William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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engorgement. Je crois qu'il a disparu ^ cause desabusth^rapeutiques
Huxquels on s'^lait livru contre lui, et je voudrais voir revenir ce mot
dans la pathologic uterine, non comme indiquant,d'apres M. Court^',
une sorle d'entit^ morbide sp^ciale et peu connue, mais comme s'ap-
pliquanl h des ph^nomenes communs.

Engorgement ne doit pas 6lve un mot servant h tons usages, m^me
h expliquer les deplacements ; il ne doit pas davantage servir h mas-
quer les erreurs de diagnostic commises iii propos des inQammations
peri-ut^rines, mais il devra caract^riser un etat de I'nterus qui com-
mence a ^augmentation temporal re du volume du col etdu corps pour
. se terminer ^ Taugmenlation de volume definitive, et aux ulcerations
dites inflammatoires. Get 6tat de Tuterus est la consequence de trou-
bles divers, d'accidents generaux, d'accidents locaux, detraumatismes
directs ou indirects sur le col. II requiert necessairement une grandc
vari^te de moyens therapeutiques mais, en aucune circonstance, il ne
nous montre dans le parenchyme ut6rin de veri tables desordres inflam-
matoires.

Cette grande richesse vasculaire veineuse met Tuterus sous la de-
pendance de bien cj^autresorganes, et luipermet aussi'de faire retentir
ses troubles sur bien d'autres organes, mais elle ne suffirait pas k
expliquer cette forme si sp^ciale des troubles dont il est le siege.

Quo Ton tienne done corapte de la part prise par le systeme lym-
phatique de Tuterus h son d^veloppement partiel et total. Qu'on ap-
plique le nom d'engorgement h beaucoup des cas dits inflammatoires.
Mais, qu'en disant engorgement, on ne sous-entende pas seulement
congestion veineuse; que Ton penseii cette influence des lymphatiques.
Pour ma part, .je n'hesite pas i\ attribuer h la presence d'un paren-
chyme lymphatique ce mode special, ces produits de Fengorgement
dans I'ut^rus.

Quant h I'influence du lymphatisme et de la scrofule sur les pro-
duits de cet ordre, elle n'est pas k discuter, c'est un phenomene pa-
tent ; pour en faire une etude complete, il faudraitaborder le sujet des
troubles do Tuterus chez les phthisiques. Je ne m'61oignerai pas tant
de nion sujet.

Mais la leucorrhee, mais les engorgements du col, mais certainos
Archives de Tocolcgie, — septembre 187!). 3'*



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530 MEMOIRES ORIGINAUX.

inflammations p6ri-utdrines, nous Je verrons, fournissent un large
appoint k I'histoire de ces lesions.

Et pour moi, avec ce que je sais de la part des lymphatiques dans
le parenchyme uterin, je ne suis pas plus surpris de voir la scrofule
grossir le col, Texcorier, engorger Tut^rus que je ne suis surpris de la
voir engorger les 16vres, les ailes du nez et m^me les ganglions lym-
phatiques.

DE LA PELVI-PERITONITB ET DES PHLEGMONS PERI-UTERINS.

L*histoipe de ces lesions est inseparable de celle des lymphatiques,
et, comme je crois avoir, par mes observations, jet^ un certain jour
sur des questions encore fort controversies, j^ai r^uni dans ce chapilre
quelques considerations sur les points les plus difficiles. Tout ce que
jedisaujourd'hui se trouve en substance dans mes premieres recher-
ches. Cesont toujours des dissections attentives jointes h desobserva- •
tions cliniques qui m*ont permis d'affirmer. Je pourrais, en outre,
passer en revue les publications des auteurs, raaisjen'ai pas voulu pu-
blier une etude consacree exclusivement au phlegmon. On peut voir
que je netraite ici que les points suivants : r61e des lymphatiques dans
ledeveloppement de la peritonitect des phlegmons p6ri-uterins;realit6
des phlegmons p^ri-uterins.

Sans faire aucun historique, je dois rappeler que dans un livre jus-
tement estim6, M. Bernutz a voulu renverser la doctrine des inflam-
mations cellulenses p^ri-uterines. En deux mots, disons qu'il acru avoir
ddmontre que dans le voisinage immediat de Tuterus il n'existe pas de
tissu cellulaire qui puisse s'enflammer ; qu'il se produitautourdel'ute-
rus des p^ritonites parlielles; que les tumeurs que Ton atleint par les
culs-de-sac sont dues ^ I'agglomeration des organcs par les faussds
membranes, ou ^ Taccumulalion de liquide sero-purulent dans des
parties de la cavite peritoneale cloisonn6e par les faussos membranes.

M. Bernutz n'admet au voisinage de Tutdru? que le tissu cellulaire
lateral des ligaments larges, pouvant s'enflammer et donner lieu au
phlegmon du ligament large.

D'autres auteurs admettent, au contrairc. i'cxistence^ la Peripherie
du col uterin, et, en certains points autour du corps, du tissu cellu*
laire, qui devient le siege des phlegmons peri-uterins.

11 y a des faits bien reellement acquis par les observations de
M, Bernutz, mais nous ne pouvons adopter tout Texpose dc ses doc-
trines. II est bien \m que la pelvi-peritonitc est beaucoup plus corn-



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LK.S LYMPHATIQUES LTEttlNS. 531

mune qu'on ne Ta era autrefois; il est inexact qu'elle constitue toute
la symptomatologie que M. Bernutz lui a attribuee.

Je ne puis admetlre le fait analomique qui a servi de point de de-
part aux doctrines de M. Bernutz. II est bien vrai qu'il y a du tissu
cellulaire au voisinage ducol de Tul^rus. On en pent Irouver tout au-
tour et jusque sous le p6ritoine ; le long des faces lat^rales il y en a
beaucoup ; il y en a en avant. Et, ce tissu cellulaire est tr^s-remar-
quable par une certaine laxity, par une sorte d'etat s6reux. Le tissu
cellulaire de cette nature est pr^cis^ment celui qui est dispose k Tinfll-
tration, h Tinduration; il devient aisement le lieu de pb6nom6nes con-
gestifs et de ph^nom^nes inflammatoires, qui lui donnent une consis-
Uince'et un d^veloppement enormes. N'est-cepasl^ ce que Ton observe
pour le prepuce et pour les paupi^res, oh la couche mince de tissu cel-
lulaire pr&ente des dispositions analogues h celles que nous venons de
signaler.

Lors du diveloppement de phlegmasie p6ri-ut6rine, on trouve les
culs-de-sacs douloureux, r^nittents, indurds, Tut^rus souvent englob6
lians une masse solide; tous les degr6s s'observent. Ce ne sont pas des
produits p^riton^aux qui les Cxent, car on observe le fait rapidement
il une p^rioda oil les produits p^ritoneaux n'existeraient pas encore,
meme si la p^ritonite existait Ce sont des ph^nomfenas plus imm^diats
et rapides dus au phlegmon, k Toed^me p^ri-ut^rin.

Les autopsies tardives de M. Bernutz lui ont permis de constater des
tumeurs constitutes par des adh^rences, donnant au toucher une sen-
sation sp^ciale, maisce n'etaient pas les tumeurs p^ri-utdrines du d^bnt
qu'il a si bien d^crites ; elles etaient plus loin du doigt, plus accessibles
par la palpation abdominale. Le fait des adh^rences p^ritoneales pro-
duisani de ces tumeurs ne laisse pas de doute.

Les tumeurs qui caracterisent la phlegmasie du tissu cellulaire dis-
paraissent en grande partie k Tautopsie, comme disparait toujours
apres la mort Toedfeme phlegmasique. Cependant, sirinflamraaliondu
tissu cellulaire a 6t6 violente, cette disparition n'est pas complfete, et
on trouve sur les cot^s et autour du col ces masses indur^es qui ont
eticore sur le cadavre une consistance trfes-prononc^. Ces series de
lesioQS sont communes au milieu des autres lesions des accidents
puerp^raux graves, on les voit aisement sur la table anatomique; il y
a quelques jours k peine j'en faisais la demonstration dans une au-
topsie.

Au milieu de ces poiilts ced6mateux on trouve toujours des lympha-



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532 MEMOlUliS OIllGINAl'X.

tiques enflammes, quelquefois des ganglions; j'y revieudrai loul a
I'heure. Je dis done que ces lunaeurs du phlegmon p^ri-uterin sent
constitutes par devdritables lymphangites peri-uldrines, avec inliltra-
tion et induration du tissu cellulaire pdriphc^rique. Continuant una
comparaison propos^e plus haut, j'en donne une idde en rappelant ce
que Ton observe au prepuce lorsque, sous une influence quelconque,
une lymphangite s'y developpe, lorsqu'il y a gonflement et induration
du prepuce.

Ces laits paraissent si clairs, et on voit si bien sur le cadavre qu'il
semble qu'aucun d^veloppement th^orique ne puisse tenir conlre une
observation simple. Le phlegmon du bassin est deraontre, sans que
Ton ait hniev la p^ritonite partielle.

Cependant d'excellents observateurs diflerent d'opinion surlout
parce que les cKoses simples au debut se coropliquent par la marche
des phlegmasies; ult^rieurement, il devient fort difficile devoir clair.
Un seul t^moignage peut guider dans^^e dedale, et.je m'y suis obsti-
ndment attach^, celui de Tetudc anatomique. L'extr^me variete des
desordres fournis par les accidents puerpcraux graves permet de re-
trouver la filiation des accidents peri-uterins. Ony reLrouve a tous les
degr^s les accidents possibles, on les trouve sou vent tous contondus.
Ces accidents tant6t s^pares, tanl6t simuUan^s, sonttoujours parents.

Ce sont surtout les modifications de la symptomatologie, et les dif-
ferences que Ton a cru remarquer dans Tetiologie qui ont donn^ les
elements de la distinction. Les difKrences des syraptdmes ne me pa-
raissent pas si grandes, et T^tiologie me semble commune. Je ne puis
croire aux etiologies admises, etj'en rappellerai deux principales.

Une cause, parexemple, ne pourrait ongendrerquelaperitonite. De
Tuterus passerait dans le p^ritoine par la trompe, rinflammation ou
m§me des matieres septiques. Voie presque impossible; mecanisme
dont on ne pourrait donner la preuve anatomique. Pour ma part, je
n'ai jamais observe que des faits n^gatif^ de ce mode etiologique.

Le mecanisme du phlegmon du t.issu cellulaire ne pourrait etre le
m^nie. Celui-ci se prend parco que la phlegmasie ut6rine se propage
des parois de Tuterus. 11 est vrai que, en ces cas, cette inflammation
du muscle ut^rin n'a jamais ^16 observ^e, m^me lors de la mort aprte
cauterisation au fer rouge. 11 est vrai aussi que quelques auteurs se
contentent de dire que le tissu cellulaire se prend par sympathie.

Non. Si nous observons sous Tinfluence d'une m^me cause, de Tac-
couchement, du traumatisme, de Tavortemenl, des plaies du col. tan-



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LKS LYMPrUTIOrES TTERINS. 533

itii rinflammation duperitoinopelvien, tantOtcellc du tissu cellulaire,
c'est que la voie de propagation est la meme ; cela nous explique en-
core pourquoi frequemment le d^veloppement de ces inflammations est
Bimultane. Nous dirons plus ; il est rare que I'isolement de ces in-
flammations soit absolumont complet. Toiites les variet^s peuvent ^tre
observ^es lors des accidenlspuerperaux mortels aigus ou subaigus, et
on peut suivre Jes vaisseaux lymphatiques purulents de Tuterus au
peritoine enflamm^, ou deTuldrus au tissu cellulaire enflamme.

Le pdritoine peut se prendre seul, surtout si la p^ritonite s'est pro-
pag^e avec violence.

Le tissu cellulaire peut se prendre seul soit aupr^sdu col, soit dans
Ic ligament large, soit dans la fosse iliaque.

Quand le peritoine et le tissu cellulaire sont pris simultan6ment, il
arrive, qu*apr6s resolution dans le tissu cellulaire, les adherences, lea
cicatrices du peritoine persistent seules.

L'inflammation ayant d6but6 simultan6ment dans les deux ordres
de tissus prend plus dUntensite sur le peritoine, etles sympt6mes du
cOlc du tissu cellulaire s'att<^nuent. L'inflammation p^riton^ale mar-
cheji elle peut se gen^raliser, elle peut se limiter au petit bassin, elle
peut probablement ^tre passngore et tres-limitee. Lorsque la maladic
est au declin, il re reste aucune trace de la phlegmasie cellulaire, mais
le peritoine garde ses cicatrices, des adherences fixent Tulerus^ lesan-
nrjxesaux parois du bassin ; quelquelbis des collections sero-purulen-
les se forment dansle petit bassin et peuvent ulterieurement se frayer
une voie au dehors ; mais ces cas sont certainement rares et h la 6n de
la maladie, les adherences, rimmobilitd des annexes, constituent des
Liimeurs, des brides bien difTerentes de ce qu'on a observe des lespre-
micrsjoursdu developpement de la maladie.

Dans d'autres cas, la phlegmasie du tissu cellulaire domine; I'em-
pdlement des culs-de-sac s'dtend, entoure plus ou moins Tuterus, ce-
lui-ci se 0x0 sur un c6te ou toutau pourtour du bassin. Simultanement
il peut exisler une peritonite legere ne devant laisser que peu de trace,
il peut m6me y avoir absence de peritonito. Les traces peritom'ales du
mal seront done tres-Jegeres.

II peut arrivor que le phlegmon subisse une resolution, Iros-lente
d'ordinaire, et Tempiilcment peri-uterin subsisle pendant unelongue
pijriodc. II pout su'j?i^tor longtemps et devenir le point de depart de
recidives.

D'autres fois le phlegmon suppure, les points indur^s se ramol-



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534 MfeMOIRES ORIGINAUX,

lissent, le pus se fraye une voie el penfetre dans le yagin, la vessie,
le rectum, il remonte qiielquefois pour venir se faire jour au pli de
Taine.

M, Bernutz restreint les fails de celle esp&ce ^ la phlegmasie isolie
du ligament large; nous nepouvons accepter cetle limitation. Let ab-
c6s se peuvenl former en tous points oil se trouve.le tissu cellulaire que
nous avons admis, h la face post^rieure de la vessie, sur les c6Ws de
Tut^rus, vers le rectum ; ils se d^veloppenl partoul sur le passage deft
lymphaliques, et comme ceux-ci d^passenl la region de Tut^rus, ils
peuvent se propager plus loin, ou se ddvelopper isol^menl plus loin
dans la fosse iliaque, sur le psoas etjusque dans la region du rein,

Dans lous ces cas, il peut y avoir de la p^rilonite, mais son impor-
lance s'efface devant la gravity et T^lendue des l&ions cellulaires qui
causeront les d^sordres. Qui ne connalt ces abc^s suites de couches
s'ouvrant dans Tinlestin, ^ la parol abdominale, donnanl des flstulea
slercorales inlerminables. J*ai vu un abc5s parti de Tul^rus s'ouvrir
dans la region lombaire, et faire penser h un abc6s par congestion.

Tous ces fails peuvent 6tre vus par qui diss^que avec soin, pendant
une longue p6riode, les femmes qui onl succombe aux accidents puer*
p§raux, oi nous voyons une lesion de Tut^rus, des vaisseaux qui
s'enflamment ou charrient des mati^res septiques. A ces preuves
viennenl s'ajouter des faits cliniques qui ont frapp6 les observa-
teurs depuis longtemps. On en pourrait ciler beaucoup. Qu'il me*
sufflse de rappeler qu'un des plus auloris^s, M. Matthiew Duncan
a longuement insists sur ce fait que les lesions de Tut^rus de-
viennent le point de depart de la p6rim^trite ou dela param^trite, de
la peritonite ou de la cellulite, et qu*il reconnatt dans les lesions ut6-
rines les causes habituelles des phlegmons du ligament large, iliaque,
et m6me de certains abc^s au devant du rein. Nous pourrions ajouter
que la theorie de propagation par les lymphatiques lui parait aujour-
d'huila plus juste.

Les fails cliniques sont si frappants, que d'autres observateurs, tout
en n'ayant point de notions prdcises sur les lymphatiques, ont pu an-
noncer que les ddchirures du col pouvaient, par Tinterm^diaire des
vaisseaux,enflammerle ligament large; teleslM. N.GueneaudeMussy,
qui explique ainsi la frequence plus grande des phlegmons du liga-
ment large k gauche, parce que les d^chirures du col sont plus com-
munes h gauche.

II est habiluel, eneffel, que les lesions utdrines enflamment le c6t^



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LES LYMPHATIQUES UTERINS. 535

correspondant du bassin, mais de nombreuses exceptions apparentes
et r^elles doivent 6tre observ^es et je Tai d^j^ fait pressentir , en
rappelant la frequence des Idsions ut^rines h gauche et la pr^domi-
nence des lesions peri tondales et cellulaires de cec6te. J'ai m6me cher-
ch6 h montrer qu'il y avait encore \h une coincidence int^ressante
avec la frequence des positions occipito-gauche. Mais 11 suffit de savoir
que les lesions primitives occupent tant6t le corps, tant6t le col, etque
les Wsions doubles sont communes pour comprendre combien les
exceptions doivent ^tre nombreuses.

D'apr5s la disposition des vaisseaux, il est probable que les lympha-
tiques du col engendrent plus facilement la cellulite, ceux du corps
plus facilement la p6ritonite. Les communications de ces vaisseaux
Bont si larges et si laciles que Ton concoit ou la succession ou la simul-
taneity des lesions engendr^es.

En dehors de Tdlat puerperal, les conditions de formation des phlegm
masies p^ri-ut^rines sont modiflees mais reposent sur les mfimes
bases. Les dispositions anatomiques des vaisseaux du syst^me utdrin
dominant tou jours la pathogenic. Nous voyons sans etonnement les
maladies ou les irritations du col et du corps de Tul^rus engendrer la
p6ritoniLe ou les abc6s pelviens. 11 n'y a plus ni h prouver I'existence
des lynaphatiques, ni h dt^montrer Tenchalnement des pji^nomfenes.

Quant h la symptomatologie, il est Evident qu*il y a des differences
notables entre une cellulite eioigneedeTuterus, et une p^ritonite. Les
distinctions etablies par M. Bernutz reposent sur des observations
cliniques exuctes ; la marche d'une phlegmasie suppurative du tissu
cellulaire diflSre d'une inflammation qui ne laissera que des traces p6-
ritoneales, mais les lesions les plus communes sont les cellulo-p^rito-
nites qui ne se lerminent pas par suppuration.

II est bon deconnattre tous les details dela symptomatologie et du
pronostic, mais ilne paraitpas juste dedilierencier une mfime lesion h
deux degr^s differents d'^volution et d'extension. CVst pourquoi, tout
en reconnaissant que M. Bernutz a eu grande raison d'attirer Tatten-
tion sur les lesions du p^ritoine pelvien, d^insister sur la marche des
phlegmasies suppuratives du tissu cellulaire, de tracer des regies tr6s-
importantes pour la th^rapeutique, je ne puis admettre toutes ses dis-
tinctions et surtout Tinterpretation do quelques symptdmes.

ADBNITBS PERI-UTERINES.

En d6crivant les lymphatiques de Tutirus, j'avais appeW Tattention



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o36 MEMOIRES ORIGINAUX.

SUP des ganglions p^ri-uterins, et j'en avais fait dessiner un observe
par raoi plusieurs fois au c6t^ dii col, au-dessus et en arri^re du cul-
de-sac vaginal lateral. Go point ^tait extrSraemcnt riche en vaisseaux
lymphatiques. Je dus penser des lors que dans le m6me point, en
outre des inflammations diffuses p^rilymphatiques , j'observerais
aussi des inflammations loc:Uis6es ganglionnaires et p^riganglion-
naires, de v^ritables adenites dans les points sus-indiqu6s; les condi-
tions de d^veloppement de ces adenites devaient^tre analogues ^ celles
observ^es pour d'autres points de Teconomie.

A plusieurs reprises, en examinant des femmes soufi^rant d'affections
ut^rines diverses, je rencontrai, au-dessus du cul-de-sac lateral et en
urri^re, de petites tumeurs de volume variable, peu mobiles, doulou-
reuses, dures.

Les m^decins qui en constataient la presence croyaient trouver \h de
pelits fibrdmes, ou, d'autres fois, disaient toucher Tovaire enflamm6.
Ces fibrdmes, qui si^geaient toujours au m5me point, n'^taient pas
toujours durs; ils dtaient douloureux ^ la pression, et la malade ne
pr^sentait aucun des symptdmes des fibrdmes.

Pour Tbvaire, il est inflniment plus difficile h atteindre que les tu-
meurs situ^es derri^re le cul-de-sac, et quelques-unes de celles-ci
n'avaient gudre que le volume d'une bille.

Chez certaines femmes, j'avaispu sentir, au niveau du d^troit sup^-
rieur, d'autres tumeurs saillantes et douloureuses.

Les femmes qui presentaient ces signes avaient souvent des ulcera-
tions cervicales, 6taient en outre scrofuleuses, ou mdme phthisiques.

Toiites ces circonstances m'autorisaient h penser que le col ou le
corps riche en regions lymphatiques, etaient, chez des femmes lympha-
tiques ou scrofuleuses, le point de depart de retentissements ganglion-
naires qui si^geaient au voisinage du col, dans le ligament large, au
milieu du d^troit superieur, ou mdme plus haut. **

Je n'avais pu suivre une observation de ce genre pour m'^ditier
complfetement, lorsque M. Siredey, qui, depuis plusieurs annees, a
adopts, puis d6velopp6 les theories relatives au r61e dep lymphatiques
ut^rins, me fit connaltre un cas des plus remarquables.

Mademoiselle M..., kgie de 23 ans, grande flUe, forte en appa-
rence, mais reellement scrofuleuse (cicatrices au cou, sur les jambes,
au pli de Taine), donne les renseignements suivants :

Ragles reguli^res depuis I'Age de 12 ans. Premiers rapports sexucis
h 16 ans; pas de grossesse; pas d'exces v^neriens.



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LKS I.YMPHATIOrRS TTERIN?. 537

6 d^cembre 1873. Doaleurs vives dans le ventre avec fi5vre, sans
naiis6es ni vomissemcnts. Impossibilite de marcher sans douleur.

On constate, d^s cette epoque, la presence d'une lumeur dans Je li-
gament large du c6le droit, et le m^decin qui la soigne Tenvoie, pour
ce fait, h M. Siredey.

Havril i87-i. La malade dit ne plussouffrir; elle peut marcher,
selenir debout, la plus grande partie de la journee, sans fatigue.

Elle a de la leucorrhee. Col petit, vierge. Tumeur arrondie du
volume d*une orange mandarine, sensible au toucher, ^ la base du
ligament large droit, sans battements ni ^lancements.

On Vatteint par la palpation abdominale. L'utdrus est peu mobile et
leg^rement relbule h gauche. La tumeur ne fait pas de saillie dans le
rectum.

Le 21 mai, Tamelioration est grande, la tumeur r6duite au volume
d'un ceuf n'est plus douloureuse.

10 octobre. A la suite de grandes fatigues, les douleurs sont reve-
nues dans le ventre; il y a eu ecoulement fort abondant. La marche
est penible. La tumeur a repris le volume d'une orange, s'^tend en
arriere de Tut^rus, est tres-douloureuse. Elle est dure, non fluctuanle,
refoulant ^ gauche le corps de Tut^rus.

Des douleurs se manifestent sur le Irajet du sciatique droit.

27 decembre 1874. -La malade est beaucoup mieux, elle a eu un
Ecoulement vaginal tres-abondant. Au toucher on trouve la tumeur
designee plus haut persistante, mais moins volumineuse et doulou-
reuse. II y a une certaine douleuv lorsque par le rectum on pressesur
cette tumeur.

Jusqu'au 4 Juin 1875, M. Siredey revolt souvent la malade, Du-
rant six mois elle rend frequemment du pus par le rectum en allant
u la garde-robe. Souvent Tdvacuation du pus est pr^cedde de douleurs
qui diminuent apr^s Tecoulement. II est manifesto que la tumeur s'est
un peu etendue en arriere de Tut^rus. Elle vario, suivant les jours
d'observation, du volume d'un oBuf k celui d'une orange. Depuis trois
mois on peut constater une bride ou cylindre dur, du volume du petit
doigt, dans le cul-de-sac postcrieur dans la paroi recto-vaginale. Cette
trainee qui se dirige vers le rectum parait bien ^tre le lieu d'une
fistule. La tumeur est dure.

Le traitement, depuis le debut, a consiste surtout en toniques,
hujlede foie de morue, quinquina, iodure de fer, etc.

La simple description de cette tumeur, montre combien il est 16gi-



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S38 MfiMOIRES ORIGIiNAl'X.

time de supposer Ih une tumeur ganglionnaire. J'eus blenl6t Pocca-
sion d'obsepver un fait plus remarquable encore. Au mois d'aoiit de
Tann^e 1874, je trouvai chez une femme une tumeur aussi analogue,
mais plus circonscrite encore et je fls entrer la malade k rb6pital de
la Matepnite oil j'eiais charge du service chirurgical.

Une femme H . . . , de 20 ans, pAle, amaigrie, entra le 2 septembre
1874. Ceite femme avaiteu des h^moptysies, dessueurs nocturnes, de
lafl^vre; le soir, on constatait de Texpiration prolong^e au sommet
droit, mat dans une grande ^tendue. Mai r^gl6e dans Tenfance de-
puisTAge de ii ans. Premier accouchement r^gulier, septembre 1872,
dernier accouchement, mai 1874. Un mois apr^s cette couche, dou-
leurs abdominales, avec irradiation dans les hanchesetla cuisse droite.
Elle a perdu irreguli^rement du sang depuis cette 6poque.

L'abdomen est de volume normal, les paroissont flasques; la pres-
sion ^ droite, au niveau du d6troit sup^rieur, est douloureuse; on sent
en arridreune petite tumeur dure et sensible Ma pression,

Le toucher montre le col entr'ouvert, rugueux, d6ohir6 et ulc^r^ 8i
droite, le cuMe-sac gauch« est libre, le droit est efface, rfiniteni,
quelques vaisseaux battent sous le doigt.

En arri^re du col et h droite, noyau bien arrondi, du volume
d'une tr^ grosse noisette, dur et tr6s-douloureux k la pression.

Au speculum, ulceration des deux 16vres; plus protbnde k droite.
Cette femme est traitee par Tapplication de v6sicatoires r6p6t6s sur
Tabdomen, de tampons au glyc^rol6 de tannin dans le vagin.

Elle sort sur sa demande le 21 septembre. La tumeur n'est pas di-
minuee, mais Tulc^ration du col est prtsque cicatris^e, et la sensibi-
lity et les douleurs ont disparu.

Quinze jours aprfes elle vientmeredemanderunlit&rhdpitalNecker.
Elle s'est beaucoup faligu^e, le col est ulcer^ de nouveau, la tumeur est
beaucoup plus grosse, du volume d'un petit oeuf.



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