William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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vaincre que, chez beaucoup de femmea albuminuriques, atteintes ou
non d'klampsie^ rhdmorrhagie de ]a d^livrance ddpasse sesljmites nor*
males et devient m^me une perle utoriae redoutable.

Qu*est-ce k dire? sinon que, dans les cas od il x a sdrumurie gravis
dique sans Eclampsia, la typhisatior^ urin6mique n'est point telle en-
core qu'elle produise les ddsordres nerveux qui lui sont propres; bien
que Tadult^ration du sang par Turine ait acquis le degr6 qui engendre
les hemorrhagies.

Tel 6tait le tjas do cette dame de Passy que je vis avec mon ami le
D"- 0. Larcher : sdrumurique de par sa grossesse trig^mellaire, tr5s-
infiltree de par sa s^rumurie, elle eut, aussil6t apr5s la sortie de son
troisiSme jumeau, une hemorrhagie uterine que M. Larcher eut la
plus grande peine ^ arrSter. Puis elle tomba peu ^ peu dans un coma
de plus en plus profond, dont rien ne put la tirer, et mouruL le lende-
main de son accouchement. Son aspect etaitcelui d'une femmeatleinte
de maladie de Bright, et le coma ^tait probableraent dii^ une infiltra-
tion graduelle dea meninges, Thypoalbuminose brightique s'etant
brusquement aggravee par Tanemie vraie due h la perte uterine.
Notre malheureuse femme du n° ii, qui etait s^rumurique, eut
^galement, h. la suite de sa ddlivrance, une perte utdrine prolong6e
qu'on arrSta tres-difficilement. L'oedeme des membres inferieurs et la
boufQssure des paupi^res, peu sensibles avanl cette perle, augmen-
Iferent ; puis il y eut de la fi^vre, le foie devint douloureux, et Tictdre,
qui existaife depuis quinze .jours, devint rapidement trfs-intense. En
mhme temps, fait qui d(^montre plus encore la disposition h^morrha-
gique; des ecchymoses se developperent spontanement aux membrea
inKrieurs. Enfln la malade succomba le quatri5me jour apr^ son
accouchement; malheureusement I'autopsie nous fut interdite; de
sortequenous ne piimes voir si, comme j*en etais convaincu, ses reins
presentaienfc une lesion avancee dej^ de la maladie de Bright; ni re-
chercher quel (^tait T^tat de son foie : elle n'avait eu aucun des sym-
ptdmes de Tinfection purulente puerp^rale ; et il 6tait, par cons^
quent, difficile de croire h des abces m^tastatiques du foie; elle avait
du d^lire et une grande agitation, telle qu'on I'observe dans Tict^re
grave; aussi me demandai-je s'il n'y avait pas eu dans le foie, comme
il y avait oertainement dans les reins, Texagr^ration et la perturbation
de la congestion physiologique de la grossesse, cette femme ayant ainsi
simultan^ment typhisation urinemique et typhisation chol^mique.
Mais tout celaest rest^ ^ Tetatd'hypothfise, la verification anatomique
nous ayant 6t6 refus^e.



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428 MEMOIRES OIIKJINAUX.

La deduction pratique immediate de tout ceci, c'est que, lorsque
les urines d'une femme qui va accoucher contiennent une notable
quantite d'albumine, on doit redouter Tabondance comme la prolon-
gation morbide de Th^morrhagie apr5s la ddlivrance, et prendre des
mesures preventives en consequence : donner par exemple 2 grammes
de seigle ergots pendant les dernidres douleurs, afln d'augmenter la con-
tractilite de Tut^rus et dediminuer ainsi la b^ance des sinus au moment
lie Pexpulsion du placenta; c'est, reciproquement, qu'au cas oh cette
Wmorrhagie se produiseet qu'on finisse par en triompher, il importe
d'examiner les urines : on pourra parfois, de la sorte, d^couvrir une
albuminuric jusque-1^ meconnue; que si, maintenant,les urines obte-
nues chaque jour ^ I'aide du cath^t^risme (afln de les preserver du me-
lange avec les lochies qui les rendent artiflciellement albumineuses), si,
dis-je, les urines persistent ^ contenir de Talbumine des reins, et cela
malgre raccouchement, qui aurait dil faire cesser la congestion deces
organes, on pourra, par un traitement convenable et proportionne Ji la
quantite d'albumine contenue dans Turine, par la difete lact^e, le tan-
nin, et mSme les ventouses scarifi^es sur la region lombaire, emp6-
cher le passage de la congestion r^nale gravidique h la lesion brightique
incurable.

Nous venons de voir que I'^lampsieet I'hemorrhagie sont des acci-
dents directement lies h la typhisation urinemique ; mais Teclampsie,
par sa violen^,e et sa duree, pent entralner une s^rie de d&ordres les
plus graves, soit du c6te des centres nerveux, soit du c6t6 des voies
respiratoires.

Pendant la periode subasphyxique qui suit Tattaque convulsive,
une 6norme congestion c6r^braleseproduit, laquelle engendrele coma;
eh bien, pendant cette periode de coma et par le fait de cette conges-
lion, des vaisseaux peuvent se rompre soit dans le cerveau, soit dans
les meninges; ainsi VhemoiThagie cerebrale etV/temon'kagie meniugee
sont des accidents possibles de I'attaque d'^clampsie ; si bien possibles
qu*ils ont et^ realis(?s chez la premiere de mes deux malades de la salle
Sainte-Marguerite : nous trouv4mes, k Tautopsie, une apoplexie-capil-
laire du corps stri6 gauche, ce qui expliqua la paralysie des membres
droits, et une hdmorrhagie meningee, qui rendit compte de la con-
tracture de ces membres.

Maintenant, si vous voulez bien continuer de vous placer avec moi
au point de vue vrai de Teclampsie puerperale, & savoir que la femme



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LE(;ONS SUR L'fiCLAMPSlE PUERPERALE. 429

est alors typhisee, et que les troubles cerebraux qu'elle 6prouve ne
sont que le resultat et Texpression de rempoisonnement urinemique,
vous comprendrez qu'u ce litre, si les convulsions sont le mode
reaclionnel le plus ordinaire de cette forme de typhisation, n^an-
moins le cerveau puisse 6tre trduble dans ses facultes pensantes;
qu'ainsi, dans I'intervalle de deux aitaques convulsives, la femme
puisse delirer. C'est, en eflfet, ce qui est arrive a notre seconde ^clamp-
tique aprds qu'elle eut converse quelques instants avec son mari, et par
le fait (Je Texcitation qu'avait provoquee cette entrevue dans son c^er-
veau de typhiseo. ^lle riait, chantait, tenait des propos sans suite,
repetant frequemment le m^nie mot, qui n'etait pas des plus parle-
mentaire.H. Puis, press^e de questions, elle rovenait un instant & la
raison et disait souffrir de partout. Huit heures plus tard, elle succom-
bait k deux nouvelles attaques d'eclampsie et malgre son accouche-
ment, qui avait eu lieu vingt-sept heures auparavant.

Dire alors que le delire est une complication de Teclampsie, c'est
faire un aussi vicieux raisonnement et se servir d'un langage aussi im-
propre que si Ton disait que, dans la pneumonic , « la toux est une
complication de la dyspn^e, » en considerant celle-ci comme 6tant la
seule maladie, alors que dypsnee et toux sont Tune et Tautre la conse-
quence de retat anatomique actuel du poumon. Ainsi la typhisation
urinemique puerp^rale met tantot la cervelle dans un tel etat anatomi-
que qu'il y a des attaques 6pilepti formes, et tantdt dans un tel autre
^tat qu'il y a du delire.

Mais ce delire est-il celui de la meningite? A voir cette ^norme con-
gestion de certains points des meninges, ce piquetedes circonvolutions
cer^brales a^jacentes, cette diminution de consistance de k pulpe ner-
veuse preposee h Pexercice de la pens^e, il est difficile de ne ne pas
croire que la congestion n'ait pas, dans ces points, pass^ du mode hy-
per6mique simple au mode hyper^mique inflammatoire, en d'autres
termes, qu'il n'y ait point 1^ une phlegmasie. Exagerez cet etat, g^ne-
ralisez ce phenomfene, et vous aurez la meningite puerperale signal(5e
par les auteurs. Mais elle n'est pas, je le repute, et ne saurait 6tre*la
consequence de I'edampsie; elle est une manifere d'etre de la typhi-
sation urinemique , absolument comme Tinflammation des meninges
cerebro-spinales est une expression anatomique materielle du typhus
cerebro-spinal epidemique, mais n'est point toute la maladie.

Ce qui est vraiment une consequence directe de Tattaque convulsive
par le fait du spasme des muscles respirateurs, c'est la stase vascu-



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430 MEMOIRES ORIGlNAUX.

laire dans les poumonSj d'oti la congestion pulmonaire, d'ou mtoe
Vapoplexie pulmonaire. La premiere est constante, la seconde n'est que
la consequence 6ventuelle de la premiere exagdr^e. Nousavons pu voir
Tune et Tautre r^alis^es dans les poumons de nos deux malades.

G'est m6me cette congestion pufmonaire, avec ou sans apoplexie,
qui pent devenir, par son intensite et sa g6n6palisation , une occasion
d'asphyxie, et, par suite, la cause prochaine et toute materielle de la
mort des eclamptiques.

Une malheureuse femme grosse a, je le suppose, 6chapp6 aux acci-
dents imm^diats de son urinemie; Tattaque d'^clampsie s'est favora-
blement termin^e; les ddsordres respiratoires ont cess6; il s'enfaut
bien n^anmoins que cette femme soit horsdep^ril! La typhisation
urinemique n'est plus brusquement redoulable,parce que la congestion
r6nale urinemique est devenue moins gen^rale; mais elle n'en persisle
pas moins, cette congestion, souvent intense en certains points, oii ellc
pent epuiser, latente et insidieuse, la s6rie de ses mefaits : — je veux
dire donner naissance aux lesions de la maladie de Bright.

Chacune de nos deux malades, celle du n<> 24 bis, comme oelle du
n« 4 de la salle Sainte-MargueritQ, nous a pr6sent6 ces lesions rdhales :
chez la premiere, nousavons vu que « les reins 6taient peu volumineux
et trte-anemiques ; la substance corticale pr^sentait Taspect de la chair
d'anguille ou du veau cuit, tandis que les pyramides etaient encore
assez hyper^miees; » chez la seconde, (des reins etaient augmenlfe
de volume; il y avait an^mie de la substance corticale et hyperemie
des pyramides, surtout vers leur sommet; c'^tait la troisifeme forme
anatomique de Rayero (1). Ainsi au casofi ces femmes eussent survecu
h leurs accidents dclamptiques, et qu'on n'etit pas traits leur lesion
r^nale, dej^ si avanc^e, elles eussent infailliblement 8uccomb6 h. la
maladie de Bright classique.

Supposez maintenant que la congestion r^nale gravidique, genera-
trice de ces lesions, ayant ete moins intense ou moins generalisee,
redampsie n'en ait point ete la consequence ;qu'ainsi les femmes aieni
accouche sans encombre, presentant seulement un peu d'inGltfation.
et que, plus tard elles aient eprouve decidement les sympt6mes de la
maladie de Bright: on aurait pu croire que celle-ci etait un accident
purement fortuit, alors qu'elle n'etait que la consequence d'un travail

(1) Observation reoueiUie par M. I'etii.



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LEgoNS sua l'eglampsie PUERPERALE. 431

morbide datant de la grossesse, et qu-on avail neglig^ de trailer parce
qu'on I'avait meconnu.

Cela est si vrai que, dans les details anatomiques du cas du ri" 4,
je vous disais: « L'iDJeclion en de certains points des reins est telle
encore que les veines y sonl distendues par des caillots noirdtres; par
consequent, 1^ encore, il y a de Thyperemie, ce qui permet de supposer
qu'il y a quinzc jours peut-6tre, au lieu d'un melange d'anemie el
d'hyper^.mie, c'^tait une hyperemie generalisee qui existait.)) D'oti
cette conclusion que, si Ton avail alors traite cette congestion par les
moyens convenables (ventouses scarifiees sur la region des reins, tan-
nin et di^te lactee), on aurait pu guerir cette lesion et s'opposer h la
desorganisation du parenchyme ; car ici decoloration ne veut pas dire
anemie simple, mais disorganisation.

Le fait le plus curieux et non le moins lamentable est celui de cette
toute jeune fille de 16 ans, qui succomba, splendide de vigueur et de
sante, k la lyphisation urin^mique, par le fait de forniidables attaques
d'eclampsie.

EUe etait au lerme de sa grossesse, dans le cours de laquelle elle
avail eu une c6phalalgie persistante. Le 22 juin, h deuxheures du ma-
tin , elle est reveillee par Tintensit^ excessive de son mal de t^te, vomit
de la bile h cinq ou six reprises; h huit heures du matin, elle a une
premiere attaque d'^clampsie, el elle succombe le soir m^me, h onze
heures, apr^s avoir eprouv^ Irente-huit attaques convulsives.

ATautopsie, faite avec le plus grand soin par mon interne, M. Petit,
nous IrouvAmes « les rems fortemenl congestionn^s, surlout le droit,
qui pesait 150 grammes, tandis que ie gauche n'en pesait que 137.
Celui-ci pr^sentait un certain nombre de points jaundtres, i limites
mal d^finies, lesquelles tranchaient par leur coloration p&le sur le
fond injects et rouge brunMre du reste du parenchym*; ; deux des py-
ramides ^taient compl5temenl d(5colorees h leur sommet, qui avail
Taspect de la chair d'anguille. » Ainsi, la lesion brightique ^tail arriv6e
ences points h son maximum, la deg^n^rescence granuleuse.

Quelle peul done etre la patlwgenie de la maladie de Bright en ces
cas? Et pourquoi procfede-t-elle ainsi par ilots?

Toute g^n^rale que soil la congestion gravidique des reins^ son in-*
tensity n'est pas la mdme en tons les points; excessive en quelques-
uns, elle y ach6ve plus ou moins rapidement la s^rie de ses d^sordres,
depuis rinflammationjusqu'^ rinflltralion granulo-graisseuse, c'est-
k'dire TinvaUdalion definitive des Elements s^cr^teurs de Turine.



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432 MEMOIUES ORIGINAUX.

En ces points, mis ainsi hor$ de service pour la fonction, lesang
n'afOue plus comme autrefois, ils sont anemies, comme on dit; mais
Tart^re r^nale reste la mSme, bien que sa surface de distribulion di-
minue; elle doit done d^biter en plus aux points resits valides ce qu'elle
distribue en moins k ceux qui sont invalides; par consequent, h me-
sure qu'un ilot renal est atrophi*^, les ilots restants doivent s'hypece-
mier d'autant; en d'autres termes, rhyper^mie rcnale gravidique
aboutit k Tanemie brightique partielle, par desorganisation du paren-
chyme; et cette anemie brightique partielle engendre rhypereniie suc-
cessive des points voisins par afflux derive; laquelle hypercimie suc-
cessive aboutit k Tanemie et h la desorganisation g^n^rales du rein.

C'est ainsi que mourut une pauvre femme que j'observai aux pre-
miers temps de mes etudes m^dicales, dans le service de Chomel,
dirige pendant les vacances par mon ami M. Em pis, alors chef de cU-
nique. En vain, ce judicieux clinicien conjura-t-il, par une tres-abon-
dante saign^e, les accidents ^clamptiques, k la suite desquels la femme
accoucha. Elle n'^taitpas seulement inOltree d'une faQon excessive;
son extreme p&leur, non moins que ses urines albumineuses au plus
haut point, indiquaient assez le degr^ auquel 6tait arrivee sa 16sioa
rcnale : ce n'6tait pas une ^clamptique par urin^mie aigue, c'etait une
brightique atteinte d'oirin^mie. Elle succomba au bout desixsemaines,
quoi qu'on fit, k la maladie de ses reins. A I'autopsie, on les trouva
enti^rement granuleux.

C'est done bien li tort que les auteurs de Traites d'obst^trique d6-
crivent dans des chapitres distincts ici Tficlampsie, )^, la Maladie de
Bright, meconnaissant ainsi la relation qui unit Tune ^ Tautre; ne
voyant pas que Tune et I'autre reprfeentent des phases differentes
d'une m^me maladie des reins, comme d'un mdme trouble fonctionnel,
le pissement du serum, ou albuminurie; Teclampsie n'6tant que Tex-
pression symptomatique d'une congestion aiguS et intense, et la ma-
ladie de Bright 6tant la consequence ultime et definitive de cette
congestion devenue d^sorganisatrice par sa persistance inddfinie et
non trait6e.

Ainsi, plus nous etudions I'^tat puerperal, plus nous voyons sans
cesse qu'il confine k Facte morbide : un peu plus ou un peu moins de
sang, ici oil 1^, et voil^ la maladie constituee. Ce passage frequent et
simple de la sante it la maladie est mtoe ce qui donne Ji I'etude de la
femme grosse un attrait si puissant et k cette 6tude des consequences
si fficondes : J'ai pu, dans la leQon precddente, m'autorisant de la ty-



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LEgONS SUR L'fiCLAMPSIE PUERPERALE. 433

phisation urinemique chez la femme grosse, exquisser h grands traits
une doctrine g^n^raledela pathog^nie des typhus; aujourd'hui, h pro-
posdu mecanisme^galement si simple de la s^rumurie chez la femme
grosse, je ne peux m'emp^cher de vous faire voir comment on doit
com prendre d^sormais ce que Ton a d^crit sur le nom d'albuminurie
et de maladie Bright.

1*» L'albuminurie des auteurs est plus que du pissement d'albumine,
c'est le pissement du s^rum du sang-

Saisissant la presence de Talbumine de ce s^rum dans Turine pa-
thologique, on a cru qu'il n'y avait que cela, et Ton a pris la partie
pour le tout.

Cette premiere erreur en a entrain^ une foule d'autres : meconnais-
sant ainsi Talt^ration de Turine,

D'une part, on a 6t6 chercher dans des ph^nomfenes de dialyse, avec
alteration prealable de Talbumine, ou dans une superalbuminose ab-
solument hypoth^tique, la cause de cette pr^tendue filtration incom-
prehensible de I'albumine;

D'autre part, on n'a pas su voir que ces theories n'expliqueraient
nuUement Talt^ration des reins;

En troisifeme lieu, on s'est de la sorte de plus en plus eloign^ du
seul fait ind^niable et qui rend compte de tout, du symptome s^ru-
murie comme de la lesion r^nale, k savoir : Texc^sde tension desvais-
seaux du rein par congestion de celui-ci (i).

2** La s6rumurie de la grossesse n'est qu'un cas particulier de la s^-
rumurie en general ; d'une part, elle ddmontre, par sa frequence mfime,
le bien fonde de ma th^orie pathog^nique de la s^rumurie {exc5s de
tension vasculaire par pl6thore r^nale), et, d'autre part, elle d^-
montre la piethore g6n6rale de la grossesse, dont elle n'est qu'un cas
particulier.

Ce qui donne un si haut int^rfit h la s^rumurie de la grossesse, c'est
precis^nient qu'on saisit sur le fait la gendse du ph^nomfene : on y voit
comment un fait elementaire et tout mecaniqub, fexces de tension dans
les vaisseaux du rein (par pldthore g^nerale gravidique) produit la
filtration de vive force du s6rum du sang ou m6me du s^rum et des
globules.

D'oii imm^diatement deux rfeultats considerables au double point



(1) Cetie ihtorie est longuement d^velopp^e dans mes logons sur la Sirumuriej t. II
de mes Legons de clinique medicate.

Archives de Tocologie. — jdillbt 1873. . 28



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4?4 MEMOIRES ORIGINAUX,

4e yue de la fmoiim et de IVyone. Au point de vue de la fonotion, la
cessation de la s^or^tion Aormale de Turine ; au point de vue de For-
gane^.la cpAgeatioa de oelui^ci, avec toutea sea oonsequences ult^rieures
possibles,

Le fs^U est done ici ^i&ix autrement simple que dans loute autre al-
buminurie; dans Palbuminurie par exc5s alcoolique, par exemple,
puisque, dans ce dernier caa, Fintervention topique de la substance
irritante rend plus complexe la pathog^nie du ph6nom6ne et plus diffi-
cile sa comprehension, attendu qu'on peut invoquer la disorganisation
prtelab^e ou une Ifeion quelconque, niais certaine, des reins comme
condition ant^rieure et n^cessaire de la flltration deTalbumine; tandia
que, dans ralbuminuriegravidique,les reins son t sains comme lerestc
de I'organisme, rien de local n'est venu en altdrer la texture ; or, Vot-
gane 6tant ainsi intact et la fonction normale, voici neanmoins que,
peu & peu, Vu»e et Tautre s'alt6rent, saas qu'on puisse trouver, entre
ces deux ^tats aain et malsain des reins de cette m^me femme grosse,
autre chose qu'une co7ige$fion, c'est-k-dire un trop-plein vaseulaire;
c*est done le trop ds mig dans les vaisseaux du rein qui, distendant
les vaisseaux et en amincissant les parois(exe6s depression etexctede
tepsion), a permis la filtration du s^rum des parois vasculaires dans
rint6rieur des tubuli du rein ; comme c'est ce m6me irop de sang dans
le^ vaisseaux qui, par sa peraistance, a enirain^ la dystrophie du pa-
renchyme de Torgane (d'oti la deg^n^reecence des epith^uma et des
tubuli), oomme tea exsudats avec proliferation du tissu coi^oDciif in-
terstitiel (d'oii l^an^mie et Tatrophie uUerieure de ce rein nagufere hy-
peremia et hypertrophie).

Mais le fait ei6mientaire^ protopathique, et qui n'est d'abord que
p4iysiologique,-^rexc6a de tension vaseulaire, — nes'arr^e parau
trouble de la fonction et del'organe urinaires ; il engendre, par contre-
coup et necessairement^ des d^sordres de Vorganisme; ee contre-coup,
c'est Tempoiaonnement du sang par Turiiie, qui n'est plus eiiminee
ea quantite suf&aante, et cela alors que oel organisme travailliepour
deux.

De sorte qu'on a, tioalemeat, cot endiialnement morl>id& ii didbut
mdcanique et physiologique h la fois :

Tension vaseulaire du rein par trop pleiB, deoharge du trop plein :
serumurie;

Persista^ce de ce trop plein par absence de secours miedicaJ,per»i8-
tance ^ la ibis de Yhyperemie renale etde Istsemmuvie^



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGfeRE. 435

Persistance de Thyperdmie r^nale, mdfaits habituels de toule con-
gestion persistante : alteration progressive du rein; phlegmasie; ddge-
n^rescence graisseuse; — c'est-^-dire tous les degr^s successifs de la
maladie de Bright, depuis la congestion jusqu'^ I'inflltration granu-
leuse des tubuli ct leiir desquamation ;

Persistance de la serumurie, adulteration du sang pardefaut d'dli-
mination des materiaux de Turine; accumulation deceux-ci, urinemie,
— c'est-ft-dire typhus urinemique et apparition possible de son sym-
pl6me le plus ^clatant, Tdclampsie.

Est-il besoin d'insister main tenant sur la gravity du pronostic de T^-
clampsie puerp^rale? Grave, parce qu'elle est le sympt6me de Tinto-
xication du sang par Turine. Grave, parce qu'elle pent tuer par le seul
fait de son intensity et de sa durde. Grave endn parce qu'elle pent
n'dtre que !e prdlude emodvant d'une maladie de Bright incurable.

Est-il besoin d'insister davantagesur Totilite de Texamen de Turine
chez la femme grosse? puisqu'on pent y d^ceier les premiers indices
du d^sordre fonctionnel,p:enerateurde tous les autres; pr^voir ceux-ci
et les prevenir par une depletion proportionnee h Tintensite du trouble
ronctionnel,c'est-i-direk la quantity d'albuminecontenue dans Turine
examinee, c'est-&-dire h la pl6thore actuelle du rein, laquelle n'est
qu'une fraction de la plethora gdnerale de la femme grosse.

Mais je n'ai pas encore fioi.

{A suivre.)



REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.



Can d^allongement itigu de la Idvre antdrleure du col comme caase
de dy8tocle,parHlrte, ^Eupen.

(Extrait des Archives de Gynicologie, t. VII, p* 552.

Les cas d'allongeraent aigu de la Ifevre ant^rieure du col pendant
raccouchement, h la suite de compression, par suite de son enclave-
mententre la paroi ant^rieure du bassin etla t5te fcetale, et Tarrfit de
raccouchement qui on rdsulte, la tumefaction considerable qui est la
consequence deTobstacle prolong^ de la circulation amenant une ve-
ritable cause de dy«tocie sont extrdmeraent rares. Dans la plupart des



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436 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANG^RE.

livres classiques, cette cause de dystocie est pass^e sous sileace ou si-
gnal^e.seulement en passant.

Scanzoni. (Lehrburh des Geburtshtilfe, 4° ed. vol. 2, p. 206), on
parlant de Thypertrophie chronique de la I6vre anterieure du col
comme cause de dystocie, signale la tumefaction due k Tobstacle, h
la circulation pendant Taccouchement, mais se borne it faire le dia-
gnostic diflKrentiel de ces deux ^tats.

Kilian (Gebttrts Lehre, vol. 2, p. 396), signale la dystocie provenant
de la compression de la l^vre ant6rieure, et cite les observations de
Duclos, et appelle surtout Tatlention sur les cas d'epanchement dans
le tissu du col.

Ilohl (Lehrbuch des Geburtshulfe, vol. 2, p. 508), signale aussi cette
circonstance. Michaelis (Das Enge Becken, 2e M., p. 178 et i79),
qui signale avec soin ce fuit, Tattribue surtout au bassin g6n6-
ralement r^tr^ci. 11 constafe que les dangers qui en r^sulteni sont
multiples (attrition, d^cbirure, arrachement complet de la Ifevre), et
rejette le forceps comme determinant toujours des d^chirures pro-
fondes du col et la rupture du vagin. II conseille la perforation
(N. B. Enfant mort.)

Cazeaux (Traits thferique et pratique des accouchements, 7* 6d. Tar-
nier, p. 7H), parle, comme le signale -ffwfcer (Monarscbrift Greburts-
kund, vol. 33) de cette affection de la fagon la plus detaill^e ; il la d6-
signe sous le nom de tumefaction et allongement de la 16vre ante-
rieure; il en signale la grande rarete et cite 7 cas de Duclos^ Noegeky
Lever et Danyau, Blot en a aussi signale un cas. En tout par conse-
quent 8 cas. Je viens & mon tour en signaler deux nouveaux ex*emples
que j'ai pu trouver dans d'autres auteurs.

i'^ChiarijBraunel Spceth (Klinik des GreburtshulfeundGynoBCologie,
Erlangen, 1852, p. 221), & propos des epanchements sanguins dans le
tissu cellulaire (thrombus) rapportent le cas suivant qui est fort inte-
ressant :



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