William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

. (page 52 of 82)
Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 52 of 82)
Font size
QR-code for this ebook


portant srjet, il est facile de reconnaltre que le point d'appui pris sur
les genoux par Tapparcil Chassagny ne satisfait pas entierement les
partisans m^me des tractions mecaniques; de nombreuses tentatives
ont ete iaites pour trouver d*autres points d'appui.

Joulina,le premier, essaye d'appuyer son aide-forceps sur la re-
gion pelvienne.

Tarnier, a Taide de ses moufles, a pris un point d'appui non plus sur
la raalade, mais sur un ppint plus ou moins-eloigne du plancher. De-
lore, k Lyon, eraployait du reste deja ce m^me moyenavant le chirur-
gien de Paris.

Hamon (de La Rochelle) a fait construire aussi un appareil detrac-
tion qu'il appuie par deux bequilles sur les plis genito-cruraux de la
malade.

Pros, de la meme ville, a fait, lui aussi, un nouveau tracteur que
le professeur Depaul a eu I'obligeance de me montrer. II prend
son point d'appui sur un cadre de bois place sous le siege de la ma-
lade .

De toutes ces tentatives, aucune ne s'est emparee de la pratique,
maiselles temoignept de Tunanimite avec laquelle on a juge impar-
fait Tappui sur les genoux ; je suis convaincu que ce desideratum a dd
ralentir la vulgarisation du tracteur.

Les inconvenients de Tappui sur les genouxont ete enumeres main-
tes fois, je les citerai sommairementici :

io La mobilite des cuisses exige au moins deux aides pour les main-
tenir dans une flxite relative ;

S'* Malgre tous les efforts de ces aides, il survient toujours quelquo



Digitized by



Google



478 MEMOIRES ORIGINAUX.

ddplacement des genoux, ce qui relache la traction et peut m6me ren-

dre vicieuse la direction dans laquelle on tire ;

3<» En mettant }es- cuisses dans Texlension complete, elles ne peu-
vent pasarriver h 6tre perpendiculaires au plan du d^troit sup^rieur;
la direction des tractions est done toujours un pen eloignee de celle
qu'on cherche Jiatteindre dans les cas de dystocie au niveau de ce d(5-
troit; ce sont ceux exigeant le plus imp^rieusement I'emploi d'une
Ibrce relativement 61evee.

Tels sont les inconvenients du seul tracteur qu'on trouve aujour-
d'hui dans la pratique. Cette Enumeration legitime suffisamment nos
efforts pour obtenir un appareil plus simple et mieux approprie que
le tracteur Chassagny .

Je.mesu is propose en construisant cc nouvel instrument de realiser
les conditions suivantes :

I*' ExEcuter la contre-extension en prenantson point d'appui sur le
bassin m^me de Taccouch^e, seul moyen pour que la traction operee
soit vraiment et uniformement soutenue;

2° Tirer non plus dans une direction unique, mais tirer au gre de
Taccoucheur, dans les diverses directions utiles aux divers temps de
I'accouchement;

3° Pouvoir appliquer ce tracteur sans ^tre seconde par aucun aide
et en laissant k la maladie la liberie de mouvement et de position de
ses membres inferieurs ;

4° Appuyer sur les ischions, de fagon que la pression soit support^c
.sans douleur par la malade, et qu'aucune partie du. tracteur ne g6ne
la direction des cordons, revolution du forceps ou Tarrivee de la t^te;

oo EnOn le rendre simple, portatif et peu coiiteux.

L'id^e r^alis^e par cet instrument, je m'empresse de le dire, n'est
pas une id^e neuve, c'est celle de Joulin : Vappui sur le pelvis^ mais
realisEe par un moyen absolument pratique et tout h fait commode.

L'aide-forceps de Joulin s'appuyait sur lepErinde par une grande
traverse droite, celle-ci devait porter largement sur loutes les parties
molles du si^ge, sans viser spEcialement aucun point particulier du
squelette de la femme. Elle Etait plac6e au devant du forceps^ dont elle
empSchaitcompletement revolution en avant. Enfin elle barrait le de-
troit inferieur et fermait completement la vulve. Get instrument
devait done ^tre enleve, alorsquela t^te tout enti5re etait encore logee
dans Texctlvation pelvienne.

Aussi on peut dire que I'aulcilr menie de eel instrument a renonce



Digitized by VjOOQ IC



DUSERICEPS. 47U

k s'en servir. II Tavait employ^ deux fois en 1860, alors quMl le pre-
senta k TAcad^mie de m^decine, et lorsqu'il publia son Traiie cPaccou-
chementSy sept ann^es apr^s, il n'avait encore k son actif que ces deux
applications faites sur des enfants venus morts. Cetle conduite de
I'auteur de Taide-forceps est des plus significalives. I) suffit, d'ail-
* leurs, de Jeter les yeux sur la figure du Traite daccouchements de Jou-
lin, page iOo7, pour comprendre ce qu'il y a d'irralionnel dans cet
instrument et s'expliquer pourquoi Tauteur s'est sogement borne h ces
deux seules applications.

Description du nouveau tracteur.

Cet instrument (figure I) se compose de trois parties : 1* un arc pel-
vien ABCD ; 2** une tige pleine EF; 3** une canule h vis droite.

L'arc pelvien est termini ^ chacune de ses extr^mil^s par une boucle
quadrangulaire flechie sur elle-m§me, de fagon ^constituer des esp^ces
de cupules dans lesquelles viennent se loger les ischions. Ces bouclps
sont envelopp^es de caoutchouc.

Les dimensions de cet arc out une grande importance : de A ^ C il
y a 9 centimetres ; de B ^ D il y en a 40 1/2.

La largeur des boucles de A & B et de C ^ D est de 7 centimetres.

L'arclui-m^me est constitue par deux pieces que r^unit fortement la
tige viss^e en E, ce qui rend Tinstrument moins volumineux une fois
d^monte, et ce qui, dans certains cas, permet d'agrandir I'arc : quand
la t^te est trfes-volumineuse, si on la trouve s^rr^e par Tare pelvien
lorsqu'elle se d^gage de la vulve, il suffit de devisser un tour de la
vis E pour donner un centimetre de plus d'^cartement entre les deux
boucles d'appui.

La tige EF est droile jusqu'^ son extr^mite F, oh elle s'inflechit en
avaot; elle se termine en E par one vis solide r^unissant les deux par-
ties do Tare, et en F elle s'articule par un carr6 dans la canule h vis,
de telle sorte que cette canule fait avec la tige EF un angle de 140^.

La canule F G est done inclinde sur le plan general de Tinstrument

d*environ 40°; elle renferme une vis qu'on fait mouvoir ^ Faide d'une

poign^e transversale, et cette vis fait cheminer un taquet-ecrou T.

G'est h ce taquet-^crou que s'accroche I'anse des cordons qui tirent le

• forceps ou Tanse inferieure du s^riceps.

Ces cordons doivent etre nou^s de fagon k ce que la traction com-
mence a s'efiectuer lorsque le taquet est le plus pr6s possible du



Digitized by



Google



480



MEMOIRES ORIGINAUX.
Planche II.




Digitized by



Google



DUSERIGEPS.

48 i

Planche III.



'""S

../•.-''



Archives de Tocologie. _ aoitt 1 87.'i. 3 ,



Digitized by



Google



482 MEMOIRES ORIGINAUX.

point P. L'accouchement se terminera lorsque le taquel arrivera pr^s
du point G.

La figure II montre ce tracteur demonic en E et en P ; I'appareil est
alors assez peu volumineux pour entrer dans une poche.

La figure III montre le point 0, ou est percee chaque branche du
Ibrceps ordinaire pour y passer les cordons de traction. De cette facon
ils sont ins^r^s sur le forceps au niveau mSme du centre de la tfite.
Gette condition est, k notre avis, de la plus haute importance.

Ge tracteur s'appuie sur le bassin m^rae en y prenant quatre points
d'appui,un en avant et un en arri6re de chaque ischion. Ges quatre
points A BCD fornient un quadrilat^re divisant transversalement
I'aire du bassin, et c'est dans ce quadrilat^re que passent les cordons
de traction. II en resulte que Tinstrument conserve de lui-m^mela
position qu'on lui donne; chaque tour de vis Tappliqueplus fortement
contre le bassin sans avoir la moindre tendance a le faire basculer.
L'operateur pent ainsi se dispenser du secours de tout aide, etil peut
m^me, d'une seule main, op^rer la traction pendant que Tautre main
soutient le perin^e.

Or, les ischions etant des tuberositas sensiblement arrondies, il est
possible d'appliquer Tinstrument contre ces tub^rosites dans diverses
positions, en iaisant pour ainsi dire pivoter tout I'appareil d'arriere
en avant autour de la ligne Active qui reunirait ces deux os. L'accou-
cheur reste ainsi maltre de la direction ; au debut il place le tracteur
dans une position aussi posterieure que possible , puis, vers le mi-
lieu de Taccouchement, il change cette position ; il relAche la vis et
place I'instrument autant en avant que possible. D'autre part, si Ton
remarque I'obliquite de la vis sur la figure g^nerale de Tinstrument,
on reconnait que cette vis, oblique en avant, change h chaque tour la
direction de la traction. Gelle-ci efet de plus en plus ant^rieure a me-
sure que le taquet-ecrou parcourt son trajet oblique. Get instrument
commence done la traction en arriere ^ peu pres perpendiculairement
au d^troit superieur, et linit cette traction en avant dans une direction
sensiblement perpendiculaire au detroit inferieur, apres avoir tire
danstoutes les directions interm^diaires a ces deux extremes.

La planche III montre le tracteur tirant un forceps, la t^te etant au
detroit superieur; le pointille montre la position qu'aura I'instrument
vers la fin deTaccouchement, le forceps s etant relev^ en avant et
(^tant pr6s de se d^gager tout h fait.

A la simple vue de cet instrument, on se demande tout d'abord si la



Digitized by VjOOQ IC



DU SERICEPS. 483

pression qu'iJ fait sur les iscbions n'est pas insupportable h la maJade ;
heureusement les faits se sont cbarg^s de me d^montrer qu'il n'en est
rien. Chaque ischion est matelass^par la nature d'une certaine couche
adipeuse, et la peau, dans ces regions, est disposee pour supporter la
station assise, de telle sorte que la pression fai^e sur les iscbions n'est
nullement douloureuse. Les parties de Tinstrument qui s'appuient sur
la peau sont, en outre, envelopp^es d'un tube de caoutcbouc assez
6pais. On peut, du reste, se convaincre soi-m^me de Tinnocuit^ de
cette pression : pour cela, s'asseoir sur ce tracteur, son exlrdmit(§ ma-
nuelle reposant sur le sol ; on peut ainsi se convaincre qu'on y est
assez bien assis, m^me en y abandonnant tout Ij poids de son corps ;
c'est done, pour ainsi dire, un.si^i»e portatif. II est peut-^ire des cir-
constances oil un touriste ne le dddaignerait pas.

J'ai eu rhonneur de presenter ce tracteur a M. Pajot ; je lui en ai
d^montr^ le fonctionnement sur le forceps. Ce prolesseur, tout en res-
tant encore hostile, en principe, aux tractions m^caniques, m'autorise
h dire que, comme mecanisme et comrae instrument, ce tracteur est
tr6s-superieur ^ tous ceux qui lui ont ^t6 present^s jusqu'^ ce jour.

Ce tracteur peut s'employer av^?c tous les forceps (voir la plancbe III);
ilest toutefois important de suivre la donnee parfaitement rationnelle
sur laquelle le docteur Chassagny a insists avec lant de justesse : il
faut porter Tinsertion des cordons iracteurs sur le forceps au niveau
m^me du centre de figure de la t^le, et il nesuffit pas de passer sim-
plement les cordons dans I'ouverture de cbaque cuillei>.

A ce point de vue, le forceps qu'a fait construire le docteur Chassa-
gny est tr^s-utile. On peut cependant, si on n'a pas cet instrument,
utiliser le forceps habituel. II suffit pour cela, comme le docteur La-
royenne Ta fait ^la Charlie, de faire perforer, au milieu de leur lon-
gueur, les bords de cbaque cui Her, et de passer dans ces orifices les
anses de cordons ou de lacetssur lesquels on tire.

Ce tracteur s applique egalement bien sur le sericeps, comme le
montre la plancbe IV que je dois au crayon habile de M. Leveille. hh
encore les anses de rubans font poulie sur les- deux crochets, et les
quatre rubans sont constamment ^galement tir^s de fagon^ r^partir
egalement la traction sur tout le pourtour de la t^te.

En resume, je suis tr^s-parlisan de substituer aux secousses de nos
efTorts musculaires une force mecanique soutenue, gradu^e, non
aveugle, comme on Ta appelee, mais inlelligemmentdirig^e suivant les
axes successifs de la fili^re courbe du bassin et toujours enregistr^e



Digitized by VjOOQ IC



484 MEMOIRESORIGINAUX.

Planche IV.



Digitized by



Google



1)U SERICBlPS. 48o

par un dynamomMre. Mais pour que cette traction soil vraimentsou-
tenue, il a manqu6 jusqu'ii ce jour un point d'appui reellement fixe.
G'est done ce point d'appui sur lesqueletle du bassin qui oaract^rise
specialement le tracteur que je propose.

Considerons que ce tracteur peut ^tre applique par un op^raleur
seul, car il fait la contre-extension qu'on confie toujours h plusieurs
aides dans toule application de forceps. Une fois ddmonle en quatre
pieces, il est d'un faible volume et tres-portalif, sa simplicile le rend
d'un prix peu 61ev^, double consideration qui n'est pas sans impor-
tance pour le mddecin.

Le professeur Pajot, avcc la haute autorite que lui donne sa situa-
tion 6minente, s*ests2verement et constamment prononed contrc les
tractions mecaniques. Dans un recent article de bibliographic {Annales
de gynecologies ^5 mars.l87o), il a repute son detmier mot d*il y a vingt
ans; en r^ponse au professeur Saint-Cyr, qui promet Tavenir aux
moyens mecaniques, M. Pajot s'ecrie : aVavenir toujourjenire les mains
deshommes insiruiis, le present c'esi autre chose, »

Le cdl&bre accoucheur parisien-, en reservant I'avcnir, n'est done
pas radicalement irrdconciliable. Son opinion actuelle s'appuie proba-
blement sur ce que les instruments proposes jusqu'ici ne remplissent
pas loutes les qonditions ddsirables relativcment h la direction. Or, k
ce point de vue, je n'hesite pas h soumetlre ce nouveau tracteur au ju-
gement du professeur de Paris.

Get instrument n'aspire qu'^ prendre une pelitc place dans celle que
M. Pajot lui-m§me concede dans I'avenir aux perfection nemen Is des
moyens jusqu'^ ce jour connus.

Application dn tracteur-TBoie dans an cas dUnertie uterine, par le

Dr Reynaud.

Appele derni^rement par mon confrere, M. le docteur Poullet, pour
Tassister dans un accouchement laborieux, je pus voir Toperation se
terminer a Taide du tracteur-soie, instrument si different de ceux em-
ployes ordinairement par les accoucheurs. Aussi, pensant que cette
observation prdsenterait quelque interet pratique , ai-je cru devoir
la publier.

Mme G..., Agde de 25 ans, primipare, ressent les premieres dou-
leurs de Tenfantement le 28 fevrier. h cinq heures du matin; exami-
nee douze heures apres, on trouve la dilatation du col h deux francs.

A dix heures du soir, les grosses douleurs sc prucipitenl; -a dila-



Digitized by



Google



486 MEMOIRES OHIGINAUX.

talion n'esL cependanL complete que le 1'' mars, a cinq heures du
matin.

L'enfant se presente en premiere position du sommet ; cependant la
t6Le plonge peu dans Texcavation. Le bassin ne presente pas d'anoma-
lie. Les douleurs, au lieu de s*accroitre, vont s'afTaiblissant et dispa-
raissent inscnsiblement pour faire place, ^ huit heures du matin, h
une inertie absolue.

On se d^cida alors h une intervention. La t6le 6lant assez engag^e
au detroit superieur, M. Poullet juge le cas favorable pour Tapplica-
tion du tracteur-soie qu'il a prdsent^ k la Soci^te de m6decine, danssa
stance du 30 aoiit dernier.

II procMe alors k Tintroduction de son tissu; les extremit^s de la
bande d'^toffe sont portees d'avant en arri^re en contournant la t^te h
Taide d'un forceps en miniature, qui glisse dans les galnes du tissu;
ce temps execute sans trop de difficulte, on serre les cordons. On a
ainsi enloure la t^te d'un cercle d'etoffe inextensible place au-dessus
des parties saillantes de I'occiput.

Les tractions excretes sur les anses de rubans restt^s hors de la vulve
nous indiquent bient6t que I'instrument a ete porte assez haul pour
avoir une prise d'une trfes-grande solidite.

Nous proc^dons a }'extraction foetale en tirant sur les anses du tissu;
mais comme la resistance a vaincre est considerable, nous employoiis
alors le tracteur que M. Poullet a fait construire, pour completer son
appareil. Ce tracteur, qui prend son point d'appui sur les deux os
ischions, permet d'operer des tractions variees. Les cuisses de la ma-
lade sont ainsi laissees libres pendant le temps des tractions.

Le tracteur s'adapte de lui-m^me sur le bassin dans une position
excellente, et plus la vis chemine, plus il 5'applique exactement sans
avoir la moindre tendance a se deplacer et h perdre la position que
Taccoucheur lui donne au d^but. Quand la t^te a chemin^ quelque peu,
comme il est utile de tirer plus en avant, on change la direction du
tracteur, ce qui permet d'opercr les tractions suivant Taxe du detroit
inferieur.

Nous avons alors la satisfaction de voir cet excellent instrument
fonctionner ayant autant dc regularitc dans cette position que dans la
pr^cedente, et nous voyons bientdt, en continuant h faire marcher le
tracteur, la tSte apparaitre h la vulve et Taccouchement se ter-
miner.

On enleve alors le tracteur et le tissu qui entourait la t^te. L' enfant,



Digitized by VjOOQ IC



DU SERICEPS. 187

qui respirait difficilement, a 6i6 vite rappel^ a la vie par la respiration
artiGcielle. Les tractions operees par le tracteur ont dure vingt minu-
tes environ et ont ^te 6valuees k 45 kilogrammes par le dynamo-
metre.

Je ne veux pas apprecier la melhode, I'auteur publiera prochkine-
ment dans dans ce journal sa description compli^te ; je me bornerai
seulement ^ accompagner ce fait de quelques reflexions. Je crois h la
superiority de cet instrument surle forceps, particulierement pour le
cas de r^lrecissement pelvien.

IJepaisseur de r^tofle n'ajoute aucun volume a la tfite, sa sou-
plesse permeL des tractions plus prolong^es et moins violentes ; Tap-
pareil peut 6tre laisse plus longlemps en place sans occasionner de
douleur h la femme. On peut done par cet instrument remplacer la
force et la violence qu'on est tente d'employer par le forceps.

Disons encore un mot du tracteur qui est le complement du iissu,
et qui, dans ce cas, a op^r^ I'extraction fcetale. Je dirai tout d'abord
qu'il me semble remplir parfaitement les conditions sur lesquelles
M, le professeur Pajot insistait tant dans ses savantes lemons. « Pom'
extraire artificiellement yn enfant, disait I'^minent professeur, ii ne
s'agit pas de tirer violemment^ de se pendre au forceps, il faut iirer
dam Vaxe » eh bien, je puis le dire, ce tracteur me semble remplir
exactement ces conditions.

Ayant un point d'appui fixe « les ischions », on peut, en le iaisant
pivoter sur ce point fixe, lui faire suivre pas k pas les evolutions du
TcEtus qui chemine dans la Qliere pelvienne. C'est ainsi qu'au detroit
superieur, je I'ai vu tirer tout k fait en arriere et progressivement au
gre de Taccoucheur. Nous Tavons fait tirer ensuite dans Taxe du de-
troit inf^rieur.

A Taidedece tracteur, I'accoucheurpeutse passer d'aide; d'unemain
il fait cheminer la vis, et de I'autre il soutient le perin^e.

Ce tracteur peut s'appliquer sur le forceps avec la mSme facilile.
L'auteur I'a ainsi employ^, il y a un mbis environ, en presence de
MM. Delore, Vinay et Reboul.

Un autre avantage de ce tracteur, mais a un autre point de vue,
c'est d'etre porlatif. pouvant se d^monter en plusieurs parties ; on le
reduit au volume du forteps brise de Pajot.

En publiant cette observation, je tenuis k domontrer que ce nouvel
instrument n'elait pas seulement une pure vue de I'esprit, une concep-
tion theorique, mais bien un instrument dont Temploi etait non-scu-
Jement praticable, mais tres-utile en certainescirconstances.



Digitized by VjOOQ IC



488 MEMOIRES ORIGINAUX.

Ajoutons un mot pour terminer. La malade et son enfant sont ac-
tuellement en parfait clat de sante.

Chez la mere, les suites de couches on 1 6 te bonnes. L'entant, envoye
en nourrice le surlendemain de I'operation, sc porte admirablement
bien.

Observation d'accouchement au moyen da s^riceps.

J'ai fait, avec Ic D' Icard, une nouvelle application du sericeps, dont
Yoici Tobservation :

M'"** R..., Ag^e de 21 ans. primipare, prend les douleurs le 9 mai, a
8 heures du matin; appele dans la soiree, je constale que la dilatation
commence h peine; le lendemain, h 9 heures du matin, la dilatation a
attemt 3 francs; le soir, h 10 heures, elle depasse o francs; mais les
douleurs sont encore peu energiques. Dans la nuit, vers 2 heures en-
viron, la malade fait les eaux et une assez grande quantity de sang; on
m'appelle de nouveau; .i/examine la malade k 3 heures du matin : le
col est complfetement enac(§, la t6te en occipito-iliaque gauche; tout
m'annonce un accouchement normal prochain, et je ne quitte i»lus la-
malade. Cependant, les heures passent, et les douleurs, quoique fre-
quentes, restent peu energiques.

Vers 7 heures du matin, il n'y a pas de progres; non-seulemenl, la
t^te n'est pas descendue depuis 2 heures du matin, mais le mouve-
ment de rotation ne s'est nullement accentue. 11 n'y a eu depuis que la
formation d'un thrombus peu considerable; les bruits du coBur,
auscultds plusieurs fois, semblent perdre de leur intensite, et les
douleurs diminuent au lieu d'augmenter; en un mot, nous avons af-
faire h une dystocie par insufiisance dynamique. Croyant qu'il y a
lieu d*intervenir, je fais appeler notre confrere le D*" Icard; il examine
la malade h 8 heures : la t^te est fortement engag^e dnns Texcavation;
on pent apprecier que son diametre le plus saillant doit 6tre engage
au detroit supe^rieur, qui est probablement franchi. Le travail dure
depuis quaranle-hult heures; mon confrere reconnait qu'il y a lieu
d'intervenir. La malade est mise dans la position habituelle, et j'ap-
plique le sericeps. Les trois branches superposees sont portees en-
semble en arri^re de la t^te, entre celle^ci et le sacrum : je les s^pare,
la branche posterieure est pouss^e au niveau du promontoire, le plus
haut possible, et les deux branches laterales sont insinuees par un
leger mouvement de rotation , d*abord, sur les parties laterales du bas-
sin, puis dans le voisinage de la symphyse pubienne. L'instrumentesi
alors place; je fais sentir h mon confrere I'extremite de ses branches



Digitized by VjOOQ IC



DU SERICEPS. 489

k travers laparoi abdominale et au-dessus du pubis; on peut alors
faire avec la totalite de Tinstrument de pelits mouvements oscillants,
que Ton voit parfaitement se transmettre h toute la masse loetale.

J'ai dans la main les anses rel^ch^es des cordons, je proc^de h leur
serremenl, et je retire successivement de leurs gaines leurs trois tiges
m^talliques, ne laissant en place que Tetoffe qui ^treintla t^te.

Le placement du s^riceps a pris environ 8 minutes, nous laissons
la malade 5 minutes au" repos complet, avant d'exercer les tractions.
Elle n'accuse pas alors la moindre douleur.

J'applique le tracteur m^canique sur les ischions, non pour faire
des efforts 6nergiques, mais pour que le dynamom^tre indique k quel
degr6 on aura tire. On fait ensuite des tractions lentes, sans depasser
la limite de 22 k 24 kilogrammes. Ces tractions sont dirigees assez en
arrifere pour que les rubans appuient contre la commissure p^rineale ;
on voit peu k peu s'avancer la t^te; on donne alors au tracleursa
seconde position, pour tirer plus en avint, et on continue de tourner
la vis. Apr5s cinq minutes de traction, la t6te se degage tout k fait.

L'enfantest bien vivant; je laisse T^toffe encore un certain temps
autour de sa t^te, pour faire observer soigneusemcnt k mon confrere
les diverses particularites de sa position sur Tovoide crAnien.

Les cordons, qui ont €i6 serres tout k fait derri^re le pubis, sont sur
la tfitc immediatement derri^rc Toreilie droite, la peau du cou con-
serve en ce point une rougeur ^rythemateuse qui a persiste deux
jours.

La t^te a done et^ prise en position k peu pr^s transverse, c*est-k-
dire que le mouvement de rotation n^cessaire n'^tait k peu pres pas
commence; il a dH se produire pendant les tractions.

Le bord de T^tofle passe sous Tocciput, sur les pommettes des joues
et sur la pointe du nez. Le nom de cercle soits-occipUo-malaire que
M. Delore a donn6 k cetle prise est dans ce cas math^matiquement
exact. Ce cercle, mesure immedialement, avait 26 centimetres et demi ;
le cercle de plus grande dimension de la t^te, Voccipito-frojiial^ me-
surait 28 centimetres et demi. II eiit done fallu que mon cercle d'etofle
mesurdt 2 centimetres de plus qu'il n'avaitpour pouvoir glisser sur la
tSte sans Tamener.

Mon confrere a ainsi pu se convaincre que dans ce cas le s^riceps
avait une prise li toute epreuve.

II a bien voulu me declarer de suite que, pour son compte, il se d6-
clarait satisfaitdu fonclionnement du nouvel appareil.



Digitized by



Google



490 MEMOIHi^ OHtGlNAUX.

Le lendemain, je demandai ^ noire conlrfere s'il avail fait quelque
reflexion nouvelle sur le fait dont il a ete temoin. II me repondit que
I'impression qui avail 616 la plus vive pour lui dlait retonnement de



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 52 of 82)