William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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salle d'accouchements elle avait eu quinze attaques compliqu^es, dont la
premiere ki heure du matin, et la derni6re pendant qu'on I'amenait i I'hd-
pitnl sur un brancard. Nous la trouvons le matin dans le coma le plus com-
plet, ses jambes sont profond6ment inliltr6es, Tacide nitrique et lachaleur
nous d6montrcnt la presence de Talbumine dans I'urine.

M. Depaul present une saign6e de 500 grammes qui est faite k 9 heures
du matin. La temperature avant la saign6e 6tait 39o2, le pouls s'61evait k
132. Apr6s la saign6e la temperature 6tait SQ®, pouls 448. A partir de ce
moment les phenomdnes se d^roulaient dans Tordre suivant:

Premiere attaque k 9 heures 10 minutes.

Deuxi^me attaque k 9 heures 45 minutes.

A 40 heures les bruits du cceur foetal sont parfaitement distincts etr^gu-
liers, le col qui k 9 heures 6tait effac6, se trouve entr'cuvert, les membra-
nes nes*6taient pas encore rompues, on les sentait bomber au moment d'une
douleur et pourtant cette femme pretend ait avoir perdu une assez grande
quantity d'eau peu avant son entree k Thdpital.

A 40 h. 40, la dilatation 6tait6gale au diam^tre d'une pi6ce de cinquante
centimes.

A 40 h. 30, elle eutune3e attaque.

A 40 h. 45, la dilatation se trouve fttre complete, les membranes se rom-
pent.

A 40 b. 45, raccouchement se termine en presentation du siege. L'enfant
du sexe feminin naquit mort, il pesait 4470 grammps. La deiivrance fut na-
tarelle.



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Ut REVUE CLINIQUE.

A i ( h, 5S, 4« aUtique. T. 39«,6, pouls 136.

A ii h. 30, 5« uUaque, T. 39«,8.

A 2 h. 30, «• tffto^u^. T, 38«,3.

A 4 h. 45, 7« atlaque. T. 38o,4.

Pendant toulce temps la malade se trouvait dans un coma continu, inter-
rompu de temps en temps seulement par les atlaques.

Le lendemain matin, 2i avril, nous apprimes qu'elle n'avaitplus eu d'aV
taques, la malade 6lait un peu r6veiJl6e, elle r6pondait par monosyllabes
aux questions qu'on lui posait, seplaignait surtoutde c6phalalgie.T. 37«,i.
Pouls 80.

Le soir, t. 37o,6. Pouls 92.

!23 avril, matin, t. 40% 2. Pouls 120. Soir, t, 38«,8. Pouls 96.

Les jours suivants, tout se passe bien, et la malade au bout de dix jours
sort le 4 mai compl^tement gu6rie.

PlNAED.



Eclampsie chez une femme de 24 ans, primipare, enceinte de
sept mois environ. 21 ace 6s, traitement par les sai|^6e8
Garrison.

Le 19 avril 1875, i six heures du soir, la nomm6e D... Marthe fut apporl6e
k la Clinique.

Gette femme, ftg^e 19 ans, primipare, 6tait au sepli^me mois de sa gros-
sesse, laquelle n'avait pr6sente jusqu'alors ni accidenls, ni complications.

Depuis quinze jours seulement les membre^ inferieurs sont tr6s-l6g6re-
mant infiltrC^s. Dans la nuit du 18 au 19, elle eprouva quelques troubles de
la vision et une c6phalalgie frontale intense.

Le 19 k huit heures du matin, premier accds6clamptiaue bien caract^ris^.
Jusqu'a six heures du soir, on en compta neuf, nous dit son mari.

Une m6decin appcl6 avait ordonn6 une potion calmante qui ne put Strc
aval^e. Un quart d'heure environ aprfes son entr66, elle eut un nouvel aco^s,
le onzi^me ; on praliqua alors une saign6e de 600 grammes.

Jusqu'd minuit il n'y eut pas d'acc^sconvulsif, mais I'agitation 6tait telle,
qu'on ne put pratiquer Tauscultation du cojur fcetal. Vers minuit, nouvel
acc^s le douzi6me.

A deux heures du matin, expulsion d'un foetus mort-ne, pesant 2,020 gr.
et se pr6sentant par le sommet.

D6livrance naturelle, vingt minutes apr^s.

Treizi^me acc6s apr^s Texpulsion du foitus.

Quatorzi^me acc^s ^quatre heures vingt.

Quinzi6meacc6s h cinq heures quarante.

A six heures du matin, nouvelle saign6e de 300 grammes. Seizi^me el
dernier acc^s k six heures quarante.

Le ±0 dans lajourn66, sommeil. Le soir la malade s'6veine, mais n*a pas
recouvreses facult6s intellectuelles. Elle ne sait pas oCi elle. est ni oii elle
demeure.



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REVDE CLreiQUE. 363

Le 21, rintelligence reparatt, mais la in6moire Tnaiiquc.

Lc soir, congestion pulmonaire intense.

Le i2, mieux sensible. — Etat g6n6ral bon. —La in6moire revient

Le 3 mai, la malade quitte ITidpital ^ pen pr^ oompl^tement r^tablie.

Adherence anormale dn placenta; par MM. les doctenrs Paul Fouiinaise

Ct d'HEURLE.

Les fails de retention da placenta par suite d'adh^rence anormale
de cat organe avec I'ut^rus sontrelativement rares etpartant peucon-
nus, Les auteurs n'en parlentgu^re que pour memoire; toutefois, un
de nos confreres a essay6 de presenter i'histoire succincte des causes
de celle anomalie, dans une these soutenue ^ la Faculty de Paris en de-
cembre dernier (Libert, Essai sur les causes de Pactherence du placenta.)

Les opinions les plus diverses ont ete ^mises touchant ces causes;
les unes sent purement hypothetiques, les autres ralionnelles. Parmi
ces demieres, deux surtout ool de la valeur : !• celle de Joulin, qui
attribue Vadh^rence anormale du placenta h une exageration de T^tal
physiologique ; 2° celle de M, Gu^niot, qui compare fort ing^nieuse-
mentle placenta h la feuille caduque d'une plante, laquelle, par une
aberration de k nature, devi^ndrait persistants

D'illastpes maltres : les Depaul, les Pajot, insistent dans leurs
lecons sur Textr^me gravity que presentent les adh^rences anormales
du placenta.

En octobre dernier, M. le D' Gu^niot a fait sur cet interessant sujet
plusieurs lecons renaarquables, k lasuite d'un fiiit malheureux observe
k rhdpital des Cliniques (voyez la Gazette des hdpitaux des 29 octobre
et 8 novembre 4874(1). Undenos confreres, le D*" Yves, a r^cemment
publie dans la Gazette des hdpitaux un cas d'adh^rence placenlaire. Les
faits dece genre pouvant fitre heureusement considcres commeexcep-
Uonnels dans la pratique des accouchements, nous avons pens6 qu'il
n'6tait pas indifTi^rent do publier Tobservation suivante, qui nous est
personnelle.

Observation. — La dame T..., Ag6e de "23 ans, d'un temp6rament lym-
pbatique, a eu un premier enfant il y a deux ans. Ce premier accouchement
s'est Aormalemeat eifectu^ k terme. Peadant la derni^re grossesse, cette
dame a 6prouv6 de fr^quentes douieurs k Thypogastre, ainsi qu'une sensa-

^1) Voir Archives de Tocologie^ decerabre 18T4, Janvier et fevrier 1875.



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364 REVUE CUNIQUE.

tion He barre, plus accuB6e dans !a fosse iliaque droite. Deux m^trorrhagies
I6g6res se sont montr6es en raai et en juin, c'est-k-dire aux deuxi^ine et
troisi^me mois de la gestation.

Les premieres douleurs se sont fait ressentir a onze heures du soir. Le
travail a march6 r6guli6renient jusqu'au lendemain^ neuf heures du ma-
tin, 6poque ^ laquelle raccouchement a (M termine. La pr6sentation fetait
celle du sommet ; la position, occipito-iliaque gauche ant6rieure.

La sage-femme qui assistait la dame T..., s'6tant apergue d'un commen-
cement d'h6morrhagie, voulut avec raison se hAter d'op6rer la d^livrance.
Apr6s quelques tractions r6p6t6es, elle s'aperQut d'une resistance insolite et
administra en deux fois k lapatientel gr.20 environ d'ergot de seigle, dans
le but de combattre Th^morrhagie commen^ante. Elle pratiqua le toucher
'et put constater que le placenta n'6tait pas engage dans le col de Tut^rus,
quoique celui-ci fiit un peu revenu sur lui-m6me. Pensant que le d^livre
pouvait dtre retenu pardes adh6rences, elle me fit imm6diatement appcler,
en mfime temps que notre honor6 confrere, M. le D*" d'Heurle.

Arriv6 le premier pr6s de la dame T..., j*eus bien vite reconnu I'adhfe-
rence anormale du placenta, et ne tentai pas moins quelques tractions mo-
d6r6es sur le cordon. N*obtenant pas de r6sultat, je jugeai prudent et op-
portun d*attendre, d'autant plus que ThSmorrhagie, qui avait commence
apr^s raccouchement, s'est promptement arr6t6e d'elle-mdme. L'ergol dc
seigle n'avait eu aucune action, puisqu'il avait 6t6 rejet6 k la suite de deux
vomissements un quart d'heuro apr6s son ingestion.

Vers sept heures du soir, je vis la dame T..., de concert avec
M. d'Heurle. Elle avait 6prouv6 k diverses reprises quelques faibles
contractions ut6rines. L'ut6ru8 6tait I6g6rement r6tract6 et une por-
tion du placenta , de la grosseur d'un oeuf de pigeon, se trouvait cngag^
dans le col ut6rin entr*ouvert. Je recommengai sans succ^s quelques trac-
tions mod6r6es sur le cordon. En presence d'une telle resistance, apr^s
nous 6tre assures Tun et I'autre qu'il n'y avait ni tetanisation de Tuterus,
ni cnch&tonnement du placenta, nous r^solilmes d*attendre jusqu'au lende-
main matin.

Le 45 Janvier, nuit assez bonne ;sorameil l^ger pendant plusieurs heures;
leg^res contractions ut^rines de temps k autre ; pouls a 104 ; douleur assez
vive a la pression dans la fosse iliaque droite et k I'hypogastre, presquc
nulle it gauche. Une portion du placenta, de la grosseur d'une petite orange,
est engag6e dans le col toujours entr'ouvert. Quelques nouvelles tractions,
faites avec tout le soin et toutc Tattention possibles, nc donnent pas de r6-
sultat. Pour les mfimes raisons que laveille, nous jugeons, mon confrere
et moi, qu'il convient d'attendre, malgr6 un commencement de f6tidit6 des
lochies.

A sept heures du soir, le mftme jour, nous nous retrouvons prds de la
dame T... De leg^res contractions ut6rines se sont encore montr^es dans la
journ6e, T^coulement des lochies a 6t6 plus abondant, celles-ci sont d*ane
f6ditite extreme. Je pratique avec precaution le toucher, qui est accompa-
gn6 de vives douleurs k cause de P^tat d'6r6thi8me de toutes les parties



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REVUE CLINIQUB. 363

gt'initales externes, et je puis constater un engagement plus manifeste. Get
organe est d6ja dans un 6tat de d6composition avanc6e» comme Tindiquent
un certain ramollissement et Todeur infecte des lochies. Lepouls est k 112,
faible et miserable; le ventre, un peu tendu et bailonn6, est toujours dou-
loureux dans la fosse iliaque droite et k Thypogastre. Craignant avec quel-
que raiaon un commencement d'infection putride, nous pens&mes d'un
commun accord, mon confrere et moi, qu*il convenait d'op6rer lad61ivrance
au plus t6t. Je portai alors la main droite le plus pr^s possible du col ut^rin,
de faijon k embrasser la portion du placenta pr68ente k Porifice ; agissant en
mdme temps sur le cordon avec la main gauche, je pus ramener la plus
grande partie des cotyledons placentaires . Une resistance des plus manifestes
se faisait toujours remarquer, particuli^rement vers les parois ant^rieure et
laterale droite de Tut^rus. Apr6s avoir d6gag6 par des tractions bilat^rales
la plus grande partie de I'organe, les quatre cinqui^mes environ, au milieu
desquels se trouvait Tinsertion du cordon ombilical, je m'aperQus que les
membranes ofTraient k leur tour une tr^s-vive resistance, surtout dans les
points d6']k indiques. Tordues plusieurs ibis sur elie-memes, celles-ci se
trouv^rent r^duites k un cordon de la grosseur d*un gros crayon *, il me fut
aeanmoins tout k fait impossible de les obtenir avec le rcste du d^elivre.

Devais-je introduire la main dans la cavite ut6rine, aGn d'en extraire les
vestiges du placenta? Jepensai, et mon confrere fut entierement de cet avis,
qu'il valait mieux confier ce soin k la nature.

Dans toutes ces manoeuvres, je pris toujours soin d'agir avec autant de
patience que de moderation, n'oubliant pas qu'un effort inconsider6 ou vio-
lent pouvait amener la deohirure du tissu uterin, le renversement de la
matrice ou une foudroyante hemorrhagic. Au moment des tractions mSmes
ks plus douces, on pouvait sentir k travers la parol abdominale, un abais-
sement manifeste de Tuterus. Prescription : Bouillon, lait coupe, vin g6ne-
reux.

— Julep simple 120 grammes.

Sulfate de quinine 1 —

F. 8. a. Potion k prendre par cuillerees d'heure en heure.

Trois fois par jour, nous faisons faire des injections vaginales avec une de-
coction de plantes aromatiques (thym, romarin et sauge), additionn6ed'une
petite quantite d'eau-de-vie de lavande. Les parties genitales externes sont
tenues dans un etat de proprete extreme. Les draps etaiezes sont renouveles
de deux en deux heures. Pouls k 112.

Aonze heures du soir, pouls k 416, petit, d6pressible. La dame T... est
tr6s-deprimee. Elle eprouve quelquefois des lipothymies. Tres-affaiblie et
anemiee, elle ne pent lever la tete au-dessus de Toreiller sans eprouvcr des
vertiges. L'abdomen est toujours un peu tendu, ballonne, douloureux k la
pressioa.

Le 16, k dix heures du matin, pouls k 108. L'ecoulement des lochies se
fail bien ; celles-ci, peu abondantes, exhalentune odeur fetide. La dame T...
a urine sans douleur; elle a dormi pendant trois heures consecutives. Pas
d' agitation.



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366 REYUE GLINIQUE.

Soir. ^ Mdme 6tat. Quelques l^^res tractions wiv le cordon niembra-
neux, rest6 pendant k la vulve, ne sent pas suiyies de suoe^s.

Le n, pouls k 108. Vers le milieu de la nuit, k la suite d*une injec-
tion, la sage-femme a pu extraire le cordon membraneux avec une petite
portion de cotyledons k Talde d'ane faible traction. Le fond de T uterus est
a 3 centim^lres environ au-dessous de Tomhilic. L^ger ballonnement du
ventre et constipation. Nous preserivons un purgatil l^ger compost comme
suit:

— Huile de ricin I .. ^^

o. J 1- J 4a 20 grammes.

Sirop de Imions ) ^

Soir. — Malgr6 quelques selles obtenoes dans le con rant de Tapr^midi^
)e ballonnement et la dooleur persistent. Nous faisons af^liquer an large
eataplasme sur le centre ei administrer nn lavement simple.

Le 18, pouls i 108. La nuit a^t6 nn pen nKnns bonne que la pr^c^dentei.
Leg^re agitation; c6pha]6e aecompagn^e d'insomnie. Nous fiaisons cesser
la potion quinique et administrer deux verres de maceration de quinquiaa
dans le courant de la journee.

Soir. — M6me etat*

Le 19, pouls II -112. Un caillot assez volumineus et un fragment de coty-
ledons sont expulses k la suite d'une injection.

Midi. — La dame T... est prise de e^pbalee. 11 y a an pen d'heb&tudede
la face. Le pouls est k 120, miserable et d^pressible.

Apr6s rinjection du matin^ il y aeu un ecoalement de loobies sang! antes
assez abondanty d'un noir saleet r^pandantune odeur tr^s-fetide. Je prati-
que le toucher et trouve le col ut6rin ferm6 ; il ne pr^sente rien de particu-
liera noter.

Le 20, pouls a 108. A la suite de Tinjeclion de la nuit, la dame T... a
expulse un petit debris de membrane. Faiblosse generale persistante.

Lc!2i, pouls ^104. Constipation rebelle et met6orisme. Nous preserivons
un lavement avec : miel de mercuriale. 30 grammes. Dans Tapres-midi,
la malndc est prise en mfime temp de coliques et de contractions ut^rines.
Pas de selles, pas d'augroentation dans la quantite des lochies.

Lc 2:2, la nuit a ete meilleure que la precedente. L'injection du matin a
encore amene un debris de cotyledons de la grosseur du petit doigt, cc qui
porte a quatre le nombre des frngments obtenus dansl'espace de cinq jours.
Les lochies diminuent de quantite et deviennent purulentes, leur fetidite
semblc s'amoindrir un peu.

Lo 23, pouls a 104. L'ut6rus est maintenant k trois travers de doigt au-
dessous de Tombilic et ne presentc plus que quelques points douloureux.
L'appetit commence k revenir.

Lc 24, pouls k 96. L'expression generate du facies est meilleure et plu^
tranche.

Le 25 et le 26, ut supra,

Le 27, pouls ^ 92. Nous preserivons une alimentation ibrtement r6para-
trice.

Le 28 et le 29, pouls i 76. La malade peut s'asseoir pendant quelquc



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REVUE CLINIQUE. 367

temps sur son lit; elle n'6prouve ni malaise ni fatigue. L*ut6rus, bien
r6tract6, ne pr6sente plus de points douloureux. L'^coulement des lochies
est presque nul. Toute chance de tox6mie nous paralt maintenant impro-
bable.

Le 3 fevrier, F^coulement des lochies a cempl Element ces86. La patiente
commence h recouvrer ses forces. Uapp^tit est revenu, la fi^vre est nulle.

Le 7, la dame T. . . a pu rester lev6e pendant une demi-heure. Les fonc-
tions reprennent leur cours en m6me temps que les forces augmentent.
Tout danger nous paralt avoir compl6tement disparu.

Rbfkxioiis. — En presence de la resistance excessive que nous ve-
nions de rencontrer, Tintroduction de la main dans I'uterus nous
parut dangereuse, car il pouvait se faire que la fusion des deux iissus
rendu le d^collement des membranes tout h fait impossible. Nous
avions d'ailleurs en m^moire les faits d^sastreux exposes par
M. Gu^niot h la Clinique d'accouchements.

En terminant sa leQon, le professeur s'est exprime en ces termes :
« Quand une heure ou une heure et demie aprfcs raccouchement le
placenta n'aura pu 6tre extrait, il faudra s'empresser d'introduire la
main dans Tut^rus, afin de rompre les adh^rences et d^coUer les
membranes. »

Sans vouloir nous Clever contre I'enseignement d'un mattre dont
Tautorite en cette mati6re est incontestable, nous estimons cependant
que ce pr6cepte est trop absolu et qu'il n'a sa raison d'etre que dans les
cas oh une abondante h^morrhagie menace la femme d'une mort pro-
chaine. Nous pr^P^rerions debeaucoup h cette pratique I'un ou I'autre
des moyens pr^conisds dans la Gazette des hdpitaux par le D^ Li^gard,
de Caen, (voyez les n*** des 25 fevrier et 9 mars 1875). Les injections
d'eau froide dans la veine ombilicale et les substances abortives ne
sont p€is des nouveaut^s th^rapeutiques, tants'en faut; toutefois, elles
peuvent rendre des services quand les adh^rences sont simplement
cotyledonnaires.

Dans le cas que nous venons de rapporter, nous pensons avoir pru-
demment agi en ne portant pas la main dans I'uterus, en vue d'y d6-
Iruire des adh^rences qui n'eussent pas c^d^, croyons-nous, m^me
anx elTorts les plus intelligents et les plus moderes, sans amener la
dechirure du tissuut^rin ouune m^trite interne.

On a pu voir par ce qui pr^c5de que Tadherence ^tait incomplete ;
rhdrnorrhagie qui se manifesta peu apres Taccouchement et la pre-
sence dans le col d'une petite masse cotyl^donnaire en Iburnissent
d'ailleurs la preuve.



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368 REVUE CLINIQUE.

En ce qui louche le manuel op^ratoire, rien d'absolu ne nous paralt
pouvoir 6tre formula pour ces cas, heureusement tr5s-rares, oti le m^-
decin doit avant lout faire appel h son tacL et & sonjugement, appuy^s
sur des connaissances positives et sur des fails acquis h la science. Sa
conduite, suivant nous, doit Stre bas^e sur Tensemble des indications
iburnies par la situation elle-mSme. Toutefois, en nous appuyant sur
deux des fails cit^sparM. Gu^niot, sur celui de M. Yves et sur lendtre
en particulier, nous pensons quela proposition formulae plus haul pent
6lre modifi^e de la fagon suivante : Qaand, une heure ou ane heure et
demie apr^s raccouchement, le placenta n'aura pu Mreextraitetque
Vexistence de la femtne sera comprise par une hemorrhagie^ il faudra se
hater d'inlroduire la main dans Tulerus, afin de d^coller les membra-
neiJ et d'extraire le d^livre. [Gaz. Hebd,)

Placentite, par le D' Gils, aide-major au !«' baiaillon d'Afrique.

Observation. — Le 22 f6vrier i875), jefus mand6 auprds de madame X...
pour lui donncr mes soins dans les derniers jours de lagrossesse. Ag^e de
23 ans, d'un temp6rdment lymphatico-nerveux, elle a toujours joui d^une
bonne sani6 et, sauf une constipation opini&tre et une an6mie assez pronon-
c6e due ^ sa vie s6dentaire pendant qu'elle 6tait demoiselle, ses fonctions
de nutrition s'accomplissaient r6guli6rement. Marine depuis quatorze mois,
elle a depuis pris un peu d'embonpoint et la grossesse semble avoir exerc^
une influence heureuse sur sa constitution.

Quatre-vingt-dix jours apr6s son mariage, elle a fait une fausse couche
de deux mois, bien constat6e par un m6decin, et comme accident consfecutif
une constipation excessive amenait une obstruction assez grave pour la rete-
nir aU lit pendant une vingtaine de jours. Trois mois apr^s, une grossesse
se declare, mais avec des signes assez peu accentu6s pour que le m6decin
de la famille ne puisse affirmerle diagnostic qu'i la fin du cinqui^me mois.
D'aiileurs l*6poque de I'impr^gnation 6tait assez difQcile h indiquer, mSme
d'une faQon approximative, les regies 6tant devenues tr6s-parcimonieuses
d6s les premiers jours de mai et s'etant brusquement arr6t6es le 10 juillet
i874 kla suite d'une vive impression morale.

Lagrossesse a 616 heureuse et les ph6nom6nes sympathiques, d'aiileurs
peu marqu6s, ont 6t6 bien support6s. Madame X. . . compte au nombre des
ennuis les plus p6nibles des douleurs de reins tr6s-fr6quentes. Le 26 Jan-
vier dernier, k la suite d'une frayeur, une h6morrhagie assez forte s'est d6-
clar6e, avec des contractions qui ont fait craindre un avortement. Mais sous
I'influence du repos et d'un traitement convenablement dirig6, tout rentrait
si bien dans I'ordre que madame X.. . pouvait, au bout de quelques jours,
venirde Paris en Alg6rie sans aucun accident. Je la vois dix-huit jours
apr6s son arriv6e. Elle est tr6s-inqui6te ; elle ne sent plus depuis deux
jours les mouvements de I'enfant, qui auparavant 6taient tr6s-marqu6s ; en



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REVUE CUNIQUE. 369

mfime temps, les douleurs de reins et les naus^es ont disparu. Sclles et
miction r^guJi^res, app6tit normal ; pas de varices, pas d'h^morrhoides.
L'inspection des seins et du ventre ne r6v61e rien d'anormal pour une gros-
sesse, Le fond de l*ut6rus s*6l6ve k trois travers de doigtau-dessus de Tom-
bilic etTorgane tout entier parait un peu d6jet6 k gauche. A la palpation,
fluctuation abondante : ce n'est qu'en d6primant forteraent la paroi abdo-
minale qu'on parvient k sentir le fcetus, dont la t6te semble 6tre a gauche
eten bas. La m6re dit avoir senti les mouvemcnts dans une zone k peu
pr^s parall61e a la courbe ant6ro-sup6rieure de VS iliaque et du pubis et
8itu6e k peu pr6s a quatre travers de doigt au-dessus de la symphyso. Le
toucher donne une sensation de chaleur assez prononc6e. Etroitasse jconsi-
d^rable. Le vagin est tr6s-conge8tionn6. Rien du c6t6 de la vessie et du
rectum. Col un peu mou, conique; son orifice, d6vi6 en arriSre, forme la
pointe du c6ne et ne parait pas avoir plus de 1 centimetre de diam^tre. Le
ballottement est facile ; mais les deux premiers doigts, introduits avec
peine dans le vagin, netouchent aucune partie fcetale. On n'atteint pas non
plus Tangle sacro- vertebral. La palpation, le toucher, le balottement, ne
d^terminent aucun mouvement du foetus. L'auscu Ration ne r^v^le aucun
battement, si ce n'est k gauche, k deux travers de doigt en dehors et au-
dessous de rombilic, un bruit isochrone aux pulsations maternelles. La
reunion de ces trois signes: cessation des mouvements, arrets des ph^no-
m6nes sympathiques, absence des bruits du ciTur, nous font diagnostiquer
lamortde i'enfant. Quant au terme de Taccouchement, r6l6vation de la
presentation, la r6gularit6 des selles et des urines et Furtout r6tat du col
Dous portent k penser que, toutes reserves faites d'ailleurs au sujet d'un
accouchement pr6matur6 que la mort de I'enfant rend possible, il ne saurait
normalement arriver avant quinze jours au moins. Deux jours se passent
sans incident. Le troisifeme jour, ionze heures du soir, madame X... est
tout k coup prise de douleurs qui, d'abord rares et mesur6es, avaient le
lendemain, k huit heures du matin, acquis un tel degr6 d'intensit^ et de
frequence, que Ton m'appela en toute hate. Les contractions se reprodui-
saient toutes les trois minutes et duraient k peu pr6s quinze secondes :
t6nesme vesical et rectal . Le col est dilate, du diam^tre d'une pi^ce de
2 francs; la presentation est sensible. L'enfant est en occipito-iliaque gau-
che a nt6rieure. L'orifice cervical est fortement r6trovers6, la l^vre post6-
rieure amincie, Tanterieure un peu saillante et tendue, c'est surtout k tra-
vers son tissu que le cvkne est senti. Pour favoriser la dilatation, je pres-
cris an lavement k Teau froide qui est bientdt rendu tel quel, un bain de
si6ge ti^de de vingt minutes, et enfin le decubitus dorsal, les reins 6lev6s
et le fond de Tuterus d6prim6 par une ceinture, afin de diminuer la retro-
flexion du col et d'6viter la compression et TcBd^me de la l^vre anterieure.
A trois heures de Tapr^s-midi, les contractions plus intenses se succ6daient
de minute en minute, mais la dilatation n'avangait pas ; la l^vre anterieure
amincie et tr^s-tendue coiffait la presentation. Bain de siege d'une demi-
heure. Enfin. k six heures, la mbve est dans un 6tat d'irritabilite excessive,
elle croit avoir ressenti un ou deux mouvements du foetus, le travail mar-

Archives de Tocologie. — join 1875. 24



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370 REVUE GLINIQUE.

che tr6s-lentement. Bain dc si6ge tidde d*une heure. Le t6nesme augmente.
Urines fr6quentes et parcimonieuses. Toutk coup, k la sortie du bain, le



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 40 of 82)