William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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proc^d^ pour faire usage des doigts.

Parmi les autres proc^d^s mecaniques, quelques-uns sont assez
ingdnieux, mais compliqu^s. Je mentionnerai seulement celui qui a
M recommand^ par le D^ Perkins, d'Exeter, en 1843.

(g) II est d^crit par le D"^ Ramsbotbam dans son traits de mddecine
ei de chirurgie obst^tricale.

Dans Temploi de ces moyens mecaniques, le danger provient de la
ligature ; le cordon 6tant par lui-m6me trfes-glissant, on doit le conci-
primer un peu pour le retenir dans la bourse de Mackenzie pour
Tattacher au catheter de Michaelis, aussi bien que pour le fixer k la
baloine de Perkins. II y a ^galement un autre danger dans ce dernier
proc6d6; en effet, en retirant le ruban qui doit n^cessairement 6tre



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raouille, il en resulte une certaine somme de frottements qui rendent
difficile le passage du ruban, et le cordon ombilical se trouve ainsi
comprime. Je crois qu'il serait bon de graisser le ruban avant de
s'en servir, si quelqu'un avail jamais recoursii cette m6thode.

Le D' Ramsbotham dit qu'il nous sera facile de nous procurer, sous
Vimpulsion du moment, un morceau de balejne ((partaut oh il y a
une femme.)) Je pense qu'il avait en vue un morceau de baleine pro-
venant du corset d'une servante; mais aujourd'hui que ces pieces sont
en acier, dans les corsets, je suis effraye de la difficult^ qu'il y aurait
k se procurer une baleine.

J'ai dit que nous n'avions pas toujours un forceps avec nous ; il
n'est pas plus probable que nous ayons toujours avec nous un instru-
ment expr^s pour la reduction du cordon ombilical, sachant que cet
accident est si rare (1 fois sur 276 accouchements). N'avons-nous done
pas d'autre moyen efficace ?

rV. J'ai fait allusion plus haut au r^sultat peu satisfaisant de la re-
duction simple du cordon avec la main. Cependant la main est le
meilleur instrument, le plus k portee, et toujours efficace. J*esp5re
done montrer qu'aucun autre instrument n'est n^cessaire pour accom-
plir avec succes la reduction du cordon prolab^.

S. Richard Croft conseille de remonter I'anse du cordon et de le
fixer autour d'un membre du foetus. II a pu op^rer ainsi dans quelques
cas avec succes. La difficult^ pour accomplir cette manoeuvre, aussi
bien que le danger que court la mere par suite de Tintroduction de
la main dans I'interieur de I'utf^rus, diminue beaucoup la valeur de
cette operation. En effet, la main ^tant introduite jusque dans la
cavite uterine, on pent tout aussi bien terminer I'accouchement par
une version.

Avant de commencer la description de la methode qui, lorsqu'elle
sera comprise, aura la priority sur toutes les autres, je dois faire
observer qu'il est tout h fait inutile d'op^rer sur un cordon ombilical
depuis longtemps prolabd, froid et sans pulsations. II est alors prefe-
rable de laisser I'accouchement se terminer naturellement, si la pre-
sentation est normale. D'autres mesures, par consequent, devrontetre
prises, selon les circonstances.

Neanmoins, comme je I'ai mentionne plus haut, il y a des cas oh il

est bon de reduire le cordon, quoiqu'il soit, en apparence, prive de

pulsations; si la procidence n'existe que depuis peu de temps et si

les faibles battements du coeur foetal peuvent etre entendus par Taus-

Archives de Tocologie, — juin 1875. '2^.



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cuUalion k travers les parois abdominales, si la pression exerc^ sur
le cordon peut alors ^tre detourn^e, la circulation est retablie, et Ten-
fant sauve.

En reality, malgre ce que j'ai dit plus haut, on peut poser en prin-
cipe qu'il est de bonne pratique de r^duire le cordon dans tous les cas^
dans Tespoir de sauver I'enfant, mais ^la condition qu'il n'y ait aucun
danger pour la mfere.

II est tr5s-intdressant, en examinant les difKrentes m^thodes qui
ont 616 propos^es pour la reduction du cordon ombilical prolabe, de
noter que, par intervalles, quelques tentatives ont etd laites vers ce
procdde que je vais maintenant exposer, et que .je considdre comma 1(*
meilleur, le plus exempt de danger et le plus certain dans ses r^sul tats.
La PosTURALE methode.

En 187*, leprofesseur Alexandre Hamilton, d'fidimbourg, adit: aljst
meilleure pratique, par consequent, est d'agir avec la plus promple
opportunite, scion les circonstances du cas present, de r^duire le cor-
don, en plagant la fernme dans une situation convenable^ afin que la main
de Toperateur puisse 6tre portee haut pendant Vabsenee des contraclum^
dans rinl^rieur du bassin et le cordon enti^rement rdduit.

Malheureusement il ne dit pas quelle est, selon lui, la situation cotive-
nable^ si bien que sa maniftre de voir et son mode de proc^der restent
pour nous dans i'obscuritd.

Derni5rement les D'* Hardy et Mac Clintock se sont tr^s-rappro-
chds de la v(5ri table methode poUurale. lis conseillent, pour entrepren-
dre la reduction manuelle, de faire coucher la femme sur le c6te oppose
[I celui par lequel le cordon fait procidencc. G'est-^-dire que, si le cor-
don a gliss6 sur le c6t6 droit du bassin, la femme devra 6tre couch^
sur le c6te gauchCj et vice versa. Par cette mdtbode, on donne au cor-
don, par rapport h la position occup^e par la femme dans le lit, une
inclinaison d'arri^re en avant et de haut en bas, si bien qu'il peut de
lui-m^me glisser dans la matrice et y rester.

Si lo cordon a fait procidence en avant, il n'y a que pen ou point di*
chance qu'il soit retenu dans cette situation quand lam^reestcouchee
sur lo dos. Mais prenons la position contraire, supposons que le cor-
don ait glissd en arri^re du bassin, il faut alors faire prendre & la
femme une situation en sens inverse, s'appuyant sur les genoux et la
tote tres-basse reposant sur un coussin, udans la posture des Orien-
taux en pri5re » et la difflcult^ sera aisdment vaincue.

II est quelque peu 6tonnant que Ton puisse approcher d'aussi pi-es



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lebut crdsir^ sans cependant ratieindre. Eniin le D^ Thomas, de New-
York, Qt connaitre son memoire sur le posiural traitement de la pro-
cidence du cordon ombilioal^ et le but cherch^ se trouva ainsi obteno
(1858).

Le D' Thomas fait ainsi I'exposd de cette operation et la manifere
dont on doit Taccomplip : a Dans le cours, dit-il, des lemons sur Tob-
st^trique, que j'ai faites au College medical de I'Universii^ de cette
ville, depuis deux ans dej^, j'ai fouille avec soin ce sujet, et jesuis
arrive aux conclusions suivantes: 1® que les causes de la persistance
de cet accident (quelle qu'en soit la premiere cause) se r^duisent d'el-
les-m^mes h deux, h savoir que le cordon est glissant de sa nature, et
que Tut^rus offre un plan incline sur lequel roule le cordon pour sortir
de la cavite ut6rine : ^ que le seul mode de traitement rationnel doit
§tre de renverser ce plan incline, et ainsi defaire tourner h notre avan-
lage non-seulement cette disposition du plan incline, mais encore la
lubricity du cordon qui ordinairement constitue le principal obstacle
k notre r^ussite. On obtiendra promptement un telr^sultaten plagant
ia femme sur les genoux avec la tete basse, reposant sur le lU, dans la situa-
tion que prennent les peuples de TOrient dans leurs priferes, et h la-
quelle on a souvent recours maintenant dans les operations chirurgi-
cales qui se pratiquent sur Tut^rus et sur le vagin. Qu'il me soit
permisde rappeler que Taxe de I'ut^rus est represents par une ligne
partant de Tombilic ou un peu au-dessus dece point, et arrivanl sur
le coccyx; il est alors facile de voir qu'en plagant la femme commo je
viens de le dire, cet axe est compl5tement renversS » (1).

De cette fagon, on tire avantage: a) de la nature glissante du cordon
ombilical ; b) de Taction de la pesanteur ; c) de la mani^re toute sp6-
ciale dont le segment inf^rieur de Tuterus se contracte quand arrive
une douleur. Ainsi la contraction commence par le col, et gagne gra-
duellenaent en s'Slevant, si bien que, lorsque le cordon a 6i6 remontd
par la main au moment juste oh une contraction se produit, Taction
du col lui-m6me aspire, pour ainsi dire, de Tarri^re, le cordon qui
avait dte prolabe, et par le resserrement qui est produit par cette con-
traction, empftche le cordon deglisser de nouveau entre la partie que
Ten fan t pr6sente et les parois du bassin.

Avant de citer des observations de cas traitSs par la upostura le me

(i) Transactions de FAcademie de m6decine de New- York, vol. II, part. 2,
page 2i.



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356 REVUE SGIENTIFIQUE ETRANGERE.

ihode )), je dois a^jouter que dans quelques cas oh cette position surles
genoux et sur les cxDudes ne peul 6lre employee, on doit lui substituer
le proc^de des D" Hardy et M. Clintock. On tirera avantage de leup
suggestion qui consiste h placer la m^re sur le c6t^ oppose h celui par
leqiiel le cordon a glisse. Nous pou vons Clever encore plus le bassin de
la rafere, en disposant au-dessous des coussins, et en abaissant la t6le
et les epaules. II est bien Evident que, si Ton a affaire h une femme
obdse, trapue, d*apparence apoplectique, le « postural traiteraentt
peut exposer ^ quelques dangers.
J^ajoute maintenant quelques observations.

Obs. I. — Le i?. juillet 1868, konzeheures et demie du soir, je fus appel6
pour assiter M«« K... dans son quatri6me accouchement. Le travail s'6tait
d6clar6 lentement vers midi et avait acquis graduellement de T^nergie. A
mon arriv6e, les contractions 6taient tr^s- fortes; le sommetse pr6sentait;
et le liquide amniotique ne s*6tait pas 6coul6. Aprfts un quart d'heure, un
enfant du sexe masculin naquit spontan6ment, etle cordon futcoup^ ^elon
la mani6re ordinaire. Ayant remarqu6 que le ventre de la m^re restait vo-
lumineux et quMl ne s*6tait pas 6coul6 de liquide amniotique avec Tenfant,
je soupQonnai une grossesse g6mellaire, et ayant pratiqu6 le toucher, jc
trouvai un second enfant pr^sentant la t6te etdes membranes enti^res. L*o-
ritice ut6rin 6tant compl^tement dilat6, je rompis les membranes, et aussi-
tfit le liquide amniotique 8'6coula abondamment. Par le toucher, je trouvai
alors qu'une anse du second cordon ombilical faisait procidence. Comme il
6ta!t n6cessairement fortement comprim6 pendant chaque douleur,je r6so-
lus de tenter la reduction du cordon par la « posturale methode ». Ayant fait
mettre la femme sur les genoux, le visage appuy6 sur un coussin.je glissai
ma main dans le vagin, et repoussai en haut le cordon prolab6, et je restai
dans cette situation jusqu'^ ce que Tut^rus se contrsLct&t. J'eus alors la satis-
faction de voir que le cordon ne retombait plus, et, en quelques minutes,
un enfant vivant du sexe f6minin fut expuls^. Je dois ajouter quo j'avais
fait une ou deux fois la r^tropulsion du cordon avant de m'adresser k la f)os~
turale mHhode, mais il glissait de nouveau k chaque contraction.

Obs. il — Le 26 octobre 1869, je fus appel6 pour assister M"« H..., ag^c
de 27 ans, primipare. Elle avait souffert d6jk pendant dix heures. Les con-
tractions 6taient 6nergiques, et les intervalles qui les sfeparaient n'Staicnt
que de quelques minutes. En touchant, je trouvai Torifice ut6rin dilat6 et
pr6sentant r6tendue d'une pi^ce d'une couronne; la t^te se pr6sentait, la po.
che des eaux faisait saillie dans le vagin, et dans cette poche on sentait
une anse du cordon. Ne sentant aucune pulsation dans ce cordon, je pcnsai
qu'il 6tait convenable, tout d'abord, de faire la reduction, dans I'espoir de
sauver la vie de Tenfant. Ayant fait m.ettrela femme appuy6e sur les genoux
et surles coudes, j'introduisis, avec quelques difficult6s, en partie ma main
gauche dans le vagin, je rompis les membranes, et, au moment mSmeoCiune



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGfiRE. 357

contraction se produisit, je repoussai en haut Tanse prolab6e (elle avait en-
viron 6 pouces de longueur) surle cdt6 de la t6te, et comme I'ut^rus se con-
tractait et que la tSte 6tait chass6e en has, le cordon s'6chappa hers de mon
atteinte etne fit plus de nouveau procidence. Je ne maintins pas la m6re
deux minutes sur ses genoux. Le travail avait une forme lenle, et I'entrfee
du bassin ^tant 6troite, la d6Iivrance fut faite quelques heures apr^s a i'aide
du ibrcepg. L*enfant 6tait mort. II y avait une maladiedu placenta tr6s-6ten-
due (d6g6n6re8cence libreuse et calcaire). Lam^re me ditqu'elle ne sentait
plus Teufant depuis quelques jours. La lemmc se r6tablit parfaitement.

Obs. III. — Lg 19 d6cembre i8f>9, je fus appel<^ pour donner mes soins k
M"* F..., Ag6e de !2H ans, primipare. Quand j'arrivai, je trouvai des contrac-
tions ^nergiques , le sommet se pr6sentant au-dessus du d6troit sup6rieur,
avec une anse de cordon prolab6e. Les eaux s'6taient ecoul^es depuis une
demi-heure. L'orifice ut6rin avait k peu pr^s IV^tendue d'une pi^ce de cinq
schellings. L'anse du cordon proIab6e 6tait dans le vagin, et Ton pouvait
sentirjes pulsations. J'employai la poslurale methode^ ]Q r6duisis le cordon
dans rintervalle de deux douleurs, et je maintins la femme dans cette posi-
tion jusqu*^ ce que deux contractions sefussent produitesapr^ la reduction,
puis je lui permis de prendre la situation habituelle pour raccoucbement.
Le travail se tormina naturellement trois heures apr6s. La r6tropulsion du
du cordon n*avait pas demands plus de dix minutes ; Tenfant, une fill^, na-
quit en son temps fort et bien vivant.

Ors. IV. — 12 Janvier 4870. M"*" E...; second enfant; d6troit sup6rieiir
du bassin r6ir6ci ; le liquide amniolique (^coul6 depuis quelques temps ; ori-
Gce ut6rin bien dilate ; t6te au-dessus du d6lroit abdominal; presentation
do sommet ; anse consid6rable du cordon prolab6e dans le vagin ; absence
de pulsations, mais pas refroidi ; la posturale melhode est appliqu^e comme
pr6cedemment ; pas de nouveau prolapsus; Tenfant nalt douze heures
apr6s, mort; c'6tait ungar^on.

Remarques, — Dans ce cas, je r^solusde tenter une chancti en faveur
de Tenfant, quoique le cordon fiit sans pulsations. A son accouchement
precedent il avait fallu employer le long forceps.

Obs. V. — ier novembre 1870. M"° H...; cinqui6me enfant ; travail r6gu-
lier; le liquide amniotique s'6coule juste au moment oil j'entre dans l»mai-
son. Presentation du sommet au-de?su3 du d6troit sup6rieur; longue anse
du cordon prolab6e dans le vagin ; pulsations dans ce cordon ; posturale me-
thede. J'6prouvai quelques difficult^s pour r6duire une anse aussi (';tendue;
mais, en 6captant les doigtseten rassemblantles diff6rentes parties du cor-
don dispers^es tout autour de la t^te, je repoussai en haut la tige ombili-
cale, juste au moment oil une contraction uterine se produisit. Je maintins
mes doigts dans Torifice jusqu'^ ce que la contraction eAt ce8s6, etje trou-
vai alorsque le cordon 6tait remont6 en arri6re. II nese produisit pas d*au-
tre procidence. La femme. apr^s cinq minutes, reprit la situation habituelle



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358 REVUK SCIENTIFIQUE ETRANGfeRE.

pour i'accouchenient. Au bout d'une demi-heure, raccouohement se ler-
mina naturellement, ea donnant naissance ^ une illle vivante.

Bemarque. — Dans ce cas, je pense que la retention du cordon dans
Tut^rus fut favorisee par Pirritation que d^termin^ent mes doigts
places dans le col ut^rin.

Obs. VI, VII, VIII, IX, X. — Ces observations sont dues h mon
ami le D' Wilson, professeur d'obstetrique h TUniversite d' Anderson,
k Glasgow, ainsi qu*au Glasgow medical Journal.

Obs. VI. — Juillet 1864, M™® X .,, ag6e de 33 ans, multipare. Le travail
avail commenc6 trois heuros avant ma visite. Par le toucher, je trouvai le
col dilate comme une pi6ce d'un florin ; il 6tait en outre un peu relAch6 et
dilatable. La t^te qui se pr6senlatt pouvait Stre sentie a travers les mem-
branes intactes. Environ une heure apr^s mon arrivee le liquide amniotique
s'ecoula. Ayant pratiqu6 alors un second examen par le vagin, je reconnus
qu'une anse du cordon ombilical avait gliss6 sur le c6te de la l^te. On sen-
tait de vigoureuses pulsations dans les vaisseaux de ce cordon. J'cnLrepris
d'abord de repousser le cordon avec mes doigts, et j'arrivai sans trop de
difficult^ a la tfite qui se prosentait, et le plagai au del5 du point oil il au-
rait 6t6 comprim6; mais h peine quelques minutes s*6taient-elles ^coulees
que le cordon 6tait retomb6 dans le vagin. Deux autresnouvelles teutatives
de reduction furent faites, mais avec un m^me r6sullat. N'ayantpas d'in-
strumentssous la main, et ne voulant pas exposer la femme aux dangers
qui accompagnent la version podaiique, je resolus sur-le-champ d'6prouvep
les m^rites du a postural » traitement. La patient»» ayant 6t6 mise sur les
genoux et sur les coudes, pendant I'intervalle d'une contraction, je con-
duisisavec de grandes precautions Tanse de cordon d6placee en bas, a tra-
vel le col de I'ut^rus, quand il glissa en d6passantla tdte qui se pr6sentait et
rentradans la cavit6 de la matrice. Je lis alors quelques frictions sur I'ab-
domen et donnai du seigle ergol6 dans le dosir d'augmenter les efforts de
Tut^rus. La patiente fut maintenne dans la position que j'ai indiqute plus
haut pendant une demi-heure environ, et a Texpiration de ce temps, la tete
8'6tant engagf^e franchement dans le bassin, il lui fut permis de reprendre
la position en usage pour accoucher. II ne se produisit heureusement au-
cune nouvelle prooidence, et trois quarts d*heure apr^ elle mit au monde
un enfant vivant et vigoureux.

Obs. VIl. — Juin 1865. La femme qui fait Tobjet de cette observation
estM..., Ag6e de i9 ans, et multipare. Elle fttait en travail depuis plus de
deux heures avant mon arriv6e. Par le toucher, on trouvai t le col ut6rin
8itu6 plus haut que de coutume et presentant k pen pri!;s comme dilatation
r^tendue d*une pi^ce d*une demi-couronne. On sentait que la t6te se prd-
sentaitet sur le cdte de cette partie on trouvait une anse de cordon ombi-
lical d'environ quatre pouccs de longueur,*.qui6tait en procidcnce; on sentait
distinctemcnt les pulsations dans ce cordon. Le liquide amniotique s'^tait



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REVUK SaENTIFIQUE fiTRANOSKE. 359

^chappS juste an moment ou j'entrais dans la maison. Je tentai & plusieurs
reprises, avec mes doigts, de r6duire le cordon, mais il n'6tait pas plut6t
replace dans Tut^rus qu'il etait repouss6 de nouveau a chaque relour d'une
contraction. J'eus alors recours au postural traitement. La paticnte ayant
^t6 plac^e surles coudes et sur les genoux, je repoussai doucement le cordon
i travers le col ut6rin, pendant Tabsence des contractions. II me sembla
alors que ce cordon glissait tout d'un coup, dt^passant la tc^le qui se pnV
seittait, et rentrant dans la cavit6 uterine, en s'6loignant completement de
Tatteintedes doigts. De I'ergot de scigle et des frictions sur Tabdomen fu-
rent alors employes pour stimuler Tut^rus et augmenterscs efforts. Aussitdt
que la tSte vint occuper la cavit6 pelvienne, ce qui eut lieu apr6s vingt mi-
nutes, la femme. comme dans le cas pr6c6dent, eut la permission de se
placer sur le c^t6 gauche. Le travail se termina un pcu plus d'unc heure
apr^s sans aucune nouvelle chute du cordon ombilical. L'enfant naquit vi-
vant et bien portant

Obs. VIII. — M»« C..., plnripare; cinqui^me enfant; 27 d6cembre 4866;
en travail sept heures ; membranes rompues ; ansa du cordon prolab6e e
pendant k Veiai^rici^r ; posturalc meUiode\ enfant vivant ; la m^re reste sur
les mains et surles genoux pendant une heure etdemie.

Obs. IX. — Extrait du rapport trimestriel de « Glasgow maternity hospital*
du 15 mars au lojuinl869. « II s'agit d'un cas do procidence du cordon
ombilical, dans lequel \a posturale methode fut employee avec succ§s. »

Obs. X. - Extrait du mSme rapport du IS mai au 15 aoilt 1870. « Proci-
dencesdu cordon survenues dans trois cas. Deux s'adressaientSi des femmes
accouchant hors de I'hdpital. Qnand le m6decin arriva, il trouva dans les
deux cas le cordon fa*olab^, faisant issue k Textt^rieur, froid et sans pulsa-
tions; on laissa alors le travail se poursuivre sans intervention..

« Uautre cas arriva k Tfadpital ; la procidence fut reconnue, d^s le d6but,
et trait6e avec succ6s par la posturale niethode. »

Telle est la Posturale metkock, et les observations que je viens de citer
prouvenl les succfes que Ton obtient de son application. Les cinq cas
d^tailles qui proviennent de ma propre clienlfele sont les seuls cas de
procidence que j'aie observes depuis unan ou deux. L'expdrience que
J ai de oe precede n'est done pas trds-grande, mais la facility avec la-
qaelle j*ai pu r^duire le cordon, sa trfes-heureuse intention ensuite
dans la matrice et Tabsence complete de dangers pour la mereet pour
Tenfant que prdsente cette operation, me font vous recommander e
mode de traitement.

Cette m^thode, du reste, s'accorde bien avec le sens commun ; elle
est simple et Tinstrument dont on se sert, la main, est toujours pr^t:
on pourrait Tappeler la «m6thode qui est toujours k portee. »

Dans les observations du D"" Wilson, vous pouvez voir que la



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360 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.

femme eA reside un assez long temps dans cette position, sur les ge-
noux et sur les coudes ; dans mes observations, le plus long espace de
temps qu'elle y soit reside a 616 de dix minules. El je pense qu'il est
tout ^ fait sufflsanl, apr^s la reduction du cordon, si Tulerus se con-
tracle bien,' de laisser la femme dans celte situation jusqu'^ ce qu'une
ou deux contractions soient arrivdes. Dans la derni5re operation que
j'ai pratiquee, ,j*ai pu sentir que le cordon glissail en haul et s'dloignail
hors de toute atteinte au moment o& I'utdrus se contraclait, et je
pense que Tirritation produite sur I'orifice utdrin par les doigls qui
pdn^trent par celte ouverlure, rend un grand service en provoquant
la contraction du segment infdrieur de Tutdrus et emp5chant par cela
m6me une reproduction de prolapsus.

Je n'ai que peu d'experience sur les cas oil le cordon faisait proci-
dence avec les bras ou les pieds. Je n'en connais en tout que deux exem-
ples. Dans Tun, il y eut une presentation de la t6te avec un bras et le
cordon ; mais le bassin etait tr^s-rdtrdci au ddtroit sup^rieur ; on dut
perforer le crdne. Je n'eus done pas la peine de rdduire le cordon, qui
dtaiL du resle privd de pulsations. Le second casdtait une presentation
des pieds avec un cordon dont les pulsations se sentaienttr&s-bien; le
bassin dlail large et les parties molles relAchdes et dilatables. La ddli-
vrance fut aisdment et rapidement accomplie par rextraction de Ten-
fant, qui fut sauvd. En pareil cas, la compression au ddbut est lr5s-
faible el on n'obtiendrait aucun bien (si tant est qu'il y en ait un), en
faisant une prdcoce reduction qui serail trfes-vraisemblablementbalan-
cde par le danger auquel esl ensuite exposd le cordon au moment du
passage des dpaules el de la t6te.

Dans les dix cas que j'ai reproduits, dans tons la reduction fut faite
avec succ6s. Dans huit Tenfant naquil vivant'. Des deux cfts don I les
enfants vinrent morts, je pense pouvoir sans crainte les metlre tons les
deux de c6td; pour Tun, le cordon dlail sans pulsations d6s avant la
reduction, el le travail fut long et pdnible ; dans Tautre, il y avail une
maladie du placenta qui, joinle aux difficultds de raccouchement,
sufQt pour rendre comple de la mort du foetus.

Ainsi, autant que mon experience pent le faire voir, la mortaliid est
nuUe par leiposturale methode, el je ne doute pas que si cette mdthode
6tait gdneralement adoptde, nous pourrions faire connaltre des r6sul-
lats qui dmerveilleraient ceux qui sont habituds aux autres modes de
traitement.

Je desire encore ajouter quelques mots : il est trfes-probable que



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REVUE CLINIQUE. 36i

cette position sur les genoux et les coudes peul rendre de grands ser-
vices dans les cas oil la pression de Tut^rus sur les reins ou les vais-
seaux r^naux a produit rempoisonnement ur^mique, Falbuminurie et
les convulsions. En amoindrissant la pression, les convulsions peu-
vent Sire ^vit^es ou, si elles existent, suspendues. Je n'ai eu, jusqu'^
present, aucune occasion d'employer ce traitement, mais je Tindique
simplement comme une suggestion de Tesprit.



REVUE CLINIQUE.



Edampsie chez une femme de 19 ans, primipare, enceinte de
sept mois environ. 16 acc^s. Traitement par tea saign^es.
Garrison.

X..., ftgfee de 24 ans, couturiSrc, est entr6e au service d'accouchements
dela Clinique, le 24 avrilkS heures du matin. Cette femme est primipare,
enceinte de sept mois environ ; n'a pas eu d'accidents dans le cours de sa
grossesse, sauf quelques naus6es et vomissements. Avant son entree h la



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