William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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tiotements d*oreille. Elle eut des d^faillances continuelles; les extr^mit^s
se refroidirent, le pouls devint petit, rapide, irr6gulier ; I'^tat syncopal
s'accentua. L'abdomen toujours extrfimement douloureux, augmenta sen-
siblement de Nolume et se tendit. Tous ces accidents allerent en augmen-
tant et la mort survint a 1 heure et demie du soir.

Je n'ai pas besoin de dire que pendant tout le temps que dura ce cruel
spectacle, cettc pauvre malheureuse fut entour6e et regut tous les soins
possibles. La sage-femme en chef de I'hfipital. mon chef de Clinique ne l;i
quitterent pas. Pr6venu moi-m^me j'accourus, mais il 6tait trop tard. Ji
mort venait d'avoir lieu et M. de Soyre dans I'espoir de sauver I'enfant
avait pratiqu6 I'operation c6sarienne. Mais celui-ciavait succombeet cette
demiere ressource ne lui fut m6me pas prolitable. 11 etait d^jk tr6s-gros,
car il pesait 3,700 grammes.

Lorsqu'en pratiquant rapidement son operation M. de Soyre eut pen6tre
dans la cavit6 abdominale, il s%'»cou]a i kilocramme de sang avant qu'on
piit inris^l'iilerus.



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38 REVUE CLINIQUE.

Autopsie faite le leudemain 31 octobre, deux houres apr6s la mort. Je dirai
d^abord que les dimensions de ce bassin rachitique ^taient bien colles que
j'avais constat6 deux fois pendant la vie a neuf ans d'intervalle. Lo dia-
m6tre sacro-publien du d^troit sup6rieur offrait exactementl cent.etdemi.

Je retrouve dans la cavit6 p6riton6ale deux kilog. de sang en caillots, ce
qui joint au kilogramme dontil a 616 d6ja parl6, porto k trois kilogrammes
au raoins le sang qui a 6t6 perdu. Je dois dire que ce n'est pas par ^ peu
pr6s que cette quantit6 a 6t6^6valu6e : nous avons pes6, J'ajoute, en outre,
qu'une certaine quantit6 s'est perdue dans les linges ct que je n'exagdre
rien en portant k sept livres la totalit6.

Mais quel vaisseau 16s6 avait pu fournir k une h6tnorrhagie aussi consi-
d6rable? Je ne dois pas oublier de dire que pas une goutte de liquide ne
s'6tait 6coul6e par le vagin. Apr6s avoir bien nettoy6 lacavit6 abdominale,
tous les visceres 6tant en place, on remarquait rut6rus avec sa forme nor-
male et plac6 k peu pr6s sur la ligne m6diane. Sur sa face ant^^rieure se
YoyaJt une incision de 8 ^ 9 centimetres qui avait permis Texlraction
de I'enfant. Comme le d6livre avait 6t6 laiss6 en place, le volume de Tor-
gane 6tait encore assez consid6rable, et s'6levait. par son fond, a deux
grands travers de doigt au-dessus de Tombilic.

Apr6s avoir constate que les gros vaisseaux de I'abdomen 6taient intacts,
je revins k rut6rus et il fallut Texaminer avec soin pour reconnaltre dans
lapartie la plus 61ev6e deson fond, une toute petite solution de continuity
qui n'avait pas plus de 5 ^ 6 millimetres d'6tendue. Je pensais alors que pour
bien 6tudier cette pi6ce dont I'importance se r6v^lait il fallait on fairo
I'ouverture do rint6rieur k rexl6rieur.

J'ouvris largement la matrice en m6nageant le placenta qui 6tait encore
compl6tement adh6rent; puis le d6collant par un bord j'arrivai ^ la solu-
tion de continuit6. Ses adh6rences au tissu ut6rin me parurent partout plOs
fortes que dans r6tat normal, mais elles devenaient surtout tres-intimos k
mesure qu'on se rapprochait de la perforation. L^ dans une 6tcudue & peu
pres circulaire et dans un diam6tre de 3 ^ 4 centimetres, le tissu ut6rin
et le tissu placentaire 6taient presque impossibles k s6parer. L'amincis-
sement de la paroi ut6rine en ce point 6tait tr6s-remarquable ; il allait en
augmentanl tellement qu'au pourtour de la petite solution de continuit6,
c'est k peine si la paroi conservait 1 ou !2 millimetres. Aucune quantite
de sang n'existait entre le placenta et la paroi uterine.

En examinant de plus pr6s, je ne tardai pas k reconnaltre qu'un gros
sinus ut6rin passait en ce point ct que sa paroi externe ou p6riton6ale offrait
une petite d6chirure qui avait compris la partie correspondante du p6ri-
toine. L*existence de ce sinus a 6t6 mise hors de doute par une injection
color6e. D6s ce moment, tout s'expliqua pour moi : je compris que ce vais-
seau, soutenu k sa face interne par le placenta, avait c6d6 du cdt6 de la
tunique p6riton6ale, qui constituait une barri6re bien fragile pour le pro-
t6ger. Ces details anatomo-pathologiques connus, Texplication de la mort
de cette femme ne pr6sente plus aucune difficulte ; une seulo chose pour-
rait etonner, c*est qu'il eiit fallu deux heures et demie pour que ce triste



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REVUE CLINIQUE. 39

resultat se soil produit. On le comprendra, cependanty si on r6fl6chit que
r^coulement n'a pu se faire h. ploin jet k cause de la resistance des parois
abdominales et lacompressionexcrc6epar les organes voisinSjCirconslances
qui ont dft forc6ment mod6rer T^panchement du liquide.

Mais si la source de rh6morrhagie est incontestable, quel 6tat patholo-
gique a conduit a cette singuli^re regression uterine qui amarch6 jusqu'au
point de faire presque disparattre, dans une partie circonscrite, le tissu
propre de Torgane? L'examen histologique de la'pi^ce pouvait seul donner
une solution satisfaisante, et je Tai confix k M. le D' Lateux qui m'a rcmis la
note suivante :

8 L'ut6rus, dont la parol est extrdmement amincie au niveau du point de
la rupture,* pr6sente les alterations suivantes :

« A Texamen microscopique, les fibres lisses prises au pourtour de la per-
foration offrirent quelques granulations graisseuses, et les noyaux allonges
caracteristiques sont remplac^s partiellement par des noyaux ronds ou ova-
laires, laissant apparaltre des granulations par le traitement k I'acide ac6-
tique. Ges noyaux sont group^s par tlots en certains points.

« Au niveau de la rupture, les 616ments histologiques se laissent plus faci-
lement dissocier que dans les regions normales de I'organe. On remarque
en ce point un caillot de fibrine stratifi6e.

« Les fibres lisses prises dans un point 61oign6 de la rupture sont nor-
males.

« Le tissu placentaire, normal d'ailleurs, 6taitconcr6tionn6 dans la partie
profonde de la face foetale correspondant & la rupture. Les vaisscaux de cer-
taines villosit^s pr6sentent quelques dilatations variqueuses. »

Cette observation m'a paru int(5ressante k plus d'un titre, el je de-
mande la permission de la faire suivre de quelques courtes reflexions.
Je ne dirai qu'un mot k Toccasion du vice de conformation que pr^sen-
tait le bassin : Tissue favorable du premier accouchement laissa cette
femme dans une s^curil6 complete quand vint la seconde grossesse.
Cette security fut partagee par le medecin qu^elle appela et qui, ne se
doutant de rien parce qu'il n'examina pas, la laissa pendant pres de
trois jours en travail, expos^e aux dangers les plus serieux, et se con-
lenta de lui administrer du seigle ergots, alors qu'une autre interven-
tion edit 6i6 de beaucoup pr6f§rable. Je ferai remarquer combien il im-
porte de tenir compte des deformations rachitiques des membres inf(§-
rieurs qui colocident presque toujours avec d'autres deformations du
bassin. J'ajoute enQn que ce cas est un nouvel exemple de la precision
avec laquelle on pent, avec le doigt, arriver ^ determiner retendue du
diam^ire antero-post6rieur du detroit abdominal.

Mais I'interet reel de cette observation se trouve surtout dans Talte-
ration insoHte d'une portion du tissu uterin, alteration qui a eu des



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40 REVUE OLIMQIE.

consequences si fatales! Et d'abord, ^ quel genre de lesion avons-nous
eu affaire? Les r^suliats de Texamen histologique indiquent que la
fibre uterine ^tait le siege d'un travail inflammatoire qui en avait d6}k
profond^ment altera la structure. G'est sans doute ace travail, qui durait
depuis longtemps, qu'il laut rapporler la disparition progressive du
tissu propre,disparitionquiavaitcree,dans ce point de la matrice, uno
disposition telle, que le gros sinus qui le traversait n'etait soutenu que
par le p(§ritoine, du c6te du ventre. Du cote de la cavite uterine, 11
trouvaitun renfort beaucoup plus efficace dans le placenta qui etait,
comme on Ta vu, tres-adherent h ce qui restait du tissu de ki matrice.
II ne me paralt pas du tout deraisonnable de suppoeer que ce travail
destructeur avait dd commencer dans le cours de la grossesse prece-
dente. On se souvient, en effet, qu'une adherence contre nature du
placenta rendit la delivrance difficile. La lerame se retablit, mais elle
conserva probablement un amincissement de cette portion de son
uterus. L«e travail inflammatoire ayant recommence u Toccasion de
cette derniere grossesse eut plus lacilement raison de ce qui restait du
tissu propre, de nouveau redcvenu maiade. Pour mon compte, je trouve
cette explication tres-acceptable, et je la pref'ere k I'hypothese qui con-
sisterait h admettre une anomalie dans la situation de ce -sinus, qui se
serait trouv^ exceptionnellement place sous le peritoine. Dans cette
maniere de voir resterait encore h expliquer les modifications pro-
Ibndes que Texamen microscopique a permis de constater dans la struc-
ture des fibres lisses, aussi bien que leur disparition prosque complete
du c6te de la surface placentaire.

Quant h la cause d^terminante de la rupture du sinus et du peritoine,
Je n'h^site pas h la rapporter aux contractions uterines et j'ai & peine
besoin de dire que ce n'est pas parce qu'elles ont 6ie provoqu^es qu'elles
ont eu ce resultat. Les contractions qui se seraient declardes spontane-
ment, si on avait pu attendre le termc de la grossesse, auraient, c(»la
est h peu pres certain, entrain^ les m^mes consequences.

Quoi qu'il en soit, cette observation m*a paru des plus interessantes.
Pour mon compte, je n'avais jamais rien vu dc somblable : le souvenir
de mes lectures ne rappelle rien d'analoguc, et c'est pour cela que j'ni
cru utile de rapporter ce fait avec tons les df^tails qu'il comporte.
.rajoute, en torminant, que la pi^ce pathologique a ete soumise par
moi ^Texamen de mes collegues de la Societe de chirurgie.

Depaul.



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HEVUE CLlNiQUE. M

Vice de conformation da bassin. — 72 henres de travail. — Appli-
cations mnltiples de forceps. — Gr&niotomie. -* Mort.

Le jeudi 10 decembre 1874, h six heures du soir, la femme L .., Ageo de
40 ans, couluri^ro, 6tait amende de Rosny-sous-Bois h la Glinique d'accou-
chemenls.

Celle femmc, tr^s-intelligente et Ir^s-energique, nous raconta ce qui
suit :

Elle a eu d6jkquatre enfants iterme qui sonk vivants (3 fillcs ek i gar-
Qon). Les quatre accouchements furont parfaitement naturels et le travail
m^me n'aurait jamais cxc6de dix heures. II faut ajouter que les enfants
^talent petits.

Devenue veuve apr^s la naissance du quatri^me enfant, elle se remaria.
Bientdt eut lieu une uouvelle grossesse. La derni^re apparition des regies
eut lieu le 8 i^vrior 1874, et bient6t survinrent les ph^nom^nes sympathi-
qnesde la gestation. En dehors de quelques iiaus^es pendant les premiers
mois, il n'y eut aucun accident pendant la grossesse.

Le lundi 7 decembre, k neuf heures du soir, apparurent les premieres
douleurs qui amen6rent imm6dialemcnt la rupture des membranes. Toute
la nuit se passa sans sommeil, car les douleurs ^taient ot assez vives et
fr^quentes. Le mardi matin elle fit appelcr le D' D..., qui constata que I'en-
fant se pr^sentait par lo sommet et pr^vint la parturiente qu'elle avait un
bassin dtroit et que, de plus, Venfank 6tait volumineux. L»i journee du
mardi se passa dans Texpectation, ainsi que la nuit suivante. Les contrac-
tions devenant moins iritenses, le D' D... tenta, le mercredi matin, une ap-
plication de forceps. Get instrument 6tant introduitarticul^, des tractions
tres-fortes furent faites, mais les cuillers lAch^rent prise. Le soir, nouvelle
application de forceps sans aucun r^sultat. Les douleurs furent tr^s-intenses
la nuit suivante, et le jeudi matin, les souffrances de cette femme «^taient
telJes, qu'elle supplia le m^decin de la d61ivrer quand m^me. II tenta en-
core dans la journ6e deux applications de forceps sans pouvoir r6ussir k
extraire Tenfant. G'est alors qu'il conseilla d'amener cette femme k la
Clinique.
A son arriv^e k la salle d 'accouchements, voici ce que Ton constata :
L'6tat g<^neral de prime abord paratt assez bon, la depression morale, si
cooaniun^ment observee dans ces cas, n'existe pas, il y a plutdt unel^g^re
surexcitation, mais le visage est color6, la peau est chaude et s6ehe et le
rM>uls bat 1^0 fois par minute (1). Le ventre est tres-developpe et k travers
Japaroi abdominale se dessinent deux tumeursquioccupent toute la cavity*.
L'une, dure, et qui donne un son mat k la percussion, est constitute par I'u-
lerus qui est incline k gauche ; Tautre, qui siege a droite, est constitute par
1.1 masse intestinale ; par la percussion pratiquee a ce niveau, on obtient



(1) Lesmembres inf6rieurs qui sont le ?iH|[re dp quelques varices prcsen-
tent une leg^ro incurvation.



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42 REVUE CLIiNIQl'E.

une r6sonnance exag6r6e qui indique que leg intestins sont tr^s-distendus
parlegaz.

Bien qu*on n'eiit point admini8tr6 de seigle ergots, il est impossible de
pratiquer le palper, l*ut6rus 6tant pour ainsi dire en 6tat de contraction
permanente.

L' auscultation fait entendre les battements du cffiur de I'enfant k droite
do la r6gion sous-ombilicale. Mais le rhythme des bruits du coeur est profon-
d6ment troubl6, de plus ces derniers sont tr^-lents.

Par le toucher vaginal on arrive tr^s-faclleraent sur le sommet, mais il
existeune bosse 86ro- sanguine tellement d6velopp6e, qu'il est extr^mpmont
difficile de distinguer les sutures et les fontanelles; cependant on croit re-
connaltre les caractdres de la fontanelle post6rieure h droite, surtout en
touchant avec la main gauche (1).

M. le professeur Dopaul, aprds avoir fait administrer du chloroforme i la
malade,(ltune application de forceps; apr^s quel ques tractions 6nergiques res-
ides sans oft'ot, on constata que les bruits du coeur du foetus ne s'entendaient
plus. Alors, sans retirer I'instrument, la t^te 6tant toujours saisie cnti e les
cuillers, M. Depaul pratiqua lacrAniotomie k I'aide des ciseaux de Smellie.
Bient6t la substance c6r6brale s'6coula en grando abondance, les manchos
du forceps furent alors rapproch^s et maintenus ^ I'aide d'un lacct, alin
d'augmenter la compression des cuillers sur la t6te, puis quelques fortes
tractions suffirent pour extraire Tenfant. Ce dernier, du sexe masculin, pc-
sait, sans substance cer6brale, 2,920 grammes.

La d61ivrance fut naturelle. Imm6diatement aprSs I'accouchement, M. De-
paul pratiqua le toucher mensurateur et trouva que le diain^tre sacro-sous-
pubien mesurait environ 10 centimetres.

La malade se reveilla bient6t et fut tr6s-heureuse d'etre d6livr6e.

La nuit fut calme.

Le lendemain matin 11 d6cembre, T^tat g6n6ral paraissait aussi satisfai-
sant que possible; le ventre 6tait souple et pen douloureux a la pression.
Le pouls 6tait h 96 et la temp6rature k 38°. Les membres inf6rieurs seuls
semblaient 6tre paralys6s au point de vue de la motility; la sensibility 6tait
conserv6e. La miction n'ayant pas eu lieu, on pratiqua le cath6t6risme ;
i'urine extraite 6tait normale. — Traitement: Potage, bouillon; eau vi-
neuso pour boisson ; lotions avec Teau de guimauve sur les partie g6nitalcs
oxternes qui 6taient I6g6rement oed6matiees.

Le soir, m6me 6tat. — Pouls 104. Temp. 38«>56.

Le 21. Ala visite du matin, r6tatg6n6ral est moins bon; il n'y a pas eu
de sommcil pendant la nuit; le ventre est ballonn6, tr6s -sensible, surtout
k droite; la peau est tres-chaude. — Pouls 120. Temp. 39°. — Traitement :
8 sangsues au niveau de la fosse iliaque droite; onctions sur le ventre avec
la pommade belladonee ; cataplasmes en permanence. — Potion avec 2 gr.
alcoolature d'aconit ; bouillon et lait.



(1) II s'6coule du vagin un liquidc 6pais et verdAtre constitu^ principale-
ment par du meconium.



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REVUE CUNIQUE. 43

Le soip. Douleurs tr^s-viyes dans toute lar6gion abdorainale ; m6t6orismo
lpe8-prononc6 ; soif intense. — Pouls 140. Temp. 40©, 5.

Le 13. A la visile du matin, mdme 6tat. — Prescription utsuyra.

Mort le 14 ^ une heure du matin sans d6lire, rintelligence est resl6e
intacte jusqu'au dernier moment.

Autopne, — La cavit6 abdominale 6tant ouverte, on aperQoit les intestins
tr^distendiis par des gaz. Le p6ritoine est parfaitement sain. On observe
soulement une certaine vascularisation surtout au niveau de la 86reuse pa-
rifetale.

L'utdrus est r6tract6, assez volumineux, mais sons l^ion apparente. In-
cise dans toute sa longueur, on trouve la face interne tapis^e par une ma-
ti^re putrilagineuso d'une odeur infecte. Pas traces de pus dans les vais-
seaux.

La vessie est normalo et ne contient que trds-peu'd'urine.

Le vagin pr6sente deux parforations lat^rales et offrant h pou pr^s la
. mSme forme et les mdmes dimensions. Elles si6gont au milieu du conduit
vaginal; elles sont circulaires et raesurent environ 2 centimetres de dia-
m^tre. Les hords sont nets comme si on avait enlev6 un disque de la parol
vaginale k I'aide d'un emporte-pi^ce, jnais ^ ce niveau les tissus sont noi-
ritres. II est tr^s-diriicile de dire si ces lesions ont 6t6 produites par le for-
ceps ou par suite de la compression prolongi^e de la t^te du foptus.

Tout letissu cellulaire pelvien est intiltre de pus 6pais et verdAtre. II en
estde mfime pourle tissu cellulaire sous-p6ritoneal. On trouve du pus col-
lects dans toutes les gaines des muscles de la puroi abdominale aussi bien ^
la region posterieure qu'^ la region anterieure.

Le foio est gros, muis il n'ost pasle si^ge d'abc6s m^tastatiques.

Les poumons sont sains ainsi que les autres orgunes.

Le bassin mcsur6 donne les dimensions suivantes :

Diamdtre sacro-sous-pubien 10 c.

Diam^tre promonto-pubien minimum. .. . 8 c. 7 m.



&slamp8ie ; morsare profonde de la langue, suffocation et nort ra-
pide caasde par le d^veloppement 6norme de cet organe. —
Operation cdsarienne qninze minutes apr^s la mort de la m^re '
extraction d'un enfant mort, par M. Bailiy^ professcur agrege.

Mme X..., commernante du quartier dos Halles, 30 aus, fcmme sanguine
fl3 la plus grande vigueur et de la plus belle sant6, deja mere do trois en-
fants n6s tr6&-lacile"ment, 6tait parvenue k la lin du huitiemo mois d'une
nouvelle grossesse, lorsque, dans la nuit du 24 au 25 fdvrier 1869, elle sc
sent prise assez subitement d'une sensation lr6s-sensible d'^toulTement,
avecc^/phalalgie intense et contraction kl'^pigastrc. Ces malaises formaient
les prodromes d*une 6clampsie dont elle 6prouve la premiere attaque k
quatre heures du matin.

Les reuse igne me nts fourais par rentourage sur les symptumes de cette
attaque ne perraettent pas Ic moindre douto sur sa nature. A sept heures du



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U UEVUt: CLINIQIE.

matin, on m^appelle pr6s de la raalade ; elle venait d'avoir un second acc^s.
Je mo rends en hAte a son domicile, mais dej^ M. le D*" Dupuy (de Frenelle),
plus proche voisin et mand6 en mSme temps que moi, m'avait precede.

J'appris de mon confrere qu'au moment de son arriv6e, Mme X... rondnit
en iibondance, par la bouche, du sang qui provenait d'une plaie siture sous
lalangue et qu'avait produite unc morsure de cet organe pendant I'acc^s ;
qu*en outre Mme X... etait a ce moment d'une grande pAleur, dans un etat
demi-syncopal, et que le pouls, tr6s-faible, avait une frequence conside-
rable.

Au moment de mon arriv6e la malade avait repris connaissance ; son
visage 6tait plus colore, et elle pouvait articuler quelques mots. Le pouls
restait frequent et unpen mou.En consid6rant la malade, je fus frappe d'un
certain air d'h6b6tude cause par le vague, I'indecision du regard, et parl'^car-
tement des mAchoiros, entre lesquelles faisait constamment saillie rextr6-
mit6 de la langue, dont le bord arrondi, epais, pr^sentait une lividite toute
particuli^re. De cbaque commissure labiale, du sang de couleur tbnc6e et .
d'apparence veineuse s'6coulait en bavant. Du reste pas d'oppression k ce
moment, et, en pressant sur la face supe;rieure do la langue, on la laisait
rentrer ais6ment derri^re les arcades dentaires sans determiner de g6no
respiratoire.

En soulevant la langue, on d^couvrait en avant du frein un large sillon
transversal occupant toute la largeur et le quart au moins de T^paisseur do
Porgane. Je n*ai point vu de jet art6riel s'en 6chapper pendant mon examen,
mais une nappe abondante de sang veineux.

M. le Dr Dupuy, qui avait commenc6 k s'occuper de la malade, insinua
dans la plaie, sous mes yeux, une iorte m^che de charpie imbib6e de per-
chlorure de fer qui suspendit ou, du moins, mod6ra beaucoup I'hemor- -
rhagie.

Aucun ph6nom6ne de travail. La malade n'a accuse aucune colique, au-
cune douleur lombaire. En touchant, je trouve le col encore long, son canal
permeable, et, en y portant le doigt, j'atteins une partie foitaJe dure et
mobile, qui paratt bien etre la tete. Preoccupe de la gravite d'un tel etat,
j'ai le regret de n'avoir pas k ce moment constate par I'auscultation si Ion-
fant vivait ou non.

En r6sum6, nous nous trouvions, M. Dupuy et moi, en face d'une femme
enceinte albuminurique (Panalyse des urines nous I'a prouv6), parvenue
au huiti6me mois de sagrossesse, et prise, a la suite de prodromes trds-ca-
ract6ristiques, de deux acc6s d*6clampsie survenus k trois heures d'inter-
valle, dont le dernier avait produit une morsure profondc de la face inf6-
rieure de la langue, avec h6morrhagie abondante causee par la division des
vaisseaux sublinguaux, et une tumefaction d^jk considerable de Torgane.

M. le D' Dupuy ayant cru /devoir se retirer apr^s mon arriv^e, me sachant
le m6decin de la famille, je rostai seul pendant quelques instants pr^s de
la malade, qui ne perdait plus de sang, et, ne pr6voyant chez elle d'autro
accident que le retour possible d'une nouvclle attaque, je m'^loignai quel-
ques instants pour aller prendre chez moi le? instruments qui pouvaiont



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HEVCE IILIMOUE. V*

devenir necessaires, a uu moment donn6, pour terminer cet accouchement:
mais auparavant j'enseignai a la garde a repousser la langue derri^re lea
arcades. dentaires avec le bord lendu d'une serviette, pour le cas oh une
nouvelle attaque surviendniit en mon absence, et r6p6tai plusieurs foissous
ses yeux cette petite mancEuvre, sans que la malade en ait ^te aucune-
ment incommodee. Je sortis done et, sur ma route, m'arr6tai pendant dix
minutes environ chez une sagc-lemmc de mon voisinage dont je d6sirais
m'aasurer le concours pour le cas ou, les accidents convulsiis venant a se
prolonger et a n^cessiter une operation, il eiit 6t6 n6cessaire d'avoir k ma
disposition un aide plus exerc^ et plus utile que ne pouvaitl't^tre une garde
ordinaire. A peine arrive chez moi, on vint de nouveau n>e chercher en toute
h4te pour Mme X..., qui se mourait, me dit-on. Je lis toute la cel6rit6 pos-
sible, et, rendu dans la maison, les mots trop tard m'accueillirent. EnetTet,
il n'y avait plus a en douter, la malheureuse I'emme etait morte. Les l^vres
coDservaient leur couleur livide, et de la bouche ouverte s'echappait une
portion considerable dune langue violacee, dure, et que -eon volume euorme
ne permettait pas de reduirc en entier dans sa cavite naturello.

Les details suivants me sont alors donnes par une des personnes qui 6taient
pr^sentes a cette scene lamentable. Apr6s mon dt'part, rien de particulier
ne s'etait d'abord produit. La malade n'^prouvait ni souffrance ni aucun de
ces symptdmes qni sont le prelude d'un nouvel acces. Elle avait m^me ar-.
ticule assez distinctement quelques mots, et fait savoir a son entourage
qu'elle ne se trouvait pas trop mal; puis, quelques minutes apr^s, portant
la main a son cou : « C*est ici que c^ me tient, » dit-elle, et presque au
m^me instant elle commence a s'agiter, se soul^ve sur son lit, en portant la
iDain k son cou, et rcnverse la t6te sur son oreillcr. La garde s'empresse
alors d'abaistrer J a langue comme je le lui avais enseigne, mais d6ja
MmeX... 6tat morte.

Quand j'arrivai pr6s d'elle la mort remontait a dix minuies environ.
.Apres avoir recueilli ces renseignements, et sans plus attendre, je portai
mon attention sur le ventre; j'auscultai avec attention; des bruissemenls
divers frapperent mon oreille, et il me sembla, au milieu d'eux, distinguer
quelques pulsations cardiaques. G'est alors qu'avec le consentement du
niari je pratiqu ai scul et tout de suite, k travers la parol ut'iro-abdomi-
nale, une ouvcrture par laquelle je retirai un enfant de sept a huit mois de
vie intra-uterine, qui malheureusement no donna aucun signc de vie. Une



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