William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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de la fistule furent appr6ci6s par tons.

Apr^s avoir de nouveau constate I'etat de mobilite des parties moyennant
de petites erignes, Tetat du col, et vu le peu de surface que pr6sentait la
levre anterieure de cet organe, M. Herrgott se proposa d'abord d'op6rer le
c6t^ droit; k cet effet, 11 circonscrlvit toute la partie drolte d'une aur6ole
d'avivement de 8 millimetres de largeur : cette aureole int6ressait dans cette
l)artie,.en avant la levre inferieure anterieure, en arriere la paroi vaginale
posterieure jusqu'au niveau oil elle se confondait avec le col. Des fil? d'ar-
gent furent passes dans les deux levres, et leur contriction eut pour effet de
rendre le rapprochement plus facile qu'on ne I'auraitcru. L'avivement de la
levre posterieure s'etait arrete vis-i-vis le col, et Tintention de I'operateur
avait ete de le prolonger sur le col ; mais 11 ne tarda pas a voir combien
cet organe offrait peu de prise et de surface libre pour cela. L'operation fut
arretee \k. En reunissant par des fils les deux levres avivees de la plaie, la
muqueuse v6sicale disparut derrl6re la fente, et aussi le col qui, par le rap-
prochement des levres de la perte de substance k droite, subit un mouve-
ment de bascule qui le rejetait dans la vessie avec la plus grande facilite.



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344 MEMOIRES ORIGINAUX.

II en r^sulta un rapprochement plus consid6rable des l^vres de la perte de
substance. L'op6rateur r^solut alors de poursuivre la reunion de cette fa(jon,
et de ne laisser k gauche qu*une ouverture d'un centimetre de diam^tre
environ ; dix fils furent places et trans form^rent ce hiatus en une ligne, k
gauche de laquelle 6tait la partie non op6r6e. II crut prudent d'en rester 1^
pour cette s6ance, qui avait dur^ deux heures, pendant lesquelles la malade
avait 6t6 maintenueexactement chloroform6e dans cette situation anormale
par les soins de M. Gross.

Au r6veil, la malade fut pr6venue que I'operation n'avait pas 6t6 achev6e
et que I'^coulement de Purine ne serait pas arr6t6.

Le r6sultat de Top^Tation fut colui-ri :

Les dix fils qui avaient 6t6 plac6s avaient singuliSrement r6duit ce hiatus,
dont 11 ne restait plus qu'une ouverture k gauche et en haut, admettant
rextr6mit6 du petit doigt.La malade ne soufl'rit que peu pendant deux jours,
et rien de particulier ne se pr6senta.

Le 28 (septi6me jour), on enleva les fils, et Ton constata que les bords de
la plaie 6taient parfaitement r^unis, surtout dans le c6Ui droit, k Tangle
inf6rieur; vers I'ouverture, k gauche, la reunion parut moins assur6e. On
permit k la malade de i?e lever le i*' f6vrier; on I'examina le 4 : la plus
grande partie 6tait r6unie; k gauche, comme cela avait 6t6 pr6vu, une por-
tion de la reunion avait 6t6 compromise. On renvoya la malade chez elle, et
on promit de fixer ult6rieurement le jour oix Ton tentcrait une nouvelle ope-
ration.

La malade rentra au service au commencement d'avril.

L'examen d6montra que toute la partie droite 6tait rest6e bien r6unie, que
Touverture s'6tait agrandie et s'6tendait presquejusqu'au milieu. Iln'y avait
plu8deherniev6sicale,etlamatrice6taitrest6ecach6ederridrelapartier6unie.
La malade fut purg6e le 7 avril, et le 8 il fut proc6d6 k la deuxi^me op6-
ration, en presence des mfimes 6l6ve8 et avec le concours des mfimes collo-
gues et confreres que la premiere fois.

On aviva le pourtour de Touverture anormale dans une lai^eur de 8 mil-
limetres a 1 centimetre, neuf fils Turent plac6s. L'op6ration dura une heure
et demie ; pendant ce temps, Tanesth^sie fut maintenuc complete.

On ne pla^a pas de sonde dans la vessie.

Les urines furent sanguinolentes pendant la journ6e; dans la soiree, dou-
leurs vives dans le bas-ventre.

On prescrivit une potion laudanis6e, et Ton fit une injection d'eau daos
la vessie pour diluer les urines; le cathet6risme fut necessaire.

9. Douleurs moins vives, urines toujours sanguinolentes, deux injections
vaginaleset deux injections v6sicales, pas de selles, catheterisme.

iO. A partir de quatre heures du matin, la malade a urin6 spontan6inent,
les urines sont toujours sanguinolentes. On ne s'explique pas ce phenorn^ne,
car Foperation n*a attaqu6 aucun vaisseau. 11 ne peut etre attribu6 qu'& la
menstruation qui serait arriv6e en meme temps que Toperation, et qui, vu
la suppression de ce ph6nomene, n'avait pu etre pr6vue.

Soir. La malade continue k uriner spontanement, les urines sont toujours



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DE L'OBLITERATION DU VAGIN. 315

rouges; pouls frequent, sensibility vive dans la region sus-pubienne, c6-
pbalalgie; cataplasmeslaudanis6s.

11. Nu it bonne; la c6pbalalgie a disparu, le ventre est souple, indolent;
la malade a urin6 dans son lit pendant son sommeilsanss'en apercevoir.
Kveill6e, elle urine volontairement k peu pr6s toutes les heures; urines
toojours sanguinolentes ; pouls, 108; temperature, 37o.

12. Aurin6 volontairement, les urines ne sont plus sanguinolentes; vers
neuf heures du matin elle 6prouve une pression dans le bas-venlre; peu
apr^ les urines passent de nouveau par le vagin.

£tat g^n^ral satisfaisant.

Les fils sont enlev6s le 14 avril, on constate au centre an pertuis non
rtuni pouvant admettre un crayon. L*op6r6e se 16ve et sort au bout de quel-
ques jours.

La malade rentre k I'bdpital le 28 juin ; elle est purg^e le 80, et Ton pro-
c^de k la troisi^me operation le l«** juillet, avec Tassistance des 6l6ves et le
concours de MM. Gross et March al.

On constate au centre une ouverture arrondie, pouvant admettre le bout
du petit doigt. Lesbords de cette ouverture sont mous et souples; k gauche
et k droite on voit une ligne cicatricielle dirig6e obliquement de droile k
gauche, de has en haut.

Une large aur6ole d'un centimetre est trac6e autour de cette ouverture et
enlev6e d'une seule pi^ce. Apr^s la regularisation des bords, on passe neuf
lils m6talliques qui les r6unissent exactement. L'op6ration adur6 une heure
seulementet a 6t6 fatite pendant Tanesth^sie. Au r6veil, la malade est plac6e
dans son lit. Elle n'6prouve ni fi^vre, ni douleur, ni aucune g^ne dans la
miction pendant les cinq jours qui suivent.

Elle urine d'abord quatre fois, puis deux fois seulement pendant la nuit.
Aucune ruction febrile. Les Ills sont enlev6s le 6 au soir; on constate une
reunion solide et une contention pari'aite de Purine.

L'enl6vement des fils est fait en presence de M. le professeur Stolz, et
avec le concours de M. Marchal et de tous les 6l6ves.
Le 10, elle est examinee au speculum par M. Stoltz, le 11 par M. Roussel,
• qui constatent une reunion exacte.

L'apparence que pr6sente la cicatrice dans Taire du speculum plein est
celle d'un col raccourci et ferm6 par une fente oblique de droite k gauche
et de has en haut. L'op6r6e ne sait comment exprimer sa joie et son bon-
heur, elle se 16ve une partie de la journ6e.

Le 12, elle va k T^glise, se prom^ne dans la cour sans 6prouver la
moindre incommodit6. Elle n'urine que deux fois pendant la nuit, etde plus
en plus rarement dans la joum^e.

Le soir, elle 6prouve des douleurs de reins et une pesanteur dans le bas-
ventre, et le 13 elle remarque que les urines sont sanguinolentes ; elles res-
tdrent ainsi toute la joum6e.
Le 14 et le 15, m6me 6tat.

Le 16 au matin, elles ont repris leur couleur normale.
L'^tat g6n6ral de la malade a 6t6 excellent, aucune incommodit6 ni hu-
midity dans le vagin ; remission de Turlne est tr^s-facile. II est Evident que



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346 MfiMOIRKS ORIGINAUX.

la menstruation a 6t6 la cause de cette coloration de ruriae, que rexcr6tioQ
du sang s'est faite par cette voie.

Ce n'est pas sans un certain sentiment d'anxi6t6 que nous attendions le r6-
tablis:3ement de la fonction menstruelle.

Bien qu'avant la premiere op6ration, lors des cxamens qui I'avaient pr6-
c6d5e, nous eussions eu la conviction que le col compl^tement d6form6, us6
pour ainsi dire par la modification et le travail r6parateur, n'avait pas 6t6
ferm6, puisqu'k un moment nous avions vu sourdre a son centre une gout-
telette de sang, et qu'apr^s la deuxi^me operation I'fetat sanguinolent des
urines n'ait pu avoir 6t6 attribu6 qu'i la menstruation, nous 6tions impa-
tient devoir, apres la gu6rison de la fistule, cette fonction se rfttablir par
la voie v6sicale pour avoir la certitude que des accidents de retention ne
nousimposeraient pas une douloureuse intervention, dont le moindre incon-
venient aurait 6t6 de nous forcer ti reproduirc la communication anormale
dont la fermeture avait exig6 tant d'efforts.

A CO point de vue, le ph6nom6ne qui s'6tait produit nous avait caus6 une
vivc satisfaction, car il nous permet de dire que la malade est d^finitive-
ment guerie.

Cinq mois apr^s, rop6r6e, que nous avons rencontr^e en chemin de fer
avcc son mari, nous a manifesto sa vivc satisfaction d*6tre compl6tement
r6tabUe.

Apr6s ces faits, nous ne croyons plus avoir h discuter la 16gitimit6
de cette operation ni la possibility d'obtenir par elle la gudrison de la
plus horrible des infirmitds persistantes et com'patibles avec une
longue existence; sans les perfectionnements que la science a acquis et
auxquels nous croyons avoir coopdrd, elle n'aurai! pu fitre men^e &
bonne fin.

Dans la stance du 16 mars 1875 de rAcaddmie de mddecine, M. Gi-
rald&s, au nom d' une commission composde de MM. Hirtz, Verneuil,
Giraldfes, rapporteur, donne lecture du rapport suivant sur un m6-
moire de M. le professeur Herrgott, intitule : De rObliiiration du vagin
pour guerir P incontinence d'urine produite par les vastes pertes de sub-
stance de la vessie.

« Messieurs, le ii fiSvrier 1845, un Eminent chirurgien, Auguste
Bdrard, faisait connaitre h, cette Academic le r^sultat des tentatives
qu'il venait de faire de lamdthode de Vidal (de Cassis), roblit^ration
du vagin, pour gudrir une vaste fistule v^sico-vaginale.

(( La communication du chirurgien de la Pitid rencontra dans cette
enceinte une vive et trfes-dnergique opposition; malgrd une tr§s-habile
defense, la tentative de Berard fut bl&mde, et la m^thode de Vidal
condamnee sans appel!...

« Depuis cette epoque, la thdrapeutique, la mf^decine opdratoire des
fistules v6sico-vaginales s'est beaucoup perfectionn^e, s*est enrichie



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DE L'OBLITERATION DU VAGLN. 347

de proc^d^s ing^nieux et efficaces; les breches vesico-vaginales qui,
en 1845, ^taient regarddes comme incurables, sont aujourd'bui gur-
ries par les proc^d^ nouveaux; mais, malgr^ Texcellence de ces m^mes
precedes, malgr^ Texp^rience des operateurs, on rencontre parfois
des fistulas qui, par leur amplitude, dchappent h I'applieation des
precedes les plus efficaces; c'est pour ces cas que la m^thode de Vidal
(de Cassis) trouve une indication.

« Le m^moire adress6 h I'Acad^mie par M. le professeur Herrgott
(de Nancy) a pour but d'^tablir la valeur et Tutilit^ de Poperalion
conseillee par Vidal en 1832. Ce travail, intitule : Be FObliteration du
vagin pour guerir rincontinence (turine produite par les vastes pertes de
substance de la vessie, est appuye de quatre observations dans les-
quelles cette operation a 6i6 pratiqude.

tt L'id^e et I'op^ration de Vidal (de Cassis), si malmendes dans la
discussion acaddmique de 1845, ont 6i6 reprises, quelques annees
apres, par le professeur Gustave Simon, alors h Darmstadt; ce pro-
fesseur publia d'abord, dans le journal la Deutsche Klinik, de 1856,
n* 35, p. 357 ^ 361, plus tard, en 1858, dans la gazette mensuelle,
Monatschrift fur Geburtskunde und Frauenkrankeiten^ vol. XII, p. 42,
pi. 2, le r^sultat de ses tentatives, ainsi que ses premiers succ^. C'est
surtout en 1867, dans un livre public k Prague (rapport clinique :
Mittheilungen am der chirurgischen Klinik des fiostocker Krankenkauses),
qu'il fit connattre plus compl6tement le resultat rle sa pratique, et
qu'il exposa avec soin tout ce qui concerne cette operation, h laquelle
il donna le nom de Kolpokleisis (obliteration transversale du vagin) ;
seize observations de succes recueillies dans sa pratique, et d'autres
fails du m^me ordre recueillis dans la pratique d'autres chirurgiens
(WilDQS, Esmarch, Bardeleben, Wagner) ddposent en faveur de Futi-
lity de cette operation; ces succ5s m^mes n'autorisent cependant pas h
confondre m^thode et proc6d6 et h en oublier un peu Torigine.

<c E3n effet, en 1868, dans une lettre adress^e au D' Bozeman (de
New-York), lettre publi^e dans la Deutsche Klinik^ n** 45, p. 400 fi 402,
Tancien professeur de rUniversit^ de Rostok, apr^s avoir rappel^ la
date precise de la publication de ses premieres operations et avoir fait
complete justice des pretentions du chirurgien am^ricain, reclame
rhonneur de cette operation... Comme r^ponse^ cette lei tre, le doc-
teur Bozeman publia dans le numero d'octobre du journal : American
JoumcUof medical sciences, nil article: Vesico-vaginalis fistula, compa-
rative analysis of surgical methods^ etc., dans lequel il critique tr6s-



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318 MEMOIRES ORIGINAUX.

vivement les operations et les id^es de professeur allemand, et accorde
tout a vantage aux methodes am^ricaines.

« Sans doute, les modifications et les perfectionnements apport^
par le professeur Gustave Simon ^ la methode de Vidal ont beaucoup
contribu^ au succ^s de cette operation ; son proced^ difKre essentiel-
lement de celui de Vidal, et lui est sup^rieur; dans le premier, en ef-
fet, on oblit6re le vagin en afTrontant la 15vre anterieure de la flstule
sur la parol posterieure de ce canal, et cela le plus haut possible, de
fagon h conserver une longueur assez grande au canal vaginal ; dans
Ic second, on ferme le vagin tout pr^s de la vulve, en avant de la fis
tule; le premier constitue un veritable progr^s. Mais on doit se le rap-
peler, Vidal imagina son op(§ration en 4832, epoque h laquelle la th6-
rapeulique et la mi^decine operatoire des fistules v^sico-vaginales
etaient ^ peine ^bauch^s, alors que M. Gustave Simon imagina la
sienne ^ une epoque oCi le traitement de ces fistules 6tait en plein
pertectionnement. Si done 11 est juste de reconnaltre qu'au professeur
de Heidelberg revient I'honneur des premiers succ6s, la verite hisio-
rique, la verite scientifique^ commandaient de dire que Tid^e premiere
de cette operation, c'est-Mire (Tessayer de guerir par robliteraiion du
vagin les grandes pertes de substance de bas-fonddela vessie incurables par
les autres precedes , cette \d6e est d'origine frangaise; elle appartient a
Vidal (de Cassis) .

a Uoperation dont nous venons de parler a 6te, k ma connaissance,
pratiquee trois fois en Angleterre par M. Spencer Wells, une Ibis avec
un entier succ6s, deux fois avcc grande amelioration.

« Le niemoire adress^ h T Academic par le professeur de Nancy vient
ajouter de nouveaux fails -^ ceux dej^ connus et prouver une fois de
plus que, dans des cas exceptionnels, le metbode de Vidal (de Cassis)
pent fournir aux chirurgiens une ressource pr^cieuse. En faisant con-
naltre h TAcademie le resultat de ses travaux, en appelant rattention
des chirurgiens sur une operation d'origine frauQaise et n^glig^e chez
nous, M. Herrgott a rendu h Tart et li la science d(j la chirurgie un
service qu'il est du devoir de cette Acaddmie de reconnaltre et d'en-
courager.

« C*est pourquoi la commission a Thonneur de vous proposer :

n lo D'autoriser Tinsertion en entier de la quatrifeme observation
du travail de I'auteur dans le cours de ce rapport;

(( 2* De remercier M. le professeur Herrgott deson interessante com-
munication;



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DE I/OBLITERATION DU VAGIN. 3i?

« De renvoyer son travail ^ la commission des correspondants natio-
naux pour ^tre ajout6 au dossier scientifique de ce candidal.

(( M. Verneuil : M. Girald6sa bien fait ressortir, dans son rapport,
la part qui revient h. la chirurgie frangaise dans le traitement indirect
des larges fistules v^sico-vaginales. Je rappellerai que, avant Vidal
(de Cassis), J. L. Petit avait public une observation faisant pressentir
la possibility de pallier ces vastes pertes de substance; il y est ques-
tion d'une certaine dame atteinte d'obliteration vulvaire coincidant
avec une large fistule v^sico-vaginale. II n'en reste pas moins acquis
que e'est Vidal (de Cassis) qui, le premier, a congu r^ellement Tid^e
de la mdthode mise en pratique aujourd'hui.

« J'ai eu, pour ma part, quatre fois Poccasion de faire cette opera-
tion, et je n'ai eu qu'un insuccfes complet ; dans ce cas, il est vrai,
retat g^ndral de la malade^tait des plus mauvais. Dansles troisautres
fois oil j'ai r^ussi, il m'a toujours fallu faire des operations coraple-
mentaires; jamais je n'ai pu obtenir Tobliteration du premier coup ;
11 resta toujours des pertuis que je dus oblil^rer plus tard. Les obser-
vations ont ete, du reste, publides dans les theses de mes ei^ves.

• Quant au choix entre I'obliteration vulvaire et Tobliteration vagi-
nale, je suis port6 k pr^f^rer la premiere, et voici mes raisons: Quand
on invite une femme h subir cette operation, on remarque qu elle tail
assez volontiers le sacrifice de sa fecondite et mSme des rapproche-
ments sexuels : elle renoncerait h tout pour se debarrasser d'une infir-
mity degotitante. Malheureusement, il n*en est pas de m^medes ma-
ris, qui sou vent, apr^s la guerison, se livrent k des manoeuvres com-
promettantes pour le succ^s permanent de Toperation. J*ai vu, entre
autres, une de mes malades que j'avais oper^e et compl6tement gue-
rje, revenir quelque temps apres avec une recidivc par suite des ten-
tatives reiter^es de son mari, tentatives quiavaient aniene une rupture
de Tobliteration obtenue h si grand'peine.

« Je pense qu'il faut tenir compte de ces faits pour supputer les
chances de succ^s et d'insucces.

« En somme, on pent dire que I'obliteration vulvo-vaginale donne
de bons resultats, puisqu'elle m'a reussitrois fois sur quatre, et ^peu
ppes dansles m^mes proportions qu'entre les mains de M. Herrgott.

cc M. GiRALDES : Je regrette de ne pas partagerentierement I'opinion
de M. Verneuil sur le choix enlre Tobliteration vaginale et i'oblitera-
tion vulvaire. En obliterant kla vulve, surtout s'il reste une grande
breche vers le bas-fond de la vessie, on laisse derridre Tobliteration un
cu»-de-sac, un diverticulum oil des liquides, des mati^res peuvent



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350 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.

6'amasser; on y a m^me, dans certains cas, trouv6 des calculs. Par
Tautre proc^dd, onn'apas ^ craindre ces inconv^nients, et Ton facilito
r^coulement des rfegles.

« M. Verneuu* : Je ferai remarquer h M. Girald^ qu'il n'est pas
loujours facile d'op^rer ainsi au fond du vagin ou sur sa paroi post^-
rieure, surtout dans les cas oh les deux tiers de la cavity vaginale ont
disparu ou se trouvent sillonnds par des brides cicatricielles. Voici
m^me un jour ce qui m'est arriv6 :

« J'avais affaire k uneflstule vdsico-vaginale rendue inaccessible par
un r^tr^cissement du vagin; des parpis ant^rieures et postdrieures de
cette cavity partaient deuxsaillies valvulaires allant^la rencontre Tune
de Tautre et qu'il semblait bien facile de r^unir pour oblit^rer le vagin
vers le milieu de sa hauteur. J'avivai d'abord la saillie post^rieure
avec le bistouri, lentement et en d^dolant, quand tout k coup je vis
apparaitre quelque chose d'anormal ; c'^taient deux appendices ^pi-
ploTques. J'etais tomb6 dans le cul-de-sac p^riton^al post^rieur. Je
remis les appendices en place, et j'appliquai trois points de suture.
L'op^ration, qui naturellement en resta 1^, ne fut suivie d'aucun acci-
dent. J'avoue que cela m'a emp6ch6 depuis d'op^rer trop haut ou trop
en arri^re dans un vagin oil, par suite de Idsions variables, les organes
ne prdsentent plus leurs rapports normaux. »

M. le President metauxvoixlesconclusionsdu rapport deM. Giral-
d6s. Ces conclusions sont adoptees.



REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.



Sur le POSTURAL traitement de la procidence da cordon

ombilical.

Par 4ohB BroBtoB, chirurgiea accoucheur k la Hoyal Maternity Charity^ membre
de la Societe obst^tricale de Londres^ etc.

— SUITE —

Nous arrivons maintenant ^ la situation suivanto : les membranes
ayant ^t^ rompues, le cordon fait procidence, et la tSte est convena-
blement engag^edans I'excavation pelvienne. Si Porifloe est compl6-
tement dilate, la version est hors de cause ou, tout au moiiis, elle ne
se tcntera pas souvent. Que faut-il done faire? Beaucoup d'auteurs



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE. 35 1

des les premiers temps, recommandent rapplication du forceps pour
obtenirune d^livrance rapide. Bien des existences ont et^ sauv^es par
ceraoyen, mais il faut prendre bien garde de ne pas saisir J'anse du
cordon entre les branches du forceps, c Gette extraction doit ^tre
aossi rapide que le permet I'int^r^t de la m6re. »

U est Evident que, chez Jes primipares, la d^iivrance ne peut ^tre
effectufe avec une rapidity sufffsante, sans grand danger pour les
parties matemelles. Or, comme un grand nombre de cas de proci-
dence du cordon ont lieu pendant le premier accouchement, la possi-
bility d'applicjuer le forceps se trouve ainsi r^duite pour la raison
^it6e plus haut. Quelle, peut etre la proportion exacte des proci deuces
du cordon diez les primipares? Je ne suis pas en 6tat de le pr^ciser.
Selon ma propre experience, assez restreinte, dont les r^ultats seront
relatfe ensuite, j'ai trouv6 pour les primipares deux cas de proci-
dence sur cinq. Dans certains auteurs j'en ai rencontr^ trois sur
douze.

Tout en admettant les avantages du forceps dans certaines condi-
tions, nous pouvons nous demander si nous poss^dons quelque autre
moyen meilleur de vaincre les djfticult^s provenant de cette proci-
dence. Quand on est appel6 pour assister une femme en travail, on
n'emporte pas toujours avec soi un sac d'instruments, et si une pro-
cidence du cordon se produit, le temps qui s'^coulera, avant qu'on ait
pu se procurer des instruments, peut 6tre fatal h Fenfant ; mais il y a
encore d'autres points que nous allons examiner.

III. La m6thode de traitement suivante consiste h replacer le cor-
don dans rint^rieur de Tut^rus ou, si ce r^sultat ne peut 6tre obtenu,
de mettre le cordon dans une situation telle qu'il soit comprim6 aussi
peu que possible.

(a) Ce proc6d6 fut recommand(5par le D"^ Merriman. Le cordon doit
'^tre conduit dans le diamfetre oblique du bassin oppose h celui qui est
occupy par I'enfant. Cette manidre de faire aurait donn6 quelques
bons r^sultats chez des multipares, avec un bassin large et des parties
moUes trfes-dilatables. N^anmoins, il est Evident, d'apr^s les change-
ments qui se produisent, pendant le cours du travail, dans la position
de la t^te, que le cordon, ainsi plac6, peut pendant un certain temps
4lre exempt de toute compression ; mais qu'il est 4galement expose h
ce que le mfime risque se reproduise. Chez les primipares, de telles
mesures nont que peu ou point d'utilit6.

{&) Quelques auteurs recommandent de repousser le cordon en



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352 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGfiRE.

haul, aQn de Taccrocher au-dessus du mouton. « Sans doute, dit le
D' Tyler Smith, cela remplit le but, si le cordon veut bien conserver
ojtte nouvelle situation. »

(e) LeD'Ramsbotham conseille de porter Pause prolab^e du cordon
au-dessus de la partie qui se pr^sente et de la maintenir dans cette
situation jusqu'^ la prochaine douleur, dans I'espoir que la I6te sera
chass^e un peu plus bas, tandis que le cordon sera maintenu au-
dessus. Mais il fait la remarque que nous serous souvent d^sappointds
par la r^apparition de Tanse du cordon aussitdt que nous aurons
retire les doigts. Chccun de nous n'a-t-il pas 6t6 h m6me de v^riQer la
v^rite de cette remarque ?

(rf) II est ^galement recommand^ de repousser Tanse du cordon et
d'appliquer un morceau d*6ponge ou de linge fin «qui agisse comme
un support sur lequel le cordon puisse reposer.)) Ce precede donne
encore aujourd'hui quelques bons r^sultats. Mais est-il sAr? En au-
cune fagon.

(e) Le D' jSackenzie enfermait la partie prolabee du cordon dans
une bourse de cuir et repoussait ensuite celui-ci jusque dans I'inte-
rieur de I'ut^rus. Cette operation est assez difficile, et n'est plus que
tres-rarement essay^e, si tant est qu'elle le soit.

(f) Le D' Michaelis, de Kiel, a propose une sonde en gomme 6las-
tique, comme celle que Ton emploie pour le cath6t6risme de la vessie
chez rhomme, et il s'en est servi. II attachait h cette sonde, h Taide
d'une ligature, Tanse du cordon, et poussait la sonde et le cordon
jusque dans I'ut^rus; retirant alors le mandrin, il maintenait la
sonde dans cette situation pendant le travail, et comme cet appareil
^tait mou, il ne pouvait produire aucun mal.Il adepuis abandonn^ ce



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