William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Les seins avaient augments de volume, et une abondante s6cr6tion de
lait s'6tait produite; perte d'app6tit. Tout le venire est douloureux, surtout
k droite- II survient un pen de m6trorrhagie, de la diarrb6e, de la lievre et
du frisson. Tiraillement douloureux au niveau de rombilic.

Archives de Tocologie, — juillet 1875. 2



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418 MEMOIRES ORIGINAUX.

Examen de la malade quand elle vint se I'aire op6rer. Ventre distendu
par une tumeur offrant des parties dures sur plusicurs points, et surtout
au niveau des fosses iliaques. Le fcctus est place en travcrs dans la cavite
abdominale; la t6te k droits et le dos en avant; la tete est facile a recon-
naltre, ainsi que les talons qui sont k gauche ; Tut^rus ne d6passait pas Ic
pubis; son corps 6tait un peu augment6 de volume, ainsi que le col. qui
6tait d6vi6 a gauche.

Une sonde p6n6trait facilement h travers I'orifice uterin et pouvait 6tre
promen6e sans obstacle a droite et i gauche jusqu'au fond de Torgane. La
profondeur de I'ut^rus 6tait d»e 8 centimetres ij^l.

La hauteur do la tumeur foetale 6tait de !23 centimetres; transversale-
ment, d'une fosse iliaque h Tautre, elle en avait 26. Les seiris 6taient encore
durs et un peu volumineux; par !a pression, on faisait couler quelques
gouttes de lait blanc et crSmeux. Au niveau de I'ombilic, la peau 6tait
adh^rente h la tumeur dans un rayon de 8 i 9 centimetres. U n'y avait plus
dedouleurs et la femme se trouvait dans la meillcure condition.

Le iO mars 1869, M. Kocberl6 pratiqua la gastrotomie. L'incision fat faite
sur laligne blanche; on lui donna une longueur de 15 centimetres. L'oeuf,
incise k son tour, laissa sortir un liquide brunAtre, d'odeur amniotique,
trouble par du meconium et du smegma fcctal. L'enfant, saisi par Textre-
mite pclvienne, fut extrait sans grande difficulte. 11 pesait 2,330 grammes
et avait 50 centimetres de long. Le diametre bi-parietal mesurait 9 centi-
metres 1/2. Le cordon coupe fut ramen6 au bord inf6rieur de la plaie. Iica
membranes furent laiss6es en place. On constata la presence dc deux ou
trois petits corps fibreux sur le fond de I'uterus.

Le kyste fcetal fut lav6 avecsoin avec de I'cau tiede.Le cordon fut ensuite
remis en place, et on proc6da k la reunion par trois points de suture pro-
fonde et six points de suture superficielle. L'op6ration dura trois quarts
d'heure, et il s'ecoula de 40 k 50 grammes de sang seulement.

Un tube de verre avait ete plac6 a Torifice inferieur de la plaie. La ma-
lade, qui avait ei6 chIoroform6e, ne vomit pas : Pouls a 75.

Le lendemain, suintement abondant qui imbibe les pieces apansement.
Pouls i 90. .

Le troisieme jour, a peu pres meme etat, sauf un peu d'ictere. Le liquide
qui s'ecoule est jaunAtre et un peu odorant. Injections avec Teau ti6de et
la solution de sulfate de sonde.

Le cinquieme jour, pouls k 109 ; plusieurs abces au niveau des points de
suture.

Le septieme jour, quelques lambeaux de placenta et de cordon sont ra-
menes k Texterieur k I'aide d'une pince k panscment. L'elimination con-
tinue les jours suivants, et elle est k peu pres complete quatorze jours
apres Toperation. Desce moment, plus de fetidite*, une suppuration franche
s'etablit. La malade commence a se lever et k manger avec appetit.

Le 12 avril. II n'y a p/esque plus de suppuration, la cavite du kyste n'a
plus que quelques centimetres. La malade demande k retourner dans sa
famille, portant encore un tube de caoutchouc dans la plaie.



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GROSSESSE EXTRA-UTERINE PERITONEALE. 4 1 9

Le corps du fcctus est peu alt^re, seulement la peau est d6pouill6e de son
6piderme par places. Les muscles ont conserve leur coloration rouge.
Examinees au microscope, les fibres rausculaires ne sont pas alt6r^es.



QUATORZIEME OBSERVATIOI^.

Grossesse extra-at^rine p^ritontele ayant dar^ qnatorze mois. -
Gastrotomie. — Garrison.

Feuime de 22 ans, marine en septembre 1869, avait eu sa derni^re 6po
que de regies au mois de novembre. En Janvier, elle a eu des vomissements
rep6t6s et des symptSmes de grossesse.

Au mois de mai, indisposition tr^s-grave et prolong6e. Les mddecins qui
la virent crurent k une fausse couche ; mais I'^tat s'ameliora et il ne resta
qu'une douleur tenace au c6t6 droit du bas-ventre.

A partir du 19 avril, les mouvements actifs furent perQus par la femme et
constates par les m6decins le mois suivant.^Le 26 septembre, apparition de
douleurs tr6s-vives ; les m^decins crurent k un accouchement prochain. Gcs
douleurs dur^rent pendant plusieurs semaines et furent un peu calm6es par
des injections sous-cutan6es de morphine. Les mouvements de Tenfant ces-
s^rent. Vers le milieu de novembre, 6coulement sanguinolentpar le vagin.
On pcnsa alors que I'enfant etait mort et que I'accouchement ne tarderait
pas k se faire. Des douleurs abdominales moins viyes persist^rent, et cepen-
dant la malade put faire un voyage k Wurzbourg, pour consulter M. Scan-
zoni, qui, ayant sond6 la matrice et latrouvant vide, crut d'abord^uiie gros-
sesse extra-ut6rine, mais se d6cida en d6finitive, pour I'existence d'un
kyste colloide de Tovaire.

Etat constats par M. Kceborl6 au mois de f6vrier. Un peu d'amaigrisse-
ment, mais apparences d'une bonne sant6. Douleurs abdominales parfois
tr^s-vives, calm6es par des injections de morphine. Le ventre mesure
1™,02 de circonf^rence. Sa forme est irr6guli6re ; il est plus d6velopp6 k
gauche qu'i droite. II est verget6^ sa consistance n'est pas la m6me partout,
fluctuation 6vidente ti sa partie moyenne. Du c6t6 gauche il y a des bosse-
lures, mais il est impossible de distinguer aucune partie fcetale, ni bruit
de souffle, ni doubles battoments. La tumeur est adh6rente k la parol abdo-
minale jusqu'^rombilic. La cavity pelvienne est libre. La matrice refoul6e
k gauche a une'cavit6 qui mesure 8 cent, dans le diam^tre vertical. Son col
n'est pas modi.Q6. Coloration brune des aur6oles qui pAlissent depuis quel-
que temps.

Une grossesse extra-ut6rlne, est diagnostiqu6e. Le professeur Stoltz qui
volt la malade ne croit pas devoir se prononcer dans ce sens.

L'op6ration est faitc le 28 f6vrier 1871. Incision d^environ 20 cent, sur la
ligne ii36diane. Mais, pour ne pas p6n6trer dans la cavit6 p6riton6ale pro-
prement dite, le kyslo n'est ouvert que dans I'^tendue d'environ 12 cent.
Le placenta se pr6sentaet dut 6tre divis6 ; puis les pieds furent saisis, eton
fit passer le si6ge et le tronc sans difficulte ; mais, au moment de Tengage-



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420 . MEMOIRES ORIGINAUX.

ment de la tSteil se fit une rupture de 3 ^ 4 cent, a la parlie superieure de
rincision. Lekyste n'6tait plus adherent au p6ritoine dans ces parties, et il
y eut une sortie de J'6piploon et des anses intestinales. M. Kocberl^ (it alors
une exc6r6bration el la t6te vint facilement. Le kyste fut6pong6 en prenant
le soin d'emp§chcr la p6n6tration du liquide amniotique lans le p6ritoinc.
L'cnfant.6tait k ternie et bien conform6.

Pour empficher le kyste de communiqucr avec la cavite p6riton6ale au
point de la d6chirure, Tangle sup6rieur de la plaie abdominale fut adoss6
a la d6chirure du kyste, k I'aide de deux points de suture. La plaie abdo-
minale fut r6unie par une suture profonde et une suture superficielle. Une
ouverture de 5 ii 6 cent. fut.laiss6e k la partie inf^rieure. Le cordon y fut
piac6 avec deux gros tubes en caoutchouc, destines k faciliter Textraciion
des liquideset le nettoyagede la pochc. L'op6ration dura environ une heure,
et il ne s'6euula que 30 k 40 grammes de sang.

Au deuxi6me et au troisi^me* jour, la suppuration ft^tide commenga; en
m6me temps la tempt'^ratures'cleva. L'61iminationdu placenta dura du sep-
ti^mejourau dix-septi6me. Au dixi^me ilycut des accidents de septicemic.
On administra le sulfate de quinfnc ct on eut soin de faire sortir les lambeaux
f6tides qui se formaient. Les lambeaux de placenta furent extrr.its i mesure
qu'ils se d6tacbaienL On lit des injections avec ie su Kite de sonde et de
I'eau, et plus tardon enleva les sutures. 'Le kyste revint petit Sl petit sur lui-
m§me en continuant k suppurer. La surface interne de la poche ofTrait de
nombreuses incrustations calcaires. M. Koeberl6 fit des injections d'iode
pour les dissoudre. La maladeput quitter Strasbourg un mois apr^s l*op6-
ration. Revue cinq mois aprcis, elle fut trouv^e parfaitement bien, mais une
fistule persistait, qui fournissait un petit 6coulement.

II n'est pas rare que les femmes qui portent des grossesses extra-
uterines, ne soient observ^es qu'^ une ^poque qui s'^loigne beaucoup
de celle oil le foetus a cesse de vlvre (depuis plusieurs mois, jusqu'k
plusieurs annees). Dans ces cas, de deux choses Tune : ou bien le
kyste ne donne lieu k aucun accident, le p^ritoine et les organes voi-
sins s'etant habitues k son contact; ou bien le calme qui s'elait
elabli etquiavait dure pendant plus ou moins longtemps, est de nou-
veau trouble par des complications importantes et alors la conduite i
tenirest la m6me; ce sera ^ la gastrotomie qu'il faudrarecourir.

II peut arriver encore qu'un travail d'^limination soit en train de se
faire, et il ne sera pas impossible que I'intervenLion du chirurgien en
puisse h4ter laterminaison. Sic'estduc5t6des parois abdominales que
Tabcds tend ^ s'ouvrir, on pourra se servir du bistouri ou des caus-
tiques; du premier, s'il n'est pas douteux que des adherences sufQ-
santes existent ; des seconds, si on pouvait craindre qu*il en f At au-
tre men I.



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GROSSESSE EXTRA-UTEUIXE PERITOXEALE. 421

Dans d'autrescirconstances, c'cst du c6t6 du vngin, que la nature
lend h ^liminerle kysle, qui est profondemenl engage dans le cul-de-
sac peritoneal poslerieur. Ici encore une incision pourra 6lre parfai-
tement indiquee, qui accelerera la sortie spontan^e du produit de la
conception, et qui permettra son extraction si cela est n^cessaire. 11
en pourra 6tre de mSme quand c'est du c6te du gros intestin, que la
communication tend h. s*dtablir. On a mSme vu le kyste s'ouvrir dans
la vessie, et la cystotomie a^t^ pratiqude dans un cas, avec succ6s,par
Thomson.

Quand I'abcfes ^liminateur s'est ouvert spontan^nient, soit par le
vagin, soit par la paroi abdominale , les ouvertures sont souvent
elroites et insuHisantes. Les mati6res putrides stagnant, Tetat g6-
n^ral de la femme s*aggrave, il devicnt urgent d'operer des debri-
dements, pour la soustraire au contact dangereux du corps putrilie
qu'elle porte en elle, et pour op^rer de frequents lavages de la poche
kystique. Je n'ai pas besoin de dire avec quelle prudence le bistouri
doit ^tre mani6 dans ces conditions. Ce qui importe, c'est de ne pas
depasser la limite des adherences, qui unissent le kyste aux parties
voisines. Plusieurs cas sont consign^s dans les annales de la science,
qui prouvent que la mort a 616 la consequence de Toubli de ce pre-
cepte.

II n*entre pas dans mon plan de decrire la gastrotomie ; Je rappcl-
lerai seulement, qu*on pent p^netrer.jusqu'au kysle avec le bistouri,
les caustiques. L'instrument tranchantpeuf^tre prefere, ou toutes les
fois qu*on s*est assure que des adherences existaient, et dans les cas
surtout oil il s'agit d'extraire un enfant vivant et oil, par consequent,.
il est indispensable d'obtenir une tres-large ouveiture ; mais si des
adherences ne s'etaient pas etablies dans la region, oil Tincision doit
dtre pratiquee, .je pense qu'il serai t temps de les obtenir par des ap-
plications successives de caustiquc, et de mettre plusieurs jours avant
de pdnetrer jusqu*^ la poche.

Quand le foetus est mort depuis uncertain temps, quand on pent le"
supposer d'un petit volume, parce que la grossesse n'a pas depasse
le cinquiSmeou le sixi^memois, quelcsinflammations successives qui
se sont produites aient, ou non, fait adherer le kysle, je crois qu'il
vaudrait mieux se servir des caustiques, h moins qu'il n*y ait pas un
instant k perdre dans rint^r^t de la femme.

Les chirurgien^ qui ont pratique la gastrotomie dans des cas de
grossesse extra-uterine peritoneale, savent que cequi fait la graviie de



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422 MEMOIRES ORIGINAUX.

rop^ration ce n'est pas Touverture des parois abdominales,ou du kyste
pourvu qu'on ait su ^viter de p^n^lrer dans la cavil6 du p6ritoine, Le
danger, tient surtout, ^ deux circonstances : premi^rement h une
hemorrhagic qui pent d^pendre de ce que Tinstrument rencontre le
point d'inse;:'tion du placenta : cette [coincidence fSLcheuse est heureu*
sement fort rare; elle est att^nude, d'ailleurs, dans les cas oil la mort
du foBtus est un fait accompli deptfls quelque teinps, par les modifi-
cations profondes qui se produisent, par ce fait, dans la circulation
kysto-placentaire. A ce point de vue, Temploi des caustiques a pent-
Mre up avantage sur Tinstrument tranchant. Secondement, h I'im-
possibilitd dans laquelle on est d'extraire immediatement le placenta,
et les membranes dont il faut attendre Telimination spontande, qui
demande parfois plus d'une semaine pour 6tre complete. Co travail,
on le sait, entretient une suppuration d'une fetiditd exceptionnelle,
qui, malgrd les injections desinfectantes, etsouvent repdtdes, peut pro-
duire sur Torganisme des femmes, et de celles surtout qui sont d6^h
tres-dpuisdes par les accidents antdrieurs, les effets les plus del^ti^res.
C'est pour cela, je le r^p^te encore une fois, quMl faut savoir prendre
son parti de bonne heure, si on veut donner ^ Tintervention chirur*
gicale, toutes les chances de succes qu'elle comporte.

Me voici arrive au terme du travail que j*ai entrepris, pour servir i
rhistoire des grossesseSextra-uterinesperitondales. Les cas nombreux
que dans un temps relativement court, il m'a 6i6 donnd d'observer
dans mon service d'hdpital ou dans ma clientele, m'en ont fait ^tcndro
les limites de beaucoup au delh de celles que je m'dtais assignees d5s le
d(5but, et cependant je suis loin d'avoir epuise le sujet. A ceux qui
trouveraient que j'ai 6i6 trop long, je rdpondrai que les, observations
consciencieusement recueillies ont toujours leur inter^t, ct j'espere
que sous ce rapport, celles que renferme mon memoire me vaudrout
I'indulgenco de meslecteurs. Depaul.

■ ■ * ■ ■

LECONS SUR L'ECLAMPSIE PUERPERALE

SES CAUSES, SA NATURE ET SON TRAITEMENT
Par Ic D*" !H, Peter, medecin de Thdpital Saint- Antoine.



Apr6s la saignde, ct d'accord avec Collins et Johnson, Cazeaux con •
seille aussi I'dm^tique h dose rasorienne; et le mode d'action en est 6vi-
demment celui de la saign6e,*car, dit Cazeaux, « il faut^Tadministrer



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LECONS SUR L'tCLAMPSIE PUERPfiRALE. 423

de maniereft produire des nausees sans vomissement, en donnant gha-
que demi-heure une cuiller^e k soupe de la potion suivante :

Eau de pouliot 90 grammes.

6m6lique ^ 40 centigr.

Teinture d'opium 30 gouttes.

Sirop simple iO grammes.*

La saign^e et T^m^tique ont 616 conseill^s par las auteurs que je
cite comma moyan prevantif, dbs qu'apparaissent las sympt6mas pr6-
monitoires de r(3clampsie, et comme moyan curatif, bian que Cazeaux
croie T^m^tique beaucoup moins utile dans ce dernier cas.

Pour moi, j'ai donne Tem^tique an lavage h la dose de J5 et 20 cen-
tigrammes, chez rinterne de Lausanne et la malade de la Charitd i la
suite de la saignee, et reffet purgatif produit n'a certainement pas nui
au resultat ddtinitif, qui a ^t^ la gu^rison.

Uanesthesie par le chloroibrme est certainement efficace au dibut
d'une attaque, alors que cella-ci n'a point encore produit la congestion
c^r^bro-bulbaire resultant de la succession des accfes subintrants dont
jevous ai parle; mais lorsque Tattaque date de quelque temps d6ji,
que le coma pr^domine sur la convulsion, que la face est cyanos6e,
Futility du chloroforme est plus que douteuse : il avait compl6tement
fehoue chez la dame anglaise dont j'ai cit6 le cas dans une pr&^dente
legon, et la saignee a brillamment triomph^ chez elle aprte cet 6chec
du chloroforme. ^

Ainsi, administr^ au moment oti Tattaque vasurvenir ou commence
i se manifester, le chloroforme peut r^ussir ^ conjurer celle-ci ; mais
c'est 1^ une m^thode qui reclame un assez long temps et beaucoup de
patience, puisqu'il faut rester ^ poste flxe auprte de la malade et se
tenir h. ratfiit de I'attaque menagante.

Je suis reste de la sorte presque toute une journ6e aupr^s d'une
dame au sixi6me mois de sa grossesse, la chloroformisant d^sque Tac-
cfes commengait et aussitdt arr^tant celui-ci ; — mais, franchement,
bien que la malade ait gu^ri de son 6clampsie, pour avorter le surlen-
demain par le fait de son intoxication urin^mique, ce long i6te-&-t6te
avec le chlorpforme m'a laiss^ assez froid.

Si, au contraire, vous administrez le chloroforme h la femme en
6\jaX de coma, ind6pendamment de ce que la chose est parfaitement
irrationnelle alors, elle peut n'^tre pas sans p^ril : je sais des faits de
mort 6videmment causes par Tanesthfeique ajoutant son coma au



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42i MEMOIRES ORIGINAUX.

coma de Tatlaque ; un enlre autres, qui m'a ^t6 communique parun
de mes colldgues de cet hopital, observe par Jui, alors qu'il ^tait
interne h TUdtel-Dieu. II s'agissait d'une femme enetat de mal depuis
plusieurs heures, on jetala malade dans la resolution, sana pouvoiren
aucune fagon faire cesser la serie successive des convulsions, qu'on
pouvait encore reconnaitre aux secousses, de plus en plus faibles il est
vrai, dont etaient seconds les membres resolus ; le coma devint ainsi
sous Tinfluence du chloroforme de plus en plus profond, et la malade
succomba.

Le chioroforme est, d'ailleurs, h lous^gards, sans action sur la cause
premiere de I'^clampsie, la s^rumurie urinemique. Ce n'est done et ce
ne pent 6trequ*un palliatif.

II en est ainsi du chloral^ administr^ en lavement au debut d'une
attaque, il pent en triompher comme le chloroforme et de la meme
fagon; mais si la femme est d^Jk dans le coma, il sera impuissant
comme lui et pour les mtoes raisons: kpreuve nos deux malades de
lasalle Sainte-Ad(51alde, chez lesquelles les lavements de chloral ont
616 absolument sans eflfet.

Notez d'ailleurs, messieurs, que mon opinion sur les anesthesiques
s'^taye de Tautorite bien autrement comp^tente de Paul Dubois, de
Depaul, de Tarnier et de Bailly. •

. Vous trouverez dans les trait^s toutce qui a rapport aux indications
et aux contre-indications de \* accouchement force en cas d'eclampsie.
Ce que j'en veux dire, c'est qucfl'^vacuation de Tuterus, lorsqu'elle
reussit h faire cesser les attaques, n'a point ngi en faisant cesser la
compression des veines r^nales, mais en faisant disparattre la cause
d'afflux du sang vers Tuterus et par suite vers les reins, en d^conges-
tionnant ainsi ces derniers, diminuant d*autant la pression vasculaire
de leur parenchyme et, par suite, la filtration du s^rum consecutive h
cette exag^ralion de pression.

Que si, maintenant, Taccouchement provoqu^ ne fait pas toujours
imm^diatement disparattre I'^clampsie, c'est d'abord que la lesion
renale pent 6tre trop avancde pour que le rein puisse en gu^rir, —
auquel cas la femme meurtbrightiqueapr^sla cessation plusou moins
tardive de ses attaques; — c*est ensuiteque I'hyperdmie renale met ne-
cessairement un certain temps h disparaitre ; — c'est enfin que m^rac
apr^s la disparition de celte hyper^mie, I'intoxication urinemique du
sang, cause de Teclampsie, nepeut pas disparaitre aussi vite que la
congestion renale urinomigorie^



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LECONS SUR L'ECLAMPSIE PUERPERALE. 425

Par tout ceque nous avonsvu, comme par tout ce que je vousaidit,
vous avez pu reconnaltrequfi I'dclampsiepuerperale n est qu'une mani-
festation, violenlejusqu*^ la bratalite,derurin^miegravidique; qu'elle
doit ^ cette brutality m6me d'avoir ete de tout temps otudiee et de
tout temps rattachee h la grossesse; tandis que c'est de nos jours sett-
lement qu'on a soupconne ses relations avec IW^wmmMw; et encore
cette relation pathog^nique est-elle rejet^e, bien ^ tort, par plusieurs.

Ainsi, d'etape en elape, I'esprit medical s'est achemin^ vers la ve-
rity : eclampsie^ incident de la grossesse^ constation pure et simple d'un
fait; eclampsie, incident de la grossesse avec albuminuric ^ toujours sim))le
constatation, maisdej^ plus approfondie, bienquelagenSsedu trouble
nerveux soit encore k trouver ; eclampsie, accident de Vunnemie (et de
rurindmied'originequelconque, gravidique ou scarlatineuse, scarlati-
neuseou afrigore) th^orisation du fait morbide, decouverte de sa pa-
thogenic.

Mais, je vous I'ai dit, Turin^mie c'est Tadulteration du sang par
une mati^re animale cadaverisc^e, Purine; c'est, en fait, une xYPmsA-
tion; typhisdtion analogue h. la typhisalion par la bile (icl5re grave des
auteurs, pour moi typhus cholemique)^ h la typhisation par la bouillie
atheromateuse (endocardite ulcereuse des auteurs, pour moi typhus
athcrcnnique]^ h, la typhisalion par les miasmes ^manc^s d'autrui ou par
une matiere animale quelconque, voire m^me sa propre matiere animale
excrementitielle accumulee^ la production en etant devenue excessive
dans un temps donne, et Telimination s en trouvant insuffisante ou
trop lente dans ce mSme temps (typhus, fi^vre typhoide, relapsing
fever des Anglais, typhoide bilieuse des Allemands, typus des surme-
nes, etc.) (I).

Ainsi le fait commun h. toutes ces affections typhiques est la pre-
sence dans Torganisme d'un poison animal — ou mieux d*une matifero
animale morte (emanations d'autrui ou substances excr^mentitielles
non eliminees); malidre si bien impropre desormais ^ la vie, qu'elle
trouble par sa presence les actes de la matiere vivante qu'elle approche,
c'est Vinfectioji, Eh bien ! le fait symptomatique commun h ce laitetio-
logique commun est la sttipeur, le Tu?po;^ le typhus,

Mais la difference dans Tespece du poison animal fait la difference
specifique du typhus; de sorte que si, dans toutes les maladies par

(1) Cette thecrie est longuementd6veloppee dansmes lemons sur la S^ru-
murie^ t. II de mes Lecons de clinique medicate.



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426 M^MOIRES ORIGINAUX*

poison animal, on observe des troubles de Tinnervation, dans chacune
ces troubles ont quelque chose de specifique : dans le typhus propre-
merit dit, le fait nerveux predominant est le d^Iire; dans le typhus ce-
r6bro-spinal, les accidents t^tani formes; dans la fidvre typhoKde, le
coma et le d61ire; dans Tictfere grave, le d^lire et les convulsions ; dans
rurin^mie, les convulsions, c'est-^-dire I'^clampsie, et, dans Tesp^ce
qui nous occupe actuellement, Teclampsie puerp^rale ou par urin§-
mie gravidique.

Maintenant, un fait syraptomatique ^galement commun h toutes ces
affections par poison animal, ou maladies typhiques, est Vhemorrhagie:
ai-je besoin de vous rappeler qu'on. Tobserve dans le typhus, la fi^vre
typhoide, aussi bien que dans les typhus cholemique, urin^raique ou
ath6romique, depuis T^pistaxis jusqu'^ Themorrhagie par toutes les
voies? Eh bien I le typhus urinemique des femmes grosses ne pouvait
^chapper ^ cette consequence de Tadult^ration du sang. Or, ici le sang
n'est pas seuleraent adult^re par la preserfce des matcriaux de Turine
non^limines, il est alt^re dans sa erase par la perte du serum : la s^-
rumurie ou pissement du sdrum entratnant la diminution de Palbu-
mine ou hypoalbuminose^ laquelle a pour r^sultat n^cessaire la deplas-
ticite du sang et, par suite, la tendance de celui-ci aux infiltrations
comrae aux htoorrhagies.

Done, qu'il y ait des h6morrhagies chez la femme grosse qui pisse
du sdrum, rien n'est plus nalurel.Mais il est une hemorrhagic pr^cise-
ment specials^ la femme qui accouche, c'est Thdmorrhagie de la d^li-
vrance. Eh bien! chez la femme s^rumurique, cette h^morrhagie peut
acqu^rir de formidables proportions ; et c'est \h un fait qu'a vivement
mis en lumi6re un Eminent accoucheur contemporain, M. Blot. Ainsi
une des sept femmes dclamptiques qu'il a vues mourir pendant son
ann^e d'internat & la Maternity, succomba h une h6morrhagie incoer-
cible apr^s la ddli vrance, Ce n'est pas tout : sur quarante et une femmes
atteintes d'albuminurie plus ou moins abondante durant leur gros-
sesse, douze eurent des pertes utdrines graves pendant leurs couches.
La femme ^lamptique que M. Blot vit mourir d'h^morrhagie fut
prise ^ la suite de son accouchement d'une perte opini&tre d'un sang
fluide et d^color^ ; en vain les moyens h^mostatiques les plus prompts
comme les plus judicieux ftirent-ils mis en oeuvre, la femme suc-
comba sous les yeux de M. Blot, quatorze heures aprfes son accouche-
ment.

De son c6te, M. Bailly a eu d'assez nombreuses occasions de seoon-



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LECONS SUR L'ECLAMPSIE PUERPERALE, 427



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