William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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parait of&ir une r^Ue importance* II reste acquis , en effet , que
le cordon dans ime longueur d'environ 15 centimetres ^tait rev^tu,
non d'une galne s^reuse, mais d'une e^veloppe offrant tons les carac-
tdres ext^rieurs de la peau (^paisseur, opacity, coloration, consistance,
vascularisation, et peut-^tre sensibility). Le microscope seul pouvait
metlre en Evidence Texistence ou I'absence de glandes et de papilles ;
sur ce pointy je ne basarderai aucune hypotbtee. Mais, par coutre, il
n'est gu5re douteux que cette membrane ne ftitcomposee d'un derme
resistant et d'un epiderme* Quant au tissu central, sa consistance
ferme me ferait supposer qu*il n'^tait point form^ seulement de la ge*
latine de Warthon, ou plut6t que celle-ci se trouvait notablement mo-
diO^e dans sa constitution. La cbute tardive du cordon, au douzi^Mne
jour de la naissance, de mSme que sa putrefaction et son elimination
par suppuration, viennent encore fortifier cette maniere de voir.

En admettant que cette membrane exterieure soit reellement dou^
d'une structure cutanee, — ce que je crois assez probable d'apr^
les details de Tobservation — doit-on la consid6rer comme une Ema-
nation de la parol abdominale, ou en d'autres termes, comme un pro-



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CAS DE CUTISATION DU CORDON OMBILICAL CHEZ UN NOUVEAU-NE. 335

kmgement d^mesur^ du tronoon l^gumentaire qui acoompagne nor-
malemeni la racine da cordon ? Je ne pense pas^ et en void la raison.
On a YU qa'an sillon ulc^reux s'est form6 spontan^ment h ^ mil-
limetres de la parol du ventre, d^limitant ainsi deux portions dans
la longueur du cordon : Tune, radiculaire et repr^sentant la zone cu-
lanee des cordons ordinaires ; Tautre, excentrique et cadnque, se com-
portant dans sa chute comme les cordons gtiatino-s^reux. Cette simili-
tude de marcbe, dans les pb^nomtoesde la chute, conduit naturellement
h croire que la singUli^re anomalie dont il s'agit n'^tait autre que la
consequence d'une cutisation accidentelle de la s^reuse funiculaire. La
congestion suivie de lividite, qui se produisit quand j'etranglai le
cordon dans une ligature, prouve d'ailleurs que la portion caduque
recevait ses vaisseaux et sa circulation de la portion radiculaire ou
abdominale.

Pendant cette m6me ann^ i87i, M. Tamier a prfeent^ h la Societe
deChirurgie (s^nce du 7 juin) un enfant de 3 semaines qui etait
affects d'un spina bifida avec tumeur hydro-racbidienne. Celle-ci, du
voJume d*une petitenoiXjOffraitverssa partiemoyenneune zone mem-
braneuse parTaitement transparente, qui laissait voir profond^ment
des cordons nerveux. Or, cette membrane s'epaissit peu h pen ; des
llots de peau se fwrnferent dans son ^paisseur, puis se r^unirent aux
teguments de la base et du sommet de la tumeur. Bref, il s'etablit un
travail qui tendait i transformer toute Fenveloppe de la tumeur en
tissu cutan^. Malheureusemeift, robeervation ne put 6tre suivie jus-
qu'k la fin, et nous ignorons quelles furent les modifications ulte-
rieures de cette enveloppe.

Dans une stance de la Soci^t^ anatomique (d^cembre 1871), j'ai vu
egalement, surun nouveau-n6 que ^r&entait M. Campenon, une tu-
meur hemiaire de Tombilic, dont les parois avaient subi partout la
transformation cutan^. Quoique cong^nitale, la hernie ^tait entiere-
ment recouverte d'une i>eau saine, tout h fait analogue h celle de la
region.

EnGn, dans les premiers jours de Janvier 1874, j'ai regu dans mon
service une petite fille de 3 mois, qui portait h la region lombaire
une tumeur hydro-racfaidienne du volume d'une noix. Pendant plus
d'une semaine, je pus suivre sur la paroi de cette tumeur le develop-
pement de vaisseaux sanguins et un commencement de cutisation de
son enveloppe, qui perdit en grande partie sa transparence. Mais
cette fois encore, Tobservation ne put 6tre conduite jusqu'li bonne tin;



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336 MEMOIRES ORIGINAUX.

car, le petit malade s'affaiblitrapidement et mourut dans le marasme.
Tels sont les fails qui, k ma connaissance, semblent ^tablir que les
s^reuses sont susceptibles de subir parfois la transformation cutan^e.
D^ji, nous savions que les muqueuses, dans certains ^tats pathologi-
ques, peuvent rev^lir Tapparence, sinon la vraie structure de la peau,
II en serait done de m^me des membranes s^reuses.



DE ^OBLITERATION DU VAGIN

OOMMR MOTEN

DK GUERISON DE l'INCONTINENCE D*URINB DANS LBS GRANOES PEHTES

DE SUBSTANCE DB LA VESSIB,

Par le D' J. Herr^ ott, Profcsseur & la Faculty de medecine de Nancy.

L'oblit^rationdu vagin pratiqu^edansle.but de guerir Tincontinence
d'urine, suite de fistules v^sico-vaginales trop ^tendues pour permettre
Taflrontement des bords. est une id^e fran^aise qui appartient k Vidal
(de Casis); elle est n^e en 1832, a Thdpital du Midi, d'une s^rie de cir-
constances fortuites, et a et6 presque obtenue la premiere fois sans
qu'on I'ait cherch^e, h la suite d'une cauterisation plus intense et plus
^tendue qu'on n'avait voulu la faire. Elle fut recherchfe ensuite direc-
ment par Tauteur, la m^ra^^ annde, par une operation plastique r^gu-
li^re; son succfes fut de nouveau compromis par Fimprudence d'un
^Idve.

L'auteur en parla h la Socicte d'6mulation ; le Journal Jiebdomadaire
d'alors publia en partie cette communi^tion, et en 1841 (1) il fit con-
naitre, sous le nom de Methode indirecie^ dans tons ses details, son id^
et ses tentalives op^ratoires.

Kilian, Tauteur allemand le mieuxen situation de traiter cette ques-
tion historique, dit, dans- Operatianslehre fiir Geburtshulfe^ t. Ill {Hein
chimrgische Operaiionem des Geburtshelfers)^ p. 332. Bonn, 1856. In-8«:
<( A Vidal appartient la priorite de Tavoir propos^e par la voie de la
presse, mais k Wulzer de Pa voir pratiqu^e le premier ([I Bonn), en
juin 1832, en public, sur Marie Vincent, sans succfes. »

II est Evident, pour celui qui a suivi attentivement les fails, que
Vidal a aussi pratique son operation en 1832, on sait dans quelles cir-
constances; malheureusement, nous n'avons pu apprendre la dal(» de
son operation; toutefois, il est clair qu*il n'a point 616 inspire par le
fait du chirurgien de Bonn, qui n'a 6t6 connu, non-seulement en
France, mais en Allemagne, que bien des anndes apres. Dans le livre
(1) Traite de pathohgie ext., v.



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DE L*0BL1TERATI0N DU VAGIN. 337

de Kilian, coll6gue de Wutzer k TUniversitd de Bonn, cette raethodo
operatoire est appelde methode indirecte, du nom que Vidal lui avail
donn^.

U nous parait impossible de ravir h notre compatriote Thonneur
d'avoir, en dehors de toute inspiration ^trangfere, couqu cette opera-
tion, de Tavoir pratiqu^e el surtout de Tavoir publi^e.

A la fln de 4844^ Auguste Berard pratiqua de nouveau cette opera-
tion sur une femme affect^e d'une perte de substance ^norme, compre-
nant toute la parol postdrieure de la vessie, de son col et d'une partie
de I'ur^thre, avec hernie de la muqueuse v^sicale dans le vagin, ^ tra-
vers rhiatus vesical. La cicatrisation 6tait presque complete, Turine
s'^coulait claire et limpide par la sonde plac^e h demeure. Aucun ph6-
nom^ne morbide grave ne s'^tait manifesto h la suite de Top^ration.
Pendant trois semainesleschosesfurentdansun^tat tel qu'on pouvait
concevoir I'espoir d'unentier succ^s, lorsqu'ilse developpa tout h coup,
apres la troisi^me semaine, des accidents inflammatoires dans le p^ri-
loine etla pl^vre, auxquels la malade succomba dix-sept jours apres,
par consequent trente-hult jours apr^s Top^ration. A I'autopsie on
trouva unep^ritonite partielle et diss^min^e tr6s-intense, les deux pl^
vres enflamm^eset tons les autres organes dans une integrity parfaite.
La vulve *§tait oblit^r^e, sauf deux petits pertuis. Lorsque ce fait fut
communique par Berard k TAcad^mie de m^decine, dans la stance du
il f^vrier 1845, il d6chalna une veritable temp6te. La discussion oc-
cupa les stances du 18 et du 25 f^vrier. Les accoucheurs et les chirur-
giens de la savante compagnie furent unanimes pour repousser Tid^e
de Vidal (de Cassis) et blAmer Berard de Tavoir mise en pratique.

Nous citons, d'apres le compte rendu de TAcad^mie insdr6 dans la
Gazette midicale de Paris y 1845, p. 126 et suivantes :

« Leproc^d^deM. Berard est irrationnel,dit P. Dubois; en entrepre-
nant cette operation, il n'avait pas de motifs suffisants d'esperer qu'elle
edt du succts; il Ta tentee avec des chances tout h fait inconnues...
rien ne prouve que la reunion eQt pu devenir complete. C*est I'opdra-
(ion qui a provoqu^ I'inflammation h la suite de laquelle la malade a
succomba. »

« L'oblit^ration du vagin, dit Blandin, n'est, je n*ose pas dire abso-
lument, mais presque pas possible. L'op^ration n'a pas reussi, elle n'a
pas donn6 d*autres r6sultats que ceux qui poxivaient 6tre prevus d'a-
pres les faits ant^rieurs; ce fait ne changera pas les id^es a ce': egard. »

a L'op^ration, dit Gerdy, n'^tait pas de nature h devoir rdussir; cette
Archives de Tocologie, — juin 1875 "li



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338 MEMOIRES ORIGINAUX".

operation ne peut pas ^tre consid^ree encore comme convenable et ra-
tionnelle... Le proc6d6 de M. Vidal (de Cassis) ne doit pas entrer
encore dans la pratique, bien qu'il y ait assurdment des raisons pour
le soutenir. »

C'est en vain que B6rard r^pond que, dans le cas qu'il a opdre, il n'y
avait plus ni bas-fond de la vessie ni parol ant^rieure du vagin ; que
I'operaLion pratiqu^e par lui avait 616 la seule ressource pour guerir
rincontinence d'urine; que Tobliteration vaginale est tr^s-difficile,
mais non impossible ^ obtenir, puisque, chez une femme observeo par
Dupuytren, et chez une autre cit^e par Cazeaux, Toblit^ration du va-
gin s'etait faite spontan^ment.

Moreau, dans la stance suivante (i), approuve les reproches qui
avaient 616 adress^s h Top^ration de Vidal (de Cassis) et dit que vou-
loir obtenir i'oblit^ration du vagin est une tentative irrationnelle ; car,
en supposiint qu'on r^ussit, on ne ferait que transformer une inGrmit^
en une autre plus grave encore, et qu'on pourrait compromettre I'exis-
tence par les accidents que causerait la retention des regies, car elles
ne peuvent prendre leur cours par Turethre...

Roux, qui pense comme tout le monde que reparation n'est ni con-
venable ni rationnelle, admet cependant que si les objections qui ont
M adress^es n'ont pas la valeur qu'on leur a donn^e, il en est d'autres
. h lui faire : celle de condamner la femme ^ Timpuissance, ce qui est
chose excessivement grave.

Velpeau dit que Top^ration de Vidal n'a 6i6 propos^e que pour des
cas exceptionnels, et tout en n'en ^tant point partisan, il ne croit pas
qu'on doive la rejeter absolument; elle est difficile, mais non impos-
sible, et n'emp6che pas T^coulement du sang menstruel, qui est ex-
cc6l6 par Turine, ainsi qu'il en a observe un cas oil cette excretion avait
.•u lieu par le canal et un pertuis qui 6iaii rest6 h la suite d'une oblite-
ration spontan^e qu'il essaya de d^truire, et qui se reproduisit rapide-
ment ; ce ne peut pas 6tre une m^thode gdn^rale, mais tout exception-
nelle et applicable aux femmes de quarante ans.

Dans la stance du 4 mars (2), B6rard r^pondit de nouveau k ses con-
tradicteurs que I'opdration de Vidal est la seule ressource qu'on puisse
'jmployer, dans certains cas d^termin^s, pour gu6rir les femmes dela
plus horrible infirmity qui en fait un objet de d^goAt, brise lous les

(I) 25 f6vrier 1845, Gazette midicale de Paris, p. 142.
(il) Gazette medicate, p. 154.



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DE L'OBLITERATION DU VAGIN. 339

liens sociaux et les coadamne au d^sespoir; qa'en presence de cas
semblables au sien, Tart est compl5tement impuissant;

Que ce proc6d(5 n'est pas impossible, comme on a voulu le dire, car
la nature produit quelquefbis le r^sultat que le chirurgien recherche ;
que I'urine n'empfiche pas la cicatrisation des plaies,etqu'on pourrait
mtoe au besoin d^tourner le cours des urines;

Qu'elle n'est pas si dangereuse, car des trois tentatives, deux de
Vidal et la sienne, celle-ci a 6t6 suivie de mort, sans qu'on p&isse
I'attribuer certainement h Fop^ration pratiqu^e depuis trente h qua-
rante jours.

Que les regies ne sont pas retenues, et que chez les femmes fig^es
elles ne peuvent plus F^tre; que le vagin s'accommode au contact de
i'urine; que 6e liquide ne pent passer par Futerus dans le p^ritoine;
que quant h Fimpuissance, elle existe de fait chez les malheureuses
irapp^es de cette horrible infirmity ; que Fop6ration est done possible el
rationnelle.

Nous avons voulu mettre sous les yeux les arguments produits par
les chirurgiens ^minents de F^poque pour et contre celte operation,
car, malgr^ le temps qui s'est dcould, les progr^s qui se sont accomplis,
il est encore des esprits judicieux chez lesquels le veto si solennelle-
ment exprim6 conserve son influence.

L'effet de ce verdict fut de d^courager en France les chirurgiens
d'enlrer dans la /oie ouverte par Vidal, defendue avec tant de talent
par B6rard, qui d^butait alors dans une brillante carri5re qui devait
se terminer trop t6t.

Peu apres cette discussion, Vidal (de Cassis) la r^suma dans les .4m-
nales de la chirurgie frangaise et etrangere (1) et le silence se lit en
France autour de cette proposition.

Elle ne devait revivre que quand le traitement des fistules vesico-
vaginales aurai t subi Finfluence des perfec tio nn ements si considerables
dontil a.6\A Fobjet.

Les AUemands et les Am^ricaius entrdrent de nouveau les premiers

dans cette voie. Un article public par Bozeman, dans le n© 43 du A^etv-

York Record, t. II, ann^e 1867, dans lequel Fauteur revendiquait la

priority du succ5s de cette operation, donna lieu k une r^ponse do

G. Simon, publide dans la Deutsche Klinik, 1868, n°' U et 45, dans la-



{1)T.XIV, p. 5.



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340 MEMOIRES ORIGINAUX.

quelle ce chirurgien prouve que cette heureuse priority lui appartient,
et que le premier cas op6v6 par lui remonte h i856 et a el6 public dans
le no 35 de la Deutsche Klinik.

Cette operation, ressource supreme contre rincontinence, suite de
grandes pertes de substance du vagin ou de communication de la ves-
sie avec la cavity de la matrice, comme Vidal en avait limits les indi-
cations, devait devenir d*une application d'autant plus rare que les
mo Jens de gu^rir les grandes pertes de substance seraient plus perfec-
tionnes. Elle est impos^e quelquetbis par le travail que la nature a
entrepris elle-mSme; d'autres fois elle Test par la disposition dela
perte de substance, son 6tendue et ses rapports avec les parties voi-
sines; elle reste toujours la ressource ultime h laquelle le chirurgien
n'a le droit de recourir que quand Timpossibilit^ ou Tinsuffisance des
autres restaurations est absolument reconnue. Dans ces cas se pose le
probl^me suivant : vaut-il mieux condamner une femme h la st^rilit^
qu*h la cruelle infirmity dont elle est affligee? La r^ponse du c6t6 de la
famme, de son mari, n'est pas douteuse un seul instant; en tout cas,
Icur assentiment h cette operation est absolument indispensable apr^
que les consequences en ont 6i6 expos^es.

Dans les modes op6ratoires ily a aussi un choix ^ faire : le meilleur,
Ic plus avantageux pour la femme, sa vie conjugale, sera celui qui U-
sera le moins la disposition naturellede ses organes, et il est clair que
Toblitdration qui laissera au vagin la longueur la plus grande sera
aussi celle qui devra 6tre pnSf^r^e. Dans quelques circonstances il
pourra se faire qu'elle soit praticable au fond mfime du canal vaginal,
qui conservera alors presque toute sa longueur et restera un organe
de copulation, stdrile il est vrai. Cette proposition pent paraltre 6lrangi!.
Si vous pouvez faire la suture si haut, me dira-t-on, pourquoi ne pas la
disposer de fagon ^ rejeterroriQce ut^rin dans le vagin plut6t que dans
la vessie? On doit toujours rechercher ce but, cela est vrai, mais il ne
pent pas toujours 6Lre atteint; la 16vre ant^rieure du col qui forme la
parol de la perte de substance pent avoir 6t6 alt^ree si profond^menl
qu'ellenepeut servirde point d'appui pour la suture; le col peut aussi
6tre si compl^tement alt^r^ par le travail de la cicatrisation qui a suivi
reiimination de la partie mortifi^e, qu'il n'est plus possible de Tem-
prunter pour y Caire une suture, et que, pour obtenir une adhesion so-
lide, on est oblige do prendre une portion de la parol vaginale poste-
rieure, ce qui rejette alors le col dans la vessie. .

Le triomphe de Tart consiste dans la res^tauration complete des or-



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DE L'OBLITERATION DU VAGIN. 3U

ganes et de leurs fonctions, mais quand ce but ne peut 6tre atteint, on
peut s'estimer heureux d'avoir gudri Tincontinence au prix de la
st^rilit^.

Cette operation d'origine frangaise n'a 6te que rarement pratiquee
Chez nous; Touvrage de Deroubaix, si ricbe en informations, ne men-
tionne aucune tentative op^ratoire Irangaise suivie de succ^s.

Nous avons oblit^r^ le vagin quatre fois, deux fois en achevant ce
que la nature avait commence et deux fois de propos delibdr^, puisque
les circonstances nous Timposaient; des deux premiers faits, un a ete
adresse k I'Acaderaie des sciences et public dans la Gazetie medkale de
Strasbourg^ en octobre 1872.

Des deux derniers faits, un seul a ^te public avec le precedent tra-
vail; les trois figurent dans mon m^moire sur le traitement des fis-
tulas v^sico-vaginales ins^rd dans le tome VII, p. 483, des Memoires de
laSocietede chirurgie ; i\s portent, dans le tableau synoptique de mes
operations, les n*** 6, 11 et 12. Gelui qui accompagne ce travail portera
le n* 15.

Voici le sommaire des trois cas publics, suivi de Tobservation inedite ;

Observation VI. — Grande perte de substance de la parol vaginale ant6-
rieure ; fermeture cicatricielle du vagin, sauf deux pertuis ; occlusion dc
ceux-ci par la suture; p6ritonite; mort le dixi^me jour (octobre 1864).

Observation XI. — Grande perte de substance; vagin ferm6 par une cloi-
son cicatricielle, sauf une ouverture adraettant deux doigts; une premiere
operation r6duit I'^tendue de I'ouverture; apr^s une dcuxi^me operation,
il reste un petit pertuis qui est ferm6 par une troisi^me operation (mars
1872).

Observation XII. — Parol vaginale ant6ricure d6truite totalement; hernie
de la muqueuse vesicals dans le vagin : premiere operation, insucc^s com-
plet ; deuxi^me operation (en deux sections), reduction considerable de la
iistule ; troisi^me operation, gu6rison ; menstruation parle vagin (Mai 1872).

Observation XV. — Fistule v6sico-ut6ro-vaginale mesurant une longueur
de 6 centimetres; deformation cicatricielle du col; hernie v6sicale dans le
vagin : premiere operation r6uni8santla portion droite; dcuxi^me operation
r^unissant la portion gauche; il reste une petite ouverture au centre qui
est female parunetroisieme operation; menstruation par la vessie. (Obser-
vation recueillie par le D' Marchal, chef du service clinique des accouche-
raents).

M«« Marie-Madeleine CI..., ftg6e de 23 ans, petite (1",50), cheveux chA-
tains, temperament jlymphatique, nerveuse, d'une bonne sante habituelle,
n'a marche qu'i TAge de 4 ans. Ses jambes et ses cuisses pr6sentent de 16-
gdres csourbures rachitiques. R6giee depuis Tftge de 16 ans, cinq ou six



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342 MISMOIRES ORIGINAUX.

jours par mois r^gali^rement et abondamment, elle s'est marine au mois
de mai 1871. Elle n'a vu ses regies reparaltre que deux ou trois fois apr^s
son mariage : puis elle est devenue enceinte, sa grossesse s'est tr6s-bien
pass6e. Elle dit ne s'6tre jamais si bien port6e qu'k cette 6poque.

Elle se consid6rait comme h terme, lorsque les premieres douleurs sc
d6clar6rent dans Tapr^s-midi du mardi 4 juin 4872. La sage-femme la visita
une premiere foisi six heures du soir; puis a une seconde visite faitele
m6me jour a neuf heures, elle rorapit la poche des eaux. Ses douleure se
suspendirent pendant deux heures environ, puis reparurent en sc repro-
duisant de dix minutes en dix minutes avec une grande intensity. Ellcs
durSrent ainsi jusqu'au samcdi, 8 juin ; la parturiente 6tant alors extrfi-
memcnt fatigu6e et 6puis6e, on Qt appeler le Dr V..., qui conseilla d'appli-
quer sur Ic col ut^rin de. la pommade belladon6e ; cette prescription fut
imm6diatement ex6cut6e, samedi 8, cinq heures du -matin. Les douleurs
pcrsist^rent encore toute la journ6e, et le soir la fatigue de la femme CI...
C'tait telle qu'elle fut prise d'un d6lire qui dura toute la nuit. L'accouchc-
mcnt se termina spontandment le dimanche, 9 juin, k six heures du matin,
par Texpulsion d'un. enfant du sexe masculin, volumineux et mort-n6.
Ajoutons qu'un bain avait ^t6 donn6 le mercrcdi, 5, et que M"« CI... declare
n'avoir plus sent! l6s mouvements de I'enfant apr^s le moment od les mem-
branes ont6t6 rompues.

Suites des couches. — Les deux premiers jours se passdrent sans que la
famillc reraarquAt rien de particulier. La m^re de I'accoueh^e lui pratiquait
des injections vaginales; I'introduction de la canule 6tait difQcile et dou-
loureuse; les parties g6nitales exterrfes 6taient extr^mement rouges et tum6-
li6es ; T^coulemcnt du sang 6tait normal.

Le quatri^me jour, des lamboaux volumineux spbac6l^s se pr^sent^rent
k Tentr^e du vagin, qu'ils obstru6rent; ils se d^tach^rent par fragments ou
furent enlev6s k Taide de ciseaux, ducinqui6me au douzi^ms jour.

L'6coulement lochial, qui 6tait devenu fdtide, ccssa presque enti^rement
apr^s r^limination des parties mortifi6es, et ne dura pas plus longtemps
qu'apr^s les couches normales.

D6s le quatri^me jour, les urines s'^taient 6coul6e8 par le vagin; dcpuis
cette 6poque, elles mouillent continuellement les parties g6nitales de cette
pauvre femme. Des soins extremes de propret6 ne peuvent Pempficher de
r6pandr une odeur ammoniacale assez prononc6e, mais ils ont pr6serv6 les
cuisses de toute trace d'irritation. •

Les regies n*ont pas reparu depuisTaccouchement; cependant, k des 6po-
ques ind6termin6es, un sentiment de tension douloureuse dans le bas-ventre
a 6t6 observ6.

M"* CI... est entr6e k rh6pital Saint-Charles auraois d'aoiit 1872,etapr^
un s6jour de six mois elle est sortie sans qu*on ait cru devoir TopSrcr. Au
mois de d6cembre 1873, M. le professeur Herrgutt, consults par elle, se d6-
cida k tenter une op6ration destin^e k gu6rir cette infirmite. Dix-huit mois
s'6taient 6coul6s depuis Taccouchement.

Examen le 2-2 d6cembre. Quand on introduit le doigt dans le vagin, on
suit la parol vaginale dans une 6tenduc de 4 centimetres environ. A cette



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DE L'OBLITERATION DU VAGIN. 343

profondeur on rencontre une large ouverturc occupant toute la parol vagi-
nale ant^rieure et se prolongeant jusqu'au col ut6rin. A travers cette ouver-
ture on p6n6tre dans la vessie, dont la muqueuse forme hernie dans le
vagin. Ce conduit est lui-m6me r6tr6ci, ces culs-de-sac adherent au pour-
tour du col, qui se pr6sente sous la forme de deux petits tubercules circon-
scrivant une cavit6infundibuliforme,dans laquelle on n'apas r6ussi k faire
p6n6trer une sonde du plus petit calibre.

La portion de la parol vaginale qui se trouve en avant de Touverture est
6paisse, elle semble adh6rentc k la partie post6rieure dn pubis ; elle est
du moins tr6s-peu mobile, et 11 semble impossible .de lui rendre assez de
mobilite pour pouvoir la r6unir aux parties correspondantcs de la listule.

Ea faisant p6netrer une sonde dans le canal de I'ur^thre, on constate qu*il
atoujours son 6tendue normale, qu'll est permeable, que le col vesical n'a
pas ^t6int6ress6 dans la perte de substance, cette derni^re ayanteu lieu uni-
quement aux d6pens du bas-fond de la vessie.

Quand on d6prime fortement la parol vaginale post6rieure avec le specu-
lum univalve de M. Herrgott, on met ccmpl6tement k d6couvert Touverture
qui fait coramuniquer largement la veasle et le vagin. On peut constater de
visu que la fistule a au moins 6 centimetres de largeur, et qu'elle s'6tend
jusqu'au point oh le vagin s'ins6re sur le col. On apergoit ce dernier au
fond, en arri^re et a gauche; il est form6 par deux l^vres d'un petit vo-
lume, s6parees par une fente transversale oil Ton apergoit un petit pertuis.

Li malade entre le 17 jarfvier i874 au service de la clinique d'accouche-
ment oi!i M. le professeur Stoltz veut bien I'admettre : on lui prescrit un
purgati f le 20 au soir.

Le "li Janvier on proc6de k rop6ration avec le concours de MM. Roussel,
professeur adjoint; Gross, professeur agr^g^; M. le D»" Marchal, et en pre-
sence des internes et des el^ves de la Faculte qui sulvent la clinique.

Les avantages de la position dorsale inclin6e et la sup6riorit6 du specu-
lum de M. Herrgott sur tons les autres moyens d'exploration et de fixation



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