William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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a plus de vingt ans, surles indications du Dr Perrochaud. II est courbesur
le plat, et son tranchant n'a pas plus de 3 centimetres.



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CLINIQUE DBS DEPARTEMENTS. 445

has, par une 6rigne implanl6e dans sa masse. II ne s'^coula pour ainsi dire •
pas une seule goutte de sang, soit pendant, soit aprfts la section du p6dicule.
Comme soins cons6cutifs : Bouillon 6paissi avecde la viande rftp^e, laitages
vins g6n6reux, limonade au citron additionn^e de cognac, et, toutes les deux
heures, quatre gouttes de perchlorure de ferdans une cuiller6e d'eau frafche.
Le soir, un demi-lavement avec 2 grammes de chloral, pour procurer un pen
de calme pendant la nuit.

Malgr6 Temploi de ces diff6rents moyens, T^tat g6n6ral ne fit que s*ag-
graver les jours suivants. L'anorexie persista au m§me degr6 ; les syncopes
devinrent encore plus fr6quentes et plus prolong6es ; une sensation tr6s-
p6nible d*6touffement arrachait des plaintes continuelles k la malade ; et, le
30 au matin, M. Perrochaud et moi avions perdu tout espoir de voir quelque
amelioration r6sulter de Top^ration que nous avions pratiqu6e. Une seule
chance de salut pouvait encore fttre tent^e. C'^tait la transfusion du sang,
Apr^s avoir longuement d6battu son opportunity, il fut d6cid6 que cette
ressource- ultimo ne devait pas 6tre n6glig6e, et, en consequence, nous de-
mandAmes, par d^pftche tel6graphique, h. M. Mathieu, de nous envoyer son
appareil instrumental, qui nous arriva le lendemain 3i ,

A quatre heures de Tapr^s-midi, le D"^ Perrochaud et moi trouvions la
malade dans une position absolument d6sesp6r6e, 6trang6re k tout ce qui se
passait autour d'elle, en proie k des syncopes pour ainsi dire continuelles,
mais le pouls encore vigoureux et battant 70 fois i la minute. Tons les pr6-
paratifs de reparation se firent sans qu'elle, en eAt conscience, et m6me
elle ne donna aucune marque de sensibility pendant que, k Taide d'une lan-
.cette, j'incisai les t6guments du bras gauche pour mettre k nu et isoler la
veine m6diane c^phalique assez profond6ment cach^e sous un tissu cellu-
laire infiUr6 do s6posit6. Tout 6tant pr6par6 de ce cdt6, le trocart enfonc6
dans le vaisseau, et la bande k la ligature enlev6e, M. Perrochaud pratique
la phl6botomie ordinaire sur le mari de M"*' S.. , le sang 6tant reqn dans
le recipient 6vase de Tappareil. D^s que les premieres gouttes appurais-
sent k Textr^mite du caoutchouc, j'enl^ve le poingon, j'ajuste les deux
tubes, et la pression de la poire lance une premiere ond^e, immediate-
meat ttuivie de plusieurs autres dans le syst^me circulatoire de la pa-
tiente. Aussit6t elle sort de son insensibility, se redresse un peu, ouvre les
yeux, nous regarde et s'ecrie : « Donnez-moi le hassin^ je vais sous moi, »
Et puis, quelques contractions des muscles de la face, la tdte retombe sur
I'oreiller et la respiration s*arrdte. Les personnes de Tentourage s'eiTorcent de
la ranimer iTaide de flagellation, de sels volatils, de pressions sur le thorax.
M% Perrochaud abandonne k la hAto le bras sur lequel il a op6re, et se pre-
cipite au secours de lamourante.Son premier soin estde placer la tdte dans
une position dedive. Pour moi je continue encore un instant k faire fonc-
tionnerrappareil, de faQon que la quantity de sang transfuse soit environ de
iOO grammes, et je joins mes efforts k ceux de mon confrere, mais tout est
inutile ; nous n*obtenons plus que trois ou quatre mouvements respiratoires
largement espaces, et, moins de deux]minutes aprds. U^^ S... est bien morte.

Tel est le r^cit d'une operation de transfusion du sang que nous



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446 GLINIQUE DES DKPARTEMENTS.

avons era devoir soumettre aux lecteurs de V Union medicate. Les per-
fectionaements apport^s depuis peu h Tappareil instrumental, la faci-
liW d'exfeution de la manoeuvre, et aussi la multiplicity des cas pa-
thologiques qui, a priori^ r^clament I'emploi de ce mode'de traitement,
feront sans doute qu*il ne tardera pas h cesser d'etre une curiosile
experimentale d'amphith^dtre pour entrer dans la pratique usuelle de
la chirurgie. Mais la science des indications, Tappreciation des circon-
stances dans lesquelles il est appel^ h donner des r6sultats heureux
ou d^favorables ne peut 6tre que Tceuvre du temps. Et c'est le devoir
de tons ceux qui ont 6t6 k mtoe de le soumettre au crit^rium de leur
pratique et de leur experience, de faire connaltre quels effets ils en
auront retires. Sur le sujet qui fait Tobjet de noire observation, nous
avons opere in extremis^ mais c'est le plus souvent ii cette pdriode que,
jusqu'ici, la transfusion a ^te faite, et que, dans Tavenir, elle le sera
probablement. Elle a eu pour resultat de Mter une fin inevitable, et
d'abreger, non les jours, mais les heures de notre malade ; par quel
mdcanisme? nous Tignorons compldtement.

L'entrde de Fair dans la veine ne peut 6tre incriminde. On ne peut
accuser non plus le deplacement d'un caillot sanguin, puisqu'il u'y
avait pas phldbite dana les veines du bras, et que, du resie, Vembolie
aurait determine des ^ccideijts cardio-pulmonaire. II faut done cher-
chei* une autre explication, et nous laissons ce soin h des thdori-
ciens plus sagaces et plus ing^nieux que nous-m6me. Est-ce par le
coBur que la mort est survenue, ou bien par le cerveau? Nous incli-
nons vers cette dernifere hypotbfese, en raisoa de Tissue des matiferes
fecales. Mais comment?

Le seul renseignement qu'il nous est peut-6tre permis de tirer de
notre observation, et encore ne le formulons-nous qu'avec beaucoup
de reserve, est celui-ci : que la transfusion est surtout indiquee dans
les cas d'onetn^ ou plut6t d'hypHuie aiguS, c'est -&-dire survenue par le
ikit d'une abondante perte de sang cfui s'est effectu^ rapidement^ et
qu'au contraire, dans les cas d'an^raie aucienne, ou plutdt d^hydrende
chronique succddant k des pertes qui durent depuis longtemps, elle a
moins de chance de r^ussir, si m^e elle capable d'amenef elle-m6me
des aecid^nts prom];^ment mortels.



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 447

REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

ACAD^MIB DB HiDEGINB

Seance du \\ mai 1875



M. le D' P. Menidre (d' Angers) pr^sente, ^ TAcad^Daie un nouveau
dilatateur construit sur ses indications par M. Mariavid.

Get instrument, destine en principe h la dilatation graduelle du
vagin dans certains cas de vaginisme, ^ combattre les Vetrecissemenls
derorificevulvaire, accompagnes ou non de r^trecissements vaginaux,
k (^mousser la sensibilite dans Thyperesthesie, vulvaire pourrait 6tre
avantugeusement employe pour la dilatation forcde du rectum et dans
Poperation de la taille p^rin^ale.

Plusieurscas de vaginisme, dont M. ?• Menifere se propose de pu-
blier prochainement les observations^ ont ced^ h Temploi de ce dilata-
teur, dont le maniement est facile et qui joint k la simplicity du m^ca-
nisme une trte-grande puissance que Ton pent appliquer lentement
ou graduellement.

II se compose: l" D'un manchQ surmont6 de six valves fenS trees h
herds et ^ pointes mousses; chaque valve est mobile &ur une char-
ni^re B ;

30 D'aiift tige A D, de rextr^tmit^ de kiqodle partent six bras de
force qui, tons, s'&rticulent k la face interne de chaque valve ;

3® D'un 6crou ou volant E destine ^ faire avancer ou reculer la tige
A D, et par ce fait6carter ourapprocher les valves par Tinterm^diaire
du bras de force.




L'appareil ferm6 est conique et a 1 centimetre de diamdtre h son
extr^mit^. Ouvert il est cylindrique, et a 4 centimMres de diamfetre.

Get instrument comporte deux graduations. L'unegrav^e sur les
valves indique la profondeur h laquelle il est introduit.

La seconde, h Textr^mit^ D de la tige centrale, mesure exactement
r6cartement de& valves, e'est-^-dire le degr^ de dilatation obtenue.



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448 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE.



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE



Dn rhnmatisme (Manisfestations ^iath^siques traii^es par les eaux de
Plombi^res), par le D** C. Lbclere, ancien interne Hes h6pitaux de Pari?.
Chez Adrien Delahaye.

Gliniqne thermo-minerale de Neris, par le D^ de Ranse, m6decin consul-
tant aux eaux de N6ris, r6dacteur en chef de la Gazette medicale de Paris, —
Premier fascicule, Des indications et des contre-indications des eaux de Neris.
in-8 de 112 pages, chez Asselin. Prix 2 fr. 50.

Mannel d'acconchements comprenant la pathologie de la grossesse et les
* suites de couches, par le D' Carl Schroder, professeur d'obst6trique et di-
recteur de la Maternity k rUniversit6 d'Erlangen, traduit de Vallemand 8ur
la 4« Edition, et annol6 par le D' A. Charpentier, ancien chef de cliniquc
d'accouchements, professeur agr6g6 k la Faculty de M6decine de Paris,
1 vol. gr. in-8 de vni-744 p., avec 15>5 figures intercal^es dans le texte,
14 francs. — Chez G. Masson.

Derinnociiite relative des acconchements chez des primipares ligees, par

le D"^ A. Coccio. 1 vol. in-8®, 1 fr. 50. Chez Adrien Delahaye.

Lemons snr les maladies ctaimrgicales chez la femme, par le D^ Bbrrut.

lr« Leqoti : les hdpitaux et la policlinique. Chez Louis Leclerc.

n metodo di cnra delle FistoleVescico-Vaginaliper reparazione Gradoale.

Studio di Luigi Amabile gi^ Professore nellk regia University di Napoli.—
Napoli-Amministrazione del Giornale II Morgagni.



Le secritaire de la redaction^ girant : Db Sotrb.



l*aris. — Typ. A. PARENT, rue Monsieur-le-Prince, 29 et 31.



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ARCHIVES

DE TOGOLOGIE,



DES



MALADIES DES FEMMES



ET



DES ENFANTS JN"OUVEAU-]S':^S.



MEMOIRES ORIGINAUX



LES LYMPHATIQUES UTERINS

BT
LEUR ROLE DANS LA PATHOLOGIE UTERINE

Par le Dr Jost Lneas-ChampioiiBi^re,

Chirurgien des bdpitaux,
Mombre de la Societe de cbirurgiet



c( On finira par Irouver dans les lymphaliques prolbiids une des
bases les plus vasles de la pathologic positive)) disait Velpeau, et cette
soVte de prophetic du Maitre a deji regu un commencement de reali-
sation, surlout dcpuis le ddveloppement des etudes d'hislologie. On a
trouvedes lymphaliques partout, on a trouv6 leurs Elements caract6-
ristiques au milieu de tous les tissus, on leur d^couvre une physiolo-
gie palhologique d'une importance immense.

En decrivant leur origine, leurs connexions avec les s^reuses, avec
le tissu cellulaire, avec les glandes, on a ouvert une voie nouvelle aux
recberches des anatomistes et des pathologist es.

On a fait laborieusement toutes ces decouvertes sur des vaisseaux
Archives de Tocologie. — aodt 1875 29



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450 MEMOIRES ORIGINAUX.

mal visibles h Toeil nu, de petit calibre, qu'on n'etudiait que par des
artifices sp6ciaux ou h I'aide du microscope.

Un organe pr^sentait pourtant de ces vaisseaux, h un etat de deve-
loppement monstrueux, dans une abondance k peine croyable. Sur
Tut^rus unsysteme lymphatique immense s'offrait h Tobservateur; de
c^tte etude, on pouvait tirer des consequences tres-importantes pour
les lymphatiques en general, et on devait tirer aussi les notions les plus
pr^cieuses pour Tanatomie et la pathologic de I'uterus.

J'ai cherche k d'ecrire certains points de cette anatomie ct ^ faire
comprendre Timportance de ces lymphatiques. Si ,je reviens anjour-
d'hui sur ce sujet, ce n'est point seulement pour la satisfaction de re-
prendre une etude lavorite, mais parce que le temps a confirme le r4-
sultat de mes premieres recherches, et parce que des publications
nouvelles ont et6 faites sur le m^me sujet. Je crois qu'il est n^cessaire
aujourd'huide r^unir tons les faits d'ensemble, d'affirmer, de prouver
la valeur de mes assertions et d'indiquer les progres accomplis par les
travaux des auteursqui ont ecritdepuis moi.

ANATOMIE NORMALE ET PATHOLOGIQUE DES LYMPHATIQUES DE l'uTEHUS.

Jusque dans ces dernieres annees on ne s'occupait gu^re de la pa-
thologic des lymphatiques de Tuterus et encore moins de leur anato-
mie. II en avait pourtant ^t^ question dans quelques travaux remar-
quables; quelques observateurs lesavaient admirablement vus; mais
leurs observations avaient ete negligees.

On parlait beaucoup dans les livres de la phlebite uterine, mais bien
peudeTangioleucite. Toutes les fois que, sur le cadavre d'unelemme,
on trouvait une goutte de pus dans le tissu de I'uterus, on pronongait
le mot de phl^bite, et les choses elaient jug6es. Pendant dix ans queje
parcourus les amphitheatres oh se trouvaient malheureusement beau-
coup de cadavres de femmes mortes d'accidents puerp^raux, je n'en-
tendis gu5re parler des lymphatiques ds Tut^rus.

En 1870 je publiai mon m^moire sur les lymphatiques et la lym-
phangite uterine. Quelques lecteurs m'accus^rent d'exag^ration et de
parti pris, d'autres parmi nos maitres les plus eminents en France etsi
J'etranger, donnerent touteleur approbation k mes conclusions. D'au-
re3 entin furent d'avis que je repetais des choses connues, sans se faire
iaute, toutefois de reproduire des descriptions qui n'ont 61^ faites ab*
solument que dans ce court travail.



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LES LYMPHATIQUES UTfiRTNS. 451

Je n'avais pourtant 6mis la pretention nulle part d'avoir d^couvert
les lymphatiques de Tut^rus pas plus que les lymphangites, mais j'ai
insists le premier sur certains points capitaux de la grosse anatomie
des lymphatiques, et j'ai demontr6 le premier le parti que Ton pou-
vait tirer de T^tude de la lymphangite pour la pathog^nie.

C'est en cela que mon travail, attirant Tattention des observateurs,
leur donnant des moyens precis d'investigation, a pu faire adopter tout
ou partiede mes ideescomme une doctrine nouvelle.

Dans les publications faites depuis ce temps, on pent voir queTana-
tomie des lymphatiques de Tut^rus n'a fait quepeu de progres. Dans
son traits classiqueen 1874, M. Sappey n'a doting quequelques lignes
de description incompletes. Les ouvrages sp^ciaux ont reproduitma
description, et je ne connais gufere que le travail du docteur Gerhard
Leopold de Leipsick, sur les lymphatiques de Tuterus h I'^lat de va-
cuity, qui contienne des faits nouveaux trds-importants.

Nous devonsen direun mot en rappelant qu*il y a dans son travail
deux parties: une description histologique neuve et tr^s-interessanle
et une description des gros vaisseaux qui a confirm^ des faits
connus.

Get auteur a bien montr^ la realite de Torigine des vaisseaux lym-
phatiques sous le p^ritoine, drfns le tissu musculaire, dans la muqueuse
uterine. U y a montr6 la muqueuse riche en espaces lymphatiques
s'ouvrant par des conduits dans descanaux intermusculaires. II a mon-
tr6 que des gaines endoth^liales p^rivasculaires sont remarquables
par leur ^tendue.

Tous ces faits ont 6t6 etudi^s tr5s-minutieusement sur I'uterus non
gravide de la femme et verifies chez dilKrents animaux.

En plus et sur Tanatomie macroscopique, M. Leopold n'a rien de-
montr6 de nouveau. Cequ'il en a dit je Tai dit, soit dans le cours dQ
mon chapitre d'anatomie, soit dans mes descriptions pathologi-
ques.

Malgrd que M. Leopold ait avance qu'on ne pouvait pas etudier
Tanatomie de ess vaisseaux sur des lymphatiques malades, je suis
reste k beaucoup d'egardsplus avanc^ quelui.

J'ai d^crit les vaisseaux plus gros et plus nombreux dans les cou-
ches superficielles du tissu ut^rin, tandis que les grosses veines sont
plus profondes ; je les ai montres plus nombreux au niveau du pla-
centiBi.

J'ai montre leur convergence vers le lieu d'insertion des trompes,



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4o2| MEMOIRES ORIGINAUX.

au-dessous de celJes-ci ; les lymphatiques du col ; rexistence des r6-
seaux au-dessus du cul-de-sac vaginal lateral ; la presence de gan-
glions au voisinage du col, et d autres ganglions souvent dissemin^s
,j usque vers la ceinture du bassin.

J*ai montr6 la disposition en ampoules des gros lymphatiques dans
le tissu ut^rin et dans le ligament large, et j'ai fait dessiner une de
ces ampoules. J'ai montrd le grand nombre des pelits vaisseaux lym-
phatiques qui s'ouvraient sur la paroi de ces ampoules, j*ai montre
que ces ampoules dilatdes par le pus constituaient les poches puru-
lentes de pr^tendus abces.

J'ai insists surtout sur les rapports intimes de ces vaisseaux avec le
peritoine, avec les annexes et surtout avec le tissu cellulaire sur les
parties laterales du col etdu corps de I'uterus. Enfin j*ai indique que
les vaisseaux lymphatiques 6manes de I'uterus offraient des rapports
intimes avec Je detroit sup(§rieur de la fosse iliaque ct meme le tissu
cellulaire de la region lombaire (Voir mon observation 7).

M. Leopold a constats les premiers de ces faits dans ses injections
sur Tuterus non gravide, ce qui ne prouve.pas que mon procede de
recherche fAt absolument mauvais. 11 ne s'est pasoccupe des seconds,
qui ont une si grande importance pour la pathologic.

Enfin M. Leopold doute encore de Texistence des valvules dans les
lymphatiques ut^rins, et moi je les ai prouveespar des injections et jc
les ai dissequees de fagon k les faire dessiner.

•Ilmesemble impossible de'tudier completement le systfeme lym-
phatiquedeTuterus sans se preoccuper de la pathologic qui nous four-
nit de v^ritables precedes d'^tudes anatomiques. On congoit aisement
du reste qu'il en soit ainsi si Ton tient compte de la grande place que
les lymphatiques tiennent dans la vie et la pathologic de I'uterus.
. « Ilssont si nombreux et si volumineux dit Cruiksank, qu'on serait
tente de croire que la matrice n'est qu'un tissu de lymphatiques. »
Est-il possible que leur r61e ne soit pas immense?

Je n'avais pas meconnu toute I'etendue de ce role, et j'avais indiqu^
la plupart des points interessants, gardant toutcfois une juste reserve
sur certaines theories, parce que je manquais de preuves directes.

Depuis six ans, ces preuves sont venues, j'ai beaucoup vu ; d'emi-
nants observateurs ont adopte ma raaniere de voir en poursuivant les
m^mes etudes et les d^veloppant.

M6me des notions d'anatomio pathologiquequeTon avait contestees
sont devenues vulgaires, surtout dans les hdpilaux de Paris, oil on s*cn



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LES LYMPHATIQUES UTERINS. 453

preoccupe dans toutes Jes autopsies ; et on a constate des lesions ^
toutes les ^poques et dans toutes les conditions.

Je puis done affirmer aujourd'hui plus nettement ce que j 'avals
avanc^ et completer sur certains points ce que j'avais ^crit. Aussi,
renvoyant^ mon premier travail pour tous les details, je vais indiquer
d'une fagon gen^rale comment il faut relier entre eux les faits de Tana-
tomie et ceux de la pathologic.

RAPPORTS ET CONNEXIONS DES LYMPHATIQUES. MODE DE DEVELOPPEMENT
DES INFLAMMATIONS PERI-UTERINES GRAVES.

L' uterus constitud par des fibres musculaires peu ou tres-develop-
pees, selon I'epoque h laquelleon T^tudie, forme une sorte de centre
autour duquel s!irradie, si je puis m'exprimer ainsi, toute la patho-
logic uterine. Les tibres qui le constituent ne sont associ^es que par
une gangue de tissu conned if peu abondant. Ilexiste peu de tissu cel-
lulaire dans Tut^rus. Les vaisseaux de Tuterus sont nombreux. Les
veines y sont tout particulierement importiintes et peuvent devenir le
point de depart d'accidents graves.

Les lymphatiques sont innombrables, ils naissent du parenchyme
de Tut^rus, ils naissent du tissu sous-sereux, ils naissent de la mu-
quGiise uterine.

Ces vaisseaux sont remarquables par leur nombre et leurs dimen-
sions. Rampant vers les cdt^s de Tut^rus, pour la plupart dans les
couches superficielles, ils gagnent les ligaments larges. Dans le tissu
cellulaire l^che quienvironne le colde Tuterus, les lymphatiques sont
nombreux. Dans les ligaments larges, on rencontre des petits gan-
glions ; j'ai vu souvent et j'ai fait dessiner. un ganglion plac^ sur le
c6l^et en arri^re du col, au-dessus du cul-de-sac vaginal lateral. Sou-
vent il y a de ce point k la parol lat^rale du bassin une chatne de gan-
glions tr5s-petits.

Au niveau du detroit superieur, ganglions nombreux oil se jettent
certains des lymphatiques uterins.

D'autres vaisseaux tr^s-volumineux suivent le trajet des vaisseaux
utero-ovariens, en se tenant en dehors de ceux-ci. Puis ils rampent
sur le psoas, gagnent des ganglions sur les c6tes de la colonne verte-
brale ; et, suivant des lymphatiques in jectes de pus, on arrive quel-
quefois sur lespiliers du diaphragme jusqu'aux environs de la region
lombairo.



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4o4 M^MOIRES ORIGINAUX.

Nombredeces lymphatiques, surtoutaux angles de l*ut6rus, sont en
connexion immediate avec le p^ritoine.

Des vaisseaux lymphatiques volumineux sont en rapport avec les
annexes, avec la trompe, avec Tovaire. Ont-ils avec ces organes des
connexions plus intimes encore? II ma paru que les lymphatiques de
I'ovaire et de la trompe se distinguent difflcilement des vaisseaux pro-
pres du mtoe groupe ; leur direction est la mfime et probablement
leurs gros canaux sont communs. II serait tr^s-important de verifier
cet abouchement commun des canaux ovariens tubaires et ut^-
rins.

II est tout naturel de penser que les gros vaisseaux peuvent ame-
ner Tinflammation des parties oh ils se trouventdans deux circonstan-
ces lorsqu'ils s'enflamment, lorsqu'ils charrient des mati^rep septiques.
N*est-ce pas la ce que nous voyons tous les jours pour les membres, oh
les vaisseaux sont infiniment moins nombreux et volumineux?

Le seul fait du voisinage permet d'admettre le m^canisme sui-
vant.

AprSs Taccouchementplaies de Tut^rus (placentaires), du col (d^chi-
rures, ulcerations), inflammation des vaisseaux lymphatiques, p6ri-
tonite. Le lymphatique sous-s^reux contamine le p^ritoine. Ou hien
celui qui est le plus profond amfene I'inflammation du tissu peri-ut^
rin, du ligament large, de la fosse iliaque, quelquefois au niveau de la
region lombaire. Le plus souvent dans les autopsies de fi^vre puerp6-
rale, toutes ces lesions sepr^sentent ilafoiset surtoutchezles femmes
qui ont resists queique temps h la violence du mal ; nos observations
en fontfoi. Dans ces cas il est quelquefois tr^s-difficile de determiner
les alterations A cause de ce chaos de lesions qui se sont produiles.

Le simple voisinage suffit pour expliquer cette propagation inflam-
matoire, ce sont des parties trop rapprochees pour ne pas s'associer
dans leur evolution phlegmasique, et cela nous le savons empirique-
ment, nousle louchons.

Mais cela pent ne pas sullire et il est possible, grAce k une hypo-
th^se, d'aller plus loin dans I'explication de ce m^canisme.

L'etude histologique des lymphatiques a fait connattre les origines
des lymphatiques dans les s^reuses, les stomates.'Ne voit-on pas \h
une parents possible entre le peritoine peri-uterin et les vaisseaux su-
perflciels de Tuterusquiexplique suffisamment que le peritoine s'en-
flamme quand ces vaisseaux sont enflamm^s.

II en est de m^me pour le tissu cellulaire, lieu d*origine des lym-
phatiques.



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LES LYMPHATIQUES UTfiRINS. 455

Peu importe du reste cette explication pour le tisau cellulaire et le

4)6ritoine, oh le contact du vaisseau malade est imm^diat et nous sufQt.

Mais il est int^ressant de signaler ce fait h propos de Tovaire et de la

trompe.

Dans ces autopsies complexes, on trouve aussi quelquefois Tovaire
en pleine suppuration, sans qu'il y ait de p^ritonite ^tendue et sans
qu'il y ait d*inflammation voisine annongant une propagation inflam-
matoire. Dans ces cas, on dit que la maladie de Tovaire est primitive
et qu'autourde lui Tinflammation s'est 6tendue.

Ou bien, Ton reconnalt qu'il y a des inflammations de Tut^rus et
Ton juge que Tovaire s'est pris par sympathie.

La sympathie a si souvent disparu devant les progrfes de Tanatomie
que nous ne verrions pas d'inconv^nients h la faire encore une fois
disparaltre.

Pour bien des raisons, il nous semble qu'on a abus^ de Tovarite pri-
mitive. N'est-ce pas en abuser, quand on tient un uterus qui vient
d'etre malade, quand on y voit une plaie, que de chercher ailleurs la
cause du mal?

L'ovaire est un organe riche en lymphatiques, cela paralt assezbien
d^montr^. Son syst^me lymphatique semble 6tre si voisin de celui de
Tut^rus, qu'il se confond completement avec lui apres quelque trajet,
et nous admettrions assez volontiers qu'il sefit par 1^ une propagation
inflammatoirede Tut^rus ^ Uovaire. Cela est d'autant plus possible,
que cette marche retrograde de Tinflammation dans les lymphatiques
est \\n fait av^r^, on en trouve fr^quemment des exemples. R^cem-
ment, dans un des services que j*ai dirig^s, je montrais une femme
qui avait eu une ^corchure au doigt, des ganglions dans Tais-
selle et un abces sur le sein, au niveau des lymphatiques qui vont tl
Taisselle ; de cet abc6s h I'aisselle, il y avait des cordons rouges, durs
et douloureux. Sur Taur^ole, le mamelon et sur le sein lui-m6me, pas



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