhale Ainsi )a difKrence
de si^ge et de degr(§ d'inflaramation donne lieu ^ deux formes : Pen-



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 319

dom^trite membraneuse interstitielle exlblianle et rendom^trite
pseudo-membraneuse. Dans le premier cas, le travail phlegmasique
n'int^resse que la face libre de la muqueuse, tandis que, dans le
deuxi^me, on voit se produire une proliKration cellulaire hyperplasi-
que des couches profondes du derme muqueux, dont la marche est plus
latente. En r^sum^, c'est une mdme maladic sous deux formes diff6-
rentes.

Au point de vue du diagnostic, c'est bien en r6alite h cette affection
que nous avons affaire. La structure anatomique exclut, en efFet,rid^e
des concretions fibrineuses signal^es par M. Ch. Mauriac, des concre-
tions polypiformes du professeur Courty, de mtoe que celle cepen-
dant plus vraisemblable des avortements ovulaires. La caduque gra-
' vide a des caract^res anatomiques difTerents, trop bien etablis par les
travaux de MM. C!oste et Gillet de Grandmont, pour que Terreur soit
possible.

Toutefois, le fait de Tabsence des regies dans Tendometrite pseudo-
membraneuse ou exfoliante, n'ayant pas encore ete signal^, demande i
une explication.

Si Ton admet, ce qui est facilement d^montrable, que Tabsence de
rhemorrhagie menstruelle n'exclut pas la congestion active qui se fait
k ce moment dans la region ovarienne, on peut comprendre que cette
congestion, moins energique chez un su jet dejk ^puise, soit plus chro-
nique pour une moindre contractility vasculaire qui se retrouve chez
les an^miques et qu'elle produise cependant une inflammation torpide
bien capable d'amener Texfoliation de la muqueuse. C'est pourquoi
Vexpulsion, au lieu de se faire p^riodiquement, comme c'est la regie,
n'a eu lieu que par la distension uterine, et sous Tinfluence d'une ex-
citation de cause externe.

D'autres membranes appartenant au vagin ont pu faire reconnaitre
egalement la nature de la l&ion de cet organe. Ce dernier examen a
ei6 fait avec le concours des docteurs Leon Tripier et Morat, dont la
competence en histologie egale Tobligeance k se mettre au service de
leurs confreres. Dans les diverses preparations qui ont ete faites, on a
trouve constament de I'epitheiium pavimenteux stratifie, des fibres
fasciculaires du tissu conjonctif, enfin des fibres cellulo-musculaires
en grand nombre et indeniables. Sauf ces derniers elements, qui dec6-
lent une exulceration plus profonde, on retrouve ici tons les caractferes
de la vaginite epitheiiale decrite par Tyler Smith.

Tout fait presumer que cette vaginite n'a ete que consecutive h la
lesion uterine. C'est done bien dans I'uterus que s'est passee la veri-
table scene morbide, et c'est dans les conditions physiologiques de cet
organe, dans I'eiimination constante de la caduque menstruelle, qu'on
doit rechercher I'origine du processus morbide qui nous occupe. En
effet, si la conjjestion depasse la normale, peu k peu les vaisseaux et



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320 REVUE DES SOCIETJSS SAVANTES.

la substance conjonctive s'hypertrophient, une hyperplasie cellulaire
a lieu dans la tunique adventice des petits vaisseaux, el cutte prolific-
ration excessive du tissu cellulaire dans le derme muqueux et les pa-
roisvasculaires am^neune compression des vaisseaux, dont le r^sultat
est rexfbliation pathologique. Ce mecanisme peut explicjuer non-seu-
lement Tdlat qui nous occupe, mais aussi la plupart des lesions ute-
rine, et a Tavantage de rendre k la muqueuse intrauterine un r61e
pathologique plus en rapport avec son importance physiologique.

La part qui appartient h Tan^mie et au lymphatisme dans ces
troubles trophiques est facile h concevoir. II est moins aise d'^tablir si
rhyst^rie y a contribu6. Les travaux de M. Charcot ont mis en lumiere
rinfluencedes lesions nerveuses sur les troubles trophiques. Mais il ne
me parait pas possible encore de determiner Tinfluence r^ciproque des
irradiations nerveuses utero-vaginales sur Thysterie et des lesions
hyst(5riques centrales sur les troubles de nutrition des organes.

L'etude des fails prouve que la maladie qui nous occupe ne guerit
qu'en modiliant localement la muqueuse intra-uterine, en m6me temps
qu'on remonte Torganisme. Ces indications g^n^rales sont trop
evidentes pour s'y arrfiter.

Localement, les moyens h employer sont les badigeonnages, les cau.
lerisations h Taide de crayons laisses k demeure; tons ces moyens
exigent pr^alablement une dilatation de canal du col aussi large que
possible. On emploiera pour Tobtenir la laminara digitata de preference
it I'eponge, parce qu'elle n'exulc5re pas la muqueuse par adherence
comme reponge. Une fois done la surface vaginale reparee par les
moyens qui avaient precedemment reussi, et la dilatation faite, on en
arrivera aux modiGcateurs locaux.

Les badigeonnages trompent, parce que le pinceau s'essuie en
traversant le canal du col.

Les injections sont dangereuses, toutefois elles donnent des resultats,
k condition de se soumettre & toutes les precautions preconisees par
M. Boulard.

Parmi les caustiques solides, le nitrate d'argent porte sur la
muqueuse a donne des resultats; mais 11 est difficile de modifier toute
la surface.

M. Siredey se trouve bien de laisser apres la cauterisation un
crayon de nitrate de potasse k demeure. D'autres praticiens emploient
de preference les crayons de chlorate de potasse & demeure. D'autres
enfin des crayons mitiges, moitie nitrate de potasse, moitie nitrate
d'argent. Tons ces moyens peuvent donner des resultats s'ils sont
bien manies. C'est aux crayons mitiges que M. Guyenot accorde
la preference, sans repudier les autres. {Lyon Medical).

Le secretaire de la redaction^ gerant : De Soyre.

I'aris. — Typ. A. PARENT, rue Monsieur-lc-Prince, 2U ct 31.



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ARCHIVES

DE TOGOLOGIE,

DBS

MALADIES DES FEMMES

HT

DES ENFANTS NOUYEAU-IST^S,



MEMOIRES ORIGINAUX



DE L'lNFLUENGE DES MALADIES DU CCEUR

SUR LA MENSTRUATION. LA GROSSESSE ET SON PRODUIT : DE l'aCCOUCHEMENT
ET DE L'aVORTEMENT PROVOQU^S.

Par le D'.P. Duroziez, ancien chef de clinique de la Faculty.

Dans la stance de laSocidt^de Medecinede Paris dull octobre i873,
javais fait une communication, reproduite par le proc^s-verbal dans
les lermes suivants : u Rapports entre les maladies du coeur d*une
part, et d'autrc part la st^rilit^, la menstruation, I'avortement, I'accou-
chement premature, enfin Taccouchement^terme.

L'existence d'une maladie du coeur retarde T^tablissement des
^les; celles-ci sont irreguli^res et prennent souvent la forme de
pertes.
La st^rilite se montre dans un certain nombre de cas.
Les fausscs couches sont fr^quentes. Souvent le foetus nait k 7 mois
el demi. Sou\ent Tenfant meurt en naissant ou dans les premiers
jours.

En somme par le fait de la maladie du ca3ur de la m^re, la vie de
^'enfant est trfes-compromise.

La mbre court moins de danger que celui-ci ; dans un grand nombre
de cas, elle n'^prouve pas les accidents que Ton pourrait redouter,
Archives de Tocologie. — juin I875. * 21



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322 MEMOIRES ORIGINAUX.

cependant il existe des cas de mort avant raccouchement, imm^diate-
ment apr5s la d^livrance et dans les jours qui suivent.

Sans 6tre eflrayd des suites d'une gcossease survenant cbez une
femme atteinte tfune maladie do coeury on ne peut cependant pas 6tre
compl^tement rassurd, et si I'oh est consults sur le mariage d'une
jeune fllle portant une 16sion cardiaque grave, on ne doit pas porter
un pi:onostic absolument mauvais, mais on ne peut pas s'affranchir de
craintes s^rieuses.

En face d'accidents graves, on peut penser h pratiquer Taccouche-
ment pr^matur^ k 7 mois et demi et m6me ravorlement, dans le ca&
surtout oil la famille serait constitute par un ou plusieurs enfants. »

Je cms pouvoir presenter pour le prix Capuron ce nouveau travail.
La Commission a Juge que je m'^tais fait connattre et m'a mis hors
concours. Devrait-elle dans ce cas renvoyer imm^diatement le manus-
crit, et ne pas le laisser pendant plus d'un an sans pouvoir dtre
utilise ? Nous le pensons.

Notre premiere communication date done du 11 octobrel873,et ce
nouveau travail a 616 remis kTAcademiele 28 fevrier 1874.

De nombreux travaux ont 6i6 produits sur Tendocarditepuerp^rale^
sur la mort subite chez les femmes enceintes ou nouvellement accou-
chees, sur Thypertrophie du coeur dans la grossesse.

Nous-mfime avons montr^, dans un travail public dans les Bulletins
de la Society de M6decinede Paris pour 1868 (Stance du 3 juillet), les
variations de la matite cardiaque pendant les differentes phases de
rdtat puerperal.

Chez 135 femmes prises dans les salles de la Qinique d'accouche-
ments, c'est-i-dire accouch^es ou sur le point d'accoucher, les dimen-
sions du coeur se rapprochent de celled de Thomme. Au lieu de 9 cen-
timetres en hauteur sur 12 en largeur, le coeur mesure chez elles
10 sur 15. Plus le nombre des accouchements est ^lev^, plus le coeur
tend h rester gros, pouvant atteindre 11 ceniim^tres sur 17 chez une
femme qui accouche de son douzifeme enfant. Pendant la premiere
journee qui suitPaccouchement, le coeur diminue de hauteur et revient
kd centimetres, puis reprend le chiffre 10 le second jour, le garde
Je troisieme et le quatrifeme et redescend ^ 9 centimetres appes
10 jours.

Chez les femmes qui nourrissent, nous trouvons 10 en hauteur et 9
chez celles qui ne nourrissent pas. L'allaitement entretient Thy per-
trophiq du coewr.



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INFLUENCE DES MALADIES DU C(EUtt SUR LA MENSTRUATION, ETC 523

Ces mesures prises au moyen de la percussion, concordentaveccelles
donnas par Larcher pour les coeurs de femmes mortes , et avec les
poids constates par H. Blot; nous mesurons les dimensions en hau-
teur et en largeur pendant la vie, Larcher mesure T^paisseur de la
paroi du ventricule gauche, et H. Blot ptee le cceur.

Notre but aujourd'hui est de rechercher les dangers auxquels est
expos^e une femme qui, atteinte de maladie grave du cobup, devient
enceinte. La l^ion du ccBur esUclIe aggravee pendant la grossesse
ouaprfes raccouchement?La mortes t-elle iiredoutcr? La grossesse
est-elle modifiee? Que devient Ten fan t? Doit-on intervenir?

On obtient peu de renseignements de la part des accoucheurs qui
cependantontdt^ rencontrerun certain nombredecas. Yaurait-il &d^
tacbef de I'eclampsie que]ques observations? Les l^ions du cceur se
manifestent-elles si peu pendant la grossesse que I'attention de Taccou-
cheur n'est pas ^veillte? Celui-ci n'est pas 6tonn^ des troubles de la
circulation ; un 16ger 0Bd6me des jambes le touche peu; s'il se g^n^ra-
lise, I'id^ de T&lampsie se prfeente; si la femme ne se plaint que de
quelques palpitations, le mMecin ne se laisse pas intimider par quel-
ques bruits desoulUe dont la grossesse est pleine.

Et cependantles maladies du cceur ne doiventpas 6tre rares chez la
femme enceinte, qu'elles se soient d^velopp^es sous J'influence d'une
grossesse pr6c^dente ou de toute autre cause.

Ainsi Auguste01livier6tudiantlesmala(|iesdu coeur d'origine puer-
perale, nous raontre dans la dixitoe observation, la nomm^N... qui,
n'ayanteu ni rhumatisme, ni chor^, ni fi^vres ^ruptives, ni manifes-
tations syphilitiques, est prise vers la fin de sa troisiSme grossesse de
palpitations. L'essoufllementpersiste, et 5 ans plus tard, au commence-
ment desa quatri^me grossesse, elle a une attaque de paralysie ; il ne
survient aucun autre accident, elle accouche h Beaujpn. 01]i\ier la voit
3 ans plus tard h la Charity, oh elle entre pour une nouvelle attaque
de paralysie; il constate un double souffle.

J'ai rappel^ cette observation pour montrer que nous nous pla^ons k
un autre point de vue qu'Ollivier; il 6tablit qu'une maladie de cceur a
ete produite par la grossesse; nous recherchons Finfluence de cette
maladie sur les grossesses suivantes; or, dansrobservationd'011i\ier,
cette influence ne paralt pas avoir 616 fiicheuse.

Nous ne sommes pas le premier^ traiter cette question ; mais il nous
semble que ce qui a 6i6 dit n'a pas laiss^ dans la pratique une trace
sufiisamment profonde ; on agite la question de la phthisie dans Id gros-



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324 MfiMOIRES ORIGINAUX.

sesse; il n'y a pas de chapitre h part pour les maladies du coeur. Ce-
pendant plus d'un probl6me int^ressant et grave s'offre k i'esprit et h
la meditation du m^decin. Ainsi unejeune personneestatteinte de le-
sion grave du coeur ; doit-on absolument s*opposer k son mariage?
Pourquoi doit-on le laire? La grossesse produira-t-elle n^cessairement
des accidents graves ? Puisse pr^sente la question de Taccouchement
provoqu^ et de Tavortement.

MM, Devilliers et Regnault (sur les Anasarques de la grossesse, Arch,
dc Tiled. J 1848) examinent Tinfluence des maladies du coeur sur la gros-
sesse; Tanasarque qui n'existait pas pent apparaltre; roed^me peut
diminuer.et disparaltre pendant les rferniers joure. L'accouchement
spontan^ avant terme soul age la nialade et arr^te les progrfes de I'as-
phyxie ; il y a lieu de penser^Taccouchement pr^matur^, en raison des
accidents qui sont souvent k redouter ; parfois M. Devilliers a vu
naitre de tres-beaux enfants dans ces conditions. .

J. P. harcher (Archives de medecine, 1868. De Thypertrophie normale •
et temporaire du coeur li^e k la gestation) s'occupe des maladies du
ccBur, mais non de la grossesse et du produit. « Chez des femmes at-
teintes d'affections cardiaques ant^rieures et chez lesquelles une gros-
sesse survenaitj'ai vu cessignes de TafTection cardiaque devenir plus
accentu6s k mesure que la grossesse avancait, et diminuer ensuite d'in-
tensitd ^ mesure qu'ons'^loignait de I'epoque de raccouchemenl. J'ai
vu en revanche, chez des femmes at teintes d'une affection cardiaque le-
gere il peine appreciable, la grossesse amener une aggravation mar-
quee, en m6me temps que j*assistais au d^veloppement de rhyperlro-
phie cardiaque, et, plusieurs grossesses s'^tant succ^d^ k des epoques
tr6s-rapproch6es, le coeur avail fini par demeurer constamment hy-
pertrophic. Les intervalles entre les grossesses n'ayant pas permis h
celui-ci de revenir ^ son Ctat normal, I'affection cardiaque avail lini
par se compliquer d'une hypertrophie persistante et par consequent
pathologique.

({Quoique jen'aie jamais observe jusqu'iciun exempledece fait, je ne
serais paseloigne de croire que, dans le cours d'une affection organique
valvulairequi ne serait pas encore compliquCed' hypertrophie patholo-
gique, rhypertrophie normale survenant pAt remplir temporairetnent
un r61e, quelquefois momentanCment favorably, Equivalent k celui de
rhypertrophie compensatrice.

« Lorsqu'une femme atteinte d'une affection du coeur devient en-
ceinte, les signes de rhypertrophie nouvelle s'ajoutent k ceux qu'on



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INFLUENCE DES MALADIES DU CCEUR SUR LA MENSTRUATION, ETC. 325

avait pu constater d^j^, et, selon les cas, masquent cesderniers ou les
exag^rent. »

M, Jacquemier, dans le Dictionnaire encyclopedique des sciences
m^dicales, dit que Tindication ne se lire pas directementderexistence
d'une maladie du coeur, mais seulement des accidents complexes qui
se manifestent assez souvent k mesure que la grossesse approche de
son lerme, et h cette epoque la malade, debarrass^e du produit de la



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