William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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^^auvat, 2S ans, domestique. Saint-Landry, 7, Hdtel-Dieu. G61ibataire,
30mai 1«73.

Enfant elle a d6jk des palpitations ; elle ne pent suivre ses soeurs. R6gl6e
k 14 ahs; bien, perd tr6s-peu depuis un an, r^guli^rement. Pas d'enfant.
Vaccin6c, variol6e tr6s-fortement k 18 ans. A il ans, trois mois a Lariboi-
si^re pour une fi6vre typhoTde et une bronchite. Un peu de sang dans les
crachats derni^rement. Les palpitations ont augments beaucoup depuis sa



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59« M^MOlRESOttlGmAUX.

ii^vre bphoide. Cceur nnn dilate. Claquements tr68-fort8 au premier et au
second temps. D6doublement du second claquement. Roulcment et fr6inii-
Bement au second temps. Pas de souffle en jet de vapeur. Premier claque-
ment Hcconipagn6 d'un peu de rftpement. Jamais d'fepistaxis.

Tandis que du c6t6 des enJants nous trouvons une parte oonBid6-
rable, nousvoyons au contraire la plupart des mferes ^chapperila
mort, pendant la grossesse du moins, car nous ne pr^tendonspas (pie
la maladie ne puisse pas 6tre aggrav^e. Les cos de morf pour la mere
sont beaucoup moins frequents qu'on serait tent6 de le croire ; nous
commencerons par eux.

Dans les deux premiers cas, Topdration c&arienne n'a pas 6\& pra-
tiqu^e.

B^rMssement mitral.— Tubercultsation presque certaine, ^^ Mori A 1 mois d$
gros$esse avant d'accoucher. — Pas d'opiraiion cisarienne,

Madame B... se marie k^Sans: elle dit avoir eu de tout temps de la diffi-
culty pour monter ; eile accuse une rougeole grave k 18 ans, des bronchites,
des hemoptysies. En 4864, Pannfie m6me deson mariage, je la soigne pour
un retr6cissement mitral et une bronchite suspecte. En novembre 1865, je
Tenvoie k Hy6res, elle est enceinte. Le 16 mars 1866, M. le docteur V6rignon
m'6crit que Toppression est toujours consid6rable, la figure violac6e, le
pouls a 140; les hemoptysies continuent; rAles sous-cr6pitant8 au-desious
des clavicules. Pas d'oed6me des extr^mit^s. L'enfant vit.

Le 19 mars, mort. Pab d*op6ration c6sarienne, le mari s'y oppose ; d'ail-
leurs la grossesse ne d^passe pas beaucoup 7 mois;

Ici Ik mort est loin d'avoir 6te subite et la tuberculisation est presque
certainement ajout6e a la l6sion mitrale,

Hypertrophie du cmur. ^ Emphxjshme, -^ Mort rapideaS mois de grossest. ^
Palpitations et dysprUedepuisplusieurs annSes. — Pasd'autopsie{Em.Dub(nSy
ancien interne de la Maternity. These de Campbell*)

En d6ccmbre 1874 entre k la Maternity une femme de 28 k 30 ans, en-
ceinte de 8 mois et.atteinte d*hypcrtrophie du cceur et d'emphys^me pul*
monaire. Depuis quelquesann6eselie avait des palpitations etde la dyspnfe
qui avaient au^mcn^^ d'intensite a c/iaque grossesse. Quand Em. Dubois U
voit k son entr6e, il note : Respiration tr6s-p6nible, face livide, 16vres vio-
lac6es, peau froide, pouls petit, difficilement senti k cause de Tocdtoe, in-
filtration des membres supSrieurs et inf6rieur8 ainsi que des parois abdo*
minales. Battements du cceur sourds et tumultueux. En avaut, respiration
tr6s-faible. En arri^re,bruit respiratoire faible : rHies muqueux et sibilants.
Pas de eigne de travail, Saign6e de !200 grammes. Trois heures apr&, am^
lioration notable, puis tout a coup oppression plus marquee, perte de con-
naissance et mort au bout d'un quart d'heure ; pas d'autopsie, pas d'op^-
tion c^sarienne.



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INFLUENCE DES MALADIES DU C(EUR SUR LA MENSTRUATION, ETC. 587
L'observation suivante nous montre Campbell plus heureux : il
extrait un eufant qui a v6cu sept ans au moins.

Persistance du trou de Botal. -* Mort subite d 8 mois 1/2 de grossesse. — ^4^-
phyxie par 4cume bronchique. — Operation cSsarienne, ^ Enfant vivant.
(Campbell, thhe pour h doctoral, 4849.)

Guillemot, 23 ans, antra ^ la Maternite la !«' novembre 1846, enceinte de
7 mois i/2 environ. Teinte bistr6e da la muqueuse labiale et I6g6re appa-
rence cyanos6e des extr6mit6s sup6rieures : c'est \k un etat habituel chez
cette femme. Du reste, bonne conformation et bonne sant6 ordinairement.
Deux grossesses anUrieures suivies d'accouchtments trh-heureux. Bronchites
r6p6t6es. Mort subite h. 8 mois 1/2 de grossesse, tandis qu*eile travaillait.
Operation c6sarienne par Campbell. L'enfant vivait encore kl ans.

Autopsie. — GoDurvolumineux. Hypertrophie du ventnoulej^aucA*? L*oreiI-
lette droite est 6norm6ment distendue par du sang noir coagul6 : oreillette
gaucbe moins distendue que la droite. Membrane du trou de Botal mince,
comme 6raill6e par endroits, pr6sentant un orifice en forme de croissant qui
fait communiquer largement les deux oreillettes. Poumons congestionn6B,
remplis de mucosites.

Dans les trois cas prec6dents les femmes sont mortes avant d'avoir
^L^ ddlivrdes; dans les suivants elles meurent imm6diatemenl apres
6tre accouchees.

Reir^cissement mitral considerable, — Palpitations violentes depuis quatreans,
— Mort subite imnUdiatement apres un quatrihme accoucfiemeut rigulier. —
^ Enfant vivant [Obs. de Fr. Ramsbotham.)

Je fus pri6 par un de mas dl^ves d'assister k I'autopsip d'une femme
ag6e de 28 ans,mortesubitementapr6s6treaccoucheede son quatrieme en-
fant. Elle 6prouvait depuis quatre ans des palpitations violentes, et le plus
16ger exercice, surtoutracLionde monter m^me tr^s-lentement un escalier,
I'essoufflaient beaucoup : elle toussait constamment et crachait de temps
en temps un peu de saug. Le travail avait 6t6 facile et prompt: elle ne pa-
raissait pas Iatigu6e. L'accoucheur liait le cordon, et s'aperQUt que la m6re
avail quelqaes 16gers mouvements convulsifs; 11 eut a peine le temps d*ac-
courir aupr^s d'elle; elle6tait morte.

Les viscercs abdominaux 6taient sains; les poumons gorges de sang, le .
coeur petit et tr^s-flasque ; lamitrale tr6s-6paisse admettait i peine I'extr^-
mite du doigt. L'ut6rus etait r6tract6,

Relr6cisseincnt et insuffisance aortique, ^ Pleuro^pntumonie, — Mort su^
bite. — Enfant mort-ni, — Autopsie ^Mac Glintock, Union m6dicale^ Ijuillet
1853 )

Le 19 juin ^84a^ M. Mac -Go wen fut appele aupr6s d'Anna Baker, 4g6e do
21 ans, enceinte de son premier enfant ; elle pr6sentait jdes symptOmes lie
pl'jaro-pujumjnie gauche. Le 20 le travail d6buta k 3 heurcs du matin et



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o88 MEMOIRES ORIGINAUX.

s'accomplit en six heures. L'enfant 6tait mort. La femme mourut imrn^-
diatement.

A I'autopsie, ou constata: unopd^me g6n6ral, de la s6rosit6 brun^tredans
le p6ricarde ; le cceur tr^s-gros, le ventricule droit t>^6s-dilat6 et k paroi Ires-
minco, rorifice aortique admettant h peine Textr^mit^ du petit doigt, a
valvules dures et cartilagineuses, le coeur rempli de sang coagul6 ; les
pl^vres fortement adh6rentes etla plus grandepartie dupoumon h6patis<^e,
rut6rus ot les autres organes sains.

Rhumatisme articulaire aigu anUcSdent, — Palpitations. — Grossesse. — Or-
ikopnSe. — Accoiwtiement a sept mois, ~ Mort huit heures aprhs. — Insuffi-
sance mitrale,

Crahet, femme Robin, 38 ans, journali6re, entre dans les salles de la
Glinique d'accouchements, n° % le 7 juilletlS73.

RUo se marie k 31 ans. A 32 ans, .elle fait une fausse couche a la suite
d'une peur, puis est alit6e six semaines par un rhumatisme articulaire aigu.
Plus tard, elle a 2 enfants k terme qui viveat encore. Au mois de scptemr
bre 1872, Ag6e de 37 ans, elle est malade k la suite d'une chute dans Feau,
tandis q'u'elle a ses regies. L'essoufflement parait ne dater que du mois de
novembre, deux mois plus tard. Les regies paraissent pour la derni^re lois
au commencement du mois de d6cembre ; au d6but de la grossesse, on note
des vomissements pendant trois ou quatre jours et de la toux qui persiste.
Le le*" juin 1873 apparaissent r6tou(rement et I'enflure des jambes: cette
lemraene peut plus se coucher. Tels sont les renseignementsque me donnc
son mari.

Je copio maintenant le Bulletin de la Glinique. Dale de Tentrfie dansl'eta-
blissement, 7 juillet 1873, h. 11 heures du matin.

Entree dans la salle d'accouchements, idem.

C4onstitution bonne.

Conformation du bassin normale.

Etat habituel de la menstruation. Premiere 6poque i 13 ans, tous les mois,
sept i huit jours.

Derni^re apparition, premiers jours de d6cembre.

Epoque pr^sumce, sept mois.

Apparition des premieres douleurs, neuf heures du soir, le 6 juillet.

Rupture des membranes artificielles, le 7 juillet ^ huit heures du soir.

Dilatation complete a 8 h. 20.

Heure et mode de terminaison i8h. 1/-2. Sommet, occipito-iliaque gau-
che ant6rieure.

Dur6e totale, 23 b. 1/2.

Enfant masculin, faible, pesant 1,950 grammes.

Longueur totale, 44 centimetres.

Du sommet k Tombilic, C4.

De Tombilic aux talons, -iO.

Diametreoccipito-frontal, 11 cent.
— occipito mentonnier, 42.



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NFLUENCE DES MALADIES DU C(EUR SUR LA MENSTRUATION, ETC. 589

Diam^tre bi parietal, 9.

— sous-occipito bregnmtique, 9.

Longueur du cordon 58 centim.

La femme meurt huit beures apr^s I'accouchement, n'ayaiitpas pn'jsent^
d'albumine.

M. Martel, externe du service, a not6 k I'autopsie un ajd^mc g6n6ral, une
iosuffisance et des v6g6tations de la mitrale.

L'enfant envoy6 en nourrice estmortle 18 juillet.

N'y avait-il pas opportunity de pratiquer raccouchement d5s le
commencement du mois de juin? Nous n'avons pour juger ce que
peut produire cette op(5ration, que deux observations : nous los don-
nons h la fin de notre travail.

M. le docteur Moissenet m'a c\l6 un cas de rnort rapide chez une
primipare de22 ans qu'on avait laiss^e se marier, atteinte de maladie
du ccBur.

M. le D' Duboue, de Pau m'a rapports Tobservation d'une jeune
femme atteinte de lesion cardiaque et morte quelques jours apres son
accouchement.

M. J3ernutz m'a cit6 un cas de mort dans les m^mes conditions.

Le nombre de ces morts rapides est assez restreint.

Un intervalle plus ou moins long peut separer la mort et le dernier
accouchement.

Monot meurt 15 mois apr6s le dernier accouchement ;

Scberniska, 2 ans ;

Pinseau, 8 ans;

Bonenfant, 12 ans-

Menier, 17 ans ;

Boursy, 25 ans.

Palpitations dalanl de dix ans ; 3 enfanismort-nes. — Albuminuric. — InsuJ-
fisance mitrale et aortique, — Eclampsie. — Mort un mois aprhs la couche,
Autopsie.

Perrin, couturi6re, i8 ans, entre, Ste-Madeleine, 10, le "29 novembre 1864,
et meurt le 6 d^cembre.

Elle est accouch6e kLariboisi6re il y a un mors, y est resUte trois semai-
nes, et est sortie il y a quelques jours. L'anxi6t6 est extreme, le pouls irr6-
gulier, petit, ^ 132, puis k 60. Pouls veineux considerable. Cceur gros.
Souffle enorme occupant toute la partie inf6rieure du coeur. Double souffle
au niveau derorificeaortique. Anasarque. Albuminuric.

Autopsie le 7 d6cembre. — Le cceur est hypertropbi6 et dilat6. Le p6ri-
carde est inject6 sur toute sa surface, le muscle hyperemia. Los bords fles
valvules sont rouges, quelques vegetations sont attachecs u la mitrale qui



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390 MEMOIRBS 0RI6INAVX.

pr6sente sur son bord des dents de poisson : essay^e par Teau, elle est 16g^
rement insufiiftinle ainsi que I'orifice aortique. L'aorte estplaqu^e d'atb6-
romes. La surface des reins est in^gale et coutur6e. Granulations miliaires
et depressions au sommetd'un des poumons.

Grossesse compliqide d'accidenU cardiaques graves. — Accouchemsnt avant
terme, — Enfant vivani, — Mart de la mere deux mois apris : par le
D' VicTOB IcARD, (Gironde), 9 mars 1854, Union mtdicale.

Vers le mois de juin 187l,jcfu8 consults par la femme P... pour des
essoufflements avec toux tr^s-fr6quente,>urtout la nuit. Ag6e d'enviroQ
•23 ans, elle avait eu deux ans auparavant un accouchement tr6s-heureux
sans com plication et jouissait d'une sant6 tr6s-bonne. Elle 6tait enceinte de
six mois ; depuis pen de temps, ses jambes 6taient enfl6e3, et elle ne pou-
vait pasrespirer lorsqu'elle montait les escaliers. Au niveau de la region
pr6cordialc, matite anormale et bruit rApeux bien caract6ri66 avec fr^mis-
sementcataire. Poulsa 110, intermittent. Respiration anh6lante. Diagnos-
tic : Hypertropbie du creur avec r6tr6cissement probable de Torifice auri-
eulo-ventriculairc gauche. Broncho-pneumonie. Au commencement d'aoilt
apparaissent quelques acces eclamptiformes de courte dur6e. Huit jours
aprds, la femme P... accouche d'un enfant mAle tr6s-bien portant. Un mois
environ plus lard, la femme P... se plaint de nouveau de g^ne excessive en
respirant, avec un 6tat d'angoisse et de malaise inexprimables \ des synco-
pes surviennent. Elle perd l'app6tit ; I'inCltration envahit les cuisses et
bientot apres Tabdomen. Vers le milieu de septembre, son 6tat est des plus
alarmants; elle epvouve de temps en temps, surtout pendant la nuit, des
acc^s de suffocation ; la g6ne de la respiration est extreme et la malade
6touffe. M. Icard tire do Tabdomen 7 k 8 litres de s6rosit6. La malade est
soulagee, mais quelques jours apr^s TinOltration gagne la poitrine et les
membres sup6ricurs; il y a du d61ire et du coma, la dyspn6edevient exces-
sive, et la malade meurt asphyxi6e vers la fin de septembre.

Insiif/isance mitrale, — Palpitations dts Venfance, — Rhumatisme articulaire
aiyu, — Grossesse, — Mort deux ans apres. '

Hemmen, 22 an?, couturi^re, entre k la salle Ste-Madeleine, Charity, le
"21 d6cembre 1867, et meurt le 2-2 Janvier 4868.

D6s son enfance, el e a des palpitations, et ne pent pas courir ; de tout
temps, elle tousse et e.^tsouffrante. Jeune, elle est alit6e six mois pour une
fi^vre typboidc. A 1'.^ aus^ elle a des douleurs limit^es aux bras pendant
trois mois. A iO ans, elle accouche d'un enfant se pr^sentant par les piedis,
peut-6tro non ^termc. A "li ans, elleaune h6moptysie, et n'estplusr^glee.
Nouvelles douleurs. il y a six jours. Jamais ses jambes n'ontete enfl^es. Le
poulsest tr^ir-frequent, tr6s-inegal, tr68-irr6gulier. Signes de I'insufGsance
mitrale.

Autopsie le '24 juuvler 1868. — La bicuspide tr^-alt6r6e pr^sente un bord
dpais <>urtout puuc la [mtite lame.



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LES LYMPBATIQUES UTERliNS. 591

L'accouchement chez une femme atleinte de lesion des valvules du
coeup eat done loin d'etre toujours immediatetnent funeste.

Aux femmes dont nous avons pu constater la mort & une opoquu
plus ou moins ^loignee du dernier accouchement, il feut ajouter celles
quijVivant encore aumomeni de notre exameny ont pu sans doute mourip
le lendemain, maisont pu aussi fournip une longue carpi^pe.

M. le ppofesseur Depaul me rapporte que la femme d'un pasteup
ppotestant, atteinte d'une maladie du cqbup grave, est accouch^e deux
fois etaiyoupd'hui,rfixan«p/t« tard, elleseporte aussi bien qu'avant ses
grossesses; ses enfants vivent encore.

Plaohat exi^te 3 semaines apr^s le dernier accouchement.

Raquillet 3 semainos.

Toussaint 1 \\\oU»

Lemaire . I —

Poulet 4 —

Curteley 8 —

Braune ^ —

Toussaint i an.

Margotin I ^

X (obs. de Peter) I —

Tissot 3 —

Martin * 7 —

Loiseau 10 —

Brouard 42 —

Pialat r» —

Gourio 15 —

[A suivr^*)

LES LYMPBATIQUES UTERIN8

BT

LEUR ROLE DANS LA PATHOLOGIK UT^IUNB

(Fin)

Par le B* J«M LMCas-CliAaiplAMil^re,

Chirargien des h6{Mtanx^
Membre de la Sooi^te de chirurgie*



CABACTdRBS SPBCIAUX DES LYMPBATIQUES J ILS SONT BIEN DIFFBRENTS

DES VEINES.

Ce sent des dissections sur lea uterus de femmes mortes d^accidents
puerperaux qui ont servi de point de depart h tout ce travail.
Je n'ai pas pris la peine <Je d&jrire ^ nouveau les lympbatiquea, ces



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59;^ MEMOIRES ORIGINAUX.

vaisseaux que j'ai observes tant de ibis. Je Tavais fait tr^s-complele-
ment en 1870. On a bien dit et 6crit que ces vaisseaux n'etaient pas
toujours les mfimes, que Its mtoes accidents appartenaienl k la phl^
bite. J'allirme que non; quiconque voudra reprendre des dissections
s^rieuses, retrouvera les Doi^mes faits en correspondance avec les
m^mes sympt6mes.

II y a sans doutedes cas simples qui Ibrcent laconviction; mais si les
alterations 3ont profondes et multiples, les organes sont modifies. Au
premier abord, rien n'indique les vaisseaux malades, et, si on les ren-
contre, rien ne prouve qu'ils soient lymphatiques plut6t que veines.
G'est par la consideration d'un ensemble de caractferes qu'il laut de-
terminer la nature des vaisseaux :

Le siege des vaisseaux;

La couleur blanche du pus, sans teinte rougeatre, sans aucun me-
lange de sang ;

La presence d'une paroi lisse et blanchMre;

Le pus peut etre epais comme de la cr5me ;

On voit souvent dans le vaisseau une sorte de caillot blanc presque
transparent.

Sur la paroi des vaisseaux dans Tuterus et en dehors, quand on fait
des injections mercurielles, il n'est pas rare d'etudier les valvules, qui
n'existent point aux veines dans Tinterieur de Tuterus, et guere dans
celles du dehors.

On suit quelquefois les vaisseaux purulents jusqu'aux ganglions;
ceux-ci sont souvent malades.

Dans les cas que j'ai pu dire lymphangite, je n'ai jamais trouve
d'abcSs metastatiques du foie ou du poumon. Dans les cas rares de
phiebite que j'ai observes, ils etaient la rdgle. Je pourrais dire que je
les ai toHJours observes.

On peut faire plus ; sur le mSme uterus atteint Si la fois de phiebit«
et de lymphangite, il est facile, en dissequant, . de faire distinguer les
veines malades des lymphatiques malades ; je I'ai encore raontre tout
derni^rement. La phiebite de I'uterus est d'aspect identique k la phie-
bite pour toute autre region, on y trouve les m^mes caillots, les me-
mes liquides purulents, puriformes, rouges et noirdtres. On trouve les
vaisseaux immediatement sous le placenta. Au dehors de Tuterus, on
peut les suivre en continuite avec les grosses veines. Je I'ai toujours
trouvee accompagnee d'abc^s metastatiques.

Fort rarement j'ai trouve ces caract^res, et, dans mes nombreuses



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LES LYMPHATIQUES UTERINS. . 593

observations, je n'en ai que peu d'absolument probantes pour la phl6-
bite, et j*ai pourtant observe h des ^poques multiples et bien 61oign6es
at dans des milieux bien difKrents.

G*est encore h Tetude de ces vaisseaux et de leurs valvules que se
rattachent certains abc^s de Tut^rus et certains kystes. Je n'y reviens
. pas cette fois et les signale comme une forme de distension extreme
des lympathiques par le pus.

Je crois ces observations anatomiques et cliniques si completes
qu'elles donnent le droit de dire qu'il y aeulymphangite m^me quand,
le pus manquant dans les vaisseaux, les sympt6mes, les douleurs lo-
cales et la nature des complications, ont ^t6 caract^ristiques. Cela ne
me parait pas plus surprenant que de constater Tabsence de pus et
mfime d*augmentation de volume dans leslymphatiques d'un membre
qui, pendant la vie, a pr^sent^ les trainees dures, douloureuses et ca-
ract^ristiques de la lymphangite superficielle ; dans ce cas pourtant
on se garde bien de conclure qu'il n'y a pas eu lymphangite.

J'ai insists surtout sur les apparences qui frappent dans toutes les
autopsies. A quiconque ne sera pas convaincu par mes assertions et
par men experience de dissections ant^rieures, il est facile de repren-
dre ces dissections. Elles donneront le mSme r^sultat si on les pour-
suit avec une patience sufQsante ; mais il ne faut pas oublier qu'il y a
des obstacles materiels s6rieux et qu'il serait injuste, de la part d'un
observateur, de nier ces descriptions apr^s s'fitre contents de consa-
crer une demi-heure de temps k la dissection du premier uterus venu.

APPLICATION DES ETUDES PRECEDBNTES AUX DOCTRINES RELATIVES AUX
ACCIDENTS PUERPERAUX.

II n'y agu^re d'auteur, ^crivant sur le mSme sujet, qui n'aitpeu, ou
beaucoup, donn^ son avis sur la nature des accidents puerp^raux. Je
ne voudrais pas tenter h mon tour de discuter h fond cette question.
Cependant de Thistoire de lymphangite telle que je Tai pr&ent^e, il
rcssort un point capital, la parents des accidents 16gers et des acci-
dents graves de la puerp^ralit^. C'est un point cliniquement mis en
relief par nombre d'auteurs, M. B^hier I'a d^velopp^ de toutes fagons;
M. F. Guyon dans ses Merits et dans sa pratique y a largement in-
sist6. J'en ai donn6 Texplication anatomique et thtorique, permettant
d'envisager les complications puerp^rales sous un jour nouveau.

Les auteurs paraissent avoir pi*esque renonc6 maintenant h consi-
d^rer la fl^vre puerp6rale, comme une fifevre essentielle possible sans
Archives de Tocohqie,^ ogtobrb 1875. 38



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^i^* MEMOIRES ORIGINAUX.

lesions. La difficult^ ou pour mieux dire Timpossibilit^ de retrouver

ce cas sans lesion arr^te le tWoricien.

Pourtant la denomination se conserve, eton pensepouvoir designer
ainsi un groupe complexe, un rassemblement de malades succombant
k des lesions diverses. Des autenrs comme M. Hervieux pour d^signr^
une cause commune et des lesions diverses disent que ce sont toutes
maladies caus^es par le poison -puerperal qui varie ses maniieslations
puerp6rales k rintini ; d'autres disent septic^mie puerp^rale, pyoheniie
puerp6rale, infection purulente puerp^rale, etc.

Mais la vari^t^ extreme des lisions a 6i^ singulierement exageree.
On voit bien des difI6rences dans la marche, les lesions au fond son ties
m^mes. La pr^tendue dissemblance des epid^mies consiste surtoiit
dans la variety des complications avec une lesion fondamentale con-
stante. La lecture des auteurs me parait kcet ^gardconfirraerabsolu-
ment ce que j'ai observe depuis quinze ans dans des hdpitaux et
dans des temps difKrents.

On a vraiment quelquefois d^sign^ sous le nom de fi^vre puerp^rale
des suites de couches mortelles par phl^bite, par pneumonie, m^me
par fifevre typhoide. II faut mdme croire que la phl^bite a pu se multi-
plier dans certaines circonstances et m^rite une histoire h part. Mais,
dans rimmense majority des cag, la fl6vre puerp^rale est une lym-
phangite.

Sous cette designation, Taffection puerp^rale cesse d'echapper aux
lois de la pathologie g^ndrale; ce n'cst plus cet 6tre mysterieuxet sub-
til que Ton a d^crit ne frappant jamais que pour faire mourir. lei
comme pour toutes les autres mis^res de I'organisme, il y a des cas
legers et des cas graves.

11 n'est pas possible d'admettre qu'il existe une maladie distincto de
toutes les autres, qui ne gu^rit jamais. On pent dire seulement que
dans certaines conditions les formes graves ne gu^rissent gu^re, en-
core j'admets que parmi ces formes graves il y en a qui guerissent.

Chez la femme qui accouche les dispositions premieres aux accidents
existent toujours, mais coux-ci se d^veloppent lagers ou graves sui-
vant les conditions diverses.

Les modilications suivant 'les ^pidomies et suivant les predisposi-
tions individuelles sont reelles.Montronsenfin que tous les caracl^res
de la li^vre puerperale, epidemicite, conlagiosite que Ton a donnea
comme attributs d'une fievre puerperale essentielle, sont absolument
compatibles avec ce que nous savons de la lymphangite.



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LES LYMPHATIQUES UTERINS. 595

Lymphangite et peritonile pour la frequence ne font qu'un.

Gette frequence s'explique par una condition anatomique propre ^

Tut^rus: le volume des vaisseaux lyraphatiqaes, leu p situation en des

points souvent. dechiros, ulc^r^s, irrit^s, baignant fr^quemraent dans

des liquides putrides.

Cette cause organique est TorigiHe du d^veloppement de la fievre
puerperale sporadique, beaucoup plus commune qu'on ne le dit, m^mo
dans les milieux sains ; mais 1^, beaucoup moins grave. Les femmes
m^me h la campagne onL des lymphangites l^g^res et graves, mais
elles gu^rissent mieux. Cela est vrai et bien dans Tordre des choses
communes. Le grand nombre des femmes qui accouch^es en province
viennent consulter plus tard h Paris pour des l(^sions uterines et p^ri-
uterines suites de couche, en donne la meilleure preuve. Elles n'ont
pas ^td ^pargn^es des atteintes du mal, mais dans un milieu favora
ble, elles ont r^sist^.

Au point de vue du g^nie ^pid^mique, y a-t-il pour son influence un
terrain plus favorable que le sysl6me lympbatique? Pour ma part, je
nedoute pas de T^rysipMe et de la lymphangite (^pid^mique, et c'est
pourquoi j'admets absolument les epidemies de lymphangite puerperale*
Mais dira-t-on un tel mal ne saurait 6tre contagieux, il ne le serait
pas surtout comme les maladies dites fievres, il ne pourrait s'insinuer
avec la personne de I'accoucheur voyageant dans quelques fentes ^pi-
dormiques oubliees par le savon, sur ses v^tements et dans sa
barbe.

Je ne voispas du tout pourquoi cette lymphangite sp^iale ne serait
pas contagieuse comme I'erysipole ou ^la lymphangite superficielle, et
comme d'autres lesions locales. J'accorde pourtant que cette doctrine
cadre mal avec I'^tonnante contagiosity prSt^e h la fievre puerperale*



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 63 of 82)