William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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lorsque le meconium est liquide ; 2® le chirurgicn a ^16 dans la neces-
site d<5 prolonger Fincision p^rin^ale assez loin en arri^re. II a prefere
rincision longitudihale du coccyx avec des ciseaux ^ la resection do cet
OS pr^conisde par M. Verneuil; 3* il n'y avail pas eu ]k une malfor-
mation irremediable, que serait devenue la communication avec Fu-
r5thre? M. Polaillon pensequ'ellese' serait obliter^e. On Pa observee
plus souvent avec la vessie qu'avec rurfethre.L'afironlementdelapeau
avec le rectum est utile; mais, si lesfils vienntnt & eouper les tissus,
on peul esp^rer que la reunion se fera neanmoins si Ton soigne
convenablement la plaie.

DISCUSSION.

M. GiRALDBS n'a jamais observe la disposition de meconium en bou-
leltes sur plus de cent enfants qu'il a op^r^s d'une imperlbralion de
Tanus. — II est toujours necessaire de suturer les membranes ti la
peau. Quand Tampoule rectale est plac^e tr^s-haut, la raethode de
M. Verneuil permet de faire cette suture facilement. — La communi-
cation avec les organes genito-urinaires peut s'obliterer seule, mais
cela n'a pas toujours lieu tout de suite. M. Giraldfes Ta vue persisler
chez des enfants de 2 ans.

M. Terrier demande si, comme signe de la lesion de Tcesophage,
il n'y aurait pas une relation entre la solidite du meconium et Timpo?-
sibilite d'avaler des liquides.

M. Despres a opere h Cochin un enfant de 4 jours chez lequel
il a observe une communication de Fintestin avec les organes uri-
naires. II n'avait ni reseque le coccyx, comme M. Verneuil, ni sec-
tionne, comme Fa fait M. Polaillon, mais il avail fait uno incision
sur un des bords de cet os. — L'enfant, qui rendait son meconium



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REVUE PES SOCIETES SAVANTES. b09

iivec Turine, n'en rendait plus aprte trois jours. 11 n'y avail plus de
gttz apr^s quinze jours. L'oblit^ration peut done se faire nalurelle-
ment.

M. GuENioT demande comment M. PoJaillon a eu la certitude que
c'etait bien le rectum et non la vessie qu'il tenait au bout de sa sonde.
11 ddsirerait savoir aussi si la concretion du meconium a eu une cause
apparenle h Tautopsie dans la disposition de I'inteslin ou du foie.

M. PoLAiLLON r^pond h M. Terrier qu'on n'a jamais reconnu sur le
vivant, sauFdans le cas de M. Perrier, cette imperlbralion de Tceso-
phage. A la question posde par M. Gudniot, il rdpond quMla hesitd en
efl'et, mais qu'il a fait Tincision malgrd ses doutes, ayant une chance
pour rdussir et ne pouvant pas laisser Tenfant sans opt§ration. Mieux '
eiit valu crder une fistule vesico-anale par ou le meconium eAt pu
s'dcouler que de ne rien faire. On aurait pu plus tard remddier h cette
infirmity. Quant h la cause de la concretion du mdconiura, ne pourrait-
ejle pas 6tre un signe de i'absence de communication du tube digestif
avec ses orifices anterieur et supdrieur ? .

M. Despres penseque le diagrtostic de la Idsion de Toesophage pou-
vait 6tre dtabli d'aprfes Tabsence du ballonnement du ventre et les
vomissements suivant immediatement Tingestion des liquides.
[M. Paulet rdpond h M. Terrier que, puisque le meconium dtait
liquide dans les dix autres cas cites d'imperforation de Tcesopbage, le
meconium concret ne peut 6treun signe de ce vice.

M. GuENiOT. C'est une erreur de croire que le foetus avale du li-
quide amniotique, quoique cela soit dit dans les livres. Le liquide
amniotique est fourni par la secretion du foie et des glandes intesti-
nales.

M. Lucas-Championniere. L'absence de ballonnement du ventre, sur
laquelle M. Despres voudrait etallir le diagnostic de Timperforation
de roBSophage, n'est pas un fait rare dans les cas d'imperforation de
lanus. Souvent, apres vingt-quatre heures, le ballonnement est tr6s-
mod6r6 et n'appelle m^me pasTattenlion des parents.

M. PoLAiLLON. Le ventre decet enfant etait gros, mais non ballonnd,
ce qui peut s'expliquer par la communication de Tintest in avec Tur^t hre,
qui permettait Tissue des paz.

M. GiRALDES. Les enfants qui prdsentent cette communication du
rectum ?ivec la vessie sont, a cause de cela, ceux qui peuvent vivre
le plus longtemps avant que I'operation de Tanus imperford soit pra-
liqude.



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o i REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

SOClllTE DE BIOLOGIE.

Seance du ^ juin 1875.

M. de Sinety fait la communication suivante :

Pendant longtemps on a cru que J'ovaire restait dans un eLat com-
pleL de repos jusqu'^ T^poque de la puberte, et Coste, dans son beau
travail sur le d^veloppement des corps organises, dit que, « pendant la
premiere periode de i'existence des femelles, c'est-^-dire depuis la
naissance jusqu'au moment oh elJes sont aptes a se reproduire, les
CEufs qui se forment d'assez bonne heure pour qu'on puisse dejSi en de-
couvrir dans les ovaires des foetus h Lerine, vivent d'une vie latente,
restent stationnaires, et ne commencent reellement ^ grandir qu'aux
approches de la puberty » li).

Mais les progres de Thistologie ayant perrais de mieux observer les
fails, on a vu que, chez renfaht, les fpllicules de Graaf prenaient sou-
vent un d^veloppement considerable, el que sur des ovaires de jeunes
fillesnon puberes, on trouvait des cicatrices resullant de follicules dis-
parus. Waldeyer, dans son travail surTovaire, ledil tres-netlement ;
et les details de ce processus (auquel il a donne le nom d'atrdsie du
follicule) ont ^16 etudi^s par M. Slawianski (de Sainl-Pelersbourg)
dans deux m^moires sur ce sujet (:2).

J'ai eu celte anneeToccasiond'examiner un grand nombre d'ovaires
provenant de sujets de diflerents4geset principalementd'enfantsnou-
veau-n^s (dont deux mort-nc^s, lues par cephalolripsie, m'ontfourni
des organes frais et normaux). J'ai observe, sur ces ovaires, que tres-
souvent,au moment de la naissance, on trouvait dejk des follicules de
Graaf parfailement visibles h Toeil nu. Les plus developp^sse Irouvent
toujours dans le voisinage du bile. A celte epoque, la partie vascu-
laire qui devientplus lard la couche mc^dullaire, est presque comple-
tement situee hors de Tovaire el forme une esp^co de pedicule qui
supporle i'ovaire, h peu pr^s comme le pied d'un champignon en sup-
porle le chapeau. Dans ce pedicule on trouve de gros vaisseaux qui pe-



(I) Coste, D^veloppement des corps oryanisis. Paris. 18*7, p. 487.
{"2) Slawianski, Archives de Wirchow, t. LT, p. 470, et Archives dr physio-
logic, 1874, p. 213.



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REVUE DES SOGIETES SAVANTES. o\ I

netrent h peine dans Povaire proprement dit, ce dernier conlenant,
dissemines sur tons ces points, des ovules k divers ^tats de d^velop-
pement. J'ai vu assez souvent, dans les quelques jours qui suivent la
naissance, un certain nombre de follicules de Graaf acqu^rir des di-
mensions considerables et former ainsi une serie de veritables kystes.

Dans tous ces kystes, j'ai invariablement trouve des ovules qui ne
pouvaient laisser aucun doute sur Torigine de ces productions. Au-
dessous de ces kystes, j'ai constate plusieurs cicatrices, plus ou moins
revenues surelles-m^raes, et qui demontraient que les follicules ainsi
hypertrophies pouvaient se resorber.

Cette pouss^e, qui se fait du c6te des ovaires au moment de la nais-
sance, est-elle en rapport avec ce qui se produit du cote de la glande
mammaire? Je serais port^ h Padmettre, quoique le nombre de faits
dont je dispose ne soit pas encore suffisant pour m'auloriserk affirraer
ce rapport comme un fait constant.

De m^me que, dans la mamelle de Penfant, la congestion qui ac-
compagne la production du lait depasse quelquefois les limite? physio-
Jogiques. pour donner lieu h des mammites elk des abc6s, de raerae
aussi ce developperaent des follicules de Graaf, que j'ai observe dans
tous les ovaires que j'ai pu ^tudier, prend, dans certains cas, des pro-
portions exag^r^es, et nous avons alors ces ovaires kystiques qu'on
rencontre si souvent chez les tres-jeunes enfants.

II serait interessant aussi d'etudier ce qui se passe du c6te des testi-
cules chez Penfant m41e, qui, comme je Pai d^montr^, possede a ce mo-
ment de la vie la m6me propri(3t6 lactif^re que la femelle.

On peut encore rapprocher de ces faits ceux bien connus d^nflam-
mations de la mamelle qui se developpent au moment de la puberte
dans les deux sexes, et qui paraissenten connexion avec les transfor-
mations qui se passent du cdt6 des organes gdnitaux ^ cette p^riode de
la vie.

Le developpement des follicules de Graaf, chez les enfants, est aussi
en rapport avec la forme et la constitution de Povaire aux difierents
4ges.

Les cicatrices resultant de Patr^sie de ces follicules font penetrer de
plus en plus dans Povaire le tissu conjonctif et les vaisseaux, et re-
poussent avec la peripherie la'couche contenant des ovules.

Dans cette couche, ce sont toujours les follicules de Graaf situes le
plus loin de la surface et par consequent le plus pr^sdes parties vascu-
laires qui sont le plus devv^loppes. On dirait que. recevant plus de nour-



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o 1 2 RKVUE DES SOCIKTES SAVANTES.

rilure, ils vivent d'une vie plus active, etcela aussi bien dans I'enfance
que pendant la p^riode d'activil.6 g^nitale.

En examinant les ovaires depuis Tepoquedeleur apparition pendan
la vie intra-ut^ine jusqu'au moment de la naissance, on voit que la
division de Tovaire en deux parties, substance corticale et substance
m^dullaire, ne pent pas 6tre admise a cet Age. Chez le nouveau-ne,
commeje Tai dit au debut de cette communication, ce qui devienl
plus tard la substance corticale constilue toutl'ovaire, et on trouvedes
ovules sur tous les points de cet organe. La future substance medul-
laire n'y existe qu'k I'^tat rudimentaire et est alors representee par ce
que j'appellerais volontiers le p^dicule de Tovaire.



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE.

Oes propri^t^s physiologiqnes da bromure de camphre (camphre
monobrom^ de Wurtz) et de ses usages th^rapeutiques, par le docteur
L. Pathault, in-8<*, 4. fr. 25. Paris, Adrien Delahaye, 6diteur.

II BiennoGlinico 1873-74, nella R.Scuola de Ostetricia di Milano, diretta
per prof. Domenico Chi ARi. Milano, stabilimento^i A. Zanaboni.



J^e secretaire de la redaction^ yet'ont : De Suyrk.



laris. — Typ. A. PARENT, rue Monsieup-le-Prlnce, 29 et 31 .



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ARCHIVES

DE TOGOLOGIE.



DES



MALADIES DES FEMMES



BT



DES ENFANTS ITOUYEAU-ITlfiS.



MEMOIKES ORIGINAUX



CONTRIBUTION A l'eTUDE DES ANOMALIES DU SYST^MB DENTAIRE
CHEZ l'hOMME ET LES MAMMIFERE3

DES ANOMALIES DE L'MUPTION

{Suile el fin)

Parle D' K. Mai^iiot,

Membre de la Soci^lc de chirurgie, etc.



§ :2. — Eruption prtcoce,

L'eruption precoce des dents doit etre envisagee success! vemenl
aux deux denlitions iemporaire et definitive. A la premiere dentition,
le ph^nomene a 6te de tout temps signale. C'^tait un prejug^ tr^s-
repandu chez les anciens que de grandes destinees attendaient les en-
lants m&lesnaissant.avec des dents, tandis que chez les filles, ce signe
dtait an contraire nefaste. Deux Romains, Curius, surnomm6 Denta-
tus, et Papirius Carbon, ^talent, suivant Pline, n^s avec des dents (i).

Dans les temps modernes, on connait les pr^tendus examples de
Louis XIV, de Mirabcau et quelqucs autres encore.

(I) Histoirc uaturcllc, liv. vii, c\\ix\u {\\.

Archives dc Tocoloqie, — septembue 187;'). 33



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<14 MfiMOIRES ORIGINAUX.

Ces fails, d'ailleurs, sont tr6s-rdels; nous en avons [)arle d(\\h plus
haut, et nous pouvons en citer un certain nombre parfailement au-
thentiques. Outre 'les cas de dents observdss h la naissance par
MM. Tarnier, Gueniot (i), Masse (2), M. Girald^s en a signale un de
son c6t(5 (3); MM. Sappey eLThore(4.) rapporlent aussi des fails d'appa-
rition sinon k la naissance, du moins dans l^s premiers temps de la
vie.M. Andr^ Sanson nous a signaled rdcemment un exeraple d'druplion
des deux incisives centrales inf^rieures ^ la naissance, observe sur
son propre fils, et nous-m^me nous en avons rencontre un chez un
enfant m&le bien d^velopp(5 et u terme. C'est en assistant, en 18G0,
un medecin d'une locality dU Pas-de-Calais que nous avons rencontre
ce fait : les parents, cultivateursaises, elaient d'une excellcnte sante,
efn'avaient, ni Tun ni I'autre, prdsent^ rien d'analogu^. Chez le sujet,
le bord libre des incisives centrales inferieures elait parfailement vi-
sible hors de la muqueuse.

On voit done qu'il ne faudrait pas,avec M. Blot (5),r6voquer en doute
les fails d'^ruption dentaire h la naissance. Get observaleur assure, en
effet, que, sur plus de 20,000 naissances, il n'a observe aucun cas
d'i§ruption. II ne faudrait pas non plus les croire aussi communs que
le voudraient MM. Besnier et Gueniot (6), qui prdtendent que dctels
exemples sont familiers aux matrones et aux sages-femmes, qui au-
raient I'habitude de praliquer Tablation de ces dents d5s le lendemain
de la naissance. Un praticien anglais, M. Gartwrighl,(7) conseille raeme
formellement cette pratique, affirmant qu'elle n'est nuUemcni nuisible
et que la perte de substance persislc sans rapprochement des dents
voisines et sans troubler revolution des dents permanentes, qui appa-
raissent r^guli^rement h I'e^poque ordinaire.

Nous comprenons toutefois fort bien les re'scrves qu'inspirent k
M. Blot les r^cits si nombreux de ces cas d'cruption k la naissance ;
ils sont si rarement observes avec un soin et une rigueur suffisants :
le plus souvent, ce sont des gens du monde, des parents qui se bor-

(1) Bull, de therapeutiquc, 187:*), p. 30.
(-2) Momc recueil, i874, p. 500.

(3) Cornptes-rendus el M6moiresdc la Soc. de biologic, 18G0, p. 9.

(4) Comptes-renduset M6moirc3 de laSoo. de biologic, (8r>9, p. 41 cto5.

(5) Voy. Bulletins de la Society de Ghirurgie de Paris, 1868, p. 185, siance
du 6 mai.

(6) Eod. loc.

(7) Transactions of the odontological Society of London, 1863, p. 132.



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ANOMALIES DU SYSTfiMK DENTAIRE. 5!5

neiiL a placer les doigts sur Tarcade dentaire d'un houveau-n6 et qui,
sentant alors ce bord si dur que forme Ic bourrelet gingival, h cetie
epoque, en concluent parlbis, sans plus ample examen, h Texislence de
dents sorties au dehors.

Un autre o'oservaleur qui, dans une pratique obstdtricale d^ji lon-
gue n'avait pas encore recueilli de fails d'^ruption k la naissance,
M. Mattei (I) vienttout r^cemment d'en rencontrer un qu'il a pu ob-
server directement et qui ofTre, par cons(5quent, loute garantie: L'en-
fant6lait n^ h lerme. C'et*ait une fille qui prdsentait, visibles,les deux
dents incisives centrales inf^rieures. M. Mattei parle encore, dans sa
reJalion, d'autres cas analogues qui lui cnt ^t^ rapport6s, •mais,
comme il n'a pu les constater directement, nous ne nous y arr^te-
rons pas.

Ges fails restent, en definitive, en nombreassezrestreint.Aussisom-
mes-nouspris de doule ^ noire tour,lorsque nous lisons, par exemple,
le r^cit que M. Tabbe Pelitot adresse h la Soci6l6 d'anthropologie de
Paris (2), el dans lequel il affirme que, chez les peuplades indiennes
de I'Ameriqae arclique, les enfants naissent souvent avec des dents.
Noussommesdgalementsurpris des reflexions que M. Broca(3)apre-
sentees ^ cetle occasion et oil il assure que des Eruptions de deux ou
de quatrc incisives ne sont pas rares chez les nouveau-n^s de notre
pays. Nous insislerons done avec M. Blot sur la n^cessite que de teh
fails soienl recueillisjpar des personncs compelentes, des m^decins
par exemple, qui, sans se borner h lAler du doigt le bord gingival,
constatent de t^wwrexistenced'unedentet donnenlainsi h cesexemples
les garanties d'une observation rigoureuse.

Dans lous les cas, ainsi qu'on le voit, Tdruption anticip^e ne porte
pas necessairement sur Tensemble de la dentition temporairc, mais le
plus ordinairement sur une ou deux pit^ces du syst^me denlaire, les
autres restanl incluses dans les maxillaires jusqu'^ I'epoque de sortie
iiorraale. Toulcs les dents de la serie n'^prouvent done nullemenlla
m^me precocite r^gulifere et proportionnelle, el celles qui sont ainsi
premalurement sorties ne sont pas suivies dans les delais ordinaires
paries evolutions ultdrieures.

Touterois il faudrait bien se garder d'une erreur qui consislerait h

(1) Uniomncdicale, 1875, 1-i juin, p. 870.

(-2) Voyez Bulletins de la Soc. d*anthropologie, 4875, p. 246.

(3) Voyez inOme recueil, loc. cit,, m^me page.



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S i 6 MEMOIRES ORIGINAUX.

consid^rer ces faits.d 'Eruption pr6coce comme une dentition suppl^-
mentaire en m6me temps que prematur^e. Car ]es dents ainsi parues
avant l*6poque physiologique continuent de faire partie de la s^rie
dentaire h laquelle elles appartiennent.

II rdsulte de 1^ que des dents sorties, par exemple, ^ la naissance,
lorsqu'elles ne sont point enlevees avec Tongle par les matrones ou
les nourrices, ou [qu'elles n'ont pas subi d'^liminalion par suite de
circonstances pathdlogiques, conservent leur position normaleetn'ef-
fectuent pas n^cessairement leur chute ult^rieure ^ une ^poque plus
pr^coce. Les cas de cet ordre ne r^prfeentent done, en d^Gnitive,
qu'une avance de quatre ii huit raois environ sur la date normale de
r^ruption, puisque c'est en moyenne vers le septi5me mois qu'appa-
ralt la premifere dent.

Les causes de T^ruption anticip6e d'une ou de plusieurs dents chez
les nouveau-n^s nous echappent enti^rement, et il ne laudrait pas
croire, comme le veulent certains auteurs, qu'elle s'observe particulie-
remenl chez des sujets i organisiation et constitution robustes, sous
rinflucnce d'une sorte de suractivit^ vitalc et fonctionnelle. Cela n'est
pas absolu et il existe un certain nombre de laits d'une notable preco-
city m^me chez des enfants d^biles ou alTectes de diatheses comme la
syphilis, par exemple. Toutefois il est incontestable que T^ruption
pr^maturfe ^ la naissance pout devenir la cause des accidents dits de
dentition h cette p^riode. La raison anatomique est certainement Tef-
fort exerc(5 sur les gencives, non prdpar^es et encore dures et resis-
tantes, par la couronne en voie d'^ruption, d'ou les actions reflexes
soit sur le tube digestif (diarrh^e, entente), soit sur les centres ner-
veux (^clampsie, etc.), soit sur d'autres appareils, sans prejudice des
l&ions locales, stomatite, abc5s, gangrene des follicules, etc.

D'autres fois, en effet, la sortie pr^matur^e d'une dent entraine, au
sein des follicules, la production de d^sordres plus ou moins graves :
phlegmon du sac et elimination deson contenu, comme dans les cas de
MM. Masse et Guc^niot (1). M. Fauvelle, de Laon(2),a cit(5 un exemple
de projection hors des m^choires de follicules prematureraent de-
velopp^s. M. P^rier en rapporte un autre avec h^matocdle ou kyste
folliculaire (3). Enfln, dans un fait d'eruption h la naissance, des acci-



(i; Voy. Bulletin de thOrapeulique, 1874, p. 500, et 4875, p. 30.
("2) Bulletin de la Soc. m6dicale de TAisne, 1874, p. 85.
(3) Bulletin et M^moire de la Soci6t6 de chirurgie, 1875.



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ANOMALIES DU SYSTfeMK DENTAIRE. 517

dents du c6t6 de la Jangue, ulceration du frein et de Ja face inK-
rieure, ont oblige 4 pratiquer Textraotion de deux incisives (1).

Nous avons dit tout k Theure que la prdcocitd dans T^ruption de la
dentition temporaire n'exerce pas n^cessairement une influence soit
sur la chute normale, soit sur Tapparition de la seconde dentition.
Toutefois nous avons observe deux fois une relation dans la precocity
dosdeux dentitions cbez deux enfants, dont nous avons pu suivre Ten-
somble de revolution dentaire. Tout Tensemble du syst5me dentaire
titait ainsien avance et d'une maniSre r^guli^re d'environ six mois
sur les moyennes d'observation.

L*6ruption anticipde d'une dent temporaire pent amener au dehors
une dent de forme normale, mais, dans un certain nombre de cas,
la dent, pr^maturement sortie, pr^sente des caract^res anormaux
comme une petite monstruosit^, parfois c'est une dent atrophique
conoTde ayant Taspect d'une dent surnumeraire.

Pour la dentition permanente, T^ruption anticip^e s'observe de la
m^me manifere h un intervalle de temps plus ou moins grand avant
Tepoque normale. Seulement cette anomalie pr^sente alors une bien
plus grande importance et des inconvenients beaucoup plus sdrieux
que dans la premiere dentition, attendu que I'eruption d'une dent
permanente, survenantau milieu des dents temporaires, rencontre de
la part de celles-ci des obstacles qui entralnent la production de
desordres varies, C'est mSme dans ces circonstances que se produisent
Ics anomalies de direction comme celles que nous aurons h decrire dans
lino autre partie de ces etudes.

L'druption pr^coce d'une dent permanente produit done iram^dia-
tument, si elle n'est point prdc^dde de la chute correspondante d'une
dent de lait, une augmentation numdrique du syst^me dentaire relati-
vemc-nt^r&gedusujetquipresentecephenomene. Ellepeut porter sur
diverses esptees de dents. Ainsi, suivant I'ordre de frequence de cette
anomalie, nous signalerons d'abord la pr^mifere grosse molaire qui
apparait, comme on sait, normal ement h la sixifeme annee, etpeut
devancer cette ^poque d'une ann^e et mtoe de deux ans. Nous Tavons
vue apparaitre h 4 ans; puis les incisives inf^rieures ou supe-
rieures qui peuvent ^prouver le m^me avancement d*un an ou deux
et qui alors se placeront le plus souvent en dedans de Tarcade en ar-

(1) Voir robservation de M. le D' A. Dumas, de Cette, in Union m6di-
cale, 1875, p. 117. .



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iiS MAMOIRBS OHIGINAUX.

riSre des dents lemporaires correspondantes et produiront ainsi une
difformil^ qui a ^W souvent designee sous le nom de doubie rangk
de dents.

Les prdmolaires pr^sentent rarement une avance notable dans la
sortie; 11 en est de mSrae de la caninequi, au contraire, tarde parfois w
longtemps h paraitre que les dents voisines peuvent effectuer un cer-
tain rapprochement Tune vers Tautre et ne luilaisser dfes lors qu*une
place insuffisante, C'est^ cette particularity qu'est ordinairementdue
cette deviation des canines consistant dans leur saillie extreme, soit
au devant de Tarcade dans la fosse canine, soit enarriSredanslavoftte
palatine.

Quant ^ la conduite h, tenir en pareille oirconstance, elle varie
suivant les indications des cas particuliers. Pour la dentition tem-
poraire aucune intervention ne nous parait autorisee et nous bUme-
rions absolument la pr^tendue pratique des matrones, malgr6 les
inconv^nients que pent presenter poiir la nourrice rexistenced*uneou
dedeux dents chez lenouveau-n^.

Pour la seconde dentition, au contraire, intervention est aou'
vent indiqu6e. Ainsi , lorsqu'une dent pernaanente , apparaissant
avant la chute d'aucune des teraporaires, eprouve des deviations de di-
versgenres,il est n6cessairementindiqu6do fairole sacrifice d'une ou de
plusieursdesderni6res pourprovoquer leredressementet leclassement
r^gulier de la dent device. Dans certains autres cas, il y a lieu d'uppli-
quer desappareils varids, destines h reduire les m6me8 deviations. Ges
faits appartiennent d'ailleurs ^ IMtude des anomalies de direction,

§ 3. — Vintfption tardive,

L'druption tardive des dents est bien plus commune que Tanomalie
pr^cddentepar cette raisongdn^rale que les retards ou'ralentissements
dans les phenom6nes d'dvolution des organes sont bien plus frequents
que les exemples de prdcocite et de suractivitd physiologique. .

En ce qui concerne 1& dentition temporaire, les retards dans revo-
lution s'observent le plus commundmentchez lesenfarvts qui apportent
h la naissance un etat maladif aigu ou chronique ct plus particuli^re-
ment unediath^se hereditaire. Nous avons deja signalo plus haut Tin-
fluence qu'exerce h, cet 6gard la scrofule, le rachilisrao, la crelinisme,
Ja microcephalic et m^me la syphilis hereditaire. Dans un releve dresse
Sirhdpital de Manchester (i), on a constate que sur 72 enfants mal

(1) Whitehead Hind reports of clinical hospital, 1859,



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ANOMALIES DU SYSTfiMB DVNTAIRE. 519

conformds, la plupart rachitiques, il y en avail 24 chez lesquels la den-
tition n'avait pas commence au 12*etau i3°mois.M.Girald6s a montr6
h la Societe de biologie (1) le crdne d'un enfant rachitique &g6 de W
mois, chez lequel la dentition n'avait pas encore commence, bien
qu'on trouv&t toutes les dents incluses dans la mdchoire.

Ces retards sont en general de plusieurs mois, souvent mSmo de six
mois, parfois mSme d'une ou deux annexes, ce qui s'observe par
excmple chez les syphilitiques, les idiots. Dans un caa que noua avons
personnellement observe, deux enfants nes suocessivement d'une
femme a antecedents scrofuleux n'ont eu leur premiere dent qu'au
14" mois. Nous ne parlons ici, comme on le pense bien, que dea cas de



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