William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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la couche exsudative kystique. Accol6 k la paroi abdominale ant^rieure au-
dessus de la vessie, fragment putr6fi6 k peu pr6s m^connaissable du cordon.
II nous faut done admettre que, selon toute probability, le placenta et les
membranes, ont 6t6 dis30ci6s par la putrefaction. La face po8t6rieure de la
poche est constitute par les anses intestinales r6unies par de fortes adh6-
rences. — Une dizaine de perforations mettent en communication la cavit6
foBtale et Tintestin. Ces ouvertures spnt parfaitement ciroulaires, fronc6es
en cul-de-poule ; on pourrait^ leur aspect douter de leur origine ulcerative;
elles paraissent s'dtre cicatris6es sur leurs bords par adossement de la s6-
reuse a la muqueuse. La muqueuse intestinale n*a pas conserve autour de
ces orifices de traces notables d'un travail phlegmasique pr^existant ; elle
n'est ni rouge, ni ramollie, ni ulc6r6e. Le calibre de Tintestin grMe est sen-
siblement diminu6 au niveau des difffirents points oh aboutissent les trajets
fistuleux.

En rfeumant les details qui pr^cfedent, nous trouvons : tine gros-
sesse extra-uterine abdominale qui ^volue physiologiquement jusque
vers le huitieme mois. A cette 6poque, une violence ext^rieure cause
la mort du foetus. Parmi les ph6nom6nes qui se produisent alors, une
perte sanguine uterine, du lait dans les mamelles, quelques douleurs
pr^parantes, indiquent un commencement de travail ut^rin sympa-
thique, ainsi qu'il en arrive souvent dans les grossesses extra-uterines
qui approchent du terme physiologique de raccouchement. Enfin un
travail d'^limination commence dans le kyste foetal. Ces processus
aboutissent k produire : !<>, duc6te de rombilic, une tumeur qui ne
tarde pas k s'ouvrir spontan^ment au dehors par un trajet fistuleux
qui donne passage aux produits liquides deToeuf ; 2o, du c6i6 de Tin-
testin, un travail ulc6ratif, qui ne paratt 6tre egalement qu'un effet
pathologique de rorganisme dans le sens de relimination du produit
de la conception devenu corps stranger. Ce dernier travail, impuissant
et ddsormais inutile par I'ouverture definitive du kyste au dehors, se
cicaJrise imparfaitement, laissant des fistules par lesquelles Tintestin
et le kyste communiquent d^sormais librement. — 11 r6sulte bient^t*
decet 6tat de choses, de graves accidents d'infection putride que Tex-



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traction du foetus et una medication appropri^e sont impuissants i
combattre et auxquels la femme succombe.

Pour arrivep au but pratique de cett^ observation, mettons tout de
suite de c6te la circonstance assez bizarre de la presence dans le kyste
d'un £iscaride lombricoide. Quelque bonne volont6 que Ton y xnette
on ne peut rendre cet helmintheresponsable des perforations intesti-
nales. Malgr^ les assertions deM. Mondi^re (de Loudun) et de quel-
ques autre3 m^decins, nous nous en rapportons enti^rement, sur ce
poijit, k Tautorite de M. Davaine, declarant, aprfes s'^tre livr6 h une
analyse s6v6re des raisons Inyoqn^s en fa\euv d\x pouvoir pe^forant
des ascarides, que les faits k Tappui ne r^sistentpas k la discusssionw

Nous ne dirons encore qu'un mot sur T^tat de^la cavit6 abdominale
de notre op§r6e. Avons-nous eu affaire k une grossesse p6riton6ale
primitive, ou k une grossesse p^riton^ale secondaire? Gette question
nous renvoie nfcessairement au m^moire classique de Dezeimeris
(Journ. des Conn, med. et chir. 1836-1837). Les grossesses abdominales
secondaires seraient seules, selon Dezeimeris, pourvues d'un kyste
p^riton^al exsudatif, qui serai tl'analogue de la caduque uterine, et se
formerait, par le fait d'une pdritonite, au moment oti Toeuf passerait?
du point oil il 6tait primitivement implants, dans la cavity s^reuse.
Cettecaduque p^riton^ale, nous Tavons constat^e ; elle a dtl se produire
dans les jours qui suivirent le traumatisme que nous avons rapports ;
traumatisme assez violent d'ailleurs pour causer la mort de Tenfant.
Quoi qu'il en soit, nous trouvons k I'autopsie un kyste p^riton^al par-
faitement organist; aucun diverticulum de la cavit6 qu'il limite,
aucun reste du placenta, ne nous permettent de supposer sur quel
organeToBufs'^tait primitivement greff^. Le placenta, les membranes,
incluses dans le kyste ont disparu par putrefaction. Nous regrettons
qu'une dissection complete ne nous ait pas 6te permise. Les pr^jug^s
religieux de la famille nous accordferent k grand'peine le bref examen
auquel nous nous livr^lmes.

La question la plus importante que soul^ve cette observation est la
suivante : k quel moment fallait-il ouvrir Tabdomen et extraire le
produit de la conception ? En admettant, et cela nous parait incontes-
table, que la mort de la femme a ete causae par Tinfection putride ,
que cette infection n'a 6te elle-m§me que la consequence de la commu-
nication du kyste par Tintestin d'unepart, avec Texterieur par Vom-
bilic, del'autre, il aurait fallu agir activement beaucoup,plus tdt que
nous ne Tavons fait, c'est-i-dire lorsque nous f^ttmes appeie pour la



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premiere fois auprfesde la malade, dfes le commencement ded^cembre.
A cette epoque, le foetus 6tait mort, la tumeur ombilicale indiquait la
tendance de I'prganisme ^.r^limination d'un produit devenu corps
stranger. Nous aurions eu alors quelques chances d'^viter la compli-
cation in^vitablement mortelle qui s'estproduite ulterieurement.

Terminons par les conclusions suivantes :

io Certafties grossesses abdominales ont une tendance k se terminer
par I'expulsion du produit selon deux directions difTerentes : Tombilic
et rintestin.

2« La determination ombilicale, des deux la plus directe, prtc^de
trfes-probablement la determination intestinale.

3« Le rdle du chirurgien doit 6tre, la grossesse extra-uterine 6tant
constats, d'intervenir le plust6t possible, c'est-k-dire d§s que la dila-
tation de Tanneau ombilical par la presence d*une tumeur indique
la direction des efTorts naturels d'expulsion du produit de la con-
ception. [Gazette Iiebdomadaire.)

De l^mperforation de rUr^thre.

II est h peu pr6s certain, disent les accoucheurs, que, dans les der-
niers mois , Purine pent 6tre expulsee dans la cavite amniotique. Ca-
zeaux ajoute mSme que plusieurs faits incontestables prouvent que
cette Evacuation est n6cessaire h Ventretien de la vie fcBtale. Billard
et T. W. King ont vu des cas de rupture de la vessie produite par
I'imperforation de Tur^thre. Moreau et Dessaut ont aussi presents h
TAcad^mie de m^decine des exemples analogues.

Les cas d'imperforation ur^thrale (vice de conformation qui est loin
d'etre rare), chez les nouveau-n^s parfaitement viables, temoignent,
selon nous, que Texcr^tion urinaire dans les eaux de Tamnios n'est
pas cependant une condition indispensable h la vitali 16 du foetus. Nous,
en trouvons, dans la LanceUe anglaise, quatre cas int^ressants qui
renferment en eux plusieurs enseignements pratiques.

Voici chacune de ces courtes observations^ que nous avons traduiles
du texte anglais :

I. Cas de J. S. Grubb. {The Lancet, 42 d6cembre 1874.)

Une nourrice ayant attir6 rattention de ce chirurgien sur un enfant de
12 heures qui n'avait pas encore urin6, il examina le p6nis et n'y trouva ni
m6at ni aucune depression indiquant la place qu*il devait occuper. Le gland
tum^ne, formait une bosse considerable ; le prepuce 6tait r6tract6. L'en-



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iant vomissait, le pouls 6tait petit, le petit malade paraissait mourant. Le
chirurgien fit une incision k Tendroit oCi aurait dA se trouver le in6at : 1*6-
coulement sanguin fut considerable, Purine afflua; mais le chirurgien
6choua a passer tout d'abord la sonde cannel6e. En quelques heures, les
langes et le lit furent inond6sd*urine, qui continua h s'6couler par I'incision
les jours suivants. La gu^rison fut complete.

Ce fait en a sugg^rd un autre ^ M. A. W. Edis (qu'il a observe h Tho
Bristish Lying in Hospital). L'auteur le regarde comma enli^rement
semblable au pr6c6dent; mais nous verrons bientdt qu'il en diflPere
sous plusieurs points :

II. Gas de Arthur W. Eors, M. D., etc. {Thelajjicei, 19 d6cenibrel874.)

L'enfant en observation n*avait pas encore urin6 au bout de vingt-quatre
heures. 11 6tait fort agit6 et paraissait souffrir beaucoup. L'examen d6montra
que le pr6puce n'6tait pas perfor6 etJ6tait tr^s-^troitement adherent au
gland. Le chirurgien pratiqua une petite incision cruciale et essaya de passer
une sonde cannel^e. II rencontra alors une difficult^ considerable, et ce ne
fut qu'apr^s un effort prolong^ que la sonde put francbir Tobstacle dans la
direction oh. devait se trouver TurdthVe. L'impression ressentie par M. Edis
fut que les parois ur6thrales adb6raient solidement Tune k I'autre, dans
une 6tendue d*au moins 3 centimetres, a partir du meat. Un jet d'urine
suivit le passage de la sonde, qui p6netra alors facilement dans la vessie.
L'enfant ne perdit qu'une petite quantite de sang. Les deux jours suivants,
un catheter huiie, n^ % acheva de reconstituer le nouveau canal, et Tenfant
86 retablit tout k fait.

Deuxautres examples, ayant une certaine analogie avec lepr^c^dent,
ont 6t6 publics par les docteurs Evans et Tylecote. Les voici :

III. Gas de L. W. Evans. (The Lancet, 2 Janvier 1875.)

II y a deux ans environ, ce chirurgien a observe un cas d'imperforation
de Turethre dans lequel, comme dansle cas du docteur Edis, les parois du
canal adherentes se terminaient en cul-de-sac, k peu pres ^ 3 centimetres
de I'extremite ant6rieure. Ge chirurgien lit une petite incision longitudi-
nale k I'endroit oil aurait du se trouver le meat et essaya de faire penetrer
une sonde. II n'y reussit tout d'abord qu'imparfaitement; mais le jour sui-
vant, il y mit plus de force; Tobstruction fut alors vaincue, et un jet d'u-
rine s'echappa. Le traitement ulterieur fut le mfeme que celui institue par
le D' Edis.

Quant au quatrifeme fait, I'atiteur le compare k celui de J. S. Grubb;
mais il a certainement avec lui plusieurs points de dissemblance sur
lesquels nous allons revenir :



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570 REVUE CLINIQUE.

IV. Cas de J.-H. Tylbcote,M. D. {The Lancet, 2 Janvier 4875.)

La deformation n'avait pas 6t6 constatfie au moment m6me de !a nais-
sance, Tenfant 6tant d'ailleurs parfaitement constitu6. A la visite du len-
demain, on s'apergut qu'il n'avait pas encore urin6. A rexamen, le chirur-
gien trouva unc 16g^re depreciation au niveau du m6at, c*est-k-dire k Pen-
droit oii il aurait dil exisler normalement; il n'y avait ni 6pi ni hypospadias.
II fit une incision, il'aide d'un bistouri pointu, dans la direction de Turfe-
thre et suivant la profondeur d'un centimetre au moins; puis il introduisit
une sonde cannel6e, courb6e en forme de catheter, jusque dans la vessie:
Au moment oi!i cette sonde fut retiree, un jet d'urine abondant s'ensuivit :
on ne fit aucun traitement cons^cutif. Quelques ann6es plus tard, lo mdme
chirurgien eut Toccasion d'examiner Tenfant. Le p^nis pr6sentait Paspeot
de celui de I'hypospade, la^face inf6rieure de Turetbre manquant dans une
etendue d'un peu moins d'un centimetre. Cette nouvelle disposition vicieuse
avait '^ete evidemment consecutive k I'incision pratiqu6e par le chirurgien.

De ces quatre exemples, le premier (Grubb) est Evidemment relatif
h une imper [oration du meat seuly sans imperforation du prepuce. Les
trois autres se rapportent, non pas h rocclusion par transformation de
tout Tur^thre en un cordon plein, mais h la vari6t(§ d'imperforation du
mdat s'accompagnant d*un accolement et adherence des parois du ca-
nal jusqu'^ une certaine profondeur (3 centim. environ). Dans Tun
d'eux(Edis), il existait, de plus, une imperforation du prepuce, qui
dtaitaccold compietement h la surface glandaire. Ces derniersexeioples
peuvent done se rapprocher de ceux de Ebert (th5se Guyon, 4863, et
Annates de la Charite de Berlin j\ol, II, p. 4 883 et Schmidt's Jahrbrucher,
t. LXXVI, p. 236), qui dit avoir observe deux fois raccolement des
levres du m^at se prolongeant dans Tinti^rieur du gland, et de celui de
Witehead {Medical Times^ 48 septembre 1847), qui rapporte une im-
perforation congdnitale de Tur^thre qui occupait toute T^tendue de la
cavite de la portion glandaire. Ce n*est que dans Tobservation dn
D*" Tylecote que le Dout du m^at offrait une Idgdre depression corres-
pondantau point oii aurait dCl se trouver Touverture.

Les troubles auxquels donne lieu cette retention d'urine ont E16 un
peu differents dans chacun des cas. Dans le premier exemple, bien
qu'il n'y ait eu que douze heures d'ecoulecs depuis la naissance, lef^
accidents etaient menagants : le gland etait fortement tumeiie; des
vomissements et un etat general tres-inquietant indiquaient surabon-
damment qu'il y avait urgence d'intervenir. Dans le second cas, les
troubles etaient moindres, mais cependant encore assez accuses. Dans
les autres, et en particulier dans celui du D' Evans, oil pr^s de vin^-



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quatre heures s'6taient d^j^ ^coul^es, les ph^nom^nes n'offraient pas
un caractdre d*acuit6 aussi prononcd. A la suite de cette dilatation du
canal, Turdthre se romprait, dit Sabatier, souvent avant la naissance
deTenfant. Cette rupture (thi!?se Guyon, 1863, p. 36), aurait lieu au
niveau de la partie la plus mince, c'est-^-dire au niveau du frein; et
ainsi se trouverait expiiqu^e la presence de Thypospadias glandaire.
Cette explication, renouvel^e de Dionis, ne pent, d'aprd? M. Guyon,
s'appliquer h la th^orie de ce vice do conformation.

L'op^ration necessit^e par cette diflormite fut des plus simples :
elle consista dans une incision longitudinale suivie d'un cath^t^risme
qui, cependant, n'a pas toujours ^t^ tr^s-facile, en raison de Tadhd-
rence des parois, qui se prolongeait dans une certaine 6tendue. JV
voue que nous pr^f^rerions deux petites incisions en croix, quiauraient
au moins pour effet d'^viter de produir^ un l^ger hypospadias glan-
daire, comme cela est survenu une fois dans Tobservation IV, oh le
chirurgien avait un peu trop prolong^ son incision longitudinale du
c6te de la face inferieure. Quant h Tecoulement de sang, il a toujours
et^ de mediocre importance; cependant, Tun de ces petits malartes en a
perdu une assez grande quantite. (Union Medicate.)

D' GiLLBTTB.

L'expos^ pr^c^dent fait par M. le D*" Gilette a donn^ lieu h la com-
munication suivante du D"* Jacquart deBar-sur-Aube.

Le 2i octobre 1874, une dame de laville accouchait, h minuit, d*un
gargon qui avait ou qui plut6t paraissait avoir tous les signes exte-
rieurs d'une bonne conformation. Pendant les soins que je donnais
moi-m6me ^ Tenfant, je ne remarquai rien d'anormal. Le lendemain,
I'enfant ^tait envoys en nourrice h 10 kilometres de la ville. Le sur-
lendemain, la nourrice fut frappde des cris incessants de Tenfant, et
cependant ne sat pas d^couvrir la cause de ces cris. Ce ne fut que le
troisi^me jour, c'est-i-dire le 27, que la nourrice fit la remarque que
les langes n'^taient souill^s que de mati^res fdcales et que Tenfant
n'urinait point.

Je fus mande en toute hAte et arrivai, vers trois heures de Taprte-
midi; le petit malade etait au plus mal; le pouls etait miserable; le
facies gripp^; les cris, plaintifs et continuels, allaient en s'^loignant.
Soixante-quatre heures s'^taient ecoul^es depuis la naissance , et au-
cune excretion d'urine ne s*etait effectu^e. L'examen du p^nis me fit
voir une imperforation complete du m^at urinaire, dont ni la forme



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572 REVUE CLINIQUE.

ni la place mfime n'^taient apparentes. Le gland, un peu d^couvert,
formait un tout sans la moindre trace de depression; particularity h
noter, le prepuce 6tait lui-m6me intimement soud6 aux trois quarts
inf^rieurs du gland. II y avait urgence d'opi^rer, et, encore novice, je
me trouvai^ pris au d^pourvu en face d'une operation que je n'avais
jamais vu pratiquer, etdontje n'avais jamais entendu parler. Je fis de
mon mieux et proc^dai de la fagon suivante : je fis une incision longi-
tudinale dans la direction et ^ la place habituelle du m6at urinaire,
esp6rant rencontrer le canal urethral et pensant n'avoir affaire qn'k
une imperforation du m^at; je ne rencontrai rien, et, sans plus de suc-
c6s, je plongeai dans la direction pr^sum^e du canal la lame d'un bis-
touri etroit et pointu. Je sondai avec un stylet mousse la plaie que j'a-
vais pratiqude, dans Tespoir de d^couvrir quelqae indice pour diriger
ma route.

Ne rencontrant rien et voyant le danger que courait mon petit ma-
lade augmenter h chaque instant, je me d^cidai Ji me frayer un che-
min h tout prix. Je choisis dans ma trousse un stylet canneM que je
courbai en forme de sonde, et je le poussai blvqc lenteur, mais assez
vigoureusement, dans la direction du canal absent, en commen^ant
par la plaie que j'avais pratiqu^e. Je sentis bientftt que mes efforts
triomphaient k chaque' pas d,'une difficult^ sans cesse renouvel^,
et que mon instrument suivait le bon chemin; j'arrivai avec le
temps jusqu'^ la vessie, mais d'urine point. L'instrument fut re-
Mr6, et cependant Tenfant n'urinait toujours pas. Je n'avais point
de sonde assez petite; je courbai de nouveau mon stylet, de fagon k
utiliser la cannelure qui formait comme une sorte de conduit, et j'eus
enfin la joie d'arriver & bien ; une abondante quantity d'urine s'ecoula
par la cannelure de ma sonde , et le petit malade parut vivement
soulag^.

Le lendemain, je revis i'enfant ; il n'avait point urin^, et je dus re-
commencer en partie Top^ration de la veille ; il s'etait fait de nouveau
un accolement du m^at artificiel et des parois du canal ur<^thral; cette
fois je laissai h demeure une tr6s-fine bougie destin^e h tenir 61oignees
les surfaces avivees et h empScher leur adherence. L'enfant put uriner
malgr6 la presence de la bougie; et au bout de quelques jours, celle-ci
fut supprim^e et la fonction s'op^ra d'elle m6me dans les conditions
normales. La gu6rison s'est continuee, et, aujourd'hui, au bout de
quatre mois, Tenfant se porte bien. Je n'ai pas cru devoir faire au-
cune operation pour s6parer le prepuce du gland; ils me paraissenl



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BEVUE DES SOCIETES SAVANTES. 573

unis Tun k Tautre d'une fagon trop intime. La quantity de sang perdu
pendant Top^pation a el6 as3ez mod6ree.

J'ai done eu affaire, dans ce cas, h une imperforation non-seulement
du m^at urinaire, mais du canal lui-m^me tout entier, car.,j*ai parfai-
tement dprouvd la m^me difQcult^ d'introduction de ma sonde jusqu'k
la vessie. Le m^at ^tait compl^tement absent, mais je crois que les
parois du canal n'^taient que sendees entre elles et qu'elles existaient
virtuellement.



REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

ASSOCIATION FRANgAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES.

Seance du 21 aoAt 1875.

M. DE SiNETY a la parole pour une communication sur quelques
points de Vanatomie de Povaire et de Tuterus chez les nouveau-nes.
On observe dans Tovaire des petites lilies, peu de jours apres leur
nedssance, un gonflement des vesicules de de Graaf analogue k celui que
Ton observe chez la femme apr^s la puberte. Jamais ces follicules ne
d^versent leurs produits dans les trompes, comme chez la femme
adulte.

Quelques annees apr^s la naissance, on ne trouve plus ces follicules
gonfles. M. de Singly rapproche ce fait du cas suivant, observe par
Meckel : c'est que les petits gargons ont dans les testicules, h Tepoque
de la naissance, des cellules analogues h celles oti se d^velopperont
plus tard les spermaLozoides; quelque temps apr6s la naissance, ces
cellules disparaissent pour ne se retrouver qu'^ la puberty.

Enfin on sait que, au moment de la naissance, les enfants des deux
sexes presentcnt une sdcr^tion de la mamelle, que M. de Sin^ty a
reconnu 6tre une veritable s^cr^tion lactee. C'est un fait assez remar-
quable que cette poussee genitale chez les enfants naissants.

M. de Sinety termine sa communication par quelques mots sur I'e-
pithelium de Tutdrus, tres-difiicile k bien observer, parce qu'il s'alt6re
trop rapidement. II a^ trouve que le col de Tuterus 6tait tapisse par
des cellules caliciformes secretant un mucus ^pais. Dans le corps de
I'uterus, oil le produit est bien plus fluido, on trouve des cellules
cylindriqucs; ces cellules cylindriques n'ont du cils vibratils que chez
la femme adulte.



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574 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

SOCIETE ANATOMIQUEe

Seance du 9 avril 1875.

Hydroc^phalie congteitale. — Arr^t.de d^veloppement de certaines
parties du cerveau, par P. Budin, interne des hdpitaux.

La nomm6c M. .., sans profession, kg^e de "24 ans, primipare, entrait i
la Maternity le 30 mars 1873 a 10 heures du matin. Cette femme avait et6
tr6s-r6guli6rement menstru6e dcpuis I'Age de 13 ans. La derni^re appari-
tion des regies datait du lo-SO juin 1874. Pendant Ics deux premiers mois
de sa grossesse, elle eut delac6nhalalgie et des vomissements : par la suite,
elle ne pr^senta aucun accident.

Lors de son entr6e k la salle d'accouchement, on constata une presenta-
tion du sommet en 0. L G. A. Le 30 mars k 1 heure du soir on rorapit les
membranes, etTaccouchement spontan6eut lieu k 5 heures ; I'expulsion fut
p6nible. L'enfant qui 6tait une lille, pesant 3,980 grammes, avait une t6te
volumineuse pr^senlant des diam^tres anormaux. Le diametre occipito-
frontal mesurait 13 centimetres ; roccipito-njentonnier 17 centimtoes, le
bipari6tal 10 centimetres 1/4, et le sous-occipito-bregmatique 10 centi-
metres 1/4. A la partie post6rieure du crAne, les op 6taient incompietement
ossifies. Le placenta, qui 6tait assez volumincux, pr6sentait des dt'gen6res-
cences fibro-graisseuses tres-etendues, qui occupaient le tiers environ du
volume total de Torgane. II y avait en outre dansun point, a la surface fee-
tale du placenta, sous le chorion, de larges lamelles blanchatres de flbrine.
L'enfant v6cut pendant 48 heures ; il succomba le 1'''' avril dans I'apr&s-
midi, apr^s avoir pr^sente les ph6nomenes ci-dessous rapport6s : il n'a ja-
mais t6t6 ; mis au sein, il n'a jamais fait un mouvemcnt pour prendre le
mamelon. On fut oblige de lui donner le lait d'une nourrice ^ Taide d'une
cuiller ; il deglutissait sans difflculte. 11 but aiusi jusqu'au 31 mars dans la
nuit ; mais h partir du 1" avril li 1 heure du matin, il ne voulut plus rien
prendre; le peu de liquide soit lait, soit eau sucree, qu'on essayait de lui
faire avaler6tait immediatement rejete. L'enfant allait naturellement i la
garde-robe ; il rendit son meconium.

Abandonne a lui-meme, il poussait continuellemcnt un gemissemeai
plaintif, uniforme, espece de cri hydro-encephalique; mais des qu*on le pin-
gait ou qu'on pouvait lui faire mal, il criait comme les autres enfants. Du
reste la sensibilite etait intacte chez lui ; pince legerement ou m^me lou-
che, il retirait ses membres et s'agitait ; on n'a remarque la paralysis d au-
cune partie du corps.

L'autopsie futfaite le lendemain de sa mort. Lcspoumons, le caur, Tes-
tomac, le foie, les reins, la rate n'etaient le si6ge d'aucune lesion. L'ovaire
droit etait beaucoup plus volumineux qu'a I'etut normal, il offrait les di-
mensions d'une noix et presentait plusienrs tumours semblables k c^Ues
que certains auteurs, M. Gullingworth, enire autres, ont decrites comme 6tant



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REVUE DES SOCIETES SAVAiNTES. o75

des kystes de Tovaire chez des nouveau-n6s. Ces ovaires ont 6t6 examin6s
par M. de Sin6ty dont on connait la grande autoritd en pareille mati^re, et
sespr6parations demontrent qu'il s'agit tout simplement de v6sicules de
de Graaf tr6s-d6velopp(^es. Ge d6veloppement des v^sicules dede Graaf est,
suivant lui, un fait frequent chez les enfants nouveau-n6s.

On essaie d'ouvrir le crAne ksa base avec une scie tr5s-fine. A peine en
avait-on donn6 quelques coups qu'un liquide limpide, d'un jaune clair,
commenga k s'eeouler. On recueillit 950 grammes de ce liquide. La voiite
cr4nienne ayant 6t6 enlev6e, on constata la disposition suivante :

Le bulbe, la protub6rance, les p6doncules c6r6braux, les corps strips, les
couches optiques ont atteint leur d^veloppement normal ; mais les deux
hemispheres c^Tebraux ne sont rcpr6sent^s que par le lobe temporal et le
lobe occipital, jusqu*i la scissure occipitale interne.

Les lobes frontaux et les lobes pari6taux, la voftte du corps calleux et le
centre ovale de Vieussens font compl^tement d6faut. Le crAne 6tait volumi-
neux, mais on n'y voyait pas cet 6cartement considerable des os qu'on ren-
contre ordinairement chez les hydroc6phales. Le reste de la cavit6 crA-
nienne ^tait rempli de liquide c6phalo-rachidien. La dure-m^re et la pie-
m^re se reconnaissaient facilement : distendues par du liquide a la partie



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