William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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o grammes et les attaques ne rsparurent plus.

L'enfant, une toule petite fille, ne vecut que quelques jours.

Sous I'influence du traitement, Pced^me disparut a pen prte complete-
ment; mais la proportion d'albumine ne parut pas diminuer sensiblement
dans les urines, qui ne tard^rent pas, apr^s Taccoucbement, k reprendre
leurs caract6res normaux.

Obs. III. — En novembre 1874, je fus appel6 k P..., aupres d'une primi-
pare, ag6e de 21 ans, robuste et bien conform6e. Sa grossesse avait 6t6 des
plus heureuses; seulcmert, depuis quelques jours, ellese plaignait de lour-
deurs de t^tc pour lesquelles la sage-femme, consult6e, n'avait pas voulu
prendre sur elle de la saigner.

Les urines n*avaient jamais 6t6 analys6es.

Le d6but des dou leurs datait de la veille au soir et, peu de temp?: apres,
a onze benres, 6clatait la premiere attaque d'6clampsie. Je fus appel6 le
lendemain; je vis la malade a deux heures de I'apr^s-midi. Deux saignees
avaient et6 pratiqutos.

A ce moment, la perte de connaissance ^tait absolue et durait depuis la
veille. Trismus permanent. II est impossible d'ouvrir la bouche.

La dilatation est tres-incomplete, chaque douleur provoquant une douleur
6clamptique qui en annule les effets.

Je soumets la malade aux inhalations de chloroforme. et les contractions
deviennent r6guli6res et eificaces. Les attaques diminuent de frequence et
d'intensit^, et, au bout de deux heures, raccouchemont se fait naturelle-
ment. L'enfant, une petite Glle, Hsiit morte.

Apr^s la delivrance, je cessai radministration de I'anesth^sique ; mais
r^tat de I'accouch^e ne s'ameliora pas et une heure s'6tait a peine 6coulee
que les crises se reproduisaient. On adminislra des antispasmodiques en
lavement, mais le mal ne put etre enray6. La malade ne repritpas connais-
sance un seul instant et mourut le lendemain.

Obs. IV. — Mme X..., -21 ans, primipare, fut prise, le 23 mai 1874, a huit
heures du matin, dans la derni^re quinzaine du neuvieme mois desagros-
sesse, d'attaques d'6clampsie d*une grande violence qui se reproduisirent
un grand nombre de fois jusqu'au moment oili je vis la malade, a quatre
heures du soir. Depuis le matin, Mme X... 6tait plongee dans un coma pro-
fond, fr^quemment interrompu par de nouvelles attaques provoqu6es par
chaque douleur dilatatrire.

L'etat de petitesse du pouls ayant contre-indique la saignee, ou s'etait
born6 a faire des applications froides sur le front et a administrer un lave-
ment d'hydrate de chloral. Ce lavement, mal gard6, avait 6t6 compl^tement
ineflicace et n'avait diminu6 ni la frequence ni la violence des crises, de-
venues de la plus grande gravity.

Le col, situ6 tr^s a gauche et en arri^re, tr6s-souple, pr^scntait une di-
latation ovalaire de la lart^cur d'une pi^ce de 1 franc. Cette dilatation
n'avait pas. sensiblement augments depuis plusieurs heures. La matrice,
d'ailleurs, ne se contraclait que de loin en loin, et chaque douleur 6tait im-
medialement suivie d'une attaque qui emp^chait la dilatation.



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:iOO REVUE CLINIQUE.

En presence de cet 6tat, nous tunics d'avis, mes deux conl'^res presents
et moi, d'essayer d'un nouveau lavement de 4 grammes d'hydrate de chlo-
ral. Com me le premier, ce lavement fut mal gard6, et nous d^cidAmes de
soumeltre la malade k des inhalation:^ de chloroforme jusqua ce que la di-
latation fut devenue suffisanto pour nous permetlre Tapplication du
Ibrceps.

On commence a donner ]e chloroforme k quatre heures et demie. A parlir
dc cc moment, les attaqucs cess^rent h peu pr6s compl^tement, sans que
toutefois nous ayons jamais pouss6 la chloroformisation jusqu'k Tanes-
thesic compl^^.e. Les douleurs uterines se passaient normalement et iie d6-
terminaient plus, comme phenomdnes g6n6raux, que de petites contrac-
tions musculaires bien vite cnrayees par une nouvelle dose de chloro-
forme.

La dilatation, toujours lenle k se faire, avait atteint, a neuf heures et
demie, la largeur d'une pi6cc de 5 francs environ ; mais le col, tres-souple,
se laissant facilement 61argir; on parvint, malgr6 sa situation tout a
fait k gauche, k faire Tapplication du forceps et k extraire un enfant bien
vivant.

(La poche des eaux, demeuree intacte, dut 6tre rompiie avant Tope-
ration.)

Apr6sla d61ivrance, on cessales inhalations de chloroforme, et les acci-
dents ne reparuvent pas.

L'accouch6e,albuminuriquc,s'estassez rapidement rclev6e deses couches,
dont les suites ont 6t6 normales.

Les analyses de MM. Andral et Gavarret ont depuis longtemps etabli
que les accidents divers que Ton observe chez la femme enceinte sont
le plus gen^ralement lies h Thypoglobulie.

Cette hypoglobulie, consequence de Tetat de gestation, en outre des
sympt6mes qui sont le cortege habituel de la chloro-anemie, determine
quelquefois,danslesderniersmoisdelagrossesse,desattaquesd'6clarap-
sie puerpdrale. Mais ces cas sont rares, car reclampsie puerperale ne
a'observe guere que chez les femraesalburainuriques. Etquoique Pal-
buminurie, si frequente pendant la grossesse, soitloin d'etre toujours
suivie de cette terrible complication, on ne pent nier qu'elle n'en soit
la principale cause predisposante, par suite des changements qu*elle.
entraine apres eile dans la composition du sang.

On pense, en effet, que le liquide nourricier, modifie dans ses ele-
ments conslituliis par la diminution du chiffre des globules et proba-
blement vicie dans sa composition par la presence dans le torrent cir-
culatoire d'une cerlaine proportion d'ur^e, en m^me temps qu'il a
perdu en partie ses proprieles nutritives, peut determiner du c6te des
centres nerveux oligh(§rai6s un ^lat de sure.xcitabilite qui, en les ren-
dant plus impressionnables aux excitations exterieures, fait de ces



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REVUE GIJNIQUE. oOi

demieces le point de depart, par action reflexe, des phenomenes con-
vulsifs qui constiluent Teclamp-sie puerperale.

De la decoulent, au point de vue th^rapeutique, des indications pro
cises sur lesquelles il peut (^Lre utile dMnsister.

L'eclampsic puerperale s'observe tanl6t pendant les derniers mois
de la gpossesse, lantOt pendant Ic travail, ou bien h une epoque plus
ou moins eloignde dela delivrance. Je ne m'occuperai, dans cette com-
munication, que des deux premiers cas.

Lorsqu'on se trouve en presence d'une dclamptique qui n*est pas ^ .
terme, qu'elle soit albuminurique ou non, — on sait que Talbumi-
nurie s'observe dans I'immense raa.jorite des cas, — il faut se souvenir
que Ton a & traiter une cbloro-anemique et que, de plus, on a ^ com-
battre des accidents nerveux, consequence de I'ureraie et de roligh(5-
mie du centre cerebro-spinal. 11 y aura done lieu, en m^me lemps que
Ton soumettra la malade k un traitement tonique et ferrugineux, de
lui prescrire Tusage de medicaments propres h diminuerTexcitabilild
des centres nerveux. Je donnerais, dans ce cas, la pr^r^rence au bro-
mure de potassium, que Ton porterait rapidement a des doses un peu
^levees. Je ne doute pas que, si la grossesse n'est pas trop avancee et
que Ton ait du temps devant soi, les evenements ne viennent donner
raison^ cette conduite.

J I ne faut pas oublier que I'eclampsie n'est, le plus souvent,
qu'un phenom^ne reflexe et que, si Ton parvient h amoindrir le
pouvoir excito-moteur de la moelle et du bulbe, on aura de grandes
chances de voir la grossesse suivre son cours et de prdvenir les acci-
dents convulsii's pendant le travail.

Si Ton estappele aupres d'une lemme h terme, la conduite du mc^de-
cin devra varier selon que le travail sera plus ou moins avance.

Si, en efl'et, le col se trouve suffisamment dilate ou dilatable, il n'y
aura pas d'hdsitation possible, car il est prescrit, dans ce cas, de ter-
miner au plus t6t I'accouchement, soit en procedant h la version, soit
par Tapplication du forceps.

Mais, si les convulsions ont surpris la patiente d^s les premieres
douleurs, si Ton se trouve en presence d'un col dont la dilatation est
h peine commencee, si chaque douleur, ce qui arrive le plus souvent,
provoque une attaque d'dclampsie qui entrave la dilatation, quefaut-il
faire?

Faudra-t-il, comme onTa pratique et comme on le pratique encore
Irop souvent peut-Atre, saipner la malade et la resaigner plusieurs
foisdans lebut de prevenir la conerestion cdrebrale? Je ne lecroispas.



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.•)02 REVUE CUNIQl'E.

Je pense, au contraire, que cette th^rapeutique sera, le plus gep^rale-
menl au moins, irrationnelle. Les exemples de pl^thore pendant la
grossesse sont fort rares ; en effet, tandis que Tan^mie accompagne
presque ioujours Tetat de gestation, et, si Ton considere qu'ii est loin
d'etre d^montre que la surexcitabilit6 des centres nerveux soil la con-
sequence d'un 6tat congestif, mais qu'il est incontestable que, pen-
dant la periode t^tanique de Tattaque, il se produit infailliblement,
p^p suite de I'arr^t de la respiration, une congestion qui augmente en
• raison du nombre et de la frequence des accidents, on pensera pent-
6tre qu*au lieu de songer^ affaiblir davantage une malade dej& an^-
mique par des saign^ds d'une efficacit^ douteuse, il sera plus rationnel
de recourip sans retard aux agents h^roiques, dont le medecin dis-
pose, pour produire une s6dation rapide sur les centres nerveux et
prevenir ou enrayer les attaques qui sont la veritable cause de la
congestion et de Tapoplexie.

Dans de semblables circonstances, la saignee, sauf de tr^s-rares
exceptions, m.e paratt devoir ^treproscrite, et, si Ton croit utile, pour
dimiuuer une congestion de\h existante, d'avoirrecoursaux Amissions
sanguines locales, je crois qu'il faudra surtout'procrire sans delai et
tout d'abord le bromure da potassium ou le chloral k hautes doses par
la bouche ou en lavement, et ne pas hesiter, dans le cas oil ces medi-
caments paraltraient impuissants ^ arr^ter les attaques, ^ soumoUre
la malade h des inhalations de chloroforme que Ton continuerait, (in
en surveillant les efTets, .jusqu'^ Faccouchement qui devrait ^tre ter-
raine le plus vite possibie.

Telles sont les reflexions que m'a sugger^es une pratique obstetri-
eale encore restreinte; trop heureux si de plus experimentes que moi
venaient leur apporter une autorite que ne saurait leur donner jnon
passe medical encore trop court.

REVUE DES SOGIETES SAVANTES.

ACADEM1£ DE MEDECINE.

Seance du 1®' juin 1875



Tumeur cong^nitale polycysti lue ins6r6e k la symphyse du maxil-
laire inf^rieur et k la langue. — Accouchement spontan^ avant
terme — Arrachement de la tumeur pendant le travail. — Examen
anatomique de la pi6ce.

M.Verneuil. Jedois le fait curieuxet rare que J'ai rhonneurdevous
presenter ^I'obligeancede MM. les docteurs Lafont et Nepveu . Lepre-



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 503

mierm'a Iburninon-seulementdes details sur racoouchement auquel il
a preside, mais encore lapi^ce pathologique, qu'il n'a pu recueillir qu'a
grand'peine. Le second, chefde laboratoire h la Piti^, et dont la com-
petence en anatomie pathologique est si connue, m'a communique les
rdsultats de ses patientes investigations. L' Academic, j'en suis stir
d'avance, voudra bien remercier nosjeunes confreres de leur empres-
sement h sauver d6 Toubli un cas d*un pareil int^r^t.

Le i3 Janvier 1873, M. Lafont fut appeld aupr^s de Mme X..., Ag^e
de 35 ans, grande, brune, tr^s-bien conformee et qui, dix-huit mois
auparavaiit, avait d^j^ mis au monde un enfant h terme normalement
constitue. Le mari est dgalemeut robuste et d'une structure irrepro-
chable. Mme X... est A la fm du huiti^me mois d'une grossesse qui
n'a rien presents d'insolite, et qu'aucun accident n'a trouble. Le tra-
vail est en train depuis quarante-huit heures. Peu de temps apr^s
son arriv^e, M. Lafont regoit un enfant du sexe f^minin mort depuis
quelques heures sans doute, et qui pr^sente du c6tede rorifice buccal
des desordres considerables.

Les levres sont conservees, mais largement ecartees; on trouve
entre*elles une sorte de lambeaii membranoux flottant, tapisse supe-
rieurement parunemuqueuse, et inferieurement ofTrantTaspect d'une
surface recerament dechiree. Ce lambeau n'est autre que la langue,
lortement tiree horsde la bouche. Plus bas, entre ce lambeau lingual
et la 16vre inferieure, une large plaie inegale, irreguli^re, au fond de
laquelle on retrouye, sur laligne mediane, des surface osseuses re-
pondant anx deux pieces du maxillaire, ou, en d'autres lermes, une
fracture par arrachement de la symphyse de la mAchoire inferieure.
Pendant que M. Lafont examinait cet enfant, qui d'ailleurs ne pa-
raissait oflrir aucune outre anomalie et presentait un developpement
normal pour son age, un autre corps fut expulse. C'etait une tumeur
plus grosse que la t6te de I'enfant deja sortie et pesant 670 grammes.
Sur un point de la surface existait une large plaie superficielle au
centre de laquelle le doigt sentait des inegalites osseuses. II fut aise,
en confrontant les deux surfaces saignantes, de voirqu'ellessecorres-
pondaierit exactement et de reconnattre que la tumeur issue de i'ori-
Oce buccal adherait par un pedicule assez volumineux ^ la m&choire
et k la face inferieure de la langue, ^ la foisallongee, aplatie etelargie.
La rupture s'est faite au niveau des attaches maxillaires etlinguales
de ce pddicule, apr^s fracture prealable de la symphyse.

II est certainement regrettable que la marche du travail n'ait pas
et6 observee et que nous ignorions comment s'est effectuee revolution



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S04 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

fetale; mais la faute n'en est point h M. Lafont qui, comnie nous Ta-
vons d6]h dit, ne fut appel6 qu'^ la dernifere heure et quand deux jours
entiers s'^laienl ecoul^s d^j^ depuisle debut des douleurs. A son arri-
v^e, la t^te etait h lavulve, c'est-^-dire que la nature avail d(^.j^ trioro-
ph6 de Tobstacle. Je laisse, du reste, h mes savants collogues de la
section d'accouchements le soin de nous dire ce qu'ils pensent de ce
cas special de dystocie, etapr^s avoir indique que les suites de couche
furent tout h fait naturelles, je vais passer h Texpos^ anatoraique.

La tumeur est d'une consistance ferme, rappelant cello des corps
fibreux ut^rins ; Qh et 1^ cependant elle pr^sente des points fluctuant?,
limil^s, qui r^pondent^ des cavites superficielles remplies de liquids,
et des points tr5s-durs correspondant a des noyaux cartila^ineux el
osseux.

La surface, sauf au niveau dela decbirure, est partout recouverle
d'une couche d'^pith^lium pavimenteux stratifie, de m6me nature
que celui de la bouche. Sur lad^chirure et kson pourtour,on retrouve
des debris de la muqueuse et des muscles de la langue ; au centre, des
fragments de lasymphyse maxillaire.

Les coupes, pratiqu6es dans la partie centrale, de fa^on neanmoins
h ne pas deteriorer la pi^ce, montrent que la masse morbide est con-
stitute par une gangue libreuse, des kystes et des noyaux cartilngi-
neux et osseux.

L'examen microscopique a Tetat frais ou aprfes les preparations pre-
liminaires usit^es r^vdle la structure intime de qes parties compo-
santes.

La gangue fibreuse renferme tons les elements du tissu conjonclif :
faisceaux flbreux, cellules fusiformes en grand nombre, cellules eloi-
I^es formant des mailles eldgantes remplies de mati^rr amorphe, cel-
lules embryonnaires en amas plus ou moins regaliers, gk et \h des
cellules k cils vibratiles.

Les kystes, tr^s-nombreux et repartis dans tous les points de la
tumeur, varient beaucoup de volume ctd'aspect; le liqiiidequ'ils ren-
ferment, plus ou moins visqueux, contient ii Tetat libre une grande
quantity de cellules epitheliales, les unes pavimenteusrs, les aulres
cylindriques, dont quelques-unes, remplies de mati^re collolde, sonl
tr6s-volumineuses, arrondies, translucides et munies d'un noyau bien
net. Les parois sont tapiss^es des mftmes cellules, cVst-a-dire d'epi-
th^lium pavimenteux pour les unes, et pour les autresd'epith^liuni
cylindrique trds-allonge et tr^s-r^gulier.



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REVUE DES SOClfiTES SAVANTES. 505

Les noyaux cartilagineux sont de petit volume et composes de car-
tilage hyalin.

Les masses osseuses irreguli^res, perdues dans la gangue fibreuse
et dans les cloisons interkystiques n'ont aucune forme precise rappe-
lant des pieces du squelette; elles sont dispose en aiguilles, en la-
melles rameuses et compos^es de tissu osseux bien form^.

NuUe part, on n'a trouv^ de nerfs, et Iqs vaisseaux sanguins eux-
m^mes sont en tr6s-petit nombre. En somme, cette structure peu
compliqude ddmontre qu'il ne s'agit ici ni d'une inclusion foetale, ni
d'un de ces monstres d^crits par Geoflfroy Saint-Hilaire sous le nom
d'^pignathes, ni m6me d*un kyste dermolde; c'est purement etsim-
plement un ndoplasme qui non-seulement adhere au maxillaire inf(^-
rieur, mais encore prpvient de cet os lui-m6me. En d*autres termes,
il s'agit d'une tumeur fibro-kystique ne difRrant de celles que Ton
observe parfois chez Tadulte que par son d^veloppement precoce re-
montant ft la p^riode embryonnaire. II est Evident que la production
morbide part de la symphyse, ce qui explique d'abord pourquoi elle
renferme des amas d'^pith^lium h cils vibratiles. On sait en effet
qu'en ce point viennent de tr^s-bonne heurjB se souder sur la ligne
mediane les exlr^mites du premier arc bronchial qui normalementest
tapissepar unecouche d'6pith61ium cili^.

Quant aux kystes, ils ont certainement pour origine les foUicules
dentaires; les Epitheliums pavimenteux et cylindriques qu'ils renfer-
ment rappellent exactement ceuxqu'on trouvedans Torgane de TEmail
et dans le revMement du germe denlaire; elles-mfimes, les cellules
etoilEes de la gangue. rcpresentent celles du tissu g^lalineux de Tor-
gane adamantin.

A la v(5rite, la multiplication des cavit^s kystiques legitime au pre- .
mier abord une objection serieuse, qui a ct6 formulae 06\h pour los
tumeurs semblables de TAge adulte. On s'explique mal comment le
pelit nombre de Ibllicules dentaires pourrait suffire h produire des
cavites closes en aussi grand nombre, de volume si variable, et ne
renfermant d'ailleurs nulle trace des parties constituantes des dents.
Si bien fondle qu'elle paraisse d'abord, cette objection n'est pas irre-
futable. Quand on jette les yeux sur les planches annexdes au mdmoire
de MM. Legros et Magitot {Origine et formation du follicule dentaire.
Journal d'anaiomie et de physiologie de Robin, septembre et octobre
1873), on Qpnstate Texistence temporaire, dans Tepaisseur rafime du
maxillaire, d'unsysteme de canaux rameux remplis d'Epithdlium, et il
n'est point d^fendu de croire que cette disposition, modifide par un



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»06 ^EVUE DES SOCIETES SAVANTES.

travail pathologique, puisse donner naissance, et cela en quantity
indefinie, ^ des cavit^s ofTrant les caract5res des kystes. II. se passe*
rait 1^ quelque chose d'analogue h ce qui a 616 d6cv\i pour les kystes
de Tovaire.

Je ne presente cette hypothfese qu'avec reserve, mais dans I'espoir
qu'olle aidera k rdsoudre un point obscur de la pathologie, pourtant
si avancee, des os maxillaires. Le fait que je viens de rapporter n'est
probablemenl pas sans analogic dans la science, et il me semble que
des cas comparables existent dans un travail de M. le D' Ahlfeld (de
Leipzig) (1), et sont cites fort k tort comme des exemples d'epigna-
thisme.

DISCUSSION.

M. Depaul. J'ei 6coui6 avec le plus grand int^rfit la communica-
tion de M. Verneuil, mais j'avoue qu'au vu dela pi^ce, je ne me sens
pas du tout port6 h partager son opinion sur la nature de cette tumeur.
II n'est pas rare d'en trouver de semblables sur les foetus dans diverses
regions, soit au perinee, soit ailleurs, et on les explique g^neralement
avec raison paries produitsd'une inclusion foetale. Dans le mus^e de
la Maternity, j'ai vu les rooulages d'une pi6ce qui ressemble beaucoup
h celle que M. Verneuil nous a pr^sentde, sauf que le second foetus est
infiniment mieux reconnaissable. Le premier foetus ayant cet autre ad-
herent k sa mAchoire, semble le porter dans sa bouche, k lafagon d*un
chien. On comprend qu'on trouve dans des tumeurs ainsi form^es de
debris foetaux, des noyaux osseux, des cellules cartilagineuses, des
epitheliums cylindriques pavimenteux et vibratiles; mais comment
done M. Verneuil expliquerait-il ces portions d'os, de cartilage, etc.,
dans .rhypothese d'une tumeur fibro-kystique? M. Verneuil a tr^-
. bien fait de faire des reserves prudentes.

M. Verneuil. Mes reserves n'ont pas port^ sur la nature de la
tumeur, que je regarde comme certainement fibro-cystique. Jen'ad-
mets pas qu'il y ait ici de second foBtus. En fait d'os, il y a seulement
de simples Elements osseux, qu'il faut distiiiguer avec soin des vrais
morceaux d'os reconnaissables dans le cas d'inclusion foetale; dans
ce cas, d'ailleurs, j'expliquerais la presence d'os et de cartilage par
I'origine de la tumeur dans la symphyse du maxillaire. II faut obser-



(I) Ce m^moire est intitule : Contribution a VHude desjumeaux^ a paru dans
les Archiv. fur Gynxckologie, t. IV, fasc. 'i. On en trouvo la traduction dans
les Annates de gyn^cotogie de Pajot, Courty et Gallard, t. Ill, mai i87o.
p. 369.



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REVUE DES SOGIETES SAVANTES. H07

ver qu'elle a entraind une portion de cette symphyse en se ddtachant
du corps dePenfant.

M. Depaul. II est vrai qu'il y a eu fracture de la symphyse, h la-
quelle adh6rait extdrieurement la tumeur par un tissu (ibreux ; mais il
paralt certain que cet os n'dtait pas malade. On lui rend sa forme nor-
male en en rapprochant les fragments. Or, pour qu'il edt donne nais-
san'^e a une tumeur aussi considerable, s'il etait vrai que cette tumeur
provlnt en effet du maxillaire, il aurait fallu que cet os fOt malade, et
non-seulement au niveau de cette fracture, mais dans les points envi-
ronnants. M. Verneuil, qui voulait emettre cette hypoth^se, aurait dii
s'assurer d'abord au microscope de I'existence de quelque alteration
osseuse invisible h Toeil nu. II ne me semble pas douteux que ce soit
1^ UQ nouveau cas d'dpignathisnie.

SOCIETE DE CHIRURQIE.

Seance du U juiUet 1874.

Anus imperfor^. — Communication du rectum avec la vessie.— Ope-
ration. — Meconium solide. — Mort. — Autopsie- — Viee de con-
formation de l^oBsophage qui communique avec la traqh^e.

M. PoLAiLLON communique a la Societo la relation d'un cas inl6-
ppssant qui s'est prdsente dans son service de la Maternity. Un enfant
male etait ne le 30 mai vers qualre heures du soir, avec toules les ap-
parences d'une bonne sante, mais avec un defaut de developpement
fies membreis sup^rieurs, qui n'avaient pas de radius et ^taienl termir^s
par des mains bottes. De plus Tanus etait imperfor^. II prit bientdt le
sein, mais il vomissait immedialement apres chaque tet^e. L'urine
etait claire et normale, non melangee de meconium, mais des gaz
s'echappaient par Tur^thre. M. Polaillon fit I'operation le3l mai. La
recherche de Fampoule rectalesitueetres-hautprdsenta des difficultes,
et le chirurgieane le d^couvrit qu'en introduisant par Turethre une
sonde qui pen^tra heureusement par la communication rectale el vint
faire saillie avec I'extrdmite du rectum dans Tincision perindale. Le
rectum fut sutilr^ k lapeau, et I'incision faite h ce niveau donna issue
a trente ou quarante bouletles ressemblant h des excrements de lapin,
formees par du meconium solidifi6, enduites d'un mucus jaunMre.
La respiration etait peu g^nee, malgre des mucosites abondanles qui
(^taient expulsees avec I'air. Pas de garde-robe. Un lavement admi-
nistr^ fut rendu ?eul. Un purgatiffut vomi k I'instant. L'enfant suc-
comba.

A Tautopsie, on decouvrit que I'opsophage se terminait dans la tra-



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508 REVUE DES SOGIETES SAVANTES.

chde. M. Perier a rapporte il y a deux ans un cas ou Toesophage elait
termini par un cul-de-sac, tandis que la trachce offrait un orifice com-
muniquant avec Testomac. Ces observations sont rares. On en comple
seulement huit ou dix. Elles s'expliquent par le mode de formation
de ces organes chez le foetus. L'intestin gr^le et le gros inlestin elalent
normaux. Tout le meconium s'etait ecoule park voie facile que lui
avail ouverte reparation, mais h TeLat solide. On constatait Texislence
d'un ^troit orifice entre la face ant^rieure du rectum et le canal de
Tur^thre, communication qui n'est pas tr^s-rare chez les gar^ons dans
les cas d'imperlbration de I'anus. M. Polaillon insiste sur les poinLs
suivants: !<> T^tat solide du meconium apporle de grandes hesitations
dans la recherche de Tampoule reclale, en ne permettant pas la saillie
qu'on pent lui faire faire vers le pdrin^e par la pression de Tabdomen,



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