William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Neanmoins, on voit malheureusement trop souvent encore, dans la
grossesse gdmellaire, des accoucheurs tres-exp^riment^s ne recon-
naltre la presence d'un second enfant dans I'ut^rus qii'apr^s Texpul-
sion du premier. Lorsqu'il s'agit de la grossesse tri-g^mellaire, le cas
devient plus embar'rassant : parvenir k Taide de Tauscultation it bien
degager le double battement de chacun des trois coeurs des foetus, k
bien limiter le point precis de cbacun des maximum, h differencier le
manque de synchronisme qui doit exister entre chacune des trois re-
volutions cardiaques^n'est pas chose facile, je pourrais dire possible.
On comprend que pour reussir ^ constater, ^ travers la paroi abdomi-
nale, les trois foyers independants des impulsions des coeurs, il faut
plus que de Thabilete d'oreille, il faut encore qu'il existe entre Ten-
ceinte uterine et les plans fcetaux, des rapports de presentations et
de positions qui doivent se realiser bien rarement.

Dans la lutte pour Texistence, qu'elle soit intra ou extra-ute-
rine, il y a toujours des opprimes. L'un des irois foetus, repousse
par les deux autres, chasse par eux des lieux d'eiection et rejete au
second plan, echappe h Taire du stethoscope. Dans le cas souvent cite
de Nffigele (ils, Tauscullation ne revela pas la nature de la grossesse,
et ce ne fut qu'apr6s I'expulsion d'un premier foetus, que eel accou-
cheur put acquerir la certitude que I'uterus en contenait encore deux
autres. Je n'oserais afflrmer que Rousset de Bordeaux ait eu la pre-
tention d'avoir reconnu,^ I'aide deTauscu Ration, quelques jours avant



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GKOSSESSE THI-GEMELLAIRE. 4t)7

le travail, une grossesse tri-gemellaire chez la femmequ'il accoucha el
donf j'ai parle; mais j'ai commeun vague souvenir d*une conversation
dans laquelle il ra'aurait donn^ le tail comme certain. Quant au cas qui
m*esL personnel, je puis dire qu'il n'a pas un seul moment fail naltre
en mon esprit Tid^e d'une grossesse ^ trois produits. Frapp^ tout d'a-
bord par le d^veloppement excessif du ventre, par son elargissement
lateral, j'inclinai, comme on le sait, vers la pensee d'une grossesse g6-
mellaire; mais en poursuivant mon examen, n'ayant pas constats le
sillon longitudinal de Mauriceau, ne pouvant r^ussir par la palpation
k atteindre la moindre partie foBtale,Pauscultation ne me faisant enten-
dre ni souffle uterin, ni bruit du cceur, je dus, en presence de ce ventre
silencieux qui ne laissait deviner aucun de ses secrets, rejeter cette
idee. Le toucher m'avait appris que le fcetus ^tait petit, qu'il etait reste
mobile, quoique deja descendu dans Texcavation, je trouvais 1^ des
raisons suflisantes pour diagnostiquer une grossesse simple avec hy-
dropisie de Tamnios. L'hydramnios me donnait I'explication de I'enorme
distension du ventre ; et, comme je me flgurais le fa3tus perdu dans
uno atmosphere deliquide dont les couches superposees I'^loignaient de
la paroi uterine, je comprenais pourquoi la main qui palpait n'allait
pas jusqu'^ lui, pourquoi Toreille qui ecoutait ne pouvait recueiilir les
bruits que le cceur frappait. J'etais dans Terreur ou plul6t dans une
demi-erreur. La grossesse 6tait tri-g^mellaire, mais Teau qui s echap-
pait apres chaque rupture des membranes et chaque expulsion de foj-
tus ne m'a laiss6 aucun doute sur I'existence d^e Thydramnios.

Voi]^ vingt-neuf jours que Mme D..., est accouch^e. Elle n'a pas eu
le plus petit mouvement febrile, pas la moindre tranchee uterine ; son
lait est abondant et elle nourrit momentan^ment ses trois filles. Celles-
ci envelopp^es de ouate, cern^es par des cruchons d'eau chaude, tetant
tant bien que mal, cherchent k se cramponner k la vie. Y reussirort-
elles?

((Montaigne eHi dit : que sais-je? et Rabelais peut-etre.»



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16S MEMOIRES ORIGINAUX.



DU SER[CEPS ET D'UN NOUVEAU TRAGTEUR
OBSTETRICAL.

Par M. Ic docteup Poullet(l}.



Je publiai, il y a onze ans, un memoire sur la rupture aes articula-
tions du bassin pendant raccouchement. Ce travail m'avait et6 sug-
gere par mon maitre le D' Delore, h la suite d'une autopsie de femme
morte dans son service h rH6tel-Dieu, et pr&entant des ruptures
articulaires faites h la Charit<5 pendant un accouchement au forceps.

C'6tait alors le plus beau temps des luttes ardentes suscitees par la
methode des tractions mecaniques; je fus ainsi m61e incidemment a
ces discussions passionndes sur la mecanique obstelricale, et j'ai de-
puis lors cherchd dans cet ordre d'idee, quelque chose qui pAt, si c'est
possible, faire mieux que le forceps.

Pour raccouchement laborieux, la science a, pendant ces deux der-
niers sifecles, armo la main du chirurgien de moyens puissants et
qu'on est tout d'abord tent^ d'admirer sans reserve. Cependant, un
sentiment p6nible pent surgir h Tesprit en pensant h la rigidity du
forceps. On pent redouter le contact violent de cet acier sur la t6te
delicate quMl vient saisir; et, dans les cas vraiment difticiles, quand,
apr^s des efforts prolong^s, on n'amfene qu'un enfant mort ou mou-
rant, on en vient & regrettercette ndcessite de recourir h la tenaille de
Chamberlen.

J'ai pens6 souvent alors i un moyen plus souple, moins meurtrier,
qui nous permette d'dtreindre sans contondre, et de tirer sans meur-
trir cette t6te d'enfant.

Paire des accouchements avec un instrument completement souple,
tel est le but que j'ai poursuivi.

Mais s'il y a loin de' la coupe aux levres, quelle distance n'y a t-il
pas entre nne id6e th^orique et ses moyens pratiques de realisation?

J'ai fait tisser des 6toffes, je les ai essayees, sans pouvoir les placer
tout d'abord, bien enlendu; je les ai modiQ6es, essayoes de nouveau,

et enQn je puis dire que j'ai atteint le but.

I ■ ■■ .■.■■■■■,

(1) Ce m6moire a 6t6 lu k la Society de chirurgie dans sa seance du 7 avril
et renvoy6 a Texamen d'une commission compos6e de MM. Gueniot, Blot
et Polaillon. — II est extrait du Lyon medical (1875}.



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. DU SERICEPS. 469

Le 9 juin 1874, TAcad^mie de m6decine accusait reception d'un pli
cachetd renfermant la description du nouvel instrument.

Le 15 aoAt suivant, je faisais avec succ^s mon premier accouche-
ment k Taido de ce tissu.

Apr^s un second succes, je faisais, le 31 aodt, une communication
h la Socidle nationale de medecinc de Lyon. J'ni eu depuis occasion de
montrer ce tissu en tbnction aux Dr« Delore, Vinay et Reboul.

Le 1*^' mars, je faisais avec cet instrument mon huiti^me accouche-
ment devant le D"" Reynaud, qui m'assista et publia cette observation
dans le Lyon medical du 28 mars 1875.

Le 6 avril, le professeur Depaul voulut bi6n entretenir TAcad^mie
de m(§decine de ce nouvel agent obstetrical, ainsi que du tracteur qui
fait Tobjet de la seconde partie de ce memoire.

Le'ddsir de faire les accouchements h Taide d*inslruments souples
est tenement naturel, qu'il doit s'^tre ofTert k Tesprit du premier ac-
coucheur. Aussi retrouve-t-on dans la science quelques tentalives failes
^ diverses dpoques pour obtenir ce r^sultat.

Mauriceau a, le premier, il y a deux cents ans, 6mis I'id^e d'une
esp^ce de fronde en 6toffe; beaucoup d*auteurs ont depuis parl6 de la
fronde de Mauriceau, mais sans dire que cette idee, purement specu-
lative, n'a jamais &16 appliqute ni par Mauriceau ni par aucun autre.

Amand, en 1714, publia la description d'une coiffe en fllet qu'il a
port^e dans la matrice pour en retirer une t^te rest^e seule apr^^s la
d^troncation. Ce filet ^lait port6, k Taidc de la main tout entifere, sur
la t^te qu'il devait ramener ensuite.

II y a cent ans environ, le docteur anglais Mead imagina une anse
d'^toffe qu'on essayait d'insinuer, h Taide d'une baleine, entre le men-
Ion et la poitrine.

Ce nouveau genre de filet est d^crit avec soin par Smeliie; cet au-
teur essaya, pendant plusieurs annees, d'uliliser ce moyen, et, n'y
ayant jamais r^ussi, il condamna instrument comme ne remplissant
pas son but.

Je me suis procure les gravures representant ces deux derniers
instruments, c'est-^-dire le filet de Pierre Amand et le filet du D"" Mead.
Je tietis ces gravures, tout k fait authentiques, ^ la disposition de ceux
de mes confreres que cela pourrait int^resser. Elles d^montrent qu*il
n*y a pas la moindre analogic cntre ces deux instruments et celui que
je viens proposer aujourd'hui.

Depuis Smeliie, on ne trouve, dans les ouvrages des accoucheur*,



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470 MEMOIRES ORIGINAUX.

aucune tentative nouvelle, et les simples allusions, faites dans nos
classiques au Olet des anciens, temoignent, du reste, assez que ces
essais dtaient restes st^riles.

Je puis done affirmer, sans crainte d'etre dementi, que, jusqu'k ce
jour, il n*existait aucun moyen souple capable de prendre la tSte enga-
gee dans le bassin et d'exercer sur elle des tractions sufflsantes pour
terminer Taccouchement.

Quelque faible que soit son penchant pour le n^ologisme, on est
oblige de designer par un mot nouveau un instrument qui n*a pas
encore de semblable. Je pensais d'abord Tappeler tracteur-soie ; mais
je crois prefi^rable le mo\.' seincepSyA&nv^ des mots latins, sericum; soie,
et capio, je prends. Ge terme viendra se joindre aux mots construits
de m6me : forceps, leniceps^ retroceps.

Description, — Le sericeps est compose : 1° d'une bande d'etofle
longue de 25 centimetres; 2<» de quatre rubans ins^r^s k cette bande
sur tout son bord inferieur. Ces quatre rubans sont, par une de leurs
extremit^s, adherents k la bande transverse, et, par Tautre extremity,
ils se r^unissent deux k deux pour constituer deux anses.

La bande transverse est destin^e k ^tre ^tal^e autour de la I6te
foBtale; ses duux extr^mit^s sont reliees par des cordons de soie lac^s
d'avance dans des ceillets. Ces cordons sont completement rel&ch^s
pendant qu'on 6tale T^toffe ; puis, lorsqu'elle a ^le bien plac^e autour
de la tMe, il suffit de serrer ces cordons pour fermer le cercle qui
6treint ainsi TovoTde crdnien. Si ce cercle a 6te port^ assez haut sur cet
ovoide, il en ^treint une zone d'un diametre moins considerable que
le diamdtre central ; or, si la bande d'^toffe est inextensible et qu'on
tire sur les deux anses de rubans implant^es sur tout le pourtour de
ce cercle, celui-ci ne pourra descendre sans que I'ovolide cr^nien soit
entralne devant lui.

Tout cet appareil est tiss^ ad hoc par un metier de Tinvention de
I'auteur; on ^vite ainsi les coutures et on assure le maximum de soli-
dite. ,

La bande transverse et les rubans sont tisses en double ^toffe, de
laQon k constituer des gatnes semblables k des doigts de gants. L'ap-
pareil entier ne. pent, du reste, etre mieux compare qu'^ un gant
d*6toile qui n'aurait que quatre doigts reunis deux k deux en deux
anses, en supposant toutefois que ce gant n'aurait pas I'ouverlure o^
I'on insinue ordinairement la main.



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DU SERICEPS. 471

G'est dans ces galnes que doivent glisser les tiges m^talliques des-
tinies k ^ever tout Tappareil entre la tSte et Tut^rus. Ces tiges ne
sont autre chose que des branches de forceps en miniature que Ton a
faites assez minces et assez ^lastiques.

Je me sers ordinairement de trois de ces branches pour Clever trois
points du cercle : un en arri^re, et deux sup les c6t^s de la t6te.

Ces trois branches, plac^es dans leur gatne d*6tofIe, sont superpo-
s^es pour les entrer dans la vulve jusque entre la t6te et et le sacrum;
ainsi superpos^es, elles n'ont pas k elles trois un volume plus consi-
derable qu'une seule branche de forceps ordinaire.

On s6pare ces branches lorsqu'elies sont arriv^es prfes du promon-
toire.

La branche post^rieure reste en arri^re oil on la pousse h une hau-
teur sufflsante; les deux autres sont conduites, par un l^ger mouve-
mentde rotation, sur les cdt^s de la t^te; puis elles marchent h la ren-
contre Tune de Tautre, en avant de la t^te, au-dessus des branches du
pubis.

Les cordons sont ensuite serr6s pendant que les branches m^talli-
ques sont encore dans leurs gatnes.

Les cordons convenablement serr^s, la t^te est prise, et on n'a qu*^
retirer les trois tiges m6talliques, celles-ci reviennent, en laissant en
place retoffe qu'elles ont port^e adtour de la t^te foetale.

Si la t^te est tr6s-volumineuse, la longueur de la bande d'^toffe, qui
est de 25 centimetres, ne suffira pas pour en contourner toute la cir-
conf6rence, et une certaine longueur des cordons compl^tera le cercle.

Si la t6te est petite, r^tofle sufflra, et les cordons pourrdnt 6tre
serr^s k fond sans resistance.

Enfin, si les branches avaient ^t^ port^es trop haut, au niveau du
menton ou du cou de Tenfant, on serrera k fond les cordons, sans que
retoflesoit tendue, et cellc-ci redescendra un peu lorsqu'on tjrera sur
les rubans. Elle redescendra jusqu'^ ce que le cercle d'etoffe soit tendu
sur Tovolde cr&nien; c'est ordinairement sur un point de la face que
s'effectue la prise. Je pourrais appeler cercle sous-occipito-malaire la
ligne qui est ordinairement saisie par le s^riceps.

Ce cercle constitue une excellente prise, car au-dessous se trouvent
les bosses occipitales et les bosses sourcilieres, qui forment des reliefs
sufiisants.

J'ai place cet appareil dans huit accouchements; je dois avouer que
cette manoeuvre est un peu plus difflcile etsurtout un peu plus longue



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472 MEMOIRES ORIGINAUX. .

que Papplication du forceps, je la crois cependant h la porl^e de tous

les accoucheurs qui voudront bien s'y exercer.

Cet instrument offre-t-il des avantages suffisants pour qu'on ap-
prenne h s'en servir? Je n'h^site pas k r^pondre par raffirmative; je
suis convaincu que, dans tous les cas ou on aura des tractions ^ner-
giques ^exercer, surtout au d^troit sup6rieur, les^riceps diminuera le
chifTre de mortality des enfants, tout en m^nageant mieux les parties
maternelles.Cetteassertionn'estpas encore demontree par une statis-
tique, que Tavenir seul pourra fournir. J'essaierai done seulement, au
point* devue tWorique, d'esquisserun parallfele necessairement incom-
plet enlre le forceps et le s^riceps :

• Au point de vue du volume, le grand forceps bris6 du professeur
Pajot pfese plus de 800 grammes; Tinstrument m^tallique qui serih
placer mon etoffe ne p6se que 250 grammes; c'est done une (^paisseur
bien moindre de m6tal k glisser entre la tSte et Tut^rus. Mais surtout
r^toffe qui reste seule au moment des tractions n'ajoute aucun volume
appreciable Ji la t6te foetale. Ce tissu se moule facilement sur les lignes
courbes des parties maternelles.

La rigidity du forceps meurtrit souvent les parties molles qu'il com-
prime entre lui et le bassin; la souplesse de nos rubans tracteurs
n'exposera ces tissus k aucune compression violenle.

La prise limit6e du forceps d^prime certains points de la tSte et fait
une compression localisde sur le cerveau de Tenfant. Cette compres-
sion doit avoir une influence difficile ^ prdciser, mais qui ne pent dire
que d^favorable. La prise de I'^tofle est, au contraire, souple et large;
apr^s des tractions trte-^nergiques, elle ne laisse aucune empreinte
sur la t^te.

Tandis que le forceps lUche prise, quelquefois mfime entre des mains
habiles, le s^riceps, une fois bien placd, a une prise d'une solidity k
toute ^preuve; je m'en suis assure par des experiences inuliles k rela-
ter ici, et qui ont 616 faites sur plus de vingt t^les d'enfants mort-
n^s k rhospice de la Charit6 de Lyon.

Si le forceps, tir6 par des cordons, a d6]k acquis une certaine mobi-
lity relativementaux mouvements de rotation, cette mobilite pr^cieuse
est encore limit^e. Le s^riceps permet des mouvements de rotation
aussi etendus [qu'ils seront utiles. Cette rotation peul atteindre un
demi-cercle, et les positions occipito-posterieures peuvent ainsi facile-
ment se terminer par le d^gagement de Tocciput sous le pubis.

Dans les cas rares, il est vrai, oh la d^troncation se produil, on sail



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DU SERIGEPS. 473

combien est difficile la prise par le forceps de celle t^te mobile dans
I'ut^rus. Le B^riceps, dans ce cas, pourra s'appliquer avec facility et
avec certitude.

Dans les cas exceptionnellement difficiles, lorsque, aprfes des trac-
tions assez prolong^es, on se sera convaincu de Timpossibilit^ d'ame-
ner Tenfant sans mutilation, le sericeps pourra encore rendre de veri-
tables services : en 6cartant les rubans, on poriera les ciseaux de Smel-
lie sur le crAne; les rubans, en tapissant le vagin, le prot6geront lors
du passage des instruments. La perforation un»j fois faite, on devra
continuer de tirer sur les anses de rubans; sous Tinfluence de ces trac-
tions, la substance c^r^brale s'^coulera, et le crAne se r^duira contre
la fili^re pelvienne. Le sericeps gardera sa prise, car, 6tant place au
niveau de la face, la base du crdne, tr^s-peu rdductible, tonstitue une
saillie suffisante pour que T^tofle ne glisse.pas. II y a un certain
nombre de cas, aujourd'hui justiciables du cephalotribe, qui, du rr.oins
je i'esp5re, pourront 6trc termines de la sorte.

II est une consideration qui, pour Taccouch^e, a son importance : la
seule proposition d'appliquer les fers exerce sur son esprit une p^nible
impression. II n'en est rien de notre ^toffe, qu'on pent montrer h la
malade dans une enveloppe de lettre de petit format.

Le forceps, envisage comme instrument de reduction de la t^te, est
plus ddfavorable qu'utile. La reduction qu'iL produit ne pent porter
que selon le diam^tre transverse du bassin, et il a de la tendance h
augmenter le diam^tre sacro-pubien. Quant a ce dernier, qui cause
presque seul les dystocies au d^troit sup^rieur, il ne peut, quoi qu'on
puisse dire, 6tre r^duit que par les parties maternelles. Le Traitectac-
cotAchement de Ncegele et Grenser renferme sur ce sujet un passage des
plus remarquables; apr6s avoir lu le § 429, on peut conclure, avec ces
auteurs, que le meilleur forceps, toutes choses egales d'ailleurs, est
celui qui fera le moins de compression sur la t6te et laissera celle-ci
utiliser transversalement tout Tespace du bassin. En un mot, Tid^al
consisterait 2i obtenir un moyen de prehension sans exercer aucune
pression lat^rale. Or, cet ideal, je puis dire que le sericeps le realise;
j'ai fait avec cette soie des tractions d^passant 50 kilogrammes, c'est
done un excellent moyen de prehension. Quant h. la reduction de la
tfite, elle est, comme dans les accouchements naturels, confiee comply-
tement aux parties maternelles. Les divers accouchements que j'ai
faits avec le sericeps m'ont d^montre que la mere et I'enfant s'en trou-
vent trfes-bien.



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474 " MEMOIRES ORIGINAUX.

Signalons encore une difKrence considerable dans Taclion des deux
instruments : le forceps, par sa nature m^tallique, ne pent pas 6tre
supports longtemps en place; r^tofle, au contraire, pent Mre supper-
t6e tr^s -longtemps, sans m^me que la femme ait notion de sa pre-
sence. Dans un des accouchements que j*ai faits avec le s^riceps, je
Pai laiss6 trente-cinq minutes en place, ne tirant qu'au moment des
douleurs; la femme a eu quatorze douleurs pendant ce temps; j'ai
done quatorze fois v6ii6T6 la traction ; la femme a pu, pendant cat
intervalle, marcher h diverses reprises sans en 6tre en rien incom-
modfe.

Ceci est capital, car on peut instituer une m^thode nouvelle, cello
des tractions reitirees d chaque douleur pendant un temps assez long.
Cela ne permettrait-il pas d'utiliser mieux qu'avec le forceps T^lasti-
cite des parties molles? On r^aliserait ainsi ce que Hamon a tent6
vainement avec le r^troceps, c'est-k-dire Y accouchement physiologiqtie
artificiel.

Cette m^thodo pourra, du reste, etre etudi6e comparativement avec
celle des tractions soutenues, et, si elle donne des r^sultats satisfai-
sants, on pourra Tappliquer k un grand hombre de primipares qui,
sans avoir de veritables cas de dystocie, ont cependant des accouche-
ments longs et douloureux.

En terminant, toulefois, je ne voudrais pas paraltre m^connaltre les
immenses services que le forceps rend chaque jour. Les trois cents
modifications qu'on connalt de cet instrument l^moignent k la fois et
des vices qu'on lui a trouv^s et des prodigieux efforts qu'on a faits
pour le perfectionner. Ilsauve tous les jours de tres-nombreuses exis-
tences.

Pour en faire un instrument presque parfait, n'a-t-on pas tordu
racier dans tous les sens possibles? Cecanevasn'a-t-il pas^te patiem-
ment travaille par les mains les plus habiles?

On nous approuvera done, je Vesp5re, d'avoir cherche, sur une autre
donn^e, h faire faire un pas ^ notre art.

Puisse notre modeste chiffon de sole subir, lui aussi, de nombreux
perfectionnements, et le textile lyonnais arrivera peui-6tre un jour h
remplacer avantageusement I'acier anglais de Chamberlen.



NODVEAU TRACTEDR OBSTETRICAL.

Dans les accouchements trop difflciles pour 6tre faits, comme le
niontre la figure page 476, c'est-^-dire avec la main tirant T^toffe, on



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DU S^RICEPS. 47 S

pourra appliquer sur lesericeps un tracteur mecanique. Nous sommes
conduit k trailer cette question de la traction m^caniquu appliqu^e
soit au forceps, soit au s^riceps, et h proposer un nouvel instru-
ment,

Les appareiJs de traction mecanique pour les accouchemenls ont 6t6
consid<fr^s au d^but comme des multiplicateurs de la force. Comme.
lels ils ont 6te sevferement jug^s. M. Pajot dit alors ; « Je n'acQOUche-
rai jamais les femmes avecun treuil ni avec un cabestan ; c'estl^ mon
dernier mot, » Cette spirituelle boutade semblait avoir d^linitivement
condamn^ la m^thode. Cependnnt, si un bon mot manque rarement de
produire un certain efiet, il n'entraine pas des convictions definitives;
on continua de sentir le besoin, non pas de multiplier la force, mais
de r^gler son action, de la graduer par un accroissement regulifere-
ment progressif, de la soutenir ^ un mSme degr^, de Tenregistrer par
le dynamometre, et enfm, de lui assigner un maximum qu'on ne d6-
passe janiais sans danger : toutes choses que ne pent faire le bras le
plus exerc6 et encore bien moins Tassociation de deux person-
nes pour tirer. Aussi les tractions ^ deux, mentionnees dans les faitsde
la thtee de Bailly, ont-elles. produit les effets les plus d^plorables,
m^me ex^cutees par les maltres de Tart; qu'on juge de ce qu'ellcs
peuvent fournir h des praticiens moins sp^cialement vou^s h ces elu-
des. Je ne crains pas d'insister sur ce point : deux accoucheurs reunis
pour tirer ne peuvent savoir ni I'un ni I'aulre la somme de leurs ef-
forts.

Les tractions mecaniques seules peuvent apporler dans ces opera-
tions^ la fois s^curile et precision.

Pourquoi d'ailleurs cette precision, exig^c aujourd'hui dans toutes
les branches de noire art, serait-elle repoussee de la pratique obstd-
tricale ?

Les tractions mecaniques, on peul le dire, gagnentdonc chaque jour
de nouveaux partisans. Prappdes tout d'abord h Paris comme h. Lyon
d'un ostracisme sdv^re, elles ont cependant peu k peu pdnetre dans la
pratique.

Bon nombre d'accoucheurs ont constate leur superiorite sur les trac-
tions manuelles au triple point de vuede la force moindre ^employer,
de la direction meilleure et enfinde I'innocuite.

Je pourrais citer tel de nos accoucheurs lyonnais les plus reputes
qui, au debut, consciencieusement hostile au tracteur, aujourd'hui
n'aborde pas uncas de dystocie sans recourir k son emploi.



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476 MEMOIRES ORIGINAUX.



Fig. I. — Sericcps dont Ics cordons sont peiadics. On voit dans les Raines Ips li^.\^
propres h. 61^ver I'appareil entre la tete et I'utepus.



Fig. II. — Sericeps en fonclion tire pap une main. Les anscs d'c'toffc font poulie sur les
doigts, de lello sorle que les riibans sont tons uniformemenl tires el reparlisscnt
ainsi la ipaction egnle merit sup lout le pouploup de la tete.



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Dl SERIOEPS. 177

A Paris mdme, un chirurgien distingue des hdpilaux, chef d'un ser-
vice obstetrical, me disait rdcemment : « Les tractions mecaniques
constituent en obstetrique un progres analogue h celui qu'elles ont
realise pour le traitement des luxations.

L'auteur de cette methode, le docteur Chassagny, a eu recemment la
satisfaction d'obtenir une des plus hautes recompenses qui puissent
couronner les travaux d'un savant : Tlnstitut de France a juge Tceu-
vre de notre confrere digne du prix Montyon (Academie des sciences,
Janvier 1872). Le rapporteur Charles Robin, bien que non speciale-
ment accoucheur, a mis en relief dans son rapport tout ce qui pent
6lre justement revendique comnie un progres par la nouvelle m^-
thfide.

Toulelbis, si on litattenlivemcnt tout ce qui a ete ccrit sur cet im-



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