William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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insufflation pers6verante faite pour r^voiller les contractions des muscles
respirateurs demeura sans effet.

Le placenta adh6rait k la paroi anterieure de I'uterus, jusque dans un
point voisin de I'oriiice superieur du col, et fut incite en partie. Du sang
en quantite mediocre s'6coula en nappe lorsque j'incisai la paroi corres-
pondante. L'ul6rusen totality resta flasque et mombraneux. Toute trace de
contractility en avait absolument disparu.

iiEFLcxioffs. — II est difticile de rien imagincr de plus triste que \a mort
subitc et violente de la malheureuse Mme X.... C'est la un de ces coups de
foudre dont la pratique obstetricale nous rend parfois temoins, et qui reten-



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i*i RKVUE CLINIQUE.

tissent toujours p6niblement dans lecoDurde I'accoucheur responsable. J'en
ai 6t6 pour ma part vivement impressionnS, et aujourd'hui encore, h cinq
ans d'intervalle, le souvenir de ce fait effrayant suscite.en moi un sentiment
douloureux.

Quant k la nature exacte des accidents qui ont occasionn6 cette mort tra-
gique, elle pourra peut-6tre laisser subsister quelque incertitude dans Tea-
prit et prfiter k la controverse. On pent se demander en effet si, dans ce
fait, 11 s'agit d'une nouvelle attaque d'6clampsie devenue mortelle d6s son
d6but, ou bien d'une suffocation produite par Ic d6veloppenient monstrueux
de la languc et Tocclusion du larynx. Dans mon opinion, cette dernidre cause
de mort est la vrare. Ma conviction a ret 6gard se fonde sur les consid6ra-
tions suivantes :

I. — Bien que ce fait ne soit pas sans exemplc, il est du moins infiniment
'rare de voir, chez une femme 6clamptique, la mort survenir dans le cours
des premieres attaques convulsives, et surtout au d6but de Tune d'eJlcs,
comme la chose aurait eu lieu ici.

II. — Les personnes pr6sentes affirmcnt que la mort de Mmc X... n'a pas
6t6pr6c6d6e des convulsions effrayantes dont elles avaient ete t6moins unc
heure auparavant, et qu'il leur 6tait, dans ces circonstances, impossible de
m6conn^tre.

• III. — Elles affirment de plus que non-seulemcnt cette femme n'a pas
perdu connaissancc, mais qu'elle essayait de parlor et cherchait, en portant
la main k son cou, k leur fairc comprendre que ses malaises tenaient a un
6tat de g6nc et de souffrance de cette partic.

IV. — Enfm le d6veloppement prodigieux de la langue, dont j'ai parl6
dans Tobservation, suftisait amplement pour produire rol)lit6ratioa des
voies a6riennes et une mort rapide par asphyxie.

L'6tranget6 de cette cause de mort, sa complete nouveaute pour moi,
m'ont condflit k recbercher si d*autres faits semblables avaient 6t6 signalos
par nos devanciers ; mais je n'ai rencontr6 aucun fait analogue, soit dans les
Merits des accoucheurs, soit dans ceux des hommes qui se sont occup6s de
r6pilepsie. Les morsures profondes de la langue, survenues dans le cours
de ces deux maladies, ont eu des consequences plus ou moins fAcheuses,
mais nuUe part je n'ai vu signaler Tintumescence rapide de cette partie
comme ayant entratn6 une asphyxie mortelle.

Une question de pathologie qu'il eut 6to interessant de pouvoir resoudre,
est celle de la nature du processus morbide qui, en Tespace d'une demi-
heure environ, a pu causer ce cl6veloppement prodigieux. Est-ce de la con-
gestion pure et simple, cat-cc de riniiltration sanguine? II est possible que
Pune et Tautre aient concouru a cet accroissement subit de volume, qui dc-
vait favoriser la texture molle et 6mincmment vasculairc du tissu lingual.
On salt, en effetj avec quelle facilite, et souvent dans un temps fort court,
unc inflammation traumatique de la langue, celle que produiaent certaines
lievres malignes, I'intoxication mercurielie, ont poureifet d'accroitre le vo-
lume de cette partie et Tobligent a sortir de la bouche, devenue trop 6troite
pour la contenir. 11 est probable que quelque chose d'analogue s'est produit



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REVUE CLLNlyLE. H

chez ma malade, avec plus de rapidit6sculcment.Ce n'est la toutelbis qu'une
hypjthese, et une dissection attentive aurait pu seule renseigner cxacte-
ment a cet 6gard; mais les circonstanccs ne sc pretaient gu6re t une 6lude
de ce genre, et Ton comprend que je ra'en sois abstenu.

Une autre question, celle-ci toute de pratique et d'unc grande importance,
se trouve egalenrent soulev6e par ce fait aussi insolite que terrible. En ad-
mettantque j'eusse 6t6 present k I'asphyxie rapide dontj'admets Texistouce
dans ce cas^ eut-il 6t6 en mon pouvoir de parer aux graves dangers qui n'ont
pas tard6 a se produire? La chose me parait au moins rlouteusc. II est cer-
tain qu'une prompts ouverture du larynx ou de la Iracbec, pratiquce a ce
moment, pouvait seule faire cesser la suffocation etprovenirla mort. Mais,
pris au depourva, comme je Teusse 6t6 k ce moment, priv6 des aides n6-
cessaires pour m'assister dans reparation, il est certain aussi que cette der-
niere se serait effectu^e dans les conditions Ics plus d^plorables, probable-
ment d'unc fa?on fort defcctaeuse, et qu'elle pouvait devenir une source de
nouveaux dangers. Je convions cependant, et tons les praticiens seront de
cet avis, je pense, que latracb6otomie 6tait la seule planche de salut a olTrlr
a ma malade, et, quelles que fusscnt ici les difticultes op6ratoircs inh6-
rentes aux circonstances, je Taurais certaineraent tent6e, si j'eusse assistc
aux premiers* sympt6mes de la suffocation.

La mort bien confirmee de la mere rendant tout soin inutile de ce cote,
j'avais k me pr6occuper de Tenfant, dont je lis imm6diatement I'extraction
au moyen de la gastro-hyst^rotomie. Au moment oil j*arrivai dans la mai-
son, la mort deMme X... datait de douze minutes environ; Topi'Tation ce-
sarienne pratiquee cependant avec le meme soin que chez une femme vi-
vante', n'exigea pas plus de cinq minutes, en raison de la petite quantity
de sang que foumirent mcs incisions, et cependant Tenfant fut tir6 mort
du ventre de la m6re. Ce fait t^moignorait que Tcnfant ne survit pas un.
quart d'hcure k sa mere, si cette conclusion ne se trouvait temp6r6e par
cette circonstance que la femme dontil est ici question 6tait 6clamptique, et
que la mort du foetus pouvait rcmonter aux premieres attaques de cette ma- *
ladie. L' auscultation aurait pu as3ur6ment donner, sur ce point, des renseigne-
ments tres-surs, mais j'avoue que, trouble par la gravity des accidents qui
m'6taient offerts et la responsabilit6 qui m'incombait, preoccupe d'ailleurs
de donner les secours les plus urgents, je n'ai guere songe a faire une
exploration qui , au point de vue de la science, devait avoir son impor-
tance.

J'ai eu, danslecours de mon operation, Toccasion de faire une rcmarque
qui m^rite d'etre not6e : c'cst que, quinze a dix-huit minutes aprcs la mort
de Taccouch^e, la tonicit6 du muscle utorin etait absolumcnt oteinte, que
la parol de la matricc n'a 6prouv6 aucun rctrait,mais a present6 une flacci-
dite complete et conserve l'6tendue, la minceur et Paspect membraneux
qu'elle devait ofl'rir quand I'^uf la distendait. Si cctle observation se trou-
vait confirm6c par des observations scmblables, les opinions qui aujour-
d'hui ont cours dans Tenseigoement sur hi persistance et lacontractilite des
muscles de la vie organiquc pendant un certain laps de temps apres la



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48 KEVUE GLINIQLE.

mort devraient etre moditiees, et Ton devrait aussi douter de rauthenticite
des observations d'accouchements post inoriem^ qui se seraient accomplis,
dit-on, en vertu de cette contractilite, chezdes femmes qui avaient succombe
pendant le travail. (Gazelle des Hopilaux.)

Fistule T^Blco-Tasinalc. -^ Operation. — Gu^rison, par M. le D' Eu-
gene Marchal^ chef de cliniquc a la Faculte de m^decinc de Nancy.

Le 2l2 juillet 1874, la femme Marie Bonaventure, de Xeulier, se presente ii
la Maternity demandant qu'on rem6dic a une incontinence complete d'urine
qu'elle a conserv6e dcpuis son dernier accouchement.

Cette femme, 4gee de 25 ans, vigneronne, est d'une taille un peu au-
dessous de la moyenne, 4n»,'*9. Ellc n'a march6 qu'a vingt mois, cependant
les jambes sont droites et les articulations ne sont pas volumineuses.

R6glee d*une fagon tout a fait irreguli^re jusqu'k Ti^poque de son manage
en 1866, elle est devenue imm6diaten[ient enqeinte et est accouch6c facile-
ment, le i'^*' septembre 1867, d'un enfant du sexe masculin, a terme, vcnu
en pr6sentition du sommet. Get enfant, qui, au dire de lam6re, otait volu-
mineux au moment de sa naissance, a etc allait6 par elle et vit encore
aujourd'hui.

La femme Bonaventure est accouchee une secondc fois spontanemeut, le
10 mars 1869, d'un enfant du sexe feminin a terme. Get accouchement n'a
pr6sent6 d'autre particularitt' qu'un peu d'inertie a la fm du travail ; Ten-
fant 6tait vivaut, il a 6te allaite par sa m^re et est mort a Pftgc de deux
mois a la suite de convulsions,

M">® B... est redevenue enceinte dans le courant de juillot 1873. Sd der-
ni^re 6poque menstruelle dura du 5 au 13 juillet, et elle croit etre certaine
que sa grossesse datait du 18 juillet. Les seules incommodit^s de CQtte ges-
tation ont consists en douleurs d'estomac.

• Les premieres douleurs d'enfantement parurent le 6 mai 1874. La sage-
femme, mandee le 7, rompit la poclie des eaux vers neuf heurcs du matin.
A huit heures du soir, le travail ne progrcssant pas, un m^decin fut appeie
et tenia une application de forceps, mais la tete ne put etre completement
saisie et le forceps I&cha prise. Cette operation fut renouvelee plusieurs fois
sans plus de succ^s.

La femme B... croit pouvoir aflirmer qu'apr^s ces diifcrentes tentalives
Purine commenga a s'6coulcr involontairement. Le lendcmain, un second
m^decin fut appel6 ct pratiqua la perforation du crAne et la cephalotripsie.
Nous n'avons aucun renseignement sur le volume de Tenfant. AussitOt
apr^s Taccouchement, les fdces et les urines sV;chapp6rent involontairement.
A partir du onzi^me jour, les matieres stercorales furent retenues, mais les
urines ont continu6 depuis lors a s'ecoulcr d'unc fa(;on perraanente. La
femme B... n'^prouve jamais le besoin d'uriner.

Au moment oil elle se presente k la Matcrnile, le 24 juillet, soixante-quu-
lorze jours se sont passes dcpuis I'accouchement ; elle est parfaitcment re-
mise et, n'6tait son infirmity, cllc n'aurait gard6 aucuuc trace dc ce travail
laboricux. Elle n'a pas encore eu de retour de regies.



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REVUE CLINIQUE. it)

En rcxaminant au sp6culum, on ne trouve pas do trace do perte de sub-
stance. En introduisant la sonde dans le canal dc I'ur^thre, on constate que
ce conduit est intact, mais h quatre centimetres environ du m6at, on ren-
contre rextr6mit6 ant^rieure d'une fistule presque lin6aire s*6tendant
jusqu'a un centimetre environ du col de Tut^rus, oblique dc droite h gaucbe
et d'avant en arri^re, raesurant h peu pr6s quinze millimetres.

Les bords de cette ouverture sont souples, la forme et la position de la
listule semblent indiquer qu^ello est plutOt le r6sultat d*un traumatisme
momentan6 que d'une compression lente, telle que celle que produirait le
si&jour prolong^ de la t6te dans le petit bassin. La perte de substance est du
reste peu considerable.

M. Stoltz ajourne tout traitement apr^s le moment oh. la femme B... aura
eu son retour de regies. — Le 13 aoiit, huit jours aprds I'epoque mens-
truelle, il procMe k I'op^ration de la maniere suivante, en presence de
MM. les professeurs Herrgott, Simonin et Rousselle, etc. :

La femme B... est placee sur le bord d'un lit 61eve, dans le decubitus
dorsal, le siege plus elev6 que le tronc et depassant le bord du lit, les cuisses
fortcment flechies sur le bassin et maintenues par des aides. La parol vagi-
nale posterieure est fortement deprimee h Taidc de la large valve de
M. Herrgott. L'ouverture da la fistule est circonscrite par nn cercle trac6
avec ie bistouri h un centimetre et demi environ dc son bord. Puis la mu-
queuse vaginale, plac6e entre ce cercle et la fistule, est minuticusement dis-
sequee et detacbee ; on obtient ainsi un veritable diaphragme qui est enlev6
en un seul morceau. Les bords de la fistule sont ainsi uniformement avives
sur une largeur d'un centimetre et demi.

Apres que la plaie a ete soigneusemcnt 6pong6e, jnsqu'i ce que tout
sointement sanguin eftt disparu, M. Stoltz opere la reunion d'avant en ar-
riere dans le sens d'un repli transversal du vagin. A Taide de Taiguille dc
StarUn, il introduit neuf fils metalliques qui traversent la levre anterieure
dela fistule de dehors en dedans, et la levre posturieure de dedans en dehors,
de fagon k affronter exact emcnt les surfaces saignantes. Lorsque tous les fils
sont places, ils sont tordus, Tun apres Tautre, h Taide du serre-nocud de
Coghil, puis reunis en un seul faisceau qui depassc Torifice vaginal de
5 centimetres. La reunion est parfaitement cxacte et H ne sccoule plus une
goutte d'urine.

Les suites de Toperation furcnt tres-simples, la femme B... n'eprouva
point d'envie d'uriner avant quatre heures du soir. Le catheterisme fut
alors pratique et determina Tevacuation d'un bon verre et demi d 'urine
claire non sanguinolente ; le catheterisme fut pratique de nouveau h neuf
heures du soir, k deux heures, k cinq heures et i huit heures du matin.

Le 14, retat general est bon, le pouls, regulier, k 70, pas de sensibilite
abdominale.
Catheterisme cinq fois dans les Vk heures.
Le 15, mSme etat , catheterisme chaque quatre ou cinq heures.
Le 16, Voperec urine spontanement k une heure de Tapres-midi. On pra-
tique des injections vaginales vineuscs ; on est oblige de pratiquer encore
Archives de Tocologie, janvier 1815. 4



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50 REVUE CLliNlQUEi

deux fois ie cath6t6risme ; mais, k partir du 17, Ics urines sent emiscs
spontan6ment.

Le 18, & cinq heures du soir, les fils m6tal1ique8 sont enlev6s par
M. Stoltz ; la reunion est complete, 11 n'existe pas le plus petit suintement.
La femme Bonaventure quitte la Maternity Ic 25 et revient se presenter un
mois aprds ; la gu6rison est parfaite, on trouve difficilement la place oocupee
par la fistule. Eile est caoh^e dans un repli transversal du vagin.

CeUe observation presente de Tint^rfit ^ plusieurs points de vue :
bien qu'il soil diflicile do s'en rapporter d'une fogon absolue aux dires
do la malade, il semble que rdcoulement d*urine se soit produit imme-
diatement apris les premi6res tentatives d'application du forceps et
ait el6 le-rdsultat d'une division de la parol vaginale anterieure com-
primde entre le bord inferieur de Tarcade pubienne et le bord concave
du forceps. II ne serait pas impossible, cependant, bien que cela pa-
raisse peu probable, qu'un fragment des os du crilne broyd par le cd-
phalotribe ait lacdrd cette paroi h la fagon d'un Instrument aigu. I^e
peu d'6tendue dela perte de subsance, la forme 2i peu pr6s lineaire de
la tistule, la rapidite avec laquellc Tecoulement permanent de Turine
s'est 6tabli, prouvent d'une fagon h peu pr6s certaine que la fistule n'a
pas eu sa cause la plus habituelle, c'est-2i-dire, la compression pro-
longfe de la paroi vaginale anterieure et du bas-fond de la vessie entre
lo pubis et la t6te, et par suite la formation d'une escharre se ddta-
chant du 4e au 12® jour et determinant gdneralement une perte de
substance trte-considdrable.

Considerde ou point de vue de rop(5ration et de ses suites, la flstule
de la femme B... presentait, 11 est vrai, une bien moindre gravity quo
les fistules de la nature de celles que nous venons de rappeler. Cepen-
dant il riousparalt hors de doute que la position pelvi-dorsale (Simon)
imposde ^ la femme et I'emploi de la valve large de M. Herrgott, ont
augmente les chances de succes de Topi^ration en rendant le siege de
la lesion beaucoup plus accessible ill la vue et aux instruments. Ila 6te
possible de pratiquer ainsi un avivement large et complet, consistant
dans la dissection et Tenlfevement d'unc sorte de diaphragme d'uae
largeur de 45 millimetres, ne comprenant que Tepaisseur de la mu-
queuse vaginale. Ce mode d'avivomcnt, circonscrivant tout le pourtour
(le rorilice, donne a TopLTaleur plus de security que celui qui consiate
a detacher succcssivement, a Taidc des ciseaux ou du bistouri, de pe*
tits fragments de la muqueuse entre lesquela il est facile de laisser
quelques points non avivfe.



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REVUE GLINIQUE. Hi

Quant ilia reunion elle-mdme, il est universcllement ctdmis aujour-
d'hui qu'il est indispensable de multiplier les points de suture. Dans
cecas qui nous occupe, ce prdcepte a 6i6 suivi, neuf points de suture
mdtallique ont ete faits, et nous devons dire que I'emploi de Taiguille
deStartin et du serre-noBud du Coghil nous ont paru 8tt6nuer singu-
lierement les difGcult^s de cette partie de reparation. II rdsulterait
mbme^ h notre sens, de Temploi de ces instruments, une superio-
rity r6elle [de la suture mdtaJlique sur la suture h Taide de flls v6-
giStaux qu il est souvent trfes-difficile d'introduire et de nouer. Signa-
lons enfin un dernier point, le plus important peut-6tre, car il consti-
toe un veritable progrfes dans le traitement de la fistulo v^ico-vagi-
nale ; je veux parler de la suppression de la sonde h demeure, dont
Tusage, comme Pont d6montr6 MM. Herrgott et Simon, n'a d'autre
rfsullat que de determiner des cystites et d*(^tre par suite un obstacle
k la reunion des parties avivdes. [Revue medicale de VEst.)

llanielle snmnm^raire dans le crenx de raisftelle drolte. -> Son 6vo«
IdUoh x>endant r^tat puerperal. — Observation recueillie dans \t eenrice
dc M. le Dr Calyy, !«' mcdecin en chef, par N. Perreymond, interne 2i rH6tel-
Dicn de Toulon.

En dehors de la raretd de la polymastie, ce cas m'a paru surtout
interessant parce qu'on a pu.etudier parallelement Tctablissement do
la secretion lactee dans les glandes pectorales et dans la glande axil-
laire.

Lanomm6c D..., 27 ans, domestique, accouche pour la scconde fois ^ la
Maternite, le 5 oclobre d874; accouchement, delivrance, tout a 6t6 natural.
— - G'est en plagant un thermom6tre dans le creux de raissclle droite que
j'apcrcjois la mamelle surnum6raire. Cette glande a le volume d'lm oeuf de
pigeon; elle est placen dans le creux de TaisseUe, centre la face posterieure
do grand pectoral, et 5. 2 centimetres environ au-dessus du bord inf6rieur
de ce muscle. Elle est pourvue d*un petit mamelon permeable et d'une
artele assez marquee; elle est trds-mobile et, par le toucher, on circonscrit
parfaitement toute sa masse glandulaire, qui est ind6pendante de celle de
la glande pectoralc correspondante.

Cest k VSigQ de 44 ans, 6poque de sa pubertc, que cette femme a senti
cette mamelle ae d6velopper, en m^me temps que le volume des glandes
pectorales augmentait. Lors de sa premiere couche, aprds la montee du lait^
elle acquit un volume considerable, devint dure et douloureuse, et fut prise
pour un abc^ du creux axlllaire coincidant avec une mastite du m^me c6t^«
Ce pr^tendu abc^s fut ouvert. Peu apr^s, cette femme ayant eu plusieurs
hdmoptysies, la s6cr6tiQa lact6e s'arrfita et tout engorgement disparut du
c6t6 des mamelles.



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52 REVUE CLINIQUE.

Voici, comparativcment, les diverses phases de la s6cr6tion dans les ma-
mcUes pectoralcs et dans la rnamelle axillaire :

Deuxi6me jour apr6s raccouchement. Seins flasques; en les prcssant, un
liquide clair s'ecoule des mamclons. La mamcUe axillaire est molle. Je ne
puis faire sourdre aucun liquide de son mamelon.

Troisi^me jour. Les mamelles pectoralcs s6cr6tent un liquide clair qui,
plac6 sur une plaque de verre, se coagule rapidement et prend Tapparence
d'un verpis transparent. Au microscope : quelques globules de lait; nom-
breux corpuscules de colostrum ; debris 6pith6liaux.

En pressant la glande axillaire entre deux doigts, il s'6coule du mamelon

. quelques gouttes d'un liquide transparent ayant les mfimes caract^res que

celui qui est fourni par les seins. Vu au microscope, il contient quelques

gros globules de lait, des corpuscules colostraux, et de nombreux d6bris

d*6pith6lium pavimenteux.

La temperature, qui 6tait le matin 37o.3, atteint, a trois heures du soir,
39^,2. Pouls 90. L6ger frisson vers midi. Chaleur g6n6rale. Picotements ^ la
p6riph6rie des glandes pectoralcs, qui sontplus volumineuscs que le matin,
sans 6tre n6anmoins ni engorgees ni doulourcuses.

Quatri6me jour. La mont^e du lait a eu lieu pendant la nuit derni^re. Le
lait coulait spontan6ment des seins vers le matin. Pouls 60. Tempera-
ture 370,2.

Seins volumineux. Le liquide qui s'en 6chappe est blanc ; au microscope,
les globules de lait dominent dans la preparation ; encore de nombreux cor-
puscules de colostrum, d6bris 6pitb6liaux.

Jc iais sortir de la mamelle axillaire un liquide opalescent qui contient
des elements figures du lait en assez grand nombre. Corpuscules de colos-
trum; debris epitheliaux deformes et granuleux.

Cinquieme jour. Aucun changement du c6te des seins.

Sensation de tension dans le creux axillaire droit. La glande est plus volu-
raineuse. Le produit secr6toire est le mSme.

Sixieme jour. Aucun changement du c6t6 des seins.

Picotements dans la glande axillaire; elle s6crete un liquide d'un blanc
jaun&tre.

Scptieme jour. Le kit est tres-bien forme. Plus de corpuscules de colos-
trum.

Du c6t6 de la glande axillaire, gros globules de lait tres-nombreux.

Huitieme jour, Le lait fourni par les seins a le mSme caractdre.

Le liquide qui sort de la mamelle axillaire est blanc ccmme du lait ; au
microscope, grand nombre de gros globules de lait; globulines ; corpus-
cules de colostrum; epithelium pavimenteux infiltre de gouttelettes de
graisse. On degorge soir et matin cette mamelle.

Quinze jours apr^s son accouchement, cette femme fut dvacu^e dans
le service des femmes fi6vreuses (phthisie pulmonaire). De temps ^
autre, j'ai continued h examiner le liquide fourni par les trois ma-«



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REVUE DES SOCIETfeS SAVANTES. 53

raelles. La raamelle axillaire a loujours donn6 un liquide se rappro-
chant beaucoup plus du colostrum que du lait parfait. Vers le milieu
du mois de novembrb, elle a cess6 de secreter et s'est atrophide ; cetie
dernicre phase a coincide avec Tappauvrissement progressif de la se-
cretion des glandes pectorales qui^ actuollement, no fournissent plus
(ju'un lait sdreux.

L'examen micrographique du produit de cette glando ne permet pas
de la confondre avec ces glandes sebacdes que Ton a prises quelque-
fois, selon Bouchacourt, pour des glandes mammaires. II ne lui a
manqud, pour sdcrdter un lait parfait, que I'excitation produite par
une succion rdpdtee. En se plagant au point de vue purement physio-
logique, on pent la comparer aux mamelles rudimentaires des vaches
Jaitiferes de premier ordre, appeldes tetines^ qui se trouvent en arri5rc
du pis. L'dlement glandulaire des tdtines est completement indepen-
dant de celui du pis et ne secrete pas de lait. Neanmoins, des mddecins
v^tdrinaires (Recueil de medecine veterinaire, fevricr i874) sont parve-
nus, au moyen d'excitations manuelles, h transformer, par cette gym-
nastique fonctionnelle, ces glandes rudimentaires en veritables ma-
melles donnant du lait. - (Union medicale).



REVUE DES SOCIlSTfiS SAVANTES.



ACADEMIB DE MEDECINE

Seance du 1*' decembre 1874.

M. Blot. Le 31 mars 1874, M. le D' Ternisien, de Foucarmont (Seine-
Inf6rieure), a adressfi a rAcad6mie un foetus monstrueuxqu'il avail observe
dans sa clientele.

Le bureau de TAcadfimie a renvoy6 cette pi6ce anatomique h mon exa-
men, et je viens aujourd'hui vous rendre compte de cet examen.

Lb fcetus monstrueux, adress6 par M. le D' Ternisien b. TAcad^mie, ap-
partient an deuxiime ordre des monslres unitaires de Geoffroy Saint-Ililairc,
c'est-^-dire aux monslres U7iitaires omphalosilcs.

II est ^galement tr^s-facile de voir qu'il rentre da&s la deuxi^me famillo
de cet ordre de mon8truosit6s, les Aciphaliens, EnOn, par les caractdres par-
ticaliers que nous aliens indiquer, 11 doit 6tre rang6 dans le genre Peraci-



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54 REVUE DE8 SOClfilfiS SAVANTES*

phale, de oxi^aXoc, iEic6phal6, etT^apoc, an del&» outre mesure {tram des latins) ,
comme dans peroxyde,

Ce monstre, comme presque tous ceux de son esp6ce, est Tun des pro-
duits d'une grossesse g6mellaire; le premier enfant, qui, comme lui, 6tait
du sexe f6minin, 6taitsainet normalement conform6.

Nous n*avons malheureusement aucun renseignement precis sur le pla-
centa et les membranes.

Avant de donner les details relatifs k la description anatomique de cc
fa>tuSy nous aliens d'abord transcrire les renseignements qui nous sont



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